Skip to main content

Full text of "Cartulaire de l'abbaye de Saint-Georges de Rennes"

See other formats


4 



CARTULAIRE 



DE 



L'ABB\YE DE SAINT -GEORGES 

DE RENNES. 



u 



J ^- > 



IIEN-NES. — IMPRIMERIE DE CU. CATEL ET C' 



( 



CARÏULAIRE 



DE 



L'ABBAYE DE SAINT-GEORGES 

DE RENNES 



PUBLIE 



Par m. Paul DE LA BIGNE VILLENEUVE 

Membre de la Société Archéologique d'Illc-et- Vilaine. 



(Kxtrait du Bulletin et Mémoires de la Société sirchéologique d' llk-et-yUaine.) 



UENNES 

MIMMMEKIE DE CH. CATh'L ET & 
rue (lu Cliamp-Jacquet, 2'>. 

1876 




îU7 



rj§-jï.-"™<{^ 



-HACL'3 \^, 



<!i'v,\ 



^ 



AVANT-PROPOS 



II ne paraît pas qu'il ait existé, dans le chartrier de l'abbaye 
de Saint-Georges, de recueil, sous forme de Cartulaire, des 
actes et titres primitifs concernant la fondation du monastère 
et l'origine de ses dotations, antérieurement a la fin du 
XI v^ siècle. 

Jusqu'à cette époque, les anciennes chartes et les docu- 
ments originaux avaient été sans doute, a Saint-Georges, l'ob- 
jet de cette sollicitude attentive qui caractérisait, entre toutes, 
les communautés bénédictines, pour l'ordre et la conservation 
de leurs bibliothèques et de leurs archives. Aussi les reli- 
gieuses n'avaient pas encore senti le besoin ou l'utilité de 
faire, en les réunissant dans un seul volume, la transcription 
de ces pièces importantes, pour en conserver au moins les 
copies au cas où elles viendraient a disparaître. C'est pourtant 
ce qui ne pouvait guère manquer d'arriver. Et, en effet, quoi 
qu'il en soit des causes de destruction, la plupart des actes 
originaux n'existent plus aujourd'hui-, c'est k la précaution 
d'en consigner le texte dans un Cartulaire que la conservation 
en est due. A l'abbesse de Saint-Georges qui ordonna la ré- 
daction de ce Cartulaire, aux religieuses qui le transcrivirent, 
en remplissant ainsi leur obédience, la science historique doit 
donc un souvenir reconnaissant. Quels que soient leurs noms, 

1 



qui sont inconnus, l'œuvre de ces pieuses femmes a rendu et 
rend encore service aux érudits et aux studieux invesligaleurs 
(jui, dans l'élude de l'hisloire nationale, aiment a remonter 
aux sources, en consultant les documents contemporains des 
faits. 

Le Cartulairc de Saint-Georges a été mis a contribution 
par les savants bénédictins de Redon et de Saint-Melaine qui 
ont travaillé îi la publication de notre Histoire de Bretagne 
et des Actes qui lui servent de preuves. Dom Lobineau 
et dom Moricc ont emprunté a ce Cartulaire de nombreux 
extraits. 

Mais pour qui a pu lire et étudier, dans son texte complet, 
un aussi curieux recueil, il est facile d'apprécier que les frag- 
ments déiacbés et mis en lumière par les bénédictins bretons 
ne donnent qu'une idée imparfaite des renseignements variés 
et précieux que fournissent a l'bistorien ces cbartes qui nous 
initient aux mœurs, aux usages, a la législation du moyen 
âge, depuis le xi'' siècle jusqu'au xv^ 

Frappé de l'intérêt que présente l'ensemble de ces docu- 
ments au point de vue des annales de la Bretagne, comme a 
celui de l'bistoire locale de notre ville de Rennes, je me suis 
dès longtemps arrêté a la pensée d'une publication intégrale 
du texte du Cartulaire de Saint-Georges. L'accueil bienveillant 
que la Société Arcbéologique d'llle-ct-\ilaine a fait a ce pro- 
jet m'en facilite l'exécution. 

Pour y arriver, j'ai du faire de longues et laborieuses re- 
cbercbes dans les arcbives déparlementales d'Ille-et-Vilaine. 
C'est dans ce dépôt que sont conservés avec soin, sous l'in- 
lelligente direction de l'honorable M. Quesnet, archiviste du 
département, tout ce qui reste de l'ancien chartrier, des 
vieilles archives de l'abbaye de Saint-Georges, dont le fonds 
est coté 2 lï, I-, il ne renferme pas moins de trois cent cin- 
quante liasses numérotées et classées. 



Il s'iigissail d'abord do m'assurer si le Carlulairc mentionné 
et mis parliellement a contribution par nos laborieux bénédic- 
tins était bien le plus ancien et le seul qui existât. Mon inves- 
tigation ne m'a pas laissé de doutes sur le premier point. 

Quant au second, j'ai retrouvé, il est vrai, trois autres 
recueils ou copies du premier Carlulaire, mais toutes posté- 
rieures en date. 

C'est donc au plus ancien, à celui qu'ont cité dom Lobineau 
et dom Morice, que j'ai dû m'attacber-, c'est celui-là dont 
j'entreprends la publication. Son importance lui donne droit à 
quelques lignes de description. 

Je le crois, a l'inspection des formes graphiques et des 
accessoires, un manuscrit de la première moitié du xv° siècle. 
Toutefois, il ne me paraît pas impossible qu'il ait été transcrit 
vers la fin du xiv'' siècle (après 1380, par exemple). Les carac- 
tères de ces deux époques ne présentent pas le plus souvent, 
en Bretagne surtout, des différences assez tranchées pour 
qu'on ne puisse hésiter a se prononcer catégoriquement. La 
copie en question est écrite sur beau parchemin, grand in- 
folio^ elle contient seize feuillets ou folios numérotés seule- 
ment au recto, en chiffres romains, — non compris la , cou- 
verture, également en épaisses feuilles de parchemin d'une 
teinte plus foncée. L'écriture est gothique mixte ^ on en trouve 
de semblable aux deux dates sus-indiquées. Les titres et les 
grandes lettres sont coloriées en encre rouge ^ les pages sont 
encadrées de filets tracés aussi a l'encre rouge, et les lignes 
s'appuient sur des traits au crayon. 

La dernière pièce transcrite par la main qui a copié tout le 
Carlulaire porte la date de 1312. Une main plus récente a 
inséré, a la suite, deux chartes du xii'' siècle^ l'écriture en est 
beaucoup plus moderne. Elles ont dû être ajoutées au Cartu- 
laire dans le xvn^ siècle. Ce sont d'ailleurs des copies qui ne 
sont pas exemptes de fautes. 



DO 
801 

.R452 



- 4 _ 

Dans le Carlulaire de Saint-Georges, les pièces qui le com- 
posent, — sauf l'acte de fondation placé en tôle, — ne sont 
point rangées dans l'ordre chronologique. Il en résulte d'abord 
un peu de confusion pour le lecteur. C'est, du reste, un défaut 
commun a la plupart des Cartulaires manuscrits. Le copiste 
ne se donnait pas la peine de ranger les actes qu'il transcri- 
vait dans une série méthodique de dates-, il les insérait l'un 
après l'autre, a mesure et en tel ordre qu'ils lui tombaient 
sous la main, en sortant des layettes. Le Carlulaire de Redon, 
publié par M. A. de Courson, en 1863 [Collection des docu- 
ments inédits sur l'histoire de France, 1 vol. in-i"*], présente 
une irrégularité analogue. 

J'ai cru devoir, en ce qui concerne le manuscrit du Car- 
lulaire de Saint-Georges, conserver le pêle-mêle, la confu- 
sion de l'original , me conformant ainsi aux traditions de 
l Ecole des Chartes, qui sont celles des disciples de l'illustre 
M. Guérard. J'ai d'ailleurs indiqué, au moins approximati- 
vement, la date de chaque pièce, autant que le contexte, 
l'histoire contemporaine et les noms des témoins me le per- 
mettaient. 

Quant a l'annexe ou Appendix, formé d'actes originaux ou 
de copies d'actes non compris dans le Carlulaire, je ne me 
suis pas astreint a la même règle-, j'y ai rétabli l'ordre chro- 
nologique. 

Le Carlulaire de Saint-Georges renferme dans son lexle 
plusieurs faules évidentes de Iranscriplion. Il y en a dont la 
correclion est aisée-, pour d'autres, — par exemple des pas- 
sages altérés ou mal lus, — je pouvais espérer rencontrer dans 
les autres copies du Carlulaire dont j'ai parlé ci-dessus, des 
\ananles, y récolter quelques corrcclions partielles. J'ai été à 
peu près déçu : ce que j'y ai trouvé de secours s'est réduit k 
peu de chose. C'est tout simple:, chacune de ces copies a élé 
faite sur le manuscrit le plus ancien — celui de la fin du 



-- 5 - 

viv' siècle; il n'est pas étonnant qu'elle en reproduise les 
incorrections. 

Pourtant je dois dire un mot de ces manuscrits, qui no 
m'ont pas été tout h fait inutiles. 

L'un est un cahier en papier dans le format de nos grands 
in-8°* modernes. Il renferme quarante-et-un folios numé- 
rotés au recto. L'écriture offre un spécimen de la minuscule 
gothique de la On du xv* siècle (1480 k loOO). La copie est 
conforme au grand Carlulaire in-folio^ pourtant, j'y ai relevé 
quelques variantes de détails qui m'ont fourni le moyen de 
restituer le texte correct ou l'orthographe altérée dans certains 
passages. En marge ont été ajoutées, au xvi^ siècle et même 
au xvii®, des notes en vedettes-, il y en a de curieuses, comme 
renseignements ou explications se rapportant au texte des 
chartes, et j'en ai tiré parti; d'autres sont erronées. 

Le manuscrit se termine par les deux Bulles-Pancartes des 
papes Innocent III et Alexandre IIÏ. Les autres Bulles 
insérées au grand Carlulaire manquent. Mais le copiste a 
transcrit, en dernier lieu, la Bulle confirmative d'Eugène IV 
(I i42), qui n'est pas dans le grand Cartulaire. 

Le second manuscrit, reproduisant sur trente-quatre folios, 
en papier, la même série d'actes que celui dont je viens de 
parler, sauf quelques modifications dans l'ordre adopté et quel- 
ques douhles emplois, présente une belle et élégante écriture 
du xvi® siècle (de 1500 a J520). Le cahier, petit in-4**, est 
recouvert d'une chemise de parchemin sur laquelle est relatée 
une fondation reçue par M'"® Françoise d'Espinay, abbesse de 
Saint-Georges, et son chapitre. Au dos est écrit, en carac- 
tères du xvi* siècle : « Copie de la fondation de l'abbaye de 
Saint -Georges de Bennes, ensemble des dons et privilèges 
d'ycelle. » 

Enfin, le troisième manuscrit est un registre petit in-folio, 
cartonné, et portant ce titre sur sa couverture en parchemin : 



- - 

« CoppiE de la Fondation, » écriture du xvii" siècle. C'est la 
reproduction exacte, avec toutes les mêmes fautes de copie et 
d'orthographe, du grand manuscrit in-folio, qui reste la plus 
ancienne des diverses copies que j'ai confrontées et col- 
lalionnécs. — Il renferme soixante- sept chartes des xi* et 
XM^ siècles. Je l'ai complété par un appendice comprenant 
j)lusieurs actes des xn% xni% xiv*' et xv'' siècles. 

On y puisera des renseignements très-intéressants sur les 
usages des liefs, la forme des transactions et des procédures, 
l'état des personnes et des terres, les coutumes locales, les 
faits historiques contemporains, la topographie, les divers 
incidetils qui ont donné a l'existence et aux annales de 
Saint- Georges, sous le gouvernement de ses abbesses, une 
physionomie accentuée et une importance incontestable parmi 
les établissements religieux de la ville et du diocèse de 
Rennes. 

Un mot malmenant sur le plan et la disposition du travail 
que je livre k la publicité. 

11 m'a paru convenable et utile de faire précéder le texte 
du Carlulaire d'une introduction sous forme de Prolégomènes. 
On y trouvera le résumé de la chronique de l'abbaye rallachée 
aux faits historiques contemporains, l'indication de tout ce que 
présente de remarquable le détail des particularités consignées 
dans les actes du Cartulaire. 

Vient ensuite le texte lui-même, avec les annotations et 
éclaircissements (ju'il réclame. Au Carlulaire proprement dit 
j'ai ajouté une série d'actes et litres em})runtés au fonds de 
l'abbaye de Saint-Ceorges, collection provenant des anciennes 
archives du monastère, mais dont la copie ne ligure [>as dans 
le Carlulaire. 

Ces extraits, (jui nous conduiijent jusiju'a l'époque moderne, 



sont suivis de la lisle ou catalogue historique des abbcsses de 
Saint- Georges, la plus complète que j'aie pu rédiger, en com- 
plétant, a l'aide de renseignements et documents inédits, ce 
qu'on en connaissait de plus ou moins exact d'après les ou- 
vrages du P. du Paz, du P. Alberl-le-Grand, de dom Moricc 
et de l'abbé Tresvaux. 

Enfin, mon travail se termine par des tables et des index 
facilitant les recherches dans le texte et les annexes. 



PROLÉGOMÈNES, 



CHAPITRE r. 

l/ahliuyc Uc f8ftlnt«ftcoi«gcs, - description, - ce qui en reste. - 
IjCS alilicsses de tf$alnit*Ci corses. 

Rennes complaît, avant la Révolution de 1789, parmi ses 
monuments religieux les plus remarquables, la célèbre abbaye 
de Saint-Georges. C'était un monastère de bénédictines, fondé 
au commencement du xi^ siècle par Alain III, duc de Rre- 
lagne, pour sa sœur Adèle, qui en fut la première abbesse. Il 
y eut alors comme une lutte d'émulation entre les barons et 
les grands vassaux pour contribuer à la dotation et a l'entre- 
lien du nouvel établissement monastique; cliaque illustre 
famille compta bientôt une de ses filles dans le pieux troupeau 
que gouvernait la princesse Adèle. 

Dans l'espace de huit siècles, qui s'écoula depuis la fonda- 
tion de Saint-Georges jusqu'à sa décadence et a sa ruine, k 
l'époque révolutionnaire, ses annales fournissent une série de 
(luaranle-cinq abbesses, dont plusieurs furent des femmes d'un 
mérite supérieur et de vertus éminenlcs. 

Leurs souvenirs, bien oubliés aujourd'hui du vulgaire indilTé- 
rent, ne revivent guère que dans les actes des vieilles archives 



ilu couvent qui abrita leurs vies. Ils se rattachent encore îi ce 
qui reste des bâtiments de l'abbaye, bien que les vicissitudes 
du temps et les révolutions en aient étrangement changé la 
destination. L'abbaye est aujourd'hui une caserne. 

Quoi qu'il en soit, elle offre encore aux regards, vers le bas 
du coteau qui longe, a l'Est de Rennes, la rive droite de la 
Vilaine, une imposante et monumentale façade. 

A mesure qu'on en découvre mieux les proportions, h tra- 
vers les constructions inégales et les groupes d'arbres qui le 
voilent à demi, on reconnaît un édifice de dimensions gran- 
dioses qui frappe par son harmonieuse et simple gravité. 

Sur un ample corps-de-logis, flanqué de deux pavillons, 
le tout surmonté d'une toiture h la Mansard, se déploie un 
triple rang horizontal de vingt-trois fenêtres-, immédiatement 
au-dessous s'ouvre une série de dix-neuf arcades en plein 
cintre, formant portique voûté et rappelant le caractère mo- 
nastique du bàliment. 

Un fronton central rompt la monotonie de la ligne du faîte-, 
décoré de sculptures élégantes, ce fionton porte a son tympan 
l'écusson de Bretagne timbré de la couronne ducale. Au-des- 
sus du blason, et surmontant le cintre du fronton, s'élevait en 
supériorité, dominant tout l'édifice, une croix que le vanda- 
lisme républicain renversa en 1792. Des deux côtés de l'écus- 
son de Bretagne, deux figures symboliques, assises, portent 
les attributs de la Justice et de la Paix : « Justitia et Pax 
obviaverunt sibi. » Elles semblent placées la pour personnifier 
les deux vertus principales qui devaient présider au gouver- 
nement de l'abbaye. 

Une inscription en majuscules romaines règne au-dessus 
des baies de Tarcature ouverte a l'étage inférieur delà façade-, 
celte inscription se compose de lettres colossales, formées par 
des barres de fer boulonnées dans le mur, où elles tracent le 
nom do MAGDELAkNE De La FAYETTE. 



--. 10 - 

Trois écussons, soutenus en pal de la crosse abbatiale, se 
remarquent encore l'un au centre de Tëdifice, les deux autres 
sur chaque pavillon latéral-, le blason qu'ils portaient a été 
gratté et mutilé : c'était celui de l'abbesse iMagdelaine de la 
Fayette, qui écartclait ses armes paternelles de celles de sa 
mère, issue d'une branche cadette de la Maison de Bourbon. 

Ce qui précède indique assez que c'est îiP^ de la Fayette 
qui fit reconstruire le grand corps-de-logis décrit ci-dessus. 

Le 24 mars 1670 furent solennellement posées les deux 
premières pierres de cet édifice.: l'une par M^^ Charles-Fran- 
çois de la Vieuville, évoque de Rennes^ l'autre par M'"'' l'ab- 
besse Magdelaine de la Fayette. A chacune d'elles était scellée 
une plaque de cuivre armoriée portant une inscription latine 
dont la teneur a été consignée dans les archives du monas- 
tère. Voici celle de la première pierre : 

« In nomine Jesu Aïtissimi. Illuslrissimus D. Carolus 
« Franciscus de la Vieuville episcopus Bhedonensis, harum 
« œdium inchoalioni adfuit , benedixit , omnibusque J. C. 
« Sponsis eas hahîtaluris veram pacem exoplavit. Anno 
« Christi M' DC' LXX\ Indidione VllL IX Kal. aprilis. » 

Sur la seconde pierre on lit : 

c< Deo opllmo maximo favente, D""' Magdalena de la 
« Fayette natalibus virtutibusque clarissima bas aedes ve- 
« tmlale mentes in ampliorem formam a fundamentis rena- 
is vandas singalari zelo suscepU inchoavitque, Anno Christi 
« M"" DC IXX\ Indict. VllL IX Kal. aprilis. » 

La construction de Magdelaine de la Fayette n'était qu'une 
partie des bâtiments de l'abbaye de Saint -Georges. 11 reste a 
peine aujourd'hui la moitié de ce qui en constituait l'ensemble 
au moment où le gouvernement révolutionnaire, s'emparanl 
violemment de la propriété des religieuses bénédictines, chassa 



- 11 - 

(le leur demeure les innocentes victimes de ses spoliations. 

En effet, derrière le vaste édifice dont les formes arcliitec- 
toniques accusent la date du xvii*' siècle, venaient se souder 
en équerre, dans la direction du Nord, trois corps-dc-logis 
parallèles, séparés les uns des autres par des préaux-, celui du 
milieu était le jardin de l'abbesse, qu'entourait le cloître, 
rebâti au commencement du xviii^ siècle par les abbesses 
Marguerite du Halgouët et Elisabeth d'Alègre. Dans ces spa- 
cieux bàlimenls étaient répartis, outre les cellules de l'abbesse 
et des dames de chœur, les dortoirs, le réfectoire, la biblio- 
thèque, rinllrmerie, la salle du chapitre, la sacristie et toutes 
les dépendances de la communauté. Le cloître et les corps-de- 
logis parallèles, se dirigeant du Sud au Nord, aboutissaient a 
l'église abbatiale, de style roman : elle se composait d'une nef 
accostée de collatéraux, d'un transept ou croisée, et d'une 
abside terminée circulairement avec son dcambulalorium^ sub- 
divisé en onze travées rayonnant autour du chevet. 

Le chœur des religieuses occupait le centre de la maîtresse 
nef. L'église était orientée, le chevet a l'Est, la grande porte 
ouvrant vers le Couchant. La vieille et lourde tour du clocher, 
datant de la fondation primitive, au moins dans ses substruc- 
lions, existait encore au commencement de notre siècle-, elle 
a été démolie vers 1820. 

Le collatéral Nord, dont la muraille extérieure touchait h 
l'enceinte des fortifications de la ville, avait été agrandi vers 
1 i7o. Depuis le xni^ siècle, il était affecté au service de la 
paroisse de Saint-Pierre-du-Marché, dépendance de l'abbaye 
de Saint-Georges. 

La majeure partie de l'église ne devait pas être antérieure 
à la 'àw du xii*" siècle, puisque, en 1183, le monastère tout 
entier fut saccagé et brûlé par les routiers anglais de Henri 
Plantagcnest et de son fils GeoflVoi. 

Il ne nous reste, malheureusement, aucune vue d'ensemble 



^ i^ ^ 

(lo ce monument religieux. La lithographie d'un dessin de 
M. Lorelte, représentant la tour romane de l'église, est k 
peu près tout ce que je connais de plus exact comme sou- 
venir partiel. Ce dessin a été publié dans V Album Breton de 
MM. Landais et Oberlhur (1842). 

Il me souvient aussi d'avoir vu une esquisse due au crayon 
sûr et exercé d'un ami bien cher et bien regretté, M. Lesbau- 
pin. Cette esquisse reproduit fidèlement une portion de cha- 
pelle de l'ancienne église de Saint-Georges. Ce petit fragment 
offre bien les caractères de l'architecture du xi® siècle : contre- 
forts droits et peu saillants, fenêtres cintrées, en meurtrières, 
percées dans la partie supérieure du mur^ porte romane a 
voussure surhaussée reposant sur deux colonnettes trapues, 
munies de chapiteaux grossièrement sculptés-, un retrait sur 
pieds-droits n'a d'autre moulure qu'un chanfrein décoré de 
freltes. Je regrette que ce croquis n'ait pas été reproduit par 
la photographie. 

De l'importante et curieuse basilique bénédictine que j'ai 
essayé de décrire, il ne reste pas aujourd'hui pierre sur pierre. 
Sur son emplacement a été dressé et nivelé le petit polygone 
ou cour plantée bordant la rue Louis-Philippe, vis-à-vis de la 
Motte, et servant aux exercices et aux évolutions des troupes 
qui occupent la caserne. 

Les anciennes dépendances de l'abbaye ont été envahies 
par des voies publiques ou sont devenues des propriétés par- 
ticulières. Ainsi, par exemple, en est-il des vignes et des jar- 
dins qui s'étendaient vers l'Orient, jusqu'à la route dite au- 
jourd'hui « rue de Yiarmes. » 

J'ai nommé, au début de cette étude, la première abbesse 
de Saint-Georges. L'importance de son rôle ressort des nom- 
breux actes du Cartulaire, où figure son nom et où sont con- 
signés les détails de son gouvernement. 

Parmi les abbesses qui lui ont succédé jusqu'à M™'' de la 



- 1o — 

Fayette, il s'en présente plus d'une qui a laisse une mémoire 
sainte et bénie dans sa famille monastique. D'autres ont été 
plus ou moins mêlées aux événements du siècle contemporain. 

La plupart rappellent, par le nom des illustres maisons 
d'où elles sortaient, que le personnel du couvent, pendant sa 
longue existence, se recruta surtout dans les anciennes races 
du pays. Qu'on me permette d'en citer quelques exemples : 

Au XII® siècle, je trouve Adèle ou Alix de Bretagne, sœur 
d'Alain Fergent et fille du comte Hoël (1085-1152)-, — Adé- 
laïde de Mathefelon (1153-11 6 i)-, —Alix de Vitré (1169-1181). 

Au xiii* siècle, Alix de Champagne (1235-1250)-, — Agnès 
d'Erbrée (1250-1270). 

Au xiv'' siècle, Catherine de Mathefelon, sœur de Foulques, 
évéque d'Angers, prélat de vie sainte et exemplaire (1294- 
1317)-, Catherine fut la restauratrice de l'abbaye, qu'elle 
releva de ses ruines. Deux autres filles de la même maison 
portèrent aussi la crosse abbatiale de Saint-Georges^ — 
Jeanne de Laval, sœur de messire Pierre de Laval, évêque de 
Rennes (1357-1364)-, — marquise de Rieux (1364-1377)^ — 
Julienne du Guesclin (1377-1404), sœur du grand connétable. 

Au XV* siècle, Isabeau Turpin de Crissé (1405-1440)^ — 
Perrine du Feu (1441-1471), qui eut de vifs démêlés avec 
l'abbé de Saint- Melaine, démêlés qui exigèrent l'intervention 
du pape Nicolas V. 

Françoise d'Espinay précède, au début du xvi*' siècle, deux 
autres abbesses de son nom^ — en 1522, Isabeau Ilaraon, 
sœur de deux évêques, l'un de Vannes, l'autre de Nantes, fut 
choisie par le roi François P"*, sur la demande du vénérable 
Yves Mayeuc, évêque de Rennes, pour procéder a la réforme 
de l'abbaye, où s'était introduit le relâchement avec l'oubli de 
la règle. 

A partir de celte date, le gouvernement du monastère fut 
remis à des mains fermes et prudentes. En commençant à 



— i/l — 

Marqnize de Beaucaire, nous arrivons à une succession de 
iemmes dislinguécs qui clùlurent la liste des abbesses de 
Saint-Georges. 

Mais je ne veux pas anticiper sur les détails que nous four- 
nira le catalogue historique des abbesses. 

Le souvenir de l'abbaye de Saint-Georges ne doit pas être 
isole des événements historiques auxquels elle rattache son 
origine, ni de l'état de la société au milieu de laquelle se 
développa sa florissante existence pendant plusieurs siècles. 

Je crois donc a propos de consacrer quelques chapitres de 
ces Prolégomènes a établir la liaison des faits contemporains 
avec la suite des annales du monastère. 

Il convient de se reporter d'abord au tableau que présente 
la Bretagne, a l'issue de sa longue et sanglante lutte contre 
l'invasion des pirates du Nord, après les victoires d'Alain 
Barbetorte, alors qu'à des scènes de ruine et de destruction 
succéda enfin une période de restauration sociale et natio- 
nale, où les institutions politiques, civiles et religieuses repre- 
•naient action et vie en se modifiant sous l'empire du temps 
et des circonstances nouvelles. 



CHAPITRE II. 

I.a IXrotnKnc houa Connn I, tiootfroy l et Alain III. — FadiIIIp 
«IcN oonifcH (le RcuncM. — FoiiUatlons contemporntiies. — lia 
Uiachccitto Ilavoii^e. — Kiidou de Pcnthlèvre. 

Au commencement du \f siècle, la Bretagne, délivrée des 
ravages et de l'invasion désastreuse des pirates normands, 
respirait depuis une cinquantaine d'années. Un travail de re- 



conslriiclioii s'était accompli-, des ruines de la monarchie de 
Nominoë, d'Erispoë et de Salomon, a travers des incidents 
sans nombre, malgré les discordes et les compétitions des 
principaux chefs bretons entre eux, s'était recomposée une 
sorte de fédération où les petites principautés indépendantes, 
groupées autour d'un suzerain, tendaient a restaurer, avec les 
formes de la constitution féodale, l'unité et l'influence de la 
royauté universelle du pays. 

Aux comtes de Nantes et de Vannes, qui avaient pour au- 
teur Alain Barbetorte, pelit-fils d'Alain-le-Grand, le libéra- 
teur de la Bretagne, le pourfendeur des hordes normandes, 
sembla d'abord appartenir le rôle prépondérant. Mais ce grand 
homme ne laissa après lui qu'une descendance illégitime. 
Après de sanglants démêlés avec le comte de Bennes, Conan- 
le-Tort, qui, lui, se portait avec raison pour l'héritier et le 
représentant des anciens rois bretons de la dynastie du grand 
iNominoë (1), les bâtards de la Maison de Nantes durent se 
résigner a lui céder la prédominance. 



(1) Pierre Le Baud et Bertrand d'Argentré donnent à Conan-le-Tort la 
généalogie suivante : I. Modcrand, comte de Rennes au ix« siècle, gendre du 
roi Salomon (878). — lï. Salomon, comte de Rennes. — III. Bérenger, id. 
— IV. Juhael Bérenger. — Y, Conan, que les Chroniques d'Anjou appellent 
roi des Bretons. Mais cette généalogie, que n'appuie aucun document histo- 
rique, est à bon droit contestée par nos savants bénédictins. 

l'ne notice insérée dans le volume 45, ms. des Blancs-Manteaux (notice 
que je crois du P. Lobineau), discute les éléments de cette généalogie ima- 
ginée par Le Baud. J'admettrais volontiers les conclusions de l'érudit cri- 
tique. D'après ses recherches, Judicaël doit remplacer le fabuleux Salomon, 
comte de Rennes. Judicaël était certainement petit-flls d'Érispoë. 

Qui était son père.^ Ne serait-ce pas Gurvvand, dont la femme semble 
avoir été fille d'Érispoë; car Bertrand d'Argentré le désigne comme cousin 
germain du roi Salomon. 

Au sujet de Judicaël, concurrent d'Alain-lc-Grand, et disparu de la scène 
historique dès 907, notre bénédictin conjecture avec assez de vraisemblance 



- 16 - 

Conan, a sa mort, laissa la souveraineté solidement établie 
dans sa famille. Son fils Geoffroi fut reconnu pour suzerain et 
chef universel de la nation bretonne, même par le comte de 
Nantes, Judicaël. Les comtés de Cornouailles, — de Léon, — 
de Poher, — de Porhoët, — de Goëllo, — toute la Domnonée, 
qui ne tarda pas a s'appeler le comté de Penthièvre, formaient 
les grands fiefs relevant du royaume ou duché de Bretagne, 
dont Rennes devint dès lors la capitale. 

Geofï'roi, appelé dans les actes contemporains tantôt dux^ 
cornes^ princeps (1), régna donc sur toute la Bretagne^ « to- 
tius Britannie monarchiam tenuit^ » disent les actes de saint 
Gildas de Bhuys, qui le qualifient « vir in armis slrenuus. » 
Il ne démentait pas son origine, car son père Conan, mort 
sur le champ de bataille de Concreuil, avait conquis par ses 
exploits le titre qu'il transmit a sa postérité. Aussi les Chro- 
niques contemporaines témoignent-elles de sa vaillance et de 
sa réputation guerrière : « Nobilis et slrenuus juvenis, » dit, 
en le nommant, une vieille Chronique citée par Le Baud-, et 
l'auteur de la Vie de saint Gildas l'appelle « vir illuslris et 
belUcosus. » 

Il est vrai que la Chronique de Nantes charge sa mémoire 
de forfaits et de trahisons exécrables-, mais la savante cri- 
tique des bénédictins sur les sources de l'histoire de Bre- 
tagne (2) a fait justice des assertions mensongères et des 
fables entassées dans son récit par l'auteur de cette Chro- 

que Gurmhaiilon, qui lui succéda dans le gouvernement de la Bretagne {qui 
tune monarchiam Britaninc reyebal), était son héritier, peut-être son fils, 
et que Juhel Bercnger, père de Conan, était fils de Gurmhaëlon. 

Quoi qu'il en soit, Conan appartenait, sans aucun doute, à la race de 
Nominoë. 

(1) Cf. D. Moricc, Pr. I, col. 4, 34, 149, 354, .'iSG, 358. 

(2) V. dissertation ou notice insérée dans le recueil nis, des Blancs-Man- 
teaui, vol. 45, p. 855 et suiv. 



— 17 — 

nique. Sa partialité contre Conan et les comtes de Rennes ôte 
tout crédit a ses accusations. 

Outre GeofTroi, duc de Bretagne après son père Conan, 
celui-ci laissa une nombreuse lignée. Parmi ses enfants, dont 
les noms ne sont pas tous connus, on compte : 

I. Juhaël, premier comte de Porhoët, suivant le P. du Paz, 
et souche de cette ancienne et illustre race a laquelle se rat- 
tache l'origine des maisons de Rohan et de Rieux^ 

II. Judicaël, évéque de Vannes (1008-1037)-, 

IIÏ. Judith, mariée avec Richard II, duc de Normandie ; 

IV. Catwallon, abbé de Redon, comme le constate le Car- 
tulaire de cette abbaye, « frater ipsius {Gaufredi) esse perhi- 
hebatur. » 

V. Hurwodius, mentionné dans le même Cartulaire {ad 
annum 102G) ^ 

VI. Alain, tué a Concreuil, etc. 

Deux autres fils de Conan périrent dans l'attaque d'Angers. 

Sauf une invasion des Danois sur les côtes de Cancale, dans 
laquelle ils étendirent leurs ravages jusqu'à Dol, le règne de 
Geoffroi fut paisible et avantageux pour la Bretagne. A la fin 
du x*' siècle, il n'y avait pas seulement a rétablir le pouvoir 
politique, à refaire tout l'ordre civil bouleversé par l'invasion 
étrangère-, c'est a ce besoin que répondit l'épanouissement de 
la féodalité-, elle fut alors un progrès et un bienfait. Sa hiérar- 
chie protégea souvent le faible et repoussa la domination des 
envahisseurs. Mais il fallait encore rappeler dans les campagnes 
désertes et dévastées la population dispersée, frappée de ter- 
reur et longtemps privée de moyens d'existence et d'instruction. 

Pour la grouper, lui rendre la confiance, le courage, l'es- 
poir, il n'y avait d'autre ressource que de relever les abbayes 
et les monastères, où les peuples trouvaient un centre, un 
abri, une protection et les lumières de l'enseignement. Aussi 



— 18 — 

le duc GeolTroi donna-t il ses soins a restaurer ces asiles de 
la civilisation clircticnne. C'était une dévotion éclairée et 
bienfaisante que celle qui le poussait dans une pareille voie. 

Sous cette féconde pensée, on vit donc dès lors rebâtir plu- 
sieurs monastères ruinés par les Normands^ entre autres, 
l'abbaye de Saint-Gildas de Rbuys, que restaura le célèbre 
moine Félix, envoyé par Gauzlin, abbé de Saint-Benoit-sur- 
Loire, sur la demande du duc Geoffroi. Le même prince 
donna Belle-Ile à l'abbaye de Redon (1). Il fut aussi le fonda- 
teur du prieuré de Livré, que ses fils donnèrent plus lard k 
l'abbaye de Saint-Florent. 

Geoffroi mourut l'an 4008, au retour d'un pèlerinage h 
Rome : « Ivîl sed non rediit^ dit la Chronique de Rbuys, quia 
in ipso ilinere morluus est. » Le Cartulaire de Redon parle 
aussi de ce voyage : « Prefatus cornes Romam ire disposuit; 
quod et fecit, sed dum revertebatiir, in ipso itinere peregrinus 
vilain finivil. » 

Il laissait deux fils, Alain et Eudon, et une fille, Adèle. 
Les princes mineurs restaient sous la tutelle de leur mère, 
Havoise de Normandie, sœur du ^duc Richard. C'était une 
femme a la hauteur du rôle qui lui incombait. 

Nous voici donc à une époque qui marqua, en Bretagne, 
une active renaissance de la vie religieuse, une expansion 
remarquable des établissements monastiques. Les princes du 
pays, les grands vassaux luttèrent de zèle et de générosité 
pour provoquer, encourager et protéger les fondations ou les 
restaurations de monastères. 

A la tête de ce mouvement réparateur, continuant les tra- 
ditions paternelles, se montre le duc Alain 111, secondé par sa 



(t) « Dcdil et conccssil in pcrpeluum S. Salvalori suisquc scrvicnlibiis 
tolam insulam Gucdcl inlcgrc sine ceiisu el sine tribulo, siculi ipsc possi- 
debut lioredilario jure el habebat. » {Cartul. Rotonense.) 



— 10 — 

mère lïavoise et son frère le comte Eudon. Ce sont eux qui 
relèvent de ses ruines l'illustre abbaye de Saint-Méen de Gaël-, 
ils achèvent Saint-Gildas de Rhuys^ ils fondent les prieurés 
de Gahart, de Quiberon {Keberoen)\ ils enrichissent de leurs 
libéralités les abbayes de Redon, du Mont-Saint-Michel et de 
Marmoutiers. 

En même temps, et comme par une pieuse émulation, le 
baron Alfrid de Fougères faisait construire et dotait l'abbaye 
de Saint-Pierre de Rillé^ Simon de la Roche-Bernard fondait 
Saint-Gildas-des-Bois; Alain Canhiart, comte de Cornouailles, 
érigeait Sainte-Croix de Quimperlé. Les monastères et les 
prieurés de Sainte-Croix de Josselin, de La Trinité de Fou- 
gères et de Combourg, de Sainte-Croix de Vitré, devaient 
aussi, vers la même époque, aux largesses des seigneurs 
locaux, leur création ou leur restauration. Enfin, sur les 
débris d'un antique monastère détruit au x^ siècle par les 
ravageurs normands, les seigneurs de La Guerche rétablis- 
saient a la porte de Rennes, vers le soleil couchant, sur les 
rives de l'Isle, un prieuré dédié à saint Cyr, qui devint une 
dépendance de l'abbaye de Saint-Julien de Tours. 

Tout cela se passait de 1008 a 1050. 

C'est au milieu d'un pareil concours de circonstances favo- 
rables que se place la fondation de l'abbaye de Saint-Georges 
de Rennes. 

Avant de détailler le récit de la fondation de notre vieille 
abbaye bénédictine, il est a propos de jeter un coup d'œil sur 
l'ensemble du règne d'Alain III et de rappeler les principaux 
événements contemporains. 

A peine le duc Geoffroi avait-il fermé les yeux qu'éclatèrent 
les troubles inséparables d'une régence de femme entourée de 
barons remuants, ambitieux et d'humeur guerroyante. Juhaël, 
frère de Geoffroi, soutenu par Alain Canhiart, comte de Cor- 
nouailles, disputa a sa belle-sœur la direction du gouverne- 



— 20 — 

ment et la garde des jeunes princes mineurs. D'autres conspi- 
rations et d'autres révoltes mirent encore en péril le pouvoir 
souverain (1). Mais la duchesse lïavoise ne se laissa pas inti- 
mider : elle avait pour conseiller le fidèle et habile instituteur 
de ses fils, Aymon, que la Chronique de Gacl appelle « bonus 
magister. » Sa fermeté, son activité déjouèrent les machina- 
tions de ses ennemis. Elle-même, a la tète de ses troupes, 
conduisant les jeunes princes, réprima et battit les rebelles. 
Parmi ceux-ci, les plus coupables payèrent de leur vie leurs 
tentatives insensées, et tout rentra dans l'ordre. 

Alain Canhiart, chassé de son comté de Cornouailles, réfu- 
gié en Aquitaine, chercha a rentrer en grâce et a se réconci- 
lier avec son suzerain. Ce fut en lui procurant une alliance 
dont le duc était très-désireux. Le comte de Cornouailles, 
malgré les intrigues et la mauvaise volonté de puissants sei- 
gneurs français, parvint a amener jusqu'à Rennes, sous la 
protection de ses armes, la belle Berthe, fille d'Odon, comte 
de Chartres, de Blois et de Champagne. Elle venait de perdre, 
toute jeune encore, son premier époux, le comte du Mans, 
Huon, et plus d'un haut baron aspirait a sa main. 

A l'occasion de ce mariage, qui fut pompeusement célébré 
a Renne^, « solemniter more Britannico, )> dit la Chronique de 
Saint-Brieuc, le duc Alain rendit à Canhiart tous ses fiefs, 



(t) Anno ab incarnalionc Domini M. VIII cxccdenle Gaufrido coniile 

lîrilannia; a saiculo, filii ejus Alanus et Eudo cuni maire eonini Haldevisia, 
quorumdam suorum perfidia, imilla perpcssi sunt incommoda. Ex quorum 
execrando collcgio (ilandarius Judichael Cliam filius exlilit, qui se cum suis 
in stricto caslro confcrciis incplain guerrain iiide contra ipsos faccre dispo- 
sucrat. Scd cjus macljinamcMita iiijusta, Dci providcnlia, non niullo post, 
fada sunt irrita. Nam quantocius ab Alano et Eudone fratrc cjus cum valida 
manu milituin obsessus, castrum in quo se conlulcrat, sine mora caplum 
fuit, et ipse percmplus pœnam mortis subiil. (Chron. de (laël, apud 
D. Moricc, Pr. I, 358.) 



— 21 - 

tout son héritage paternel, comme parlent les documents 
contemporains; de plus, il lui prêta aide et appui dans ses 
querelles avec les comtes de Léon et de Nantes. 

Alain Canhiart avait épousé la fille et l'héritière légitime de 
Judicaël, comte de Nantes, nommée Judith, dont un frère 
naturel, Budic, retint pendant sa vie la possession de la ville 
et du comté de Nantes, qu'il avait usurpés par violence. A 
la mort de Budic, le comte de Cornouaillcs joignit a ses fiefs 
le comté de Nantes et en tlt hommage au duc. En 1024, il le 
suivait dans une expédition pour dompter une insurrection des 
paysans contre leurs seigneurs. Sauf une querelle passagère, 
dont la cause n'est pas connue et qui occasionna, en 1031, 
un conllit où le comte de Cornouaillcs remporta la victoire de 
Guet-Bonan, la bonne intelligence ne fut plus troublée entre 
les deux Alain-, des alliances entre leurs deux familles cimen- 
tèrent la réconciliation définitive : le fils aîné d'Alain Canhiart, 
Hoël, épousa Havoise, fille d'Alain III, et le frère du duc, 
Eudon, prit pour femme Owen, fille d'Alain Canhiart. 

En 103i, la duchesse Havoise, mère d'Alain et d'Eudon, 
disparut de la scène du monde. La concorde, maintenue par 
cette femme éminente entre les^ deux frères, cessa dès lors 
d'exister. Leur partage fut l'occasion de la rupture. 

Eudon, a qui son frère abandonnait pourtant toute la 
Domnonée comprenant, avec les évéchés de Saint-Brieuc et 
de Tréguier, presque tout le Nord de la péninsule, ne se con- 
tenta pas de son lot. Il voulait, de plus, Dol et Aleth (ou Saint- 
Malo). Une guerre acharnée s'ensuivit; des combats furent 
livrés; enfin Eudon, défait complètement sous les murs du 
château de Lchon, près Dinan, finit par une soumission qui 
fut ménagée grâce a l'intervention de Judicaël, évèque de 
Vannes, oncle des deux belligérants, et de Bobert, duc de 
Normandie, leur cousin germain. 

A quelque temps de là, le môme Bobert partait en pèleri- 



— 22 — 

nage pour la Terre-Sainte : c'était la dévotion des grands 
barons à cette époque. ]1 n'avait qu'un lils bâtard, le petit 
Guillaume-, c'est celui qui, depuis, devint célèbre par la con- 
quête de l'Angleterre. Robert confia la tutelle de son fds mi- 
neur et la garde de son duché de Normandie k son cousin 
Alain, duc de Bretagne, et partit pour Jérusalem. 

Mais Robert ne devait pas revoir son pays^ il mourut à 
Nice, l'an 1036, en revenant de son voyage d'outre-mcr. 

Alain, fidèle aux engagements qu'il avait pris, mit tous ses 
soins a maintenir la subordination des barons normands pen- 
dant l'absence de leur suzerain, et a conserver intact a son 
pupille l'héritage paternel. Mais il mourut à la peine-, car c'é- 
tait une farouche et indomptable race que cette chevalerie 
^normande; elle rappelait encore, par ses mœurs violentes, les 
pirates ses ancêtres. Les Chroniques du temps racontent que 
le duc Alain de Bretagne fut empoisonné a Westmoutier : on 
avait fait croire au jeune Guillaume que son tuteur travaillait 
a le trahir et a lui enlever la Normandie, en se substituant a 
sa place comme l'héritier légitime du sang des ducs normands. 

C'est en lOiO que mourut Alain III, et l'abbaye de Fécamp 
abrita ses restes auprès de ceux des deux Richard, l'un son 
oncle et l'autre son aïeul. 

Son épitaphe, conservée au chapitre abbatial de Fécamp, a 
été publiée par les bénédictins-, elle célèbre sa haute origine, 
la beauté de ses traits, sa vaillance, sa libéralité et sa piété : 

« Alanus fuit iste cornes, Brilonumque levamen 
« Cui clivina manus propitietur! Amen! 

« Sanguine prœclarus^ facie speciosus^ in armis 
« Prœceps, diffusus munere, corde pins. » 

Tel fut le prince qui attacha son nom a la fondation de 
l'abbaye bénédictine de Saint-Georges de Rennes. 

De sa femme, Borlhc de Chartres, Alain avait eu Conan, 



C)"^ _ 

qui lui succéda au duché, et Ilavoise, donnée en mariage a 
Hoël, fils du comte de Cornouaille et de Nantes. 

Il était, en outre, père de deux bâtards : l'un, nommé 
Geoffroi, auquel il donna le comté de Rennes et qu'il maria 
avec Berllie, fille du comte de Dolj l'autre, Ri\vallon : l'his- 
toire est muette sur ce qui concerne les faits el gestes de 
celui-ci. 



CHAPITRE m. 

Fondation de «laint^Georgcs. — Premiers liienfaiteiirs. — i,a prin- 
ccsiic Adèie, première ablïesse. — lia vicomtesse Roianteliua. — 
lia duciiesse Uavoise et Pleubihan. — !ëaint-Pierre-du-3larciic. 



La date exacte de la fondation de Saint-Georges n'est pas 
indiquée dans l'acte qui contient les donations primitives du 
duc Alain lll. Aussi l'époque précise de cet événement a-t- 
elle été diversement assignée par nos historiens bretons. Des 
documents inédits conservés dans les archives du monastère 
donnent les dates de 1018, 1028, 1030. 

Le Baud et d'Argenlré semblent adopter approximativement 
la date de 1028 ^ dom Lobineau et dom Morice se sont cru 
autorisés a fixer l'an 1032, comme concordant mieux avec les 
noms des témoins figurant dans la charte de fondation. 

Le P. du Paz et le P. Albert-le-Grand font remonter l'éta- 
blissement de Saint-Georges a l'an 1006, en l'attribuant au 
duc Geoffroi. Cette dernière hypothèse est en contradiction 
avec les termes mêmes de l'acte qui est dressé au nom 
d'Alain, et qui, par conséquent, ne peut être antérieur a 
l'an 1008, puisque ce prince ne porta le titre de dur. qu'après 
la mort de son père. 



— 24 ~ 
Il y aurait peut-être moyen de concilier les assertions diver- 
gentes et de trancher la difficulté, en disant que le projet de 
fondation était dans la pensée du duc Geoiïroi, qui n'eut pas 
le temps de l'exécuter. Son fds Alain, plus heureux, aurait 
accompli le vœu paternel. 

Les termes de la charte se prêteraient a une pareille inter- 
prétation. Ils supposent, en effet, que la princesse Adèle, pre- 
mière abbesse de Saint-Georges, vivait depuis plusieurs années 
déjà dans les exercices de la vie religieuse quand fut libellé 
Tacte de fondation dressé en sa faveur et a sa sollicitation. 

En lisant les formules de cette charte importante et vrai- 
ment intéressante par son contexte, on est frappé, presque 
étonné du langage empreint de sentiments élevés et délicats, 
traduisant la pensée du fondateur et révélant une émotion qu'on 
s'attendrait peu à rencontrer chez ces fiers et rudes seigneurs 
féodaux : 

« Ma sœur, dit le duc Alain, voila le plus précieux trésor 
que je possède sous le soleil^ je l'ai offerte h Dieu^ et pour 
combler le spirituel désir de son âme, j'ai consenti qu'elle se 
consacrât à lui par un vœu de perpétuelle virginité. Puis, la 
voyant possédée de l'amour divin, embrasser avec ardeur les 
saints exercices de la vie religieuse, et, par l'étude de la règle 
et de la science monastique, marcher dans la voie de la per- 
fection, je lui ai fait don d'un lieu où se trouve réuni tout ce 
qui convient au régime de la vie régulière. Un stade, à 
peine, le sépare de ma cité de Rennes. La, elle pourra, 
avec les saintes filles ses compagnes, servir sous la rè"le 
de saint Benoît le Seigneur Dieu et son précieux martyr saint 
Georges. » (i) 

Le duc détaille ensuite les dons qu'il fait au nouveau mo- 
nastère : c'est un domaine de médiocre étendue, mais d'un 

(l) V. le Carlulaire, charte de fondation. 



— î25 — 

produit avantageux. Il renferme des vignes d'abondant rap- 
port, des champs fertiles, de fraîches prairies, une rivière 
poissonneuse avec deux moulins. Les limites de ce domaine 
sont, au Septentrion, la voie publique, « via publica; )> c'est 
l'ancienne voie romaine se dirigeant vers Subdinum (Le 
Man.s)-, au Midi, la rive gauche de la Vilaine-, à l'Orient, les 
possessions de l'abbaye de Saint-Melaine^ enfin, a rOccident, 
le faubourg (1) même de la ville, « suburbium. » 

Sous cette dénomination étaient alors compris tous les 
quartiers en dehors et a l'Est de la ville close, de la vieille 
CiTÉ^ les agglomérations de maisons et l'ensemble des rues 
au milieu desquelles s'élevaient dès lors l'église de Saint-Ger- 
main, l'hôpital Saint-Jacques, qui devint, au xiii® siècle, le 
couvent des Franciscains ou Cordeliers; — en un mot, tout 
l'espace désigné plus tard sous le nom de o ville neuve, » 
lorsqu'on l'entoura de douves et d'une enceinte de défense, de 
1424 a 1448^ — espace que représente aujourd'hui la portion 
de territoire délimitée par la Vilaine au Sud, les rues de 
Rohan, de l'Horloge, Châteaurenault, Champ-Jacquet à l'Ouest^ 
la place Sainte- Anne, la rue de la Visitation et celle des 
Fossés, au Nord^ le contour de la Motte et la rue des Vio- 
liers, à l'Est. 

On peut donc se représenter l'ancien pourpris de l'abbaye 
tel que le décrit la charte, circonscrit par le cours de la 
Vilaine avant sa modification par l'établissement des quais, le 
chemin de Viarmes, les rues actuelles de Paris et de Belair, 
enfin la rue qui borde la promenade de la Motte à l'Ouest, la 
place Saint-Georges et la petite rue des Violiers (2). 



(1) L'ancienne orthographe, conforme à l'élymologie du mot, écrivait 
« forsbourg » — foris burgus. C'est le bourg extérieur, hors de la ville 
mnrée. 

(2) Le nom originaire était « rue des Voiliers, » c'esl-à-dirc « des jar- 



- 26 — 

Outre ce petit mais fructueux domaine destiné a asseoir l'ha- 
bitation principale des nouvelles épouses du Christ et l'église 
du monastère, le duc Alain conféra a sa sœur et a la commu- 
nauté qu'elle gouvernait, soit dans l'acte de fondation, soit par 
des largesses successives, des immunités considérables. Ainsi, 
il leur accorda l'exemption générale de toutes coutumes ou 
redevances féodales que lui attribuaient l'usage et la loi des 
fiefs- — le privilège de la liberté commerciale la plus éten- 
(]Qe- — la jouissance et l'entière propriété de quatre moulins 
établis sur les deux rives du fleuve qui baignait, au Midi, 
les murailles de la cité. Ce sont ceux qu'on appela, au 
XV® siècle, « les moulins de la Porte, » et de nos jours 
« moulins de la Poissonnerie. » Ce qui en subsistait a com- 
plètement disparu lors des travaux pour la construction du 
canal et des quais de la Vilaine, dans la traverse de la ville, 
de 1841 a 1845. 

La ne se bornaient pas les dons du duc Alain : il concé- 
dait encore a l'abbaye la seigneurie et le plein domaine d'un 
bourg considérable de Bretagne, nommé Tinténiac, — « Vicum 
non exigmim^ » — sans compter la propriété de plusieurs 
riches métairies et villages, dans la paroisse d'Acigné et dans 
celle de Mordelles. 

L'acte de fondation de Saint-Georges fut entouré des for- 
malités solennelles qui garantissaient alors la stabilité des 
concessions de cette importance et rendaient sacrés les enga- 
gements pris en pareilles conjonctures. La tendresse mater- 
nelle de la duchesse Ilavoise était ici d'accord avec la vive 
affection que portaient h leur sœur Adèle le duc Alain et son 
frère, le comte Eudon-, aussi rien ne fut négligé de ce qui 

dins » : de volerium, volarimn, (|ui, en latin du moyen âge, signifie « jar- 
din. » On avait ainsi nommé cette rue, parce qu'elle longeait rendes des 
jardins de Sainl-Oeorges. 



27 

(levait rendre la cérémonie plus imposante et les promesses 
plus irrévocables. 

De puissants barons, grands feudataires du duché, étaient 
présents-, ils ratifièrent comme témoins les largesses ducales 
et y donnèrent leur assentiment. 

On comptait dans cette noble assemblée le comte de Cor- 
nouaillcs, Alain Canbiart, — le baron de Vitré, — les sires 
de Porhoct et de La Guerche, etc. Plusieurs d'entre eux 
offrirent îi l'envi leurs mères, leurs sœurs ou leurs filles, les 
consacrant a Dieu sous le gouvernement de la princesse Adèle. 
Ainsi, parmi les premières compagnes de l'illustre abbesse, 
figurent la mère et la sœur de Warin (ou Guérin), évêque de 
Rennes^ la fille du vicomte Godsellin, ou Josselin, fils du 
premier comte de Porhoët-, la fille de Rivvallon, dit « Le 
Vicaire, » premier baron de Vitré. 

Les neuf évêques de Bretagne, l'archevêque de Dol en tête, 
furent aussi appelés a prêter leur concours et leur confirma- 
lion a l'acte de fondation de Saint-Georges ^ ils prononcèrent, 
comme c'était l'usage, les plus redoutables anathèmes contre 
les infracteurs ou violateurs des immunités et les déprédateurs 
des possessions de l'abbaye. 

Aux donations primitives ne tardèrent pas a venir s'en 
joindre de nouvelles. Pendant que s'exécutaient les travaux de 
construction du monastère et de ses dépendances, le duc 
Alain et sa famille, puis les hauts barons, rivalisèrent de 
générosité et de zèle pieux pour assurer aux servantes de Dieu 
d'amples ressources. 

Pour aider a l'édification de l'église abbatiale et des bâti- 
ments conventuels, comme pour assurer la subsistance de sa 
communauté, Alain III abandonna a sa sœur les droits d'usage 
et de disposition les plus larges dans toutes ses forêts, notam- 
ment dans celles de Rennes et de Tanouarn-, il lui donna éga- 
lement la propriété exclusive du cours de la rivière et le droit 



— 28 — 

(le pêclie sur la Vilaine, depuis les moulins de Rennes en 
remontant jusqu'à ceux de Cesson. 

Avant la mort de sa mère llavoise, qui mourut en 1034, et 
de concert avec elle et son frère Eudon, Alain fit encore 
divers dons a l'abbesse de Saint-Georges. Il faut rapporter a 
cette époque la donation du monastère de Saint-Pierre-d\^- 
Marché, celle de l'île d'Artz, dans le Morbihan, celle de Cha- 
vagne, celle de la vallée du Linon, celle de Saint-Georges-de- 
Grehaigne, celle de Pleubihan, ratiiîée et confirmée, après la 
mort de la duchesse, par ses deux fils. 

Parmi les bienfaiteurs du monastère, les chartes de notre 
curieux Cartulaire et les documents recueillis et conservés 
dans les archives de l'abbaye de Saint-Georges nomment, pen- 
dant les xi'' et XII® siècles, a la suite des princes de la famille 
ducale, fondateurs originaires, le comte Geoffroi, frère naturel 
d'Alain III^ Conan II, fils d'Alain, avec sa mère, Berthe de 
Chartres; le duc Alain Fergent, Conan IIl. Viennent ensuite 
les grands vassaux : les sires de Vitré, de Fougères, de Craon, 
de La Guerche, de Châteaugiron, d'Acigné^ les seigneurs de 
Tinténiac, d'Apigné, de Bruz, de Lancé, de Saint-Gilles, de 
Mordelles, de Monbourcher, de Champeaux, etc., etc. 

Mais n'anticipons pas. Il y aura lieu de revenir, avec 
quelque détail, sur certains de ces bienfaiteurs. 

Pour le moment, il s'agit des origines de l'abbaye. 

C'était en 1032 que se passait l'incident dont le récit va 
suivre. 

On travaillait a la construction de l'église et du monastère 
sur le terrain donné par le duc Alain a sa sœur bien-aimée. 
Adèle de Bretagne avait dit adieu a toutes les pompes mon- 
daines-, revêtue du sévère costume bénédictin, elle venait avec 
ses saintes compagnes prendre possession des bâtiments non 
encore achevés. Devant elle se présente une noble dame, la 
vicomtesse Roianlelina. Cédant îi une inspiration d'en haut, 



— 29 - 

analogue a celle qui dirigeait la fille de nos ducs bretons, 
Uoianlelina avait essayé de réunir a quelque distance de 
Rennes, sur le territoire de Chavagne, une congrégation de 
femmes, pour y vivre dans les exercices de la vie cénobitique. 
Mais le lieu et les ressources pour consolider un pareil éta- 
blissement étaient reconnus insuiïisanls par la fondatrice. Elle 
venait donc prier l'abbesse Adèle, qui avait pris le titre de 
« servante des servantes du Christ, » — ancillarum Christi 
anciUa, — d'accueillir dans son monastère et d'admettre 
comme ses filles les neuf religieuses qu'elle lui amenait. 

A cette occasion, Roiantelina fit don a l'abbesse de Saint- 
Georges de la seigneurie de la Chapelle-Janson, de plusieurs 
métairies dans le pays de Combourg et de Pleine-Fougères, 
de la paroisse de Saint-Séglin avec tout ce qu'elle y possédait; 
enfin, la vicomtesse offrit encore vingt bœufs, douze vaches 
et dix-huit cavales. Elle voulait même s'engager a entretenir 
d'habits ses neuf religieuses, pendant toute leur vie. Mais 
l'abbesse Adèle n'y put consentir : c'eût été, contrairement a 
la règle de l'Ordre, laisser « la contagion de l'esprit de pro- 
priété infecter sa famille religieuse. » Car c'est du supérieur 
seul que les cénobites qui suivent la règle de saint Benoît 
doivent attendre tout ce qui concerne l'alimentation et l'en- 
tretien de la vie de l'âme et du corps. 

Le bourg avec la paroisse de Chavagne, dont il vient d'être 
question, ne tarda guère à devenir une des dépendances de 
Saint-Georges : il était la propriété de la duchesse Havoise, 
mère d'Adèle, qui le tenait de la libéralité de son époux, le 
duc Geoffroi, comme « présent de noces » [enepgwerch) . 
Havoise s'empressa d'investir l'abbaye que gouvernait sa fille 
de tous ses droits sur Chavagne. Elle y ajouta bientôt d'autres 
largesses. C'est ainsi qu'en 1034, elle augmenta les revenus 
du monastère par le don de la paroisse et des fiefs de Pleu- 
bihan, sur le rivage de la mer, dans le diocèse de Tréguier 



- 50 - 

Ce don, ratifié par ses fils Alain et Eudon, la même année, 
comprenait une foule de redevances productives dont on verra 
le détail dans le Cartulaire : elles se levaient sur les cheva- 
liers comme sur les vassaux non nobles, « cum equitibus et 
viîlanis. >> Il nous suffira d'indiquer ici que, pour la percep- 
tion des coutumes et des rentes seigneuriales, soumise a la 
surveillance d'un prévôt féodé qui était en même temps juge 
temporel pour l'exercice de la juridiction abbatiale, le fief de 
Pleubihan était divisé en trêves (1). 

Il y avait en 1030, dans la partie orientale de la ville de 
Rennes, « in suburbio, » en face de la porte principale de la 
cité, « ante porlam civitatis magnam, » ouvrant sur le « fors- 
bourg de la Baudrairie, » et dite au xw" et xv'' siècles « porte 
Baudraere, » — il y avait un ancien moustier, une église 
dédiée à saint Pierre. On l'appelait « Saint-Pierre-du-Marché » 
— ecclesia ou monasterium Sancii Pétri de foro — parce 
qu'elle était située sur la grande place où se tenait le marché 
forain des bourgeois, h ciel ouvert. Il ne faut pas le con- 
fondre avec le marché couvert — la Coule — qui était ren- 
fermé dans l'enceinte murée-, il fournissait un des importants 
revenus du domaine ducal. 

Alain III et sa mère donnèrent cette église de Saint-Pierre 
ii l'abbaye de Saint-Georges, avec un droit de bouteillage qui 
consistait en ceci : Tout habitant de Rennes qui vendait vin 
dans les limites du cimetière de ladite église, devait a Saint- 
Georges la redevance d'une bouteille sur chaque tonneau 
plein, d'une demi-bouteille sur chaque demi-tonneau. 

Il faut lire dans le Cartulaire le récit d'un procès qui eut 
lieu, vers 1050, au sujet de celte redevance contestée par 
deux bourgeois de Rennes (2) « en proie aux feux de l'envie 

(1) Très, trcii ou tref. — Il y en avait huit en Pleubihan. 

(2) Invidic avaricieque aîslibus accensi... (Gart., f« 3°.) 



- 31 - 

el de l'avarice, » et comment le duc Conan, neveu d'Adèle 
de Bretagne, fit justice de la mauvaise foi de ces réclamations 
mal fondées, en maintenant ferme le droit de l'abbaye. 

L'église de Saint-Pierre, que mentionnent encore les chartes 
de la fin du xi^ siècle et celles du xn% n'existait plus au 
commencement du xni*'-, elle avait été détruite pendant les 
guerres fréquentes qui se succédèrent depuis la fin du règne 
de Conan IV jusqu'au temps de Pierre de Dreux. 

En 1230, le Chapitre des chanoines de Saint-Pierre de 
Piennes concéda a l'abbesse de Saint-Georges et à sa commu- 
nauté les droits de patronage qu'il possédait sur la chapelle 
de Saint-Sauveur de la Cité, à condition que, pour remplacer 
l'église de Saint- Pierre -du- Marché^ tombée alors en ruines 
— diruta — l'abbesse s'engageât à reconstruire une église 
paroissiale. 

En exécution de cette clause, et pour suppléer a la réédifi- 
cation de Saint-Pierre, qui ne put s'effectuer, une portion no- 
table de l'église abbatiale de Saint-Georges, — tout le colla- 
téral Nord, — fut affectée au service de la paroisse, qui prit 
le nom de « Saint-Pierre en Saint-Georges. » Cette partie de 
l'édifice monastique, agrandie en 1477 (comme le constate un 
acte des archives de Saint-Georges) (1), resta jusqu'à la Révo- 
lution de 89 consacrée a desservir la paroisse de Saint- 
Pierre (2). 

Le récit de ce qui concerne Saint-Pierre-du-Marché nous a 
entraîné jusqu'à nos jours ^ il convient de revenir en arrière et 
de se reporter aux souvenirs anciens qui revivent dans les 
actes de notre Cartulaire. 



(1) V. l'Appendice. 

(2) Cette paroisse a été supprimée lors de la restauration du culte, en 
même temps que les paroisses de Saint-Jean et de Saint-Martin. 



— 32 — 



CHAPITRE IV. 

I/aliliayc hou» le duc Conan II et sons Alain Fei'senf. — liC comte 
Cicoffrol-le-Bûtard. — Cilron, fils d^Ansquetll, premier sire de 
CUâteangiron. — liCS sires d'Acifs^nc. — Un des premiers croises 
bretons. — Eia prévôté de Pleubihan. 

Le duc Alain III venait de mourir en Normandie^ il fut, 
d'après les chroniqueurs conlenaporains, victime d'un empoi- 
sonnement. C'était en 1040, au retour d'une expédition contre 
les seigneurs normands rebelles a son pupille, le jeune duc 
Guillaume-le-Bâtard, fils du fameux Robert-le-Diable, mort à 
Nice en 1036, au retour de son pèlerinage de Jérusalem, 
comme il a été raconté ci-dessus. 

La duchesse Berthe, veuve d'Alain, avait la tutelle et la 
garde de son iils Conan, âgé de trois mois. La nouvelle du 
décès de son époux lui arrive. Dans les premiers moments de 
sa douleur, la princesse exhale ses regrets, et pour obtenir 
des religieuses de Saint -Georges de plus ferventes prières 
pour l'âme de l'illustre défunt, elle leur fait don de la paroisse 
de Plogasnou, dans le pays de Léon, avec tous les droits sei- 
gneuriaux et domaniaux, les privilèges, rentes et revenus 
appartenant au comte suzerain (1). 

A vingt-deux ans de Ih, en 1061, Conan ratifiait solennel- 
lement cette donation de sa mère Berthe, d'accord avec ses 
grands vassaux. 

Conan, on l'a vu déjà, se montra fidèle protecteur des im- 

(l) Parochiam que est in pago Leonensi que vocatur Ploicallino (Plogasnou), 
lolarn ex inlcgro cl quidquid juris habcbamus cum toto domiiiio nostro: ut 
abbatissa Sancli (îcorgii ila libère cl principaiiler leiicat, sicul ipsc consul 
solebat tcncre. (Cari., f» 7, v^".), 



— Où — 

munilés et des droits de l'abbaye-, il prêta a sa tante Adèle 
l'appui de son pouvoir souverain et tint la main a réprimer les 
entreprises injustes de quelques vassaux rebelles ou de cer- 
tains seigneurs voisins des possessions du monastère, et qui 
voyaient d'un œil de convoitise sa prospérité. Quand ces droits 
et ces privilèges étaient contestés ou violés, quand les chartes 
de concessions étaient l'objet de chicanes et de revendications 
jalouses, c'était au duc ou comte qu'appartenait la charge de 
juger ces procès, qu'on appelait « calenge » ou u chalenge » 

— calumnia. Le suzerain se faisait assister de cinq ou six 
juges pris parmi ses barons; la preuve par témoins était invo- 
quée et terminait la discussion ; parfois le serment était dé- 
féré^ et la sentence qui déboutait les réclamants mal fondés 
les condamnait a fournir des cautions dites fidejussores, qui 
garantissent la justice seigneuriale et la partie adverse contre 
le renouvellement de prétentions déclarées insoutenables. 

On trouvera dans notre Cartulaire des arrêts de cette 
espèce, l'un rendu par le duc Conan II, l'autre par le comte 
Geoffroi, dans des causes relatives aux rentes et aux rede- 
vances de Pleubihan. 

Après la mort de Conan, son beau-frère Hoël, époux de 
Ilavoise de Bretagne, et déjà comte de Cornouailles et de 
Nantes, avait ceint la couronne ducale; il la transmit a son 
fils Alain IV, dit Alain Fergent. Ici reparaît avec lui une autre 
Adèle de Bretagne, sa sœur, qui fut aussi abbesse de Saint- 
Georges. Elle fut la quatrième dans la série des abbesses, et 
commença en 1085 son gouvernement, qui dura soixante-huit 
ans, car elle ne mourut qu'en 1152. 

En sa considération, le duc Alain, son frère, ratifia et con- 
firma tous les bienfaits, toutes les concessions de ses prédé- 
cesseurs au profit de l'abbaye; il y ajouta l'abandon de tous 
ses revenus sur les produits des vignes de Quimper-Corentin, 

— totum vinagium^ — et d'autres droits de suzeraineté qu'il 

3 



— 34 — 

possédait, comme comte, sur un territoire qu'il appelle Johi. 
ette charte conclut par une formule d'investiture assez cu- 
rieuse : « En témoignage de ce don, dit le duc Alain, je 
dépose sur l'autel des cheveux de ma lele et un couteau. » 

C'est a peu près à la même époque que le comte de 
Rennes, Geoffroi-le-Bàtard, fils d'Alain IIÏ, donnait a Saint- 
Georges de vastes et plantureuses prairies arrosées par la 
Vilaine, au-dessous du coteau de Saint-Hellier, et qu'on nom- 
mait alors a Regale pralum^ » — le pré du Roi. Elles ont 
conservé jusqu'à nos jours le litre de « prairies de Saint- 
Georges. » — Geoffroi faisait ce don a la deuxième abbesse, 
ïlodierne de Dinan, et a ses compagnes, pour dédommager la 
communauté du tort qu'il avait causé a leurs intérêts et a leur 
propriété en creusant, a travers leur meilleure prairie sur le 
bord du fleuve, un fossé muni d'un retranchement, pour pro- 
léger sa cité de Rennes contre les attaques de ses ennemis. 

Peu d'années auparavant — vers 1068 — Giron, fils d'Ans- 
quetil (de qui est issue l'ancienne maison de Châteaugiron), 
offrait à Dieu sa fille, qui entrait a Saint-Georges pour faire 
vœu de virginité sous le gouvernement de l'abbesse Hodierne. 

A celte occasion, le puissant baron fit rédiger une charte 
où sont énumcrées par lui, avec la naïve complaisance de l'a- 
mour-propre satisfit, les largesses dues a sa munificence (I). 
Il s'engage d'abord h prendre envers et contre tous la défense 
et la protection des intérêts temporels de l'abbaye, dont il se 
constitue l'avoué. Il lui donne ensuite des dîmes, un droit de 
terrage ou champart, enfin une maison en toute propriété, k 



(1) Omnium priidenlia in memoriam scmper Icneal quanla divitia- 

rum sublimitale ego Giro Ansquelilli filius Sanclum Georgium... pro Glia 
mca in ojus ecclcsia suh monacliali jiigo Deo farmilatura subliniavi quihusque 
bcneficiis ejusdcm saiicli abbalissani nonnnc liodiernam lolamque congrcga- 
lioncm sibi subjcclam in Dci sancliquc Gcorgii cxccllcncia augmcnlavi. 



— oo — 

Saiilnières — in SaJneriensi villa — bourg considérable et 
très-fréquenlé alors, où avait été, croit-on, le siège d'nn ancien 
établissement romain. 

Giron promet encore de garantir, tant en paix qu'en guerre, 
les vassaux de Saint-Georges de toute vexation ou violence de 
la part des hommes d'armes de son château et de son « ost. » 

Enfin, pour favoriser l'approvisionnement du cellier monas- 
tique, il octroie l'exemption complète de péages et de tonlieu, 
de coutumes et de droit de conduite, au bénéfice d'un bour- 
geois de l'abbesse, a son choix, lequel pourra circuler libre- 
ment et sans entraves, avec telle marchandise qu'il voudra, 
par toutes les contrées relevant du fief de Châteaugiron. C'est 
encore la formalité symbolique du couteau déposé sur l'autel 
qui consacre la transmission ou l'investiture des objets donnés 
et des propriétés concédées. Puis on retrouve aussi, dans cette 
occurrence, la trace de la coutume traditionnelle, en Bretagne, 
de l'intervention et du consentement a la donation des héri- 
tiers du donateur. Les fils de Giron, au nombre de six, vien- 
nent donner leur acquiescement a l'acte paternel. 

Dans d'autres occasions, on voit les frères du donateur 
donner également leur assentiment aux largesses du seigneur 
de fief, par exemple lors de la concession a l'abbaye des dîmes 
de la terre de Monbourcher. 

C'est encore de la fin du xi^ siècle que datent les nombreux 
bienfaits par lesquels les seigneurs d'x\cigné, repentants de 
leurs violences et de leurs injustices passées, voulurent répa- 
rer le tort qu'ils avaient fait aux possessions et aux droits de 
Saint-Georges. Pendant plusieurs générations se répétèrent ces 
témoignages de pieuse libéralité attestant la sincérité de leurs 
regrets et le retour a de meilleurs sentiments. 

Notre Cartulaire fait foi de ce que je rappelle ici. 

Enfin, vers le milieu du xn^ siècle, Geoffroi, fils de Raoul, 
sire d'Acigné, après avoir mené une vie désordonnée, touché 



- 36 — 

(le la grâce divine, renonça a ses erreurs et se convertit. Il 
abandonna le monde, se voua a la retraite et a la pénitence 
sous la direction d'un saint personnage nomnoé Haton ou 
Haron, prieur de Notre-Dame du-Fou, dans la forêt de Rennes. 
En se consacrant a Dieu et en quittant le siècle, Geoffroi 
d'Acigné, du consentement de ses frères et de ses autres 
parents, donna au prieuré susdit et a l'abbaye de Saint- 
Georges la plus grande partie de ses biens. C'est dans l'église 
de Saint-Martin d'Acigné que fut fait le don et que fut célé- 
brée la profession religieuse du baron pénitent. Pour en con- 
server le souvenir, dit l'acte qui relate ces faits, une distribu- 
lion de pain bénit fut faite a tous les assistants. 

Les seigneurs de Mordelles et ceux d'Apigné figurent aussi, 
a la fin du xi® siècle, parmi les bienfaiteurs du monastère. 
L'un de ceux-ci, Hugues d'Apigné, en partant pour Jérusalem 
avec les premiers croisés bretons, s'assurait par ses dons le 
souvenir de la patrie sur les plages d'outre-mer avec les 
prières de ses vénérables sœurs en Jésus-Christ, l'abbesse 
Adèle et les religieuses de Saint-Georges, pendant sa vie et 
après sa mort dans le lointain pèlerinage où il s'engageait. 

La prévôté de Pleubihan donna, dans le \f siècle, occasion 
a deux conventions entre l'abbesse de Saint-Georges et le 
prévôt féodé de l'abbaye^ ces arrangements ont assez d'intérêt 
pour qu'on s'y arrête un instant. 

Le premier acte fut passé vers 1060 entre l'abbesse Adèle 
et Gautier, prévôt de Pleubihan après son père. La charte 
établit les attributions, les droits et les obligations de la 
charge confiée au prévôt, appelée, dans le langage du temps, 
« l'honneur ou la préfecture, » c'esl-a-dire le fief héréditaire 
attaché a sa fonction^ prefecturam de Pleubihan^ honor de 
Pleubihan. 

Défendre et protéger les vassaux de Saint Georges, juger 
tous les plaids ou procès portés devant son tribunal, punir les 



— 57 - 

voleurs et malfaiteurs, telle est la mission du prévôt. Son 
salaire est de double nature : l'un spirituel, c'est l'adoption, 
comme lils et bénéficiaire de Saint-Georges, au nom du cou- 
vent tout entier^ l'autre temporel, c'est la builième partie qui 
lui est allouée sur les bans, les causes pendantes devant lui, les 
gaïoirs qui sont les biens meubles des aubains ou étrangers. 
La procédure et la mesure d'indulgence, pendant la tenue des 
plaids, sont laissés k sa discrétion, pourvu toutefois qu'il 
prenne conseil de la prieure du lieu^ il a, de plus, droit de 
mangier ou de past et le droit d'imposer des amendes, mais 
seulement dans son domaine. Pour gage de sa fidélité a rem- 
plir son office et a observer l'accord stipulé, Gautier fournit k 
l'abbesse quatre fidéjusseurs. 

Un second traité intervint, quinze ou vingt ans après le 
premier, entre les fils de Gautier et l'abbesse ïlodierne, qui 
venait de succéder b. la princesse Adèle. Déboutés en justice 
de leur prétention mal fondée à s'approprier les domaines de 
Saint-Georges, dont ils n'avaient que la garde comme héritiers 
de la prévôté paternelle, ces rebelles d'un jour rentrèrent 
dans le devoir; ils jurèrent de nouveau éternelle fidélité k 
l'abbaye et obtinrent en retour, de la générosité de l'abbesse 
Hodierne , quelques concessions nouvelles en leur faveur. 
C'est ainsi que se terminaient la plupart de ces procès en 
revendications égoïstes et dénuées de toute équité. 



58 - 



CHAPITRE V. 

li^abbuyc au XII^ «lèclc. — I^c droit d^bcHmasçc. — Tousflaints et 
MuInt-jacqucH-de-la-Iiande. — Charte» de Conau IV et de la 
ditchefiisc Constance. — Uouatlons diverses. — I/alibaye brûlée 
et reconstruite. 



L'administration de l'abbesse Adèle, deuxième du nom, 
sœur d'Alain Fergcnt, semble avoir été active, prévoyante et 
pleine de prudence pour sauvegarder les intérêts temporels de 
sa maison conventuelle. C'est a l'époque de son gouvernement 
que remonte la rédaction des rôles censiers, des mémoires ou 
notices des rentes et des redevances dues au monastère par 
les vassaux des fiefs et des domaines relevant de Saint - 
Georges, en Tinténiac, en Acigné, aux environs de Rennes, a 
la Chapelle-Janson, a Pleubihan et a Plougasnou. 
Il faut parcourir ces documents, contenus dans le Cartulairc, 
^ pour se faire une idée des informations curieuses qu'on y 
peut puiser, et des renseignements importants qu'ils four- 
nissent sur la nature et l'étendue des services féodaux, sur la 
valeur des denrées et des biens meubles et immeubles, sur 
l'ordre qui présidait a l'exécution des conventions, a l'admi- 
nistration des terres et au régime de la législation des fiefs. 

C'est a la môme abbesse Adèle que son frère Mathias, 
comte de Nantes et frère d'Alain Fergcnt, avait donné le droit 
i\'hesmage sur la rivière de Loire. Ce droit consistait en trois 
oboles sur cbaquc muid de sel, et trois oboles sur cbaque muid 
de froment transporté par bateaux remontant et descendant le 
cours de la Loire. Un tel revenu n'était pas alors sans impor- 
tance. Il fut confirmé a l'abbaye par les ducs Alain, Conan III 
cl Conan IV, constaté par des enquôles, une entre autres, 
du temps de Bernard, évôiiue de Nantes (1147-1169). 



- 39 - 

En 1153, un accord fui conclu, en présence d'Alain, 
évoque de Rennes, entre la communauté des religieuses de 
Saint-Georges et le corps du Chapitre de Saint-Pierre de 
Rennes. Il s'agissait des dîmes et des droits paroissiaux sur 
le territoire en grande partie couvert de (bréls au Midi de 
Rennes, qui portait alors le nom de forêt de Monceau-, elle 
s'étendait depuis la Seiche jusqu'aux villages de Cleusné, 
du Rois-Rogon et de la Coardière, et le ruisseau de Resnel 
donnait son nom et servait de limites a une portion de cette 
forêt. Par suite de la convention susdite, les religieuses de 
Saint-Georges partagèrent avec le Chapitre, par moitié, les 
dîmes de la forêt en deçà de Resnel; quant aux paroisses en 
litige, qui étaient celles de Toussaints et de Saint-Jacques-de- 
la-Forêt, dite plus tard « de la Lande, » la possession en fut 
attribuée tout entière à Saint-Georges, sauf le droit épiscopal. 
Un peu plus tard, l'évêque Alain, cédant aux prières de l'ab- 
besse et aux instances des religieuses, ses sœurs, leur fit l'a- 
bandon de tout le droit qu'il s'était réservé sur les deux pa- 
roisses. 

Vers la même époque fde 1146 a 1160), on voit Gaultier 
de Montrouault, qui, après avoir tourmenté et inquiété long- 
temps la prieure de Saint-Georges de Gréhaigne et ses com- 
pagnes , vient a résipiscence. En présence de Geoffroy, 
archevêque de Dol, il reconnaît ses torts, fait amende hono- 
rable et restitue le fruit de ses pillages. Par esprit de con- 
corde, les nonnes n'en accordèrent pas moins, un peu plus 
tard, a Raoul, fils de Gaultier, le quart des revenus du béné- 
fice de Gréhaigne. 

En 1160, c'est Tehel de Lancé qui donne a Saint-Georges 
une dime, en aumône, au profit de l'autel de Notre-Dame, 
dans l'église abbatiale. Le produit doit en être affecté a payer 
l'huile pour l'entretien d'une lampe qui brûlera toutes les 
nuits devant Tautcl de la Vierge. 



- 40 - 

Vers ilÔO, c'est le duc Conan IV qui confirme a l'abbaye 
la pleine et entière jouissance du don déjà ancien de Pleubi- 
han et de Plougasnou, en désavouant toutes les injustices et 
les violences qu'il avait commises contre le droit des reli- 
gieuses. Il faut lire cette charte, donnée a Guingamp et solen- 
nellement ratifiée en présence de Tévêque de Tréguier, Guil- 
laume, de la comtesse Marguerite, de Constance, sœur de 
Conan, d'Alain de Rohan et des grands officiers de la Cour 
ducale. 

En 1171, Constance, duchesse de Bretagne, donnait encore 
h l'abbaye 10 livres de rente sur le droit de passage ou de 
tonlieu qu'elle prélevait a Rennes. 

A ces restitutions et a ces libéralités des princes et des 
puissants seigneurs s'ajoutaient souvent des dons moins con- 
sidérables de personnes privées-, ce n'était pas une des sources 
les moins fructueuses d'augmentation pour le revenu du mo- 
nastère. Les actes qui contiennent de semblables conventions 
abondent en détails intéressants sur les modes de transaction 
entre particuliers, sur la valeur des biens et des denrées, sur 
les natures de cultures en usage dans le territoire rennais-, 
ainsi, il ressort d'une foule de titres que la vigne, le froment 
et le seigle étaient au nombre des cultures principales. Tous 
les coteaux des environs de Rennes étaient couverts de vignes. 
A la fin du xii'' siècle (après 1190), Herbert, évêque de 
Rennes, prête l'autorité de sa juridiction épiscopale pour la 
ratification d'un accord entre Stéphanie ou Étiennette, abbesse 
de Saint-Georges, et Raginald Crochon. Un don de vignes 
fait encore la matière de cet arrangement^ on y voit des sti- 
pulations relatives a l'amodiation et a l'usage des pressoirs a 
vin. Raginald soumet sa donation a certaines conditions-, il 
donne, de plus, deux maisons, et laisse h l'abbaye tous ses 
biens mobiliers après sa mort. En retour, Tabbesse et son 
couvent s'engagent îi lui reconnaître tout droit de fraternité 



- 41 - 

spiriluclle et temporelle; ainsi, il recevra, pendant sa vie, une 
prébende (juolidicnne, comme une des sœurs de la commu- 
nauté, et il participera, vif ou mort, a toutes les prières et à 
toutes les bonnes œuvres des religieuses. 

De Tannée 1164 date la plus ancienne Bulle-Pancarte en 
faveur des possessions de l'abbaye de Saint- Georges. Elle fut 
accordée a l'abbesse Adélaïde de Malhefelon par le pape 
Alexandre III. On sait que dans ces sortes de Bulles le Sou- 
verain-Pontife déclarait couvrir de la protection et de la sauve- 
garde du Saint-Siège les biens et les propriétés temporelles 
des établissements religieux qui y étaient dénommés et énu- 
mérés. Elles suppléaient aux titres primitifs perdus. 

Le texte de la Bulle d'Alexandre III fait donc connaître 
d'une manière précise et authentique de quels revenus se 
composait la dotation de Saint-Georges k la fin du xu® siècle. 
On y voit figurer, outre le domaine et les dépendances immé- 
diates du clief-lieu abbatial, les églises, chapelles et bénéfices 
dont les noms suivent : 

Saint-Pierre-du-Marché, cet antique monastère devenu église 
paroissiale, dont j'ai ci-devant raconté la donation faite par le 
duc Alain III a sa sœur Adèle; — Toussaints, qui n'était en- 
core qu'une chapelle-, — l'église de Saint-Lazare, qu'on ap- 
pela plus lard « la Magdelaine, » dès lors consacrée au ser- 
vice religieux de la léproserie située au Midi de la ville; — 
les églises de Saint-Donatien- de-la- Forêt, de Sainte-Marie ou 
Saint-Jacques-de-la-Forêt (1), de Sainte-Foi-de-la-Forêt (2), 
toutes trois enveloppées par cette spacieuse foret qui couvrait 



(1) La paroisse de Saint-Jacques a remplacé, au xiii^ siècle, une ancienne 
église dédiée sous le vocable de la Vierge. Cela résulte des Bulles d'Alexan- 
dre in cl d'Innocent III. (V. le Carlulaire.) 

(2) Sainte-Foi n'existe plus; un village a conservé son nom et sa mémoire, 
non loin de la Prévalayc. 



— 42 — 

toute la campagne au Sud de Rennes, entre la Vilaine et la 
vallée de la Seiche. 

Dans l'intérieur de la ville, l'abbaye possédait l'antique 
chapelle de Notre-Dame-de-la-Cité, que la tradition désignait 
comme le berceau du christianisme dans la vieille cité gallo- 
romaine des Redones-, — les chapelles de Saint-Exupère et 
de Saint-Donatien, bâties sur les vieux murs romains de la 
primitive enceinte. 

En dehors de Rennes et dans les limites du diocèse, la Bulle 
papale enregistre, comme dépendances de l'abbaye, la paroisse 
de Saint-Georges de Gréhaigne, sur les rives du Couësnon, et 
limitrophe a la baie du Mont-Saint-Michel ^ — la propriété de 
dîmes et de métairies importantes dans les paroisses de Mor- 
dellcs, d'Acigné, de Brecé, de Saint-Hellier^ — dans l'évêché 
de Saint-Malo, la seigneurie de Tinténiac, avec tous les droits 
qui y étaient attachés, et la disposition de la cure et du 
prieuré^ l'église de Saint-Séglin et une bonne partie du terri- 
toire de cette paroisse^ — les cures et les fiefs de Pleubihan 
et de Plougasnou, dans l'évêché de Tréguier-, — la moitié de 
l'île d'Artz, avec son prieuré, dans le Morbihan-, — dans le dio- 
cèse de Nantes, les droits sur la navigation de la Loire et des 
possessions dans les paroisses d'Avessac et de Bruc-, — enfin, 
des dîmes en Moidré, sur les frontières de la Normandie. 

L'énumération de la Bulle de 1164 ne me paraît pas com- 
plète, je dois le dire, car dès lors l'abbaye de Saint-Georges 
possédait certainement, dans l'évêché de Rennes, La Chapelle- 
Janson, Chavagne, Saulnièrcs^ et, dans le diocèse de Saint- 
Malo, Saint-Domineuc, La Baussaine, a quoi ne tardèrent pas 
d'être ajoutées les paroisses ou chapelles de Treimer, de Car- 
droc, de Saint-Gondran, de La Chapelle-Chaussée. Une charte 
confirmative de 1202, donnée par Pierre Giraud, évêque de 
Saint-Malo, constate les droits de l'abbaye sur ces églises et 
fait supposer une donation antérieure. 



~ 43 — 

L'abbaye avait des possessions jusque dans la Cornouaille, 
a Quimper, par don d'Alain Fergent, et dans la paroisse de 
Briziac, près du Faouct (!). 

On pourra consulter du reste, sur ce point, le texte des 
Bulles qui seront insérées, a leur place, dans le Cartulaire, 
dans l'Appendice, et encore les renseignements très-complets 
que fournira au lecteur l'aveu rendu au roi, en 16()o, par 
M"' de la Fayette. 

La On du xn^ siècle vit presque la ruine de Saint-Georges : 
le monastère et l'église furent alors la proie du pillage et de 
l'incendie. C'était pendant les guerres sanglantes et achar- 
nées que se faisaient entre eux les Plantagenets d'Angleterre, 
cette race féroce et brutale dont la Bretagne eut tant a 
souffrir. 

Le roi Henri II ivait, dès 1160, mis la main sur ce beau 
duché, sous prétexte de prêter a Conan IV sa protection contre 
Eudon de Porhoët et les autres barons ligués pour empêcher ce 
triste prince de livrer la Bretagne au monarque anglais. Le 
mariage de Geoffroi, fils du roi d'Angleterre, avec Constance, 
unique héritière de Conan, ne mit point fin aux querelles et 
aux désastres de la guerre. Le père et les fils étaient toujours 
en discordes, dans cette famille des Plantagenets. En 1183 (2), 
Henri H, pour se venger de son fils Geoffroi, brouillé avec lui, 
vint avec ses Brabançons ravager le pays de Bennes. Il prit 
et brûla en partie cette malheureuse cité. Geoffroi, a son tour, 
accourut, chassant devant lui l'armée de son père-, il assiégea 
Bennes, s'empara de vive force du château que les chroniques 
nomment « la tour de Bennes^ » il brûla une partie de la 
ville, avec l'abbaye de Saint-Georges. 

On croit qu'il répara les ruines qu'il avait faites et que la 

(1) Aujourd'hui Priziac, canton du Faouct, dans le Morbihan. 

(2) Chroniijuc de Robert du Mont. 



— 44 — 
rcconstrnclion de Sainl-Georges suivit de près sa dévasia- 
lion (1). 

Toujours est-il que, dans le courant du xm'' siècle, de puis- 
santes familles vinrent au secours de l'abbaye, qui compta 
parmi les religieuses chargées de la gouverner et de réparer 
ses pertes, Alix de Champagne, deux filles de la maison d'Er- 
brée, Agnès et Guyotle-, enlin, Catherine de Malhefelon, qui 
mourut en 1317, après avoir achevé la restauration des bâti- 
ments de l'abbaye. 



CHAPITRE VI. 

li'Obbayc sous les ducs de In Maison de Dreux. — filalnt>S)anvcur 
et (§alut-t*lcrre-du-:?larchc. — liCS chevaliers Hospitaliers de 
Salut-Jean de «icrusalcin tl Tlntcniac. — I^a léproserie de 
Tinténiac. — Bail dUine église et de ses revenus. — Rente 
sur la Cohue de Rennes. — Paix lY la fln du XIII^ et au 
XIV siècle. — jrullcnne du Cuesclln. — liCS moulins de «roué. 
— l.es ducs de Rcrry et de Bourg;ofa;ne à Siaint-Oeorgcs. — 
liC droit de coutume it Rennes. — liU foire de la mi-caréme 
et la chevauchée. — lie fief au cheval. — lia prieure de Tin- 
téniac. — liC droit de pêche sur la Tllaine. — Les aveux de 
Salnt'Georges. 



Les droits et les possessions de l'abbaye de Saint-Georges 
souffrirent plus d'une atteinte au temps où Pierre de Dreux, 
donnant carrière a son humeur égoïste, inquiète et impé- 
rieuse, exerçait son despotisme tracassier aux dépens des 
biens et privilèges des évoques, des moines et des clercs de 
son duché, après avoir bataillé contre les seigneurs et les 
barons. 

(I) Voir Le Baud, d'iVrgcntré, D. Lobineau. 



- 45 - 

Plusieurs églises furent détruites, a Rennes et aux alen- 
tours, par suite des démêlés violents suscités contre le clergé 
par le duc Pierre-, aussi toute la Bretagne l'appelait- elle h 
juste titre MaucJerc^ surnom qui lui est resté dans l'histoire. 

Un acte curieux des arcliives du Chapitre de Saint-Pierre de 
Rennes constate qu'en 1231 le duc paya a l'évêque et au 
chapitre une somme de 2,200 livres pour contribuer au réta- 
blissement des églises détruites par son fait, et de l'aumônerie 
ou hôpital de Rennes : n Ad opus ecclesiarum dirutarum et 
elemosinarie Redonensis. » (1) 

Une de ces églises fut Saint-Pierre- du-Marché, bénéfice 
dépendant de l'abbaye de Saint-Georges, et où était desservie 
une église paroissiale. 

On l'a vu ci-devant, le don de Saint-Pierre à l'abbesse 
Adèle de Bretagne remontait au xi® siècle. Le Chapitre de 
Rennes s'émut de cette disparition d'une ancienne paroisse de 
la ville. Il s'adressa a l'abbesse de Saint-Georges en lui de- 
mandant de reconstruire l'église détruite-, et pour l'y engager 
plus vivement, il lui fit don de la chapelle de Saint-Sauveur, 
dans la cité de Rennes, et de son droit de patronage sur 
cette chapelle. Le curieux titre oii ce fait historique est établi 
porte la date du mois de janvier 1230; on le trouvera à l'Ap- 
pendice. 

Il résulte des renseignements fournis par les archives du 
monastère que la paroisse de Saint-Pierre-du-Marché ne fut 
pas rebâtie dans l'emplacement primitif qu'occupait l'édifice 
détruit. Les religieuses, pour remplir l'engagement contracté 
aux termes de la convention de 1230 avec le Chapitre, au 
lieu d'entreprendre une construction nouvelle, donnèrent asile 
a la paroisse de Saint-Pierre dans leur propre basilique abba- 
tiale; elles lui consacrèrent tout le transe{)t avec le collatéral 

(1) Celle somme équivaudrait aujourd'hui ù plus de 300,000 fr. 



— 46 — 

Nord (le leur église-, celte portion du hàlimcnt sacré, agrandie 
en liTT en vertu d'un accord entre les paroissiens et l'ab- 
besse Olive de Quéien, conserva, jusqu'à la Révolution de 
1789, le nom de « Saint-Pierre en Saint-Georges^ » c'est la 
que se faisait le service paroissial. 

Des le commencement du xni'' siècle, les chevaliers de 
l'Hôpital ou de Saint-Jean de Jérusalem avaient un établisse- 
ment a Tinténiac. Deux chartes de 1211 et de 1213 (fonds de 
Saint-Georges) sont relatives a des stipulations entre l'abbesse 
Stéphanie et deux grands dignitaires de l'Ordre des Hospita- 
liers, l'un, frère Guillaume de Villiers, prieur de l'Hôpital en 
France, l'autre, frère Geoffroi, maître de l'Hôpital de Jérusa- 
lem, en France. 

L'abbesse, en leur concédant des terres dans son fief, tenait 
a ce qu'il ne leur fût pas permis d'y élever chapelle ni d'y 
construire un cimetière au détriment des privilèges de l'ab- 
baye et de ses bénéfices de Tinténiac et de Saint-Domineuc. 

Il y avait aussi a Tinténiac, dans le même siècle, une 
léproserie ou maladrerie dont l'existence est révélée par des 
transactions passées, en 120G et 1207, entre l'abbaye de 
Saint-Georges et les Frères de la maison des lépreux de Tin- 
téniac, gouvernée par un prieur. 

En 1223, un prêtre, recteur de Tinténiac, passait avec 
l'abbesse de Saint-Georges une convention assez singulière et 
qui vaut la peine d'être signalée dans cette revue. 

Ce recteur, persona (on appelle encore en Basse-Bretagne 
les recteurs des paroisses « person »), nommé Guillaume, 
affermait pour cinq ans a l'abbesse et a sa communauté 
tous les biens dépendant du bénéfice de la cure de Tinténiac, 
de la métairie de Chastelain et de la grande chapellenie de 
Saint-Georges. Le couvent s'engageait a lui payer, pour cette 
jouissance, trente livres chaque année. Guillaume résignait 
entre les mains de l'abbesse le prieuré de Tinténiac, libre de 



- 47 — 

toutes cliargcs et de toutes dettes contractées par lui depuis 
son entrée dans ledit prieuré. A l'expiration des cinq ans, le 
recteur de Tinléniac rentrait en pleine possession de tout ce 
qu'il avait cédé, et restait quitte de toute redevance envers le 
monastère jusqu'à sa mort. 

L'abbaye de Saint-Georges avait, dès l'origine, un droit 
de coutume qui se prélevait en nature sur les étaux de la 
vieille Cohue de Rennes. Le duc Jean Le Roux le changea, 
en 1248, en une rente de 30 livres, qui fut payée annuel- 
lement jusqu'à la Révolution. 

Pendant que les ducs et les grands seigneurs bretons voya- 
geaient en Orient, prenant une large part dans les croisades 
de 1239, de i2o0 et de 1270, Saint-Georges jouit d'une 
tranquillité qui ne semble pas avoir été troublée. 

Les guerres du xiv'' siècle, pendant la grande querelle de 
la succession au duché, ne paraissent pas non plus avoir altéré 
ce repos et cette sécurité. Lors du double siège de Rennes, 
en 13i3 et en 1356, l'abbaye de Saint-Georges fut respectée. 
Les plus illustres maisons de la noblesse bretonne fournis- 
saient alors des abbesses pour le gouvernement du monastère 
bénédictin, par exemple les Laval, les de Rieux, les du Gues- 
clin. Julienne, sœur du grand connétable Rertrand du Gues- 
clin, fut appelée de Saint-Sulpice, autre monastère de béné- 
dictines situé dans la forêt de Rennes, et mise en 1377 en 
possession de la crosse abbatiale de Saint-Georges, qu'elle 
garda jusqu'en 1404. 

Plusieurs titres du xiv^ siècle mentionnent les moulins de 
Joué, sur la Vilaine, en amont de Rennes, comme tenus féo- 
dalement de l'abbesse de Saint-Georges. Il y a, a ce sujet, un 
détail assez intéressant a noter. De l'ancienne maison des 
sires de Cucé, tenanciers nobles de ces moulins, un arrêt de 
confiscation, porté contre Rolland de Cucé, au xni*' siècle, en 
application du droit de commise, les avait fait passer en la 



— 48 — 
possession des ducs-, par conséquent ceux-ci en dcvaienl foi 
et hommage, même le rachat au cas où il incomhait, a la 
dame ahbesse de Saint-Georges. Or, le duc, comme suzerain, 
ne pouvait pas et ne devait pas être soumis en personne a 
l'acte de vassalité que constitue l'hommage l'codal-, il nommait 
donc un gentilhomme qui le représentait et s'acquittait vis-a- 
vis de l'abbesse des devoirs dus pour le fief de Joué. 

Ainsi, h la suite d'une enquête sur les faits ci-dessus énon- 
cés, le duc Jean lll rendit hommage pour les moulins de 
Joué, en 1319, à dame Philippe de Mathefelon, par l'intermé- 
diaire de Jean Le Roux, successivement remplacé, dans le 
même office, en 1333 par Olivier de Cohan, en 1349 par Oli- 
vier de Beaumont, etc. 

Un vieux compte des recettes de l'abbaye, pour les années 
1372-73-74, a conservé les traces d'un incident historique se 
rapportant a l'époque de l'expédition dirigée par le connétable 
du Guesclin, en vertu des ordres de Charles V, roi de France, 
contre le duc Jean IV. L'armée française, accueillie avec sym- 
pathie par les Bretons, mécontents de la partialité de leur duc 
pour les Anglais, se présenta devant Bennes, qui lui ouvrit 
ses portes. 

C'est dans cette circonstance que le duc de Berry et le duc 
de Bourgogne, frères du roi, entrèrent a Rennes. Ils visitèrent 
l'abbaye de Saint -Georges, y entendirent la messe, et le 
compte du receveur consigne la somme d'or et d'argent que 
les deux princes présentèrent à l'offrande, ce jour-la, dans 
l'église abbatiale : 

« Item qui furent receuz de l'offrande dou grant aultier de 
Saint-George que offrirent le duc de Berry et le duc de 
Bourguongne en l'abaie, par or, sept frans et par monnaie 
iv."^ vij.* VII.**. » (Ancien compte rentier de Saint-Georges, 
2 II, I, 31. — Archives départementales d'Ille-et-Vilaine.) 
Outre les redevances qui lui étaient servies par les tenan- 



— 49 — 

cicrs de son fief dans la ville de Rennes et aux environs im- 
médiats, l'abbesse de Saint-Georges partageait avec le sei- 
gneur duc, l'évoque de Rennes et le baron de Fougères, un 
droit de coulume, dont le détail est des plus curieux. Il faut, 
pour s'en rendre compte, lire le texte de l'aveu de IG60, qui 
reproduit d'anciennes formules. 

Ce droit de coutume se levait dans la ville de Rennes. Il 
comprenait le Minage, redevance ou debvoir sur les blés : 
(( Ce debvoir, dit l'aveu ci-dessus rappelé, est de telle nature 
« que pour somme de bled entierre est deub deux deniers, de 
(( quoy il apartient trois mailles audict Seigneur Roy (ou Duc), 
« et l'autre maille est départie entre ledict Seigneur Roy pour 
a cause de sa baronnie de Fougères, l'Evesque de Rennes et 
« lesdicles Abbesse et couvent de Sainct-Georges. Et sy ledict 
« bled est levé en ceste dicte ville pour le porter ailleurs, il 
« en est deub un denier pour le debvoir de Levage et trans- 
« porl^ de quoy ledict Seigneur Roy prend une maille et 
K l'autre maille doibt estre divisée entre ledict Seigneur Roy 
« par cause de sa dicte baronnie de Fougères et lesdictz 
Evesque et Abbesse et couvent de Sainct-Georges. » (i) 

Étaient aussi compris dans la susdite coutume et* partagés 
tiers a tiers les droits de trépas ou trespas, c'est-a-dire de 
transit, comme on dirait aujourd'hui — « par la ville et 
neuf paroisses de Rennes )> — sur les poissons salés ou frais, 
sur les vins, sur les denrées, sur les draps, sur les marchan- 
dises diverses comprises sous le nom de merceries^ sur les 
cuirs, sur les animaux vivants, sur les sels, les beurres, fro- 
mages, etc. — Tout cela avait quelque rapport avec nos oc- 
trois modernes. 

Une ancienne concession ducale, rappelée en 1410 par le 



(t) La mailln valait donc la moitié du denier. C'était la plus petite mon- 
naie. 



— 50 — 

duc Jean V dans des lettres confirmalives, avait créé au profit 
de l'abbaye de Saint-Georges une foire qui se tenait a la mi- 
carême : elle était, pour la communauté, une autre source im- 
portante de revenus. A l'occasion de cette foire, dont la durée 
s'étendait a plusieurs jours et dont la police et la réglementa- 
lion étaient attribuées aux officiers et aux juges de l'abbesse, 
il était d'usage que tous les vassaux du fief de Saint-Georges, 
a Rennes, se réunissent a cheval et en ordre sous la conduite 
desdits officiers, pour faire « la chevauchée » le premier jour 
de ladite foire. 

Le tenancier du fief de Caisdan ou Caesdan, « ayant cours 
aux environs de la rue lïux » (1), avait une obligation spé- 
ciale en cette journée solennelle : il devait se transporter à 
cheval à la porte de l'abbaye pour accompagner, le premier 
en tête du cortège, les officiers de Saint-Georges pendant la 
chevauchée. 

Dans le grand bailliage de Rennes, relevant de Saint- 
Georges (2), il y avait un canton appelé « le fief au cheval. » 
Les hommes vassaux de ce fief étaient tenus, lorsque la dame 
abbesse voulait aller visiter ses prieurés et bénéfices, de lui 
fournir el amener un cheval blanc, « dit hacquenée, bridé, 
caparaçonné, équipé, comme à telle dame apartenait, pour la 
porter audit voyage. )) L'un des sujets du fief, une fois l'ab- 
besse installée sur sa monture, « conduisait la hacquenée par 
la bride hors de dessus le pavé. » Le voyage fini, l'abbesse 
devait remettre la hacquenée a la disposition de ses vassaux. 
Ce devoir. n'était dû qu'une fois en la vie de chaque abbesse^ 

(1) Aujourd'lmi rues de Relair cl de Paris. On rappelait aussi « lief de 
Champagne. » 

(2) Outre une partie de la ville, comprenant les rues Saint-Georges, Cor- 
bin, Sainl-Gcrmain cl autres rues voisines, rue Ilux, elc., le grand bailliage 
s'étendait hors ville sur le lerriloire des paroisses de Saint-Pierre en Saint- 
Georges, Toussainls, Saint-Germain el Saint-Laurent. 



— 51 - 

et il tut supprime, après la réformalion de l'abbaye, au 
\\f siècle. 

Le domaine de Tinténiac élait un des plus ricbcs en droils 
et en revenus utiles pour l'abbaye. Saint-Georges y comptait, 
sous sa seigneurie et baute justice, cinq bailliages ou fiefs, dont 
le premier s'appelait « le bailliage de la \ille de Tinténiac. » 
Dans un des autres fiefs, dit a la Ville-Alleix, » les plaids et 
les actes de la juridiction abbatiale se tenaient sous le vieil 
ormeau du principal village. 

Le prieuré de Tinténiac était un membre important de la 
mense du couvent-, il fut possédé, dès l'origine, par une reli- 
gieuse de l'abbaye de Saint-Georges, qui le gouvernait sous la 
dépendance de l'abbesse a qui elle en rendait aveu. De plus, 
cbaque année, le premier jour de l'an, la prieure de Tinténiac 
devait a l'abbaye, outre quatre livres monnaie de rente féo- 
dale, « un gasteau de trois demeaux de farine de froment, 
porté par les bommes et sujets de ladite prieure, et présenté 
a la grille d'entre la nef de l'église et le cbœur des religieuses, 
en l'endroit de l'Offertoire de la grand'messe. » 

Au nombre des attributions de la dame prieure de Tinté- 
niac, était celle « de faire examiner et instituer un maistre 
d'escolle pour tenir l'escolle de la ville de Tinténiac pour 
l'instruction de la jeunesse. » 

Des lettres patentes délivrées par les ducs de Bretagne, aux 
xiv'' et xv'' siècles, renouvelèrent et confirmèrent plusieurs fois 
les droits et privilèges que l'abbaye de Saint-Georges devait 
aux concessions de son fondateur, aux dons des princes de la 
famille ducale et des bauts barons du pays. Plus tard, il y eut 
aussi des ratifications accordées par les rois de France aux 
xvi'', wn"" et xviii^ siècles. 

Parmi ces privilèges, il convient de noter celui en vertu du- 
quel appartenaient à l'abbaye la pleine propriété et la jouis- 
sance des eaux de la Vilaine, avec le droit de pêche probibi- 



— 52 — 

live, c'cst-a (lire exclusive, et de bateau sur ladite rivière, 
depuis les moulins de la Porte, sous la cité, jusqu'aux mou- 
lins de Cesson, en amont de Rennes. 

Je n'ai pas retrouvé, dans les titres de Saint-Georges, (\'aveu 
ou tenue par écrit antérieur au xv^ siècle. En 1398, le duc 
Jean IV avait dispensé l'abbesse de « bailler sa tenue par 
escript. » Aux termes d'un aveu de 1475, les abbesse et cou- 
vent de Saint-Georges confessaient et reconnaissaient tenir 
leur temporel et tout ce qu'elles possédaient « généralement 
et universellement, sans réservation, au pais et duché de 
Bretaigne » du duc comme leur souverain seigneur, « à sa 
« barre et court de Rennes, en chiefï et en membres, dont 
(( elles se délivraient à sa dicte court et barre de Rennes a 
« congié de personnes et de menée, aux plaids généraux de 
« Rennes, en la forme et manière que les barons avaient ac- 
(( coustumé faire.... » Par cause desquelles choses, elles de- 
vaient a leurdit souverain seigneur « prières et oraisons et 
« obéissance comme de fief amorly. » 

Ce privilège baronial « du congé de personnes et de 
menée » (1) avait été concédé « au moustier de Saint-Georges » 
par le duc François 1, en 1442. Par ce môme acte de son au- 
torité souveraine, il octroya encore a « ses très chières et amées 
orateures les abbaesse et convent du benoist moustier Saint- 
George » le droit de tenir élevées dans leurs fiefs et sei- 
gneuries « justices et fourches patibulaires à quatre postz ou 
pilliers, » pour la punition des malfaiteurs. 

La juridiction de Saint-Georges comprenait les trois degrés 
de la justice féodale : haute, moyenne et basse. Elle s'exer- 
çait dans l'auditoire de la Cour ducale, et plus tard, après 
la création des présidiaux, « dans la salle de la Cour et siège 

(t) Sur le droit de « menée, » voir P. Ilévin, Questions féodales, p. 155, 
161, 465. 



— 55 - 

prcsidial de Rennes. » Elle emportait le pouvoir d'instituer 
tous oHiciers de justice, comme sénéchal, alloué, lieutenant, 
procureur d'oflice et greffier, notaires, sergents généraux et 
bailliagers, pour recueillir en leur tour et rang les revenus 
des bailliages dépendants de chaque seigneurie qui relevait 
de Saint-Georges. 



CHAPITRE VII. 

li'abbayc au 1LV« siècle. — Rennes s^accroît aui^ dcpents de JSaint- 
Cîeor;s;e8: les fortiUcatlons bouleversent son enclos. — Itlande- 
nients des ducs de Brctag^ne. — Procédure contre les bourgeois 
de Bennes. — Dispute de préséance : Perrine du Feu et Tabbé 
de Haint-nelaine. — Belàchenient et décadence. 

Le xv*^ siècle vit commencer pour l'abbaye de Saint-Georges 
une période d'embarras financiers causés par la diminution de 
ses revenus et par les sacrifices que lui imposa l'autorité sou- 
veraine au nom de l'utilité publique. 

C'est sur son domaine, c'est à travers le territoire de ses 
fiefs, à Rennes, que furent tracées et construites les nouvelles 
clôtures de la ville neufve, commencées en 1422. On creusa, en 
grande partie sur le terrain et dans les jardins du monastère, 
les fossés et les douves de l'enceinte-, une porte, qui prit le nom 
de Saint-Georges, fut établie tout près de l'église abbatiale, dont 
le côté septentrional se trouva joindre immédiatement la mu- 
raille de défense. Ce fut a cette époque (vers 1421) que le fonds 
de la Motte à Madame Vabbesse^ qui faisait partie des jardins 
et du pourpris, fut perdu pour l'abbaye. Elle resta séparée du 
terrain « du moustier » par un large fossé muni de contre- 
escarpes. La ligne du mur d'enceinte coupa les jardins a fEst 



— 54 — 

de l'abbaye, et trois tours furent élevées entre le cbevet de 
l'église abbatiale et l'entrée actuelle de la rue des Francs- 
Bourgeois, qui n'existait pas alors. Le plan de Rennes, dressé 
en 1720 par Forestier, l'ait clairement comprendre l'état des 
lieux. Les trois tours dont je viens de parler furent appelées 
la tour Neuve, — la tour des Nonnes — et la tour de la 
Harpe. 

Les travaux pour clore la « ville neufve » se prolongèrent 
pendant vingt-six années-, on y travaillait encore en \US. 
L'année suivante, 1449, on entreprit la troisième enceinte, 
qui fut nommée la « nouvelle ville. » Elle enferma, dans le 
circuit de ses douves et de ses fortifications, le quartier oii 
existaient, dès le \\f siècle, l'hôpital et le prieuré de Saint- 
Thomas, où venait d'être fondé le couvent des Carmes, tout 
ce qu'on appelait alors « le forsbourg de Toussaint, » enfin le 
territoire dit « le Champ-Dolent, » le tout situé au Midi et 
sur la rive gauche de la Vilaine. La fin du xv*" siècle ne vit 
pas terminer cette troisième enceinte, a laquelle on ne mit la 
dernière main que dans le commencement du xvi*' siècle. 

Les archives de Saint-Georges abondent en pièces relatives 
aux incidents qu'amenaient toutes ces constructions succes- 
sives-, on y trouve de curieux renseignements sur les pertes 
et les préjudices que causèrent au monastère l'ensemble et la 
répétition des mesures décrétées par les ducs, et exécutées 
par les bourgeois pour la fortification et « emparcment » de 
leur ville de Rennes. 

Aux requêtes et aux réclamations des religieuses, les ducs 
répondaient par des lettres et mandements qui constatent les 
dégâts occasionnés par le bouleversement des terrains de 
l'abbaye, la dépossession qui s'ensuivait^ ils accueillent les 
plaintes du couvent spolié, et promettent des indemnités. 
Mais la liquidation et le paiement de ces indemnités, après 
mille didicullés soulevées par lc« officiers de la juridiction 



- 55 - 



ducale et aussi par « messeigneurs les bourgeois, » furent 
souvent contrecarrés et ne lurent jamais complclenient réglés. 

Jean V, François P^ Pierre 11, François H donnèrent, l'un 
après l'autre, des mandements pour reconnaître les droits de 
l'abbaye et lui accorder en principe des dédommagements. 
En 143o, Jean V lui attribua six cents livres a litre rémunc- 
ratoire. 

On apprend, par le texte de ces documents, que les nou- 
velles clôtures de la ville de Rennes ont coupé et traversé le 
pourpris du « benoist moustier de Saint-George, » comme 
jardins, vergers, vignes, bois et prés en dépendant^ — que, 
pour creuser les douves « environ ledit moustier, » il a fallu 
envabir et supprimer deux cimetières privatifs au couvent : 
l'un, appelé « le cymetière es dames, » consacré a la sépul- 
ture des religieuses^ l'autre, nommé « le cymetière es mar- 
tirs, » parce qu'on y inbumait les malades qui décédaient 
pendant leur pèlerinage à l'église du monastère, où ils ve- 
naient implorer l'intercession du saint pour être guéris d'une 
maladie appelée le mal monseigneur saint George (1). 

« Le tout desditz cymelières, dit le duc Jean Y dans son 
a mandement du 23 août 1425, a esté emploie esdiles douves 
« nonobstant que pluseurs corps sainz y fussent ensepulturez, 
« considéré le temps de la fondation dudit moustier et est 
o ainsi a presyumer... » 

Au total, le duc veut que soient diligemment évalués les 
dommages soufferts par les religieuses de Saint -Georges, 
tant de leurs église, jardrins, moulins, rivière, terres, mai- 
sons, hommes subgiez, rentes et revenues, » pour faire 
promplement et sans délai « valablement recompanser lesdites 
suppliantes affin qu'elles naient plus cause d'estre plaintives 
envers lui. » 

(1) Sorlc (l'aireclioii érysipélaleusc incléc de gangrène. 



— 56 - 

Des 600 livres accordées par le même duc Jean V, l'abbaye 
n'avait encore toucbé que 220 livres en 1458. Un mandement 
du 13 février de cette année, signé du duc François lï, pres- 
crit de compter aux religieuses le reste de la somme qui leur 
était due, soit 380 livret. Mais il n'existe aucune trace de 
l'exécution des ordres du duc. 

Des lettres patentes de la duchesse Anne, données le 
12 septembre 1491, résument assez complètement les charges 
qu'avait eues a porter et les dommages qu'avait subis, a son 
grand détriment, l'abbaye dont la duchesse se déclare la pro- 
tectrice. Que n'avait-elle pas sacrifié aux besoins de l'État, 
pendant que la duchesse avait « à soutenir généralement et 
universellement, par tout son duché, la guerre contre ses 
ennemis et aversaires les Français, pour résister a leur mau- 
vaise et damnable querelle .^^ » 

Il avait fallu pour la défense de Rennes, en particulier, 
prendre et employer a fortifier la ville une partie considé- 
rable des domaines et héritages propres du « moustier Saint- 
George^ » faire abattre et démolir maisons appartenant aux 
religieuses, fuyes et colombiers, pressoirs à ban-, raser et 
détruire bois anciens et autres bois, vignes, murailles, ver- 
gers, prés, etc.-, les priver par conséquent de nombreux reve- 
nus et droits utiles, comme ventes et octrises, fournages, 
montages et autre ferme droit de leur juridiction. De plus, 
ajoute la duchesse, « comme il nous a convenu prendre par 
« manière d'emprunt de pluseurs nos féaux sujets pluseurs 
sommes de finances... avons pris d'elles leurs croix, crosses, 
(( calices, vaisselle d'argent a grand valeur et estimacion, 
quelles sommes d'or et d'argent monnoyé et a monnoyer 
« avons fait sommer, nombrer et estimer... » 

La duchesse évalue a « mille cinq cents écus d'or » la 
somme qu'elle doit « a clair » a ses dites « oratcurcs, l'ab- 
bcsse et le convcnt du moustier Saint- deorge, » et pour en 



I 



— 57 — 

commencer le remboursement partiel, elle leur fait don d'un 
de ses fiefs, s'élendant sur une partie de la ville et des faux- 
bourgs de Rennes, ainsi que sur le territoire des paroisses de 
Cbantepie et de Janzc, nommé « le flef de Fougères. » Elle y 
ajoute l'abandon et la pleine jouissance d'un moulin « situé 
sur le bout des ponts de Cesson. » 

Il y a tout lieu de douter que les dédommagements promis 
par la duchesse Anne aient jamais été intégralement acquittés. 
Je crois que l'abbaye les attendit en vain. 

Il y eut encore, dans le courant du xv® siècle, un sujet de 
soucis et une autre cause d'amoindrissement des revenus de 
l'abbaye de Saint-Georges : c'étaient les discussions sans cesse 
renaissantes et les procédures interminables entre l'abbesse 
d'une part, et de l'autre les bourgeois de Rennes qui s'arro- 
geaient la licence de bâtir des maisons et d'envahir des ter- 
rains, sur le lit de la Vilaine, dans la traverse de la ville. Or, 
la rivière et son fonds étaient la propriété de Saint-Georges 
aux termes de la fondation, et nul n'avait le droit d'y con- 
struire sans l'agrément et la permission de l'abbesse. Le 
privilège monastique ne tint pas contre la persistance des 
empiétements, favorisés par les officiers de la juridiction 
ducale. 

Au milieu de ces débats et des difficultés qu'ils soulevaient 
se révéla, comme un signe de décadence, un esprit de dissen- 
sion et de recherche des honneurs et des distinctions exté- 
rieures qui aurait dû rester étranger à de pieuses servantes 
du Seigneur, et que n'avait point connu la ferveur primitive 
des bénédictines de Saint-Georges. 

Perrine du Feu, élue abbesse en 1441, donna un éclat inu- 
sité aux prétentions d'accaparer certaines prérogatives mon- 
daines, aussi opposées îi la vocation des lilles de saint Renolt 
qu'a rhumilité de la vie claustrale. C'est sous la forme d'une 



k 



- 58 - 

question de préséance que se produisit l'orgueilleuse contes- 
tation. 

L'abbesse de Saint-Georges se disait en possession, par 
suite d'anciens privilèges non révoqués, d'avoir le pas et de 
siéger dans les grandes cérémonies religieuses, dans le chœur 
même de la Cathédrale, dans les processions publiques, avant 
et au-dessus de l'abbé de Saint-Melaine et immédiatement 
après l'évêque de Rennes. L'abbé de Saint-Melaine niait éner- 
giquement la légitimité d'une semblable prééminence, con- 
traire à tous les usages et à la dignité de sa charge. Les tri- 
bunaux séculiers et ecclésiastiques retentirent du bruit de ces 
disputes. 

L'affaire fut portée devant le Pape, qui nomma d'abord des 
arbitres dont la décision fut contraire a la réclamation de 
Perrine du Feu-, mais ce premier arrêt ne suffit pas : il fallut 
l'intervention directe du Souverain -Pontife. Nicolas V pro- 
nonça en faveur de l'abbé de Saint-Melaine. Dans sa Bulle 
datée de 1453, il rappelle l'abbesse et les religieuses de Saint- 
Georges a l'observation de la règle, ainsi qu'aux lois de la 
modestie monastique et de la décence qui convient a leur 
sexe. Son blâme sévère frappe et réprouve l'indiscipline qui 
les portait a se mêler aux assemblées des hommes , au risque 
d'olTenscr Celui a qui sont vouées leur virginité et leur vie 
tout entière. En conséquence, pour terminer de semblables 
dissensions et obvier aux scandales, le Saint-Père, par un 
molu proprio fondé sur son autorité apostolique, de sa science 
certaine prononce et décrète que les abbés de Saint-Melaine 
resteront en possession de la prééminence et de la première 
place au-dessus des abbesses de Saint -Georges, dans les 
synodes, les processions, et généralement tous les oillces 
sacrés auxquels assisteront les uns et les autres. Le texte de 
cette décision pontificale se trouve aux Preuves ou Actes de 
Bretagne, publiés par dom Morice, tome II, col. 1032-3. 



- 59 - 

Perrine du Feu n'était pas encore satisfaite, prétendant que 
le Pape l'avait condamnée sans l'entendre. Mais, h son tour, 
le duc de Bretagne intervint^ il finit par imposer un accord 
ou appointement conforme aux conclusions de la Bulle de 
Nicolas V, et qui ôla tout prétexte à la poursuite du litige. 
Aux termes de ce traité, en toute circonstance, dans l'église 
comme au dehors « en stations, processions, offertes et tous 
autres actes, ledit abbé pour l'honneur et privilège de la 
dignité sacerdotale, et autres causes contenues en ladite Bulle, 
aura toute prééminence et prérogative avant ladite abbesse, 
sauf audit abbé, par honneur et courtoisie, quand bon luy 
semblera, a déférer l'honneur a ladite abbesse, laquelle par 
humilité le lui referra et le laissera précéder. » (D. Mor., ibid.) 

Ainsi prit fin la contestation sur la prééminence entre les 
deux abbayes de Saint-Melaine et de Saint-Georges. Les actes 
postérieurs n'en parlent plus. 

Mais l'esprit d'indépendance et d'ambition séculière avait 
désormais envahi la communauté, que les graves avertisse- 
ments de Nicolas V ne purent préserver contre l'oubli de la 
règle et les abus qui devaient s'ensuivre. La fin du xv^ siècle 
marqua pour le monastère de Saint-Georges une affligeante 
période, au point de vue de la régularité monacale. 

Les choses allèrent au point que dame Olive de Quélen, 
abbesse (de 1474 k 1485), fut obligée d'avoir recours a l'au- 
torité ecclésiastique pour la correction de la conduite scanda- 
leuse de ses sœurs révoltées contre sa direction. D'accord 
avec le duc François II, elle sollicita et obtint du pape 
Sixte IV une Bulle qui, en condamnant les abus introduits 
dans l'abbaye, en fait connaître la multitude et la gravité. 

Ainsi, la Bulle signale la violation de la clôture par l'intro- 
duction dans les lieux réguliers du monastère de personnes 
tant ecclésiastiques que séculières, de l'un et de l'autre sexe, 
avec la connivence des religieuses titulaires des offices claus- 



— GO — 

Iraux. Ces personnes pénétrant dans les cellules et les réduits 
les plus secrets de la maison conventuelle, le scandale allait 
plus loin-, on y mangeait, on y buvait, on y faisait festin avec 
ces étrangers, on sortait du monastère, on se permettait de 
fréquenter les demeures mondaines^ la célerière et la sous- 
célerière, et les autres religieuses chargées de l'administration 
de la mense, en dissipaient et gaspillaient les revenus, en dis- 
posaient môme au profit de leurs parents ou d'autres per- 
sonnes séculières. 

Un tel état de choses n'était pas tolérable. Le Pape en fit 
justice en frappant d'excommunication tous les coupables qui 
persisteraient dans de pareils déportemenls, et pour la stricte 
exécution de ses ordonnances, il commit l'abbé de Penpont, 
l'archidiacre de Porhoët et l'olFicial de Rennes. 

Les scandales furent réprimés, mais l'insubordination suivit 
son cours. 

Les religieuses résistèrent plus d'une fois à des nomina- 
tions d'abbesses qu'elles considéraient comme faites au préju- 
dice de leur droit d'élection, ou bien il y eut des cabales et 
des intrigues pour substituer a une abbesse en possession une 
autre titulaire, élue par une partie des religieuses et rejetée 
par une autre partie, quelquefois imposée par le souverain. 
Car l'abbaye de Saint-Georges étant de fondation princière 
— on l'appela après la réunion de la Bretagne a la France, 
Abbatje Royale — les derniers ducs et les rois de France 
s'attribuèrent le droit de contrôler et de ratifier les élections 
des abbesses. 

Après une lutte de quelques années, le roi mit définitivement 
la main sur le droit d'élection, et, a partir de François I", 
l'abbesse resta a la nomination royale. 



- Gl - 



CHAPITRE VIII. 

Béformc de l'abbaye au XVI^ siècle. — liCS grandes abbesscs 
réforniatrlces du XVII<: siècle t Françoise et ^agdclalne de la 
Fayette. — Les dernières abbcsscs. — Fin de 9aint'CfCorg;es. 

Après Françoise d'Espinay, dont le gouvernement dura 
Irenlc ans et finit en 1520, la licence et l'irrégularité reprirent 
un déplorable empire dans les habitudes de vie des religieuses 
de Saint-Georges. Vainement, pendant plusieurs années, furent 
tentées des mesures de réforme que le roi François I" appuya 
de son autorité royale. Le pieux évoque de Rennes, Yves 
Mahyeuc, concourut efficacement par sa sainte influence a 
rétablir dans l'abbaye les saines traditions de l'humilité et de 
l'austérité claustrale, mais ce ne fut pas sans une lutte pro- 
longée et de laborieux efforts. 

Dès lo22, le roi avait envoyé a Saint-Georges, pour procé- 
der a la Réformation, en renouvelant partiellement le person- 
nel de l'abbaye, plusieurs religieuses de vie exemplaire, tirées 
d'autres monastères bénédictins, comme Montmartre, Malle- 
Noë, Relay, Chelles. Isabeau Hamon, placée a leur tète et 
chargée de mener a bien l'œuvre réformatrice, ne fut abbesse 
qu'un an^ elle mourut en 1523. 

Après elle, Christine Toutain, religieuse de Chelles, ne 
réussit qu'imparfaitement, pendant trois années de lutte, a 
soumettre les sœurs a la vie régulière. En 1527, elle céda la 
crosse abbatiale a Jeanne de la Primaudaye, venue de Fonte- 
vrault, et dont la possession ne paraît pas avoir été sans con- 
testation^ car le conseil de Rretagne se vit appelé a lui déli- 
vrer, le 2 mars 1536, des lettres de maintenue et de sauve- 
garde. Un ancien obituaire de Saint-Georges dit qu'elle fut 



— 62 — 

abbesse l'espace de Imit ans. Toujours est-il qu'elle ne l'était 
plus a la fin de 1530. 

Marie de Kermcno l'avait remplacée, peut-être supplantée, 
comme le conjecture l'abbé Trcsvaux. Elle fut du moins, celte 
année-la même, maintenue en possession de l'abbaye. Son 
gouvernement fut paisible, et 'a sa mort, en 1557, elle fut 
remplacée par sa nièce, Jeanne de Kermeno. La Réformation 
triompbait. Il n'est plus désormais question de révolte ni 
de discordes intérieures. 

Philippe d'Espinay et Marquize de Beaucaire remplissent, 
dans le calme exercice de leur charge, la fin du xvi*' siècle. 

A partir de la sage et prudente administration de M"^ de 
Beaucaire, qui dura vingt-six ans, se produit, durant tout le 
XYu" siècle et dans le siècle suivant, l'heureuse et bienfai- 
sante influence des grandes abbesses, dont le mérite et le 
talent consolidèrent et assurèrent l'œuvre de la Réformalion 
de Saint-Georges, sans parler des restaurations matérielles 
auxquelles plusieurs d'entre elles présidèrent. 

Nommée abbesse en 1609, dame Françoise de la Fayette (1) 
gouverna son monastère pendant cinquante-quatre années, et 
ce, comme le fait observer une notice contemporaine iné- 
dile, avec tant de prudence, de bonheur» et de succès dans 
sa conduite que, pendant un si long temps, on n'a pas re- 
marqué la moindre apparence de trouble ou de contradic- 
« lion dans toute son abbaye. Aussi son décès arriva au grand 
« regret non-seulement de toute sa compagnie, ains de tous 
« ceux en général qui avaient le bonheur de la connoistre-, ei 
« il est h remarquer que dès le lendemain de son décès, on 
« sceut sa mort de toute part, ce qui fit un si grand concours 
« de peuple dans Saint-Georges, l'espace de trois jours entiers 



(1) Elle apparlcnail à une illuslre famille d'Auvergne, qui remonl-c aux 
Croisades. 



— G3 — 

« qui furent intermédiaires entre le tr^as et la sépulture de 
« ladite dame, qu'il est vrai de dire que, de mémoire 
« d'homme, on n'avoit point veu dans cette ville, d'obsèques 
« plus magnifiques et plus célèbres par le grand nombre de 
« personnes régulières et séculières qui y assistèrent, de 
« toutes conditions et qualités. » 

Magdelaine de la Fayette était, depuis 1652, coadjutrice de 
sa tante Françoise, a qui elle succéda comme abbesse en 
1663. Elle fut bénite le 4 octobre par M^' de Villemontée, 
évêque de Saint-Malo, un des plus savants et des plus pieux 
prélats de son temps, et dont l'ancien diocèse de Saint-Malo 
a gardé un précieux souvenir. M^"" Mathieu Thoreau, évéque 
et comte de Dol, assistait a la cérémonie, ainsi que dame 
Marguerite de Morais, abbesse de Saint- Sulpice, encore une 
de ces femmes distinguées qui a laissé dans son monastère 
une mémoire vénérée par la sagesse de ses réformes et de sa 
législation. 

J'ai retrouvé — par hasard — sur un fragment de parche- 
min qui avait servi de reliure, l'épilaphe de Magdelaine de la 
Fayette, morte le 24 juillet 1688. C'est un témoignage con- 
temporain bon a consulter- en voici le texte avec les lacunes 
que je n'ai pu combler : 

« Cy gist Magdelaine de la Fayette qui fut abbesse de ce 
« monastère : elle eloit de l'illustre maison de la Fayette. 
« Son esprit répondoit à sa naissance^ mais sa piété surpas- 
« soit l'un et l'autre. Si l'on conte son reigne par les années, 
« elle a esté abbesse vingt-et-cinq ans-, si Ion en juge par les ' 
« regrets de tout le monde, ce temps n'a paru qu'un moment. 
« Scachant se commander a elle-même, elle n'eut pas de peine 
« à commander aux autres. Elle ordonna beaucoup de choses 
« par ses paroUes, encore plus par ses exemples. Elle donna 

« des loix-, mais ces loix mêmes surent Elle reserra la 

(« discipline régulière, mais par les liens de la charité. Luy 



— 64 — 

« obéir csloit une recompense, luy déplaire une peine. Et 

« celle saincle mère lant de filles, elle n'en fisl pleu- 

« rer aucune que par (sa mort). » (1) 

J'ajoute a ce fragment d'épilaphe les lignes suivantes, qui 
le complètent el que me fournit une notice manuscrite due 
k une de ses religieuses : « Sa mémoire doit eslre en véné- 
ration dans sa communauté. Elle a fait rebastir la maison. 
Tout son soin, pendant son règne, a esté de procurer la 
gloire de Dieu et le bien de la religion^ et comme elle a 
vescu dans la crainte de son Dieu, elle est morte dans son 
amour. » 

Telle était la digne et respectable abbesse qui attacha son 
nom a la reconstruction des bâtiments de Saint-Georges. 

Magdelaine de la Fayette, morte h 65 ans, ne put mettre 
la dernière main a ses projets de restauration de l'ensemble 
de l'abbaye. 

Marguerite du Halgouët de Cargrée, qui lui succéda, conti- 
nua son œuvre et commença la reconstruction des cloîtres du 
couvent. C'était une femme d'un rare mérite, disent les do- 
cuments contemporains-, elle fut accordée par le roi Louis XIV, 
a la demande unanime de toute la communauté, el siégea 
comme abbesse pendant vingt-cinq ans. 

Après elle, la crosse abbatiale passa aux mains d'^Élisabelh 
d'Alègre, nièce d'un maréchal de France, général et diplomate 
éminent, et de deux anciennes abbesses de Saint-Georges : 
M""' de Beaucaire et Françoise de la Fayette. 

M""' d'Alègre fut remplacée, en 1741, par Judith de Chau- 
monl de Guitry, qui mourut a 102 ans, après un règne de 
trente-sept années. 

Enfin, la dernière abbesse de Saint-Georges fut M™' Julie 

(1) Le parchemin a été coup6 cl déchiré; de là les desiderata qu'il m'a 
(«16 impossible de suppléer. 



— b^ — 

Bareaii de Cirac, sœur de iM^'" de Girac, évoque de Uennes au 
moment de la Révolution de 1789. 

Un siècle, rempli par le gouvernement de ces quatre der- 
nières abbesses que je viens de nommer, sépare donc seul la 
grande réformatrice et restauratrice de Saint-Georges, Magde- 
laine de la Fayette, de la catastrophe sociale qui mit fin à 
l'histoire et a l'existence de l'abbaye. 

On peut du moins le rappeler ici : le dernier éclat et les 
suprêmes retentissements qu'ont laissés dans nos annales la 
réputation et l'attitude ferme et courageuse des bénédictines 
de Saint-Georges, en présence de la persécution révolution- 
naire, sont purs et a l'abri de tout reproche. 

La dernière abbesse, Julie Bareau de Girac, survécut a la 
destruction de sa communauté. La force seule put les obliger, 
elle et ses compagnes, a abandonner leur monastère. 

Aucune de ses sœurs ne donna le scandale de renoncer aux 
engagements contractés librement devant Dieu. Dispersées par 
la tempête, vivants débris de la vieille abbaye bénédictine, les 
dernières religieuses de Saint-Georges, rentrées malgré elles 
dans la vie séculière, se sont éteintes, tristes et résignées k 
la volonté divine, loin de l'asile qu'avait choisi leur jeunesse, 
et qu'elles avaient espéré ne quitter jamais. Une seule d'entre 
elles périt sur l'échafaud pendant la Terreur : c'est M"™^ Jeanne 
Nouel de la Villehulin, qui fut guillotinée a Saint-Brieue vers 
la fin de 1794^ elle avait 37 ans. M""^ de Girac était morte a 
Rennes, le 19 janvier 1794, finissant a 60 ans, dans l'obscu- 
rité d'un refuge précaire, ses jours abreuvés d'épreuves hé- 
roïquement supportées. 

Lorsque le pouvoir révolutionnaire qui, de Paris, tyrannisait 
toute la France, lança ses décrets de dissolution et de spolia- 
tion des communautés religieuses, la situation de l'abbaye de 
Saint-Georges était encore relativement prospère. 

Plusieurs déclarations, fournies depuis 170(> jusqu'à 1774 à 

5 



— 66 — 

l'auloritc ecclésiastique, a l'intendance et aux comniissaircs 
(lu domaine royal — les plus récentes par M"'^ de Chaumont 
de Guitry — établissent l'état des revenus et des charges de 
l'abbaye. 

En 1764, le revenu brut est évalué à 24,507 livres, et les 
charges fixes a 19,319 livres. 

Sur les 5,187 livres restant, il fallait frayer a l'entretien de 
trente religieuses, tant dames de chœur que novices, de douze 
sœurs converses, des chapelains, des domestiques, etc. 

En 1706, les revenus dépassaient les charges d'environ 
12,000 livres. A cette date, l'abbesse, M"^" du Halgouët, dé- 
nombrait ainsi le personnel de la communauté : soixante- 
quatorze dames de chœur, vingt-quatre converses, sept domes- 
tiques, trois chapelains, trois sœurs tourières et trois journa- 
liers-, total : cent quatorze personnes. 

Un compte de 1774 cote l'ensemble du revenu a 43,914 
livres, absorbées presque complètement par les charges ordi- 
naires, les décimes, les réparations, les aumônes, les renies, 
les acquits de constituts, l'entretien de la maison. 

Il n'est pas sans intérêt de comparer ces évaluations suc- 
cessives, en rappelant d'autre part qu'en 1641, sur un revenu 
de 22,450 livres, vivaient a Saint-Georges quarante-deux 
dames de chœur, vingt-deux sœurs converses et servantes, 
quatorze domestiques, en tout quatre-vingt-cinq personnes. 

Au moment de la proscription de leur Ordre et de l'expul- 
sion de leur couvent, les religieuses de Saint-Georges étaient 
encore au nombre d'une trentaine. 

Nous avons déjà vu que, dans les derniers temps, l'abbesse 
de Saint-Georges était a la nomination du roi. 11 n'en était 
pas ainsi dans le principe : (lomme dans tous les monastères de 
l'Ordre de saint Benoît, l'abbesse était élue et librement choisie 
par ses sœurs. Elle était perpétuelle, et son gouvernement 
était soumis h l'ordinaire, c'est-a-dire h l'évêque du diocèse. 



— ()7 — 

Sous Tabbesse, première dignilairc du monastère, et rele- 
vant de son autorité, on comptait plusieurs offices monas- 
tiques, dont voici les litres : 

i. La prieure conventuelle, qui était la première et la plus 
importante charge après l'abbesse, une sorte de lieutenancc 
au gouvernement intérieur de la communauté-, 

2. Les prieures, chargées d'administrer au dehors les biens 
et revenus des grands domaines appelés prieurés^ 

3. La dépositaire^ 

4. La célerière-, 

5. La boursière; 

6. La portière. 

Les discrètes étaient les religieuses les pins considérables 
par leur âge et leurs qualités personnelles, composant le con- 
seil de l'abbesse. 



CHAPITRE IX. 



I.es va«$»aiix de Kaiiit-Gcorgcs ; clintcaiix de Tintéuinc, de 9Iont- 
niiirun , de :%oynl. — RcdevaiieeN diverses. — Topographie. — 
Cours de justice féodale. — lia Etouillie de Malu(-c;eorg;cs. 



Les pages qui précèdent offrent, en raccourci, le tableau 
des phases principales par lesquelles a passé, pendant ses huit 
siècles d'existence, l'abbaye de Saint-Georges de Rennes. 

Après avoir rempli celte partie du plan que je m'étais tracé, 
il convient de ramener l'attention du lecteur sur le Cartulaire 
lui-même, qui fait l'objet de la présente publication. Ce 
recueil est, certes, bien loin d'avoir la même importance que 
le Cartulaire de Redon, au point de vue des renseignements 
qu'il fournit sur les institutions, les mœurs et les coutumes 



- m - 

du moyen âge. Il n'en est pas moins très-curieux sous ces 
divers rapports, bien que renfermé dans un horizon moins 
étendu et dans des proportions plus réduites. 

En Bretagne, la féodalité territoriale régnait sans entraves 
et avec toutes ses conséquences, au début du xi* siècle^ c'est 
dans les conditions de ce régime, et avec les relations et les 
obligations qu'il comportait entre le seigneur et ses vassaux, 
que l'abbaye de Saint-Georges fut investie des donations du 
duc Alain III, des princes de sa famille et des hauts barons 
de Bretagne. 

Le Cartulaire renferme, a ce sujet, d'intéressants docu- 
ments^ un des plus curieux est, sans contredit, la convention 
passée vers 1036, suivant du Paz, par l'abbesse Adèle, sœur 
d'Alain III, avec un de ses feudataires ou tenanciers nobles 
nommé Donoal. Elle lui permit de construire un château, 
« castrum sibi agere, » a Tinténiac, « in Tinteniaco^ » à con- 
dition qu'il se reconnût l'homme lige de l'abbaye et qu'il ne 
pût jamais transférer son hommage, dans aucun cas, a nul 
autre suzerain. 

De plus, Donoal s'engageait k ne jamais donner asile ni 
protection a un ennemi de Saint-Georges. S'il faussait son 
serment de lidélité, il perdait son fief comme parjure et foi- 
mentie. — « Quod si prefalus DonoaJus hujus convencionis 
« quidpiam Iransgressor faerit, quicquid sibi honoris Sancli 
« Georgii est concessum amittat velut perjurus et infidelis. » 

Le mot honor^ dans la latinité du xi'' siècle, est synonyme 
de feudum; c'est le fief confié a la foi du noble tenancier, et 
plus particulièrement encore le manoir principal, le chef-lieu 
de la chutellenie féodale. Dès l'époque des empereurs carlo- 
vingiens, le titre honor s'appliquait déjà aux bénéfices concé- 
dés viagèrement aux hommes de guerre par le souverain dont 
ils suivaient la bannière et h qui ils avaient voué leur service 
militaire. 



— 69 - 

Ce château de Tintcniac dont l'origine vient de nous appa- 
raître dans la charte de concession d'Adèle a Donoal, fut en- 
core l'occasion d'une transaction postérieure entre la même 
abbesse et Guillaume, surnommé Ismaëlile, qui paraît avoir 
succédé a Donoal, et était vraisemblablement son héritier. 
Guillaume avait construit une chapelle dans son château, vers 
1060, du temps de Ueginald (ou Rainaud), évêque de Saint- 
Malo. 

Il fut stipulé et accordé entre l'abbesse et Guillaume « son 
fidèle » que la moitié des oblations faites a ladite chapelle par 
les paroissiens de Tinténiac, habitant dans l'enceinte du châ- 
teau, appartiendraient au chapelain de Guillaume, l'autre moi- 
tié restant a l'église paroissiale dédiée à la Sainte Vierge, et 
à l'abbesse. Mêmes conditions pour les hommes du dehors, 
étrangers à la paroisse de Tinténiac. 

Quant aux paroissiens de Tinténiac habitant en dehors de 
la forteresse, toutes leurs oblations étaient la propriété de 
Notre-Dame et de l'abbesse. Je renvoie le lecteur au texte de 
cet acte, où il trouvera encore de curieux détails sur le casuel 
ou les droits et rétributions que la législation coutumière 
accordait aux ecclésiastiques dans certaines solennités du culte 
et dans l'administration des sacrements de l'Église. 

Les descendants de Guillaume continuèrent pendant plu- 
sieurs générations a porter le surnom d'Ismaélite, « Ismae- 
îiticus. » (I) 

C'est au xn^ siècle seulement qu'ils commencent a prendre 

(I) Ismaélites, — Esmalites, — Hesmalites. Ce surnom ne devait-il pas 
son origine et ne se rapportait-il pas à quelque souvenir des pèlerinages 
dans l'Orient et en Terre-Sainte qui précédèrent les Croisades? Les traditions 
orientales, conformes à la Genèse, qualifient Ismael « férus homo » et 
« Sagittarius. » Elles rappellent aussi qu'il eut une nombreuse postérité. 
— Les Arabes se disent issus d'Ismacl. 

Le fils d'Abraham était un type qui devait agréer à la race guerrière des 



- 70 - 
le nom de Tinléniac. En 1180 et 1197, Guillaume de Tinté- 
niac, dans des donations a Saint-Georges, parle le premier de 
son père, Guillaume de Tinténiac, et de son oncle, Geoiïroi 
de Tinténiac. 

Le P. du Paz a appliqué au château de Montmuran les 
chartes de notre Cartulaire où il est question du château con- 
struit par Donoal, « castrum in Tinteniaco. » Je ne partage 
pas son opinion. Rien ne prouve que les châteaux de Tinténiac 
et Montmuran doivent être confondus. Au contraire, il résulte 
du texte de nos chartes citées ci-dessus, que c'est bien a Tin- 
léniac, m Tinteniaco, que fut fondé le château de Donoal et 
de Guillaume Ismaélite. 

Quand a-t-il disparu? L'Histoire de Bretagne nous l'ap- 
prend. Ce fut vers la fm du xii'^ siècle. En 11G8, Henri H, 
roi d'Angleterre, guerroyant contre Eudon de Porhoët, vint 
attaquer le château de Tinténiac, le prit, le rasa, le détruisit 
de fond en comble. « Tinlenniacum everlit^ » dit la Chronique 
de Robert, abbé du Mont-Saint-Michel (1). 

Nul auteur, nul chroniqueur ne mentionne la reconstruc- 
tion de Tinténiac-, et je crois que les seigneurs de Tinténiac, 
successeurs des « Ismaélites, » sont les fondateurs du château 
de Montmuran. Construite sur une éminence qui domine la 
contrée avoisinante, cette nouvelle forteresse remplaça pour 
les sires de Tinténiac leur ancien donjon réduit en ruines. 
Elle doit dater au moins du xni' siècle, car en 1269 Olivier 
de Tinténiac, rendant hommage a Agnès d'Erbrée, abbesse de 
Saint-Georges, s'engageait a lui payer annuellement, sur ses 
seigneurie et terres de Montmuran, une rente de 48 livres, 



luemicrs sires de Tinléniac cl nu ils scinblcnl avoir adoplé comme symbole 
Cïraclcrisliquc. 

(I) Cf. Le li.uid, mu. de lirctagnc, p. l'.)0; — d'Argenlrc, Ilist. de 
tirctagnc, p. il'ri : — 1). Lobineaii, toiiic 1, p. 107 : — 1). Moricc, I, p. lôO. 



- 71 — 

pour demeurer quille des tailles et mangers que percevait l'ab- 
baye sur ses vassaux, ainsi que des droils, profils et émolu- 
menls qu'elle tirait du marcbé ou cohue de Tinténiac, dont 
ledit Olivier restait concessionnaire. 

Enfin, une dernière observation a l'appui de ma thèse — 
qu'il ne faut pas confondre Tinléniac et Monlmuran — c'est 
que ce dernier château est éloigné de Tinténiac de la dis- 
tance d'environ deux lieues. Ce ne peut donc pas être la le 
primitif château de Tinténiac du xi" siècle, castrum in Tin- 
tenniaco. 

On me pardonnera cette digression, un peu longue peut 
être, sur la distinction que je me crois fondé a établir entre 
les deux chefs-lieux successifs du grand fief de Tinténiac. 
L'élude des textes du Carlulaire de Saint-Georges m'a semblé 
une occasion toute naturelle de rectifier la confusion et l'erreur 
que me semble avoir commises le P. du Paz. 

On trouvera encore dans le Carlulaire un autre exemple de 
concession féodale de même nature. Geoffroi, fils de Salomon, 
obtenait vers 1050, du comte Eudon et de sa sœur l'abbesse 
Adèle, le droil d'édifier un château-fort, dans un lieu appelé 
NuUiacum (1), en reconnaissant relever directement de l'un 
et de l'autre. Il prenait, du reste, les mêmes engagements 
que le châtelain de Tinténiac, sous la foi du serment prêté 
sur les Évangiles et les reliques des saints. Le fief de Geoffroi 
élait vendable, c'est-a-dire qu'il devait, dans certains cas, 
livrer et rendre sa forteresse à son suzerain, qui se réservait 
le droit de l'occuper avec ses hommes d'armes pendant ses 
guerres. Quatre otages, « obsides, » fournis par Geoffroi et ses 
héritiers, répondaient de leur fidélité. 

De plus, Geoffroi fit ratifier la convention par douze de ses 

(l) Noyai;* pcul-ètrc, ou bien Nouille, sur le terriloirc de Mordellcs. 



— 72 — 
plus considérables vassaux, qui jurèrent avec lui en se liant 
par les forniules des plus redoutables analhèmes (1). 

L'article des redevances, des revenus ou impôts publics et 
privés, des services utiles que les seigneurs percevaient sur 
leurs fiefs et leurs tenures, est un de ceux a l'occasion desquels 
notre Cartulaire donne des informations détaillées et contient 
de très-intéressantes particularités. 

Les redevances, charges, devoirs, prestations et droits impo- 
sés sur les terres concédées par les seigneurs de fiefs a leurs 
tenanciers, étaient de multiple nature. Il y en a de plus d'une 
sorte énumérés dans le Cartulaire de Saint-Georges : par 
exemple, les dîmes inféodées, les cens, les rentes en nature, 
en grains, en vin, en divers autres produits du sol, en ani- 
maux-, les rentes en argent^ 

Le droit de ban et de semonce féodale, avec les amendes 
qui en résultaient pour défaut d'obéissance a la justice ou à 
la législation des fiefs-. 

Les coutumes, qui comprenaient toutes les prestations, tous 
les tributs et devoirs anciennement établis, et qui n'avaient 
rien d'arbitraire, mais étaient fixes et délimités par l'usage, a 
la différence des tailles, impôts transitoires, décrétés par l'ini- 
tiative et la volonté des princes et des seigneurs ^ 

Les redevances appelées a droit de past ou mangiers, » en 
vertu duquel les vassaux étaient tenus d'héberger et de nour- 
rir, a certains jours, leur seigneur et sa suite-. 

Les tonlieux, ou péages qui frappaient le transport et le 
passage des marchandises^ 



(t) « Ilanc aulem convenlionem lolani in (incm scculi pcrmansiiram ipse 
Gatifridiis cum duodccim ex suis inclioribus Iremcndo confinnavil jiira- 
incnto. » {(\irlul. de Saint-Gcorycs.) 



— /o — 

Les (Ustroils de moulins, c'cst-îi-dire le privilège allribué au 
seigneur de fief d'obliger les sujets d'une cerlaine étendue de 
territoire à venir moudre h son moulin bannier. 

D'après les rentiers sommaires que renferme le Cartulaire, 
on voit en quoi consistaient les coutumes, les cens et les 
mangiers dans les fiefs de Tinténiac, de Pleubihan, d'Acigné 
et de la Chapelle-Janson. 

Sous le fief proche, jurable et rendable que tenaient de 
Saint-Georges les Ismaélites, seigneurs de Tinténiac, sont 
nommés plusieurs villages et tenures qui, à titre de coutume, 
devaient à l'abbaye les redevances suivantes : le tiers de la 
dime, des redevances h quotité fixe en avoine, celle-ci dite 
brenage, en pain, en cierges, en rétributions pour les bap- 
têmes, les confessions, les sépultures^ la moitié du ban sei- 
gneurial et du galoir, c'est-a-dire le droit prélevé par le suze- 
rain sur les biens meubles des individus décédés sans héritiers 
directs et des aubains ou étrangers (1). 

En outre, l'abbaye percevait sur ses vassaux des cens qui, 
en Tinténiac, se soldaient en menues sommes de deniers. 

Les tenanciers de Tinténiac acquittaient leur devoir de past, 
repas ou mangier vis-a-vis de l'abbaye, en lui fournisssant cer- 
taine quantité de vin, de porcs, de fouaces ou pains, de cire 
et de poissons. 

En Pleubihan, la coutume s'acquittait en froment, en orge, 
en avoine, en porcs, en mielj partie aussi en deniers. 

L'abbaye prélevait des redevances sur les chevaliers comme 
sur les villains {cum equilihus et villanis)\ il lui était dû : 

(1) Galorium, gualocr. — Ce mot a encore une autre acception; il s'est 
dit, en droit couturnier, des terres non closes, partie intégrante du domaine 
seigneurial : « IIoc est, dit d'Argcnlré, terrœ et agri vacantes, intcr ja- 
centes, intcr agros Umitatos, propria dominorum fcudi. » (D'Argentré, 
Ane. Coût, de IJrelagne, art. 277; — llévin, Questions féodales, 181.) 



- 74 — 

cliarrois, prcstalion de chevaux, droits sur le rjaloirùes au- 
bains, sur les lonlieux cl péages, sur les amendes pour le 
service de l'ost, sur le ban et les mangiers. Elle avait le pri- 
vilège de punition des attaques sur la voie publique et des 
actes de violence comme le rapt des femmes : « Et assalatus 
de via et vim scilicet raptum feminarum. » — Le fief de Pleu- 
biban était divisé en trefs ou trêves, dont chacune avait son 
imposition ou redevance fixe. 

En Plougasnou, les droits de l'abbesse étaient ceux mêmes 
du comte ou duc donateur, aux termes de la charte de cou- 
côssion. Ils s'étendaient aussi sur les tenanciers nobles comme 
sur les roturiers {équités scilicet, villanos)^ sur la terre en cul- 
ture comme sur les friches, sur les charrettes et les bœufs-, le 
droit de bris au rivage de la mer, le gualoir, les trouvailles 
d'or étaient du domaine de l'abbesse-, entre autres redevances, 
il lui était dû, chaque été, un bélier, sur chaque maison une 
charge de bois tant qu'un homme peut porter, la prébende 
d'un cheval et une poule. Le maiigier du Comte était aussi un 
de ses revenus, et elle en pouvait user à sa volonté avec toute 
sa suite. 

Les terres d'Acigné relevant de l'abbaye, comme Épargé, 
Gresbusson, Épinay, lui payaient un cens évalué tantôt en 
monnaie, tantôt eu mesures de froment. Ces mesures étaient 
la mine, le quartier, la provende dont la capacité égalait trois 
boisseaux (1). 

Les cens dus par les tenanciers de la Chapelle-Janson se 
soldaient en espèces monnayées, sols et deniers-, l'abbaye y 
percevait encore un droit de mangier et des dîmes sur des 
moulins et des fonds de terre. 



(1) La mine conlcnail huit boisseaux, le quartier se composait de deux 
mines. — Voir sur toutes ces redevances les Prolégomènes du Cartulairc de 
Iledon, par M. Aurélicn de Courson. 






La Polerie, Sancé, villages de la paroisse de Saint-HcUicr, 
près Rennes, payaient aussi dés cens a Saint-Georges^ l'ab- 
baye en percevait, de plus, sur le marclié de la ville, dit, au 
xii'^ siècle, Forum Anxeis^ situé dans la vieille cité de Rennes, 
joignant les rues des Porcbes et de Tregetin, le même qui est 
nommé dans la Réformation du domaine, en 1455, a le vieil 
marcbé a l'avoir. » (i) 

La topograpbie, a son tour, peut puiser dans le Carlulaire 
de Saint-Georges des notions et des indications locales qui ne 
sont pas sans intérêt. Ainsi, dans l'acte de fondation, la des- 
cription et la délimitation du domaine concédé pour établir 
le monastère précise avec exactitude l'état des lieux et la con- 
liguration du terrain. 

La nomenclature des villages, des tenues foncières, des 
fiefs, des paroisses, des métairies, des moulins, des terres qui 
formèrent successivement la dotation de Saint-Georges dans 
diverses contrées de la Rretagne, constitue un document dont 
l'importance n'échappera pas aux studieux investigateurs de 
la géographie historique. 

Il résulte du texte de plusieurs chartes et des Rulles ponti- 
ficales, confirmalives des donations ducales et seigneuriales, 
que dans les xi^ et xn^ siècles de spacieuses et épaisses forêts 
couvraient en grande partie les campagnes voisines de Rennes, 
principalement au Nord-Est et au Sud. 

Les modes de jouissance et d'amodiation des propriétés, les 
formules et le slyie des procédures et des décisions judiciaires 
reçoivent de plusieurs textes du Carlulaire de précieux éclair- 
cissements. 

On y retrouve, dans leur originalité primitive, toutes les 



(t) (• L'avuir, » c'clail le bétail, les bêtes vives qui se vendaient sur ce 
marché. 



- 76 — 

Iradiliods des Cours de justice féodale : le duc ou comte pro- 
nonçant lui-même, dans les causes de discussion de iiefs ou 
de revendication de propriétés, avec l'assistance de ses princi- 
paux ofliciers-, — la preuve par témoins; — les conjurateurs-, 
— le serment déféré pour terminer les contestations-, — les 
fidéjusseurs répondant des promesses et des engagements du 
plaideur débouté k tenir les arrangements conclus; — les 
offices de sénéchal, de prévôt, féodés, leurs fonctions, attri- 
butions et devoirs envers le seigneur qui les instituait. 

J'ai eu, ci-dessus, l'occasion de parler des droits, des reve- 
nus et des privilèges de l'abbaye de Saint-Georges. Sauf la 
mention des aveux au duc, j'ai dit peu de chose des obliga- 
tions qui lui incombaient. Parmi celles-ci, il en est une pour- 
tant que je dois signaler avant de clore ce chapitre : je veux 
parler de la redevance annuelle due au Chapitre de Saint- 
Pierre de Rennes et connue sous le nom de « bouillie de 
Saint-Georges. » 

Quelle était l'origine de cet usage assez bizarre, comme 
plusieurs autres coutumes symboliques ou commémoratives 
admises dans le droit et les traditions du moyen âge.^^ 11 est 
assez difficile de le dire. Était-il destiné a conserver le souve- 
nir de quelque concession du Chapitre a l'abbaye, par exemple 
le partage égal des dîmes a lever dans les paroisses de Tous- 
saints et de Saint-Jacques-de-la-Forôt, et le droit de patro- 
nage sur ces deux paroisses attribué gracieusement a l'abbaye 
par l'autorité de l'éveque Alain, en H53? — ou bien se rap- 
portait-il à la donation faite aussi par le Chapitre, soit de la 
chapelle de Notre-Dame-de-la-Cité, soit de la chapelle de 
Saint-Sauveur? 

Quoi qu'il en soit, l'acquittement de cette prestation féodale 
remonte a une époque assez reculée pour qu'on ne puisse 
savoir quand elle a commencé. Le Livre des Usages de V Église 



— 11 — 

de Rennes, manuscrit de 1415, en fait déjà mention comme 
d'un usage ancien. 

Voici en quoi il consistait : le mardi de Pâques, chaque 
année, le Chapitre de Saint-Pierre de Rennes se rendait pro- 
cessionnellement en grand appareil, accompagné de tous les 
clercs et gens du chœur de la Cathédrale, à l'église abbatiale 
1^ de Saint-Georges, où un des chanoines célébrait la grand'- 

messe solennelle. A l'issue de l'office divin, dans le cloître du 
monastère, la cellerière du couvent, au nom de l'abbesse et 
de ses sœurs, présentait aux délégués du vénérable Chapitre 
une grande bassinée de bouillie de fleur de froment et de lait 
cuite « preste à menger, dit le manuscrit cité, et bien hon- 
nestement fecte et appareillée. » 

Les procès-verbaux conservés dans les registres capitulaires 
constatent régulièrement l'exercice annuel de cette cérémonie, 
jusqu'à la fin du xvni^ siècle^ ils ajoutent que la bouillie 
offerte devait être un peu urcée, « modicum ussata. » — Les 
chanoines acceptaient^la redevance, en constatant le droit que 
l'Église de Rennes y avait ^ la cellerière protestait qu'elle ne 
faisait ainsi que se conformer à une antique coutume. Puis le 
Chapitre abandonnait la bouillie à ses serviteurs, qui s'en ré- 
galaient, ou bien la faisait distribuer aux pauvres. 

Le dernier procès- verbal que j'aie retrouvé aux archives 
départementales d'Ille-et-Yilaine est de 1770. 



— 78 — 
CHAPITRE X. 

I.e sceau de Walnt-Oeorge». — I/Kvanfçéllalre du ILB* siècle. 

Je l'ai déjà fait observer : les débris palpables des antiques 
constructions contemporaines de la fondation de l'abbaye de 
Saint-Georges ont malheureusement disparu. Le temps, les 
hommes dont l'action est plus destructive encore, n'en ont 
pas laissé subsister le moindre vestige. 

Si ces ruines vénérables nous font complètement défaut, il 
n'en est pas tout à fait de même des objets mobiliers, qui 
nous reportent aux origines du vieux monastère bénédictin 
d'Adèle de Bretagne. Ne sont-ils pas, dans leur genre, une 
sorte de monuments? 

J'en indiquerai deux : ce sont les plus curieux et les plus 
intéressants que je connaisse. 

Le premier est le sceau de l'abbaye. On le conserve au 
Musée archéologique de la ville. 

La matrice du sceau est en cuivre^ la forme du sceau est 
orbiculaire, comme tous les sceaux du xi" siècle. Il représente 
un cavalier, la tète coiffée d'un heaume pointu, tenant du 
bras droit sa lance en arrêt que décore un pennon, couvrant 
son bras gauche d'un bouclier ovoïde terminé en pointe 
aiguë, a ombilic saillant et radié. C'est tout a fait le type des 
personnages de la fameuse tapisserie de Bayeux. 

Autour de la figure, sur le rebord du sceau, se développe 
la légende en écriture capitale mêlée d'onciale. 

En voici le texte : IIOC.SlG'LNV(ni)..SCI.P (Per)PENDAS. 
aSSa.G'eCOBG'II. — C'est un vers latin hexamètre que 
l'on peut traduire ainsi : 



— 70 — 

[Ceci, prenez-y garde, est le sceau de Saint-Georges.] (i) 

Ce sceau remonte certainement a l'époque de la fondation 
de l'abbaye. Un rapproclicmenl fort intéressant a faire contri- 
bue à fixer d'une manière indiscutable la date que je viens de 
lui assigner. 

M. Nalalis de Wailly a publié, dans les splendides planches 
de ses Éléments de Paléographie, le sceau de Guillaume-le- 
Conquérant, roi d'Angleterre et duc de Normandie. L'em- 
preinte, ronde comme celle de noire sceau, pendait à une 
charte de 1069. Guillaume est représenté a cheval, casque en 
lête, portant son écu au bras gauche, tenant de sa main 
droite une lance ornée d'une bannière. Comme au sceau de 
Saint Georges, la légende est un vers latin : « HOC.NOR- 
iMANiNORVM.WlLLELMVM.NOSCE.PATRONVM.S. (Signo) n 
— « Dans ce sceau, reconnaissez Guillaume, protecteur des 
Normands. » Mais, de plus, il y a ici un contre-scel au revers 
dont la gravure reproduit aussi l'empreinte. Le prince y est 
figuré assis sur son trône, tenant une épée de la main droite, 
et de l'autre un globe surmonté d'une croix. De ce côté, la 
légende se poursuit dans le vers suivant : 

« HOC . ANGLIS . RaG^aM . SIG'NO . FATEARIS . aVN- 
DaM. » — « Ce sceau le déclare aussi roi des Anglais. >» 
Les caractères de la double légende ci-dessus sont également 
tracés en capitale romaine mélangée d'onciale. A part le 
contre-scel, le rapport est donc frappant entre le sceau de 
Guillaume et celui de Tabbaye de Saint-Georges. Ai-je besoin 
de rappeler qu'Alain III, le fondateur du « benoit moustier, » 

(t) Le lecteur csl-il curieux de savoir comment est décrit le sceau de 
Saint-Georges dans un catalogue du Musée de Rennes, rédigé sous le Con- 
sulat ou sous l'Empire? L'auteur était sans doute peu paléographe et pas du 
tout numismate. Voici comment il caractérise la matrice de notre sceau : 
« Grand médaillon en cuivre doré, gravé en creux, — figure équestre très- 
barbare, — inscription en caractères russes; diamètre, 70 millimètres. •» 



— 80 — 

et qui mourut en 1040, avait été le tuteur de Guillaumc-!c- 
Conquérant? 

Passons maintenant a un autre objet mobilier de singulière 
valeur, comme monument provenant de l'abbaye de Saint- 
Georges. Je veux parler du magnifique Evangéliaire qui est 
aujourd'hui la propriété de M. le comte Henri de Kergariou, 
député d'Ille-et-Yilaine à l'Assemblée nationale. Ce beau vo- 
lume est un des trésors de la bibliothèque du château de 
Bonaban, près Saint-Malo (commune de la Gouesnière). 

C'est un rare et curieux manuscrit^ il n'est certes pas pos- 
térieur au xi^ siècle^ je le croirais volontiers plus ancien. Aux 
yeux de paléographes très-compétents, il offre tous les carac- 
tères des ix*' et x*' siècles dans les formes et l'aspect de l'écri- 
ture, dans les ornements des lettres capitales, dans le style 
de décoration des miniatures. La majuscule se compose de 
capitales romaines entremêlées de lettres onciales-, la minus- 
cule appartient au genre lombardique mêlé au type français, 
et parfois a l'écriture mixte anglo-saxonne. Les litres sont 
tous écrits en couleur, le plus souvent rouge, quelquefois 
associée au bleu ou au vert. Les lignes s'appuient sur des 
raies tracées h la pointe sèche-, les m sont formés, tantôt d'un 
a et d'un e séparés, tantôt d'un e avec cédille^ les i ne sont 
pas pointés-, les mots sont assez régulièrement séparés entre 
eux. Des lettres torneures, et formées d'entrelacements dans 
le goût roman, marquent le commencement de chaque Évan- 
gile. Il est a remarquer que l'or n'est pas employé une seule 
fois dans l'enluminure des sujets et des lettres. 

Cinq miniatures ou vignettes coloriées illustrent le manus- 
crit. La première teprésente Dieu le Fils dans une auréole 
elliptique, — vcsica piscis; — la personnification divine est 
assise sur une espèce de roue ou de globe lumineux, les pieds 
posés sur un escabeau. Elle tient dans sa main droite étendue 



— 81 — 

un petit disque ou globe-, la gauche s'appuie sur un livre 
carré, symbole de la loi de grâce-, le nimbe crucifère entoure 
la têle du Seigneur-, deux anges l'adorent au bas du tableau 
et semblent soutenir de leurs mains l'auréole. 

Les emblèmes apocalyptiques ou attributs symboliques des 
quatre Kvangélistes occupent, aux quatre coins, des comparti- 
ments circulaires. Le rouge, le bleu et le jaune sont les seules 
couleurs employées dans ces peintures, dont le faire est des 
plus incorrects, et dont le type se rapporte aux enluminures 
du IX® siècle. Partout ailleurs qu'en Bretagne, il n'y aurait 
pas d'hésitation a les classer a cette date-, chez nous, les 
procédés iconographiques qui les caractérisent ont persisté 
jusqu'au xl^ 

Les quatre autres miniatures représentent chacune un Évan- 
géliste écrivant; un portique roman abrite et encadre le per- 



sonnage 



Le manuscrit renferme deux cents folios non numérotés. 
Les Évangiles y sont disposés dans l'ordre habituel; en tête 
de chaque Évangile, il y a un sommaire des chapitres et un 
Argument ou Prologue de saint Jérôme-, sa lettre au pape 
Damase est placée immédiatement avant l'Évangile selon saint 
Mathieu. 

Six folios contiennent, au recto et au verso^ les dix Tableaux 
de Concordances d'Eusèbe de Césarée entre les quatre Évan- 
gélistes, appelés Canones. Ces Tableaux sont enjolivés d'arca- 
lures romanes dessinées et peintes de diverses couleurs, mais 
toujours sans dorure. 

L'écriture de tout le manuscrit est de la même époque, 
mais non de la même main. A la fin du volume, les onze 
derniers folios sont occupés par une espèce (ÏOrdo, réparti- 
tion des Évangiles pour les fêtes et jours de l'année. 

Au folio XIII verso et au xiv recto, on a transcrit de seconde 
main, en écriture des premières années du xiv* siècle, la for- 

c 



- 82 — 

mule (lu serment que pnHait l'abbesse de Saint-Georges, dans 
la cérémonie de son installation. Le texte est en latin et en 
français. 
En voici la reproduction exacte : 

Folio xiii v'"" : 

Forma iuramenti quocl débet prestare ab- 
batissa monasterîi Sancti Oeorgii liedonen- 
sis, in suo primo et Joeundo adventu. 

IL^os 9 Oomina mea abbatissa, iuratis ad 
sancta I>eî euan^elia libertates antiquas , 
consuetudines, statuta et constitutiones mo- 
nasteriî Sanctî Oeorgii Redonensis tenere, 
observare inviolabilité!*, et contra non ve- 
nire in Tuturum si (lisez : « sic ») et prout alie 
abbatisse vos précédentes iuraverunt* 

IPicat i JfwrOf ei ianffat sacra» 

Item Juratis, Domina mea abbatissa, iura, 
bona et oninia (fuecumcfue eîdem monasterio 
spectancia et pertinencia observare, etiam 
in statu debito conservare et nulla de eis- 
dem alienare et alienata pro posse revocare. 

IMicat f •Ftëro, et tangat S€iCi*a» 

Item iuratis cfuod pictancias, portiones et 
alîa cfuecumciue débita ab anticpio vestrîs 
sororibus de conventu et aliis, prout extitit 
fierî consuetum, solvetis aut de eisdem satis- 
fîerî Tacietis. 

MMicat : Muro, ei iattgat sacra» 

Folio XIV 1^" : 

Mta fourtne tiou sei*etneÈ%9 Que tieii fere n%a 
fiame tabasse ete ^^aitit €meot*ge en san iti'emier 



- 85 — 

€i€»u voiiveni tionttlil tieu. 

Msidaine labasse, v^ous iurez aus sains evan- 
^illes cî preseus, garder, observer les libér- 
iez, anciennes coustnmes, constitutions et 
statuz, droiz et actions dou moustier de saint 
George de Hennés, sans violation ne venir 
encontre par vous ne par autres ou temps a 
venir. 

Oige Mahasse : Ainsiwè te Jure^ et touehege Me 
iivi'e. 

Item, madame labasse, vous iurez tous les 
droiz, biens, actions et autres choses cfuelles 
quelles soint, audit moustier de Saint George 
spectantes et appartenantes deffendre, gar- 
der et garanter et en bon estât tenir a vostre 
poueir et nulles des clioses doudit moustier 
aliéner, et les clioses aliénées à votre povoir 
en estât deu rapeler, 

SMige iuùnsse s AinsÎMê Me iui'e, et ioMêchege Me 
MivÈ*e» 

Item, madame, vous iurez que les pictances, 
porcîons et autres ciuelcunques deuz de an- 
tiquité a voz religiouses seours, chapelains 
et autres, paierez ou ferez paier, comme a 
coustume est anciennement, et que bien les 
tracterez en lour religion et deuement. 

JDige Mabasse i A.insît% Me iure, et touche Me 
Mivre. 

Voila, certes, une formule du serment des abbesses qui 
peut être alléguée comme preuve irréfragable de la provenance 
du précieux manuscrit. La naïveté de la forme en garantit 
raullienlicité. 



- 84 — 

La couverture extérieure du livre mérite aussi d'être dé- 
crite; sa richesse attestait le prix qu'on y attachait dans la 
communauté. Les plais de celte ancienne couverture en ais 
de bois étaient revêtus, dans l'origine, de feuilles d'argent 
doré dans le style des vieilles reliures du xin' siècle ; les or- 
nements y étaient gaufîrés en relief, travaillés au repoussoir. 

Sur l'une des faces, on voyait le Christ en croix, dont il ne 
reste plus que les deux mains-, la tête était entourée du nimbe 
orbiculaire. Au-dessus de la tête, sur la branche supérieure de 
la croix, on lit l'inscription suivante, disposée comme ceci . 

7A_RE 

NVSRE 

2Ll!^ D 

EQRV 

c'est-a-dire : Ihesus Nazarenus Rex Judeorum. 

De chaque côté de la branche supérieure de la croix pa- 
raissent deux femmes voilées et nimbées, portant dans leurs 
mains des linges et une coupe-, leur altitude est celle de la 
douleur et de la compalissance^ elles semblent recevoir le 
sang qui coule des plaies du Sauveur. Deux autres person- 
nages nimbés se tenaient aussi au bas de la croix, mais on 
ne voit plus qu'un fragment des nimbes qui couronnaient 
leurs têtes. Ce devait être la Vierge Marie et saint Jean, le 
disciple bicn-aimé. 

L'encadrement du pourtour subsiste en entier^ il consiste 
en palmettes a six lobes, encadrées de losanges reliés entre 
eux par de petits cartouches décorés d'un rang de perles et 
qu'accompagnent des feuillages finement découpés. 

La face opposée de l'autre plat est plus mutilée encore. 
Dans une grande auréole elliptique a double orle, — l'intérieur 
formé de moulures godronnées, l'extérieur d'une rangée de 



— 85 — 

perles, — était circonscrite la figure de Jésus-Christ, docteur. 
On dislingue encore la circonférence du nimbe crucifère, la 
main droite élevée supportant un disque chargé d'un A^ a 
gauche est placé l'G), symbole de l'éternité et de l'infinité 
divine. Les quatre animaux évangéliques remplissaient les 
écoinçons aux quatre angles de l'auréole. Deux seulement 
subsistent aujourd'hui : l'aigle a droite et l'ange à gauche, 
dans les deux angles supérieurs. Le lion et le bœuf, qui 
étaient au bas, ont disparu. 

L'encadrement se compose d'un entrelacement de rinceaux 
alternativement contrariés. Deux inscriptions se lisent, dispo- 
sées latéralement à l'auréole centrale, sur deux lignes verti- 
licales : 

L'une a droite : W L'autre à gauche : IG 

AR m 

IN GA 

YS N: 

MI E: : 

LE S: 

FIS 

ER 

IV 

La traduction de ces deux légendes offre plus d'une diffi- 
culté. 

Je propose pour la première la lecture suivante : « Wari- 
nus miles filins Eriu. )) 

Dans la seconde, en partie effacée et fruste, ne pourrait-on 
pas retrouver le mot « Ignogan » [Inoguen), nom de femme 
qui serait la sœur ou l'épouse du chevalier Warin.^ (1) 

Leurs noms, inscrits sur la couverture métallique de 

(1) Le nom d'/gnoguen se lit dans les nomenclatures des tenanciers de 
Tabbayc de Saint-Georges. 



- 86 - 
rÊvangcliaire, indiqueraient que la riclie reliure sérail uh don 
de leur munificence. 

C'est ce vénérable volunne, je le rappelle en finissant, ce 
monumental manuscrit des saints Évangiles que, durant l'es- 
pace de huit cents ans, les mains bénies des abbesses de 
Saint-Georges ont louché, l'une après l'aulre, lorsque ces 
nobles et pieuses femmes prenaient solennellement Dieu a 
témoin de leur fidélité a remplir les devoirs de leur charge, 
en présence de leurs sœurs assemblées. 

Un si splendide et précieux livre ne serait-il pas un don du 
duc Alain III a sa sœur Adèle, « son plus aimé trésor.? » 

A ses pages sacrées se rattachent, du moins, le nom et le 
souvenir de cette première et illustre abbesse, qui plaça les 
hermines de Bretagne sous la protection de saint Georges et 
de saint Benoît. 

A sa suite, il n'est guère de grande maison, de vieille et 
forte race du pays qui n'ait compté quelqu'une de ses filles à 
la tête du vieux monastère rennais-, dans la série de ses 
abbesses, n'avons-nous pas retrouvé les noms des maisons de 
Dinan, de Vitré, de Malhefelon, d'Erbrée, de Laval, de Bieux, 
du Guesclin, d'Espinay, de la Fayette? 

La basilique, édifiée et entretenue par les largesses des 
souverains bretons, de leurs grands feudataires et des opu- 
lents bourgeois, n'existe plus. Le monastère d'où s'élevaient 
les purs accents de la prière a changé de destination. Mais de 
l'antique Évangéliaire qui en rappelle la mémoire s'exhale, 
comme un parfum du fond d'un vase, un témoignage em- 
baumé de la foi et de la piété de nos pères, avec le souvenir 
des traditions et des mœurs chrétiennement trempées qui flo- 
rissaient aux anciens jours. 

Paul DE L\ UIGNE VILLENEUVE. 



CHARTULARIUM 



ABBATI^ 



SANCTI GEORGII REDONENSIS 



CHARTULARIUM 

abbatij: 

S4NCTI GEORGII REDONENSIS 



[Aiiuo 1028 vcl 1030.] !• [F" V rccto.J 

ENSUYVENT LES PREVILEGES ET FONDATIONS DE LABAYE 
MONSEIGNEUR SAINCT GEORGE PRES RENES ^'^ 



Qu ALITER FUIT CONSTITUTA REGULA MONASTERII SaNCTI GeOR- 

Gii. — Cum omnibus qui recte sapiunt liqueat quia universa 
lemporalia sine relevacione labunlur, et absque reditu Irajns- 
cunt alque irreparabilitcr pereunt, cunclos in morlali spiritu 
vivenles summo uli oporlet studio quatinus hiis temporalibus 
quibus nunc ad modicum fulciuntur, in quantum possibililas 
suppelit, elerna mercentur quibus semper fruanlur. Non enim 
hominem, qui ad Dei ymaginem eternus est conditus, pereun- 
libus inmili (sic) decet, ne simul pereat-, nec transeuntibus 
subici (2), cum Iransire non possit. Sed sic ea que tempora- 
liler possidet pro Dei volunlale diFponat, ut per hec ad peren- 
nia possidenda convalescat. Nam si terrcna indiscrète diligens, 

(1) Une copie du Carlulaire, écrite au xv^ siècle, porte la variante sui- 
vante du litre : « Ce sont les previleges e les fondementz de labaye 

SaI>'CT (ÎKOHGES. 1) 

(2) Pour subjici. 



- 90 - 

impie conlra Salvaloris preccpla relineat, prol'eclo restai cl ut 
ista quandoquc amittal, nec post liée valeat adipisci celestia^ 
sed etiam ad inferni lormenta, que cum possct cavere noluil, 
plcnus calamitate descendet {sic). 

Libenter crgo corruptibilia que diu retinere non polest fideli 
Creatori committat ut incorruptibilia recipiat que secuni in 
perpetuum relinendo sua esse cognoscat. 

Quis enim poterit divine gratie magnitudinem salis mente 
concipere? Cum pro hiis que quandoque certissime amissuri 
sumus, oiïerat nobis indeificientem celestis patrie Ihesaurum. 
Unde, cum Dominus in Evangelio, postquam falsas atque fal- 
lenles divitias contempnere docuisset, adjecit dicens : « The- 
saurisale vobis thesauros in celo ubi neque erugo, neque linea 
demolitur, et ubi fures non effodiunt nec furantur; » valde ita- 
que desipiunt ac penilus a mentis reclitudine ceciderunt qui 
sic presentibus que perdituri sunt, vel quibus seipsos perdunt, 
inhiant, ut futura que féliciter viventes semper possidere pos- 
sent ceco corde conlempnant. Hac igitur consideratione, ego 
Alanus, Brilannice gentis dux atque princeps, sollicitatus et 
quibus modis per temporalia bona ad eterna conscendam cogi- 
lans, primum sororem meam, thesaurum scilicet michi sub 
sole preciosissimum, Deo obluli ac secundum spirituale desi- 
derii ejus propositum perpétue virginitali dedicavi. Deinde 
vero, cum eam in divino amore atque in sancte religionis 
operibus succrescere, nec non in monastice erudilionis disci- 
plina ad profectum augmenlari vidissem, contuli ei locum 
regulari conversationi aptissimum, a Redonensis urbis muro 
quasi uno stadio sejunclum, in quo cum sibi adherenlibus 
sanctimonialibus quietum Deo possit exbibere famulatum. Sed 
quia locum contulisse illis non prodesset, nisi unde inibi 
sustenlentur liabeant, condono eis atque in eodem monasterio 
sibi successuris ac sub régula sancti Benedicti Christo et pre- 
ciosissimo martyri ejus Georgio lamulaturis, de l'acullatibus 



- 91 - 

racis porlionem aliquam que ipsis in presenli sufficcre videtiir 
ad alimenta : In prirais, possessiunculam loco illi conliguam, 
que licet parva videalur spacio, ulilis lamen invenilur in usu. 
Sunl eniin in ea vinee fructibus fccunde et agri fertiles, sunt 
et prata bene irrigua, est etiam fluvius non parvam piscium 
copiam miuistralurus in quo sunt etiam duo molendina que 
isilis siraul tribuo jure perpetuo possidenda. ïerminatur autem 
hec ipsa possessio, ab aquilone quidem via publica, ab austro 
vero ulteriori lluminis Vicenonie (1) ripa, ab oriente Saneti 
Melanii fundo, alque ab occidente ipsius urbis suburbio. 

Confero eis preterea vicum quemdam non exiguum nomine 
Tinteniacum (2), similiter jure perpetuo possidendum, in Bri- 
tannie partibus situm, cum ipsa ecclesia et omnibus que ad 
eum pertinere noscuntur sive noscentur. — Relaxo quoque 
jam dietis sanctimonialibus cunctas exagiciones (3) publicas 
que micbi rite debentur, lam in possessionibus prescriplis 
quam in ceteris quas adepte sunl vel in futuro adipiscentur^ 
quatinus nemo deinceps principum sive personarum aliqua- 
rum secularium in biis que ad eas pertinent dominationem 
ullam exerceat aut ab eis vectigalia aliqua parva vel magna 
exigat, sed in omni loco dominationis mee liberam habeant 
poteslatem vendendi atque emendi, sive per civitates et cas- 
tella, viasque publicas ac pontes, cum quibus voluerint merci- 
moniis suis transeundi sine ullius exactione consuetudinis (4). 
In concedendo vero bas predictas consueludinum exantiones, 

(1) La Vilaine, 

(2) Tinlériiac, aujourd'hui clicf-lieu de canton, arrond. de Saint-Malo. 

(3) « Exafjiciones » est évidemment une lecture fautive. Une des copies 
du XV* siècle porte <* exagilationes. » — 3/a/è. — D, Lobineau a lu « exac- 
tiones. » C'est la meilleure leçon. Exactio, exacta, exactura^ c'est l'impo- 
sition, le tribut public, la prestation ou contribution due au pouvoir souve- 
rain. (Cf. Ducangc, Glossarium mcdiœ et infimœ latinitatis, t. 111.) 

(l) Vaimantk : " Exufjcionc Ihclonei. » (C. xv^ siècle.) 



— 92 — 

Hiianimilcr assensum prcbuerunt micbi, quisquc pront tenc- 
bat, pro reJemplione animarum suarum in Dci servicio con- 
slitucnlcs : in primis (i) Garinus cpiscopus suam malrem 
cum sororc^ predicte rei conscnssit vicecomes quoque Godsel- 
linus (2) miltando (sic) filiam suam, necnon et Rivallonius 
Vicarius simiHter filiara suam. Confcro eis et villam que Spar- 
giacus dicitur in Redoncnsi provincia silam, in parrochia que 
Acinniacus dicitur^ molendinum (3) eliam dimidium in villa 
Brias nomine positum (4). Dono quoque illis quatuor molen- 
dina a muro prefate civitatis quasi cubitis sex dislancia, in 
ripa muro proxima duo, in alia vero rippa altéra duo collocala. 
Igitur ut cyrograpbura donationis bujus quam eterne retribu- 
tionis prospectu, pro anima mea parentumque ac fratrum Deo 
et Sancto Georgio, alque in loco ejus nune et in fuluro famu- 
laturis facio, firmum in perpetuum maneat, ego Alanus pro- 
prie manus charactere confirmo, et primatum (5) meorum pro- 
cerumque viceribus (sic) (6) firmandum trado-, quorum nomina 
subterscripla continentur : Yuongenius {sic) (7) archiepiscopus 
Dolensis testis-, Garinus episcopus Redonensis testis-, ipsa ma- 
ncant : et Eudo meus germanus testis^ Gozolinus vicecomes 
testis-, Rivallonius vicarius-, et Alanus Cornugallie comes ^ et 
Mainus secretarius-, et Moyses archidiaconus -, et Radulpbus 
canlor^ et ïncomaris grammaticus-, et Andulpbus (8) Slomar- 



(1) Var. : In primis est supprimé dans la copie du xv« siècle. — Ibi- 
dem : « Predicte rei consensit, » également supprimé. 

(2) Var. : « Jocelinus. » — Ibid. 

(3) Var. : « Molendini. » — Ibid. 

(4) Var. : « Positi. « — Ibid. 

(5) Ne faut- il pas lire ici, en corrigeant le texte : « parcntum? » 

(6) Leçon fautive; lisez : « manibus. » Le texte donné par D. Lobincau 
et D. Morice porte avec raison : manibus. 

(7) Lisez : « Jungueneus. » 

(8) Var. : « Radulphus. » (Copie du xv^ siècle.) 



— 95 — 

chi filius; et Giiallerius-, et Maingenius^ et Giiarinus filiiis 
Cuillelmi ; et Mainfenit-, et Expurginus^ et Uayiialdus; et 
Gorantonidus-, et Radulphus anglicus-, et Gaufridus filiiis Hu- 
gonis^ et Aldroinus presbyler^ et Roberlus Nannetensis et 
mulli alii. — Sigmm ALAM. 

Quisquis ilaqiie sanccionis liujus previlegium tôt iiobilium 
aucloritatc slabilitum violare vel ea que in ipso contiuentur 
substrahere aut mimiere presumpserit, bune tocius dicionis 
raee episcopi analbemale anathematizant, alque a calbolice 
ecclesie societate séquestrant. Cuique maledictus ac cum Da- 
Ihau et Abiron alque Cbore eternis inferni incendiis damnan- 
tur (sic) (I) neenon igneis catbenis in sepulchro baralri pateo 
sine fine constrictus. Horum quoque presulum nomina subil- 
lala invenies : Ingennius {sic) Dolensis arebiepiscopus^ Garinus 
Redonensisj Judicaelus Yeneti-, Adam episcopus Sancli Brioci; 
Willelraus (2)^ Salomon^ OrscaDdusj et Gualterius Nanneten- 
sis^ Hamon Saneti Macbuti. 

Dono quoque simili modo supradictis sanctimonialibus dua- 
rum villarum duas partes in Mauricellie [sic) parrochia sitas, 
quarum una Esvignei (3), altéra Silva (4) nuncupantur, quas 
domina Odorina (o) Guarini Redonensis episcopi (6) proprio 
censu ex Lisoio Subbardi Credonensis filio emerat. Evenit pro- 

(1) Lisez : « damnatur. » — Dom Lobincau donne une leçon un peu 
(lilTérenlc; la voici : « Sitque maledictus, ac cum Dathan et Âbiron atque 
Chore œternis inferni incendiis damnatus neenon igneis catenis in sepulcro 
baratri puteo sine fine constrictus. » 

(2) Guillclmus était évcque de Tréguier; — Salomoriy évêque de Léon; 
— Orscandus, évcque de Quimpcr. 

(3) Évigné, village dans le territoire de Mordelles, aujourd'hui en Cha- 
vagne. 

(4) La Forêt, aujourd'hui en Bréal. 

(5) Var. : « Odolina. » (xv'^ siècle.) 

(6) Adde « mater. » 



— 94 — 

podicm ut supradicliim Lisoiiim meo pcllondo fl), lolnm Mnii- 
licellic parrocliiam AK'rido Aaann (sic) lilio dcdi, cxccplis liis 
duabus villis quas, ut dixi, Sancto Georgio dono in perpeluum. 



[Anno circiler -lOGO.] H» [P 2' recto.] 

[Reddiciones, census, consueludo, prandia in Tinleniaco.] 

Lillerarum memorie comendatum primitus fuit quanlas et 
qualcs reddiciones jure reddere debent ville quas tenet (2). 
Esmalites de casamento Saneti Georgii abbalisse et sanclimo- 
nialibus illius loci. — Tramel reddit terciam parlera décime, 
unum sexlarium de brenagio (3), et panera et candellam ad 
Natale Doraini et Pascha et Penlhecosten, et baptislerinm et 
confessionera, et quando homo morilur, ad Tinleniacura fertur 
ad liuraandum; duos solidos de paslu. — Pregnabal reddit 
terciara partem decirae et brenagium et panera et candellam 



(1) Tout ce passage est une altération évidente do texte piimilif. — Cf. 
du Paz, Ilist. généalog., p. 736. — Voici, du reste, comment le P. du Paz 
a transcrit ce passage « de la lettre de fondation de l'abbaye de Saint- 
Georges, » qui, observe-t-il, « est on peu corrompue » : 

« Evenit propediem ut supradictum Lisohim... vieo pcUcndo.., totam 
Mauricelliœ parrocliiam Àlfrido Alani filio dedi, » etc., etc. 

(2) Var. : » Tenent. » (xv^ siècle.) — Esmalites, Ilesmalites, Àesmali 
(les Ismaélites). — C'était le surnom des anciens seigneurs de Tinténiac à la 
lin du xie siècle. 

(3) Jiren, bran, son {furfur). — Le brenagium était un droit ou rede- 
vance sur l'avoine. Dans certains lieux, le brcnaige valait ir> muids d'avoine, 
dans d'autres 20 septiers. — Cf. Ducange, Y" lîrcnagium. — Sur toutes 
ces redevances, cf. Ducange, V''^ : Panis, candela, baptislerinm, confcssio, 
tclonemn, etc. 



— 95 — 

el confossionem et corpus ad liumandiim et baptisleriiim. — 
Tramachcl reddit terciam parlem décime et brenagium dimi- 
dium et dimidiwni gualoir (1) et brenagium et ibeloneum 
tolum, et panem et candelam et coiifessionem et baptisleriiim 
et corpus ad huraandum. — [TresJagal similiter bren reddit 
duas parles décime et dimidium [bannum] et dimidium gua- 
loir et brenagium et teloneum tolum, et panem et candelam 
et confessionem et baplisterium et corpus ad humandum.] (2) 
— Lisucen reddit terciam parlem décime et brenagium ac 
dimidium bannum (3) et dimidium gualoir et panem et can- 
delam et baplisterium et corpus ad humandum. — Lamboul 
reddit tanlum modo corpus ad Tinteniacum. De istis supra- 
diclis terris reddunt Hesmaliles pro mangerio quadraginla 
solides Sanclo Georgio. — Villa Herfred reddit duas partes 
décime et omnes alias consuetudines Sancto Georgio. — Tre- 
giirian reddit terciam parlera décime et tolas alias consuelu- 
dines. — Cormers reddit terciam parlem décime. — Villa 
Hermenfendis reddit duas partes décime. — Villa Dodelin 
reddit terciam parlem décime, et panem et candelam et cor- 
pus. — Villa Gorhant reddit duas partes décime-, reddit et 
omnem aliam consueludinem. — Coicaraboz duas parles de- 
cime. — Terra Bernardi lilii episcopi reddit terciam parlem 
décime. — Villa Ilogannou reddit terciam parlera décime et 
terciam parlem primiciarura. 
Ilii sunt census de Tinteniaco. — Octo solides reddunt 



(1) Gualoir, galoer, gualoer, cf. Ducangc; — D. Moricc, Pr. I, 373; — 
Cart. Rotoncnsef A. de Courson, p. 250; — V. d'Argentré, art. 277, An- 
cienne Coutume de Bretagne; — Ilcvin, Questions féodales, 181. 

(2) Le passage entre [ ] n'est pas dans le grand Cartulaire; il est ajouté 
dans la copie du xv* siècle, où je l'ai pris. 

(3) Bannum, le droit de ban seigneurial, l'amende qui en résultait. Muleta 
emenda (GO s.) pro banno dominico infracto seu lege. (Ducangc.) 



— 96 — 

liomincs Sancli Domclli (i^^ et de istis ooio solidis dcciil 
abbalissa A. (2) duos solidos Fertri, et quatuor dcnarios Ilidroc, 
et sex Ricaladro. — llomines de Coiclis reddehant novem 
solidos-, sed nos leneraus in dominio terranri Slrabonum Boi- 
norum que très solidos reddebat de istis novem. Dccem rur- 
sus et octo denarii desunt de supradiclis novem solidis pro 
terra Pedladrum quam tenemus in dominio. Scxdecim rursus 
denarii desunt pro terra Hamonis fdii Alberi quam tenemus. 
— De Lisrigon et de Lislannac^ decem solidos; sed Renbere 
filius Afroc tenet in fisco (3) sex denarios. — De Caraboc 
duos solidos, sed Buenvaslet dédit abbalissa A. sex denarios 
in fisco, duodecim vero villa Glumarhoc filii Egant. 

Item hec consuedo est Sancli Georgii in Tinteniaco et in 
Coiboc. — Homines Saneti Georgii de dominio annonâm sine 
contradictione adducunt, quando opus est; in terra vero fis- 
calorum monicio preposili ad boc opus, oui si contradixerint 
per vim consueludinariam opus exlorqueat : et si illi de do- 
minio lerminum preposili in hoc transierunt, eraendabunt. 

Hec sunt et prandia et mangeria Sancli Georgii de Tinte- 
niaco. — Terra Hervei pulli reddit quatuor somas vini, et 
quatuor porcos, et quadraginla placentas (id est fouaces gal- 
lice), viginlique denarios in piscibus et cera, et oclo quarteria 
avene calcala. — Tantum reddit Dernoal. — Honor Alnei (4) 
qui tenet de Donoal reddit duas somas vini, duos porcos et 
XX. placentas et decem denarios in cera et in piscibus et 
quarteria quatuor avene calcala. — Omnes consueludines terre 
istius Alnei Sancli Georgii sunt. — De Treslegaî medielalem 
banni habet Sanctus Georgius et aliam medielalem Esmaliles. 

(1) Suinl-Doinincuc, commune du canton de Tintéiiiac. 

(2) Adela. 

(3) Fiscus, idem quod feudum, beneficium. 

(4) Ou (* Aliceù » 



— 97 — 

Rursus iriginta denarii et vij. soliili sunt Sancli Georgii, et 
dimidium gualoir et tota scpultura. — De Coeboc, medielas 
pasnage Sancli Georgii est, et alia Esmaelorum, et foresla- 
riorum nostrorum proprium, noslro famulo custodiente. — 
De Pregnabat (I) medietas banni Sancti Georgii est et alia 
yEsraaeloriim. Triginla vero denarii et vij. solidi sunt Sancti 
Georgii-, medielatem gualoir babet Sanctus Georgius, et illi 
alteram, lotaque sepultura est Sancli Georgii. — De Trama- 
hel simililer. — De loto Coiboc rursus theloneum Sancti 
Georgii est, ita ut si quis vendiderit baccon (2), niaxillam 
reddat Sanclo Georgio, de porco récente himbos, de vaccis 
pectora. — Item lolam sepulturam de Lamboul noscalis esse 
Sancti Georgii. — Hoc autem manducare nobis reddit Gorgar, 
scilicet ii. soraas vini et il. porcos, xx^'que panes decemque 
denarios in cera et piscibus, quatuorque quarteria avene. — 
De Marco filio Glebedre totidem. — De Prualt filio Glebedre 
lantumdera. — Ari filius Galuzon simililer. — Adgan et Ile- 
logon idem simililer reddunt. — De fisco Donal lîlii Glebedre 
iij. solidos, et de Trela iij. solides, et de Herveo filio Tualli 
ij. solidos. — De Lesrigon et de Inistannac quatuor somas 
vini et quatuor porcos et xl. panes, xx. denarios in cera et 
piscibus, et octo .quarteria avene. 

Terra Sancli Domelli, dum fuit in dominio Sancti Georgii, 
reddebat nobis quatuor somas vini tolidemque porcos et 
XL. panes et xx. denarios in cera et piscibus et oclo quarteria 
avene. — De Coitloes exit hoc raanducare : iij. somas vini et 
iij. porcos, xxx'^que panes et quindecim denarios in cera et 
piscibus, sexque quarteria avene. — De Caraboic, iij. porcos 
et iij. vini coslaracios et quindecim panes, seplem denarios et 
ama minuta (sic) in cera et piscibus, triaque quarteria avene. 



(l) Var. : « Prenabat. » 
{•2) Porc salé. 



— 98 - 
— De villa de Marlioc filii Egant unam somam vini et unum 
porcum, deccrrKjiic panes et quinque dcnarios in cera cl pis- 
cibus et duo qiiarteria avene. — Dernoal (i) filius Gondol 
reddit de suo prandio esu xij. denarios, et frater ejus Erualt 
lotidem. — Ivon filius Goffred reddit vij. denarios. — Norman 
filius Fragueline, vij. denarios. — Luinen filius Gondol reddit 
vj. denarios (2). 



[Anno circilcr 1040.] 



JJbis^ 



De Tanoart (3) dédit cornes Alanus Sancto Georgio pessum 
et foreslarium a feslivilate sancti Michaelis usque ad festivita- 
tem sancti Andrée, dt boscum mortuum concessit ancillis Dei 
ad calefaciendum se, viridumque ad domos ecclesiamque fa- 
ciendam, si opus necesse sit. De tolo Tinteniaco est theloneum 
et passagium Sancti Georgii, prêter terras quas Nominoi te- 
nuit, scilicet : Tramangoir, Trebri, Tremer, Trala, Campanoc, 
Cavezvilla (4). Terra Lucn filii Bernart reddit unum porcum 
[abbalisse], quando illa vadit ad Tinteniacum. 

(1) Var. : « lïcrnoul. » (xv*' siècle.) 

(2) M. A. de Courson, qui cilc, dans ses ÉclaircissemeiUs aux Prolégo- 
mènes du Carlulairc de Redon, ce fragment du rentier de Saint-Georges, 
s'en sert pour établir que les tenanciers de Saint-Georges étaient, dès le 
XI® siècle, des hommes libres payant au monastère une redevance convenue 
et fixe. 

(3) Vau. : « Tanouard » (xv^ siècle). C'est la forêt de Tanouarn, entre Ilédé 
et Dingé. 

(4) Add. « Velus villa. » (xv'= siècle.) 



— m — 



[Anno circilcr lOGO.] 



III. 



De conventione quam t'ecit abbatissa cum Guillelmo Ismaé- 
lite de capella Willelli (sic) que est in Castro suo (1). Scrip- 
tura hujiis carlule conlinet conveiitionem que fuit intcr abba- 
tissam et Guillermum ejus fidelem de capella castelli ejusdeni 
Guillermi (2), scilicet ut presbiter Guillcrmi habeat medictatem 
oblalionis parrocbianorum intra vallum castelli babitantium, 
Sancta vero Maria et abbatissa aliam medietatem. De externis 
autem bominibus qui de Tinteniaconsi parrocbia non sunt, 
similiter est constilutum. Sed si parrochiani Tinteniacensis 
ecclesie qui extra castrum habitant aliquid oblalionis obtuîerint, 
i.d Sancle Marie et abbatisse proprium erit. Ad Nativilatem 
Domini, ad confessionem in Quadragesima, ad adorandam 
Crucem, ad baptisterium, ad Pascba, ad festivitatem Sancte 
Marie requirant parrochiani suam matrcm ecclesiarn. Quod si 
forte ibi, in capella scilicet, baptismum factum fuerit, \'el 
sponsus benedictus cum sponsa, sive confessio data, vel hujus- 
cemodi alia, quod inde presbiter Guillermi habuerit, per Tin- 
teniacensem habeat sacerdolem. Sic enim difhnitum est apud 
Sanctum Georgium ante Raginaldum episcopum (3), abbatissa 
Guillermoque presenlibus. Hiis etiam auditoribus et testibus : 
Ilidrochio-, Uicaladro ^ Rafredo presbitero; Buenvallet-, Marco 
de Castro^ Odone filio Glen (4)^ Tualo Bastart. 

(1) Tinlcniac. (Noie du xv«^ siècle.) 

(2) La chapelle du chaslel. (N'oie du x\i^ siècle.) 

(3) Le P. du Paz assigne à celte charte la date approximative entre 1070 
cl 1091. Je crois qu'il se trompe. Ra^inald ou Rainaud, évêquc de Saint- 
Malo, est mort avant 1081. 

(4) Ou : <i Fvcn. » (xv^ siècle. ) 



— 100 



[Nolice du xiii^ siècle.] 

Quando cornes Alanus dédit Sanclo Georgio ibiquc famula- 
turis Christo molcndina Redoncnsis civitatis, concessit eliam 
aquam Vicenonic cum piscationc a domo Radulplii piscaloris 
iisque ad molendiniim Sessonis-, ila ut niiUiis invaderet in 
aquam cdiUcarc iiisi cum consensu abbalisse Sancli Georgii (1). 



[Anno 1034.] IV. [F" 3'.] 

Nolum ficri volumus omnibus sancle Dei ecclesie fidelibus 
tam presenlibus quam fuluris, maxiraeque successorcs nostros 
non latcat, quod ego Alanus gratia Dei Britannorum dux, et 
frater meus Eudo, cum maire lladuissa, damus Sancto Geor- 
gio et Addelac abbalisse et sanctis feminis viduis seu virgini- 
bus famulanlibus ibi Deo, duo molendina sita super fluvium 
qui vocalur Vicenonia, illa sciliccl que micbi Ilubertus dédit 
propler duos prisones sibi credilos, quos non reddidil, volens 
melius absolule molendina tradere quam prisonum infinila 
precia querere. Sic pcr illum et suam absohuionem supradiclo 
sanclo suisque famulabus absque licenlia calumpnia, pro ani- 
marum rcdcmplione largimur. Si quis aulem, quod absit, 



(1) Pcschaigc en Vislaignc, — prohibition de baslir en la ripuiére. (An- 
not. du xV siècle.) 



— 101 — 

luiic ralioni rcsislerc voluerit, separaliis a commimione Ikle- 
liurn, nisi rcsipuerit, maneat in ctcinum. liane donalioncm 
ego Alanus et fratcr meus Eiulo, présente maire nostra, pro- 
pres manibus lirmamus, presentibus fidelibns nostris et con- 
firmantibus quorum nomina hic subscripla tenenlur. Signum 
crucis dominice. hJh S. Alani ducis. nfn S. malris ejas >^. 
S. Eudonis comitis. ^fn S. Alani comilis Cornugallie. S. Guarini 
episcopi. S. Gaulerii episcopi Namnetensis. S. Rivalloni [vi- 
cariil (1). S. Triscandi filii ejus. S. Hervei prepositi. S. Rivaldi 
pincerne. S. Goffridi filii Hugonis. S. Aladroni capellani. 
S. Ratfredi capellani. S. Clieminandi capellani. S. Hidrochii. 
S. Moysi. S. Aremberti. 



[Amio 1032 vel 1036.] V. 

Convenlio de caslro Donouualdi quo paclo fecit illud (2). 

Noverit presencium ac posteriorum prudencia hoc pacto me 
permisisse Donoalo castrum sibi agere in Tinleniaco, quod 
ille ex hoc caslro nemini mortalium, nostro injussu, fidelita- 
tem faciat, nisi michi ac noslri cenobii sanctimonialibus abba- 
tisseque que, post nostrum excessum, Sancti Georgii reclura 
est locum. Quin etiam bec inter me Donoalumque convenlio 
est sancila, ut in caslro ejus nemo hoslium Sancti Georgii 
refugium vel defensionem habcat. Quod si prefatus Donoalus 



(t) Addition du xv^ siècle. 

(2) La copie du îv« siècle porte en marge l'annotation suivante : « Chas- 
" teau de Tinténiac qui est en la féaulté du duc ou de la dame de Sainct 
« George après le deccz du duc. » 




— 10i2 — 
luijiis conventioiiis quidpiam IransgRCSSor i'ucrit, (juicquid sibi 
honoris Sancti Georgii est concessum amitlat velul perjurus 
et infidelis. llujus conventionis sunt testes : Glen (1) de Tre- 
mahel. Glen de Trevecu. Constantinus et fraler ejus Eri. Yila- 
lis que filins Ivon. Tulual filins Morant. Evenns fHius Gor- 
hant. Jcrnigon filins Ilarduini. 



[Anno -I032.J Vl. 

De Sancto Petro dou Marcheil. 

In nominc Patris et Filii et Spiritus Sancti. Amen. Ego 
Alanus gracia Dei Britannornm dnx et mater mea Haduisa (2), 
pro peccatorum remissione et animarum nostrarnm redemp- 
tionc, damus, annuente fratre meo Eudone, Sanclo Georgio et 
Addele abbatisse cnm famnlabus ibi Deo servienlibus vel ser- 
vituris, monasterinm Sancti Pétri de Marcheil quod sitnm est 
in suburbio Redonis, ante portam civitatis magnam. Et hoc 
nolum fiat omnibus fidelibus tam presentibus quam futuris ut 
quandiu vixerit teneat Rafredus-, post moi4cm autem ejus, 
supradictus sanctus in dominio habeat et famule Dei ibi Deo 
servicntes sine Une possidcant. Si quis vir vel mulier huic 
donationi, quod absit, contradicere voluerit, quod cupierit non 
vindicet, sed habitalioncm habeat cum diabolo et angelis ejus 
in inferno. Ad hujus vcro elemosinc coUationem prebuit assen- 
sum Rafredus presbiler. Teslium autem nomina hec sunt : 
S(ignum) Alani ducis. hfn S. Eudonis comitis X. malris eorum. 



(1) Vau. : « Gleu. » 

(2) Var. : u Aduissa. » 



- 105 — 

S. Longonei (1) cpiscopi-, S. Uervei prépositif S. Rivalloni 
vicarii^ S. Riwaldi pinccrne (2)-, S. AIdroni capcllani-, S. Al- 
droni filii Ilailedri:, S. Arcmberli grammatici^ S. Ilidrochii. 



[Anno 1050.] VII. 

Item de Sancto Pelro (3). 

Cuiiclis pêne Redonis habitatoribus aliisque comphiribiis 
notissimum est Sancti Pétri ecclesiam in foro sitam ad Sancli 
Georgii honorera pertinere. Ergo mos antiquitus stabilitus et 
diu servatus extitit ut quicumque in hujus ecciesie cimiterio 
vinum venderet, abbatisse cenobii Sancti Georgii sibique com- 
missis de una queijue tona \ini plena lagenam, de média (4) 
vero tona semilagenam rcdderet. Hcc aulem consuetudo dudum 
reddibilis sine ulla conlradictione permansit. Verum, longo 
post tempore, gemini fratres «nus Grossinus, alter vero no- 
mine Thescelinus, invidie avaricieque estibus accensi, hanc 
consueludinem reddicionis sibi retinere et a loco oui jure de- 
bebatur abstrahere conati sunt. Abbalissa vero predieti loci, 
Addela nomine, soror scilicet Alani Britannie ducis, videns 
sibi injuriam fieri, pâli noluit-, sed invasores atque reientores 
consuetudinis sibi débite ante Conanum comitem, videlicet 
ejus nepotera, in jus vocavit-, ibique eos fraudulenter predic- 
tam consuctudinem Sancto Georgio sibique reddere contra- 

(1) Lisez : « Jungonei. » 

(2) « S. Gaufridi filii Uugonis; S. Triscandi filii vicarii. » (Add. de la 
copie du xv« siècle.) 

(3) « Saincl Pierre en Saincl George. » (Noie du xyi« siècle.) 

(4) Var. : « dimidia. » 



— 104 — 
dixissc convicit. Tune Conanns cornes prccelsa voce prcconis 
in medio \illc Rcdonensis edici precepit ut, si quis alius ca- 
lunopniator csset qui hoc debitum relinere sibique vindicare 
vellet, ante eum subito adveniret ibique causa diiïinirelur. 
Quo facto, nulhis in tota villa exlitit qui hoc debitum contradi- 
ccre predicte abbalisse sibique commissis nec posset, nec vel- 
let. Deinde cornes Conanus obnixe imperavit ut quicumque ab 
illo die in cimiterio prefate ecclesie vinum venderent, slatu- 
tam consuetudinem Sancto Georgio suisque servitoribus absque 
refragatione redderent. Hujus audientie testes extiterunt ipse 
cornes^ Rolaldus filius Alani Ruuensis^ Robertus prepositus 
filius Iluberti-, Guihenouc-, Galterius filius Germaionis^ Ragi- 
naldus ascende prior-, Ilidrochius^ Gorco Champion, Gaufridus 
filius Johannis et frater ejus, aliique plures. 



[Anno circiter 4108.] V 111. 

De décima Pagani de Accigneio (i). 

Nolum sit omnibus, tam presentibus quam Tuturis quod 
eum conlroversia csset inter ecclesiam bcali Georgii et Paga- 
num de Accigneio super terra quadam quam ipse dederat ec- 
clesie Sancti Georgii eum filia sua monacha facienda, hoc fine 
terminala est : quod prcdictus Paganus sepe dicte ecclesie, 
eum assensu filiorum suorum Gaufridi, Radulphi, et Roberli, 
dédit et concessit décimas islas : de campo de post burgum, 
de terra Guillclmi filii Ilodeardis, de feodo Moluerii de Ver- 
neia, et de terra Roberti Ravardi, de terra Guillelmi Pomerol, 

(l) Dixmcs d'Acigné. (xv«^ siècle.) 



— 105 — 

de campo subtus llaiam. Hoc vidcrunt et audierunt Stepha- 
nus (1) episcopus posteriori Guillelmiis liliiis llamonis-, Ste- 
phana (2) Sancli Georgii abbalissa et ejusdem ecclcsie capitu- 
lum. Guarinus decanusj Robeitus sacerdos^ Gaufridus de 
Fago et plures alii. 



[Anno aille lO'iO.] A A. 

De lacu de Guipeel. 

Addit quoque nostra munificentia eidem monasterio quem- 
dam lacum (3), usibus piscium valde aplum, in vice qui dici- 
tur Guippetel constitutum (4), pro commutalione autem me- 
dielalis ecclesie que Cavana (o) vocatur, quam mater mea pro 
redemptione anime sue eisdem sanctimonialibus condonaverat. 
Tradidi terram quam Popelinus tenebat, que tante mensure 
est quantum utrisque temporibus uni aratro suffîcit, que terra 
in vico Aziniaco sita est ^ et theloneum ejusdem vici octo die- 
bus ante forum Saneti Pétri, et octo post, cum omni theloneo 
quod ad eumdem vicum pertinet. Si quis autem hanc donatio- 
nem mutare voluerit, deleatur nomen ejus de libre vivenlium. 

(1) Etienne de Fougères, évêque de Rennes (1168-1179). — Cf. du Paz, 
généalogie d'Acigné, p. 588. 

(2) Éliennclle ou Stéphane, abbesse (1164-1 KiO). 

(3) Étang de Guypccl. (xv^ siècle.) 

(4) Var. : «1 Guipeel. » (xv^ siècle.) 

(5) Chavagne, canton de Mordelles. 



lOG 



[Aimo aille i03A.] A. 

De Cavana (1). 

Cum quanla celeritale mundus et que in eo sunt transeant, 
Johanncs aposlolus manifestât dicens : Mundus transit et con- 
cupiscentia ejus. Cum ergo hec temporalia tanta celerilate per- 
transeant, restât ut quisquis ea possidet provideat qualiler ex 
hiis elerna mercetur. Nam quod ex hiis temporalibus eterna 
mercari debeant, Dominus nos admonet dicens : « Facite vobis 
amicos de mammona iniquilatis ut, cum defeceritis, recipiant 
vos in eterna tabernacula. » Quibus dominicis verbis, ego 
Haduissa gratia Dei comilissa, mater scilicet Alani tolius Bri- 
tannie ducis ac principis, inspirante ejusdem Domini noslri 
gratia, ammonita pro adipiscenda snperne hereditalis beatilu- 
dine [foUo v recio], tradidi cenobio Sancli Georgii vicum qui vo- 
calur Cavana (2), cum omnibus apenticiis suis, ancillis Dei in 
eodem cenobio regulariter degenlibus jure perpétue possiden- 
dum. Qui videlicet vicus beredilas Eudonis vicecomilis quon- 
dam fuerat. Idem vero Eudo non habens libères quos sue here- 
dilatis successores relinqueret, Gaufridum comitem, dominum 
scilicet raeum, in loco filii adoptavit, et sue hereditatis suc- 
cessorem reiiquit. Cum autem me desponsaret dominus meus 
supradictus, vicum qui ex hereditale jara dicli vicecomitis ei 
obvenerat micbi dono donavit. Ilunc ergo, sicut supradixi, 
heredilate perpétua dicto cenobio condonavi. Et ut bec dona- 
lio imperpetuum firma esset vel sit, Alani comitis auctorilate 

(1) Chavagne. 

(2) Le bourg (le Chavagnc. 



— 107 — 

roborata est. Addidi prelerea hiiic donalioni quemdcm molen- 
diniim situm apud Pontem Ursi (1) et quamdem portionem 
terre quam habebam vicinam ville Sancli Georgii que vocalur 
Yilers (2)^ et quemdem locum aptum ad construendum mo- 
lendinum in locum qui dicitur ad Campum Corvi (3). Hanc 
autem donalioneni si quis a supradicto cenobio substrahere 
voluerit, sil pars liercditalis ejus ignis inextinguibilis et cru- 
ciatus perpetuus. 



[Anno circiter ^1040.] 



XL 

De VBla Nova. 



Quoniam muUi morlaliura infulis educati tenebrarum non 
resipisccntes, suorum delictorum multitudine condempnati a 
superno judice, relrudunlur in baratro lugubri, bac de causa 
ego in Cbrisli nomine Ascelina, raortali viro vidua, pressa 
criminum meorum phalange, videns vitam hujus seculi labi- 
lera, meo decrevi animo de rébus mee hereditatis partern con- 
cedere Sancto Georgio sanctisque monialibus loci, ob memo- 
riam anime mee et redemptione criminum filiorum meorum. 
Régnante vero generosissimo Alano Britannie principe, lem- 
pore in ipso micbi concessit, post mortem Tuduali mei sponsi, 
Eudo filius meus terram que vocatur Villa Nova (4) cum suis 
appendiciis et cum medio farinario uno super llumen Viceno- 
nie sedenti. Ilanc autem cedo loco sancto ea lege, ut si ali- 

{{) MouIIin a Pontorson. (Annot. xv^ siècle.) 

(2) Villicrs, près Sainl-Georges-de-Gichaigne. 

(3) Charnpcor, village sur le bord de la Vilaine, à deux lieues de Rennes, 
(i) Villenouirvc, près Rennes, (xv® siècle.) 



- i08 - 

quis (Je meis liercdibus vcl aliqua, quod absit, persona conira 
liane cessionem venire icmptaverit, quod rcquirot non vindi- 
cet, sed in ihcsauros gubcrnaloris regni ponat auri libras sex. 
Ut ineonvulsa permaneat, manu propria, manibus Alani prin- 
cipis firmare rogavi. Signum Alani. S. Eudonis. Testes fue- 
runt Hugo vicecomes-, Engelbaldus filius lïugonis-, llilderius-, 
Engelbaldus parvulus. Omnes maledictiones que sunt in veteri 
et in novo testamento veniant super illos qui miserunt ca- 
lumpniam contra bas litteras. 



[Anno >1032.] Ali. 

De Capella [Gençon] (1). 

Cum jam pêne mundus olim floridus raalis infestantibus 
altritus in se aruerit adeo ut inlerilus sui preco ipse existât, 
nil jam restât fidelibus Cbrisli quam eraditis radicitus a seculo 
cordibus terrena celeslibus commutent, sustantationi invigi- 
lando et secundum apostolum necessitatibus sanctorum com- 
municando. Quod quia superno nutu in nonnullis noslris etiam 
lemporibus viget, ratum ducimus intimare ad laudem Dei et 
incitamentum audienlium quod Roiantelina vicecomitissa voci 
Domini jubentis « Thesaurizate vobis tbcsauros in celo » 
obaudiens, imitata patrum vesligia, eternitalis remuneratione 
stimulata, congregationem feminarum sub sanclimoniali jugo 
Deo militaturam in Cavana plèbe aggregare statuit, bona lide 
cupiens in possessione terrene generosilalis celestem con- 
sluere turrim, ubi dévote anime potestatibus résistèrent aeris. 

(1) Vau. : « de Chapella. >> (xvi« siècle.) 



— lOi) — 

Sed cum nonnullas in prefalo loco adunasset, senciens eas 
ibidem regulariler nequaquam subsisterc posse oporliinilalem 
loci et indumenluni sui, adiit iioslrain presentiam et omnium 
sororum cenobii Saneti Georgii, qiiod eodem tempore sub 
Alano Britannorum duce conslruebatur, in quo et ego Addela, 
ancillarum Chrisli ancilla, abbalisse oiïicio fungor, posccns ut 
supradictas sorores, numéro novem, in nostro collegio recipe- 
remus, collala nobis non modica parte terrarum suarum. Gui 
diu renilentes tandem annuimus, jure possessionis eterne bis 
susceptis terris : Capellam Gencon (1) cum omnibus appendi- 
ciis suis, sine calumpnia alicujus hominis^ terram uni aratro 
sufticientem, id est unam medietariam in Comburn (2); duas 
in Planafilice (3) quarum una vocatur Lèse, altéra vero Pinus. 
Ecclesiam quoque Saneti Siginnuni (4) cum una medietaria, 
dum vixerit, et post mortem suam omnem terram ipsius pie- 
bis que sibi compelit. Tradidit etiam nobis viginti boves, et 
duodecim vaccas et decem et octo equas. Addidit etiam et 
quoque in eadem convenlione ut vestitus amminiculo eas in 
omni viia sua de suo sustentaret (5). Quod nos refugimus, ne 
proprietatis contagio nostra contaminaretur religio, acceptis 
ab ea centum solidis. Hanc conventionis cartulam ideo scribi 
fecimus, ut hoc scripto animi fidelium eruditi sciant nos pres- 
criptas terras, vicecomitissa tradente, jure perpetuo possidere, 
sublato omni scrupulositatis vicio^ ab Alano quoque comité et 
fralre et matre et principibus ejus firmari fecimus ut ejus auc- 
toritate pravorum comprimatur violentia. Si quis autem contra 
hoc aliquid injusli ingerere nisus fuerit, dampnationis eterne 

(1) Chapelle Janczon. (Annot. xv® siècle.) 

(2) Mestairie en Combour. {Idem.) 

(3) Pleinefoulgères. {Idem.) — On y trouve encore aujourd'hui les deux 
grands villages nommés Le Lez et Le Pin. 

(i) Saint Seguelin. (Annot. xv® siècle.) 
(5) Var. : (« suffetaret. » (xv» siècle.) 



- HO — 

senlcnciam conscquatur oum Juda prodilore, ot Datan ot 
Abiron. 



[Anno circitcr 1050.] Xlll. 

De Viliaco [seu Nulliaco] (1). 

Noverit posteritas futura caslellum quod GaulVidus Salomo- 
nis filius edificat in Nulliaco, Eudone comité et abbalissa ejus 
sorore Addela noraine, fieri esse pcrmissum bac conventione : 
securilatem jiirejurando super quatuor Evangelia et sanclorum 
reliquias fecit Gaufridus quod banc domum iieque contra 
dominum comitem, neque contra abbatissam Sancti Georgii, 
quecumque futura sit, tenebit ipse vel beres ejus. Hoc autem 
in conventione et juramentum positum est quod terre Sancti 
Georgii, que nune est vel fueril, ipsa domus vel ipse dominus 
domus nullatenus nocebit. Quod si cornes vel abbatissa que 
erit suos quoscumque fortes bomines in bac domo ponere 
voluerit, Gaufridus vel beres ejus omnino resistere non vale- 
bit. Dédit preterea et daturi sont omnes beredes ejus quatuor 
obsides et comiti et abbatisse qui fuerint, qui boc jurejurando 
confirment. Quod si ex bac conventione quicquid transgressum 
fuerit, ipsi si dominum domus illius ad condignam emenda- 
lionem fleclere non potuerint, eum reliquentes, in deditionem 
comili et abbatisse se subdent. Ilanc autem conventionem 
totam in finem seculi permansuram ipse Gaufridus, cum duo- 
dccim ex suis melijoribus, tremendo confirmavit juramento. 



(l) Dom Lobineau et dorn Morice ont lu et adopté le texte » Nulliaco. •> 
Les eopies du xv« siècle portent également Nulliaco. Kst-ce Noyai I* 



— 111 — 

Hanc eliam faclurus est hères ejus cura duodecim ex suis 
melioribus. Propter hanc autem convenlionem et propter ani- 
mam suam dedil pcrpelualiler ipse Gaufridus transitum sive 
theloneum quod in Nulliaco capiebat. Ilec convenlio ut incon- 
vulsa permaneat, testes qui aiTuerunt recensere non piget. Ipse 
cornes Eudo, et nepos ejus Gaufridus-, Robertus vicecomes et 
frater ejus Eudo-, Androinus et hlius ejus Ilurvoidius, et frater 
ejus Hidernus^ Guichomarus filius Alani vicecomitis; Rotaldus 
fdius Constanlini^ Norraannus potinus^ Rafredus filius Danie- 
lis^ Herveus tilius Tetheu^ Gallerius de Rota^ Ilildrochius^ 
Raibertus presbiter qui reliquias altulit. 



[AnDo circiter >I034.] Al V , 

De Art insula. 

Omnium quidem superni caractère vexilli insignorum (1) 
{sic) nolicie propaletur quod Rritannorum Dei dispositione dux 
pro redemptione anime patris sui ac matris fratisque sui, nec- 
non successione felicis prolis, medietatem insuie in Rritannia 
cui est Yocabulum Art, cum omni jure omnibusque consue- 
tudinibus coraiti comita (2) pertinentibus Sancto Georgio soro- 
ribusque ibi Deo famulantibus absolule imperpetuum Alanus 
largitur. Iluic [folio 5° recto] donationi si quis resistere voluerit, 
a communione fidelium separatus et a presenlibus episcopis 
excommunicalus, nisi resipuerit, maneat in eternura. 



(1) Lisez : « insignitorum. •• 

(2) Répelilion fautive du copiste, à moins qu'il ne faille lire : « comUali- 
ter. » 



— 112 — 

Signum (1) Alani comitis ^ matris ejus i^ Eiidonis comi- 
lis. ^f^ Sigmim Gingonei arcliiepiscopi. S. Guarini cpiscopi. 
S. Adam episcopi. S. Judicaelis cpiscopi. S. Riwallonii vicarii. 
S. Guarini filii Guillelmi. S. Gaufridi filii Ilugonis. S. Riwaldi 
pincerne. S. Aldroni capellani. S. Fuicherii capcllani. S. Ra- 
dulphi anglici. S. Rivalloni preposili. S. Mcnlînit. 



[Anno -1034.] ^V* 



De Plubihan (2). 



ïn nomine Patris et Sancte et individue Trinitatis ego Ala- 
nus Del gralia Rritannoium dux, una cum fratre meo Eudone, 
volumus nolum ficri omnibus sanclc Dci ecclesie fidelibus 
prcscnlibus vel fuluris, quod pro redemplione et sainte ani- 
marum nostrarum et matris nostre lïaduisse, damus Sanclo 
Georgio et Addele abbalisse sorori noslre cum ceteris famula- 
bus ibi Dco servientibus vel servituris, parrochiam in Rrilan- 
nia que \ocatur Plubiban cum omnibus consuetudinibus nobis 
inde pertinentibus (3), cum equilibus et villanis, cum terra 
cuUa et inculta, cum carrucis etiam et bobus, omnique domi- 
nio imperpeluum possidendam. Ut pcr intercessionem Sancti 
Gcorgii et orationem sanctarum monacbarum remissionem 
pcccalorum noslrorum mereamur consequi in elernum. Gui 
donation! si quis conlradiclor, quod absit, extilcrit, per aucto- 



(t) Si. il-i|iiii- — La signalurc d'Alain est ainsi figurée dans le manuscril. 
co |milis 

(2) Vau. : « de Plebilian. » 

(3) Coustumes de Plebihan, — hommes et subjccls. {W^ siècle.^ 



— H5 — 

rilatcm Domini noslri Jesii Clirisli separatiis a communione 
lidelium, nisi resipuerit, maneat in cternum^ et ut hoc donum 
fortius et stabilius maneat, ego Alanus, présente fralre mco 
Eudone, et mecuin confirmante, propriis manibus confirma- 
mus, presentibus fidelibus et confirmantibus quorum nomina 
hec sunt : S. Alaui ducis. S. Eudonis comitis. S. Budici co- 
mitis. S. Alani Cornugallie comitis. S. Gingonel archiepiscopi. 
S. Gualterii episcopi. S. Guarini episcopi. S. Rivalloni vicarii. 
S. Rivaldi pincerne. S. Hervei prepositi. [S. Rivalloni prepo- 
siti.] S. Aldronii capellani. S. Ilidrochii. S. Aldroni. 



[Anno circiter 4060.] XVI. 

De consuctudinc de Plubilian. 

Urvoidius filius Mainonis tenet Teruce! (1) et ïressel de 
abbatissa Addela^ de istis vero duobus très (2) reddit suum 
manducare, scilicet quinque quarteria frumenti et totidem 
porcos, unumquemque duodecim dcnariorum, octoque quar- 
teria de brez (3) bene calcala, aut sexdecim incalcala, et octo 
quarteria pro laragine equorum, et candelas. Consuetudo nos- 
tra est et de galoir de albanis, et assalatus de via, et vim sci- 
licet raptum feminarum, et totum tlieloneum, et guerm, et 
ligna, et comportum in unoquoque anno, et emendationem 
remanenlium equitum de hoste, et servitium equorum, et 
somaria quociescumque necesse fucrit. De medietate cratère 

(1) Var. : « Reucel vel Teuccl. « (xv« siècle.) 

(2) Très, trcu, Irèvc, villaj^c, subdivision tcrrilorialc. 

(3) Brez idem quod brace, breiz (brcs, brais), gallicc ; — genus grani 
qua conficitur cercvisia, — c'est l'orge. 



- 114 — 

de Lisquilidic reddit unum quarlcrium frumcnli et 1res hana- 
pos mellis el duo quartcria de berz et porcum unum et 
duodecim denariis, et bina quarteria avene, et ligna, et con- 
suetudines et gualoir, et hostem. Aliam \ero medielatem 
supradicte lagene lenet Guilun presbiter et Dilix^ et reddit 
unusquisque eorum unum quarterium frumenli , et duo de 
brez et duos porcos duodecim denariorum. Galoir et alias con- 
suetudincs non habent nisi medietatem banni et pastum. In 
Trenou, que est una treu, sunl duo cratère mellis ex quibus 
tenct Ansmedre quatuor banapos mellis, sed nullam aliam 
lenet consuctudincm prêter pastum^ quo pro pastu quera tenet 
reddit unum quarterium frumenli, unum porcum et duo quar- 
teria de brez, tolidemque avene. Aufridus tenet duos banapos 
mellis, partes atque duas lercii, suumque pastum et dimidium 
bannum-, et reddit unum quarterium frumenti et alterum de 
brez. Donoaldus iilius Ilidremarbuc tenet septem banapos mel- 
lis et reddit unum quarterium frumenti et très banapos mellis 
et duo quarteria avene, tolidemque de brez ac unum porcum. 
Estomar tenet duodecim banapos mellis et suum pastum dimi- 
diumque bannum, et reddit quinque minas frumenli et tria 
quarteria de brez et unum porcum. Caradocus Redonensis 
très banapos mellis lenet inter istas duas très, scilicet Trenou 
et Treurinum (I)^ et reddit unum quarterium frumenti et 
duo de brez et unum porcum et bostem et waloir (2) et com- 
portum. Très qui dicitur Tresfelmel est totum in dominio 
abbatisse prêter 1res banapos mellis quos tenet Berhall filius 
Colini qui tenet suum pastum et dimidium bannum et reddit 
unam minam frumenli et unum quarterium de brez et unum 
porcum. Bluno filius Gurdifen lenet decem banapos mellis el 
reddit 1res minas frumenli et tria quarteria de brez et unum 

(1) Vau. : <i Trcurivinn. » 

(2) Vau. : « gualoir. » 



— 115 — 

porcum et suum pastuni tenet et dimiclium hanniim. In Lis- 
qiiinnic, que est iina Très, sont duo cratère mellis-, et est 
lotum in dominio abbatisse prêter duodecim hanapos mellis 
quos tenet femina Clase in suum allodium, et ideo non vult 
reddere suum pastum sed suum manducare reddit, scilicet 
duo quarteria frumenti et quatuor quarteria de brez, duosque 
porcos. Gauterius prepositus tenet sexdecim hanapos mellis 
et reddit unum quarlerium frumenti et duo de brez, totidem- 
que avene et unum porcum. In Treconhar, que est altéra 
Très, tenet Morvan filius Mengui sex hanapos mellis et reddit 
unum quarterium frumenti et très hanapos mellis et unum 
porcum et duo quarteria avene, lenetque suum pastum et 
dimidium bannum. Alie autem consueludines nostre sunt. 
Lismeldun tenet Guihenocus lilius Perinis et reddit tria quar- 
teria frumenti et sex quarteria de brez, et très porcos et octo 
quarteria avene. De isto et de prenominatis et omnibus que 
in Plubihan sunt accipit abbalissa comporîum et omnes suas 
consueludines. Lissuolan est lotum in dominio abbatisse. Sunt 
quatuor hanapos mellis quos tenet Costentinus (1) lilius Niel, 
et reddit unum quarterium frumenti et duo de brez, et unum 
porcum, qui tenet suum pastum et dimidium bannum. 

(1) Var, : <t Conslanlinu.s. » 



116 



[Anno circitcr -103 5.] Â V 11. 

Les renies de Plcbilian. 

De invasoribus terre de Plubilian, quomodo invascrunf, et comile judice 

rcliquerunt (]). 

Inter cetera bona que Deus voluit succrescere in ceriobio 
Sancti Georgii ad usum sanctarum virginum que ibidem Deo 
famulantur, donavit eliam comitissa Haduisa quamdem parro- 
chiam, scilicet Parvam Plebem (2), secundum brilannicam lin- 
guam, que a Magna plèbe (3) usque ad mare extendilur, Deo 
et Sanclo Georgio imperpeluum, annuenlibus filiis ejus Alano 
atque Eudone. Post hoc invaserunt quatuor viri Judicaelis, id 
est Guihomar, Larino (4) Lancelin, idn {sic) Sutor (5) quamdam 
parlicuiam terre que reddebat sex crateras de melle in eadem 
villa juxta cimiterium Sancti Pelri, affirmantes esse sibi pre- 
dium et bereditatem. Adducli sunt ergo supradicli viri ante 
comilem Conanum ad judicium. Fuerunt autem judices Maino 
episcopus^ Eudo vicecomes; Joccîin^ Jarmaion-, Guibenocns 
Frioc filius. Convicli sunt et dimiserunt lerram ante comitem 
et dcderunt fidejussores se nunquam calumpniam facluros de 
bac terra. Fuerunt cornes et omnis curia ejus lestes hujus 

(t) Ce second titre est ajouté dans les copies du xv'' et du xvi^ siècle. 
L'une d'elles perle celle variante : « Convicti jiidicio » au lieu de « Comito 
judice. n 

(2) Pleubihan. 

(3) Pleusrncur-Gautier. 

(i) Vau. : « Rarino, Lerino. » 

(5) Var. : " Outor. « (Cf. D. Morice, Pr. ï, iOâ.) 



— 117 — 

rei : vicecomcs Tlieuarhoc; vicecomes Jlacmo (I)-, Ganlerius 
preposilus; Alenan-, Iliigo Dilcsi filius-, C.uigon lîiiiegrcs. 

[Anno ^070.] Iterum autem sex viri, id est, Escomar, Ble- 
mou, Alfredus, Colven, Derian et Redon accepcrunt terras 
Saucti Georgii in supradicla provincia per concessiim ciijus- 
dcm monialis iione que ibidem servabat Sancli Georgii hoiio- 
rem. Veneriint ergo ad judiciura de isto honore anle Gaufri- 
dum comitem, fdiiim Alani, in Redonensi urbe, abbatissa 
Ilodierna nomine, et illi sex viri. Fuerunt vero de Iiac re 
judices Silvesler de Guirchia [f" vj» recto]-, Jocelin^ Jermaion^ 
Guihenocus lilius Freoc; Alanus Radulphi filius^ Gauterius 
prepositus Tregher. Convicti sunt isti sex viri per judicium et 
dimiserunt terram Sancti Georgii quam invaserant, et dédit 
unusquisque eorum fidejussores se nunquam caliimpniaturos 
de bac terra. Blemoii dédit Sancto Georgio et comiti xiiij 
(quatuordecim) fidejussores : Cornes Urvoidii fdius-, Adalhart^ 
Sansoam^ GuorCaut (2) lilius Goriouj Ranou^ Alaerun San- 
soere filius^ Alerhion-, Eleh idsonist (3)^ Alargueden^ Gleu- 
daen-, Estomar^ Colliou^ Cadiou Goreden filius^ Guegon. — 
Estomar dédit fidejussores : Gingant-, Eslon-, Cadiou filius 
Dregued-, Cadiou Alornan-, Custou-, Audelh. — Alfredus dédit 
fidejussores : Guibenoc^ Inisan-, Codiou-, Goreden. — Colven 
dédit fidejussores : filius Gurdifen^ Gueron-, Morvan ^ Inisan; 
Guehenoc Dilesi filius. — Redon dédit fidejussores : Alliou; 
Guasiou-, Alven. 

(1) Haymo. 

(2) Gorfanl. 

(3) Idscrust. 



118 ■- 



[Aniio -10/<0.] ÂVlll. [F" vj" reclo.] 

De Ploicalhnou (l). 

Mundi terminum propinquûre prenunciata ad nos a domino 
signa mulliplici frequentia dederant (sic). Surgit enim queque 
gens contra gentcrn, et regnum adversus regnura, et terre 
motus magni fiunt per loca. Unde ego Berla dono Dei tocius 
Britannie comitissa, et filius meus Conanus hiis signis terrili 
et prccipue de obitu dulcissimi senioris mei Alani (2), videli- 
cet celeberrimi consulis, hujus filii mei Conani patris, pridie 
nobis nunciato corde tenus sauciati, acquiescentes evangelico 
precepto ubi dicitur : Facite vobis amicos de mammona ini- 
quitatis^ ut cum defeceritis, recipiant vos in eterna taherna- 
cula, — donamus Sancto Georgio et sanctimonialibus ibi Deo 
servientibus, pro anima supradicti senioris mei Alani nuper 
defuncti et nostris animabus, mea scilicct et filii mei Conani, 
et omnium antecessorum sive successorum nostrorum, in ele- 
mosinam sempiternam parrocbiam que est in pago Leonensi, 
que vocatur Ploicatbno, totam ex intègre, cum pratis et silvis, 
cultis et incultis, aquis aquarumve decursibus, sicut a nobis 
baclenus noscilur fuisse possessa, ita ut ab bac die in sempi- 
tcrnum eam babeant et possideant, et ad victum vel veslilum 
sanclimonialium sive ornatum monasterii Sancti Georgii quic- 
quid ex ea trabere potucrint proficial-, nuUo unquam nostro- 
rum sive aborum ab eis exigente neque dcbitum, neque servi- 

(1) Vak. : (t do Ploganou » en rcvcscliL' de Léon, (xv^ siècle.) 

(2) Alain III mourut le l^ octobre 1039 (10 iO, N.-S.), à Wcbtnioulier, 
en Normandie. 



— il9 — 

lium prêter oraliones et bénéficia spirilualia (1). Si quis aalem 
hanc elemosinam a siipradiclo loco Sancli Georgii vel a sub- 
stanlacionc sanclimonialium quoquo modo subtraxerit , vel 
alienaverit, perpetuo feriatiir analberaate. Feciraus hanc dona- 
tionem coram islis testibus : Conano consule, Salomone epis- 
copo (2) existcntibns^ Eudo cornes teslis^ Julhaelus arcbiepis- 
copus teslis^ [Alanus filius Ewanni leslis -, Costulinus de 
Dinam lestis^] (3) Uoberlus filius Guihcnoci Icstis^ Aldroenns 
capellanus leslis ; Ilerveus crassa vacca, leslis -, Aldroenus 
filius Ilolcdri. 

Ilem post annum vicesiraum secundum [anno looi] hujus 
prime donalionis, quia voluit nos Deus superslilcs esse, robo- 
ravimus, ego Berla videlicet, et filius meus Conanus, cum 
consilio et auctoritale corum qui subter annexi sunt, priorem 
donalionem plebis que vocalur Pluicalhno, et ore confirmantes 
manu leligimus hujus donalionis curlam, tangendam que his 
noslris fidelibus et amicis Iradidimus. Ego Berla et filius 
meus Conanus, ore conlirmamus et manu leligimus. Silvester 
leslis. Budic filius vicecomilis [leslis]-, Poncius filius Aldroni 
teslis-, Giron filius Ansquelil teslis^ Gauterius de Acciniaco 
teslis^ Clumarhuc leslis-, Robcrtus Pirot leslis-, Ricaladrus 
leslis; Ilidroc teslis-, Alanus sacerdos leslis; Fulcherius filius 
Rivalloni Landavrensis, leslis; Gaufridus filius vicecomilis-, 
Gauterius filius Ilailogoni leslis-, Herveus ejusdem Gauterii 
filius-, Guegonus baslardus; Doniou filius Gurvredi teslis. 
►Jh Signum Berle. — nfn Signum Conani comilis. 



(1) Exemplion de péages. (Note du xvi° siècle.) 

(2) Salomon, évéque de Léon. 

(3) Les noms entre crochets sont ajoutés dans la copie du x\* sicclCo 



— 120 — 



[Anuo circilcr ^060.] Al A. 

De conventione que fuit intcr abbalissam et Gauterium prepositum. 

Notum sit quod Addela Sancti Georgii abbalissa quamdam 
convcnientiam cum Gualtcrio ejus preposito perfecisse \idetur 
que uti lirmior slabiliorquc imperpetuum maneat, ne seculari 
unquam fallacia frangatur, libuit cartule scripto firmare. Ipsa 
autem lalis est conveniencia : Prefecturam de Plubihan quam 
paler ejus tenuit ei concedit lali modo ut, in fidelitate Sancli 
Georgii, ipse plebis ejus sit defensor et protector, latronum 
eliam malefactorum justissimusque persecutor-, universorum- 
que placitorum reorum bominum reclissimus judicator. Nec 
sit ei jus manducandi vel bibendi, aut uUam querelara faciendi 
nisi in suo dominio. Et ut iste labor dupliciter ei proficiat, ad 
salutem anime spiritualem filium in bencficio Sancli Georgii, 
omni conventu annuenle, eum adoptavit. Ad corporis vero 
profectum, de bannis et de causis in judicio ante eum prius 
convictis, ac de gualaeriis', octavam partem ei in remunera- 
tione permisit. Modus autem et mensura misericordie placito- 
rum supradictorum pênes ipsum, per consilium sanctimonialis 
istius loci obedientiam servantis, consistant. Ad bec de domi- 
niis ac majoribus, paslisque atque querelis ejus nullo modo 
aliquam partem expectet. Minislrum autem sub illo bujus rei 
oiïicium cxercentem sanctimoniabs constituât. Pactum istud, 
ut supradiximus, firmatum est, omissa ab eo décime calump- 
nia, omnibusque aliis calumpniis. Insuperque quatuor fide- 
jussores se nunquam (I) boc paclum violalurum, id est, Eudo 

(1) Vau. : « minime. » 



— 121 — 

cornes^ Mcngui filins Mcriani-, Jiulicael frater ejus Guallerii^ 
Dunguallon filius Ilerdiinarhoc. llii aulem sunt testes : Eudo 
cornes et uxor ejus^ Joscelinus vicecomes-, Eudo Monmari 
lilius^ Judel-, Uodaldus grossiis-, AliVedus frater Alani vicecomi- 
lis-, Coslardus-, Even Rex^ Judicacl grammaticus -, Guoranton 
filius Gurnerii^ Richaladrus^ Robertus^ Rogerius-, Recordcl- 
lus cognominc Neminum ; Ilodierna soror llugonis viceco- 
initis. 



[De anno lioG ad annum M 69.] 



XX. 



[Confirmation de Con.in duc de Bretagne à l'abbaye de Saint-Georges du 
don qui leur avoit esté faict par Allain son prédécesseur, de Plubihan 
et de Plougasnou.] (t) 

[Puis y a une lettre sur parchemin sellée d'iing seau de pasle ou y a 
limage dung personnage armé à cheval.^ (2) 

Conan (sic) dux Rritannie, cornes Richmundie, episcopis et 
abbalibus et omnibus minislris suis et omnibus bominibus 
suis locius Rritannie, clericis et laicis salutem. Scialis ante- 
cessores meos, intuitu carilatis et redemptione animarum sua- 
rum concessisse et dédisse in belemosina ecclesie beali Geor- 
gii Redoncnsis et monialibus ibidem Deo servientibus, scilicet 
Plubihan et Plogaano intègre, libère et paci(fice. Et ideo volo 
et precipio quod predicte moniales prefatam elemosinam, sci- 
licet Plubihan et Plogaano, amodo libère et quiele, intègre et 
honorificc lencant et habeant, ab omni consueludine immunes, 



(1) Titre écrit au xvi« siècle. 

(2) Addition de la copie du xv^ siècle. 



— i22 — 

et oinncs libcrlalcs suas liahcntes. Et ego confirmo predictam 
liclcmosinam prcfalis monialibus, et omncs injurias et violcn- 
iias quas ego ibi fcci penitus dcsero et quicto, in salulcm 
anime mec et anlecessorum et heredum mcorum. Tcstibus 
Guillelmo ïrecorensi episcopo, et Margarita comitissa^ Wil- 
Iclmo tilio IJamon. Alano de Roban. Constancia sorore comi- 
tis^ Guemarroco preposilo de Treguel-, Gaufrido dapifero de 
Wengamp -, et Gemello -, lïenrico -, Bertram -, Deriano filio 
Donoalli-, Robcrto cancellario; Gaulerio filio Zacarie^ Henr. 
fdio Ilcrvei^ Radulfo camerario^ Gauterio filio Corsi-, Reginario 
clericoj Willclmo filio llamonis. Apud Guengampum. — [Et 
sellée dudit seau.] 



[l'ost aiHium I03'(.] 



XXI. 



Inserilur buic carlule quomodo Guidil'en fait captus et 
dampnatus ob infidelilatcm suam, cum fuerit mortua lïau- 
sia {sic) comitissa^ et cornes Alanus et cornes Eudo frater ejus 
dederunt pro animabus suis et pro anima ejusdem lïaousie 
Plubiban Sancto Georgio et monialibus ibi Deo famulanlibus. 
Eralque ibidem quidem famulus nomine Guidifen, cul Adela 
abbatissa famulationem permisit tenere similiter sicut tenuerat 
prius comitissa Ilausia, sed postea noluit eum esse famulum 
ex bereditate [folio vi]-^ rccio], et incepil maie tractare res Sancli 
Georgii, et non ex equitate. Karadec (I), jussu abbalisse, depre- 
bendit eum quem abbatissa prope pcr unum annum tenuit in 
vinculis suis, in castello Ilervei Putrelli, donec ipse per arai- 
cos intervenientes suos invenit concordiam et pacem. Sed eo 

(l) Yak. : « Karabec, Rcraradec. » 



— 123 — 

paclo ut nunquam ipsc aut aliqiiis hcrcs suus illam famula- 
lioncm vel aliam Sancto Georgio per liercditatcm quererct 
Icnerc-, aut eo eciam pacto, si res Sancli Georgii unquam per 
iniscricordiam, et non aliter, sibi crederentur observandc, 
(]uod cas bene et (ideliter ad ulilitatem monacharum procu- 
raret. Hoc paclum manu sua juravit, et inde dédit fidejussores 
quorum nomina bec sunt : Ilervoidus filius Maunilex-, Ber- 
baudus fiiius Colvei^ Guillelmus presbiter^ Escomar-, Àrfel; 
Guirder-, Karadocus ^ Guibenocus fdius Piron ^ Guiguiben^ 
Ilingant-, Triscandus filius Ilaedocbi. Pro anima uxoris sue, 
dédit Sancto Georgio totum illud quod ipse tenebat in Plebi- 
ban et dominationem, et jam {sic) illius terram quam lilii 
Constantini ibidem tenebant de eo. Ad boc fuerunt testes 
Guibenocus de Campania^ Guido de Tellei^ Joscelinus cor- 
mer^ Gaufridus ancellus-, lîerveus filius Caradocbi^ Odo filius 
Sebebardi^ Idrocbus-, Bernardus^ Fulconius^ Briencius. 



[Anno tOiO.] A A II. 

Les previlcges cl fondcmcns de labaic Saut George de Renés (I). 

Quia omnis sancle ecclesie possessio presentibus et postcris 
scmper débet esse magnifesta propter infestationem iniquorum 
bominum que multociens solet evenire, lilterali memorie volu- 
mus commendare quod Baderon villam Beren cum fdia sua 
Sancto Georgio tribuit (2), in cujus servitio pro salutc ejus 
anime illam monialem dedicavit, annuente Guillelmo ejus filio, 



(1) Ce litre en français est écrit en lettres rouges. 

(2) Cf. 1>. Lobineau, llist. de Bretagney II, 138. 



— 124 — 

in prcscnlia Rivalloni illii Johannis, Radulplii Filiccnsis, ex 
quorum dominio Icrra erat. Et hoc fuit conccssura ita libère 
quod nullum servitium neque debitum unquam impcnderetur 
alicui. Iluic dono sunt testes : Alanus filius Flaaldi^ ïlerveus 
pincerna^ Jubellus filius Urvodii; Aufredus cervus-, Bernar- 
dus^ Rivallonus dulcet et filius ejus-, llubertus-, ïlerveus lilius 
Ilubcrli -, Bricncius nepos Fulconii-, Oberlus nepos Gurbaudi^ 
Garinus presbiler^ Bernardus nepos Ricaladri. Quod quicum- 
que adnullare et rctrahere volucrit anathema sit (1). 



[Auno 1037.] A XIII. 

Quia nos perliquidum et evidens omnibus lam futuris quam 
modernis esse volumus quomodo parlem illam foreste que 
sine securtum (2) nominatur habuimus, litterarum memorie 
trad^re curavimus. Ego igitur Addela, Dei gratia beati Georgii 
Redonensis abbatissa, habui ad opus ecclesie Sancli Georgii 



(1) Les manuscrits du xv« siècle placent ici l'acte suivant, transcrit au 
folio 2" verso du grand Cartulaire : 

« De molendinis rcdonensibus. 

« Quando cornes Alanus dedil Sancto Georgio ibique Christo famulaturis 
molendina Redonensis civilatis, conccssit eciam aquani Yicenonie cuin pisca- 
tione a domo lladulphi piscatoris usque ad molendinum Sessonis, ita ul nul- 
lus invadcret in aquam cdifTicia facere, nisi cum assensu abbalisse abbatic 
Sancti Georgii, » 

En marge est écrit : 

« Peschaige en Vislaigne et est raporté cy devant f" vj et de mesme con- 
lext. )) 

(2) Il y a encore aujourd'hui un hameau, sur la lisière de la forêt de 
Rennes, qui a conservé ce nom de « Sans-Secours. » 



— 125 — 

ab Alano fratre meo duce de Britannia partcm predicte foresle 
partim pro amorc, parlim in eicmosinam, partim in emplio- 
nem. Dedi enim prefalo duci Alano viginli duas libras ut ipse 
clemosinam illani, sicut prediximus, ab co datam sine calump- 
nia et rcclamatione nobis conccderet et confirmaret. Quod ipse 
pro Dei amore et beati Gcorgii honore et nostri gralia liben- 
tissime fecit. Hujus rei testes sunt, a parte comitis Mainfini- 
dus senescallus-, Tehellus de Lanccio^ Ernulphus^ Johannes 
lilius ejus; Gaufredus Rainaldi. A parte vero beati Georgii, 
Guarinus presbiter-, Oliverius pretor^ Brient^ Bernard us ^ et 
alii multi. 



[XII° SOBCUlo.] AÂl V . 

Ccnsus de Grasso Buysson in parrochia de Acciniaco. 

Hii sunt census de Grasso Buisson : feodum Heumerici très 
minas frumenti^ — feodum Guillelmi ruebonum très minas 
fruraenti ^ — uxor Gaulerii de Ripparia unam minam fru- 
no^nli^ — feodum Grossin, i. minam ^ — feodum Gaufridi 
Rebors, i. minam. — Bodin unam prebendam. — Les Perres 
unum quarterium. — Herveus fdius Gislemerii, i. quarlerium. 
— Radulpbus de Riperia, i. quarterium. — Engelucia, unam 
minam. — Gauter pelé, très prebendas. — Ivo filius Pétri, 
unam minam (I). 

(1) XVII mines et iv provendées. (Note du xv^ siècle.) 



— 120 — 



[Anno ^0/(0.] XXV. 

De Tanoart. 

De Tanoart (ledit cornes Alanus Sancto Georgio pcssiira et 
Ibreslarium a feslivitate Sancti Micliaelis iisque ad missam 
Sancli Andrée, et boscum mortuuin ancillis Dei ad calefacien- 
dum se, viridumque ad domos et ecclesiam faciendam, si opus 
sit. De toto Tinleniaco est iheloneum et passagium Sancli 
Georgii, prêter terras quas Norainoi tenuit scilicet Tramagoir, 
Treubri, Tremer, Trela, Campanoc, Lamez villa, Vêtus villa ^ 
terra Luen lilii Bernart, reddit unum porcum abbalisse quando 
illa vadit ad Tinteniacum (1). 

In Tinteniaco banc convenlionem babent sanclimoniales 
beati Georgii Redonensis' cum buccemanentibus bominibus 
suis^ qiiod si aliquis eorum, virorum videlicet aut mulicrum, 
moriatur, partem illam pecunie sue, que ad eum vel ad eam 
pertinet, babebunt sanclimoniales siculi baberent proprietatera 
alicujus consororis seu sanclimonialis, si obireL Et proplcr 
liane convenlionem quam prediximus tenent ipsi bucceraa- 
nentes fcvum suura quielum, nicbil reddentes sanctimoniali- 
bus, quia nec prandium, nec aliquid aliud nisi prcdicta. 



(l) Tout ce paragraphe forme double emploi. (Voir ci-dessus au folio 2» ' 

recto.) i 



— 427 - 



[Anno circiter lOlO.J AaVI. [Folio 7" verso.] 

Hoc est de Vilers. — De Vilers (t). 

Considerans quoque quia quanto profusius Icrrenam quis 
pro Dei nomine dislribucrit substantiam, tanto ampliora in 
fiitnra relribiUionc ab eo perceplurus sit premia, iradidi in 
dicumbitione perpétua supradiclo cenobio Sancti Georgii vil- 
lam que dicitur Vilers (2) cum ecclesia in eadem villa sita, que 
nomine Sancti Georgii dedicala est vel consistit^ quam omnino 
publiais exagitationibus ita liberam esse concessi, ut nullus 
prêter ancillas Dei que in supradicto cenobio regularitcr Deo 
descrviunt, debitura aliquid ex eadem villa exigere présumât. 
Necnon et dimidietatem marechie que ville predicte adjacet 
atque piscium ibidem captorum dimidietatem Sancti Georgii 
conventui quietam sicut predicta concessit (3). 

[Anilo ^^3D vel UAG.] Novcrint présentes et futuri quod Gualle- 
rius de Monteroalt diu inquietavit et inquietaverat moniales 
Sancti Georgii de Griliania. Tandem in presenlia domini Gof- 
fredi Dolensis arcbiepiscopi, penitenlia ductus ipse et Radul- 
phus filius ejus primogenitus, ecclesiam Sancti Georgii quam 
hereditario jure querebant pro se et pro suis imperpetuum 
foris juraverunt. ' 

Postea vero, assensu predicti Gofîredi arcbiepiscopi, Deo 

(1) Ou Greiiaigne. (Annot. du wii^ siècle.) 

(2) Vide superius ï" i" r" iii charla « de Cavaiia » — « porlioncm Icrre 
vicinam ville Sancti Georgii que vocatur Vilers. » 

(3) L'autre moitié du marais avoit cst6 donnée à l'abbaye <lu Mont Sainl- 
Michel. (Annot. du xvii'^ siècle.) 



— 128 - 
dicatc mulicres concesserunt Radulpho GaUcri prcdidi filio 
quarlarn partcm beneficiorum ecclesie prenominale in viia sua 
dunlaxat. Cujus rei testes sunt : Gofredus archiepiscopus. 
Magister Gofredus. Magister Ilcrbcrtus. Jordaiius presbiler. 
Mainus decanus. Jordanus. Robertus. Geldonius. Guillcrmus. 
Nicholaus. Et de baronibus Geldonius Jobannis. Geldonius 
llamonis (i). Guido Rannulpbi. Helias Buterat. Hamon d'Es- 
piniac. Stephanus monachus. Briensius. Goffredus llerlevi. 
Russellus Fulkeredi. Drago Roberti. Hcc concordia facla est 
tempore domine [cetera desiderantur']. 



[Anno ^040.] XXVII. 

De Ploigalhnou [de Plogasnou, xv^ siècle]. (2) 

Mundi terminum propinquare. prenunciala a Domino signa 
mulliplici frcquentia sui déclarant. Surgit enira gens contra 
gentem et regnum adversus regnum, et terre motus magni 
fiunt per loca. Unde ego Berla dono Dci locius Brilannie 
comitissa et filius meus Conanus biis signis terrili, et precipue 
de obitu dulcissimi senioris mei, Alani videlicet celcberrimi 
consulis, bujus filii mei Conani patris, pridie nobis nuncialo, 
corde tenus sauciati, adquiescentes evangelico preceplo ubi 
dicitur : « Facite vobis amicos de mammona iniquitatis, ut 
cum defecerilis, recipiant vos in elerna tabernacula, » — 

(1) Gelduin, fils de Ilainon, fonda en 1137 l'abbaye de la Vieuville, dans 
la paroisse d'Épiniac, diocèse de Dol. 

(2) Les premières lignes de celle charle sonl identiques à une aulro trans- 
crite plus haut, au fo 6- r'> du Cartulaire. Mais le reste ofTrc une rédaction 
toute dilïèrenle et renferme de curieux détails. 



— 121) — 
donamus Sanclo Georgio et sanclimonialiI)us inibi Dco deser- 
vientibiis [incipU c viij°], pro anima siipradicti scnioris mci Alaiii 
niiper defuncti et noslris animabus, mea scilicet et filii mei 
Conani et omnium antecessorum sive successorum noslrorum, 
in elemosinam sempiternam, parrochiam que est in Po-Cas- 
tello (1) que vocatur Pioitcatno [Plogasnou], lolam ex integro 
et quicquid in ea juris habebamus, cum loto dominio nostro-, 
ut abbalissa Sancli Georgii ita libère et principallter teneat, 
sicut ipse consul solebat tenere, universos illius parrocbic red- 
ditus, équités scilicet, villanos, terram cultam et incultam, car- 
rucas et boves, et quicquid projectum fuerit a mare, et fractas 
naves, et cetera^ et gualaer, et queslura aurinum, et arietem 
estivum, et bonus bominis de lignis de unaquaque domo, et 
prebendam unius equi et unam gallinam de unaquaque domo, 
de domesticis comitis, et manducare comitis quod babebat ad 
volunlatem suam cum omnibus illis quos secum ducere vole- 
bat. Hoc manducare dédit primus Eudo Boccornuli, et posteri 
ejus debent reddere abbatisse que locum tenet. Dedimus eliam 
abbalisse et sanctimonialibus ecclesiam predicte parrocbie et 
posicionem capellani quod nostri jus erit (sic) (2). 



[Annis <032 et 1060.] XX VIII. 

Hec est convcntio de Linuin (3). 

Alanus comes et gubernator Britannie inter plurima fecit 



(1) Archidiaconé de Pou-Caslel, dans le diocèse de Tréguicr. 

(2) Lisez : u eral. » 

(3) Var. : « Convenrio de Linuni. » (Annotations du xv" siècle.) — Le 

9 



- 150 — 

bénéficia que (i) Sancto Georgio et Addelc abbatisse sorori 
suc, (ledit Vallcm de Linum (2) que in suo dominio erat, ubi 
medictarie erant et alia bénéficia, et edificia que Sancti Georgii 
sanctimonialibus placèrent, constituerenlur. Quam terram sine 
abcujus calunipnia et contradictione Sanctus Georgius et sanc- 
timoniales Deo famulantes per innumeros annos babuerunt et 
tenuerunt. Donec quidem miles Hoiris nomine, cognatus ger- 
manus Gorgal, insurrexit et calumpniatus est eam. Sed Addela 
abbalissa nolens adversus hune lelificare et verens ut bac de 
causa aliquod maium procederet, dédit ei sua sponle medieta- 
tera illius terre et duodecim novalia, non quod justus calump- 
niator esset, sed bac lege : si ipse eam vellet vel dare, vel 
vendere, aut aiiquo modo dispendere, ne alter babeat nisi 
Sanctus Georgius^ et adbuc ea lege, ut illam partem que sibi- 
met abbatissa Adela retinuerat, nunquam amplius calumpnia- 
retur, sed tutarelur quemadmodum suam. Si non in vila sua 
eam dispenderet, posl vero morlem suam Sanclus Georgius 
immunem haberet, quia ipse nec filium nec filiam, nec here- 
dem habebat, bastardum autem babebat, sed eum heredem 
non possc facere^ sed et ut taliter fieret, sanctimoniales com- 
muniter in societatem suorum beneficiorum et orationum eum 
collegerunt. Ad banc convenlionem et ad terram parciendum 
fuit ipse Gorgal tenens caudam aratri, et concessil. Fuerunt 
etiam Bonus Vallet et Hidrochus et Guibenocus filius Frioci 
et alii. Postea vero, peracto intervallo longi temporis, iste Hoi- 
ris monialem babitum volens accipere, scilicet ut fieret mo- 



Linon est une ripvièrc qui prend son origine au ruisseau du Pont de Tab- 
besse prez ou soulz Tinlcniac. 

(t) Que doit être transposé entre plurima et fecit. Il y a ici une évidente 
erreur de copiste. 

(2) 11 y a en Trévéricn, où passe le Linon, un village considérable dit les 
Vaux. 



— 151 — 

naclius, vendidit illam terram Gorgali, de qua cgerat taie 
paclum. Cui Addela abbatissa probibnit ne emeret, (juia ipse 
sciebat non esse sibi fas emere, nec lloiri vendere. 



[Anno circiter 1050.] ÂÂIÂ. 

Imperanle comité Eudone Brilannis, vendidit Rogcrius 
Ascelini filius monasterium Sancli Georgii [in] Hyrhana villa, 
scilicet medielalem [et omnem terram quam ipse ibi liabcbat, 
Addele abbatisse, scilicet terram Guarini Ervall] et terram 
Benedicti Donoalloni tilii-, teste Alano Ruffo et Riwaldo Vi- 
chenocoac^ Benediclo clcrico^ Hernulpbo. 



[Anno ^068.] 



XXX. 



Notum sit modernis et futuris quod Hodierna, Sancti Geor- 
gii secunda abbatissa, calumpniata fuit medietatem terre que 
est in valle de Lino, Riwallino filio Gorgalis quam pater ejus 
injuste emerat de lloiri cognato suo, qui eam non poterat nec 
debebat vendere, quia pepigerat abbatisse Addele, si eam ter- 
ram dispenderet, nemini diraitteret nisi Sancto Georgio, hoc 
paclum sciente ipso Gorgal. Et quia abbatissa banc terram 
calumpniata fuit, dédit ei Riwallonus obsides lloiri, Lemal, 
Ronusvallet cl Galluron, ut ante G. (1) comilem Redonis, 
instituto tcrmino teneret rccliludinem. Tandem ad statutum 

(1) Goiïriduni. — C'est GcolVroi, (ils naturel d'Alain III, comte de Rennes. 



- 132 - 

terminum placili Riwallonus filius Gorgalis narravit ante co- 
milem G. quod paler suus per concessionem abbatisse Addele 
et per Capitulum Sancti Georgii emerat, et ut hoc verum esse 
crederetur, adfirmavit se facturum jusjurandum. Abbatissa 
Ilodierna non paciens eum nec testes suos jurare, concessit 
ei eamdem terram, tali pacto ut aliam medietatem terre de- 
fenderet, sicuti ante Iloiris defendebat, a quo pater ejus mer- 
catus fuerat, et altéra lege concessit ut ipse et mater ejus et 
fratres ejus et filii ejus, si haberet, et alii parentes ejus di- 
milterent calumpniam quam [de] molendino de Tinteniaco 
agebat contra Sanctum Georgium. Se tenere hoc paclum im- 
perpetuo juravit, et ultra hoc dédit fidejussores Hoiri, Le- 
mal, Bonusvallet, Galuron. Ad hoc pactum fuerunt cornes G.-, 
Guihenocus filius Frioci^ Glenus bastardus filius Oliverii^ Hi- 
drocus; Bonusvalet^ Rihaladrus-, Rafridus presbiler, et alii- 
quam plures. 



[Anno >I070.] XXXI. 

Ne lateat successores quod nostri antecessores fecerunt scrip- 
tum [quod] habetur hic : quod Hodierna abbatissa concessit 
et dédit Guillelmo Israaelitico et Ewano filio Ilurri, de terra 
Alnei (i), eo pacto ut Guillelmus dimilteret a calumpnia (2) 
quam in molendino Sancti Georgii de Tinteniaco super impo- 
nebat. 



(1) Var. : « Aluei. » 

(2) Var. : « calunipniam. » 



155 — 



[Anno circiter <085.] AaAII. 

Rolaldus filius Marclierii, bis vexatus et conslrictus ab in- 
firmitate, pelivit inde consilium et adjuvamen ab Addela ab- 
batissa. Abbatissa vero pro homine suo misericordia commota, 
erogata maxrima et innumerabili pecunia Sancti Georgii, cui- 
dem medico nomine Guichoni (1), fecit sanari. Rotaldus ille 
assumens ea gratia societalem et beneficium monacharum, 
dédit et posuit etiam super altare Sancti Georgii deciraam de 
\alle de Linon (2), quantum ad se pertinebat. Ad hoc fuerunt 
Gorgal, Bonvallet, Mainus presbiter, Durandus presbiter, Hi- 
drochus, Rihaladrus, Rafredus presbiter de Tinteniaco. 



[Anno ^^^6.] XXXIII. 

[Concorde entre les religieux de Marmoustiers et les clercs de 
Nostre Dame de Foulgères.] (3) 

P. (4) episcopus servus servorum Dei venerabili fratri M. (5) 
Rcdonensi episcopo salutem et apostolicam benedictionem. 
Fratrum majoris monasterii querela adversus clericos Sancte 



(1) Var. : " Wichoni. » 

(2) Décima de Valle de Linon, en Saint-Domineuc. (Note du xv^ siècle.) 

(3) Titre écrit au W^ siècle. 

(i) Pascal II, pape, régna du 13 août 1099 au 18 janvier 1118. 
(5) Marbode, évoque de Rennes (1096-1123). 



- 154 — 

Marie Filgcricnsis accepta, Nos causam ipsam quihiisdam fra- 
Irum iioslrorum, episcopis seu cardinaliijus, commisimus per- 
iractandam. Quam rei seriem ex noslris litteris cognoscentes 
et vicarii nostri Engolismcnsis episcopi judicium quod eisdem 
litteris signilicaveras justum ac rationabile perpendentcs, eccie- 
siam de qua agebatur Saricte Marie Filgeriensis clericis eisdem 
quietam et ab omni raonachorum calumpnia liberam perma- 
ncre censucrunt, quod pro... judicium nostro favore asscren- 
tes l'raternitati tue significamus, ut omnis contentio quicscat. 
lidem vero clerici, salvo jure episcopali, ecclesiam ipsam 
in pace possideant. Datum Laterano, X kal. aprilis, indic- 
tione IX (1). 



[Anno -1083.] XXXIV. 

Ego Alanus (2), dux Brilannie, faciens sororem mcam Ad- 
delam abbatissam, annuentibus baronibus meis, ebgentibus 
monacbabus hujus cenobii, dono usque imperpetuum tolura 
\inagium de Quempercorenlin cum omnibus et rébus perti- 
nenlibus ad eundem locum, post mortem sororis mee lia- 
douisse, aut anlc, si ipsa alicubi discescerit, et non rcvertetur, 
aut si forte effîcietur in hoc monasterio monacha, concedendo 
et concedo perhcnniter. Concedo eliam monacbabus bujus loci 
consulalum meum de ïobi, quantum michi perlinct^ et quod- 
cunque [incipii folio ix-] antccessores mei consules Alanus, Cona- 
nus, Eudo, Goffredus dedcrunt et sicut tencre concesserunt. 



(1) Pignore pourquoi celle charte, qui ne concerne pas Saint-Georges, se 
trouve intercalée dans le Carlulairc. 

(2) Alain Fcrgent. 



— i55 — 

concedo et volo et jubeo esse firmiim et raluni. Inde cliam 
sunt testimonia capilli capitis mei quos poiio super allare et 
culler unus. Inde sunt lestes : Cornes Radulphus-, Guillelmus 
Ismaeliticus-, Giro-, Haimericus de Castroerrant (i)*, Menfinit 



dapifer^ Tehellus-, Jengueni 



Signum 
Alani comitis. 



Olivarius^ Hugo 



filius Olivarii^ Gofrardus^ Riouallonus dulcet; Evanus filius 
Rotaldi^ Goranton filius Hervei; Pisomenna qui liane cartam 
composuit. 



[Anno circiter ^070 veHOSO.] AÂÂ V . 

De Morzclla. 

Notum sit omnibus in Domino credentibus quod Heslouri- 
nus de Morzella fecit filiam suam monacbam ad Sanctum 
Georgium^ et cum ea dédit ecclesie imperpetuum dimidiam 
decimam de tota Morzella, quantum conlinetur in parrochia 
Saneti Pétri, excepta décima trium villarum, scilicet Vin- 
cem (sic), Guerin (2), Margunem (3) et Tamer... (sic). Terce- 
ria (4) harum trium villarum babet Sanctus Georgius medie- 
talem^ et quicumque tenet (5) terceriam de tota Morzella 
quantum lenent de Sanclo Georgio medietalem illius lercerie, 
et inde reddunt mangerium illi qui tenent de Sancto Georgio, 

(1) D. Lobineau a lu : « de castra Airault. w (V. Bist. de Bret.^ II, 121.) 

(2) On retrouve sur le territoire de Mordelles les deux villages de Vincé et 
de Guère. 

(3) Var. : (I Margrincm. » 

(4) Lisez : « Terccrie. » 

(5) Var. : « leneut. » 



— 156 — 
duo (juarteria l'rumcnli et de brcceio duo quailcria-, breceium 
videlicet ad Natale Domini, et frumenlyim quando submoniti 
fuerint. Et hoc donum quod dédit lleslourinus cum filia sua, 
concesserunt et fidem etiam dederunt de liac conventione 
lenenda filii ejusdem TIeslourini, scilicel Mainfenicli, Ors- 
cauht, Cuvinerius (1), et très simul de baronibus eorum vide- 
licet Rivalonus, Guihenoc, Fromundus. Concedunt etiam ilii 
qui reddunt hoc mangerium quod si de manibus suis prefatam 
decimara, idem quod in altari habent, foras miserunt, Sancto 
Georgio dimictent. 



[Circitcr aiiiio 1050.] ÂÂÂVl. 

De Apigneio. 

Odo de Apigneio dédit ecclesie Sancti Georgii terciam par- 
lem décime de Cermont (2), pro uxore sua nomine Yvoria 
quam deffunctam tumulaverunt in cimiterio Sancti Georgii 
moniales eidem ecclesie servientes. Et hoc donum concesse- 
runt ecclesie Sancti Georgii in eternum Jungneneus frater 
ipsius Odonis, et Guillelmus frater ejusdem, et Rolandus de 
quo ipse Odo tenebat decimam illam- et ibi ubi Odo posuit 
donum hoc super al tare Sancte Marie, in ecclesia Sancti Geor- 
gii, fuerunt et viderunt Oliverius, Golïredus, Camoal, fralres 
cjus Oliverii, et ex alia parte viderunt et audicrunt lîriensius 
de Sancto Georgio, et Rcrnardus et Guarinus platus cum cujus 
cutello donum fuit positum super altare. 



(1) Vau. : « ITiscaull, — Cunnerius. n 

(2) Cerriionl, village dans la coriimnnc de Mordclles. 



— loi — 



[Anno circitcr 1085.] 



XXXVII. 



Gauterius gabiosus dédit ecclesie Sancti Georgii duas parles 
décime de qiiadem sua terra quam dederat ei Joffredus (1) 
coraes, cum adhuc non esset plana terra, sed silva erat. 



[Sffculo xii".] XXXVIII. 

Orhanl preposita et Gauterius filius ejus dederunt ecclesie 
Sancti Georgii lerciam partem décime de Paneponti (2); et 
erant propria dominia comitis Alani et comitis Eudonis fratris 
sui, que ea beato Georgio pro sainte animarum suarum dede- 
runt. — Coetleis-, villa Oileir-, la Bernuleie^ villa Bili (3)-, 
Cocaraboi (4)-, le Coudroi (5)^ terra Peissonis filii Roce-, terra 
Piiellonis Godin (6)-, terra Fabri-, villa Asmenauz (7)^ Tenbri ^ 
Trefrioc^ Treforim ^ terra pontis Doleis^ Costa le breil-, la 
Landa (8)-, la Boubordière. Terra de Castelein {9)*, le Goilou^ 
la Ville aus grellez-, villa Gaufridi Roberti^ la Ville au che- 



1) Geoffroi, comte de Rennes, fils naturel d'Alain III. 

2) Pcnpont, en Goven. 

3) La Biliaye, commune de Tinléniac. 
i) Carahouet, ibid. 

5) Le Coudray, ibid. 

6) La Peissonnaie et Launay-Godin, ibid. 

7) Var. : << Esmenauz. » 

8) La Lande, commune de La Baussaine. 

9) Le i^raiid et le pclil Chaslclain, en Tintcniac. 



vroul-, Trcsguaret (1)^ Annclroisj Sanclus Domcnoch (2) 
excepta Icrra Garnuceorum^ capella Bauccna (3) exceplis 
viginli denariis. 



[Anno 1068.] XXXIX ^'L 

Omnium sancte Dei ecclesie fidelium tam modernorum 
quam posterorum prudentia semper in memoriam teneat 
quanta divitiarum sublimitate ego Giro Ansquelilli filius Sanc- 
' lum Georgium martyrem Deo preciosissimum, pro filia mea in 
ejus ecclesia sub monachali jugo Deo famulatura, sublimavi, 
quibusque beneficiis ejusdem sancti abbatissam nomine Ho- 
diernam totamque congregationem sibi subjectam in Dei 
Sanclique Georgii excellentia augmentavi. In supradictorum 
exordio beneliciorum, cum Sancti Georgii abbatissa, in ejus 
submonicione, pro necessitate sua, pro dandis consiliis suis, 
pro rébus Sancti Georgii contra omnes defendendis, absque 
ulla contradictione me ambulalurum per unius diei spacium 
cum procuratione abbatisse, paclus sum, salva tamen ini- 
micorum meorum securitatc. Postea vero ut meam fdiam 
honorifice Deo condonasse viderer, ob Dei supraque dicti 
sancti martyris preciosi rcverenliam et Dei sponsarum pro 
incolumitate tocius orbis terrarum die noctuque perbempni 
Deo famulaturarum, concessi quoque ad paupertatem Sancti 

(t) Trégarel, en Tinténiac. 

(2) Saint-Domineuc. 

(3) La Baussaine. 

(4) Cf. du Paz, Bist. généal. de Brct., généal. des seigneurs de Châ- 
Icaugiron, p. 215. — Donatio Gironis. (Note en marge de la copie du 
xv<= siècle.) 



- 139 — 

Ceorgii congregalionis tollcndam, procul pellendara, quarlam 
parlem décime Salncriarum libcram sine caliimpnia-, necnon 
eliam (luartam lerragenarii parlem et quamdem domum in 
Salncriensi villa posilam, jure quasi Iiereditatis sine lîne pos- 
sidendam, ubi scilicet décima cum terregenario supradicta 
coadhunetur et multetur. Qua etiam abbatissa vel aliqua sua- 
rum monacbarum per Salncriensem villam transgrediens, quod 
sepe conlingere solet, si sibi placuerit, descensionem cum suis 
bominibus faciat. 

Preterea Deo sanctoque martyri supradicto et coUegio sua- 
rum ancillarum promisi suos homines tam in bello quam in 
pace, ex parle mea cuslodire et etiam ab omnibus in castello 
meo babilaturis salvificare, in quantum potestas mea servari 
probabitur, nisi tali conditione capiantur unde conveniens 
racio inter me et abbalissam fieri non possit. Denique in aug- 
mentalionem ceterorum jam supradicti sancti bonorum, quod- 
dem munus largilus sum quod licet pluribus videatur exiguum, 
tamen ad cellarii utilitatem sanclarum virginum potest appel- 
lari maximum-, quemdem \idelicet burgensem, secundum ab- 
batisse eleclionem, omnium obtimum [sic] (1), liberam eundi 
et redeundi poleslatem per omnes mei castelli provincias babi- 
lurum, cum mercimoniis suis quibus voluerit, ila dico ut nul- 
las michi consueludines, id est iheloneum et conduclus reddat, 
sed Sancti Georgii cellario respondeat perpelualiter. Que omnia 
insimul prescripta supradicti super Sancti Georgii allare, gra- 
tuila volunlale cum quodem culello obluli, filiis meis hoc con- 
s()icienlibns et concedenlibus quorum nomina, id est iiliorum, 
liuic litière commendentur, videlicet : Galeranus, GaufTridus, 
Gilduinus, Mauricius, Evrardus, lïugo omnium minimus. Ad 
borum consideralionem atque audientiam bonorum adduxi 
mccum homines vobis imperpetuum habendos testes, quorum 

(1) Vak. : <i oplimuni. » 



— 140 - 

nomina tcslium ne discordia, quod absit, intcrvcnial, hec sub- 
sequcns linca noncupando déclarât. Ilozri capellanus^ Adamus 
preCectusj Hugo de Fresnei^ Ilamo filius Frerri-, Hugo ejus 
fraler^ Hugo baslardus^ Robertus Garnerii filius^ Jarnegonus 
Roberti filius. Ex parte Sancti Georgii fuit abbatissa cum toto 
suo capitulo^ fuit ctiam Garinus capellanus^ Heidrochus^ Oli- 
varius Heidrochi filius-, Bernardus^ Brienlius^ Alidon-, Donoa- 
lus et alii quam plures. 



[Anno 1096.] XL. 

Blosne en Toussainz. 

Ego Cario Trescandi filius, a sanclimonialibus beati Georgii 
in fralrera tam presentiura quam futurorum misericordiler 
rcceptus, totam terram cum pratis que mea dignoscitur esse, 
ab ecclcsia sancti Donatiani de bosco et juxta, usque ad Bloo- 
nem, in perpetuam elemosinam, pro salute anime mee, etiam 
predecessorum meorum et successorum, heredibus meis uni- 
versaliter concedentibus, Deo dedi et concessi. [indpit folio x°.] 
Hujus elemosine testes sunt Marbodus Redonensis episcopus 
in cujus presentia hoc factum est^ et Maino ejusdem ecclesie 
archidiaconus^ et Guidenocus capcllanus episcopi-, et Norman- 
dus de Carboneriis canonicus Redonensis-, et Maino de Gevre- 
seio canonicus-, et alii quam plures. 



— 141 — 



[Post >I068.] XLI. 

Ilardoinus molendinarius duxit uxorem filiam Rescandi cum 
tercio bossello farine, et cum medio annone et cum me- 
dietale pisciura-, et postea émit médium bosselli, et tune 
habuit médium annone et magistratum. Scilicet Beibaudo de- 
dit sexaginta solidos, et abbalissa Ilodierna habuit quadraginla 
solidos, tali pacto quod hoc quod oporteret mitlere in opus 
molendinorum isla mitteret médium-, Berhaut autem et uxor 
ejus Anna allerum médium-, et sic ego tenui in pace sexaginta 
annis absque calumpniatore. Sic ego Hardoinus et uxor mea 
Renborc dedimus et concessimus beato Georgio illam partem 
quam habebamus in molendinis de porta (1) pro redemptione 
animarum nostrarum, tali pacto ut essemus participes benefi- 
ciorum et orationum sanctimonialum beati Georgii imperpe- 
tuum. Quod ita factum est a me-, uxor ejus est sanclimonialis, 
et ipse factus est frater earum, amen. Quicumque huic dona- 
tioni conlradixerit, segregetur a consortio fidelium. 



[Aono 1096.] XL IL 

Hugo de Apigneio, fraler Ananor, dédit quamdem decimam 
beato Georgio de Bogreriis (2), Oliverio suo nepote hoc liben- 

(1) Partage des mouUins de la Porte, alias moullins de la Poissonnerie. 
(Note du xvi« siècle.) 

(2) Les Bourgriéres, village sur le bord de la Vilaine, vis-à-vis Apigné. 



— 142 — 

ter concedente, anlcquam Ilierosolimam peigerct, tali condi- 
tione qualiniis omnis convcnlus sanclimonialiuni boali Georgii 
concessisset et fecisset ei suum annalium et ejus anniversa- 
rium post corporis sui obitum. 



[Anno circitcr 4 070.] A L 1 1 1 . 

Rocandus de Tinteniaco, filius Macherii, dédit Sancto Géor- 
gie lerram quam tenebat Ramadus de eo, quia, appropin- 
quanle die mortis sue, defecerunt omnes parenles sui sibi -, et 
ïlodierna abbatissa propter eum ad Rox misit in territorio de 
Dolu, et fecit inde afferre eum ad Tinteniacum. Ibi fecit eum 
honorifice custodiri donec mortuus est, et eum mortuum fecit 
sepeliri et, eum processione monacbarum, in cimiterio Sancti 
Georgii lumulari. Ad boc donum fucrunt Evenus filius Rer- 
naldi condicione cujus fuit hoc faclum-, Rafredus presbiter^ 
Ronualiet^ Hervelinus-, Rerhaudus-, Lambertus. 



[DeannoH068adannum 1077.] aLI V . 

Presentibus et posteris vohimus nolum fore convenlionem 
quam filii Galterii, prefecti de Plebiben, eum ïlodierna Sancli 
Georgii abbalissa babuerunt, ne per spacium labentis temporis 
tradatur oblivioni. Deniquc post morlem supradicli Gaulerii 
filii ejus, scilicet Clumarhoc et Mengin, nolenles acquicscere 
prefeolure palris neque ilH bonori quem pater illorum de 
Sancto Georgio et abbalissa Adela tenuerat, faiso et absque 



— 145 — 

consilio sperantes se liabere illa que erant dominia Sancti 
Georgii, ex quibus ad eos nichil perlinebat, nec pater illonim 
umquam habuit, ex falsa calumpnia inconsulle comraovere 
placitura ex quo in curia Sancti Georgii penilus recto judicio 
convicti fuerunt. Postremo reliquerunt Sancto Georgio omnes 
suas calumpnias in fideli pace, eo tenore ut essent in beneficio 
sancti et in oralionibus sanctarum monialium, siculi pater 
illorum extiterat; promiserunt Sancto Georgio suisque monia- 
libus fidem servandam imperpetuum. Quapropter supradicta 
abbatissa Hodierna sua benignitate atque gratuita voluntate 
adcrevit eis octavum denarium de arietamento, similiter octa- 
vum denarium de rémanente exercitu et de suo gaivo (1). 
Ab bac conventione deffuit quidem frater illorum nomine 
Gauffridus-, ex quo fuit constitulum in placito quod ipsi face- 
rent tenere banc conventionem; et si non possent facere, quod 
non haberet inimicum peiorem illis antequam pacificarelur. 
Huic conventioni fuerunt testes presul Silvesler Redonensis^ 
[1076] abbas Sancti Melanii Gervasius nomine, et presul 
Sancti Paulinani {sic) (2) Omnes-, Jarmo-, Bluno-, Gorconus 
filius Jarmonis^ Judicaelis-, Glen filius Judicaelis-, Hinnarus 
fdius Jugulin^ Bernardus famulus Sancti Georgii^ Brient nepos 
Fulvini-, Donoal (3)^ Galterus filius ejus-, Garinus sacerdos-, 
Albertus^ Ascelinus^ Odbert^ Albert faber^ Meino-, Garinus 
platusj Gaufridus filius Donoali (4)-, Odo fdius Gorhandi. 



(t) Res gaiva, derelicta, sorte d'épave. 

(2) Sainl-Pol-de-Léon. 

(3) Var. : (( Denoal. » (xv^ siècle.) 

(4) Var. : « Denoali. » 



— 144 - 



[Alite annum 4077.] ÂLV. 

La Prée du Roy (1). 

Hec subsequens ratio quomodo Regale pralum sit Sancli 
Georgii ostendit. Gaufridus Redonensis cornes, ab boslibus 
suis se circumventum videns, in \alenti pralo Sancli Georgii, 
quod est juxla fluvium Yicenonie, quoddam vallum ut esset 
raunimen sue civitali operatus est. Quo circa, ne ipse inde a 
Domino detrimentum acciperet, Sancto Georgio et Hodierne 
[40C7-I077] abbalisse et monachabus imperpeluo babendum Re- 
gale pratum concessit, et cum cutello super Sancli Georgii ai- 
tare obtulit. Inde fuerunt testes et audientes : Hamo episcopus 
Sancli Brioci^ Giro filius Ansquelilli^ Robertus filius Guar- 
nerii-, Menfinit dapifer-, Morvan filius Judicaelis-, Cbanno vice- 
cornes-, Gaufridus filius Hervei de Aciniaco-, ïlerveus filius 
Gire-, Jordan Babier frater Grossardi^ Maino filius Triscandi-, 
Rafredus presbiler^ Bernardus; Normant de Moscou. 

(1) Ce titre a été ajouté de main postérieure. Une autre copie du Car lu 
laire (xv« siècle) porte-: « le Pré Royal. » 



— iAo — 



[Auto annum 10-50.] AL V 1. 

[De l'usaige de la forcst.] (1) 

Quoniam ca que scripto commendanliir sine lillerarum mc- 
moria qiiam cilius dilabunliir, idcirco ego Alanus, princeps el 
(lux Brilannic, et Iladuissa comilissa, dedimus et conccssimus 
ccclesie beali Gcorgii et sanclimonialibus ibidem Deo famu- 
lanlibus, pro redemplione aniniamm noslrarum et predecesso- 
rum noslrorum, in omnibus forestis nostris, boscum morluum 
ad calefaciendum se, vivum vero ad ecclcsias et domos suas 
imperpeluum, quando necessc eis fuerit, edilicandas. ïliis rem 
videnlibus et audienlibus Berhaudo filio Conei^ Guillelmo sa- 
cerdote^ Guridono^ Guileno-, Gurguihcn -, Rolando (2)^ Salo- 
mone^ llingonco-, Caradouc aiiique plures. 



[Antc aiiiuim I037.J XL Vil. 

Dedimus preterca prefalis sanclimonialibus census de Foro 
auxeis, decem nummos, et 1res medielarias in parrocbia Acci- 
gneii silas : Ilespargeium videlicet, et Demelum et Grasbuis- 
soncm (3 -, cl liominibus ibidem babilanlibus et mancnlibus 



(1) Titre écrit de seconde main, au xv^ siècle. 

(2) Var. : " Uocando. » 

(3) Espargc, Épinay, dréhuisson, trois villages importants de la commune 
(l'Acigné. 

10 



— 146 - 

circnmjaccnlcs pasturas armcnlis eoriim cl noslris animalibus 
sufïicicnlcs^ boscum vero mortuiim ad calcfacicndum se, vivum 
aiilem ad cdiiïicandas domos impcrpctuum eisdcm concessi- 
mus. QuicLimque hec dona et alla ejusdem ecclesie bona vio- 
Inro prcsumpscrit, Jungeniis {sic) Dolensis arcbiepiscopus, 
Giiarinns Redoncnsis episcopus, Judicaelus Vcnetensis epis- 
copus, Adam Brioceiisis episcopus, analbematis scnlencia cum 
Jiida prodilore et Datan et Abiron, Nerone sine fine mansuros 
in inlbnuim dampnaluros [sic) ac dislrictc iilcioni impcrpcliuim 
Iradimns. 



[Anno circilcr lOGO.] 



•XLVIII. 



Omnibus presonlibus et fuluris nolum ficri volumus quod 
Radulpbus de Accigneio, pro mullis maleficiis que injuste ec- 
clesie Sancti Georgii intulerat, parlem suam décime de la 
Forne (1) eidem ecclesie dédit et concessit^ et propter boc, et 
nt dimilteret ipse et Gaufridus frater ejus calumpniam de Fago, 
decem solides babuernnt ab ipsis nonis Sancli Georgii. ïnsu- 
per donavit eliam duo jugera terre et suum plesseiz. Poslea 
Herveus, frater predicli Radnlpbi, supradiclam decimam cum 
duabus filiabus suis dédit et concessit ecclesie bcali Georgii. 
Pelrus vero, palcr ejus, boc voluil et permisit. 

[F(.iio XI" recta.] Noscant omucs, lam présentes quam futuri, 
quod Gaufridus de Accigneio dédit et concessit ecclesie beali 
Georgii Redoncnsis tria quarleria terre, unum in viridario 



(I) Cr. (ht l\i/., sciumI. (le la maison (rAcigiir, p. r»8î. — Le lexlc publié 
l)ar le V. ihi Viv/. donne la varianlc suivante : « parlcni sua> (Iccinia) de la 
Toi rie. » 



— ii7 — 

Accignei, et duo jii\la viridarium, qiiaiulo acccperuiit in soro- 
rem filiam snam Orgon. Postea aiîiiit jamdudum quod Paganus 
de Accigneio lecit malrem suam Maicnliam monialem, cl cum 
maire sua dédit et concessit eidem ccclesic lotam decimam 
Icrre sue de Accigneio. liée viderunt et audierunt Hugo filius 
Oliverii, Tlieobaldus t'raler Briencii-, Symon fraler ejus-, Gcs- 
lertus de Spinelo^ abbalissa cl lolum capilulum. 

[Ante annum jojo.] Nolum omulbus lam prcscntibus quam fu- 
luris quod Alanus cornes Brilannie cl Eudo cornes, fraler ejus 
dederunl et concesserunt ecclesie beali Georgii Redonensis 
passagium de xVccigneio (I) perpeluo jure Icncndum oclo die- 
bus anle feram Sancli Pelri de Poliandro [vide antçrius folio 3°], et 
oclo dièbus post. lia lamen dederunl ut ad ilkim passagium 
coMigendum famulum ponerent et dcponerent ad libitum suum. 



[Post aiinuin <085.] 



Noscanl omncs tam présentes quam futiiri quod Hamo de 
Fiage ancillis beali Georgii parlcm illam quam habebat beali 
Ilyllarii Vindelicnsis, quarlam partem videlicet sexle mine, 
cum Elisabeth filia sua, impcrpeluum possidendum pro amore 
Dci dédit et concessit et super allare beali Georgio posuit. Hoc 
viderunt et audierunt Adelina (2) abbalissa, Thcobaldus capel- 
lanus-, Pioberlus capellanus^ et Guillelmus Hedus beali Hyl- 
larii capellanus; et Herberlus de Sancto Georgio-, et lotus 
beali Georgii conventus. 



(1) Couslumcs en Acigné. (Annol. du xv^ siècle.) 

(2) Adèle II, sœur d'Alain Fergent. 



148 



[xii° sœçulo.] 



L. 



Census de Poteria. 



Ilic sunt Census de Poleria (1). Terra Garini de Marra unum 
quarlcrium avene. Terra Pagani Fileliii, sex denarios et lerra- 
giiim. Terra Andrée Yillici, duos solides. Terra Eudonis de 
Poleria, qualiior denarios et unum quarterium avene. Feodum 
aus peileiz (2), nnarn minam frumenli et unum quarterium 
avene, et duos solides. Le Mesnil duodecim denarios. BoscIjc- 
rius sex denarios in Sanceio, i. mine de froment et unum 
equum ad eundum in Britanniam. Alamnus sex denarios. — 
Si ecclesia Sancli Georgii aliquid emere velit, horaines de 
Poleria et (3) de Sanceio ad lioc adjuvare debent, ad libi- 
tum (4) abbalisse. 

Census de Foro Auxeis (5), decem nummos (6)-, lïerveus 
Gula, quinquc nummos^ Droco, v. nummos-, Bernerius (7), 
V. nummos-, llueslandus faber (8), v. nummos; Guihenodus 
Salla, V. nummos-, Petrus Moneer, v. nummos; Fromundus 
pulmentcr, v. nummos; Guillelmus Salemon (9), v. nummos; 

(1) La Polcric et Censé, en Sainl-IIellicr. 

(2) Var. : « Feodus aulx peliez. » (xv'' siècle.) 

(3) Addc : « liomines. » 
(i) Adde : « domine. » 

(5) « Auxeis » quidf — Num « le marché aux laines, aux toisons? » de 
aussxis, auxiiSy vcl « marché aux oies, » de auca, auxa. 
(G) Idem quod « denarios. » 

(7) Var. : « Ilernerius. » 

(8) Vau. : « Ruellanus Fabri. » (xV siècle.) 
(0) Salmon. 



— 149 - 

Odo filius ILlmoiuli, x. numnios; llalncir, v. nummos^ Ilar- 
douinus Boisinot, v. iiummos-, Theobaldus Moncer, duos num- 
mos et oboliim^ llubeilus cpiscopiis, vij. iiuinmos^ Radulphus 
filius Menor, v. nu m m os ^ Giquellus, v. nummos^ Bertram 
filius Graeleni, duos solidos et i. nunimum-, llervcus Saisie, 
V. denarios^ Durandus Mulo, v. nummos-, Jarmeon, v. num- 
mos; Theobaldus, v. nummos^ Porlicus Evein, ij. nummos-, 
Porlicus Sicarti, ij. nummos-, Joliannes filius Aalard, ij. num- 
mos, de domo et iv. nummos de stalagio-, Reno similiter; 
Bertrannus filius Bcnedic filii Tiger, dédit huic ecclcsie novem 
denarios ccnsus cum Luca filio Grifer (1), in feodo suo de 
Breillo quos ci dcbcbat. Dédit eliam idem Bertrannus nobis 
XV. denarios census in domo Guillelmi pistoris in Tresgelin, 
que est de leodo Guihenoci filii Alani, et quod eidem Guid. [sic) 
servicii dcbebatur super domum suam de plalea Putei civilatis 
relinere, et ita feodus ille nobis quielus remansit. 



[Aun.j IIj3.] LI' 

De Toussains et de la Lande. 

Quia dicta et facta morlalium nimis cito oblivioni traduntur 
et sine alicujus scripli munitionc quam citius dilabuntur, id- 
circo ego Alanus, Dei gracia Bedonensis episcopus, quamdam 
concordiam inler Canonicos Sancti Pétri Bedonensis et mo- 
niales beali Georgii de dccimis et parrochialibus de foresta 
de Mouscon [la lande de Moussaux] factam et compositam, 
juxta tradicionem velerum palrum memorie liltcrarum breviter 

(1) Var. : « Grisci. » 



— 150 - 

et summatim Iradere disposui. Notum igiliir lam modernis 
(juam succcssoribus habcalur quia ex preccplo domini Lucii 
Pape secundi, dominus Hugo (1) venerabilis vir, arcliicpisco- 
pus Turonensis, me et aliis quam plurimis honestis et religio- 
sis personis secum adliibilis, quorum nomina in suo scriplo 
mcmoriler servantur, bonam paccm inter duas ecclesias refor- 
mare cupiens, inter canonicos et moniales prediclos, hujusmodi 
concordiam, utroque parle annuenle, fecit et teneri imperpe- 
luum sine reclamalione precepit. Slatutum est ergo non sine 
multa diligencia a domino archiepiscopo et ab aliis ibi aslan- 
libus personis, quod decimarum de foresta, illarum videlicet 
que citra Reinel (2) erant, prelermissis antiquis cassamentis 
veteris ville Cloonei (3) et Crucis Rogonis, Coarderie et media- 
tarie monialium que antiquilus jure et sine inquielalione mo- 
niales possidebant, canonici et moniales per médium participes 
clTicerentur (4)^ ita scilicet unaqueque pars suam medielatem 
decimarum ex tune quiète possideret. De parrocbialibus vero 
postea sanxerunt quod prefate moniales ea intègre, salvo per 
omnia jure episcopali, possiderent. At ego, Alanus Redonensis 
episcopus, non longo tempore post, rogatu abbatisse et monia- 
lium supplicatione pie et sancte commotus, totum jus quod in 
parrocbialibus babebam, sine fine possidendum ecclesie beati 
Georgii et conventui monialium dono dedi et concessi (5). Ac- 
tuni hoc relatum in caméra mea, in presencia Radulpbi archi- 

(1) Hugues d'Eslcnipes occupa le siège de Tours de 1131 à 1148, 

(2) Rcsncl, ruisseau qui prend sa source près du village de la Rivière, en 
Saint-Jacques-de-la-Lande, et va se jeter dans la Vilaine, près de Champcor. 

(3) Closnc, aujourd'hui Cleuné. 

(i) « Les dixmes de Toussainlz et Sainct James de la Lande par moilyé à 
la dame de Sainct Cicorge et chanoines de Sainct Pierres. » (Annotation du 
XVI" siècle.) 

(5) « Lcsdiles parroisscs appartiennent à ladite dame abbessc, mcsmes de 
donation de l'evesque de Rennes. » (Note du xv^ siècle.) 



— l'il — 

diaconi el na(lul[)lii ca|)ellani-, Tlicohaldi capellani beali Gcor- 
gii; Ciiiarini sacerdolis Sancli Pelri de Foro, et alioriim quam 
plurinioriim. Anno ab liicarnalione Domini M" G" L"" 111''. Quod 
ut slabilc et inconciissiim permaiieat, jubcîile domino arcbie- 
piscopo, omnes quicumque prodiclam concoi'diam rescindèrent 
et hoc doniim niciim violarent, gladio analhemalis dampnavi. 
Tandem vero presenlem cedulam in teslimonio sigillo mco 
munivi. 



[xir sœculo.] 



LU. 



Ego Addela, cognominc Flaiidrina, dcdi et concessi sancli- 
monialibus beati Georgii Redonensis, pro sainte et rcdemp- 
lione anime mee, sextam partem quam habebam in molendino 
de Capella (i). Hoc audierunt et viderunt Robertus Niger vir 
ejus, et Paganus decanus, Gaufridus et Robertus sacerdotes de 
Capella. Gapitulum vero beati Georgii, gracia hujus elemosine, 
predicte domine dédit et concessit unum annale et quicquid 
facit pro defuncta sorore. 



(1) La sixième partie du maullin de la Chapelle, (xv^ siècle.) — Cf. infe- 
rius charlam ciim lilulo : Capella Janczon. 



- 152 



[xil" sûpculo.] 



LUI. 

Census de Aspargeio. 



De Espargeio (1) sunt hii census. Bernardus de Janiial 
xij. denarii. — Feodum Hervei Morhcn reddit Sanclo Georgio 
singulis annis, v. provendas (2) frumenti et xij. denarios. Feo- 
dum Galteri Ysac, iij. provendas frumenti-, et de altero feodo 
ipsc et fratres sui duos solides et dimidium. Hodesent ij. soli- 
des et dimidium. Galterus Brocart, i. quarterium frumenti. 
Gorantun, i. minam frumenti. Galterus Ondeline, i. minam 
frumenti. Renaît de Belveer, i. minam frumenti. Ysaac, i. mi- 
nam frumenti. Oiri, i. minam frumenti. Garinus, i. provendam 
frumenti. Guidenocus, ij. solides et dimidium. Duraudus, 
vj. denarios. Ignoguen, vj. denarios. Leiardis, vj. denarios. 
Gaufridus Cortet, vj. denarios. Guillelmus Gaudini, vj. dena- 
rios. Joliannes Placart, ij. solides. Garinus Bex, ij. solides 
ij. denarios. Jaguelin, iv. solides et dimidium. 



De Gresbuisson. 



Garinus purperer quatuor minas frumenti. Guillelmus le 
Goneis, i. minam frumenti. lïelcgon, i. minam frumenti. 
Bodin, i. provendam frumenti. Pclrus de Mexarcnbaul, i. quar- 
terium frumenti. Hugo fjlius Gallerii, i. provendam frumenti. 



(I) Le village d'Épargc existe encore aujourd'hui en Acignc. 
(•2) La provenda ou prebenda, mesure de capacilé pour les bleds, égalait 
trois boisseaux. 



— loo — 

Guillclmiis Perer, i. minam IVumcnli. Constancia, i. minam 
IVumcnli. Gaiifridus Croc, i. rainam frumenli. Jodoin, i. mi- 
nam rrnmeiiti. Guillelmus Grossiii, iij. minas frumenli. lleme- . 
ricus, i. quartei'ium frumenli. 



[Amio circitor 1085.] LIV. 

Disnies de IMacdré prés Saint Georges de Grehaigne (l). 

Nolum sit omnibus hoc audituris quod Robertus de Macdre 
et Leiardis uxor ejus, monialibus beati Georgii sextam parlera 
quam habebant décime in terra que est inter [f" xir recio] Lon- 
gam aquam et Bevrun (2), cum Agnet^ filia sua, pro amore 
Dei in perpeluam elemosinam possidendam dcderunl et con- 
cesserunt, et super allare beati Georgii posuerunt. lïec vide- 
runt et audierunt Robertus GifTard^ Jual de Lineriis-, et lïer- 
bertus de Sancto Georgio-, et llamo de Fiagc-, et lotus beati 
Georgii conventus (3). 



[Anuo ciiciter lO'.O.] L V. 

Inscandus lîlius Caradochi, pro anima uxoris sue dédit sanclo 

(1) Tilrc de deuxième main écrit au xvc siècle. 

(-2) Le Bcuvron, rivière. 

(3) Dans le Carlulaire se trouve ici répelée la charte XXï, déjà transcrite 
au folio G" (p. 122) : « Inscritur huic cartulc quomodo Guidifen fuit cap- 
lus, » etc. — C'est un double emploi. 



- loi - 
Gcorgio loUim illiid quod tcnabat in Plubihan et dominacio- 
iiciii eliam illius Icrrc ([uam lilii Coslciilini ibidem de co Icne- 
bant. Ad hoc (ïicrunt leslcs : Guihcnocus do Campania^ Eudo 
do Torlci-, Joscclinus Cormcr-, Gaufridus Occllus-, llervcus 
filins Caradochi-, Odo filius Sehcbardi-, llidrocus^ Bernardiis -, 
Fulcoinus-, Briencius (i). 



[Anno -1037.] Jj V 1 • 

Quia nos perliquidum et evidens omnibus lam fuluris quam 
modernis esse volumus quomodo partem illam foreste, que 
Sine Securtum nominatur (3), habuimus, litterarum memorie 
traderc curavimus. Ego igiUir Adela Dei gralia beau Georgii 
abbatissa, habui ad opus ecclesie Sancti Georgii ab Alano fra- 
ire meo, duce Britanniarum (.sic) paitcm predicte foresle, par- 
lim pro amore Dei, parlim in elemosinam, parlim in emplio- 
nem. Dedi enim prefato Alano viginti duas libras, ut ipse 
elemosinam illam, sicut prediximus, ab eo dalam sine calump- 
nia et reclamatione nobis concederel et confirmaret. Quod ipse 
pro Dei amore et bcati Georgii honore et noslri gratia liben- 
lissime fecit. IIujus rei lestes sunt, a parle comilis Mainfini- 
dus senescalus-, ïellus de Lenceio-, Ernulphus^ Johanncs filius 
cjus^ Goiredus filius Ramaldi. A parte vero beali Georgii, Gua- 
rinus prcsbiler-, Oliverius pretor^ Bernardus et alii. 

(1) Ici encore un double emploi. Voir plus haut, p. 123, la charte XXII : 
« Quia omnis sancle ecclesie possessio, »> etc. 

(2) Ce icxle de la charle LVl forme encore un double emploi avec la 
charle XXIII. Je l'ai reproduit à cause de quelques variâmes. 

(3) Sans-Secours, canton de la forêt de Rennes; il existe encore aujour- 
d'hui un village de ce nom sur la lisière de la forêt. 



— 155 — 



[xi" scpculo (inionlo.] 



LYI 



Lis 



Ilcc siiiU mangcria bcali Gcorgii que rcddunt Ismalien- 
scs (1). — Trelcgal, viij. solides et iv. denarios. — Tramalicl, 
viij. solidos et iv. denarios. — Pratum Naballi, viij. solides 
iv. denarios. — Tuschia, iij. solidos. — Vallis Dodelini, ij. so- 
lidos. — Lcsnoen (2), xiv. denarios. — Campus Moriou, 
ix. denarios. — Terra Talemaschi, ix. denarios. — Terra 
Grenul, ix. denarios. — Terra Damarhoc, ix. denarios. — La 
Gavascheria (3), ix. denarios. — Feudum mali, xx. denarios. 
— GaulVedus lilius Normant, xx. denarios. — Tregoman, 
vj. denarios. — Landa ïlcrmesendis (4), vj. denarios. — Ala- 
nus Trosa, iij. denarios. — Bresel fdius Genargant, ij. dena- 
rios. 



[Aniio circiler 1130.] L Vil. 

Qualilcr dccima de Monborcherio data fuit Sancto Georgio. 

Ego Gaufridus voleîis, auxiliante Dco, anime mee consulere, 
dono ecclesie Sancli Georgii el monialibus ibi deo famulanli- 
bus lotam dccimam de Munbourcherio, faciendo in predicta 

(1) Mainyicrs en Tinteniac. (Note marginale du xv^ siècle.) 

(2) Var. : <• Lisnoen. » 

(:i) Yak. : « (iagnasclioria. »> 
(i) Vah. : (I Ilerinerciidis. w 



~ 150 — 

ccclcsia filiam moam lîodicrnam moniaicm. Hoc concuchml 
pro rcdcmplionc animarum suariim fValrcs moi Guillelmus 
videlicet et Paganus. IIujus elcmosinc lestes suiU Maino de 
Campania-, Guidenocus filius Alani; Matliias lilius Ilugonis-, 
mater eliam nostra Domicilia sanctimonialis. Ruelianus pres- 
biter^ Simon j Tliebaudus, et alii. 



[Iiiler annos I0C8 et 1085.] LVIII. 

De Terra de Pan (1). 

Quomodo empta est terra de Pan, in parrochia de Brud (2) 
quia diabolica malignitas et malorum bominum pravitas non 
dcsinit, rcs ccclesiasticas infjuietarc et pro posse suo adnicbi- 
lare, banc conventionem cartiile Sancti Georgii inserere et ad 
noticiam post nos viventium raemorie lilterarum commendare 
curavimus. Ego igitur lïodierna, Dci gratia bcati Georgii Iledo- 
nensis abbatissa, et Pavea consoror nostra et sanctimonialis, 
emimus quamdem terram in villa que dicitur Pan, a Quimar- 
boco et ab uxore ejus Orvena Regina et a filiis ejus Ilerveo, 
Mangueneio, Mellot, omnibus istis nominatis, et omni génère 
suo ad quorum bereditatem terra illa pertinebat, ita conceden- 
tibus quod nec ipsi prenominati, ncc aliquis beres eorum pre- 
fatam terram possct calumpniari, vel reclamare. Hoc conccssit 
dominus illius terre Joscelinus et uxor ejus Iveta. llujus rei 
testes sunt : Joscelinus Carmaun^ Hugo Scnescallus cpiscopi^ 



(1) « Pan, » village et métairie en Bruz, existe CFieore. — Au xv" siècle 
c'était un « traict de divines. »> 

(2) Yak. : u Breud. » (w'' siècle.) 



— 157 — 

GaïUerius filins Milonis^ Guihcnocus filins Frioci^ Ramalthis 
asccmlc prior-, Rcliaiadrius^ Ilidroclius^ Olivariiis fralcr cjiis-, 
Maino presbilcr^ Robertus Gorliaut. 



[Post annuni n27.] LlA. [F» XII» rcclo.] 

De campo juxta sanctum Donalianum qiiem Carions filiiis 
Trcscandi (ledit Sancto Géorgie 



Carions filins Trescandi cnm terminum vite sne in proximo 
esse cerneret, non immemor beneficiornm qnc sibi ecclcsia 
beali Georgii confercbat, dédit ecclesie eidem et monialibns 
ibi Deo faniulantibus quemdem carapum juxta Sanctum Dona- 
lianum, in quo ad minus duo quarteria annone possunt large 
seminari (1). Deinceps autem post mortem Carioi, calumpniali 
sunt prcfalum campum et IVaudulenler claraaverunt in vadi- 
monium filii Durandi de Torigneio et inde excommunicali 
fuerunt. Denique cum absolvi voluerunl relinquerunt eum in 
presencia domine Addeie (2) abbatisse et vidente toto con- 
vcnlu miscrunt super allare beati Georgii et postea in manu 
domini lïamelini Redonensis episcopi , ut inde custos exis- 
teret. Nos vero ut hoc ratum et firmum esset perhempniter, 
dedimus vj. solides prediclis filiis Duranli, Gofredo scilicel, 
Ruellono, Ilerveo. ÏIujus rei lestes : dominus lîamciinus epis- 
copiis (3)^ Ruellanus archidiaconus-, Rertramnus presbiter- 
Robertus presbiter^ Garinus presbiter-, Radulphus camerarinsi 
Symon^ Goscedus filius ojiis^ Thebaudus, et alii. 

(1) Terre de Sainl-Donalicn, près Rennes. (Note du xvi<= siècle.) 

(2) Adèle II de Bretagne, sœur d'Alain Fergent (1085-1152). 

(3) 1127-11 U. 



— i;is - 



[Annocircitcr^OSO.] 



LX. 



Qualitcr Guillclmus filius Gaufridi (ledit dccimam suam do 
Sancto Elcrio Sanclo Gcorgio (t). 

Ego Guillelmus, filius Gaufridi, volens evitarc illud anallicma 
quo constringnnlur et deprimuntur omnes illi laici qui les 
ccclesiaslicas jure possident beredilario , dono et concedo 
Sancto Georgio et monialibus suis parlem décime de parrocliia 
Sancti lïelerii, faciendo liliam meam monialem. Hoc conceduiit 
fralres mei, Radulphus et Johannes. Et ut omnis fraus (2) 
hinc removeatur, liujus rei liducia sum ego Guillelmus et 
Evenus de Mongermont. 



[xii" sa'ciilo.] JjAI. 

Gapella laiiczon (3), 

Iluic carlule census de Capella ne oblivioni iradcrenlur, 
sicut unoqnoque anno sanclimonialibus bcati Georgii r»cdo- 
nensis jure redduntur, commoiidare decrevimus : 

Genccon, xij. dcnaiios. Acclina (ilia Yscmbarl, xij. deua- 
rios. Uadulpbus Borel, iiij. denarios. Guillelmus dou cliemiu. 



(1) Disincs do Saint Hcllicr. (Note du xv° siècle.) 

(2) Vau. : » fiaux, •) 

{'^) La Gliapclle-Jaiisuii, eaiilon de Fougères-Nord. 



— 159 - 

viij. (lenarios. Engerbaudus fabcr, vj. dcnarios. Yicl, xvij. dc- 
narios. GaulVidus prcshiler, xij. dcnarios. Piadulpliiis Borle, 
iv. dcnarios. Iluberlus Aelart, vj. dcnarios. Gripon, xviij. dc- 
narios. Le lumel, iv. dcnarios. Marlcliz, ij. dcnarios et obo- 
him. Tison, iv. dcnarios. Germont, viij. dcnarios. Bernardus, 
viij. dcnarios. Gastclin, viij. dcnarios. Maino tllius Garini, 
vij. dcnarios. Les Uoillarz (1), vij. dcnarios. Erniilpbus Por- 
ccl, viij. dcnarios. Joscelin presbiter, ij. solides. Hugo filins 
Orliant, xij. dcnarios. Robcrtus Orrici, iv. dcnarios. Ogerius, 
iv. dcnarios. Gaufridus le Bouc, iv. dcnarios. Orrions Fuscl, 
vj. dcnarios. Guiilelmus Brelel, viij. denarios. Leiart clcrica 
a la clcricsse, » iiij. denarios, Flandrine, iv. denarios. Enger- 
baudus Goiïier, iij. denarios. îladulphus de Barra, iv. dena- 
rios. 

In prcdicla Capclla babent prcfale moniales xv, solidos de 
mangerio, et decimam de molendino Choisel (2) et de molen- 
dino Jugant et de molendino de Marcbeant (3) et lertiam par- 
lera de duabus parlibus décime Flandrine, et decimam de la 
ruelle quam dédit Gaufridus le bastart, et duas partes obla- 
tionis et décime de dimidio de la Censie de Villa Nemoris (4). 
Prêter ea que supradiximus, babent etiam sanclimoniales pre- 
dicle posilioncm capcllani faclam ad dominum episcopum per 
prescntacionem. liabcnt eliam et duas parles oblationum om- 
nium reddiluum ecclesie. 



(1) it Les Riollalz, » variante du xv" siècle. 

(2) Choisel, village. 

(.')) Haut et Has-Marcliand, villages en la Chapelle-Janson. 
('») La YilU'-(lu-l)ois, village. 



100 — 



[Anno circitcr 'Il '(0.] 



LXII. 



Nolum sit omnibus tam prescnlibus quam lïilnris quod do- 
mina Maria, uxor domini Guillelmi Dapiferi, qiiando migravit 
a seculo, sanctimonialibus beali Gcorgii pro redcmplione anime 
sue, duos solidos de propria medielaria sua, in elemosinam 
dédit et concessit, quos Moysan Hurel primitus reddidit, et 
deinceps heredes ejus illam medietariam oblinentes per singu- 
los annos reddunt. 

[Folio xiij^ recic] Itcrum vero omnibus nolilicari volumus lîer- 
vcjîm Talunni, quando anima ejus migravit a corpore, mo- 
nachabus Sancti Georgii, pro sua salule, dono concessit in 
elemosinam sex denarios quos reddidit et reddit pcr unum- 
quemque annum ad ferias, id est nundinas, Sancti Melanii, 
fevum Eudonis cognominali caput asini. — [Annis H40 vei WoO,] 
Postea quidem Gaudinus, frater Ilervei supradicti, moriens, 
ecclesie Sancti Georgii et ejus conventui, duos denarios, pro 
salute anime sue, dédit in elemosinam et concessit, quos prius 
per singulos annos, Guarinus sacerdos Sancti Elerii, vel de 
Sancto Elerio, reddidit, et deinceps Moysan lïurel et ejus 
lieredcs. Denique vero uxor lofrenii de Uimis, Albcrea no- 
mine, prediclis sanctimonialibus, cum moreretur et nonna 
velala fieret, dnodccim denarios in elemosinam pro sua anima 
tribuil, quos reddit Onremer per omnes annos. 

[ciicikr nco.] Noscant omnes tam présentes quam lïUuri quod 
GaulVidus Mandric (I), Harduini Boisinot filius, pro redemp- 
tione anime malris sue Orvene, sanctimonialibus boali Georgii 

(l) Vau. : a Maudcrl. » 



- 161 — 

deccm denarios de censu dédit, llos vcro denarios débet et 
reddit singulis annis, in dominica die Pasche, Johannes Graf- 
fart sanclimonialibus de feudo Hanielini La Tree. 

[circiter 1050.] Notuiiî sit oiTinibus preseiUcs lilteras inspicien- 
libus quod Guihenocus de Campaingnia monaslerio Sancti 
Georgii de propria décima sua sex denarios, singulis annis, 
dédit. Hos autem denarios reddit Ernaudus Bernardi sacerdo- 
tis lilius, ad Nativilatem Donriini. 



[xil» saeculo.] IjÂIII. 

Census de Spineto in parrochia de Accigneio. 

Hii sunt census de Spineto : Gesbertus de Spineto reddit 
singulis annis Sancto Georgio, duo quarteria frumenti. Feo- 
dum Renaudi Roier, très minas frumenti. Feodum Richerii, 
quinque provendas frumenti. Feodum Huardi, unam proven- 
dam frumenti. Feodum Ermeinardi cetricis, i. provendam 
frumenti. Feodum Ogerii descures, i. provendam frumenti. 
Feodum Gauterii iilii Ogier, très provendas frumenti. Cadio, 
unam minam frumenti. Feodum Haie et Richete sororis ejus, 
unum quarterium frumenti. Herusan le Roier, i. quarterium 
frumenti. Feodum Radulphi de Via, i. mine {sic) frumenti. 
Feodum Gaufridi Desparge, ij. solidos et i. mine frumenti. 
Feodum ïbebaldi filii Reiseline, i. mine frumenti. Feodum 
Radulphi Munlero, i. mine frumenti. Feodum Gauterii Gri- 
maud, ij. solidos. Feodum Graalen Plantechoul, ij. solidos. 
Feodum Anne, ij. solidos. Feodum Gaufridi Cousin, xviij. de- 
narios. Feodum Galteri Ilalio, iij. solidos. Feodum Leiardis, 

il 



— 162 — 

vj. dcnarios. Fcodnm Forgior Cariel, vj. denarios. Feodum 
Johannis Torneor, vj. denarios. 

Posiea scialur (juod Paganus Joliannis filius dédit Sanclo 
Georgio cum fdia sua pratum de Voure (1) et decimam de 
villa terre de Serigne. — Deinde noscatur quod Sanctus Geor- 
gius habet in virgulto de Accigniaco très minas frumenti^ et 
de (bris Graalen et Robertus Raval, iij. mines frumenti red- 
dunt. — Postea vero sciatur quod Sanctus Georgius habet 
totam decimam de terra Pagani filii Maiencie. — Ad ultimum 
vero autem {sic) agnoscalur quod consul Eudo et consul Ala- 
nus passagium de Accigniaco, octo dies ante feslum de Po- 
liando (2) et octo post, predicte ecclesie dederunt et conces- 
serunt. 



[Post annum ^ I 00.] L Â 1 V . 

[Disme en Noyai destinée pour une lampe ardante de nuict à l'auslel 
de Nostre Dame en Saint George.] (3) 

Thehel de Lance dédit in elemosinam ecclesie Sancti Geor- 
gii xviij. denarios de censu quos habet in Rainel (4), et quos 
émit precio triginla solidorum de Geslino filio Normandi de 
ïorrente. llos reddit Ruellanus Marue, Radulphus Morin et 



(1) Pré de Vouivre. — Disme de Serigné. (Annot. du xvi« siècle.) — 
V. ci-dcvanl f-^ x r". 

(2) La foire du Policu, à Rennes, sous le fief du chapitre de Saint-Pierre. 

(3) Noie marginale du xv*-' siècle. 

(4) llainel ou KcsncI, ruisseau qui donnait son nom à une portion de la 
foret au Sud de Rennes. 



— 165 — 

Gilbcrlus in feslivilate Omnium Sanclorum, unoquoque anno. 
De quibus, xij. denarii allari Sancli Georgii conceduntur, et 
allari Sancle Marie Yirginis ad oleiim emendum. — Preterea 
dedil et concessit in elemosinam allari Sancle Marie Yirginis, 
ad oleum emendum ut una lampas, unaquaque nocte anni, 
ante allare ardeat, unam decimam quam habebat in Lance, in 
terra Gaufridi de Foresla, in terra Gaufridi Ursum (1), in terra 
fdiorum Geslin, in tota terra Renaldi Gisleberti, in parte qua- 
dam dominii sui ante hostium (2) suum, in feodo Rogerii. 
Hec décima est in feodo Pétri de Chesnai (3). Petrus ipse 
hanc tradidit in vadimonio Maboni. Hanc vero decimam rede- 
mit de Mabone Thehel de Lance, de quatuor libris-, quas qua- 
tuor libras, cum reddite fuerint, ad ulilitatem allaris Sancle 
Marie consilio suo ipse Thehel volebal esse posilas, vel con- 
silio eorum qui tune viverent. Super hoc dédit eliam ipse 
Thehel dimidium terragium quod habebat in ortis de Campo 
Dolent (4), allari Sancle Marie in elemosinam. Quod terragium 
est in feudo Ernulfi Huelini, in feodo Normanni de la Couar- 
diere (o), in feodo Gaufridi Mauricii. 



[locunte :ïn° saculo.] JjAV. [Folio xiii° verso.] 

Décima de Trcmblcio. 

Omnibus tam presentibus quam futuris nolum fieri voluraus 

(1) Il existe encore un manoir dit « Orson, » en Noyal-sur-Seiche. 

(2) Pro <i oslium. » 

(3) Le Chesnai, en Noyal-sur-Scichc. 

(4) Le Champ-Dolent, à Rennes. 

(5) La Couardière, prés Cleusné. 



- 104 - 

quod Ilerveus filius Elberee (ledit in elcmosinam sanctimonia- 
libus beati Gcorgii decimani de Trembleio. Quod viderunt et 
audicrunt Theobaldus Briencii -, Symon fraler ejus^ Hugo 
filius Oliverii^ Guillelmus Seignorinus. Postca vero Johannes 
Chesnel dédit et concessit banc eamdem decimam prcdiclis 
sanclimonialibus, Molverio filio Aquarii qui aiïuit ex parte sua 
concedente. Quod viderunt et audierunt Tbeobaldus capella- 
nus; Guarinus Pagani-, Robertus presbiter^ Guillelmus came- 
rarius-, Tescelinus canonicus, totusque convenlus ecclesic. 

Décima de Broon (l). 

Notum sit omnibus tara modernis quam successoribus eo- 
rum quod Tiso de Sancto Egidio dédit sanclimonialibus beati 
Georgii, cum Babilonia matre sua, duas parles décime de 
Broon, quod Evelinus frater ejus, cum omnibus tune temporis 
vivenlibus qui de génère erant, similiter dédit et concessit. 
Hoc viderunt et audierunt Oliverius filius Heldroc^ Brientius 
filius ejus-, Girardus Symon ^ et alii quam plures, tolumque 
capilulum ecclesie. 

De décima de Campcllis (2). 
[Dismes de Cliampeaulx.] (xv« siècle.) 
[Circilev HOC] 

Sciant omnes tam présentes quam futuri quod Guillelmus 
de Campcllis duas parles décime (ie Campcllis cum Leiarde 



(1) « De frumcnlo cl décima de l>ron. » (xv® siècle.) 

(2) Champcaux. 



— IG5 — 
matre sua iiccnon et cuni lilia sua, monachabus Sancli Gcor- 
gii, cledit et concessit, qnod et lilii sui similiter concesserunt. 
Qnod viderunt et andierunt Roberlus eorum capellanus^ Lam- 
berlus saccrdos^ Briencius-, Theobaldus^ Symon-, Hugo filins 
Oliverii^ Paganus sacerdos, lotumque capitulum ecclesie. 



[Aiino circiter 1 1 60.] 1j A V 1. 

Gaufridus de Accigniaco dédit capellam du Fou (1). 

Inspirante Spiritus Sancli gralia, Gaufridus fiîius Radulphi 
de Aceigneio dédit in conscicncia quia nemo potest duobus 
dominis servire, Herodem famulalorem et malivolum dorainum 
suum quem dilexerat diu, penitus reliquit, et Dominura Jesum 
Cbristum quem prodiderat (2) mente dilexit. Sequens illud 
evangelicum verbum quod dixit Dominus : « Qui reliquerit 
palrem aut malrem, aut fratres aut sorores (3), et cetera, 
propler me, centuplum accipiet et vitam eternam possidebit, » 
— voluit iste per omnia preceptum Dei sequi-, reliquit fratres 
et sorores, etc. Vovit et dédit Deo et Sancte Marie de Fago (4) 
se et sua, scilicet terram totam et omnia prata que a foramine 
tilie de Louvineio (5) usque ad capellam dou Fou illud mag- 
num nemus occupât^ et stabilitalem et obedientiam in pre- 
sentia llaronis (6) prioris ejusdem loci promisit usque ad 

(1) Voir et cf. du Paz, Uist. généal. de Bret,, p. 587. 

(2) Var. : " perdiderat. » 

(3) « Aut agros. d (Du Paz.) 

(4) Noslre Dame du Feu, près la forêt de Rennes. (xvi« siècle.) 

(5) Le taillis de Loupvigné. {Ihid.) 

(6) Du Paz a lu '• Ilatonis. » 



— \m — 

mortem. Ilec facla siinl in vigilia aposlolorum Simonis et 
Jude, scilicet vj" kal. oclobris, in ecclesia Sancli Martini de 
Accigneio, coram omni parrochia-, (jue libentissime et hona 
voluntate omnes fratres ejus et parentes omni reclamatione 
remola concesserunt : scilicet doniinus Hen'eus et Guillelmus 
fratres, et dominas Paganus et uxor ejus soror fratrum illo- 
rum, multis atteslantihus qui ibi affuerunt, scilicet dominus 
lïerveus sacerdos illius ecclesic-, et Guidenocus sacerdos, fra- 
ter de Alion; et Ricardus canonicus de Filgeriis-, et dominus 
Petrus de Accigneio-, et Mauricius Clerici-, et Robertus miles 
de Moucon-, et multi alii. Hiis intersignis quod Gaufridus et 
Ricardus canonicus panem benedictum (1) omnibus qui in 
ecclesia illa adorant dare fecerunt, ut illis et omnibus sub- 
sequentibus usque ad fmera seculi in testimonium esset. 
[incipit f» xiv°.] Preterea, sciendum est quod omnes concessores 
illius doni in omnibus orationibus et elemosinis et beneticiis 
que ibi et in ecclesia beati Georgii poterunt fieri usque ad 
fmem seculi, vel fratres vel sorores recepti sunt per infinila 
seculorum secula. 



[Post aniuim HOO.] LaVII. 

De Oliverio de Lenccio. 

Oliverius de Lenceio, in extremis agcns, ecclesie beali 
Georgii dédit duodecim dcnarios census quos babebat in terra 
régis de Lenceio. — Poslea vero, morluo filio cjnsdcm Oli- 
vcrii, dali sunt alii duodecim denarii in eadeni terra. 

(l) « Pain béni donné en souvenir de la dicte donation. » (Noie du 
xvi° siècle.) 



— 167 — 

Uxor Raginaldi Mauri, diim nature cederet, dédit ecclesie 
beali Georgii, tria jugera terre que sunt post domum Pou part, 
concedenlibus nepolibus suis Poupart et Daniele qui posiea 
terram eamdem a nobis emerunt, et promiserunt se duos soli- 
des census pro eadem terra, singulis aiinis, ad festum Sancti 
Melanii (l). 

(1) (( Trois journauli de terre baillez pour 2 sols de rente. » (xvi^ siècle.) 



DE PRIVILEGIIS CURIE ROMANE ABBATIE SANCTI GEORGII 
A SEDE APOSTOLICA CONCESSIS. 



Bulle d'Innocent III U). 

[22 aprilis ^208.] 

Innocentius episcopus (2), servus servorum Dci, dileclis 
in Chrislo filiabus, abbatisse raonasterii Sancli Georgii Redo- 
nensis ejusque sororibus lam presentibus quam futuris regu- 
larem vilam professis in pcrpetuam rei memoriam. Pruden- 
tibus virginibus que sub habitu religionis, accensis lampa- 
dibus, per opéra sanctitalis jugiter se préparant obviam ire 
sponso, Sedes Apostolica débet patrocinium impertiri, ne forte 
cujuslibet temeritatis incursus aut eas a proposito revocet, aut 
robur [quod absit] sacre religionis infrangat. Ea propler, di- 
lecte in Cbristo fdie, vestris juslis postulationibus clemenler 
annuimus, et prefatum monasterium Sancti Georgii in quo 
divino estis obsequio mancipatc, ad exemplar felicis recorda- 
tionis Alexandri pape, predecessoris nostri, sub beali Pelri et 
nostra prolectione suscipimus et presentis scripti privilegio 
communimus. In prirais siquidem statuentes ut ordo monasli- 



(1) Le texle de cette Bulle-Pancarte est un peu altéré par des fautes de 
copie dans le Cartulairc et légèrement tronqué par endroits. Je l'ai rétabli 
dans son intégrité à l'aide du texte d'un Vidimus de IViâ de rOfficial de 
Rennes, sur parchemin, portant au dos ce titre : « Ccst ung vidimus de 
certe consession des droictz cl prcvilegcs de labbayc de Sainct ficorgcs don- 
née par le pape Innocent 111. » (1208-1412.) 

(2) Innocent 111, élu pape en 1198, régna dix-huit ans et mourut en 1216. 



- 169 - 

eus, qui secunduni Dcum et beati Benedicti regulam in eodem 
monaslerio institulus esse dignoscitur, perpeluis ibidem lem- 
poribus inviolabiliter observetur. — Preterea , quascunque 
possessiones, quecumque bona idem monaslerium in preseu- 
ciarum juste et canonice possidet aut in futurum, concessione 
Pontificum, largitione regum vel principum, oblatione fidelium, 
seu aliis justis modis, prestante Deo, poterit adipisci, firma 
vobis vestrisque successoribus illibata permaneant. In quibus 
bec propriis duximus exprimanda voeabulis. — Locum ipsum 
in quo prefatum monaslerium silum est, cum hominibus et 
omnibus perlinenciis suis-, — ecclesiam Sancti Pelri de Foro 
cum omnibus perlinenciis suis-, — capellam Omnium Sanc- 
torum cum omnibus perlinenciis suis^ — ecclesiam Sancti 
Lazari cum omnibus perlinenciis suis-, — ecclesiam Sancti 
Donaliani cum omnibus perlinenciis suis^ — ecclesiam Sancti 
Jacobi de Foresla.cum omnibus perlinenciis suis- — ecclesiam 
Sancle Fidis de Foresta cum perlinenciis suis^ — ecclesiam 
Sancti Exuperii super muros civilatis cum perlinenciis suis^ 
— ecclesiam Sancti Donaliani super muros ejusdem civilatis 
cum perlinenciis suis-, — capellam Sancle Marie in parrocbia 
Sancti Slephani cum perlinenciis suis^ — ecclesiam de Tinti- 
niac cum hominibus ejusdem loci et aliis perlinenciis suis-, — 
ecclesiam Sancti Georgii de Grihaingnio cum hominibus ejus- 
dem loci et aliis perlinenciis suis^ homines commoranles in 
cimilerio Sancti Georgii ad proprielalem veslrî monasterii per- 
tinentes ex dono bone memorie comilis Conani, quicquid juris 
habebat in predicla villa de Guihaignia [sic], lam in hominibus 
quam in possessionibus aliis. — Medielalem insuie de Arto, 
et medielalem parrochie ejusdem insuie ^ — ecclesiam de Plu- 
bihan cum suis perlinenciis-, — ecclesiam de Plogasnou cum 
perlinenciis suis-, et homines in predictis villis morantes^ — 
octo parles decimarum seu decimalionum in eccicsia de Mor- 
zellis, et duas partes oblationum in Nalivitale Domini, et in 



h 



— 170 — 

soxta feria Parasceve, et in leslo Dominicc Rcsurrcclionis, et 
Omnium Sanctorum ibitlem. — Terciam parlcm dccimationura 
in parrocliia de iMatreio (1)^ — terras quas liahclis in parro- 
chia Sancti Siginii (2)-, — terras de Sanccio-, — terras de 
Spineto ^ — terras de Grasbuisson -, — terras de Spargeio et 
census^ — terras in parrochia de Accigneio^ — terram de 
Bracceio^ — molendinos in civitate Redonensi, Sancti llylla- 
rii (3) et de Porta^ — molendinum de Campo Corvi • — in civi- 
tate Nannelensi, medietatem hesmagii in aqua Ligeris^ — ter- 
ram de Avinniaco; — terram in parrochia de Bruxa^ — terras 
et vineas que circa vestrum monasterium sunt censuales-, sane 
novalium vestrorum que propriis manibus vel sumptibus coli- 
tis, seu etiam vestrorum animalium nulrimentis nullus a vobis 
décimas cxigere vel extorquere présumât. Libertates quoque 
et immunitales antiqnas et racionabiles consuetudines monas- 
terio vestro concessas, hactenus observatas, ratas habemus^ 
et eas perpetuis temporibus illibatas permanere sancimus. 
Decrevimus ergo ut nulli omnino hominum liceat prefatum 
monasterium temere perturbare, aut ejus possessiones aufferre 
vel ablatas retinere, minuere seu quibus libet vexationibus 
fatigare. Sed omnia intégra conserventur eorum pro quorum 
gubernalione ac suslentacione concessa sunt omnimodis pro- 
futura, salva Sedis Apostolice auctoritate et diocesani episcopi 
canonica justicia. Si qua igitur in futurum ecclesiastica secu- 
larisve persona banc nostre constitutionis paginam sciens con- 
tra eam temere venire temptaverit, secundo terciove commo- 
nita, nisi reatum suum congrua satisfactione correxerit, po- 
testatis honorisque sui careat dignitate, rcamque se divino 
judicio existere de perpetrala iniquilale cognoscat^ et a Sacra- 

(1) '( Moidré, » en Normandie. 

(2) Saint-Séglin, dans l'ancien diocèse de Sainl-Malo 

(3) Var. : « Elerii. » 



— 171 — 

lissimo Corpore ac Sanguine Dei et Domini Redcmptoris nos- 
Iri Jcsu-Chrisli aliéna liât, atque in exlremo examine dislricle 
subjaceat ullioni. — Cunctis aulera eidera loco sua jura ser- 
vantibus sit pax Domini noslri Jesu-Christi, quatinus et hic 
l'ructum bone actionis percipiant .et apud dislrictum judicem 
premia elerne pacis inveniant. Amen. Amen. 

Et sic signalum in quadam rota^ seu infra rotundilalem 
rote ante subscriplionem dominorum cardinalium : « Sauctus 
Petrus — Sanctus Paulus — Innocenlius PP" IIL — Et in 
rolunditate in quatuor partibus rote seu rotunditatis : « Fac 
raecum, Domine, signum in bonum. » — Et postea : 

Ego Innocenlius calholice Ecclesie episcopus. 

Ego Johannes liluli Sancti Stephani in Gelio monte pi esbi- 

ter cardinalis. — Ego C lituli Sancti Laurentii in Lucina 

presbiter cardinalis. — Ego Goffredus tituli Sancle Praxedis 
presbiter cardinalis. — Ego Censius Sanctorum Johannis et 
Pauli presbiter cardinalis tituli palriarcha. — Ego Léo tituli 
Sancle Crucis in Hierusalem presbiter cardinalis. — Ego Pe- 
trus Portuensis et Sancle Rufine episcopus. — Ego Joannes 
Albanensis episcopus. — Ego Joannes Sabinensis episcopus. 

— Ego Nicolaus Tusculanensis episcopus. — Ego Gregorius 
Sancti Georgii ad vélum aureum diaconus cardinalis. — Ego 
Guido Sancti Nicolai in Carcere Tullensi diaconus cardinalis. 

— Ego Joannes Sancle Marie in Via Lata diaconus cardinalis. 

— Ego Grala Sancle Marie in Porticu diaconus cardinalis. — 
Ego Octavianus Sanctorum Sergii et Bachi diaconus cardina- 
lis. — Daluni Lalerani per manum Joannis Sancle Marie in 
Cosmedin diaconi cardinalis, Sancle Romane ecclesie Gancel- 
larii, decimo kalendas maii, indiclione undecima, Incarnalionis 
Dominice anno millesimo ducenlesimo octavo ^ Pontificatus 
vero domini Innocentii pape tertii anno undecimo. 

Et sigillalum in plumbo cum filis scriceis crocci coloris 
more Romane Gurie impendentibus. 



172 — 



Bulle d'Alexandre m. 
[Anno JI64.] (J) 

Alexandcr episcopus (2), servus servorum Dei, dileclis in 
Christo filiabus Adilai, abbalisse monaslerii Sancti Georgii 
Redonensis ejusque sororibus tara presenlibus quam futuris 
regularem vitam professis, in perpetuam rei memoriam. Reli- 
giosis voiis annuere et ea operis exhibitione complere offîcium 
nos invitât suscepti regiminis et ordo videtur exigere rationis. 
Ea propter, dilecte in Christo filie, veslris justis postulationi- 
bus clementer annuimus, et prefatum monasterium in quo 
divino estis obsequio mancipate, sub beati Pelri et nostra pro- 
teclione suscipimus; et presentis scripti privilegio commuui- 
mus. In primus siquidem slatuentes ut ordo monasticus, qui 
secundum Deum et beati Benedicti regulam in eodem monas- 
terio instilutus esse dinoscitur, perpetuis ibidem lemporibus 
inviolabiliter observetur. Preterea quascumque possessiones, 
quecumque bona idem monasterium in presenciarum juste et 
canonice possidet aut in futurum concessione Ponlificum, libe- 
ralilate regum vel principum, oblatione fidelium, seu aliis 
justis modis, prestante domino, poterit adipisci, firma vobis 
et bis que post vos successerint et illibata permaneant. In 
(juibus bec propriis duximus exprimenda vocabulis. — Locum 
ipsum in quo prefatum monasterium Sancti Georgii situm est, 
et homines burgi ejusdcm monasterii, cum omnibus abis per- 
tinenciis suis. — Ecclesiam Sancti Pétri de foro cum omnibus 



(1) Le 8° jour avant les ides de janvier, Pan tlGt. 

(2) Alexandre III tint le Saint-Siège près de vingt-deux ans : du 7 sep- 
tembre 1159 au 30 août 1181. 



— I/O — 

perlinenciis suis^ — capellam Omnium Sanclorum cum per- 
linenciis suis^ — ecclesiam Sancli Lazari cum perlinenciis 
suis^ — ecclesiam Sancli Donaliani de Foresla cum perlinen- 
ciis suis^ — ecclesiam Sancle Marie de Foresla (1) cum per- 
linenciis suis- — ecclesiam Sancte Fidis de Foresla cum 
perlinenciis suis^ — ecclesiam Sancli Exsuperii super muros 
civilalis cum perlinenciis suis^ — capellam Sancli Donaliani 
super muros ejusdem civilalis cum perlinenciis suis^ — capel- 
lam Sancle Marie in parrochia Sancli Stephani cum perlinen- 
ciis suis^ — ecclesiam de Tinteniac (2), cum Iiominibus ejus- 
dem loci et aliis perlinenciis suis [incipit f" w] ^ — ecclesiam 
Sancli Georgii de Grihannia (3), cum hominibus ejusdem loci 
et aliis perlinenciis suis-, homines in cimiterio Sancti Georgii 
commoranles, ad ejusdem monaslerii proprietatem pertinentes, 
ex dono bone memorie comitis Conani quicquid juris habebat in 
predicla villa de Grihannia, tam in hominibus quam aliis pos- 
sessionibus-, — medieiatem insuie de Arto et medielalem par- 
rochie ejusdem insuie ^ — ecclesiam de Plubihan cum perli- 
nenciis suis-, — ecclesiam de Plogaanoz cum perlinenciis suis 
et homines in prediclis villis commoranles. — Oclo parles 
decimalionum in ecclesia de Morzella^ et duas parles oblalio- 
num in Nativilale Domini, et in sexta feria Parasceve, et in 
festo Dominice Resurreclionis, et Omnium Sanclorum; — 
lerciam parlem decimalionum in parrochia de Matreio (4)j — 

(I) Une copie du xv« siècle porte ici : « Sancti Jacobi de Foresta. » Je 
crois que l'église de celte paroisse, dans le principe dédiée à la Vierge, fut 
placée à la fin du xii« siècle sous le vocable de saint Jacques, car la Bulle 
d'Innocent III la nomme ainsi. 

(-2) Vab. : <• Tintinniac. » 

(3) Vab. : » Grihanno. » 

(4) Var. : « Mardeio, Maidrio. » (Moidré, près Ponlorson.) 



— 174 — i 

terras quas liabelis in parrocliia Sancli Siginini (1)-, — lerras 
de Sanceio^ • — lerras de Spinelo^ — lerras de Crasso Bus- 
sono^ — lerras de Spargeio et census (2)^ — lerras in par- 
rocliia de Accineio-, — lerram de Braxeio (3)-, — molendinos 
in civilale Redonensi, Sancli Ylarii [Helerii] et de Porta-, — 
molendinum de Campo Corvii. — In civilale Nannetensi me- 
dietatem hesmagii in aqua Ligeris-, — lerram de Aviniaco (4)^ 
— lerram in parrocliia de Bruxa^ — decimam in parrocliia 
de Breal^ — lerras censuales et vineas que circa vestrum 
monaslerium sunt. — Preterea racionabiles consueludines ac 
libertales a comitibus Britannie et ejusdem loci fundatoribus 
monasterio veslro concessis, vobis auclorilate apostolica nicbi- 
lominus confirmamus. Sane novalium vestrorum que propriis 
manibus aut sumplibus colilis, sive de nutrimenlis vestrorum 
animalium, nullus a vobis décimas exigere présumai. Decerni- 
mus ergo ut nulii omnino hominum liceal prefatum monasle- 
rium lemere perturbare, aut ejus possessiones auferre, vel 
ablalas relinere, minuere, seu quibuslibet vexalionibus fali- 
gare-, sed omnia intégra conserventur eorum pro quorum 
gubernalione ac suslenlacione concessa sunt usibus omnimo- 
dis profutura, salva Sedis Aposlolice auclorilate, et diocesani 
episcopi canonica juslicia. Si qua igilur in futurum ecclesias- 
lica secularisve persona banc nostre conslilulionis paginam 
sciens, conlra eam lemere venire temptaverit, secundo ler- 
ciove commonila, si non realum suum congrua satisfactione 
correxerit, poleslalis bonorisque sui dignitale careat, rcamque 



(4) Var. : " Siliguini. » — Saint-Séglin, canton de Maure, arrondisse- 
ment de Redon. 



(2) Vaii. 

(3) Vau. 
{i) Yar. 



« Espergcio. » 
(t Brcceio. » 
« Avicciaco. » 



— i/o — 

se divino judicio exislere de j)erpctrata iiiiquitate cognoscal^ 
et a Sacralissimo Corpore et Sanguine Dei et Domini Redemp- 
loris nostri Jesu-Christi aliéna fiât, alque in extremo examine 
dislricle ullioni subjaceat. Cunclis autem eidem loco sua jura 
servanlibus sit pax Domini nostri Jesu-Chrisli, quatinus et hic 
fruclum honc aclionis percipiant, et apud districtum judicem 
premia eterne pacis inveniant. Amen. Amen. 

[Bene Valete.] 

Locus rote in qua inscripta sunt hec : 

« Sanctus Pelrus. — Sanctus Paulus. — Alexander Papa ÏII, 
cum legenda : « Vias tuas, Domine, demonstra michi. » 

Inferius sic signatum : 

Ego Alexander calholice ecclesie episcopus [locus mono- 

grammatis] -, 
►{H Ego Huberlus hostiensis episcopus^ 
^f^ Ego Bernardus portuensis et Sancte Piufine episcopus (1)^ 
1^ Ego Gualterius albanensis episcopus-, 
•^ Ego Hubaldus presbiter cardinalis tituli Sancte Crucis 

in Hierusalem-, 
nfn Ego Hericus presbiter cardinalis tituli SS. Nerei et 

Achillei ^ 
nfn Ego Albertus presbiter cardinalis tituli Sancti Laurencii 

in Lucina^ 
►fn Ego Guillelmus tituli Sancti Pétri ad vincula presbiter 

cardinalis -, 



(1) Hic Bernardus natus fuerat Redoiiis, ubi fuit canonicus Sancti Pclri 
Hcdonensis lempore llarnelini Redonensis episcopi. Anno 1150, crcalus ab 
Eugenio III, papa, presbiter cardinalis tituli Sancti Clcmentis sedcm episco- 
palenn Porluensem tcnuit. Vocabatur vulgo cardinalis Redonensis. (Necrol. 
ms S'' Pétri Red. — Joh. Sarisburiensis, in Polycralico, lib V, cap. 15".) 



— 170 - 

1^ Ego Jacintus diaconus cardinalis Sancte Marie in Cos- 

mydin -, 
1^ Ego OUo diaconus cardinalis Sancli Nicolai in carcere 

Tulliano^ 
•^ Ego Boso diaconus cardinalis SS. Cosmc cl Damiani; 
►Jh Ego Manfredus diaconus cardinalis Sancli Georgii ad 

vélum aureum. 

Datum Senonis per manum Hermanni Sancte Romane eccle- 
sie subdiaconi et notarii, YIIP idus januarii, indiclione XIIP', 
Incarnationis Dominice anno M" C LX""" IV^*> [H64] (1), 
Pontificatus vero domini Alexandri Pape IIP anno sexto. 



Bulle d'urbain II. 

[Anno -1090.] 

Urbanus episcopus servus servorum Dei (2), dilectis in 
Christo liliabus abbatisse et conventui monaslerii Sancti Geor- 
gii Iledonensis ordinis Sancti Benedicti salutem et apostolicam 
benedictionem. Cum a nobis pelitur quod justum est et hones- 
tum, tam vigor equitalis quam ordo exigit ralionis ut id per 
sollicitudinem officii nostri, ad debitum perducatur effeclum. 
Ea propter, dilecte in Christo fdie, vestris justis postulationi- 
bus grato concurrentes assensu, omnes libertates et immuni- 
lales a Romanis Pontificibus, predecessoribus nostris, sive per 
privilégia seu alias indulgenlias, vobis aut monaslerio vestro 
concessas, necnon libertates et exemptiones secularium exac- 
lionum a regibus et principibus aliisque Christi fidelibus 
racionabiliter vobis aut monaslerio prediclo indultas, sicut cas 



(1) G janvier tlG4. 

(2) Urbain II (1089-1099). 



— 177 — 

juste et pacifiée obtinelis, vobis et per nos eidem monasterio, 
auctorilale apostolica confirmaraus, et presentis scripti patro- 
cinio communimus. Nulli ergo oranino horainum liceat liane 
paginam nostre confirmationis infringere vel ei ausu temera- 
rio contra ire. Si quis aiitem hoc attemplare presumpserit 
indignationem omnipoteotis Dei et beatorum Pétri et Paul! 
aposlolorura ejus se noverit incursurum. Datura apud veterem 
urbem, nonas februarii, Ponlificatus nostri anno secundo (1). 



Bulle de Orégolre VII. 

[Anno ^082.] 

Gregorius (2) episcopus servus servorum Dei, dilectis in 
Christo filiabus abbatisse et conventui monasterii Sancti Georgii 
Redonensis salulem et apostolicam benedictionem. Cum a nobis 
petitur quod justum est et honestum, lam vigor equitatis quam 
ordo exigit racionis ut id per soUicitudinem offîcii nostri ad 
debitum perducatur effectum. Ea propter, dilecte in Christo 
filie, vestris juslis postulationibus grato concurrentes assensu, 
vobis aucloritate apostolica concedimus ut in parrochiis ves- 
tris pro ea porcione quam ibidem habetis et percipitis, veleres 
de terris redactis noviter ad culturam que culte a tempore 
cujus non exlat memoria non fuerunt, décimas possitis perci- 
pere. Nulli ergo omnino hominum liceat banc paginam nostre 
concessionis infringere vel ei ausu lemerario contra ire. Si 
quis aulem hoc attemptare presumpserit indignationem omni- 
potentis Dei et beatorum Pétri et Pauli apostolorum ejus se 

(1) 5 février 1090. — Une copie de cette Bulle, écrite au xin« siècle, 
porte inscrilc en marge, mais d'une main diiïérenle et postérieure à la copie, 
la date de 126i. C'est une erreur. 

(2) (Irégoirc VII, élu pape le 22 avril 1073, mourut le 25 mai 1085. 

13 



— 178 — 

noverit incursurum. Daliim Perusii, octavo kal. julii, Ponlifi- 
catus iioslri anno nono (1). 



Bulle (l'ilouorlus II. 

[Anno H27.] 

Honorius episcopus servus servorum Dei (2), dilectis in 
Chrislo filiabus abbalisse et monialibus Sancti Georgii Redo- 
nensis salutem et apostolicam benedictionera. Solet annuere 
Sedes Aposlolica votis et honeslis petcntium precibus favorem 
bencvolum imparliri. Ea propter, dilecte in Chrislo Filie, ves- 
tris precibus inclinali, presenlium vobis auctoritate duximus 
indiilgendum ut cum générale interdictum terre fuerit, liceat 
vobis, janiiis clausis excommunicalis et inlerdiclis, non pul- 
satis canripanis, suppressa voce divina officia celebrare. Nulli 
ergo omnino bominum liceat banc paginam noslre concessio- 
nis infringere vel ei ausu temerario contra ire. Si quis aulem 
hoc altenjptare presumpserit, indignationem omnipotentis Dei 
et beatoriim Pétri et Pauli apostolorum ejus se noverit incur- 
surum. Datum Viterbii. Idus decembris, Pontificatus noslri 
anno quarto (3). 



(1) 25 juin 1082. 

(2) Ilonoiius II régna depuis le 21 décembre 1124 jusqu'au U février 1130. 

(3) 13 décembre 1127. 



179 — 



CoPiST (sic). 

[Anno «312.] (I) 

Universis présentes lilleras inspcctiiris vel audiluiis Philip- 
pus de Redoois, clericus commissarius specialis reverendi in 
Christo Patris ac Domini, domini R (2). Dei gracia Maclovien- 
sis episcopi, quoad ea que secuunlur, salulem in Domino. 
Cum conlentio verterelur inter religiosas dominas abbalissam 
et convenlum monaslerii bcati Georgii Redonensis ex una 
parte, et Michaelem, reclorem ecclesie Sancti Domelli (3) ex 
altéra; super hoc quod dicte religiose proponebant contra 
ipsum rectorem quod cum due partes omnium decimarum, 
tam velerum quam novarum, acquisitarum et acquirendarum 
infra fines parrochie Sancti Domelli predicte sitarum, ad ipsas 
religiosas dominas pertinerent et pertineant ab antiquo, tam 
ex privilegio Sedis Apostolice, quam ex cerla compositione 
facta et habita inter ipsas religiosas et rectorem dicte ecclesie 
qui pro tempore erat, cum auctoritate et assensu Macloviensis 
episcopi, dictus Michael ceperat de fructibus decimarum pre- 
dictarum ad ipsas religiosas spectantium ad estimationem de- 
cem et septem bursellorum bladi ad mensuram de Tintiuiac, 
medietatem sigali et avene grosse, de quibus petebant reli- 
giose predicte restitui et premissa sibi reddi^ dicto rectore in 
contrarium asserente premissa de novalibus dicte parrochie se 
cepisse, et ob hoc ad restitutionem non teneri premissorura, 

(1) Cet acte ici transcrit est de la même écriture que le reste du Carlu- 
laire; il peut servir à constater que la copie est bien du xiv^ siècle. 

(2) Raoul Rousselet, de la maison de Lirnoëlan, fut sacré vers 1310, ï| 
était clerc et conseiller du roi Pliilippe-le-Bel j il fut transféré à Laon en 1317. 

(3) Saint-Domineuc, près Tinténiac. 



— 180 — 

cum ad ipsum reclorem, ul asserebat ipse, ad ccclesiam 
suam prcdictam de jure communi dicta novalia perlineant. 
Dictis religiosis proponenlibus ex adverso quod ad ipsas 
perlinebant dicte due partes omnium decimarum tara vete- 
rum (juam novarum, maxime post primam culturam, tam ra- 
cione compositionis et privilegiorum predictorum [incipit fxvj], 
(juam racione consuetudinis dicte parrochie diu oblente, noto- 
rie, rationabllis et prescripte. Multis alterquationibus habitis 
inter dictas partes super premissis, commisse nobis a dicto 
Reverendo Pâtre negotio supradicto, de consensu dictarum 
partium ad cognoscendum super hiis inter dictas partes, sla- 
luendum, ordinandum et flne debito terminandum quicquid 
esset de jure faciendum, audilis rationibus partium predicta- 
rum, exhibitis et perlectis quibusdem litteris sigillé domini 
R. quondam Macloviensis episcopi sigillalarum (sic) (1) for- 
mam compositionis predicte continentibus, acquievit idem rec- 
tor compositioni predicte et eam tenere et contra non venire 
concessit. Necnon confessus fuit se cepisse, de fructibus dic- 
tarum duarum partium decimarum ad ipsas religiosas spec- 
tancium, dictes decem et octo bursellos bladi ^ et insuper 
etiam unam minam bladi medietatem sigali et avene grosse 
ad dictam mensuram^ que premissa promisit reddere eisdem 
religiosis infra Resurrectionem Domini proximo venluram. Ad 
que premissa reddenda, omnia et singula tenenda, vita sibi 
comité, et ad non veniendum contra, salvo jure domini epis- 
copi Macloviensis et predicte ecclesie Sancti Domelli et dicta- 
rum religiosarum et monasterii sui predicli, et salvis expensis 
ipsarum religiosarum de quibus liquebit in persecutione pre- 
missorum de quibus eisdem jusliciam faciemus, nisi alias 
super biis inter dictas parles componatur, ipsum rcctorem 
présentera et consencientcm, auctorilate qua su|)ra, condamj)- 

(l) II faudrait « sigillalis. » 



— m — 

namus. Datum et aclum, leste sigillo nostro, iina cum sigillé 
curie Macloviensis, apud Dinan, die veneris posl invocavit me; 
anno Domini millesimo CGC™'' duodecimo. 



Le droit d'hesmagc «lur !u Loire (<)• 

[Anno H 69.] 

Quod sciraus loquimur, quod vidimus teslamur. Ego ilaque 
Bernardus (2) Dei gralia Nannetensis ecclesie humilis minis- 
ter, tara presentibiis quam futuris notum fieri volo qnod 
Wuillelmus Hamonis, senescalcus, multos baronum Nanne- 
tensium et militum, multos insuper veterum nostre civiiatis 
in presentia nostra convenire fecisset, eosque ad jurandum ut 
quod juris ecclesia Sancti Georgii Redonensis, ex donalione 
comitum Nannetensium posséderai, ei facerent innotescere. 
Testati sunt autem se ab antecessoribus suis audisse quod 
cornes Maheas (3), intuitu pielatis et pro redemptione animae 
suae et suorum etiam amicorum , Addela abbalissa sorore sua, 
dederat Sancto Georgio et sanclimonialibus ibidenn Deo famu- 
lantibus, très obolos in unoquoque raodio salis in ascensu 
aqu3e et très (4) hobolos in unoquoque modio frumcnti in 
ascensu aquae^ de talibus nummis cornes capit quos testati 
sunt ii se vidisse famulos prenominate abbatisse consuetudi- 

(1) Celle charle, ainsi que la suivante, est écrite d'une autre main que le 
reste du manuscrit et d'une écriture beaucoup plus moderne. 

Ces deux pièces ont été ajoutées au Carlulaire dans le xvii« siècle, et la 
copie est peu correcte. 

(2) Bernard, évèque de Nantes de 1147 à 1169. 

(3) Maheas ou Malhias, comte de Nantes, frère d'Alain Fergent, mort 
en 1103. 

(4) Adde : « Ibidem. » 



— 182 - 

nem illam rccipicnles^ audieranl quoquc ab anlcccssoribus 
suis quia Alanus et Conanus antedicti Mabeas comilis succes- 
sores comilcs, donum ilhid Sancto Georgio et monialibus in 
perpetuum possidendum concesserunt. Fuerunt aulcm ibi viri 
idonei magnœ a^talis perhibentes vidisse quod Conanus cornes 
Redonensis donum illud ecclesiae Sancti Georgii pcrpcluo ba- 
bendum concesserat et simiHler [sic) (1) allare Sancti Georgii 
eliam cultello suo posuerat-, et hoc pro amore Dei jurannenlo 
afïirmare volebant. Auditis itaque senescalcus lanlorum viro- 
rum lestimoniis, Adeladi (2) Sancti Georgii abbatisse pr?eno- 
minatum rectum suum reddidit et eam inde etiam baculo 
nostro investivit. Hanc investituram viderunt nobiles Robertus 
ecclesiœ nostrae archidiaconus, et ex canonicis nostris Praelec- 
lus et Radulpbus de Macbecol^ RolakUis vicecoraes de Dongia^ 
Guillelmus Talenax et alii multi militum et burgensium nos- 
trae civitatis-, litterasque nostras sigilli nostri attestatione mu- 
nitas inde eis fecimus et gradidimus {sic). 



[Ànno ^^58.] 

Conanus dux Rritannix*, cornes Richemundia}, omnibus ami- 
cis, commilitibus et hominibus suis, clericis atque laicis sahi- 
tem. Notum sit vobis omnibus me concessissc et reddidisse 
Domino et ecclesiae Sancti Georgii Redonensis et abbalissîe 
Adeladi (3) et monialibus ibidem Domino et Sancto Georgio 
servientibus medielalem consueludinis solitîc lum (i) denario- 

(1) Lisez : « sublcr. » 

(2) Adélaïde de Vitré (It69-I181). 

(3) Adélaïde ou Alix de Malhefelon (1153-1160. 

(i) Il faut lire <i Iriuni. » — Dorii I.obincau a donné dans ses Preuves 
(T. II, col. 305) un extrait de cette charte dont le texte est ici complet. 



— 183 — 

mm quos liabuit Nannetis in assensu et dessensu navicularum 
per Ligerim, eo tenore possidendain quod abbatissa Adelina 
eam liabuit tempore meoriim anteccssorum, pro salule mea et 
pro aniinabiis anlecessonim meorum omnium, in puram et 
perpetuam elemosinam. Quam volo et firmiler prœcipio ut 
ips« banc prœlatam consucludinem de me et de meis heiedi- 
bus babeant et teneant in perpetuum, in bene et in pace et 
in quieie, sine omni impedimcnlo solutionis, ne aliquis eis 
aliquod impedimenlum [per] vim inférai. P. (1) Raduipbo 

Uedonensi archidiacono-, Raduipbo de Bulg (2)-, Rolando 

de Durani (8)5 Hamelino cancellario-, ErnaUlo capellano-, Rue- 
lano, Roberto, Guarino, Micbaele ejus ecclesie capellanis^ 
Ilenrico Olio alteriusj Eudone fdio alterius; Reginaldo de 
Cornubia-, Alano de Conslibero {sic)-^ Burdone Dampo^ Phi- 
lippo de Campania^ Pagano filio Johaunis^ Tehel de Lence; 
Raduipbo Abbate prepositis^ Olliverio de Appennino-, Hugone-, 
Wuillt'lmo^ Allario. — Aclum est Redonis, octavo kalend. 
oclobris, anno ab Incarnatione Domini millesimo cenlesimo 
quinquagesimo octavo (4). 



CHARTULARII FINIS. 



(1) (t Presenlibus. » 

(2) Il y a évidemment ici des noms mal lus dont l'orthographe est altérée 
par le copiste. Dom Lobineau a lu : « Radulpho de Bue. » 

(3) (I Durani » n'esl-il pas une corruption pour « Dinam? » 

(ir) Cette charte est de Conan IV, fils d'Alain-le-Noir de Pcnthièvre et de 
lîerthe de Bretagne, surnommé le petit; il mourut le 20 février 1170 et fut 
enterré à Bégar. * 

Note du xvii« siècle. — « Au sujet du même droit sur les bateaux qui 
arivcnl ou sortent de Nantes, à raison de 3 oboles par muid de sel qui monte 
la Loire, cl d'autant par muid de froment qui la descend. » 



f 



APPENDIX 

AD CHARTULARIUM ABBATL4^ SANCTI 
GEORGÏl REDONENSÏS 



13 



Les pièces réunies dans cet Appendice sont toutes inédites, sauf 
deux ou trois qu'a publiées le P. Augustin du Paz dans son Histoire 
Généalogique des grandes maisons de Bretagne. Elles sont emprun- 
tées au vieux chartrier de l'Abbaye de Saint-Georges, qui fait partie 
de la curieuse et importante collection de nos Archives départemen- 
tales. Dans ce dépôt sont conservés les titres de nos anciens éta- 
blissements religieux existant avant 1790, à Rennes et dans la 
circonscription actuelle du département d'Ille-et-Vilaine. 

Aux Archives départementales d'iUe-et-Vilaine, le fonds de 
Saint-Georges constitue un riche et intéressant sujet d'études et 
une abondante mine de recherches; il est timbré 2 H ^. 

Les extraits qui suivent pourront donner une idée de la variété 
et de la valeur historique des actes que renferme ce fonds de l'Ab- 
baye de Saint-Georges. 



APPENDIX 



[Circitw anno 1171.] •■•• 

Droit de Coutumes. 

[Concession [aile jiar la duchesse Constance à l'abbaye de Saint-Georges de 
dix litres de rente à prendre sur les entrées de Rennes.] 

ConstaïUia, comitis Conani filia, ducissa Britanniae comi- 
tissa Richemontis, universis sanct» matris Ecclesiae filiis, tam 
pra^latis quam subditis, presentibiis et futuris, ad quorum 
audientiam istœ littéral pervenerint, salutem. Quoniam in 
humanis rébus noverca {sic) solet esse oblivio, soient qu8e 
gesta sunt littcrarum mémorial conimendari. Noverit itaque 
universitas \estra me divinai pietatis intuitu et animai boni 
viri mei Gaufridi, ducis Britanniœ, neenon antecessorum et 
successorum, meorum dclictorum venia, et etiam pro filii mei 
prospcritate, dédisse et concessisse, et hac mea carta confir- 
masse Deo et abbatial Sancti Georgii Redonensis et sanctimo- 
nialibus ibidem Deo servientibus decem libras redditus in 
passagio meo de Redonis, et in perpetuum possidendas in 
perpeluam elemosinam. Volo etiam et statuo quod supradictiie 
sanctimoniales de eadem donatione, die scilicet Sanctai Agne- 
tis, communem pitanciam inter se babeant annuatim. Quare 
volo et pmecipio quod supradiclaî sanctimoniales illas decem 
libras redditus annuatim, sicut superius dictum est, bene et 
in pace, intègre et libère, et bonorilice liaboant et teneant, et 
in perpetuum possideaiU. îlis testibus : Ilamet [sic] Redo- 
nense et Kudone Leonense tesaurario; Guillelmo senescallo 



— 188 — 

Rcdonense; Robcrto de Apigneio-, Stéphane presbitero Goio- 
nis (1); Gaufredo Torneminense -, Guillclmo de Orgeriis; Jos- 

celino de Cenomanis^ Gaufredo fdio Burg ^ Pagano de 

Beclierel; Petro scriptorc, et aliis quam pluribus^ apud Redo- 
nas. — Cum sigillo. 

[Pris sur une copie en papier, écriture du XVII® siècle. — On lit en note au bas 
(le la pa(Te : « C'est un don fait a l'abayc de S' Georges par Constance, fille de Conan, 
duchesse de Bretagne, d'une rente perpétuelle de dix livres à prendre sur les entrées 
de Rennes, pour être employées a traiter toute la communauté des religieuses, tous 
les ans, le jour de la Sainte Agnès. »] 



[Circiter anno 'Il 80.] H» 

Fondation d'une messe d'obiit dans l'église de Saint-Georges (2). 

Universis sancte matris Ecclesie filiis ad quorum noticiam 
littere iste pervenerint universum Redonensis ecclesie Capi- 
tulum salutem. Quoniam ea que aguntur, nisi cito scripto et 
memorie commendentur, cicius oblivionis diluvio delentur, et 
inde plerumque lites et contentiones oriuntur^ hac igitur con- 
sideratione inducti, institucionem cujusdam capellanie ne pro 
defectu vcridici testimonii amplius aliqua controversia super 
ea nascatur, huic pagine inserere curavimus. Instituit itaque 
Willelmus Segorni capellaniam quandain de vinoa sua de 
campo Bertre et planca terre cidem vinee contigua, et torcu- 
lari, salvo jure hereduni Martini in quorum terra i'undatum 
est torcuhr. Atque camdem capellaniam Ilerveo Britoni cle- 

(1) Var. : « Slephano Goione » dans une autre copie du même temps. 

(2) Au dos de l'acte est écrit en caractères du xiii« siècle : « De vinea 
de Bertra. » 



— 189 — 

rico, quoin de sacro fonte levaverat, dédit et concessit^ et 
post obitum suiiiii in ecclesia heati Georgii, pro anima sua et 
uxoris sue et amicoruni suoruni et omnium lidelium defunc- 
torum in perpetuum jussit celebrari. Hujus autem vinee et 
torcularis medietatem, post morteni suam, alteram vero post 
mortem uxoris sue, eidem Herveo tradidit liabendam. Et est 
bec vinea libéra et immunis ab omni servicio. Hoc siquidem 
fecit et precepit et anatbematizavit ne umquam de domo sua 
corpus suum, ipso defuncto, ad sepulturam traberetur, donec 
ab beredil)us suis bujus capellanie institucio ab eis firmiter 
concederetur. Hujus rei testes sunt : Eudo arcbidiaconus -, 
Petrus arcbidiaconus^ Guidenocus capellanus; Gaufridus Gui- 
gonis^ Petrus Tornator ^ Hugo Mainonis^ Bertrannus et Adam 
sacerdotes-, et abi quam plures. 

[Pris sur l'original. — Je donne à cette charte la date approximative de ^180; 
elle pourrait être antérieure. La plupart des témoins qui signent ici figurent dans uu 
acte à date certaine d'Etienne de Fougères, évèque de Rennes, de ^^68.] 



[Inlci- annos 118} et \ 190.] 



III. 



Fondation de la chapelle Sainct Jehan, en Sainct Georges, par le sieur 
de Tinléniac, sur les dismes de Hédé (t). 

Notum sit omnibus audituris, quod ego Oliverius de Tin- 
teniaco et Tbeophania soror mea , consilio matris nostre 
Erenburgis et amicorum nostrorum, dedimus et concessimus, 
pro amore Dei et pro animabus Willelmi de Tinteniaco patris 
nostri et Gaufridi de Tinteniaco et pro sainte animarum nos- 

(1) Titre écrit au xv* siècle sur l'original en parchemin, d'une écriture du 
xii« siècle. 



— 190 - 

traruin ot omnium aiUeccssorum et succossorum gcnoris 
nostri, Deo et ahbatio beati Gcorgii Iledonensis totam deci- 
mam quam in f'cudo de Ilcdeio habehamus, libère et quiète 
perpétue possidendam, sicut nos cam possidebamus. Ilec 
autcm donatio per manum domini Ilerberti lledonensis epis- 
copi lacta fuit, qui boc voluit et sigillé suo confirmavit. Cum 
vero banc donationem fecissemus, abbatissa et conventus 
Sancti Georgii concesserunt nobis omne beneficium abbatie 
sue, et unam missam pro nobis et amicis nostris et pro fide- 
libus defunctis, a constituto sacerdotc, siugulis diebus, in 
abbatia in perpetuum celebrandam. Et cum sacerdos qui ad 
hoc constitutus est decesserit, alius qui officium expleat sub- 
stituetur. Ut boc autem lîrmum et ratum babeatur, incon- 
cussequc in perpetuum teneatur, ego Oliverius de Tinte- 
niaco, auctoritate sigilli episcopi lledonensis et sigilli mei 
appositione presentem cartam in testimonium bujus donatio- 
nis feci muniri. Testes : totum capitulum Sancti Georgii; 
Paganus de Beclierel; Symon, et Eudo fdius Urserii, capellani 
Sancti Georgii; dominus Willelmus de Albineio; Willelmus 
de Gboiboc; Radulfus de Mucon et muiti alii. 

[Pris sur l'original, charte en parcliciuinj haïUciirj 12 cent., largeur, ^5 cent,, 
écriture du XII« tiècle. 



[An no ci ici 1er H 95.] IV. 

Chirographc coupé en dcnls de scie. 

Universis sancte malris Ecclesie liliis ad quos littere istc 
pervenerint, Uerberlus (1), Dei gracia lledonensis ecclesie hu- 

(1) Herbert, évcquc de Rennes, siégea de 1184 à 1190. 



— 191 — 

milis ministcr, salutem in Domino. Cum multc contentiones 
intcr Steplianam abbatissam Sancti Georgii et Raginaldum 
Crochon coram prcdecessoribus nostris et nobis intervenis- 
sent, tandem omnibus illis terminatis et pretermissis, in hune 
compositionis modum in presentia nostra convenerunt. Pre- 
dictus vero Raginaldus vineam quamdam, que de feodo nostro 
erat, ecclesie Sancti Georgii cum assensu nostro totam et in- 
tegram, partem videlicet suam et partem uxoris sueMazejam 
defuncte, quam ipsa ante nos dederat et concesserat ante 
obitum suum, dédit et concessit, et se in manu nostra spo- 
liavit; et nos ex eadem vinea abbatissam investivimus. Postea 
vero fructum ejusdem vinee ipsa abbatissa prefato Raginaldo, 
quoad viveret, concessit habendum; et post mortem Raginaldi 
quietum abbatisse remanebit. Preterea, aliam vineam in Cor- 
deto, quam xl*' libris iampridem comparaverat abbatissa, et 
ipse eam aliquandiu tenuerat, et silercetum, id est oseree, 
beato Georgio dimisit; et eidem Raginaldo remansit torcular 
juxta vineam locatum, et vindemia illius vinee absque pres- 
soragio premetur monialibus, post primam vindemium que 
erit in torculari. Dimisit etiam eis molendinum quod ab eis 
habuerat et diu tenuerat. Insuper, Stacia uxor Raginaldi et 
heredes ipsius dederunt libère et quiète et concesserunt in 
pcq)etuum possidere Deo et abbatisse Sancti Georgii, pro 
pace et concordia Raginaldi et abbatisse, et sainte animarum 
suarum, et pro calumpniis et contemptionibus inter abbatis- 
sam et ipsum tollendis, censum Poignart, et omne dominium 
et jus tenemcnti, sicut Wilielmus Poignart comitaliter tene- 
bat. Ex quo censu débet feodum Iront xij. denarios^ Rober- 
tus Escobichon, xx. denarios^ Martinus ru fus, v. solidos-, 
feodum Agnel, iij. solides^ feodum Joscii, ij. solidos^ platea 
Elyot, ij. solidos^ platea liervei gazel, ij. solidos; Wilielmus 
Trupe, xij. denarios-, platea Tebaut Goheron, xvj. denarios; 



— iî>2 - 

feodum Vcisin, ij. solidos, et iv*^' dcnarios^ (iuihcnoc le 
(romagicr, ix. denarios; Garncrius la dent, ix. denarios-, 
IJxor Meril, xij. denarios-, Petrus filius Ernulplii, iij. dcnarios 
de feodo Anseis. De duabus autem domibus quas habebat, si 
bcredem de uxore sua habere contigerit, beres prout voluerit 
partietur et equabit, et abbatissa quam elegerit babebit. Si 
talis nullus erit hères, ambe domus beati erunt Georgii. Ta- 
men si Stacia uxor Raginaldi supervixerit, Raginaldo et here- 
dibus deiicientibus, abbatissa unam supradictarum domorum, 
quam ipsa abbatissa voluerit, eidem Stacie in dotalicio con- 
cedet, vita comité, possidendam. Duos vero campos quos 
babet, ubi et oui voluerit, dimittet et ad voluntatem suam 
distribuet. Sed si eum nullum beredem habere contigerit, et 
in lecto egritudinis ad mortem obcubuerit, illis que adqui- 
sierit nulli prius distributis, omnium bonorum suorum portio 
que eum contigerit beato Georgio intégra remanebit. De mo- 
bilibus autem, utrum liabuerit beredem vel non, portio sua 
ecclesie, post mortem ejus, remanebit. Abbatissa et conven- 
tus, pro bono pacis, fraternitatem suam tam in corpore quam 
in anima concesserunt, et stallum unum quod jam tenebat in 
Ibro, vita comité, babcndum concesserunt, reddendo xij. de- 
narios annuatim^ et post mortem ejus quietum abbatie rema- 
nebit. Dedcrunt et sepenominato Raginaldo prcbcndam unam 
cotidianam, sicut uni ex sororibus suis, quandiu vixerit, ba- 
bcndam. Orationum et beneliciorum omnium, ut fratrem 
suum, in vita et morte participem constituerunt-, et post obi- 
tum ipsius Raginaldi pro ejus anima et omnium fidelium de- 
Iwiietorum, singulis diebus, unam missam celebrari in ecclesia 
beati Georgii i)romiserunt. Factum est in presentia nostra, 
sub liis testibus : P. (Petro) et R. (Puiellono) arcbidiaconis; 
lï. (Ilelia) cantore; Jobanne decano Vitreii; Berlranno Salne- 
rio^ R. (Uartbolomeo), nepote episcopi^ P. (Pagano) de Re- 



— 105 — 

cherol; A. Sarraconc; S. Picaut; ot pluribus aliis. Et ut hoc 

l'actum iiostruni ratuni et illihatinn porscvcret, id prcscnti 

pagina l'ccimus annotari et sigilli nostri imprcssionc mu- 
nir i. 

[Pris sur l'original. — Au repli de ce chirographc est appendue la queue du 
sceau; le sceau manque. — Dimensions de la charte : liauteur, 26 cenlimolres jus- 
qu'à l'endenturc; largeur, 2i centimètres. — Écriture minuscule diplomatique; les 
lignes du manuscrit appuyées sur des raies tracées a l'encre rouge. 

On lit au dos du parchemin, en caractères gothiques du Xlll" siècle : « De Ragi- 
naldo Crochon. » — Plus loin, en caractères cursifs du XV* siècle : « Lue vigne en 
Cordet en la paroisse Saint-George. »] 



[Auno H 97.] 



V. 



Extrait de VHistoire Généalogique des seigneurs de Tinténiac. 
(Du Paz, p. 573.) 

Universis Christi fidclibus ad quos litterœ istse pervenerint, 
Oliverius de Tintiniaco et Theophania soror sua salutem et 
omne bonuni. [Iniversitali vestre volumus ut innotescat quod 
nos in eleemosina dedimus et concessimus Deo et abbatiae 
Sancti Georgii Redonensis totam mcdietariam de Villa A.aeles, 
et censarios ejusdem mcdietarie, cum totis pertinenciis que 
pertinent ad dominicum predictce mcdietanœ. Dedimus etiam 
eidem abbatise décimas de Caileboitere, de la Pooeleterie, de la 
Santecochere, de la Doerie, de la Meenerie in perpetuum pos- 
sidendas. Abbatissa vero et conventus pro hujusmodi benefi- 
ciis unam capcllaniam, que servietur in eadem abbatia, ad 
altaie scilicet Sancti Johannis Haptisliie, statuerunt impo- 
nendo proprium capellanum qui ibidem pro animabus G. 
patris mei et E. matris me;e et G. avunculi mei, et anteces- 



— 194 — 

sorum mooriim, singulis diobus divina colcbrabit. Preterea 
statuimus quod conventus, in die anniversariorum, scilicet 
patris et matris nostrorum et avunculi, pitantias habeant 
annuatim. Ut autem boc ratum sit in futurum, prœsens 
scriptum sigillis nostris fecimus coniirmari. Testes sunt isti 
hujus rei : Abbas veteris villae, frater G. monachus suus, 
Guillelmus de Baucena saccrdos, Gauffridus de Chesne sacer- 
dos, P. de Becherel, Piolandus, Guillelmus clericus et plures 
alii. Valete. 

[Nota. — A celte lettre escrite sur velin sont pendans deux seaux; au premier 
sont les armes de Tinteniac, au second est l'image et représentation d'une fille. (Du 
Paz, 574.)] 



[Inler auuos ^^90 et M 99.] VI. 

De capella Sancti Mcloci. 

Universis sancte matris Ecclesie filiis ad quos presens 
scriptum pervenerit, Johannes Dei gratia Dolensis electus (1), 
salutem in vero salutari. Noverit universitas vestra nos in- 
tuitu pictatis et misericordie dédisse et concessisse in perpe- 
tuam elemosinam abbatisse Sancti Georgii Redonensis capel- 
lam Sancti Meloci (2) cum pertinenciis suis perpetuo pos- 
sidendam, salvo jure Dolensis ecclesie, reddendo pro jure 
sinodali xij. denarios, et debitum Pentechostes^ reddendo 

(1) Jean de la Mouche se qualifiait toujours « Dolensis electus, » même 
après le décret d'Innocent III, en 1199, qui soumit Dol à la suprématie de 
rarchevéché de Tours. 

(2) La chapelle de Sainl-Meleuc était située au village de ce nom, dans la 
commune de Pléuée-Jugon, près du château de la lUoussaye. 



~ 195 - 

etiam, ad tenondain lampadem antc sanctuarium in ecclesia 
Doloiisi, V. solidos aiulogavenses pro annua pcnsione. Ut 
autem hoc nostra donatio rata iii posterum et inconcussa 
permaneat, eam prosentis scripli attestationc et sigilli noslri 
niunimine fecimus roborari. 

[Pris sur l'original, pctilc cliarte sur parchemin do 6 centimètres de liauteur sur 
-18 euvirou de longueur, jolie écriture cursive gothique. — Point de sceau.] 



[Aqqo circiter 1190.] 



VII. 



Conûrmalion de la donation faile par Raginald Crochon de tout 
son bien à l'abbaye de Saint-Georges. 

Herbcrtus Dei gratia Redonensis episcopus, omnibus tam 
presentibus quam futuris ad quos littere iste pervenerint, 
salutem in Domino. Sicut ex testimonio littcrarum predeces- 
soris nostri Stepbani (1) bone memorie et quondam Redo- 
nensis episcopi pcreepimus, Raginaldus Crochon pro sainte 
anime sue dédit et concessit ecclcsie Sancti Georgii, vineam 
quam de episcopo Redonis tenet. Dédit etiam et concessit 
supradicte ecclesie omnes possessiones quas habet, et quas 
deinceps est habiturus, ut cas prelata ecclesia intègre et 
quiète, post obitum sepedicti Raginaldi possideat, et omnia 
ejus mobilia sine reclamatione percipiat. Hoc autem idem 
Stephanus episcopus supradicte ecclesie totum concessit et 
conlirniavit, salvo annuali censu quod debetur episcopo, sci- 
licet tribus niinis IVumenti, singulis annis. Nos vero supra- 
dicte ecclesie aliquid detrimentum pervenire et predecessoris 

(I) Etienne de Fougères, évéque de Rennes (1168 lt79). 



— 1!» — 
noslii |.ium racliin. irritari nolentes, hanc |).-odicli Raginaldi 
.lonalioncm coiam nohis al) ipso et uxorc cjus Mazc recogni- 
tani et concessam présent! pagina conlirmavimus, salvo tamen 
predicto censu; et hoc sigilli nostri muniminc raboravimus. 
Testes sunt hujus rei : lîartholomeus ncpos episcopi; P. de 
Formoso Monte; B. Salncrius, Willelraus clericus cpiscopi; 
P de Bechcrel; Eudo iilius Urscrii; P. nepos Pagani; 
11. scriptor; G. segrcstarius; G. Iilius Theobaudi; Johannes 
liai; WiUelmus Chii)aut et fratcr ejus R. et multi alii. 

TAu Jos de la charte est écrit en caractères an xive siècle : . Liltere super ele- 
„,„si„a facta a nagJ» Crocon de u.,a viBnca. . Le sceau mamiue; l'écriture de l'acte 
est du Xll" siècle] 



[Anno circitcr ^^89.] 



VIII. 



Don de certains Iraicts de dime donnés à l'abbaye de Sainct Georges sur 
les champs appelés « de Yitré, » par Guillaume de Gevresé. 

Universis ad quos littere iste pcrvcnerint, ego WiUelmus 
Rodonensis sencscallus salutem et omne boniim. Universitati 
vcstrc innotescat quod WiUelmus de Geureseio in presentia 
nostra dédit et concessit pacifiée decimam Camporum de 
Yitreio quam homines de Chodrei et de la Gaubertere redde- 
bant Deo et abbatie Sancti Georgii pro Stcpbana iilia Galerani 
lilii predicti Willelmi in eadem abbatia moniali, in perpetuum 
possidendam. Lucia vero monialis ejusdem abbatie, soror pre- 
fati WiUelmi decimam illam quam ante tenebat dimisit, et se 
in manu domine abbatisse spoliavit. Hoc autem concesserunt 
lilii prefati Willelmi, videlicel (;aleran et Alanus et Guibenoc, 
cl onnies alii beredes concesserunt. Pretcrea sepedictus Wd- 



— 197 — 

lelmus, et prefati ojus iilii et omiies alii heredes concesse- 
runt et pepigerunt Deo et abbatic quod ipsi bomines suos de 
Etvineio, née vi vel rapiiia-, vel injuria non turbarent, nec 
eis de possessionibus gravamen irrogaront. Et ut boc ratum 
babeatur, ac stal)ile in posterum, sigilli mei presentem car- 
tani testimonio conlirmavi sub bis testibus : St. abbatissa; 
S. celleraria^ Orf. secrétariat Hodieirna de Apinneio, sancti- 
monialibus; Roberto de Apineio^ Conano de Campeneia et 
pluribus aliis. 

[Pris sur l'original, Ocriture du XH^ siècle. — On lit au dos de la cliarle, en 
écriture du XV* siècle : « Lettre dune dixmc donnée a labbayc de S. Georges des 
terres nommées les champs de Vitré. »] 



[Inter annos fl99 et 1210.] lA. 

Caria de domino Johanne de Dol super novem libris de cuslodia. 

Omnibus Cbristi fidelibus presentibus et futuris bas litteras 
inspecturis vel audituris, Willelmus senescaulus Redonensis 
salutem in vero salutari. Noverit universitas vestra quod acce- 
dens ad nos Stepliana Sancti Georgii abbatissa, graviter nobis 
est conquesta de Jobanne de Dol qui bomines suos de Gui- 
banne (1) quos habet et possidet de helemosina et dono co- 
mitis Rritannie, contra justitiam depredari et rébus suis spo- 
liare non verebatur. Nos vero querimoniam ejus benigniter 
audientes atque elfectui mancipantes,, predictum Jobannem 
citari l'ecimus, ut ipse coram nobis pref'ate abbatisse compa- 
reret responsurus. Qui in illo placito duos fecit defectus 
cognitos et probalosj et idcirco, judicio nostre curie, propter 

(1) Saint-Georges de GreUaignc, diocèse de Dol. 



— i98 — 
illos duos (lefectus, tanlum de suo cepiinus quod ipso com- 
paruit coram riohis (3x parte sua proponens quod novem 
libras, jure hereditaiio cum liominihus de Guihaniie liabere 
dchchat. Abljatissa vero e contrario hoc ncgahat, dicens illas 
novem lihras predicto Jolianni de jure non competere; sed 
liomines de Guihanne eas antecessoribus ipsius Jobannis sine 
consensu et voluntate capituli et abbatisse Sancti Georgii pro 
quadam custodia douasse. Nos vero eoruni discordiam ad 
tempus sopire cupientes, habito prudentum virorum consilio, 
taliter providimus : quod res ad tempus rcmaneret in sus- 
penso, ita tamen quod dictus Jobannes illas novem libras, 
quandiu abbatissa ab hoc placito cessare volucrit, per manum 
servientis abbatisse, terminis assignatis, al) bominibus de 
Guibanne babebit, set (sic) nibil amplius^ et pro tanto débet 
ipse dictos bomines ab omnibus bominibus super quibus 
babet potestatem lideliter custodire. Et hoc tamdiu inter eos 
servabitur quamdiu abbatissa et capitulum hoc placitum no- 
luerint renovare. Quando vero abbatissa placitum voluerit de 
novo incipere, tune dictus Jobannes, pro duobus supradictis 
delectibus, abbatisse ante cause ingressum condempnabitur. 
Preterea tune res in eodem statu in quo nunc remanet, 
quando abbatissa questionem istam renovare voluerit, inci- 
piet. Et ut hoc stabile permaneat, sigilli nostri munimine 
fecimus roborari. Predictus vero Jobannes suum sigillum huic 
quarte {sic) coram nobis apponere promisit. Testes autem 
hujus rei sunt isti : P. Redonensis episcopus (1)^ et P. archi- 
diaconus; et Pi. archidiaconus; et B. Salncrius; et B. miles de 
sancto Egidio^ et G. Spina vêtus ^ et G. corte pie^ et multi 
alii tam clerici quam laici. 

[Pris sur l'original; il y avait trois sceaux pondanis. — Au Jos du paiclioniin on 
lit : « Sentence donnée par un scnochal de Rennes entre les Dames religieuses de 

(1) Pierre de Dinan, évêqiic de Rennes (1199-1210). 



- \m — 

Saint-Georges et Jean de Dol sur ce que ledit Jean levoll 9 livres de rentes sur les 
hommes de Grebaigne subjects auxdiles Dames par don leur faict par le comte de 
Bretaigne. Il est décidé qu'il prendra les 9 livres des vassaux, mais parce qu'il les 
fera garder par ses vassaux à lui. » (Écriture du XVII* siècle.) ] 



[Anno'1200.] X. 

Privilèges et immunités du fournicr de Saint-Georges. 

Notum sit omnibus tam presentibus quain futuris quod 
Stephana Sancti Georgii Redonensis bumilis abbatissa, Con- 
stantiîc dominai suae, comitis Conani filiœ, conquesta est pro 
farnario suo cui talleia interrogabatur. Stephana vero abba- 
tissa dicebat quod furnarius suus liber erat et immunis ab 
omni talleia et accommodationc, et exercitu et equitatu. Pre- 
dicta vero Constantia comitissa praecepit Willelmo senescliallo 
suo Redonensi quod bujus faceret rei audire testimonium, et 
teneri. Coram Willelmo senescliallo praedicto auditum fuit 
testimonium unde testes dixere quod viderant et audierant 
quod, in tempore grossi comitis Conani, et Alani comitis, et 
in tempore Conani patris Constantiœ comilissœ, et in tempore 
Gaufridi comitis sponsi pncdictaî comitissae, nunquam reddi- 
derat prnedictus furnarius talleiam, neque exercitum, neque 
accommodationem. Testibus Rertranno Salnario^ Tehello ca- 
pellano; Alano filio Saracene-, Reginaldo Crocun; Willelmo 
filio Guires. Menardo^ Eudone-, Constantia^ Tebaut le hardi 
burgensibus. Et plures alii interfuerunt huic testimonio, et 
circa testimonium eorum remansit pra:ifatus furnarius quietus. 
Facta fuit bec carta anno ab Incarnatione Domini M° CC°, 
anno bissextili. 

[Pris sur une copie en papier, écriture du XVII* siècle.] 



- 200 



[Anno 1202.] XL 



De ecclesiis Macloviensis diocesis (1). 

Universis Cliristi (idelibus présentes litteras inspecturis 
P. (2) Dei gratia Macloviensis episcopus et eju$(lem ccclesie 
capitulum salutem in Domino. Noverit universitas vestra quod 
cum inter nos et Steplianam abbatissam et conventum Sancti 
Georgii Redonensis contencio verteretur super ecclesiis et 
decimis quas in Macloviensi diocesi, sine assensu nostro et 
antecessorum nostrorum tenebant, tandem coram venerabili 
in Christo Domino et amico nostro P. Redonensi episcopo, 
pacem cum eis fecimus in hune modum. Preftlte Stephana 
abbatissa et conventus Sancti Georgii concesserunt episcopo 
Sancti Maclovii ejusque successoribus quicquid habebant in 
ecclesiis Sancti Maclovii de Rreial et Sancti Turiavi, tam in 
decimis quam in oblationibus, jure perpetuo possidendum. 
Nos vero eis confirmavimus atque concessimus quicquid in 
(ipiscopatu Sancti Maclovii habebant, tam in decimis quam in 
oblationibus et ecclesiarum presentationibus vel quibusque 
aliis justis modis^ in quibus hec propriis nominibus duximus 
exprimenda : ecclesiam béate Marie de Tinteniac cum decimis 
et pertinenciis suis^ capellam Sancti Domelli com medietale 
décime ipsius parrochie et duabus partibus tercie partis alte- 
rius medietatis et porcionibus oblacionum i[)sius capelle quas 
in ea antea capiebant. Gapellam de Calceia com decimis et 

(t) Confirmalion par révèquc de Sainl-Malo des bénéfices du diocèse de 
Sainl-Malo donnés à l'abbaye de Sainl-Georgcs. 

(2) Pierre Giraud, êvêqiie de Saint-Malo (tl8i-t-218). 



- 201 — 
oblacionihus suis, (^apollam de Treimer coin docimis et obla- 
cionihus suis. Capellam de Sancto Gordiano coin porcionihus 
deciinaruin et ohiationibus suis. Decimain de Prenahat. Eccle- 
siam Sancti Sisignii corn deciinis et ol)lationibus suis. Deci- 
mam de Penpo que est in Gouen in feodo Rol)erti de Belocac. 
Duas partes décime de Treguene que est in Plena, et feodo 
de Treguene; decimain quam habent in parrocbia de ïalen- 
cac-, salvo per oinnia jure episcopali et capellanorum qui in 
prefatis ecclesiis ministrabunt. Et ut boc ratum et firmum 
luturis temporibus permaneat, présentes litteras sigillorum 
nostrorum impressione fecimus communiri. Actum est boc 
apud Redonas, anno Incarnati Yerbi M'' CC** IF. 

Concessimus etiam eisdem abbatisse et monialibus Sancti 
Georgii presentibus et futuris omnes elemosinas et omnia 
bona que in episcopatu Sancti Maclovii ju*stis modis futuro 
tempore poterunt adipisci. Hujus rei testes sunt : Dominus 
P. (1) Redonensis episcopus; P. prior et arcbidiaconus Sancti 
Maclovii ^ P. arcbidiaconus Redonensis ; P. arcbidiaconus 
Macloviensis ; Bertrannus Salnerius; Paganus de Becberel-, 
Willelmus de Miniac, canonicus Macloviensis; Robertus poeta; 
Hing. de Frotu; Radulfus Daruale; Ruellon Loisel; et abi 
plures-, valete. 

[Pris sur l'original. — Il y avait deux sceaux à queues.] 
(t) Pierre de Dinan. 



U 



— 202 — 



[Anuo ^203.] 



XII. 



Composilio super dccimis de Trebuchet (titre du xv« siècle). 
Johannes de Trefrioc (xiiie siècle) (l). 

P. Dei gratia Macloviensis episcopus omnibus Cliristi fide- 
libus présentes litteras inspecturis salutem in Domino. Noverit 
universitas vcstra quod cum inter T. (2) abbatissam et con- 
ventum Sancti Georgii Redonensis ex una parte, et Johannem 
et Ruellonem l'ratrem ejus clericos, verteretur contencio super 
quibusdam decimis quas idem clerici jure hereditario possi- 
debant, tandem in presentia nostra composuerunt in hune 
modum. Prefati clerici omnes décimas quas jure hereditario 
tenebant, in manu nostra resignaverunt ; et tam ipsi quam 
fratres eorum, Willclmus, Petrus, Radulphus, et sorores, 
Eremburgis, Orguen et Isabella super Evangelium juraverunt 
quod in decimis illis per jus hereditarium nichil de cetero 
reclamarent. Nos autem décimas ipsas memoratas abbatisse et 
conventui et ecclesie Sancti Georgii concessimus in perpe- 
tuum possidendas. Supradicte vero abbatissa et conventus 
Sancti Georgii pro bono pacis in elemosinam concesserunt 
dictis clericis decimam suam que est inter Guentum et Tre- 
buchet, cum décima de converso, sicut ad unam iirmam tradi 
solet. Ita quod quamdiu simul vivent ij)si clerici, eam com- 
muniter possidebunt; mortuo autem allero eorum, ille qui 
supervixerit, totam decimam illam vita comité possidebit. 

(1) Abandon fait par quelques clercs de dîmes qu'ils disputaient à l'ab- 
baye. 

(2) Thcophania vcl Slcphana do Tinléniac. 



— 20o — 

Utroquo autom eorum siiblato do niodio, décima illa ad ecclo- 
siam Sancti (roori^ii libéra reverletur. De décima autem ipsa 
reddent sepedicti clerici, singulis annis, quamdiu eam tene- 
bunt, abbatisse et conventui Sancti Georgii, qiiinque qiiarte- 
ria siliginis, et v. avenc grosse, de tali blado qualc reddetur 
de decimis de Tinteniac. Ut autem ista compositio inter eos 
lirmior permaneat, litteras istas sigillo nostro fecimus sigil- 
lari. Actiim est hoc anno gracie M" CC" IIP. 

IIujus rei testes sunt : P. prior et archidiaconus Sancti 
Maclovii; Hertrannus Salnerius, canonicus Uedonensis^ Paga- 
nus de Becherel^ magister lladultus de Miniac^ magister lia- 
ginaldus canonicus de Rebriac; W. de Miniac, canonicus 
Sancti Maclovii; Gauterius presbiter de Becherel^ Rollandus 
nepos abbatisse; Gaufridus de Tinteniac et alii plures. Yalete. 

[Pris sur l'origiiial; il y avait un sceau dont la queue seule existe.] 



[Annu I203.J 



XIII. 



Transaction et accord conclus par Tabbcsse de Saint -Georges cl le 
recteur de Tinteniac avec le recteur de Saint-Domineuc. 

P. (1) Dei gratia episcopus et P. et R. archidiaconi Maclo- 
vienses omnibus Christi fidelibus prœsentem paginam inspec- 
turis salutem in Domino. JNoverit universilas vestra quod cum 
esset contentio inter abbatissam et conventum Sancti Georgii 
Redonensis et Petrum de Becherel personam ecclesia^ de 
Tinteniac ex una parte, et magistrum Guillelmum personam 



(I) Pelrus. — C'est Pierre Giraud, qui, d'abord chanoine de Saint-Pierre 
de Rennes, fui élu eu 118; évêquc de Sai;il-Maio; il siégea jusqu'en 1218. 



— 204 — 

occlosic<i Sancti Domclli ox altéra, super vicaria ecclesiae de 
Tinteniac et super decimis parochiije Saneti Domelli, inter eos 
j)acem fecimus in hune modum. Abbatissa et conventus 
Sancti (ieorgii pnefato magistro Guillelmo quinque quarteria 
siliginis annuatini vita comité percipienda concesserunt in 
décima de Tinteniac, ubique ipse voluerit, de meliore blado 
quod ipsa^ de décima sua habebunt. Dictus vero magister que- 
relam quam super vicaria illa moverat dimisit-, et pro beneficio 
quod ei contulerant lidelitatem ccclesise Sancti Georgii jura- 
vit contra omnes hostes prêter episcopos Andegavensem et 
Maclovienscm et eorum capitula. Statutumque fuit inter eos 
quod décimas parochiae Sancti Domelli acquirendas uno con- 
silio acquirerent, et de illis quas possent acquirere liaberet 
ecclesia Sancti Georgii duas partes, et ecclesia Sancti Domelli 
tertiam, ad opus presbiteri 5 ita quod conventus Sancti Geor- 
gii mittat duas partes et parochia Domelli tertiam in expensis 
uno consilio factis propter décimas illas acquirendas. Conces- 
sit et magister Guillelmus portiones quas parochia de Tinte- 
niac in ecclesia Sancti Domelli solet percipere, quandiu ipse 
ecclesiam illam tenuerit, se pacifiée redditurum sicut scire 
poterit antecessores suos antea reddidisse. Hanc autem com- 
positionem se juravit magister Guillelmus bona fide servatu- 
rum. Actum est hoc anno gratis^ 1203. Tune autem in paro- 
chia Sancti Domelli acquirendix) erant décime quas tenebant 
Agnes molendinaria et pueri ejus, Geroart Lecoq, A. et Guil- 
lelmus Gopil, et hacredes Gaufridri Giicol, similiter de décima 
Lanae. Hanc itaque compositionem concessimus et custodes 
luimus pro utraque parte, et ut ratum haberetur in posterum, 
litteras istas sigillorum nostrorum testimonio fecimus com- 
muniri. 

[Fris sur un collationné à la grosse originale, signé d'un conseiller rapporleur 
référendaire on la cliancelloric près le Parlement de lirelagnc (Joseph Arol).J 



-- 205 



[Anno <20b.] AlV. 

De Pagano de £spinelu (1). 

Inivorsis ad quos littorc iste pervenerint, ego Wuillelmus 
JltHlonensis seiioscallus salutcm. Con {sic) inter dominam Ste- 
phanam al)batissam beati Georgii Uedonensis et ejus conven- 
tuni ('\ una parte, queriinonia coram nobis verleretur, et 
Paganum de Spineto ex altéra; dicebat enim eadem abbatissa 
militas exactiones et violentias in terra Saneti Georgii de 
Spineto, que est de elemosina comitis Britannie, sibi impu- 
denter intulisse; nunc tandem domiim quamdam de terra 
eradicasse, et secum violenter asportasse, com ipse nec ante- 
cessores sui in ea aliquid juris babuissent. E contrario, Paga- 
nus dicebat se quasdam consuetudines et jura in terra habere. 
Postremo in curia domini comitis et nostra judicatum fuit 
quod legitimo testimonio terre audiretur quid pars utraque 
juris in terra baberet. Quod ab utraque parte concessum est. 
Die vero statuta, venientibus in curia nostra, Hamelino et 
(iuillelmo de Acineio, Roberto Dobin, Hodre, Hervé de Coimes, 
Kaiiiaido Maler, (iuorantono Pasquer, Hervé le Roier, Bole, 
(iaulerio Oger, Rainaldo Marquer, Rainaldo le grimaudeis, 
(iaufiido Gauler, testati sunt quod illa tota terra de Spineto 
que est Saneti Georgii, propria erat domine abbatisse, et 
(|uod Paganus, vel ejus antecessores, nicbil juris in eadem 
terra un(]uam liabuerunt. Proinde judicatum fuit in curia 
domini comitis et nostra quod Paganus, vel ejus heredes, 

(1) Jugement d'un sénéchal de Rennes. 



— 206 — 

(Icinccps iii illa terra manurn violentam aponcre non dehcront, 
ncc aliquid dchercnt rcclamarc. De domo autcm quam ipse 
violenter austulerat, domine ahl)atisse in continenli fecimus 
satisfieri et emendari. Factum est autem hoc in curia nostra, 
apud Uedonas, anno gracie M'' CC" Y""-, presentibus istis : 
domino P. fledonensi episcopo; Guillelmo tliesaurario^ P. de 
Bellomontc^ P. de Vitrcio^ P. decano de DesertOj 15. d'Albi- 
neia^ Guillelmo de Pleseiz^ Roberto ejus fratre^ Eudone de 
Maglecliat^ Hues (ilio Alani-, Alano de Charbonnères -, Adan 
Mileserit^ Guillelmo Tornatore et pluribus aliis. Et ut hoc 
ratum esset et illesum, presentem cartam sigilli nostri testi- 
monio fecimus confirmari. 

[Pris sur l'original; plus de sceau,] 



[Aiuiis ^206 et 1207.] XV. 

De Leprosaria de Tinteniac (1). 

1. lloaudus, prior, et Fratres domus leprosorum de Tinte- 
niac omnibus ad quos presens scriptum pervenerit, salutem 
in Domino. Noverit universitas vestra nos concessisse pro 
nobis et pro successoribus nostris abbatisse et conventui 
Sancti Georgii et ecclesie Sancti Domelli, quod si de cetero 
aliquam terram excoluerimus in parochia Sancti Domelli, 
rcddemus pacilice decimam abbatisse et conventui Sancti 
Georgii et ecclesie Sancti Domelli, salvis decimis terrarum que 
continentur inter viam que ducit a Maladeria versus Cas- 



(1) Ces deux pcliles Charles, allacliécs ensemble, sont à peine de la di- 
mension d'une carte à jouer. 



— t207 — 

telet Huson et torrentem qui dicitur Guentus, qiias liabe- 
mus ex donatione domini Macloviensis, cum assensu capituli 
Sancti Georgii et priore Saiictî Domelli. Actuin aniio gracie 

M*^ cc' vr. 

2. Roaiidus, prior, cl Fratros domus leprosorum de ïinte- 
niac, etc. Universitati vcstre innotescat nos concessisse paci- 
fiée reddituros abbatissc et conventui Sancti Georgii, etc., 
décimas omnium terrarum quas unquam excoluerimus in tota 
terra ahhatie de Tinteniaco, salva décima cujusdem jornalis 
terre prope domum nostram quam habemus ex dono abba- 
tissc et conventus Sancti Georgii; quod videlicet jornale te- 
nebant llospitalarii qui solebant manere in loco in quo sita 
est domus nostra. Actum an no gracie M^ CC" VIP°. 

[Pris sur l'original.] 



[Aniio 1208.] 



XVI. 

De Jobaona de Pan (1). 



Omnil)us Cbristi lidelibus tam presentibus quam futuris ad 
quos presens scriptum pervenerit, Stepbana Sancti Georgii 
Hedonensis humiiis abl)atissa, salutem in vero salutarj. Uni- 
versitati vestre notum fieri volumus quod nos, ad peticionem 
domine Johanne de Pan, medietatem nostram de Pan eidem 
.fobanne concessimus, quandiu vixerit, in pace possiden- 
(lam, reddendo nol)is singuiis annis iv"'' quarteria frumenti in 
Nativitale LJeate Marie; eamdem vero Jobannam in sororem 



(i) Manoir de Pan, en Bruz. 



- 208 - 

nîccpinius et, cuni ipsa voluerit, sivc ad vitam, sivc ad nior- 
tcm, hahitum rcligionis accipcre poterit. Ipsa vcro decedcnte, 
possessiones que in eadem mediatcria erunt, in segctihus 
culture terre et in animalibus, nostre erunt. Et ut hoc ratum 
et stabile habeatur, présentes litteras sigilli nostri muni mine 
roboravimus^ testibus hiis : B. Salnerio^ Pagano de Be- 
cherello^ Pagano decano Deserti ^ Bolando nepote nostro^ 
et pluribus aliis. Actum est anno ab ïncarnatione Domini, 
W CC" VIIF. 

[Pris sur l'original.] 



[AllDO 1210.] - , XVII. 

Donalion de Guillaume de Poiicncé à Saint-Georges. 

Sciant présentes et posteri qui presens scriptum inspexe- 
rint quod ego Guillemus de Guirchia, fdius Gaufridi de Po- 
henceio, dedi Deo et abbatisse beati Georgii Bedonensis vi- 
genti solidos in redditum perpetuo habendos in molondinis 
meis de Quarquerun (1), in vigilia Sancti Georgii, ad piden- 
ciam (.sic), ad opus conventus in die beati Georgii. Hoc 
concessit Gaufridus de Pohenccio filius meus, anno gracie 
M" ce** X", apud Guirchiam, in tempore ïheophanie beati 
Georgii abbatisse, die festo Gervasi et Protasi (2)^ sub bis tes- 
tibus : Pagano de Becherel; Bolando ejusdem abbatisse ne- 
pote^ Herberto priore Sancti Nicholai de Guirchia 5 Stephano 



(1) Carcraon, aux environs de La Gucrche. Le grand élang de Carcraon 
est sur le Icrriloirc de Domalain. 

(2) 19 juin 1210. 



- 209 — 

de Cosniis^ Hugonc lilioxVlani^ Guillelmo capellano^ Robcrto 
Rato, cum pluribus aliis. 

[Plis sur l'original. — Cotte charte est annexée à un jugement de l'Official de 
Rennes, qui prononce sur l'appel interjeté par Geoffroi de Pouencé, fils du donateur, 
lequel était en discussion avec l'abbesse, refusant de lui payer la rente de 20 sous 
et les arrérages échus montant à 8 livres, pour huit années; ce à quoi l'avait con- 
damné une première sentence prononcée par maître Adan), archidiacre de Rennes. 
La sentence de l'Official confirme le jugement de l'archidiacre et contlamue le sei- 
gneur de Pouencé aux dépens de toute l'instance. Elle est datée de ^239.] 



[Anno I2^^.J XVIII. 

Cyrographum (coupé en ligne droite). 

[Convention entre l'abbesse de Saint-Georges et les Frères Hospitaliers de Jérusalem, 
alias chevaliers de Malte ou de Saint-Jean de Jérusalem.^ 

Petrus Dei gratia Macloviensis episcopus, omnibus ad quos 
littere présentes pervenerint, perpetuam in Domino salutem. 
Ad universitatis véstre noticiam pervenire dignum duximus 
(juod inter dominam Stepbanam , venerabilem abbatissam 
Sancti Georgii Redonensis, et Fratres Sacre Domus Hospitalis 
Jerosolime talis intercessit conventio. Domina itaque abba- 
tissa, cum unanimi assensu capituli sui, concessit predictis 
Kratribus terram illam quam Jobannes Affroec tenebat de 
abbatia Sancti Georgii in Lesternac, salvo jure annuo duode- 
cim tantummodo denariorum nomine procurationis, sicut in 
terra illa vulgariter nominatur, in Natali Domini solvendo- 
rum, sub iali conditione quod, si predicti Fratres prenomi- 
natos xij"" denarios non soWerent, liceat predictc îrfjbatissc 



— 210 — 

nannum (1) capcrc in terra illa et in mercia sua remanebit^ 
salvo preterea omni jure parrochiali ccclcsie de Tintiniac, 
tam in decimis predialibus quam personalibus^ salvis etiam 
aliis obventionibus que jure parrocbiali soivi consueverunt. 
Preterea si aliquid privilegium a sepedictis Fratribus Hospi- 
talis impetratum fuerit vel in posterum impetrandum quod 
predictis conditionibus videretur obviare, nullam contra abba- 
tissam vel conventum super bis penitus obtineat lirmitatem. 
Preterea ecclesiam vel capellam non licebit illis ibidem con- 
struere, nec cimiterium facere. Hoc etiam taliter constitutum 
est, sive terra illa per bomines Ilospitalariorum, sive propriis 
laboribus et expensis colatur, Quod si premissa iîdeliter non 
scrvarentur, concessio ista non teneret. Hanc igitur conven- 
tionem a domina abbatissa confirmatam et a fratre Guillelmo 
de Villariis tune Priore Domus Hospitalis in Francia sigilla- 
tam, ad presentium et futurorum notitiam, sigilli nostri mu- 
nimine corroboravimus. Actum fuit boc anno Yerbi incarnati 

[Pris sur l'original. — Les trois queues à sceaux pendent encore sur le repli de 
la charte. L'écriture est minuscule gothique ; les lignes reposent sur des raies tracées 
à la pointe sèche. — Au dos du parchemin on lit, eu écriture du XIll» siècle, ce 
titre : « De fratribus Jherosolimitani Uospilalis. »] 

(1) Nannum ou namium, id est pignus, gage, nantissement. Namium 
capere, c'est obliger le débiteur à remplir ses obligations par la saisie du 
gage, lequel s'entendait principalement, dans l'origine, des troupeaux, du 
bétail formant le gage du créancier. Cf. Ducange, v° Namium. {Gloss. mad. 
et inf. Latinitatis.) 



21 i 



[Auno 12i3.] 



XIX. 



Au dos : « Super Buhurdcia dicta de Planis. » (xiii® siècle.) 
« Hospilal de Tinléniac. » (xv« siècle.) 

Frator lobordus niagister Iiuinilis Icrosolimitani Hospitalis 
in Britannia^ Frater AV. ejusdem Hospitalis magister in Ande- 
gavia, Matildi (1) venerabili abbatisse Sancti Georgii, totique 
ejusdem loci conventui, et omnibus Melibus presentem pagi- 
nam visuris vel audituris salutem in Domino. Universitati 
vestrc innotescat quod cum nos, ex donatione magistri Willelmi 
de Tintiniaco, assecuti fuerimus herbergamentum suum de 
Buburdeia cum omnibus pertinenciis suis, cum assensu nobi- 
lis viri Oliveri de Tintiniaco et ipsius dicte abbatisse, nolumus 
nec debemus in presens nec in futurum jam dictis abbatisse 
et monialibus, nec ecclesie de Tintiniaco, nec matri ecclesie 
de S"* Domello, aliquod gravamen vel molestiam generare. 
Super quo, de communi iVatrum nostrorum assensu, statuimus 
et concessimus quod cum ibidem habeamus oratorium ad 
celebrationcm missarum tantummodo ad opus fratrum nostro- 
rum in eodem loco manentium, salvum sit totum jus parro- 
cliiahi dictarum ecclesiarum et abbatisse et conventus Sancti 
Georgii, tam in oblationibus quam sepulturis, quam in deci- 
mis et in novalibus et in terris excultis. Sive liomines nostri 
sive nos propriis laboribus et sumptibus excolamus <.'asdem, 
nonobslantibus privilegiis de benignitate Sedis apostolice 
a nobis impetratis vel postmodum impetrandis. Concessimus 

(l) Malildc, abbcsse de Sainl- Georges avant 1213. 



- 212 - 

ctiain quod niansionarios ahbatisse non recipit'mus ad niaïKîii- 
durn in dicto loco, prêter assensum abhalisse. Et ut nulli 
fratrum nostrorum contra hoc venirc liceat in futurum, pré- 
sentes litteras sigillorum nostrorum munimine f'ecimus robo- 
rari. 

[Pris sur l'origiual. — Parchemin xiii* siècle ; entaille de deux sceaux qui 
manquent.] 



[Anno I2J3.] XX. 

Vidimus de la charte précédente, adressé par le grand-maître des 
Hospitaliers en France à l'évéque de Saint-Malo et à l'abbesse 
de Saint-Georges. 

Reverendo patri in Christo P. Dei gracia Macloviensi epis- 
copo, M. venerabili abhatisse et conventui Sancti Georgii 
Redonensis et omnibus Christi fidelibus présentes litteras 
audituris-, frater Gaufridus, Magister humilis lerosolimitani 
Jlospitalis in Francia, salutem in Domino. Universitati vestre 
innotescat quod cum nos ex donatione magistri AVillelmi de 
Tinteniaco assecuti l'uerimus herbergamentum suum de Buhur- 
deia, etc. 

[Le reste conforme et identique au texte de la charte précé- 
dente^ sauf la phrase suivante :] 

lllud autem duximus apponendum quod bomines niansio- 
narios dicte abbatisse in predicto h)co de Ruliurdeia, prêter 
assensum suum non recipiemus ad manendum. 

[A la fin de la charte se lit l'addition suivante :] 

Vobis, domine Macloviensis, su])plicantes quatinus hoc 



- 2i5 — 

ipsum auctoritate vostra conlirmotis. Illiul ociam non dobonius 
ouimittere nos abhatissam et moniales Sancti Georgii in fra- 
tornitatom cl participationeni honorum spiri tuai i uni Sancte 
Donius Hospitalis récépissé. Unde, si opus fuerit, in negociis 
suis, ubicunque nos invencrint, salvo honore nostro, l'uerimus 
adiutores. Actum anno gracie M*" CC" XIII*^. 

[Pris sur l'original. — Au dos du parchemin on lit : « De Buburdeia » («écriture 
du XIII* siècle); — « Pour les églises de Tinteniac et Saint-Domeneuc » (écriture 
du XV8 siècle).] 



[Anno 1220.] 



XXI. 

De terra de Fail (l). 



Universis Christi lidelibus ad quos littere iste pervenerint, 
Radulplius de Fagileio salutem. Noverit universitas vestra 
quod ego, pro remedio anime mee et parentum meorum, dedi 
ahhatisse Sancti Georgii Redonensis unam minam siliginis 
liahendam singulis annis cuni heredibus meis in lierberga- 
mento meo de Fail, ad festum béate Marie in septembri. Quod 
ut ratum in perpctuum permaneat, presens scriptum sigilli 
mei muniminc roboravimus. Actum anno gracie M^ CC" XX''. 

[Il y a une ratification de la susdite donation, datée de l'an 1239, par « Radulphus 
de Fragileio miles, » neveu du précédent.] 

(1) L'ancien manoir et fief du Fail était situé à Domloup, près Chûteau- 
gtrun. 



— 214 — 



[Anuo -1220.] XXII. » 

Universis Christi fidelibus présentes litteras inspecturis 
R. (1) Dei gratia Macloviensis cpiscopus, salutem in Domino. 
Noveritis universi (}uod cum controversia coram nobis verte- 
retur inter M. abbatissam et conventum Sancti Georgii 
Redonensis ex una parte, et Radulfum de (2) Mordillis (?) ex 
altéra, super terra de Trefrioc que de jure spectabat ad abba- 
tiam Sancti Georgii, quam idem Radulfus tenebat, tandem 
inter ipsos taliter est conventum; videlicet quod idem Radul- 
fus in dicta terra de cetero nichil juris poterit reclamare, nec 
aliquid habebit in ea, nisi de assensu abbatisse et conventus. 
Concesserunt autem abbatissa et conventus quod terram illam 
quam dictus R. resignavit, nullo modo traderent, nec Eudoni 
de Rello Monte, nec Petro Roterel, nec etiam heredibus 
eorumdem. Hoc vero non concesserunt de terra quam habue- 
rant ante de Rertranno de Rocha. Statutum est etiam quod 
due partes scilicet molendini abbatie Sancti Georgii libère 
remanebunt, et tercia pars RaduU'o. Cum autem molendinum 
ibi factum fuerit, abbatissa et conventus de duabus suis par- 
tibus suam plenarie facient voluntatem, et Radulfus de tercia 
parte suam. Ut hoc autem inconcussum imposterum perse- 
veret, ad utriusque partis petitionem présentes litteras sigilli 



(1) Radiilphus. — Raoul fut sacré en 1218 et mourut le 12 octobre 1230, 
selon l'obituaire de l'abbaye de Monlfort. 

(2) Vd ii Mordella. » 



— 215 — 

nostri munimine fecimus roborari. Actum anno gracie mille- 
simo ducentesimo vicesimo. 

[Pris sur l'original. — Le parclicmia est un peu plus grand qu'une carte à jouer, 
repli dans la partie inférieure, où est attachée une queue portant jadis un sceau ; 
écriture minuscule diplomatique presque cursivc, d'une grande élégance.] 



[Anno >I220.] AaIII. 

Diï solz de renie sur Merdrignac. 

Universis Christi fidelibus ad quos presens carta pcrvenerit 
Robertus de Medregnac salutem. Noverit universitas vestra 
quod ego Robertus de Medregnac concessi abbatie Sancti 
Georgii Redonensis decem solidos quos avus neus Guineman 
eidem contulerat pro redemptione anime patris mei Roberti, 
in censibus suis de Medregnac qui redduntur in solemnitate 
estivab beati Pétri, ad nundinas de Medregnac, singulis an- 
nis, usualis monete in perpetuum persolvendos. Et quia 
abbatissam et conventum ejusdem abbatie aliquando vexavi, 
si de cetero ad prefixum terminum non redderim, per petiani 
centum solidorum abbatisse et conventui pro expensis abbatie 
teneor emendare. Et ut ratum et firmum presens scriplum 
pernianeret, sigillo meo presens scriptum feci sigillari. Actum 
anno gracie M'' CC" XX^ 

[Pris sur l'original.] 



— 216 — 



[Anno>l223.] XXIV. 

Coinposilio fada inler nos (abbalissam Sancli Georgii) et Guillelmum 
quemdam reclorern ecclesie de Tinleniac. 

[Bail d'une église. Ferme de cinq ans.] 

Omnibus présentes litteras inspecturis, etc., J. (1) Dei 
gratia Redonensis episcopus, salutem in vero Salutari. Uni- 
vcrsitati vestre volumus innotescat quod M. ahbatissa Sancti 
Georgii Redonensis et ejusdem loci conventus receperunt ad 
firmam a Willelmo, persona ecclesie de Tinteniac, ecclesiam 
suam de Tinteniac cum omnibus pertinenciis, terris et rébus 
aliis ad ecclesiam spectantibus ^ et medietariam de Chatelan 
similiter cum pertinenciis-, et magistralem capellaniam de 
Sancto Georgio similiter cum pertinenciis suis, exceptis ber- 
bergamento suo et duobus gugeribus {sic) (2) terre, et prato 
ad eamdem capellaniam pertinentibus. Omnia alia ad capel- 
laniam pertinentia habebunt, et omnia alia supradicta ad 
ecclesiam de Tintenniac et ad medietariam pertinentia ex 
boc babebunt ad iirmam pro triginta libris annuatim eidem 
Willelmo persolvendis; et firma ista durabit usque ad quin- 
quennium. Abbatissa vero et conventus eidem Willelmo, sin- 
gulis annis et biis terminis, persolvent triginta libras, videli- 
cet ad Natale Domini, decem libras^ ad Synodum Pentecostes 
similiter decem libras^ et ad Synodum Sancti Luce simili- 
t-er decem libras. Preterea insuper solventur singulis annis 



{\) Jocelinus. — Jocelin de Moiitaubaii siégea de 1222 ù 1235. 
(2) Jiigeribus. 



— 217 — 

sexaginta solidi liiis tenniuis, ad Natale Domini triginta 
solidi, ad Pasca similiter triginta solidi Johanni Blanchaert, 
pro pensione quam réclamât de ccclesia de Tiiiteniac, vel 
eidem Wuillelmo, si voluerit. Oiniiia autem lionera, unde- 
cumque intérim evenient, persolventur. l^refatus vero Wuil- 
lolmus resignavit prioratum de ïiateniac quitum et liberum 
ab omnibus debitis (}ue contraxit ibi tempore suo, vel que 
ci in introitu suo fuerunt computala^ dimitlet eciam ibi duas 
culcitias, nec meliores, nec détériores^ dimittet eciam utensi- 
lia domus, exceptis archis et doliis et quadrigis atque carrucis 
que ibi émit, vel fecit, vel acquisivit, et excepta una mensa (?); 
omnia avenam (l) et mobilia sua tollet inde, et fenum qui 
extra domum prioratus invenietur tollet similiter^ ibrragium 
autem et t'enum qui in domo prioratus sunt, dimittet ibi. 
Item omnes emptiones, donaciones, acquisiciones suas, ubi- 
cumque sunt, babebit et pro voluntate sua quibuscumque 
voluerit disponet. Pratum autem qui fuit Pagani de Beclie- 
1er (î2), et propriam vineam que babet de dono abbatisse, 
vita comité, possidebit et, post mortem ejus, abbatie remane- 
bunt. De omnibus autem que liabet in feodo Sancti Georgii, 
vel que tenet in eo, excepta vinea Arribardi, reddet census 
debitos et serviet prout débet. Post quinquennium vero, reba- 
bebit ecclesiam de ïinteniac cum omnibus pertinenciis suis, 
et magistralem capellaniam similiter cum omnibus pertinen- 
ciis suis, et medietarium de Cbastelan similiter cum omnibus 
pertinenciis et censibus suis ; et nicbil de ea de cetero abba- 
tie persolvet, et eam vita comité possidebit. Omnes alie con- 
tempciones de retroactis in pace remanserunt. Hujus autem 
pactionis dederunt nos eidem clerico conservatorem et cus- 
todem, et nos eidem clerico litteras nostras testimoniales 



(1) Je crois qu'il faut lire » averia, » les avoirs, le bétail. 

(2) « BechercI » rorn'gcndum. 

15 



— 218 — 

dcdimus noslro sigillo sigillatas, in testimonium et muni- 
mcn. Actum in octaba Omnium Sanctorum apud Redonas, 
anno Domini M" GG« XXIÏP. 

[Pris sur l'original.] 



[Anno H 225.] A AV. 

Diïmes de Chavagne. 

Omnibus Christi fidelibus ad quorum noticiam littere iste 
pervenerint, J. Dei gracia Redonensis episcopus salutem in 
Domino. Universitati vestre volumus ignotescat quod Gaufri- 
dus dictus Monacus et miles in presencia nostra constitutus, 
donavit in pura elemosina Deo et abbatie Sancti Georgii Re- 
donensis tria quarteria siliginis que ipse habebat annui red- 
ditus in décima ecclesie de Ghavaiges^ et illa percipiebat 
singulis annis infra Nativitatem Reate Marie per manum ca- 
pellani ejusdem ecclesie de Gbavaigcs^ et cum illa Gaufridus 
jure hereditario in detrimento anime sue possidebat, ipse 
spontanea voluntate in manu nostra resignavit. Et nos cari- 
tative illa tria quarteria sigilinis attitulavimus abbatie Sancti 
Georgii Redonensis, elemosinam predictam confirmantes. Et 
concessimus cum assensu et voluntate P. Testu, succentoris 
ecclesie Redonensis, qui persona erat ecclesie de Gbavaiges, 
et voluntate Johannis Auvcrnon vicarii ejusdem ecclesie de 
Gbavaiges, quod dicta abbatia tria supradicta quarteria sigili- 
nis per manum presbiteri de Gbavaiges singulis annis babe- 
ret et in perpetuo pacifiée possideret. Ipse vero Gaufridus 
supradictus super sacrosancta jura vit quod ipse eamdem abba- 
tiam super eadem donatione per se neque per alium nuUale- 



— 219 — 

nus molostabit. Hanc carlain siquideni, ne elcmosina minua- 
tur in posterinn, sigilli nostri muniminc voluimus roborarî. 
Valete. Actum anno gracie 3P CC° XX"* quinto, mcnse sep- 
tembris. 

[Pris sur l'original. — Au dos Je l'acte, on lit en caractères du Xlll" siècle . 
• Liitere de tribus quartcriis bladi que nobis dédit iti elcmosinam Gaufridus dictus 
MoNACHUS, miles in imnochia de Cliaveijgnes. « 

Puis il côtt^, en t^riture du XV' siècle : « Lettre de troys quartiers de Lie seille 
que donne Geffroy Mouaisuc mites en la parroasse de Chavaigncs. >»] 



[Anno 1230.] AaVL 

Liltero quas Capitulum Redonensc nobis dederunt super capellania 
Sancli Salvaloris Rcdoiiensis (l). 

Omnibus Christi fidelibus ad quos littere iste pervenerint 
commune Capitulum l)eati Pétri Iledonensis salutem in om- 
nium Sal valorem. Universitati vestre volumus ignotescat quod 
nos abbatisse et conventui Sancti Georgii Iledonensis dedi- 
mus et concessimus capellam Sancti Salvatoris de civitate 
Uedonensi, et tantum ejusdem capelle jus patronatus quod 
ad nos pertinebat^ ita quod pro ecclesia Sancti Pétri de 
Mergato diruta recdificetur ibidem ecclesia parrocbialis que 
de cetero pcrtineat ad liberam donacionem ipsarum, salvis 
nobis herbergamento et censu ejusdem capelle, que tune tem- 
poris pertinebant ad ipsam. Quod ut ratum permaneat ])er 
temporis j)rocessum, istas lilteras sub sigillo nostro communi 
duvimus connnendandas, in bujus donacionis testimonium et 

♦ 1) Tilrc «Tril au xv« sièclo. 



— 220 — 

defcnsionis numimen. Actum anno Vcrhi incarnati M" CC 
trigesimo, mcnsc januario. 

[Pris sur l'original. — Au dos de la charte, en outre du titre ci-dessu?, on lit les 
annotations suivantes : « Lettre comment le Chapitre de Saint Pierre de Rennes 
donna à l'abasse de S' George tel droict quils avoint en la chapelle Sainct Ssuveur 
de Hennés. » (Ecriture du XV® siècle.) — « Bon et bien a garder car cest le don de 
leglise Sainct Saulveur par le Chapitre de Rennes a madame de Sainct George. » 
(Caractères du xvi« siècle.)] 



[Anno -1231.] XXVII. 

Extrait des archives du Chapitre de Saint-Pierre de Rennes. 

Universis Christi fidclibus présentes litteras inspecturis 
Joscelinus (1) Dei gratia Rcdonensis episcopus salutem in 
omnium Sal valorem. Universitati vestre volumus innotescerc 
quod cum Matildis Sancti Georgii Redonensis abbatissa et 
ejusdem monasterii conventus contulissent Willelmo Bouzon 
clerico quamtlam capellaniam attitulatam ad missam celebran- 
dam colidie pro defuntis conventualem, idem clericus coram 
nobis quamdam fecit transmutationem cum dictis abbatissa et 
conventu, de vineis l^otardi que contingebant eideni capel- 
lanie, ita quod ille sanctimoniales in excambium illarum vi- 
nearum dederunt dicto clerico in feodo de Cloone, prope Sanc- 
tum Lazarum, vineam quam viniarius (2) possidere soiebat 
et plantam Ilosmundi presbiteri juxta eanidem vineam sitam, 
et vineam Doalen de feodo Oliverii Cbipaut; lioc modo vide- 
licet quod ille clericus reddet abbalissc beati Georgii unam 

(1) JoscelJn de Monlauban, évêque de Rennes, siégea de 1222 à t235. 

(2) Vel « Viviarius. » 



— 221 — 

niinam t'runienti an nui redtlitus de vineis supradictis, Hos- 
mundi et Viniarii ^ et nisi reddiderit illum redditum ad dicm 
nondinarum Sancti Mclanii, ipso tenebitur emcndare abhatissc 
et conventui supradictis prout laicaliter teneret. De altéra 
vero vinea reddet dicto Oliverio Chipant duos solidos annui 
census in nondinis prenotatis. Nos vero, utriusque partis su- 
per excambio dicto utilitatem cognoscentes, duximus quod 
vinee Botardi in perpetuum dicte abbatisse pacilice permane- 
bunt^ alias vero vineas superius nominatas sepe dicte capel- 
lanie, ad partium peticionem, perpetuo attitulantes, nichil 
ettiam abbatisse predicte super earumdem vinarum decimis 
deroganles. Quod ut ratuin et stabile perseveret, présentes lit- 
teras sigilli nostri munimine duximus roborandas. Actum de 
consensu partium, mense augusti, anno gracie M° CC XXX'' 
primo. 

[Pris sur l'original. — Le sceau manque.] 



[Anuo I23I.J aXVIII. 

Dîme de Chanlepie. 

Universis Christi fidelibus presentibus et futuris Joscelinus 
Dei gratia Redonensis episcopus salutem in Domino. Univer- 
silati vestre notum fieri volumus quod nos, ratam et gratam 
habentes donationem tocius décime quam Ruellonus, eccle- 
siasticus de Guirchia, possidebat in parrochia de Chantepie de 
concessione Joscii de Guirchia patris ipsius, traditam ab eodem 
liuellono magistro Ad^ archidiacono Redonensi, perpetuo 
possidendam, et ubicumquc et cuicumque personîB ecclesias- 
tic3D confcrchdam, cidcm archidiacono auctoritate diocesana 



— 222 — 
conlirmanius, et presentis scripti patrocinio porpctuo commu- 
nimus. Datum anno gracie 1^31, in crastino bcati Mathiaî 
appostoli. 

[Pris sur une copie en papier,] 
[Anno ^232.J 

Universis Chrisli lidelibus, etc., Thomas oiïicialis curiae 
Redonensis et W. de Thessue, decanus de Albigneyo salutem 
in Domino. Noveritis quod Joscedus de Guircliia, miles, coram 
nobis conccssit et ratam habuit, cum assensu et voluntate alio- 
rum filiorum suorum, donationem tocius decim?e quam Ruel- 
lonus de Guilchia (sic), clericus, ejusdem Joscedi [lilius], pos- 
sidebat in parrochia de Chantepie, de dono et concessione 
dicti Joscedi patris ejus, factam ab eodcm Ruellono magistro 
Adîïî arcbidiacono Redonensi perpetuo possidendam pacifice, 
et ubique et cuique personne conferendam. Quod ut ratum et 
stabilc perseveret, de consensu partiiim, prsesentes litteras 
eidem magistro Adœ arcbidiacono dedimus in testimoniura et 
nmnimen. Datum anno gratine 1232. 

[Pris sur une copie du XYII" siècle.] 



[Anno ^233.] XXIX. 

Lcllre de Clément, évèque de Dol, concernant le prieuré de 
Saint-Georges de Grcliaignc. 

Clemens(l)divinaclcmentia Dolensis ecclesie minister bumi- 
lis universis présentes litteras inspecturis salutem in Domino. 

(1) Clément de Yilré, évèque de Dol (1231-1241). 



— 225 — 

Noverit universitas vestra qiiod cum inler dominam abbatis- 
sam et conventiim beati Gcorgii Redonensis ex una parte, et 
Ascelinum Pasdebof ex altéra, coram nobis esset super pluri- 
bus articulis contencio, tandem coram nobis Cuit compositum 
in bunc modum : quod dictus A. dédit et concessit abbatisse 
et conventui supradictis terciam partem acquisitorum que 
ipse fecit in feodis earumdem, exceptis duobus berbergamen- 
tis, uno quod dicitur de vinea^ quod Matbeus filius dieti A. 
tenet, et alio quod Georgius fdius ejusdem A. tenet, quod 
fuit emptum de Hamone de Cogles^ que ipsi et heredes 
eorum tenebunt reddendo eis redevancias consuetas-, quam 
terciam partem dictus A. vita comité possidebit. — Duas vero 
partes acquisitorum babebit dictus M. quas ipse tenebit ab eis, 
reddendo redevancias quas debent feodi quos tenebit. Si vero 
dictum M. sine berede de uxore légitima mori contigerit, 
predicte due partes ad jus et proprietatem monasterii Sancti 
Georgii b'bere revertentur, nec aliquid de illis duabus partibus 
poterit idem M. dare vel vendere, vel pignori obligare, aut 
abas alienare, quum post ejus obitum libère et quiète ad 

predictum monasterium Dédit et dictus A. eis viginti 

libras pro omnibus arreragiis et contencionibus retroactis. 
Preterea, de quadraginta solidis annui redditus quos sibi 
dictum A. promisisse asserebant, fuit taliter ordinatum : quod 
contencionem istam ipsius consciencie reliquerunt. De expen- 
sis vero factis a dicto A. circa edificia de Gribennia repa- 
randa, reliquit idem A. conscienciis earumdem. De mobilibus 
autem suis disponet dictus A. pro sue arbitrio voluntatis. 
Prioratum vero de Gribennia cum pertinenciis suis, sicut 
hucusque tenuit, vita comité possidebit, et cognoscet de 
causis bominum prioratus et bominum abbatisse eo modo 
quo ad prioratum pcrtinet et bactenus est obtentum. Relic- 
tum est etiam consciencie dicti A. quod dictum prioratum 
abbatie Sancti Georgii in obitu suc relinqueret, quoad edifi- 



— 224 — 

cia, utensilia et alia mohilia, iii acJoo hono slatu in quo rece- 
|)it, vcl in mcliori. Quod ut ratuni haheatur in })Ost(Tuni, nos 
utriquc parti présentes dedimus littcras sigilli nostri muni- 
mine] roboratas. Actum anno Domini M« CG" XXX*"" tercio. 

[Pris sur l'ori(;inaI. | 



[Auiio I23i.] XXX. 

Don d'une vigne au village de Cordet, prés Rennes. 

Universis Christi iidelibus présentes litteras inspecturis 
J. (1) Dei gracia Redonensis episcopus, salutem in Domino. 
Noveritis quod quando Adela soror Clementis Cotier, monialis 
Saneti Georgii Redonensis, intravit monasterium, dédit et 
concessit in puram et perpetuam elemosinam eidem monas- 
terio se et sua-, inter que dédit et concessit in eandem ele- 
mosinam dicto monasterio quandam vineam suam in Cor- 
deto sitam, in feodo nostro; in qua vinea percipimus unam 
minam frumenti ratione census annuatim. Quam conces- 
sionem de dicta vinea a dicta moniali prefato monasterio 
factam, ratam hahemus, et dicto monasterio in perpetuum 
confirmamus, salvo tamen jure nostro. In cujus rei testimo- 
nium i)resentes litteras sigilli nostri testimonio duximus con- 
lirmandas. Actum anno gracie M" CG" XXX'"" quarto. 

[Pris sur l'original.] 

(1) Jocclin de Monlauban, évèque de llenncs (1222-1235). 



— 225 — 



[Aono 1247.] XXXI. 

De décima de Breuz data domine Orfresic de Moucoii. 

Universis Christi iidelibus, etc., Johannes (1) Dei gracia 
Redonensis cpiscopus salutem in Domino. Noveritis quod 
cum Petrus do Brcuz, quondam gcner Willelmi do Monte 
Borcheri militis, in lecto mortis sue legavisset et concessisset 
in testamonto suo Orfresio, fdie Gaufridi do Moucon militis, 
totam dccimam quam Agnes de Breuz, monialis Sancti Georgii 
Redonensis, amita sua, tenet et percipit ex donatione defuncti 
Pétri de Breuz, fratris ejusdem monialis, in parrochia de 
Breuz et de Lalloio, scilicet terciam partem décime lini et 
canabi in feodo nostro, et decimam quam dicta monialis ex 
dicta donatione tenet et percipit apud Sanctum Johannom, et 
in dicta parrochia do Lalloio, excepta décima molondinorum 
dicti Potri, ad voluntatom dicte Orfresio exindo faciondam, 
secunduni quod in curia nostra sufficiontor probatum fuit; 
nos dictam donationem a dicto Petro do Breuz juniore factam 
ratam liabcmus et eam confirmamus dicto Orfresio, ad hoc 
quod ipsa pro voluntato sua disponero valeat ex oadom. Quod 
ut ratum sil, présentes littcras sigillo nostro focimus com- 
muniri. Actum anno Domini M" CC XL*" YIP. 

[Pris sur rorigiiial.] 

(I) Jehan Gicquel, évéque de Rennes (1235-12.57). 



226 — 



[Anno^25•l.] A A Ail. 



Curieuse déclaration d'un sénéchal de Broerech. 

Universis Christi fidelibus, etc., Petrus dictus Prior, senes- 
callus domini comitis apud Broarec, salutem in Domino. No- 
verint universi quod ego predictus Prior, senescallus dicti co- 
mitis Britannie tune temporis, ad preces Agnetis venerabilis 
abbatissc Sancti Georgii Redonensis (1) et priorisse sue de 
Arz, acccssi apud insulam de Arz (2), instantia predicte abba- 
tisse pro consiiio apponendo super quodam negocio moto inter 
Raginaldum et Johannem homines suos, et presbiterum d'il- 
lur, judicio curie dicte abbatisse sive priorisse mediante. Nec 
accessi ad [dictum locum occasione alicujus juredictionis do- 
mini comitis, neque senescallie mee, quantum ad boc^ immo 
pro bono consiiio apponendo super predicto negocio, ad suam 
justiciam plenarie faciendam, judicio sue curie mediante^ et 
hoc omnibus quibus est significandum significo per présentes 
litteras sigillo meo sigillatas. Datum mense februarii, anno 
Domini M** CC° L" primo. 

[Pris sur l'original. — Arcb. dép. d'Ille-et-^ilaine,] 

(1) Agnès d'Erbrée, abbesse de Sainl-Georges, 1250-1270. 

(2) La moitié de l'île d'Arz, dans le golfe du Morbihan, avait été donnée, 
en 1034, par le duc Alain III à l'abbaye de Saint-Georges, qui y possédait 
un prieuré sous le titre de « Notre-Dame en l'île d'Arz. » L'autre moitié de 
l'ile appartenait à l'abbaye de Saint-Gildas-dc-Uhuys. 



— 227 — 



[Aono <257.] XXXIII. 

Lettres d'un sénéchal de Rennes, concernant une rente de 3 solz 
due par Olivier de Tinléniac, chevalier. 

* Omnibus Clirisli fidelibus, etc., Johannes de Delioc miles, 
scnescallus Rcdonensis, salutem in Domino. Cum contencio 
vcrteretur inter religiosas dominas abbatissam et conventum 
Sancti Georgii Redonensis ex una parte, et Oliverium de Tyn- 
teniac militem ex altéra, super jure et possessione herberga- 
menti Christiane siti inter feodum de ïynteniac, prope clau- 
sum as mauvesins^ et obedientia hominum in dicto herber- 

gamento existentium et consenserunt stare ordinacioni 

nostre super premissis. Nos vero ordinamus quod dicte 

religiose domine percipient de cetero in dicto herbergamento... 
in vigilia Natalis Domini, très solidos ab hominibus in dicto 
herbergamento existentibus, etc., etc. Per dictam ordinacio- 
nem nostram, dictum herbergamentum et obedientia homi- 
num in eo existentium débet dicto Oliverio et heredibus suis 
remanere, tenendo ab eisdem, sicut tenet alia sua feoda ab 
eisdem, salvis eisdem religiosis juribus suis superius nomina- 
lis-, ita tamen quod dictus Oliverius in aliis feodis ab eisdem 
religiosis quoquo modo possessis, racione seu occasione juris 
que ci attrii)uimus per dictam ordinacionem nostram, nullum 
jus valeat de cetero reclamare. In cujus rei testimonium et 
munimen presentibus litteris sigillum nostrum una cum si- 
gillo dicti Oliverii duximus apponendum. Datum mense fe- 
bruario, anno Domini M" CC" LVll". 

[Pris sur l'original. j 



- 2-28 - 



[Août 1253.] XaXIV. 

Transaction pour la justice commune de Tinténiac (1). 

Universis prgesentes litteras inspecturis vel audituris Jo- 
hannes de Deliouc miles, sencscallus Redonensis tune tempo- 
ris, salutem in Domino. Noverit universitas vestra quod cum 
contentio mota esset coram nobis inter religiosam dominam 
Agnetem de Erbrcya abbatissam Sancti Georgii Redonensis et 
conventum dicti loci ex una parte ^ et dominum Oliverium de 
Tinténiac militem ex altéra similiter^ eo quod dictus Olivcrius 
ceperat unum hominem dictée abbatissai et conventus prae- 
dicti, mansionarium ipsorum apud Tinténiac, suspectum de 
latrocinio, et dicti abbatissa et conventus dicebant, conque- 
rendo coram nobis, quod dictus Oliverius non poterat facere 
justiciam de liomine antedicto quem tenebat, neque de aliis 
hominibus dictorum abbatissiB et conventus mansionariis in 
terra sua de Tinténiac^ et cum dictus Oliverius dicens quod 
ipse et sui erant in sesina, quadraginta annis jam elapsis et 
amplius, faciendi justiciam de hominibus dictorum abbatissa} 
et conventus mansionariis in terra sua de Tinténiac^ et cum 
dictus Oliverius paratus esset monstrare hoc et probare si 
finem portarct ci de conventu supradicto. Et judicatum fuit 



(1) Au dos de la copie est écrit : 

« Un concordat passé au mois d'aoust de l'année 1253 entre l'abbaye de 
Saint-Georges et le seigneur de Tinténiac, par lequel il est arresté qu'en ma- 
tière de voleurs, chacun fournira des archers pour les saisir, que les pour- 
suitles se feront concurremment, mais que ce sera le seigneur de Tinténiac 
qui les fera pendre; il est rapporté qu'il lient sa juridiction de l'abbaye. » 



— 229 — 

quotl (licto Oliverio finom portaret (1) crga dictum conventum, 
et fuit judicium iiitegratiini. Tandem prœdicta3 partes devene- 
runt ad pacem et concordiani in hune niodum, quod dicti ab- 
batissa et conventus debent niittere unum'allocatum, et dictus 
Oliverius aliuni, ad capiendos suspectes latrocinii, tam homi- 
nes quam l'eniinas niansionarios in terra de Tinteniac dicto- 
runi abbatissie et conventus, et dicti allocati pniidictarum par- 
ti um debent jurare ad sancta Dei Evangelia quod non capient 
aliquem virum \el feminam niansionarios in terra de Tinte- 
niac dictorum abbatissa3 et conventus, nisi credant quod sit 
suspectus latrocinii 5 et si aliquem virum vel faeminam cepe- 
rint quem non credant suspectum de latrocinio, postquam 
sciverint illum injuste captum vel arrestatum, quam citius 
l)oterunt, per juramentum suum rationabiliter deliberabitur. 
Si vero prœdicti allocati vel alterius ipsorum [sic] crederent 
aliquem mansionarium in terra de Tinteniac dictorum abba- 
tissaî et conventus, suspectum de latrocinio, velle fugere, ille 
qui primo scierit, ipsum poterit capere vel arrestare, alio 
allocato nulia tenus expectato. Et cum vir vel mulier suspecti 
de latrocinio, mansionarii in terra de Tinteniac dictorum 
abbatissie et conventus, captus fuit vel arrestatus per praidic- 
tos allocatos in terra dictorum abbatissai et conventus, débet 
produci coram dictis abbatissa et conventu, et Oliverio vel 
ipsorum allocatis, pro capiendo et faciendo jus^ et débet esse 
curia communis et jus commune inter ipsos. — Ita tamen 
quod dictus Oliverius in mobilibus alicujus hominis mansio- 
narii dictorum abbatissse et conventus nibil capere poterit, 
nec ante mortem ipsius, nec posterius. Sed onmia ubicunque 



(!) Finem portare, fin porter. — Ancienne forme de procédure usitée en 
Bretagne {Très-ancienne Coutume de Dret., art. 185, 186, 187). C'était une 
exception en vertu de laquelle le défendeur imposait au demandeur la néces- 
sité d'appeler tous ceux qui pourraient avoir intérêt dans le litige. 



— 230 — 

fuerint sine [sic] (1) eideni abbatissic et conventui remanebunt ^ 
nisi tamtummodo ca quie condemnatus ad mortem furtive 
attulerit de extra terram abbatissac et convenlus, de quibus 
inventus fuerit sesitUs praesenlialiter; quai communiter debent 
dividi pcr médium inter partes prœdictas, boc salvo quod 
aliquis probarc poterit suum esse. — Quando vero aliqui 
condemnati fuerint ad mortem, dictis Oliverio et suis rema- 
nebit justitia ipsos pendendi, et quod judicatum fuerit adim- 
plendi. Et omnia mobilia condemnatorum ad mortem mansio- 
nariorum in terra de Tinteniac prsedictorum abbatissae et 
conventus, ubicunque fuerint, eisdem, ut supradictum est, 
remanebunt. Et de suspectis de latrocinio venientibus de 
foris, qui tamen capti fuerint et arrestati in terra de Tinte- 
niac prœdictorum abbatissae et conventus, débet esse jus 
commune et curia communis inter ipsos, ut superius dictum 
est de mansionariis dictorum abbatissati et conventus. Ita 
tamen quod dicti abbatissa et conventus debent habere me- 
dietatem omnium mobilium de quibus inventi fuerint sesiti 
praesentialiter cum corpore suo judicatî ad mortem, et dictus 
Oliverius aliam, boc excepto quod aliquis probare poterit 
suum esse. Cum autem suspecti de latrocinio capti et arres- 
tati fuerint, dicti abbatissa et conventus vel eorum allocatus, 
et dictus Oliverius vel ipsius allocatus, debent requirere unus 
alium, ut veniat pro jure tenendo^ et si pars suificienter 
requisita non venerit, altéra pars jus tenere poterit et facere 
quod jus erit, nec cessabit pro alia parte suiïicienter requisita 
non veniente. Et quando illa pars requisita venerit, babeat 
jus suum in eo statu in quo inveniet jus capti vel arrestati. 
Quando vero suspecti de latrocinio capti fuerint vel arrestati, 
debent sub competenti custodia communiter custodiri ad 
expensas suorum mobilium, si mobilia liabeant. Si vero non 

{\) « Rcservalione? » supphndum . 



— 231 - 

liabcant, ad communes expensas utriusque partis debent cus- 
todiri; et domino Oliverio remanet sua justitia salva in terra 
sua de Tinteniac quam tenet a dictis abbatissa et conventu, 
sicut eam babebat antequam pax ista i'ormaretur, pace praî- 
dicta durante prout superius est expressum. Hanc autem 
pacem sive concordiam juraverunt prœdicta^. ambœ partes fir- 
miter et fideliter observare. In cujus rei testimonium et mu- 
nimen praesentes litteras duximus sigilli nostri munimine ad 
petitionem partium roborandas, et ad majorem confirmatio- 
nem dictus Oliverius pra3sentes litteras sigillo proprio sigilla- 
vit. Actum anno Domini millesimo ducentesimo quinquage- 
simo tertio, mense augusti, apud Redonas. 

Collationné a l'original par moy huissier au Parlement de Bretaigne soubsigné, le- 
dit original tiré des archives de labbayc Sainct Georges de Rennes, etc., etc. Faict à 
Rennes le dii neufiesme juillet mil six cent vingt sept, — Palasne. 

[Pris sur la copie du xvil« siècle ci-dessus.] 



[1260.] XXXV. 

L'niversis Christi fîdelibus ad quos présentes littere perve- 
nerint, Mathea de La Rouverie salutem in Domino. Noveritis 
quod ego dedi et concessi in puram et perpetuam elemosi- 
nam, cuni assensu et voluntate Rerceti, mariti mei, et An- 
droeti filii mei primogeniti, domine Guiotbe, sorori mee, 
sanctimoniali monasterii Saneti Georgii Redonensis, triginta 
sobdos annui redditus quos babebam et percipiebam in 
l'eodo de la Boseberie, videlicet viginti solidos, quod feodum 
de la Boseberie tenent Raginardus Dabari et Jobannes Cbo- 
pel; in feodo as Laubierges decem solidos, quod feodum 
tenet Guillelmus Gormaut. Dono eciam et concedo dicte Gui- 



— 232 — 

hôte omnia jura que lial)CO îri prcdictis leodis et liominibus-, 
scilicct illud quod haheo in rcdditihus, serviciis, provcntibus, 
quam in aliis omnibus que debentur domino t'codali, cum 
omni dominio, juridictione et districtu, dicte (iuihote libère et 
quiète in perpctuum pacifiée possidenda et hal)enda, ad ejus- 
dem Guiote plenariam suam voluntatem omnimode facien- 
dam, per tradicionem presentis littere, omnem possessionem 
et omnem proprietatem et omne jus quod babebam et habere 
poteram in predictis in ipsam Guiotam omnimode transfe- 
rendo. Ita tamen quod ego nec hcredes mei, racione dotis 
seu qualibet alia racione, in predictis rébus aliquid juris pote- 
rimus reclamare. Dedi insuper Martine filie mee duodecim 
solidos annui redditus, cum assensu et voluntate dicti Briceti 
patris sui et dicti Androeti fratris sui, videlicet alios decem 
solidos quos habe])am et percipiebam in feodo Aslauberges 
cum dicto Jolianne Copel, et in feodo de la Boscberie duos 
solidos et quatuor denarios quos babebam cum Guillelmo 
Boscliier, habendos et percipiendos dicte Martine et in per- 
pctuum possidendos, et omnia alia jura que babebam cum 
dictis bominibus et feodis, cum omni juridictione, dominio et 
districtu, prout superius est expressum. Ita tamen quod si 
dicta Martyna decesserit antequam dicta Guiota, dicti duode- 
cim solidi et quatuor denarii dicte Guiote intègre reverten- 
tur^ et omnia alia jura que babebam cum dictis bominibus 
et feodis, cum omni juridictione, dominio et districtu, dicte 
Guiote similiter revertentur. lias autem donaciones ego Ma- 
thea confirmavi, prestito sacramcnto meo corporatif et simi- 
liter dictus Bricetus et Androetus juraverunl, prestito sacra- 
mento, quod contra prediclas donaciones non venirent in 
futurum-, et ut iste donaciones in futurum firme permaneant, 
dominus oflicialis Bedonensis, et Guillelmus decanus de Vitre 
tune temporis, et dictus Bricetus ad peticionem nieam sua 



— 25:) — 

sigilla apposuoriint in testimoniuin et miinimen. Datuni mense 
junii, aiino Domini millesimo [ducentcsimo] sexagcsimo. 

[Pris sur l'origiiial. — Il y avait trois sceaux dont il ne reste plus que les 
queues.] 



[1260.] XXXVJ. 

Universis Christi fidelibus, etc., Radulphus de Cuceio 

salutem in Domino sempiternam. Noverint universi quod ego 
dedi Agneti Foillel, fdie mee, sanctimoniali Sancti Georgii 
Uedonensis, unum quarterium frumenti annui rcdditus, ad 
mensuram redonensem, dicte Agneti habendum quamdiu 
vixerit, et recipicndum ad nundinas Sancti Melanii, super 
canipum quod dicitur « campus Escoble, » in feodo Cognani 
de Campania situm. Post vero decessum predicte Agnetis, 
monasterio beati Georgii Redonensis revertetur habendum in 
perpetuum libère et quiète. In cujus rei testimonium et muni- 
men présentes littcras sigillo nostro fecimus communiri. Da- 
tuni anno Domini M" CC° LX\ 



[1201] XXXVII. 

Universis présentes litteras inspecturis, etc., officiab's curie 
Redonensis salutem in Domino sempiternam. Noveritis quod 
Johannes Rriencii quondam piscerna (l)]domini comitis Rri- 

(1) Piscerna pro Pincerna, échanson, Bouleiller. C'était une des dignités 
de la Cour ducale. 

16 



— 234 — 

tannie, in ultima voluntate sua constilutus, Icgavit in Icsta- 
mento suo, nostro sigillo sigillato, abbatie Sancti Georgii, 
pro annivcrsario suo et ejus uxoris Agnetis annuatim facien- 
(lis, consonciente dicta uxorc et présente, viginti quinque 
solidos annui redditus quos babcbat idem defunctus apud 
ïerron ^ et ceiam quinque solidos annui redditus quos ipse et 
dicta Agnes ejus uxor habebant in Rua Ilugonis, et insuper 
quinque solidos annui redditus quos habebat super platea 
Alani de Cuceio, sita de rétro Cohuam Redonensem^ que 
omnia vidimus in testamento dicti Jobannis dcfuncti conti- 
neri, et nostro sigillo sigillati. Unde nos ipsam Agnetem ad 
bec tenenda duximus condempnandam. Datum anno Domini 
M' ce LX" P. 



[1220-1 233-1 2GI.] XXXVIII. 

Vidimus de l'officlal de Tours portant collation des lettres de l'évêque 
de Saint-Malo, qui constate le droit de patronage de l'abbesse de 
Saint-Georges sur plusieurs églises de son diocèse, et un accord entre 
ladite abbesse et le recteur de Tinténiac. 

Univcrsis, etc., officialis curie Turonensis salutem in Do- 
mino. Noveritis nos litteras bone memorie Gaufridi Dei gracia 
condam Macloviensis episcopi (1), non abolitas, non concel- 
latas, nec in aliqua parte sui viciatas vidisse et diligenter in- 
spexisse sub bac forma : 

« Universis ad quos présentes littcre pervenerint, Gaufri- 
dus Dei gracia Macloviensis episcopus, salutem in Domino. 
Noveritis quod cum bone memorie Iladulfus, predecessor 

(t) GeolTroi, évèque de Saint-Malo (1230-1259). 



— 235 — 

noster, jamdudiim auctoritate apostolica et sua, ordinationem 
quaiulain fuisset sub liac l'orma : — Univorsis Sancto Matris 
Ecclesie liliis présentes litteras inspecturis R. (1) Dei gracia 
Macloviensis episcopus salutem in Domino. Noverit universi- 
tas vestra quod cum nos, de speciali mandato Summi Pontifi- 
cis, neenon et secundum statuta Concilii generalis (2), dilectas 
in Christo abbatissam et conventum Saneti Georgii Redonen- 
sis, monitione suflicienti prima, cogeremus ad providendum 
in beneficio competenti capelianis ecclesiarum de ïinteniaco, 
de la Baucene, de Capella calciata, de Sancto Gordiano, de 
Cardroc et de Treimer, quarum jus patronatus ad ipsas dino- 
scitur pertinere, tandem post multas altercationes, auctoritate 
apostolica et nostra, de communi assensu, diifmitiva sentencia 
mediante, predictarum ecclesiarum presbiteris sub hac forma 
duximus providendum. Ecclesia de Tinteniaco in statu in quo 
erat tempore presentis compositionis in perpetuum remane- 
bit, et presbiter ejusdem ecclesie in prioratu de ïinteniaco 
procurationem suam liabebit honeste^ hoc addito quod per 
manum priorisse, singulis annis, percipiet sex libras usualis 
monete, hiis terminis persolvendas, in festo Omnium Sanc- 
torum XL*^ solidos, in Pascha xl**, in Assumptione béate 
Marie Virginis xl*% pro recompensatione scilicet portionum 
quas antea percipiebat in capellaniis superius nominatis. Ad- 
jectum luit etiam quod parrochiani de Treimer venient ad 
ecclesiam de Tinteniaco et eidem, tanquam sue matrici eccle- 
sie, obedient in omni jure parrochiali, prêter quam in deci- 
mis bladi vel vini que abbatissa Saneti Georgii percipiet, sicut 
antiquitus percipere consuevit. 

« Capellani vero de la Baucene, de Capella calciata, de 



(1) Raoul, évêque de Sainl-Malo (1218-1230). 

(2) C'est le Concile général de Lalraii tenu en 1215, sous le pape Inno- 
cent ni. 



- 256 — 

Sancto Gordiano et de Cardroc omnia jura parrochialia ad 
ecclesias suas portinentia lialicbunt, prêter décimas bladi vel 
vini que ad al)I)aciam dictam ex integro devenient, sicut anti- 
quitus devenerunt. Preterea, capellanus de Capella calciata 
singulis annis très solidos usualis monete, capellanus de la 
Baucene duos, et capellanus de Cardroc duos dicte abbacie, 
in crastino Pascbe, sol vent. 

« De procuratione episcopi sic fuit ordinatum : quod capel- 
lani de Cardroc, de la Baucene et de Capella calciata medie- 
tatem procurationis episcopi persolvent, et prioratus et presbi- 
ter de ïinteniaco reliquam, sicut soient, excepto presbitero 
Sancti Gordiani qui de procuratione episcopi nicbil solvet. 
Procurationes vero arcbidiaconi et decani presbiter et priora- 
tus de Tinteniaco, ut consuetum est, persolvent. Presbiteri 
vero de la Baucene, de Capella calciata et de Cadroc, ita quod 
unus quisque pro se singulariter et in integrum de cetero 
persolvent procurationes arcbidiaconi et decani. Ecclesiam 
autem de Sancto Domenoc suffîcientem uni presbitero esti- 
mamus. Et ut boc ratum et siabile perseveret, presentem 
cartam sigillo nostro duximus roborandam. Actum apud 
Sanctum Maclovum de Bedano, tertio idus septembris anno 
incarnati Verbi M. CC. XX, ordinationis nostrc secundo. — 
Tandem super illo articulo « procurationcm suam habebit 
ïwneste » inter dilectas in Cbristo abbatissam et conventum 
Sancti Georgii Bedonensis ex una parte, et magistrum Guil- 
lelmum presbiterum de Tinteniaco ex altéra, contentione 
suborta, de consensu partium et nostro, in presencia nostra, 
vcnerabili pâtre domino C. (1) Dolensi episcopo présente, 
et ad compositionem pro abbatissa et conventu pro bono pacis 
fideliter laborante, talis inter cos compositio intervenit^ vide- 
licct quod pro « honesla procuratione » quam predictus pres- 

(1) Clément de Coclqucn, évêquc de Dol (123l-12i2?). 



— 237 - 

biter in sepodicto prioratii liabchat, in prioratii codcm novcm 
libras ciirrontis monete percipere debeat annuatiin, biis tcr- 
minis porsolvondas, in Pascha lx'' solidos^ in Assuniptione 
beatc Marie Virginis lx"; iii festo Omnium Sanctorum lx. 
Ita (juod ij)so vel succcssores sui procurationis nomine in 
prodicto prioratu nil amplius valeant aut dcboant reclamarc^ 
salva tamen ex reliquis prcdicti predeccssoris nostri ordina- 
tione prescripta. liane autem compositioncm utraquc partium 
observare promisit, fide prestita corporali. Aetum apiid Sanc- 
tum Maclovum de Bedano, die sabbati in feriatis Pasche, anno 
Domini M. CC. XXXIll. « 

Datum bujus transcripli, die sal)bati post festum beati 
Luce Evangcliste, sigillo Turonensis curie sigillati, anno 
Domini M. CC. LXI. 

[Facta est collatio.....] 



[1263.] XÂÂIX. 

Transaction et accord entre Rolland de Dinan, seigneur de Montafilan, 
et l'abbcsse de Saint-Georges (Agnès d'Erbrée) (1). 

Universis présentes litteras visuris vel audituris. Nobilis 
vir liolandus de Dinanno, miles, salutem in Domino sempi- 
lernam. Noverint universi quod cum contentio verteretur 
inter nos ex una parte, et religiosas dominas abbatissam et 
conventum Sancti Georgii Redonensis ex altéra, super boc 
quod dict;e religiosit petebant a nobis jura feodalia et capita- 
lia, et obedientias omnium bominum existentium in parocbia 

(t) Ex apographo exccrpto ab Ilist, Gencal., P. du Paz, 136. 



— 238 — 

de Ploeganou Trccorcnsis diaccesis, et omnia qUcC possideha- 
mus in dicta parocliia, qua3 omnia diccl)ant dictae religiosai 
ad se et ad monastcrium suum de jure pertinerc^ tandem 
post multas altcrcationcs et controversias, ad paeem et con- 
cordiam devcnimus in hune modum : quod nos tradidimus, 
dedimus et concessimus spontanei, non coacti, de voluntate 
et assensu Rolandi nepotis nostri et heredis nostri, dictis 
abbatissic et conventui totam proeposituram Saneti Georgii de 
Ploeganou, et totam pra3posituram de ïrefmilon cum omni- 
bus pertinenciis, excepto feodo Guillelmi de Haia, habendas 
et possidendas dictis religiosis et abbatiae beati Georgii Redo- 
nensis in perpetuum libère, pacifice et quiète, salvis posses- 
sionibus omnibus quas dictae rcligiosœ habebant et posside- 
bant in dicta parocliia de Ploeganou antc prœsentem compo- 
sitionem. Quîc possessiones rémanent dictis religiosis pacifice 
una cum dictis prœposituris Saneti Georgii de Ploeganou et 
de Trefmilon cum omni jure, dominio et districtu, prout 
superius dictum est, sine contradictione nostri vel heredum 
nostrorum. Ita tamen quod nos nec heredes nostri possumus 
nec poterimus in dictis possessionibus vel prœposituris praî- 
dictis aliquid juris, possessionis, vel dominii de cetero recla- 
mare. Dictac vero religios^ in hoc quod nobis remanet de 
dicta parochia de Ploeganou, aliquid juris vel dominii non 
poterunt similiter reclamare, exceptis possessionibus suis et 
prœposituris praedictis, prout superius est expressum. Ilanc 
autem compositionem et pacem, ego et Rollandus nepos meus 
et hères meus, tenere ac fidelitcr observare sumus astricti 
voluntate spontanea, proprio juramento. Nec est omittendum 
quod rcnunciatum fuit tam ex parte nostra, quam ex parte 
diclarum religiosarum, omnibus actis, expletis et instrumentis 
in lite bine inde factis, et expensis in dicta lite habitis tam a 
nobis quam a dictis religiosis omnino remissis. ïenemur 
insuper nos et dictus Rolandus, nepos nosler, dictas privposi- 



— 239 — 

turas Sancti Georgii et de Trermilon de iiobis et nostris 
del'endere et eisdem garantizarc. 

De quibus privposituris cum pertinentiis earumdem dictas 
religiosas ex nunc per traditionein pnesentis cartuhe in pos- 
sessionem induximus corporalem. In cujus rei testimoniuni 
et munimen praesentes litteras dedimus diclis religiosis, de 
consensu dicti Uolandi pnescntis, sigilli nostri munimine 
sigillatas. Datuni apud Redonas, mense maii, anno Domini 
millesimo ducentesimo scxagesimo tertio. 



[1265.] XL. 

Ex apographo R. P. du Paz (1). 

Oflicialis curire Redonensis prcsbytero de Castrogironis et 
omnibus presbyteris et capellanis in civitate et diocesi Redo- 
nensi constitutis ad quos litterai présentes pervenerint salu- 
tem in Domino. Cum nobis constiterit per litteras quondam 
bonîe memoriaî Jobannis episcopi Redonensis, et per Htteras 
odlcialis Redonensis sigillo curiœ Redonensis sigillatas, quod 
Petrus de Rreuz, defunctus, concessit et dédit in testamento 
suo in puram et perpetuam cleemosinam, ad totam suam vo- 
luntatem laciendam, Orirasi;e fîli;e Gauffridi de Mocon, moniali 
Sancti Georgii Redonensis, totam dccimam quam Agnes de 
Rreuz, monialis Sancti Georgii Redonensis, tenet et percipit 
ex donatione dicti Pétri de Rreuz in parrocbiis de Rreuz et de 
Laille, excepta décima molendinorum ij)sius Pétri ^ et nobis 
con(juerendo monstratum fucrit ex i)arte religiosarum domina- 

(1) Hist. Généal. des sieurs de Chasleaugiron, p. 250. 



— 240 — 

ruin ahbatissa) et convcntus Sancti (ieorgii Jlcdonensis, quod 
Gaufïridus dominus Castrigironis, miles, et ejus allocati dictas 
dominas dicta décima spoliaverint, vel spoliari mandaverint, 
vel ratam habucrint spoliationem^ vohis sub pena suspensio- 
nis mandamus, quatenus unus vestrum altcrum non expec- 
tans, moneatis dictum militem, et ejus allocatos ut dictis 
religiosis dictam decimam rcddant et restituant, seu aliquam 
partem dictse decimsc, si aliquid de dicta décima occuparunt 
in prejudicium dictarum religiosarum et sui monasterii non • 
modicam jacturam, et quod de cetero permittant dictas domi- 
nas uti pacifice décima memorata. Alioquin si monitioni 
vestrse parère noluerint, ipsum militem et ejus allocatos quos 
in his scriptis excommunicationis publiée denuncietis excom- 
municatos, nisi justam causam et rationabilem prœtenderint, 
quare hoc possint facerc et de jure. Ad quam probandam si 
eam praetenderint, assignent diem veneris post festum beataî 
Mariae Magdalense, Rcdonis, coram nobis dicto militi et ejus 
allocatis ad instantiam dictarum religiosarum. Quo facto, 
reddatis litteras sigillatas de monitione in secunda, tandem 
de excommunicatione in tertia, et de assignatione diei in 
quarta. Datum die martis ante dictum festum, anno Domini 
millesimo ducentesimo sexagesimo quinto. 



[1261 ou 1271.] -^^A. 

Testament d'un recteur de Talensac (l). 

4 

Univcrsis Christi fidelibus, etc., olficialis curie lledonensis 
salutem in Domino. Noveritis... [nos vidisse] testamentuui 

(I) Vidimus de l'Official de Rennes. 



— 241 — 

Stophaiii i)ersone de ïalencac non abolitum, non cancella- 
tum, nec in aliqua parte sui vitiatum, in quo sequens clau- 
sula continehatur. « Item volo et precipio quod quadraginta 
quinque solidi capiantur super voleriis meis de burgo novo 
de paiTOcliia Sancti llellerii, et super vinea mea de Landellis 
prope Quineloo quam emi ab Orffrasia Périnée, et super tor- 
culari meo de Landellis, et super vineis meis de post dictum 
torcular, et super osseria mea de juxta Fossata dicta a Gohier^ 
et super domo mea de ponte Sançti Germani^ de quibus 
XL*' V. solidis, do et lego quindecim solidos annui redditus 
canonicis et clericis deservientibus in ecclesia beati Pétri 
Redonensis, et alios quindecim solidos conventui beati Mela- 
nii Redonensis ad pictantiam, et alios quindecim solidos con- 
ventui beati Georgii Redonensis ad pictantiam, pro anniver- 
sario meo faciendo die obitus mei, quolibet anno, in qualibet 
dictarum ecclesiarum... » In cujus rei testimonium, présentes 
litteras sigillo nostro curie Redonensis conventui beati Geor- 
gii dedimus sigillatas. Datum die sabbati post Quasimodo, 
anno Domini lAF CG" LX" P. — P. Filgeriensis. 

[Pris sur l'original.] 



[1270.] 



XLII. 



Universis, etc., frater Hamo, cellerarius Sancti Melanii 
Redonensis tune temporis, salutem in Domino. Noveritis 
quod coram nobis in jure personaliter constituti, Nicbolaus 
de (]uceio armigcr et Perrona ejus uxor, unanimi conscensu 
vendiderunt et concesserunt Jolianni dicto Glievre quamdam 
domum cum orto et pertinenciis quam liabebant dicti Nicbo- 
laus et ejus uxor coram cimiterio Sancti Georgii Redonensis, 



— 242 — 

sitam in fcodo ot sub dominio abbatis et convcntus Sancti 
Mclaiiii Rodonensis, intcr domum dcCuncti (iuilleliïii Ilamon 
ex iina parte, et domum Florione Claude ex altéra, pro sexa- 
ginta decem solidis monete curreritis, mundis a curia, de 
quibus Lx. solidis, dieti Nicliolaus et ejus uxor se tenuerunt 
coram nobis et dicto Jolianne penitus pro pagatis. Anno Do- 
mini 1270. 

[Pris sur une copie.] 



[1272.] XLIII. 

Un jugement du sénéchal de Rennes dans un procès relatif à la sénéchaussée 
de Saint-Georges de Grehaigne. 

Universis présentes litteras inspecturis Alanus de Boys 

bili, miles, tune temporis senescallus Redonensis, salutem in 
Domino. Noveritis quod cum contentio verteretur coram nobis 
inter Rollandum filium Guidonis, militem, ex una parte, et 
religiosas dominas abbatissam et conventum beati Georgii 
Redonensis ex altéra, super boc quod idem miles dicebat 
quod debebat esse senescallus feodatus terre dictarum reli- 
giosarum de parrocbia Sancti Georgii de Gribegne, et petebat 
ab eisdem recipere dictam senescalliam et quoddam clausum 
situm in eadem parrocbia quod vocatur « Clausum Guido- 
nis^ « quod clausum dicebat ad se pertinere et esse jus suum. 
Tandem, post multas altercationes, dicte partes devenerunt 
ad concordiam in hune modum : quod si testes moniales 
abbatie supradicte vellent jurai e dictum Rollandum in pre- 
dictis senescallia et clauso cum pertinenciis ejusdem nullum 
jus babere, dictus Rollandus eandem senescalliam et idem 



— 245 — 

clausum cuni pertincnciis suis, ci^dcm rcligiosis omnino 
(liinittoret pacilîce et quiele-, ita quod ipse et sui in rcbus 
predictis nichil posscnt pcterc in futurum, ncc super hiis 
contra dictas religiosas aliquam movere questionem. Et cuni 
dicte testes moniales essent parate dictum facere juramen- 
tum, dictus Rollandus considerans et sciens quod cadebat a 
causa et quod in predictis senescallia, clauso et ejus pertincn- 
ciis nullum jus habebat, eisdem rcligiosis dictum remittit 
penitus juramentum, et eisdem rcligiosis dimisit penitus res 
predictas, ita quod nec ipse, nec sui, in eisdem aliquid pote- 
runt amodo p[retendere aut] super hiis seu occasione ipsa- 
rum aliquam controversiam movere rcligiosis supradictis. Et 
tenetur idem Rollandus (1) re et defendere a suis et con- 
tra suos res predictas, que omnia et singula supradicta jura- 

verunt idem Rollandus et filius primogenitus bona fide 

tenere et inviolabiliter observare et quod contra ea per se vel 

per alios quoquo modo non venient 

Nos vero, de consensu dictorum Rollandi et ejus fdii, dictis 
rcligiosis adjudicavimus res predictas-, in cujus rei testimo- 

nium sa rata permaneant, eisdem rcligiosis, ad peticio- 

nem ipsorum Rollandi et ejus filii, présentes litteras sigillo 
nostro dcdimus sigillatas^ et ad majorem firmitatem dictus 
Rollandus sigillum suum duxit presentibus apponendum, 
salvo in omnibus jure domini comitis. Datum anno Domini 
J\r CC*^ LXX° secundo, mense januarii. 

[Pris sur l'original. — Les sceaux n'existent plus.] 



(1) Le parchemin est ici déchiré en plusieurs endroits; de là les lacunes 
dans la lecture. 



244 



[^27C-^293.] XLIV. 

Vidimus d'un don de 60 s. de renie fait à l'abbaye de Saint-Georges 
sur des héritages sis en Normandie. 

Univcrsis présentes litteras visuris, etc., Bertrannus de 
Chavcignes, alioquatus domini ducis Britaignie apud Redo- 
nas, et lator sigilli ipsius ducis tune temporis, salutem in 
Domino. Noverint universi nos quasdam litteras vidisse non 
cancellatas, etc., et de verbo ad verbum inspexisse formam 
que scquitur continentes : « Universis présentes litteras in- 
specturis, etc., Robertus de Sancay miles Baiocensis diocesis, 
salutem in Domino. Noveritis quod ego dedi et concessi pro 
salute anime mee et antecessorum meorum religiosis domi- 
nabus abbatisse et conventui Sancti Georgii Redonensis sexa- 
gmta solidos Turonenses annui redditus percipiendos singulis 
annis ad festum beati Egidii, videlicet cum Galtero Tuaut 
sexdecim solidos Turonenses de terris quas de me tenet in 
parrocbia de Condeto (1) apud Perrenum; cum Jobanne de 
Samay viginti duos solidos Turonenses de campis de BoiUi 
quos de me tenet; cum Ricardo dicto Baudran viginti duos 
sohdos Turonenses de campo de Montpolei, in parrocbia de 
Sancay (2), habendos et percipiendos in puram et pcrpetuam 
elemosinam, etc. Et ut boc ratum et stabile permaneat in 
futurum, prescnti carte sigillum meum, una cum sigillo curie 
Abricensis cujus juridictioni me et beredes meos suppono, et 

(1) Condé-sur-Noireau ou Condé-sur-Vire? 

(2) Saussey ou Sancey, diocèse de Coulanccs, - ou bien Sacey, près Pou- 
torson, diocèse d'Avranchcs (auj. déparlcnjcnl de la Manche). 



— 245 — 

specialiter obligo, apponcre (]ii>num duxi. Actum anno Do- 
mini Ar CC'' LXX*" sexto, mense octobri. » — Datum liiijus 
transcripti, die martis post l'estum beati Urbani, anno Domini 
M° CC'' ex*' 11F, et sunt predicte littere sigillo dicti militis 
una cum sigillo curie Abricensis sigillate. Quare vos, vicc- 
conies Abricensis, et alloquati Baiocenses, in jure subsidium 
rogamus et requirimus pro predictis religiosis et subditis ves- 
tris, quatenus predictas litteras exequtioni demandetis seu per 
alios demandari exequtioni faciatis, etc., etc. Datum die mar- 
tis, ut ante dictum est, anno Domini M' CC*" CXIIP. 

[Pris sur l'original.] 



[Anno ^280.] 



XLV. 



Mauricius Dei gratia Redonensis episcopus, dilectis suis 
viris veneralibus et discretis magistro Godoco capellano in 
ecclesia Redonensi et officiali suo Redonensi salutem in Do- 
mino. Vobis mandamus quatenus testium productorum tam 
ex parte nostra, quam ex parte religiosarum dominarum abba- 
tisse et conventus Sancti Georgii Redonensis, ex communi 
assensu, super contentione mota inter nos et dictas religio- 
sas, ratione decim3e parrocbiarum de Breuz et de Fonte- 
niaco (i), in campo qui vocatur campus molendmi et alibi, 
circa fines dictarum parrocbiarum propc Paan loco, nostri et 
nomine publicetis et publicare faciatis^ quod ad hœc vobis 
committimus vices nostras, vocatis qui fuerint evocandi^ et 

(1) Bruz, auj. commune du canton S.-O. de Rennes. — Fontenai, c'est 
Id commune actuelle de Chartres, où était situé l'ancien fief important de 
Fontenai. Chartres dépend aussi du canton S.-O. de Rennes. 



— 246 — 
quae super haec feceritis nobis fidcliter referalis. Valete. Datum 
die martis post conversionem sancti Pauli, apud Redaniam (1) 
anno Domini 1281. 

[Pris sur une copie.] » 



[Anno'^28^.] XL VI. 

Procuration donnée par Maurice de Treziguidy, évêque de Rennes, à Guy 
de la Lande, son chapelain, de terminer le procès qu'il avait avec l'ab- 
baye de Saint-Georges au sujet de la dîme du champ du Moulin, près 
Pan. 

Universis, etc., Mauricius divina miseratione episcopus 
Redonensis salutcm in Domino sempiternam. Noveritis quod 
nos in causa scu negocio que vel quod movetur inter nos ex 
una parte, et religiosas dominas abbatissam et conventum 
Sancti Gcorgii Redonensis ex altéra, amicabiliter et ex con- 
sensu partium, super quadam décima de campo qui vocatur 
« campus molendini » apud Pan sito, tam coram magistro 
Godoco, priore Sancti Thome Redonensis, et coram ofiiciali 
Redonensi vices nostras ad boc gerentibus, quam coram aliis 
quibuscumque judicibus ecclesiasticis et secularibus, ad om- 
nes terminos nobis assignâtes et assignandos, Guidonem de 
Landa, presbiterum, capcllanum nostrum procuratorem nos- 
trum constituimus generalem, dantes eidem potestatem ple- 
nariam et spéciale mandatum agendi, deffendendi, etc., et 
faciendi omnia et singula que nos faccremus in premissis, 



(1) Rannée, près La Guerchc, dépendant du Régaire de l'évêché de Rennes; 
l'évèque y avait un manoir. 



— 2^17 — 

aut facore dobcromus, si présentes esscmus, ratum et gratum 
habentes et liabituri quidquicl per dictuni procuratorein, etc., 
t'actuni extitit, etc., et Iioc uiiiversis tenore presentium inti- 
nianius, teste iiostro sigillo. Datuni die Mercurii, an te cathe- 
dram Sancti Pétri, anno Domini AP CC" LXXX" P. 

[Pris sur Toriginal.] 



[1283.] XLVII. 

Don d'une vigne à une religieuse de Saint-Georges par un bourgeois, 
citoyen de Rennes, qui scelle l'acte de son sceau. 

Universis présentes litteras inspecturis officialis curie 

Redonensis salutem in Domino. Noveritis quod in nostra pre- 
sentis personaliter constitutus Guillelmus Focaudi, civis Re- 
donensis, confessas est in jure coram nobis se dédisse et 
concessisse, et coram nobis dédit et concessit, spontanée non 
coacte, in puram elemosinam Durantie fdie Jameli Chipant 
nepti sue, moniaii abbatie Sancti Georgii Redonensis, quan- 
dam vineam cum ejus pertinenciis, prout sedet tam in longo 
quam in lato, que vocatur vinea Foillel vulgariter, sita in 
dominio reHgiosarum dominarum abbatisse et conventus mo- 
nasterii Sancti Georgii antedicti, inter vineas magistri Guil- 
lelmi Crachet, bine et inde, in parrocbia Sancti Georgii pre- 
libati. J)e qua vinea redduntur decem et octo denarii annui 
census, in nundinis Sancti Melanii annuatim, prout idem 
(iuillehuus Focaudi confessus est coram nobis in jure^ et 
quatuor quarteria irumenti boni et legalis annui redditus ad 
mensuram Redonensem, sita et assignata super feodo de la 
Piletiere, in dominio domini de Melecia, in parrocbia Sancti 



— 248 — 

Grcgorii propc Jlcdonas, reddonda annis singulis pcr maiium 
tonontium feodum antedictum in nundinis supradictis; et 
viginti solidos inonetc currcntis annui redditus silos et assi- 
gnâtes super vinca de Joe et ejus pertinentiis, sitis ante do- 
mum Richardi Chauvin clerici, in feodo de Cuce, in parrocliia 
Saneti Georgii antedicti, quam vineam fdii dicti Bedel modo 
tencnt, reddendos a dictis liliis seu ab corum causam liaben- 
tibus in dictis nundinis annuatiin, ad habcndum, tenendum 
et possidendum, dicte Durantie, vita sibi comité, libère, paci- 
fiée et quiète, et ad faciendum suani omnimodam voluntatem, 
ita quod post dccessum dicte Durantie, dicta vinca Foillel et 
dictum frumentum annui redditus ad dictum Guillelmum 
Focaudi et ad ejus heredes libère et sine contradictione ali- 
qua revertentur. Et dicti viginti solidi annui redditus abbatie 
Saneti Georgii antedicti perpetuo et heredi tarie remanebunt 
pro anniversario defuncti Pétri Focaudi, quondam patris dicti 
Guillelmi, annis singulis in dicta abbatia faciendo. Promisit 
etiam idem Guillelmus in jure coram nobis, quod contra 
hujus modi donationem et concessionem, per se vel per alium 
non veniet, nec in rébus predictis aliquid reclamabit, vivente 
Durantia ante dicta. Nos vero audita confessione dicti Guil- 
lelmi Focaudi, ipsum presentem et consentientem ad premissa 
omnia et singula tenenda et lidelitcr adimplenda, pro ut su- 
perius sunt expressa, in liiis scriptis condempnamus. In cujus 
rei testimonium cidem Durantie présentes dedimus litteras 
ad petitionem dicti Guillelmi Focaudi, sigillo nostre curie, 
una cum sigillo dicti Guillelmi Focaudi sigillatas. Datum die 
martis ante Nativitatem Béate Marie Virginis, anno Domini 
1\P CC'' LXXX™« tertio. 



- 1249 — 



[1294.] XLV. 

Renie de 25 Tr. sur la vigne de Grcsbuisson, en Acigné. 

Sachent touz que en nostre court de Renés personaument 
cstabliz Johan Noël c Noël Freslon frères, e Hamelin Gordel 
et Robin Roussel de la Marqueraye lors gendres, e Colecte la 
famé doudit Hamelin^ e Aliiz la lame audit Robert requon- 
nurent eux aveir priis et prisrent à feage perpétuel à eux et 
à lors lieirs de religiouses dames e honestes labbaisse e le 
covent de Saint George de Renés, une pièce de vigne sicomme 
elle porseet en long et en ley, qui est appelée « la vigne a 
labesse de Greboysson, « sise en la paroisse de Accigné. En 
rendant à icelles religiouses dous querns de fourment de dreite 
rente a la feijre Saint Meleine de Renés par chescun an, e 
vint e cinc souz de sourcenz lesquex ils sont tenus rendre as 
dites religiouses, par chescun an, a ices termes. C'est à savoir 
la meyté à la feste de Saint Martin de Yvern^ l'autre meyté à 
la me-quaresme. E tendront ladite vigne en bon estât et co- 
venable, e por totes cestes chouses tenir, rendre et acomplir, 
iceux frères e lors gendres et les famés à iceux gendres, 
chescun de eux le tôt por le tôt, obligèrent eux e lors heirs 
as dites religiouses, e touz lors biens mobles e immobles, 
presenz et futurs, en quelque leu que issaent-, e especiaument 
une pièce de vigne, sicomme elle porseet, qui est joignante à 
la vigne desus dite que ils ont priis desdites religiouses, la- 
quelle fust jadiis Raoul Noël sise oudit clous ^ e la Chesnaye 
ses apartenances; e dous clous de repuce de terre arable 
sicomme ils porseent^ e le champ de la Fosse o totes les apar- 



— 250 - 
tenances des cliouses desus dites sises en ladite paroisse souz 
la signorie desdites rcligiouses. E sont tenues chacun de eux, 
le tôt por le tôt, delivcrer icelles cliouses obligées as dites re- 
liiîiouses de lors frères e de lors sœurs et de touz autres e 
contre touz, si icelles religiouses estaent en rienz desereuz ou 
amenusez par aucune personne desdites cliouses obligées, 
e que la rente e les sourcens ne fust pas rendu ^ e que icelle 
vigne ne fust tenue en bon estât. E jurèrent iceux frères e lors 
gendres e les famés aus diiz gendres sur saintes reliques en 
nostre court de lor bone volenté, non pas porforcez, tenir la 
ténor de ces lectres en bone fey e en contre non pas venir 
par reson de dreiture, de doayre, de donayson par noces, ne 
par autre reson a nul jour mes. Et a totes cestes choses 
tenir, rendre et acomplir les diiz frères e lors gendres e les 
famés aus diiz gendres presenz e consentanz par nostre court 
jugeons et condempnons. E a lor requeste, le seel establi por 
nous à Renés fust mis en ces lettres, sauf nostre dreit e 
nostre seisine e a touz autres. E nous, le officiai de la court 
al Ercediacre Yves de Renés, par davant qui totes cestes 
chouses furent confessées, octreiées et jurées des diiz frères 
e de lors gendres e des famés a iceux gendres, iceux frères e 
lors gendres e les famés aus diiz gendres presenz e consen- 
tanz par nostre dite court jugeons e condempnons. Ce fust 
doné le mardi après le dymesne que len chanta Lelare Jéru- 
salem. En lan de grâce mil dous cenz quatre viinz e qua- 
torze. 

[l*iis sur l'original. — Le sceau manque.] , 



— 2ol 



[129}.] XL\I. 

Métairie de Monlgermonl 
(Àfféagemenl.) 

Universis, etc.. officialis curie Redoncnsis salutem... Ra- 
(lult'us Bretel et Plorencia ejus uxor... confessi fuerunt quod 
religiose domine abbatissa et conventus Saneti Georgii Redo- 
nensis cisdem conjugibus et eorum heredibus tradiderunt et 
concesserunt medietariam earumdem religiosarum sitam in 
parrochia de MontegermoncU habendam, tenendam et possi- 
dendani dictis conjugibus, etc.. cum suis pertinenciis tani 
pratis, nemoribus, terris arabilibus quam non arabilibus etc.. 
in purum et perpetuum feodagium et hereditagium possiden- 
dam, exceptis tamen et retentis dictis religiosis... decimis 
medietarie supradicte, obediendo tamen pro religiosis predictis 
et alloquatis earumdum... tamquam pro domino feodali et 
juaticiando allé et basse dictos conjuges... et molendo bla- 
dum... ad molendina dictarum religiosarum... Et insuper 
dicti conjuges... promiserunt, concesserunt... reddere annua- 
tim de cetero in futurum pro premissis, dictis religiosis et 
earum monasterio decem libras et decem solidos usuales annui 
redditus hiis terminis... videlicet ad quasUbet nundinas Saneti 
(iregorii ccntum quinque solidos, et ad quodlibet festum Na- 
tivitatis Domini centum quinque solidos etc.. Datum die 
lune post dominicam qua cantatur OcuU Mei anno Domini 



— 252 — 



[^295.] XL VIL 



Rente hypothécaire en Saint-IIellier, en faveur d'une religieuse de 



Saint-Georges. 



A toz ccx qui orront e verront cestes présentes lectres 
Katerine de Matefelon, abbasse de Saent George de Rennes 
saluz en nostre Signor. Sacbez que par davant nous pcrso- 
naument estabb'z Joben Gara])oet de li paroesse de Sent He- 
lier e Perrone sa famé o lautorité doudit Joben requonnurent 
eux aveir vendu e vendierent a dame Jobenne la Fanerrote, 
nonen de nostre moustier, sex souz de annuel sorcens a 
aveir, a tenir, a porserz e a prendre e a receiure desore an 
avant a toiorz, a fm e beritage perpetuement lesdiz sex souz, 
cest a saveir a cbescun mei quaresme très souz de monaee 
corante, a ladite nostre nonen e a qui cause ara de ley, sus 
les dous berbegcmenz audit Garaboet c a sa femme et 1ers 
apartcnances sis a li Felice; e sus leur vigne sise ou pré Bouel 
ses apartenances, tant en oseraees que en autres cboses^ e 
sus lor autre vignei sise ou fey M. Beyniers davant la meson 
Ganebier^ lesquclx eboses sunt sises en la parroesse de Sent 
liclier, soz nostre signorie-, por sexante e doze souz netz de 
cort, desquelx ledit Garaboet e sa femme se tindrent par da- 
vant nouz por bien paiez-, baus sur ce feyz e registrez, c 
totes solempnitez qui soient e deivent cstre feites environ tex 

eboses e jurèrent davant nous lediz Garaboet e Perrone 

sa femme, ladite vente tenir en bone fae e encontre non pas 
venir par sei ne par autres ^ e garantir e défendre de touz et 
contres louz, sogoiit la coustume dou pais. E présent a ce les- 
diz Garaboet et sa femme obligèrent a ladite nostre nonen 



- 253 - 

aux et loi" lu'irs e lors exoqutors e toz lor biens mobles c 
iiiuuohlos, presenz e futurs, en queque lou que il saent^ as 
quex choses a tenir e a rendre c a acomplir nous iccx Gara- 
boet e sa femme presenz e consentanz par lor seremenz en 
ces escripz nous condenq)nons, sauf nostre dreit en totes 
choses. 

E nous, oflicial de Rennes, davant qui lesdiz lohen Gara- 
boet c sa femme confessèrent les choses desus dites estre 
vraes, icex Garaboet e sa femme presenz et consentanz par 
lor seremenz fez davant nous des choses davant dites acom- 
plir, en ces escriz nous condempnons. En tesmoign de véri- 
tés nous, abbasse de Sent George de Rennes, avon donei ces 
présentes lettres selées en nostre seel; o le seel de la Cort 
Monsignor lesvesque de Rennes. Ce fut dones le jedi après la 
Sent Lucas evangeliste en lan de grâce mil douz cenz quatre- 
vinz e quinze. 

[Pris sur l'original. — Les sceaux manquent.] 



[.206.] XLVIII. 

Saint-Revers, en Roz-sur-Coucsnon. 

A toz cex qui orront e verront cestes présentes leitres 
Katerine de Mathefelon, humble abbasse de Saent George de 
Rjîines saluz en Ps'ostrc Seignor. Sachez que par davant nous 
en dreit personaument establiz, Johen Dagornel e sa femme o 
lautorité doudit Johen, requonnurent sey aveir vendu e ven- 
dierent de lor grez ne pas porforciez, sus toz les feiz c sus 
totes lors terres que ilz tiennent de nous, ou fey Saent Re- 
vert en la parroesse de Rous sur Quoaenon, à la priolesse de 



— 254 — 

nostie nioustier de Saeiit (iCorgc de Uciincs et a nostrc 
covcnt, quatre souz de sorcens à prendre, a aveir a ...iner 
par chescun an lesdiz quatre soz de sorcens, le jor de la feste 
Saent Michel de Monte Gargaegne, a fey et a héritage, perpe- 
luement a tojors, a ladite priolesse et au covent dou dit 
moustier, et a distrihuer par la men a la priolesse segont les 
usages... e les autres rentes au covent, por une some dargent 
de laquelle icex Dagornel e sa femme se tindrent davant nous 
por hien paiez, hans sur ce fetz e rcgistrez e totes solempni- 
tez qui i soient et deivent estre feites environ ces choses, e 
jurèrent davant nous icex vendours ladite vente tenir en bone 
fe... segont la coustume dou pais... en tesmoegnage de vé- 
rité, nous avons donei ces présentes leitres selées en nostrc 
seel, sauf nostre dreit en totes choses. Ce fut donei en maes 
de juign, en lan de grâce mil douz cenz quatre vinz e seize. 



[1296.] 



XLIX. 



Pré de la Grifonaye. — Vente et retrait par puissance de fief au 
profit de l'abbaye. 

A touz ces qui orront e verront cestes présentes lectrcs 
Katerine de Matefelon, abasse de Seint George de Reines, 
saluz en nostre Seignor. Corne freire Raoul Rernier de l'ordre 
des freires Meinors^ e Durant Rernier son freire, e Jehen de 
Romillei, de lor grez, non pas porforciez, eussent vendu à 
Thomas Corbin et a Hervé Tiron bouchiers une pièce de prei 
G loseraiee e o les apartenances dou dit prei, lequel pre est 
a[>eylé le pre de la Grifonaiee^ sis en la i)aroesse de Seint 
George soz nostre seignorie, entre noz prez de la Foliée d'une 



— 255 - 

part c lo prc au sorchantre de Reines de l'autre, e atliienc 
ad Vilaegne d'une partie e au chemin de la Foliée de autre, 
a aveir e tenir et appercevoir ledit pre de la Grifonacc o ses 
apartenances, si corne il seit en lonc et en lei, audit Thomas 
e audit Hervé, e a qui cause eust de aux, por sexante livres 
neites de court, desqueles icex vendors se tindrent davant 
nous por l)ien paiez. E furent hans fez par nostre cort et res- 
questes, et ventes e otrisca a nous paies e totes solcmpnitez 
qui soient e deivent estre feites environ tex choses segont la 
coustume dou pais^ e eussent juré davant nous lesdiz vendors 
e chescun de aux ladite vente tenir en bonne fae et garantie 
de touz et contre touz segont la coustume dou pais-, e se 
desesirent davant nous icex vendors des choses desus dites 
vendues. E nous en maismes en sesine icex Thomas et 
Hervé, sauf nostre dreit en totes choses. Sachent touz que 
en après ce, en nostre cort en dreit personaument establiec 
la prioulesse de nostre moutier de Seint George, en son nom 
et ou nom dou covent doudit moustier, sapleiga e dist que el 
esteit presmei, a aveir icel achat, e lesdiz Thomas et Hervé la 
i requonnurent. Lors fut jugié par le jugement de nostre cort 
que ledit achat deivait demourer à ladite priolesse e au 
covent, fesant le paement. E en après ce, lesdiz Thomas 
Corhin e Hervé se tindrent davant nous por bien paiez des- 
dites sexante livres que il avent paies e de sept livres e 
demeie por les ventes. E fut feit un ban de retreite segont 
la coustume dou pais, a aveir, a tenir, a porsscier a fin 
e héritage toiorz perpetuement, ledit pre de la Grifonaiee 
loseraiee e o ses apartenances à la priolesse e au covent 
doudit moustier^ as que choses a tenir et a acomplir nous 
icex Thomas e Hervé presenz e consentenz en ces escripz 
nous condempnons. E nest pas a oblier que ledit pre 
lust achatei e le paement feit por feirc le anniversaere a 
ennorable |)ere Pierres jadis cvesquc de Sent Rrioc^ de cent 



— 2m — 

livres que il Icssa audit covcnt pour Icirc son annivcrsacro 
en nostrc mousticr. En tcsmocgnagc de vérité nous avons 
doné CCS présentes leitres à ladite priolcsse e au covent selees 
en nostre seel sauf nostre dreit en totes choses. 

Et nous, officiai de Reines, lesdiz Thomas e Hervé presenz 
c consentanz e confessanz les choses desus dites estre vraes, 
en dreit davant nous personaument establiz, a ladite vente 
tenir e les choses desus dites c encontre non pas venir en 
ces escripz nous condempnons. Donc tesmoegn le seel de 
nostre cort de Reines ou maes de avril le jor de mardi avant 
la Sent George en lan de gracce mil dous cenz quatre vinz 
e seize. 



[1296.] 1». 

La Fontaine, en Chavagne. 

A toz cex qui orront e verront cestes présentes lettres 
Katerine de Matefelon ahbasse de Saent George de Reines 
saluz en nostre Seignor. Sachent toz quei par davant nous 
en dreit personaument establiz Daniel de la Fonteine e Agnes 
sa famé o lautorité doudit Daniel requonnurent sei aveir 
vendu et vendierent a la priolesse dou covent de nostre 
moustier de Seint George e ou nom doudit covent sex souz 
de annuel sorcens, a prendre, a aveir, a receivre ù fiu e héri- 
tage a toiorz perpetuement par la men à la priolesse doudit 
covent, icex sex souz par chescun an, le jor des feires Seint 
Meleine^ doudit Daniel et de sa famé et de qui ara cause de 
aux, sus lor herbegement de la Fontaene sis à Evigné soz 
nostre seignorie en la parroessc de Chavcngncs, por sexanto 



— 257 — 

c dozc souz nez de cort des quex celui Daniel et sa famé se 
tindrent davant nous por bien paiez, bans sus ce fez c re- 
quesles, e totes solenipnitez qui soient e deivent estre feites 
en viron ces choses, ventes e otrises a nous paies. E jurèrent 
davant nous sus seinz Evangiles icex Daniel et sa femme la- 
dite vente tenir en bone fae e en contre non pas venir par 
sei nei par autres, et quant à ce il obligèrent aus e lor heirs 
et ledit lierbegement e toz lor biens mobles et immobles pre- 
senz e futurs. A quex choses a tenir e a aconiplir nous icex 
mariez presenz et consentanz en ces escripts nous condemp- 
nons. E nest pas a oblier que lesdiz sex souz sunt achatez e 
paiez, cest a saveir quatre souz doudit annuel sorcenz dou 
lois au comte de Brelangne et dous sodées dou leis meslre 
Thomas le loheran. En tesmoegn de vérité nous avons donei 
ces présentes leitres selées en nostre seel ou maes de marz, 
sauf nostre dreit en totes choses en lan de graece mil dous 
cenz quatre vinz e seize. 

[Nota. — Vidiimis de l'official et ratification sur un petit parchemin séparé, 
daté : Die martis ante festum beati Nicholai estivalis anno Domini ^297.] 



[1297.] LI. 

La Bouquinaie, en Saint-Hellier. 

A toz cex (jui orront e verront cestes présentes leitres 
Katerine de Matefelon, abbasse de Saent George de Reines, 
saluz en nostre Seignor. Sachez que par davant nous... Cle- 
menz IJarril et Aliz sa femme, o l'autorité doudit Clemenz 
requonnurent aux aveir vendu... à la priolesse de nostre 
moustier e au covent dous souz de annuel sorcenz a prendre 




— 258 — 
a avoir chcscun an, a fiu et horitapc, a toiors, le jor de la 
fouseinz, doudit Clemenz e de sa lemme... sus lor l.erk-o- 
mei.t ou ils ineigncnt o ses aparlenances, sis a la IJoquinee 
en la j.arroesso de Sent Helier, soz nostre signoriée, entre la 
ferre Aliz Jahen dune partie e la terre Guillaume le bouc de 
lautre, por vint e quatre souz usuaux desque.x ilz se tindrent 
apa.ezdavantnous... en tesmoegne de vérité, nous avons 
donei ces présentes leitres sciées de nostre seel. E nous 
ollical de Reines davant qui icex Clemenz confessèrent 
donei en tesmoegnage le seel de nostre cort, le samadi avant 
Pasques flories, en lan de grâce mil dous cenz quatre vinz c 
dez et sept. 

[NOTA - Deux queues à sceaux fixées sur le repli - fragment de celui de l'ab- 
bessc de Sa.nt-Georces. 0„ y distingue lo bas d'une robe de femme et «ne partie de 
récusson.J "^ 



[1299.] LU. 

Lettres d'Alain de Châtcaugiron, trésorier et chanoine de R.nnes, 
en faveur de l'abbaje de Saint-Georges. 

Universis, etc., magister Alams de Castrogironis salutem in 
co qui honorum omnium fons est, inicium et origo Noverilis 
quod cum nohilis ac rcligiosa domina Kaierina de Malefdon 
monasterii beati Georgii Redononsis abbatissa, ejusdemquc 
loc. conventus, fructus, Icvaciones, exitus et proventus sui 
prioratus Sancti Sigisnuii Macloviensis dyocesis levandos et 
percip.endos mibi, vita comité, sui gratia duxerit conce- 
<l<'".los, accepti benedcii ab eisdem ego non immemor nnbi 
grati et eaam Iructuosi, ob hoc me senciens dictis religiosis 



- 259 — 

et monaslorio ad antidota naturalilcr obligatum, propter qiiod 
ego niulluni an'ectuoso peroptans ipsis fore de cetero in aliqiio 
t'ructuosus, ego ipsis religiosis ac monasterio me obligo, te- 
iieor, me teneri coiiliteor etiam ot promilto ipsis de cetero 
lidolitatem servare, utilia, prout erit milii possibile, procurare, 
inulilibus obviare meumque ipsis impendere et prestare, vita 
micbi comité, consilium, patrocinium et juvamen actentius, 
lidelius et melius quam potero, ubique et etiam quantum- 
cumquc contra qiiascumque personas, exceptis domino meo 
Britannie duce, dominaque Katerina predicta, ceterisque mihi 
per lineam consanguinitatis attingintibus, nec non aliis qui- 
bus antea fueram obHgatus. Et volo eciam et concedo quod 
si me contingat ad aliquam episcopalem seu archiepiscopalem 
pervenire prclaturam^ quam cito hoc contigerit, dictum bene- 
iicium ad ipsas libère revertatur, concessione ab eisdem mihi 
facta aliquatenus non obstante. Et hoc omnibus quibus signi- 
licandum est significo per présentes litteras meo sigillo pro- 
prio sigillatas. Datum die sabbati ante festum beati Nicholay 
hyemalis anno Domini 1299. 



[1323.] 



LUI. 



Transaction el partage fait de quatre bailliages, situés au terroir du Pin, en 
Pleine-Fougères, entre l'abbaye de Saint-Georges, les seigneurs de la 
Cbâtaigneraye el de la Roche. 

Comme contenz fust esmeu entre religiouses dames la 
ab})assc et le covent de Seint George de Rennes d'une par- 
tie, monsour Regnaud de la Ghatcigneraye chevalier, dame 
Jobanne sa femme, et Raoul de la Roche de l'autre partie, 
sus ce que lesdilcs parties et chcscune diccllcs, soulle et par 



- 260 — 
soi pour l(i tout, se efforçaient et entendaient justicier les 
homes, les ténors et soubgez des iieuz et dou terroer de la 
Vile dou Pin siis en la parroesse de Plaine Kougère, laquele 
vile ses appartenances avait esté auqune l'oiz commune pour 
non devis entre icellcs parties, dont lesdiz homes et ténors se 
estoient applegez et opposez contre lesdites parties, disanz que 
chescune dicelles parties, soûle por soi pour le tout, ne poet 
justicier iceus hommes, plusors atercacions eues entre icelles 
parties sus lesdites chouses, sachent touz que en après ce, 
par nostre court de Rennes en droit personaument establiz, 
Johan Fromont procurator fundé sufisamment desdites reli- 
giouses dames, pour elles et lour dit moustier d'une partie, 
lesdiz monsour Régnant et sa famé et ledit Raoul dautre, 
vindrent à forme de paiz et iîrent composition, division et 
transacion ensemble sus lesdites chouses en la manière et en 
la forme qui ensevent-, cest assavoir que à icelles religiouses 
dammes et a lours successors et a lour dit moustier remain- 
gnent et remaindront perpétuellement le fieu et le terroer 
aus marquiers et le fieu et le terroer aus michieus^ o les 
ténors et hommes et tout le justisement et lobbeissance et 
ferme droit diceus fieuz et terroërs-, lesqueus fieuz et ter- 
roers et tout quoique a iceux mariez et Raoul apparteneit et 
poet appartenir en iceus fieuz et terroërs, iceus mariez et 
Raoul por eus et lours hoirs, dun quemmun assenteraent, 
quiterent et delesserent perpétuellement à icelles religiouses 
dames et a lour dit moustier. Et à iceus mariez et Raoul 
remaignent et remaindront perpetuelement les fieuz et ter- 
roërs aus orgueus et aus menegoz^ o les ténors, homes et la 
juridiction diceus fieuz et soubgez entièrement, o touz les 
droitz que à icelles religiouses dammes et a lour dit moustier 
avenaient et povent avenir en icelles chouses^ fait et acordé 
desdites parties par ladite composition que la lande nomée la 
Lande dou Pin remaint commune entre icelles parties et les 



— 261 - 
ténors de touz lesdiz fieuz, en lestât de paravant ccste paiz; 
et que si, ou temps avenir auqune dicelles parties es chouses 
li remaignantes, comme dit est, ne poet troer parquoi se ven- 
gier pour la rente deue à celui fieu dont le paement ne li 
serait fait, icelle partie, pour ladite rente non li paiee tant 
soulement, se pourra vengier et gagier es autres fieuz et sus 
les autres ténors doudit terroer de la Vile dou Pin pour tout 
lautre partie^ laquele composition et toutes les chouses des- 
sus dites icelui procurator, ou non dessur dit, et lesdiz 
mariez, ladite dame auctorizee soufisammcnt doudit chevalier 
quant aus chouses desur dites et qui ensevent, pareillement 
ledit Raoul pour eus et pour leurs hoirs et successors pro- 
mirent en hone foy, ottroierent et sont tenuz garder ferme- 
ment et contre non venir en auqune manière par eus ne par 
autres ou temps avenir^ ausqueles chouses tenir et acomplir 
et contre non venir icelles parties présentes et consentantes 
lune a lautre jugeons et condempnons sauf nostre droit, et 
a lour requeste le seel estahli aus contraz de nostre dite court 
fut mis a ces les 1res. Doné ou mays de noembre lan de grâce 
mil très cenz vint et trois. P. 



[8 juilleH398.] lAY , 

Dispense de tenue écrite. 



« Jehan duc de Bretaigne et compte de Richemont, a noz 
senechalx, procurour et aloué de Rennes salut. Religiouse et 
honeste lahhasse de Saint Georges de Rennes nous a donne 
entendre comme elle est poursseue j)ar notre barre dudit lieu 
de bailler sa tenue par escript, disante tenir ce qu'elle tient 



- 2G2 — 
en notre duchié de nous et nous en avoer a seigneur proche 
et souverain-, si vous mandons et comandons, et a chacun de 
vous, vous déporter de plus la poursuyr à cause de la dicte 
baillée par escript, la baillent en la manière que dit est-, et 
en oultre mandons à vous, notre dit procurour, vous déporter 
de plus la poursuyr, ne autre cause délie, à cause de certaine 
deuve qui est a lessue de ladite abaye, en avent a la rivière 
de Villaigne, jucques autrement en aieons ordrenné. Car ainsi 
le voulons et le li avons ottrié. Donné au Yauruffier le 
viij jour de juillet lan mil iij*= iiij" deiz et ouyc. « 
Par le duc de son comandement 

GicQLAis [avec paraphe.] 

[Plis sur l'original. — Le sceau manque] 



TiV 
[^4^o.] ■^^• 

Lellrcs da duc Jean V qui transfère la foire de la my-carcsme du dimanche 
au lundy, conservant au surplus les droits de l'abaye à celle foire. 

Jehan, duc de Bretaigne, conte de Montfort et de Riche- 
mont, a touz ceulx qui ces présentes lettres verront ou or- 
ront, salut. Comme religieuses et honnestes les abbasse et 
couvent du moustier de Saint George près nostre ville de 
Rennes, lequel est de fondacion de noz prédécesseurs, .et 
tenu de nous tant en chieff que en membres, aient e leur 
appartegne et soint en pocession de avoir, tenir et faire tenir 
une foire en nostre ville et forbourg d'icelle, cbascun an, au 
jour de dimanche prochain après la mi karesme, par raeson 
de laquelle faire... a coustume avoir, lever et faire lever sur 



— 2G3 — 

et par cause des denrées vendues et exposées en vente en 
celle faire et durant icelle, plusours deniers tant de coustume 
que (des amendes provenant des contraventions commises au 
préjudice des droits de l'abbaye « qui a toute connaissance, 
jurisdiction et punition des delitz qui sont faictz et commis 
en ladite ville et forbourgs, le jour de ladicte foire »)... no- 
bleces et francbises leur api)artenir a cause de celle foire; 
lesquels de nouvel et puix nagueres sont de pou de fruit et 
de pou de valeur..? pour ce que les personnes qui souloient 
fréquenter marchandement icelle foire,... la maire et plus 
saine partie dicelx, tant marchans que autres ne voullent 
vendre ne exposer en vente leurs denrées et marchandises à 
celle foire... à jour de dimanche, par leur devocion et pour 
le honeur et révérence de Dieu... Nous, par l'avisement et 
délibéracion de nostre consseill, avons voulu... que icelle 
faire appartenant ausdites religieuses, qui avait a coustume 
estre et tenir audit jour de dimanche après la milcaresme, 
soit et tiegne désormais au jour de lundi prochain après la- 
dite milcaresme. Et de fait, de nostre autorité et grâce espe- 
ciale la remuons et translatons dudit jour de dimanche au 
lundy... etc. Pourquoy, mandons et commandons à noz capi- 
taine, senechal, alloué, procureur général et particulier de 
nostredite ville, leurs lieutenans et à chascun... le faire savoir 
et puplier par banie et autrement, en noz plez generaulx et 
aillours, etc. E dicelle foire ainsi translattée par nous, les en 
faites souffrir et laisser joir paisiblement et sans aucun im- 
peschement leur y donner, ne souffrir estre donné ou temps 
a venir. Car ainsi le voulons et de nostre dite grâce le leur 
avons ottrié et ottrions. Donné en notre ville de Ploermel, 
nostre général Parlement tenant, le derroin jour du moys de 
feurier, lan mil quatre cenz et dix. 

Par le duc en son conseill, tenant ledit Parlement, ouquel 
estoint les seneschalx de Rennes et de Ploermel, le procureur 



— 264 — 

général, l'aloué de Dinan et de Juguoii, le procureur de 
Nantes et autres. 

J. TURQUATIN. 



LVI. 



Mandement du Duc d'informer du doumage que les douves qu'il avait fait 
faire à Rennes pourroint avoir causé à labaye de Saint-Georges. Il recon- 
naît que la rivière et le droit de pescbe est à labaye, qu'elle avait un ci- 
metière, des jardins, vergers, etc. 

Jehan par la grâce de Dieu Duc de Bretaigne Conte de 
Montfort et de Richemond à nostre bien ame et féal cheva- 
lier et chambrellain le sire de Bethon, Tritan de la Lende 
nostre grant maistre d'ostel et notre seneschal de Rennes et 
nostre procureur général ou doux deulx, salut. Receue avons 
humble supplication de humbles religieuses et dévotes ora- 
leures, labbeesse et couvent du benoist moustier Saint George 
près nostre ville de Rennes, contenant comme ainsi soit que 
le dit moustier fut et soit fondé par nous et nos prédéces- 
seurs, soit et ait esté de très long temps fondé et dotté de 
pluscurs rantes et héritage et autres revenues^ et entre autres 
choses, eussent et leur appartenseissent cimetières joignanz 
à la ditte église nomé le cimetière es rnarlivs au quel estoit 
mis et ensepulturez ceulx qui decebdaient en faisant nouvaine 
devant l'autier de mondit seigneur S' Georges, ou les doiz et 
membres qui, durant celui temps, leur cheoint par cas de la 
maladie appelée « le mal mous'' Saint Georges; » mesmes avoit 
et leur appartenoit un aultre cymetiere nomé et apj)ellé le 
cymetiere es dammes ouquel les dames et religieuses du dit 
moustier, quant elles decebdoint, estoint mises et onsepul- 



- 265 — 

turees; et avoint et leur appartonoit pluseurs jardrins, ver- 
giers et vignes joignanz o le dit moustier où souloint les 
dites suppliantes et religieuses aler, après avoir Dieu servy, y 
prandre aucune consolacion -, et lesquels jardrins estoint clos de 
très hault mur et douves, esquels vergiers croissoint pluseurs 
bois, fruits, fruitages et paissages qui estoint pour la substan- 
tacion des dites suppliantes; et quelles choses, s'il leur con- 
venoit achater, ne auroint pour cent livres chacun an, oultre 
la plaissance des dits jardrins qui ainsi estoint près du dit 
moustier. Aussi avoint les dites suppliantes, environ le dit 
moustier, pluseurs hommes, mansioniers et estagiers, obéis- 
sants es moulins des dites suppliantes et qui leur devoint 
pluseurs rantes et homages, corvées, taillées, cenz et aultres 
debvoirs, tant par bled que autrement; mesmes leur apparte- 
noit pluseurs terres arables, prez et autres héritages quelx 
chacun an leur valloint un très grant numbre de revenues ; et 
ainsi soit que pour la guerre et doubte.... des ennemis, avons 
par nous et notre conseill ordrenné et fait faire closture de 
fossez et douves environ le dit moustier, lesquelles douves ont 
esté fêtes par lesdiz cymetieres et tellement que le tout des- 
diz cymetieres a esté emploie es dites douves, nonobstant que 
pluseurs corps sainz y fussent ensepulturez , considéré le 
temps de la fondation dudit moustier, et est ainsi à presyu- 
mer. Et a esté mis et emploie es dites douves pluseurs et 
grant quantité desditz jardrins, terres arables, prez et autres 
héritages, par cause de quoy sont les dites suppliantes en- 
dommagées tant et tellement que ne le sauroint estimer, 
considéré le proufdt des revenues de leurs jardrins esquelx 
prenoint pluseurs paissages, herbes, et autres choses néces- 
saires pour leur sustantacion, quelles sanz ce ne porroint 
susvenir ne fere le service divin, ainsi qu'il appartient et hon- 
neste est pour touz convens, moustiers de religion. Char- 
treux, Célestins et autres ad ce accoutumez qui ayent jardrins 

18 



— 266 — 

où se puissent occuper après que sont parties de l'iglese. 
Mesmes a este abattu, pour faire les dites douves, pluseurs 
maisons tenues prouchement des dites suppliantes, esquelles 
avoint homes estagiers quelx, par cause de ce, leur devoint 
pluseurs debvoirs et en avoint pluseurs proufdts et émolu- 
mentz tant de mouture que autres droiz de seigneurie que, 
par cause de ce, les dites suppliantes ont perdu. 

Item la terre et pierre a este jettée et levée des dites douves 
et fossez à lenteur du dit moustier tant et tellement que il est 
come impossible que, par le temps d'iver et pluyes, toutes 
les eaues qui venront et cherront sur le giet des diz fossez et 
douves ainsi faitz contre la dite eglize, périssent et pourrissent 
les murs de la dite eglize, par quoy icelle en pou de temps 
pourroit estre abatue et cheoirs a ruyne, ainsi que puet ap- 
paroir par levidance des diz fossez; par cause desquelles 
choses les dites suppliantes ne pourront, es temps a venir, 
aucunement aler a leur rivere faire leurs lavanderies qui sont 
très nécessaires en tel moustier et si notablement fondé; et 
laquelle rivere et moulins sont es dites suppliantes^ sans ce que 
autres y puissent peschier ne faire pescher sans leur congié et 
liscence; mesmes leurs moulins estanz sur la dite rivere, par 
cause des dites choses, seroint de moindre valeur, parceque 
leau de la rivere descendra es dites douves et fossez, quelx 
sont plus bas et creux que la dite rivere, et auxi le poisson 
de la dite rivere descendra es dites douves-, pourquoy aucuns 
dient et ont semé nos dites suppliantes ny debvoir es temps 
a venir riens avoir, ne y pescher, ne faire pescher. En oultre 
que de la pierre et sable qui a esté ostée et extraite des dites 
douves en lendroit des dits cimetière et jardrins, aucuns soy 
disantz noz officiers lont emporté et fait emporter, et donné 
congié et liscence a autres des genz et habitanz de la ville 
den prandre et en emporter pour leur singulier proulilt, 
quelles choses ont fait sanz ce que les dites suppliantes en 



- 267 — 

aient pu avoir, néantmoins que elle eut esté prise en terre 
de lieu saint et amorty, et que les dites suppliantes en eussent 
fait tirer certaine quantité à leur despenz pour cuider lem- 
ploier à la reparacion du dit mousticr^ quelle quantité les 
ditz officiers ont emportée et fait emporter nonobstant que 
en peussent bien trouver, si faire le vouleissent, plus près des 
lieux ou ils fesoint leur cdiffice, qui avoit esté tirée es dites 
douves, disoint les dites suppliantes ce estre en leur grant 
grieff, preiudice et dommage, et diminucion des rantes et re- 
venues du dit moustier^ et plus porroit estre si par nous ne 
leur estoit sur ce pourveu de remède convenable, bumble- 
ment le nous requérant. Pour ce est il que nous, ce que dit 
est, inclinans a la dite supplicacion, qui ne vouldrions les 
appartenances du dit moustier estre, pour cause de la closture 
des faubours de notre dite ville de Rennes, estre deperie et 
perduee ou préjudice des dites suppliantes, ne les revenues 
diceluy estre, par cause de ce, diminués et notre conscience 
en estre chargée^ ains desirons les droiz de l'église estre 
conservez et guardez ^ mesme que les dites suppliantes estoint 
aultreffoiz, pour cause de ce, venues plaintives devers nous^ et 
sur ce et adfm de rccompansation leur estre faicte, eussons 
comis vous, nostre dit grant maistre d'ostel, a quoy faire naviez 
aucunement obey, vous mandons et commandons, ou a deux 
de vous, en commettant, se mestier est, que vous descendez 
sur les lieux, et que bien et diligeaument vous voiez et que 
visitiez en combien les dittes suppliantes, par cause de la 
dite closture, ont esté et sont endommagées, et en tant que 
trovez les dittes suppliantes estre ou avoir esté endomma- 
geez par cause de la ditte closture, tant de leurs église, jar- 
drins, moulins, rivcres, terres, hommes, subgiez, rantes et 
revenues, les faictes promptement et sanz deloy valablement 
recompanser, affin que les dittes suppliantes naient plus cause 
de estre plaintives devers nous. Car ainsi le voulons et nous 



- 268 - 

plaist estre fait sanz dissimulacion, relFus ou contredit, et de 
ce faire vous avons donné et donnons, ou a deux de vous, 
plain povair, autorité de par nous et mandement especial. 
Mandons et comandons a touz et chascuns nos feaulx subjitz, 
en ce faisant, vous obéir et diligeaument entendre, et ces 
présentes voulons valoir acquipt et descharge a qui mestier 
en aura. Donné en nostre ville de Venues le xxiij^ jour de 
aoust l'an mil quatre cenz vignt et cinq. Et voulons la ditte 
recompansacion estre faicte sur les clievances ordonnées pour 
la fortiffîcacion de la ditte ville de Rennes. Donné comme 
dessus. 

Jaroceau [avec paraphe]. 
I*ar le Duc* 

[Écrit de la main du duc] 

Et plus bas : 

Par le duc en son conseil et de son commandement pre- 
sens le vichancelier messire Johan de Karmeleuc chevalier, 
le doien de Nantes, Johan Angier, larcediacre de Rennes et 
autres. — Jaroceau [avec paraphe]. 

[Au bout de la queue en parcbemin entaillée dans la feuille même de l'acle, il 
reste quelques fragments du sceau en cire rouge. C'était le grand sceau du duc 
Jean V. On lit encore sur une banderolle sa devise : i ma vie.] 



LVII. 

Autre mandement du Duc pour le même objet (du 17 février 1497). 

Jehan par la grâce de Dieu Duc de Dretagne, etc. Receue 
avons supplication et requeste... de religieuses et dévotes 



— 269 - 

dames et noz bien amees labbeesse et convent du benoist 
moustier de Monseigneur saint George... contenant... come 
ainsi soit que le dit moustier soit fondé par nos prédéces- 
seurs roys et ducs de Bretaigne, etc. Item que pour la guerre 
et double des annemis nous et nostre conseill avons puis 
naguères fait clore et fortiffîer de fossez, douves... lesquelles... 
ont esté faites par les dits cimetières, etc. 

Pour ce est-il que Nous, attendu ce que dit est, desiranz 
les dittes suppliantes et leurs dits hommes estre vallable- 
ment, ainsi que de raison appartient, desdommaigez et deue- 
ment rescompansez des dommaiges quils ont soustenus et 
soustiennent tant en font de heritaige que aultrement, en 
diminucion dudit moustier et de la fondacion diceluy laquelle 
anczois vouldrions augmenter et accroistre, et toujours faire 
et administrer bonne justice... Avons pour les dites causes et 
aultres justes consideracions ad ce nous mouvans ordonné et 
ordonnons par ses présentes, par deliberacion de nostre con- 
seill, au regard des dits deux cimetières et des jardrins, terres 
arables, prez et aultres héritages des appartenances et depan- 
dances dudit moustier et de la fondacion diceluy et aussi 
des mesons, courtils et heritaiges appartenant aux hommes 
des dites suppliantes, tenuez prochement du dit moustier, qui 
ont esté dillaxerez, abattuz, emploiez et comprins pour et en 
la fortifficacion et cloaison de notre ville neufve au dit lieu 
de Rennes et esdites douves et fossez... que les dites sup- 
pliantes et leurs dits homes et chescun, pour ce que lui 
touche, soint desdomaigez et rescompansez deuement et val- 
ablement par finance sur les deniers de la reparacion de 
notre dite ville neufve de Rennes et autrement, aux despans 
des demourans et habitans en icelle à qui la utilité de la 
dite fortifficacion redonde^ sur lesquels habitans sera pour ce 
exigé et esgaillé telle some de finance et en teille fourme et 
manière que Révérant Père en Dieu nostre très cher et féal 



— 270 — 

compère et conseiller Levesque de Nantes nostre chancelier, 
les archediacres de Rennes et du Désert, Pierre de Beaucé 
nostre seneschal de Plermel, Jehan le Prehtre, Jehan de 
Beaucé noz allouez et procureurs du dit lieu de Rennes ou 
troays d'eulx, lesquels quant ad ce, avecqucs et pour faire le 
prisaige du dit domaige des dites suppliantes et de leurs 
homes et des heritaiges et superiices de mesonz qui d'eulx 
ont esté prins et emploiez es dittcs douves et foussez et aul- 
trement pour la ditte fortifficacion, ad ce appelez par eulx, 
choaisiz et esleuz pour faire le dit prisaige, bons prisaigeurs 
et gens se congnoessanz en teilles choses, ainxin que verront 
estre expédiant, avons commis et depputez, commettons et 
députons par ces presantes en leur donnant et ottraiant, don- 
nons et ottraions par ces présentes plain pouair et comande- 
ment especial de contraindre et compeller les dits habitans et 
chascun a poier la finance en quoy pour ce ils seront impou- 
sez^ laquelle finance sera poiée et baillée par lordonnance 
des dits comis aus dites suppliantes et a leurs dits homes et 
a chacun, pour autant que par le dit prisaige sera trouvé 
quds aront de domaige, par termes et assignacions le plus 
prontement que la finance pourra estre trouvée, et ainsi que 
nos dits commis aviseront. Et pour ce que le dommaige que 
les dites suppliantes ont en ce, est pour cause des choses du 
dit moustier et de la fondacion diceluy. Nous voulions et or- 
donnons que la finance, qui pour ce par nos dits commis leur 
sera ordonnée et baillée, soit et sera emploiée en ediffices, 
reparacions ou aultrement au bien du dit moustier, en la 
meilleure manière que faire se pourra, llem^ et ce que touche 
la terre et les pierres qui ont esté levées des dites douves et 
jettees à lentour dudit moustier, par quoy ou temps dyver 
leau rechiet et redonde contre les murs diceluy et les depe- 
rist, et plus feroit ou temps a venir, si pouvcu ny estoit, 
comme dit est. Nous mandons et comectons très exju'essé- 



— 271 — 

ment a nos diz commis que, ad ce appelez des gens se co- 
gnoessans en teille matière, ils avisent la manière comment 
Ion pourra garder et conserver les dits murs et y faire provi- 
sion tellement que leau se puisse évacuer sans donner dom- 
maige aus dits murs, et s'aucun y estoit percé, quilz le 
facent deuement reparer, et quilz y procèdent dilligeaument 
sur les deniers de la dite reparacion, en contregnant ad ce 
réaument et deflait les miseurs des oupures de nostre dite 
ville de Rennes. 

Itern^ et quant ad ce que nos dites suppliantes se complai- 
gnent que elles ne peust ne ne pourront au temps avenir 
aller a leur ripuiere et faire leurs lavanderies, et aussi que, 
par empeschement de la dite baye, leurs ditz moulins sont 
de moindre valleur, dont elles sont à dedomaigées, ainxi que 
en l'article cy dessus contenu en est plus a plain faict man- 
cion, Nous voulions et ordonnons que, par autant que par 
nos dits commis et celx quilz y appelleront sera trouvé quelles 
y ont et auront de dommaige, que elles en soint rescompancées 
et desdommaigées en la fourme et manière dessus dites-, et 
au fait des dites chaussées dilacerées et derompues par cause 
de la dite fortiffîcacion, que elles soint prontement reparées et 
redilTiées en lestât de paravant sur les deniers de la dite repa- 
racion de nostre ville de Rennes, comme est ordonné le faire 
des murs du dit moustier, et rescompansées des dommaiges 
seuflruz es temps passez par occasion de la dite roture. Item 
et ou regart du peschaige des dites douves estanz sobz le dit 
moustier et anviron icelluy, ottrions par ses présentes de 
grâce espécial, en tant que mestier est, aus dites suppliantes 
que elles en joissent et puissent joir perpétuellement par 
autant et attandu que leau et le poisson de la dite ripviere, 
dont le peschaige leur appartient et est à elles deffanczable, y 
dessand et relfoulle, et que elles le puissent gardez et def- 
fandre samblahlement par touz comme leur dite ripviere. 



— 272 — 
Item et paroillement que elles joissent et usent de la sablon- 
niere et pcrrierc qui est a présent es dites douves et foussez, 
en lendroit des lieux ou souUoint estre les ditz cimetières et 
aultres leurs terres, sans ce que nos officiers, de par nous 
ne aultres quelxconques, puissent troublez ne empescher les 
dites suppliantes sur le joissement des ditz peschaige, perriere 
et sablonniere, ne en prendre ne y esplecter en aucune ma- 
nière, ne en amporter chose quelconque, si ce nest par las- 
sentiment des dites suppliantes, ou temps avenir^ et sy don- 
nons en mandement à noz cappitaine, senecbal, alloué et 
procureur de Rennes, leur lieutenanz et a touz nos aultres 
justiciers et officiers à qui de ce appartiendra, du contenu en 
cestes noz présentes faire souffrir et laisser paisiblement joir 
et user les dites suppliantes, touz empeschemens cessans^ 
car ainsi le voulions et nous plaist estre faict, non obstant 
quelxconques ordonnances ou defTances ad ce contraires, et 
de ce faire avecques toutes les choses anviron ce pertinantes 
et nécessaires avons donne et donnons à noz ditz commis, 
ensamble ou a troays delx, comme dit est, plain povair, auc- 
torité, de par nous et mandement espécial. Mandons et co- 
mandons a touz et chascun noz feaulx et subgetz, en ce fai- 
sant, leur obbeir et diligcamment enctandre. 

Donné en notre ville de Redon le dix septième jour de feb- 
vrier lan mil quatre cens vignt et sept. Ainsin signé : Pau 
LE Duc, escript de sa main. 

Par le Duc de son comandement et en son conseill ouquel 
vous messire Pierre Eder, Robert Despinoy et Jehan de Lez- 
melec chevaliers, les archediacres de Rennes et du Désert, le 
sénéchal de Cornouaille, Pierre Juxte, Jehan Mauleon et plu- 
sieurs autres conseillers estoint. Coaynon. — Quel mande- 
ment dessus dit estoit scelle du seau de la chancellerie de 
mon dit souverain seigneur. Donné et fait par copie et vidi- 
mus, es plez généraux de Rennes, au vidimus duquel mande- 



— 275 - 

ment a esté déclare que foy devoit estre ajoustée comme a 
loriginal. Le xxiiij jour d'avril après Pasques lan 1455. 

Donne comme dessus. Racine. 

Collation faicte a l'original passé par moy Racine [avec 
paraphe]. 

[Sceau assez Lien conservé : la cire est verte, presque noire, renfermée dans un 
petit cerceau de bois blanc. L'empreinte, de forme ronde, porte un écusson en ban- 
nière semé d'bermincs. Légende fruste, indéchiffrable.] 



[^^34.] LVIIL 

Mandement du Duc qui concède à l'abbesse de Saint-Georges un dédomma- 
gement pour le terrain pris à l'abbaye pour faire les fossés de la nouvelle 
enceinte. 

[Parchemin.^ 

Jehan par la grâce de Dieu duc de Bretaigne comte de 
Montfort et de Richemont à Révérend Père en Dieu notre 
chier et bien amé cousin compère et feaulx conseillers 
levesque de Nantes, notre chancelier, messire Robert Des- 
pinay, grant maistre de notre hostel, salut. Receue avons 
humble supplicacion et requeste de noz humbles religieuses 
et dévotes orateures les abeesse et couvent de notre benoist 
mousticr fondé en lonneur de Dieu et de monseigneur saint 
George près notre ville de Rennes, contenant que pour la 
guerre et doubte des annemis Nous et notre conseil aierons 
ordrenné fere clorre de fossez et murs certaine quantité des 
forbourgs de notre ville de Rennes et, entre aultrcs lieux, 
nostre dit moustier, lesquelles douves et murs ont esté faites 
par les cimetières, jardrins, prez et aultres heritaiges des 



— 274 — 

appartenances de nostrc dit moustier-, et mesmes, pour ce 
fere, ont esté a])atues plusieurs mesons tenues prochement 
diceluy esquelles avoint hommes estagiers que, par cause de 
ce, leur devoint en chacun an pluseurs et grand numhre de 
rentes, et y avoint pluseurs aultres proufilz, tant a leurs 
moulins que daultres droiz de seigneurie, de quoy par cause 
des dites choses noz dites suppliantes nont plus le joissement; 
et mesmes a esté levée et gctee la pierre et terre troite des 
dites douves alentour des murs du dit moustier tellement 
que, par cause de ce, les eaues sont cheues dedans les diz 
murs et en sont pourriz et empirez, par occasion de quoy 
leglise du dit moustier est en voye de choairs et démolir, si 
de brieff ny est pourveu. Et mesme, pour fere la dite fortif- 
ficacion, a esté abatu et dilaxeré quantité de la chaucée des 
moulins de la ripuiere de Villaigne appartenans aus dites 
suppliantes, pour de quoy noz dites suppliantes sont grande- 
ment endommaigees et plus seront, si de brieff provision ny 
est faite, Nous suppliant les dites religieuses que en lonneur 
de Dieu et de monseigneur saint George, en ayent considera- 
cion que Nous et noz prédécesseurs suymes fondeurs du dit 
moustier et que es diz cimetères est a présumer, considéré le 
temps de la fondacion, a plusseurs corps sains, quelx ont esté 
desteirez pour fere la dite fortiflîcacion, et pour la descharge 
de notre conscience et de ceulx qui ont fait les dites choses, 
leur pourvoans de notre grâce et convenable remède et des 
dites choses les fere deuement poier, rescompenser et des- 
charger a notre esgart et conscience; avecques mander a noz 
repareurs de Rennes fere reprendre et redilïier les dites 
chaussées, ainsi quilz estoint deparavant, humblement le nous 
requérant; savoir facsons que nous, les dites choses considé- 
rées, et qui desirons laugmcntacion dudit moustier et les 
droiz et libertez diceluy estre observez et gardez. Vous man- 
dons et comandons très expressément en chargeons que vous 



— 275 — 

transportez sur les lieux et, ad ce apelez avec vous des aultres 
gens de notre conscill de ceulx que vous verrez qui seront a 
apelez, et vous informez sommairement et de plain du donné 
entendre des dites suppliantes et quelle perte et domaige ilz 
ont eu ou peuvent avoir par cause et occasion de la dite clos- 
ture et fortillicacion, aiïin que, suivant votre raport nous fait, 
puissions pourvoir es dites religieuses par votre advisement, 
ainsi que de reson verrons au cas apartenir. Car il nous 
plaist. Donne en nostre ville de Rennes le x^ jour de feurier 
lan mil cccc trante et quatre. 

Par le Duc en son conseil ouquel les cvesques de Saint 
Brieuc et de Léon, larcediacre d'Acreleon, messire Alain de 
Keroze, le maistre des requestes et autres plusseurs estoint. 

— C. HUCHET. 

[Nota. — Fragment de sceau en cire rouge semé d'hermines (6 ou -10 hermines); 
on en voit G par 3^ 2, I . L'écu est entouré d'une guirlande de fleurs.] 



[20 mars ^443.] 



LIX. 



Sentence de la Court de Rennes qui enregistre les lettres du Duc du 13 dé- 
cembre lii-2, concernant la jurisdiclion de l'abbaye. 

Comme auttrefoiz le procureur de ceste Court en procédant 
de son olfice se fust plegé et oppousé contre la publication 
dun mandement de monseigneur le Duc obtenu et impectré de 
la part de religieuses et bonnestes les abbaesse et convant de 
Saint Georges de Rennes duquel la teneur en suist : « Franc- 
zois par la grâce de Dieu duc de Bretaigne, conte de Montfort 
et de Ricbemont, a touz celx que ces présentes lectres pour- 
ront veoir et oir salut. Savoir faesons que aujourduy à la 



— 276 — 

supplication et humble requeste de humbles et honnestes re- 
ligieuses, noz très chieres et amées orateures, les abbaesse et 
convant du benoist moustier Saint George de Rennes, disanz 
estre fondées de noz predicesseurs roys, ducs et princes de 
Bretaigne et de nous, et leur appartenir, par cause de la dite 
fondacion, plussours hommes, fiez et revenus en plussours 
parroaisses de notre duché quils tiennent de nous proche- 
ment a obbeissance de notre siège de Rennes, et de nul autre 
ne tiennent fiez ne hommes^ et aussy pour la singulière de- 
vocion que avons audit moustier, desirans la dite fondacion 
augmenter et plus exorter les dites religieuses a Dieu priez 
pour nous et noz predicesseurs, et à lexaltacion et decoracion 
mesme diceluy moustier, avons de grâce especial et ainxi que 
de noz droiz et souverainetez le povons fere, voulu et octrié, 
voulions et octrions que doresnavant les dites abbaesse et 
convant et leurs hommes et subgez se délivrent a congé de 
personne et mennée a noz plez generaulx de Rennes et non 
autrement, en la forme et manière que les barons et autres 
nobles de notre pais, qui se délivrent a congé de personne 
et de mennée, ont accoustumé le faire ^ pluecques quelles puis- 
sent avoir et tenir en leurs diz fiez et seigneuries justices et 
fourches patibulaires a quatre postz; pourquoy mandons et 
comandons très expressément a noz senechalx, allouez et 
procureurs, leurs lieutenans de notre Court de Rennes et 
touz autres justiciers et officiers à qui de ce appartiendra, de 
ces presens don et grâce faire souffriz et laissez joir les dites 
religieuses orateures plainement et paisiblement, touz ira- 
peschementz cessans au controire ^ car ainsi le voulions et 
nous placst, nom obstant quelx conques ordonnances et man- 
demanz, defïans ou autres chouscs faictes ou à faire ad ce 
controires. Donné en notre ville de Rennes, le xij^ jour de 
décembre lan mil iiijc quarante et deux. Ainsin signé par le 
Duc escript de sa main. Par le Duc de son commandement 



— 277 — 

et en son conseill ouquel estiez vous, lévesque de Saint- 
Brieuc, le grant mestre dostel, messire Jehan Labbd, cheva- 
lier, le doien de Nantes et autres. — Godart. » 

Gestes présentes lettres ont esté expédiées en conseill de 
Duc ouquel estoint monseig'" le chancelier, lévesque de Saint 
Brieuc, le grand mestre doustel, messire Jehan Labbé, cheva- 
lier, le doien de Nantes et autres a Rennes le 22^ jour d'oc- 
tobre lan 1443 par le Duc de son commandement et en son 
conseill presenz les dessur diz. Bachelier. — Et a cesz pre- 
senz plez despandeist autrement en la dite opposition, raesons 
oyes entre le dit procureur de ceste Gourt et Jehan Radouil- 
let procureur des dites abbaesse et couvant, et que fut bon- 
nement approuvé la dite lettre, fut icelle lettre par monsei- 
gneur le seneschal publiée, o la reservacion que feit mon dit 
seigneur le seneschal que néantmoins icelle lettre que les 
hommes de la dite abbaesse des neuff paroaisses de Rennes 
seroint tenus obbeir par ceste Cour es plez sur sepmaine en 
la manière accoustumee, et a la foyre que aucuns marchanx 
forains feroint convenir les diz hommes des dites abbaesse et 
couvant des dites neulT paroaisses, ils le pourroint faire ainsi 
que, par avent la dite lectre de mon dit seigneur le Duc, ils 
le peussent faire, sauff au dit procureur des dites abbeesse et 
couvant a en demander et avoir le retroit. Fait es plez gene- 
raulx de Rennes le 20® jour de mars lan mil quatre cens 
quarante et troys. 

R. Alleez passe. 

[Scellé. — Il reste un fragment du sceau, mais on n'y dislingue rien.] 



— 278 — 



[^442.] La. 

Bulle du Pape Eugène IV pour l'abbaye de Saint-Georges (1). 

Eugenius episcopus, servus servorum Dei, dilectis in 
Christo filiabus Perrine abbatissc et conventui monasterii 
Sancti Georgii Redonensis ordinis sancti Benedicti salutem 
et apostolicam benedictionem. 

Annuere consuevit Sedes Apostolica piis votis et honestis 
petentium precibus favorem benevolum impertiri -, exhibita 
siquidem nobis nuper pro parte vestra petitio continebat quod 
olim felicis recordationis Alexander tertius primo et deindc, 
ad ipsius Alexandri instar, pie memorie Innocentius etiam 
tertius, Romani pontifices predecessores nostri, ex certis 
rationabilibus causis monasterium vestrum sub beati Pétri et 
eorum protectione susceperunt et apostolicis privilegiis mu- 
nierunt, inter cetera statuentes ut ordo monasticus qui secun- 
dum Deum et sancti Benedicti regulam in eodem monasterio 
institutus esse dinosccbatur perpetuis ibidem temporibus in- 
violabilitcr servarctur^ preterea quascumque possessiones, que- 
cumque bona idem monasterium tune juste et canonice pos- 
sidebat aut in antea concessione pontificum, largitione regum, 
vel principum, oblatione fidclium, seu aliis justis modis pres- 
tante domino posset adipisci, abbatisse et monialibus dicti 
monasterii tune existentibus earumque successoribus firma et 
iliibata manerent. In quibus bec propriis duxerunt expri- 



(1) L'original de la bulle d'Eugène IV est dans la liasse 312, 2 H 1, 
Sainl-deorges (prieuré de Tinléniac). 



— 279 — 

menda vocabulis : locum in quo prefatum monasterium situm 
est cum domibus, olïicinis ac omnibus juribus et pertinenciis 
suis. Ecclesiam Sancti Potri de Foro cum omnibus pertinen- 
ciis suis. Capellam Omnium Sanctorum cum pertinenciis suis. 
Ecclesiam Sancti Lazari cum pertinenciis suis. Ecclesiam 
Sancti Donatiani de Foresta cum pertinenciis suis. Ecclesiam 
Sancte Marie de Foresta cum pertinenciis suis. Ecclesiam 
Sancte Fidis de Foresta cum pertinenciis suis. Ecclesiam 
Sancti Exuperii supra muros civitatis cum pertinenciis suis 
Capellam Sancti Donatiani super murum ejusdem civitatis 
cum pertinenciis suis. Capellam Sancte Marie in parrocbia 
Sancti Stephani cum pertinenciis suis. Ecclesiam de Tinten- 
niaco cum hominibus ejusdem loci et aliis pertinenciis suis. 
Ecclesiam Sancti Georgii de Gribanno cum hominibus ejus- 
dem loci et aliis pertinenciis suis-^ homines commorantes in 
cimiterio Sancti Georgii ad proprietatem ipsius monasterii 
pertinentes ex dono bone memorie comitis Conani, quicquid 
juris habebat in predicta villa de Gribanno tam in hominibus 
quam in aliis possessionibus. Medietatem insuie de Arto, et 
medietatem parochie ejusdem insuie. Ecclesiam de Plubihan 
cum pertinenciis suis. Ecclesiam de Plogaanoi cum pertinen- 
ciis suis, et homines in predictis villis commorantes. Octo 
partes decimationum in ecclesia de Morzellis et duas partes 
oblationum in Nativitate Domini et in sexta feria Parasceve 
et in festo Résurrection is Dominice et Omnium Sanctorum. 
Tertiam partem decimationum in parrocbia de Matreyo. Ter- 
ras quas ipse abbatissa et moniales habebant in parrocbia 
Sancti Siguinii. Terras de Sanceyo. Terras de Spineto. Terras 
de Crasso Bussono. Terras de Spargeio, ac census et terras 
in parrocbia de Accigneyo. Terram de Braetio (1). Molendinos 
in civitate Redonensi Sancti Ilarii, de porta. Molendinum de 

(l) Braecio, Brays? 



— 280 — 

Campo Corvii. In ci vitale Namnetensi, medietatera hemagil 
in aqua Ligeris. Terram de Aviniaco. ïerram in parochia de 
Bruxa. Decimam in parochia de Breal. Terras censuales et 
vineas que circa dictum monasterium erant^ sane novalium 
suorum que propriis manibus vcl sumptibus excolebant, seu 
etiam de suorum animalium nutrimentis nullus ab eis décimas 
exigere presumeret. Procréa rationabiles consuetudines ac 
libertates [à] comitibus Britannie et ejusdem loci fondatoribus 
monasterio prefato concessas eisdem abbatisse et monialibus 
auctoritate apostolica confirmantes et décernantes ut nulli 
liceret prefatum monasterium perturbare aut ejus possessiones 
aufferre aut ablatas retinere, minuere, seu quibusvis vexationi- 
bus fatigare. — Quid que bone memorie Radulphus episcopus 
Macloviensis, cum ipse de speciali mandato summi pontificis, 
et juxta slatuta Concilii generalis, abbatissam et conventum 
dicti monasterii, canonica monitione previa, cogeret ad provi- 
dendum in beneficio competenti capellanis ecclesiarum de Tin- 
tinniaco et de la Bauscenne et de Capella calciata, de Sancto 
Gordiano et de Cardreuc et de Trimer, quarum jus patronatus 
ad ipsas dinoscebatur pertinere; tandem post multas alterca- 
tiones, auctoritate apostolica et sua, de communi assensu, 
diffînitiva sentencia mediante, predictarum ecclesiarum pres- 
biteris sub bac forma duxit providendum^ videlicet quod 
ecclesia loci de Tintinniaco maneret in statu in quo tune 
erat imperpertuum et presbiter ejusdem ecclesie de Tinli- 
niaco haberet procurationem suam in prioratu dicti loci 
honeste, hoc addito quod priorissa ipsius prioratus singulis 
annis perciperet per manum dicte priorisse sex libras usualis 
monete hiis terminis persolvendas : in festo Omnium Sanc- 
torum quadraginta solidos, in Pasca quadraginta, etiam in 
Assumptione beati Marie, quadraginta ^ pro recompensatione 
portionum quas antea percipiebat in capellis superius nomi- 
natis. Adjectum fuit etiam quod parochiani de Treimer veni- 



- 281 — 

rent ad occlesiam de Tintinniaco et eidem tanquani sue nia- 
ti'iei ecclesie ohediivnt in oiinii jure parochiali, prêter quam 
in deciniis bladi et vini que dicta ahhatissa perciperet sicuti 
antiquitus percipere consueverat. Capellani vero de la Beau- 
cenne et de Capella calciata, de Sancto Gordiano et Cardroc 
omnia jura parochialia ad ecclesiani suani pertinencia habe- 
rent, prêter décimas bladi vel vini que ad diclurn monaste- 
rium ex intègre devenirent, sicut antiquitus devenibant^ pre- 
terea capellanus de Capella calciata singulis annis très solidos 
usualis nionete, capellanus de la Baucenne duos, et capellanus 
de Cardroc duos dicto monasterio in crastino Pasche solverent. 
De procuratione episcopi, sicut fucrat ordinatum, quod capel- 
lani de Cardroc, de la Baucenne et de Capella calciata medie- 
tatera procurationis episcopi persolverent, et prioratus ac pres- 
biter de ïintiniaco reliquam, sicut solebant, excepto presbi- 
tero Sancti Gordiani qui de procuratione episcopi nichil sol- 
veret. Procurationes vero arcbidiaconi et decani presbiter et 
prioratus de Tintinniaco, ut consuetum erat, solverent. Pres- 
liiter vero de la J baucenne et de Capella calciata et de Car- 
droc, ita quod unusquisque per se singulariter et in integrum 
de cetero persolverent procurationes arcbidiaconi et decani. 
Ecclesiani autem de Sancto Domeneuc sufficientem uni pres- 
bitero extimavit. Subsequenter autem, bone memorie Gauffri- 
dus episcopus Macloviensis, dicti Radulpbi successor, cum 
super hujusmodi articulo, videlicet « procurationem haberent 
honeste, » inter abbatissam et conventum predictum ex una 
parte, et capellanum dicte ecclesie de Tintiniaco ex altéra 
parte, fuisset contentio suborta, tandem de conssensu pre- 
dictarum et ipsius Gauiïridi episcopi, bone memorie Clémente 
episcoj)0 Dolensi présente, et ad compositionem pro abbatissa 
et conventu predictis pro bono pacis lideliter laborante, talis 
inter eos pactio intervenit; videlicet quod pro honesta procu- 
ratione quam predictus presbiter in sepedicto prioratu babe- 

1» 



— 282 — 

bat, in eodem prioratu novem libras currentis monoto perci- 
pcrc deboret annuatim hiis tcrminis persolvendas, in Pasca 
sexaginta solidos, in Assumptione béate Marie Virginis sexa- 
ginta, et in festo Omnium Sanctorum sexaginta^ ita qaod ipse 
vel successores sui, procurationis nomine, in predicto prioratu 
nichil amplius valeret aut dcberet rcclamare, prout hec et alia 
in diversis apostolicis Alexandri et Innocentii predccessorum 
ac aliis autenticis episcoporum predictorum de super inde con- 
fectis littiTis dicitur plenius contineri. Quare nobis bumiliter 
supplicastis ut privilégia, sententiam et compositioncm hujus 
modi ac omnia et singula in ipsis litteris contenta et que- 
cumque indesecuta conlirmare de benignitate apostolica digna- 
remur^ nos igitur vestris supplicationibus inclinati, privilégia, 
prout supra expressum est, ac sententiam, prout est justa, 
pactionem seu compositioncm hujus modi, sicut ante et sine 
pravitate provide lacta est et ab utraque parte recepta ac ab 
utraque parte hactenus pacifiée observata, auctoritate aposto- 
lica confirmamus et presentis scripti patrocinio communimus. 
iNulli crgo omnium hominum liceat hanc paginam nostre con- 
iirmationis et communicionis infringere vel ei ausu temerario 
contraire. 

Si quis hoc adtemptare presumpserit indignationem Om- 
nipotentis Dei et sanctorum Pétri et Pauli apostolorum ejus 
se noverit incursurum. Dalum Florencie anno Incarnationis 
Dominice millesimo quadringentesimo quadragesimo secundo, 
quinto idus octobris, pontificatus nostri anno duodecimo. 



— 283 



LXI. 

Lellres du duc François I«^ de l'an 1444, en faveur de l'abbaye de 
Sainl-Georges, prises sur une copie du xvi« siècle. 

Kranczoys par la grâce de Dieu duc de Bretaingnc, conte 
de Montt'ort et de Ricliemont, a touz ceulx que ces présentes 
verront ou orront, salut. Savoir faisons que sur la supplica- 
cion a nous faicte de religieuses dames les abbasse et con- 
vent du benoist moustier Saint George de Rennes contenant 
comme a icelles suppliantes apartienne de la fondacion de 
notz predicesseurs les moullins nommez les moullii^s de la 
Porte qui sont dun très grand revenu, et utilles et profitables 
pour les habitans et demourans en nostre ville de Rennes-, et 
nous ait pieu ordonnez estre close nostre ville neuffve de 
Rennes, en parachevant icelle^ Jehan Guerrif quel a prins à 
faire le pan de mur que a présent on y faict au long de la 
ripuiere de Yillaigne, quelle ripuiere est et apartient aus dites 
suppliantes, veult et sefforce et dit que en landroit du pont 
de Yillaigne il estrecera, pour faire la dicte euvre, la dicte 
ripuiere jucques au melouaign pillier du pont de Yillaigne, et 
laissera larche du pont ou dedans de la ville-, quelle chose, 
si ainsi estoit, seroit a la totale destruction et perdicion des 
moullins des dites religieuses et ne seroit pas à la fortifica- 
cion ne reparacion de la dite ville, mais pour le bien singu- 
lier de deux ou de troys des bourgeoys, pour espargner leurs 
jardrins et derrière de leurs maisons. Et le profilt ou des- 
truction des dits moullins ne touche pas seullement aus dites 
relligieuses, mais à touz les habitans et bien publique de 
nostre dite ville. (]ar sy [)ar h^ dit edilTice les dits moullins 



— 284 — 

cstoient pcrduz et anicliellcz, en temps do liostillité de guerre, 
les dits liabitans naroint moullins ou poussent seurement 
portez leurs blez à mouldre^ et la grant laisze de la ripviere 
est partie de la fortifïicaeion de la dite ville, et en la estrois- 
sant seroit faire contre la fortilficacion dicelle-, car y avoir 
bonne ripuiere et large, le mur en est plus deffensable. Aussi 
conviendroit que la ville recompensast les dites religieuses 
dicculx moullins, quelle recompense seroit plus à cbarge de 
l'a ville que au profilt, pour ce que aultrement leuvre se 
peult bien faire et o mains de rescompense ; requerans les 
dites religieuses sur ce nostre provision et remède conve- 
nable j Nous, pour vcoir leuvre et closture dessus dite, savoir 
et enquérir des préjudices que y peust avoir les dites reli- 
gieuses, avec de toutes aultres cboses environ ce pertinentes, 
avons ^aujourduy commis et ordonne notz bien aymez et 
feaulx chevalier et cbambelain messire Jehan Labé, Jehan 
Dust et Henri de Yilleblanche, lesquels y ont vaqué et en- 
tendu, et leur rapport sur ce fait devers nostre conseil, avons 
sceu que jucqucs a tant que le dit euvre soit parfaict Ion ne 
peult bonnement estre acertainé quel préjudice et domaige 
pourroit avoir les dites religieuses en leurs dits moullins ne 
autrement, mays iceluy ouvre acomply, avons ordonne quilz 
soient recompensées et dedommaigées raisonnablement par 
autant que eust été trouvé que elles eussent préjudice et 
dommaige. 

Donné en nostre ville de Rennes le seziesme jour de juillet 
lan mil quatre cens quarante quatre. Ainsi signé par le Duc 
de son comandement et en son conseil ouquel vous, levesque 
de Sainct Brieuc, le grant maislre dhoustel, messire Jehan 
Labbé, le dean do Nantes, Jehan d'IJst et aultres estoiont. 

J. G 01) ART. 



285 — 



[27 septembre M52.] 



LXII. 



Mandement du duc Pierre par lequel il recognoist que le pan de mur entre 
le portai Saint Germain et celui de la Poissonnerie a esté basty dans la 
rivière de Villaigne appartenante ù labbaye de Saint George et donne 
charge quelle en soit rescompensée. 

Pierre, par la grâce de Dieu duc de Bretaigne, conte de 
Montfort et de Richemont, a nos bien amez et feaulx cheva- 
lier, chambellan et conseillers messire Jehan de la Rivière et 
maistre Jehan Louaisel noz chancelier et président, salut. De 
la partie de noz humbles religieuses et orateures, les abbasse 
et couvent de Saint George de Rennes, Nous a esté en sup- 
pliant exposé comme le dit moustier soit de la fondation de 
noz prédécesseurs, etc., et par iceulx leur aient esté donnez 
pluseurs terres, rentes et revenus, et entrautres choses, les 
moullins de la Porte siis devant notre ville de Rennes, sur la 
rivière de Villaigne, ensemble o celle rivière dès ceulx mou- 
lins jucques à noz moulins de Joué^ et soit ainsi que feu 
mon redoubté seigneur et père le Duc, dont Dieu ait l'âme, 
eust ordonné un pan et closture de mur estre fait pour la 
closture de nostre ville nouvelle de Rennes, au long de la 
dite rivière, entre les ponts de Saint Germain et de Villaigne, 
lequel mur et les portaulz de Saint Germain et de la porte 
de Villaigne ont esté faiz en dedans de la dite rivière pour 
avoir moinz charge de beische à prandre les fondemenz di- 
ceulx, et par le moien de ce, les portaulx et les tours qui y 
ont esté faiz ont estressy la rivière de bien la moitié de la 
leise que souloit avoir, et par les dites causes a esté la dite 
rivière comblée de groays et terre des fondemenz des dits 



— 286 — 

murs, tours et i)ortaulx, tellement que peu a peu le cours de 
leau (lesdits moulins de la Porte est destourné ^ à la (juello 
occasion sont les dites suppliantes endommagées à la valeur 
de cinq cenz livres et plus^ et que sur la supplicacion et 
remonstrance que de ce avoint fait à feu monseigneur et 
frère le duc François, que Dieu absolve, il eust commis mes- 
sires Jehan Labbé, Henry de Yilleblanche et Jehan de Ust 
quant affm de savoir quel préjudice et dommage les dites 

suppliantes povaient avoir et parce que bonnement alors 

on ne peust estimer ne savoir a certain les ditz préju- 
dices... etc.. avoit esté ordonné que, celui euvre parachevé 
et accompli , elles seroint rescompanssées raisonnablement 
par autant que seroit trouvé quilz auroint eu de préjudice... 
ainsi que apert par ses lectres patentes ^ laquelle rescompanse 
dampuis ne leur a esté faicte, et par le moien que dessus la 
revenue de leurs ditz moulins est comme de nulle valeur, qui 
cède a leur grand détriment et dommage^ Nous suppliant 
quil nous plaise... leur pourveoir de notre convenable re- 
mède. Pourquoi nous, ce attendu, vous mandons et commec- 
tons et a chacun de vous que appelant notre cappitaine de 
Ilennes ou son lieutenant, notre procureur du dit lieu et 
autres noz officiers que verrez estre convenables, vous infor- 
mez et acertennez bien a plain, par genz a ce cognoeissanz, 
quel préjudice... peuvent avoir et aussi quel prolill peuvent 
avoir en ce que leurs ditz moulins sont comprins en la dite 
closture... et la dicte information faicte... Nous et nostre 
conseU voulons selon icelle donner aus dites suppliantes la 
[)ension telle que au caz appartiendra de raisson. Car ainsi 
nous plaist -, de ce faire vous avons donné et donnons plain 
poair, auctorité et mandement espécial. Mandons et connnan- 
dons à touz nos feauk subjets en ce faisant vous obbéir. 

Donné en notre ville de Hennés le xxvij jour de septembre 
lan mil iiij^ cinquante deux. 



— 287 — 

Par le Duc en sou conseill ouquel vous le grant inaistre 
d'ostel, le président, le conterole gênerai, laumosnier et au- 
tres, etc. 

P. Raoulet. 

[Fragment du sceau en cire rouge sur une queue entaillée en côté horiiontaleraent 
dans le parchemin. On y distingue des hermines semées.] 



[I" juin l-'<53.] 



LXIII. 



Mandement du duc Pierre^ de démolir ce qui se trouvera bâti sur la ruelle 
venant du bourg de Toussains aux moullins de la Poissonnerie ou ailleurs 
sur la rivière. 

Receue avons humble supplicacion et requeste de nos bien 
amees religieuses orateures les abbasse et couvent du benoist 
moustier Saint Georges de Rennes exposans... que a elles 
appartient chaussée et tenue de eau dempuix les moullins de 
la Porte à elles appartenant jucques a une ruelle par laquelle 
Ion vat du bourg de Toussains a la dite ripviere de Yillaigne, 
et soint et aint esté en pocession ancienne pacificque de 
icelles chaussées avoir, etc.. a mémoire de homme, et faictes 
par feue damme Jullienne du Cliaisquin (1), abbasse du dit 
moustier^ et icelle chaussée estoit encore en plusieurs en- 
droits et leux apparaissante. Ce néanmoins pour ce que nos 
dites religieuses ont esté et sont occupées de jour en aultre 
ou service divin, par notre fondacion, et par aucun temps a 
esté celle abbaye comptentieusse entre feue dame Isabeau 



(1) C'est une altération du nom de du Gucsclin, écrit souvent, au xiv« 
siècle, « du Glaisquin. » — Julienne du Gucsclin était abbesse de 1378 
à 1405. 



— 288 — 
Turpin et aultres dammes pretendentes le dit bénéfice, et 
durant iceluy temps et aultrement les hahitans dicelles chaus- 
sées et aulires demourans près le dit bourg de Toussains et 
ailleurs se sont avancez dédiffier sur les dittes chaussées et 
ont dixipé et emporté les pierres dicelles et veullent a présent 
dire se estre en possession et que que soit chousse com- 
mune, et ont voullu empescher nos dites suppliantes dcn 
faire leur proufilt -, mesmes que pluseurs de nos subgetz qui 
ont heritaiges et jardrins au joignant de la dite ripviere, dem- 
puix de la dite ruelle jucques au pont Saint Germain, se sont 
avancez en la dite ripviere, puix saixante ans, y picqué pieux 
et mis barrières et comblementz tant de leurs... (groays) que 
aultres terriers tellement que la dite ripviere est de moindre 
laise la moitié ou environ que navait accoustumé^ ce que est 
en grant dommaigc de nos dites suppliantes, pour ce que le 
refoul et reservouez de eau de leurs dits moullins et de pais- 
chaige dicelle ripviere sont auxi comme perduz et ennichillez, 
et tant celle ripviere serait large, soict la décoration de nostre 
dite ville de Rennes... Et nous ont supplié sur ce leur pour- 
veoir de remède convenable. Pour quoy entendu ce que dit 
est, Nous mandons et commandons et commettant, si moistier 
est, vous transportez sur les lieux et faire enqueste et infor- 
mation sommairement et de plain, et sy vous trouvez que 
ainsi soit, faictes demoulir et abbattrc les edilïices que trou- 
verez avoir esté faiz sur les dites chaussées et ripviere, sy 
opposicion ny a^ en cas de laquelle mandons a vous, nostre 
dit j)rocureur de Rennes, que adhérez o nos dites suppliantes 
a la poursuite du dit cas et cognoessez, scntencicz et déter- 
minez de la matière, par brielfs jours et termes, sans avoir 
esgart a assignacion de plez ne jours ordinaires, et celx que 
trouverez couppables, ou leurs jardrins avoir esté avancez en 
la dite ripviere, faictes recinder et mectre a premier et deu 
estât, et reaument et deiïait amandez et desdommaigez a nos 



— Î289 — 

dites roligiouses, et do leurs dites chaussées et ripviere les 
l'aictes et souffrez jouir et user sans enfraindre... Car ainsi 
le voulions et nous plaist nonobstant quellesconques lettres, 
niandeniens, etc. 

Donne en nostre ville de Hennés, le premier jour de juign 
lan l4o3. — Signé : Par le Duc, etc. 



[4 3 février ^ 458. J LXIV. 

Mandement du duc François II de payer 380 livres restant des 600 livres de 
dédommagement adjugées à l'abbaye par le duc Jan. — De plus, d'infor- 
mer si les cinq à six tours et portes construites entre le portail de Saint- 
Germain et la tour du pont de Vilaine; si un édiflce construit au travers 
de la rivière, au-dessous des moulins; si un pan de mur construit par Jan 
Guinot, ont causé du préjudice, et quel, etc.. 

François, par la grâce de Dieu, duc de Bretaigne, conte de 
Montfort, de Richemont, d'Estampes et de Vertus, a notre 
bien amé et féal cousin et chambellan Jacques de Luxen- 
bourg chevalier et capitaine de notre ville de Rennes, ou son 
lieutenant, et a noz bien amez et feaulx conseilliers Jehan de 
la Rivière, chevalier, notre chambelan, et maistre Jehan du 
Celier notre seneschal de Rennes, salut. De la partie de reli- 
gieuses et honnestes etc., etc.. 

Nous a été exposé que autreffoiz, pour la fortiffîcacion et 
closture dicelle notre ville, fut prins et esplecté grant quantité 
de leur héritage, pour rescompence de quoy leur fut ordonné 
par feu monseigneur et oncle le duc Jehan, dont Dieux ait 
lame, la some de seix cens livres a estre prinsc sur les de- 
niers levez et exigez pour les reparacions de la dite ville. De 
laquelle somme, par moyen de la dite ordonnance, elles eurent 



— 290 — 

sur iceuk deniers deux cens vignt livres-, et le sourplus 
montant troys cens quatre vigns livres leur reste et est en- 
core deu; néantmoins que par pluseurs foiz elles aient somé 
et requis, fait somer et requérir les receveurs et miseurs de 
la dite ville den avoir poyement. Item exposent que, entre le 
portai Saint Germain dicelle ville et la tour du pont de Vil- 
leigne, entre lesquelles mectes la dicte rivière est leur heri- 
taige, a esté fait et construit pour la fortilficacion de la dite 
ville pluseurs ediflices, savoir est les dits portaux, avec cinq 
ou seix tours, par moyen de quoy la dite rivière, leur héri- 
tage, est grandement estroicie, le peschage diminué et leurs 
moulins estanz au dessous empirez et invalidez; et leur porte 
tout ce dommaige de quarante livres de rente ou environ ^ et 
pour en avoir rescompense et satisfacion elles aient fait somer 
et requérir les dits receveurs, borgeoys et habitans qui en ont 
esté deloyans. Item exposent que, pour cause de certain edif- 
fice qui a esté construit au travers de la dite rivière, au 
dessoulz de leurs dits moulins... elles ont souffert et soustenu 
pluseurs dommages, tant pour le chômage de leurs ditz mou- 
lins que autrement-, et aussi pour ledifhce d'un pan de mur 
que fist faire Jehan Guinot, au long de la dite rivière, en 
lendroit du vivier Mellon, comme de tout ce elles declereront 
par articles en temps et lieu. Item exposent que, par moyen 
de l'accroissement des douves et fortilïicacion de notre dite 
ville, leau de la dite rivière prinl par aucun temps son cours 
par les dites douves, laissant le cours ancien a se rendre à 
leurs moulins; a occasion de quoy et sur la complainte en 
faite par elles au cappitaine pour lors de notre dite ville, il 
ordonna estre fait par les miseurs et repareurs de la dite ville 
ung hardeau pour tenir la dite rivière en son droit cours, a 
quoy les ditz miseurs ne obtempérèrent aucunement, combien 
quilz en fussent requis; anczois convint aus dites exposantes 
faire faire le dit bardeau à leurs despenz, lequel a esté de- 



— :291 — 

j)iiis par pluseurs loiz dcmoly ])ar submersion deaux, et lont 
tousiours lait et souvcntctïoiz leur convient le relfaire a grans 
coustz et mises, saulî' a declerer, de quoy elles ne doivent pas 
porter le teix; veu que ce procède des dites douves et fortif- 
licacion qui estoint lutillité, proufiit et emparement de notre 
dite ville-, lesquelles choses et chacune sont et redondent au 
grant dommage et delriement de leur dit moustier et couvent 
et diminucion des revenues diceluy, et plus pourront faire ou 
temps a venir, se par nous ne leur estoit sur ce donné pro- 
vision convenable. 

Savoir faisons que nous, ces choses considérées et que le 
dit moustier et couvent est de notre fondacion et suymes 
protecteur et deffendeur des dites exposantes et de leurs 
droiz, et mesme que le domage et detriement quelles ont eu 
et soustiennent est et procède de la fortiiïicacion et empare- 
ment de notre dite ville qui redonde a lutillité dicelle-, vous 
mandons et a deux de vous expressément injoignons, en co- 
mectant se mestier est, que appeliez avecques vous le procu- 
cureur des bourgeois et habitanz de notre dite ville et aucuns 
des plus notables diceulx bourgeois et habitanz que adviserez, 
vous vous informez et acertainez de et sur le donné entendre 
des dites exposantes, articles et instances dont cy devant est 
touché, en ce que sont les choses non esclardies, et ce que 
vous apparoistra deuement et adviserez en voz consciences 
estre deu et justement appartenir es dites exposantes, a cause 
des mises, dommages, diminucions et detriemens dessus dits 
et selon que plus amplement elles vous pourront spécifier et 
bailler par articles, se mestier est, vous leur faictes et faictes 
faire satisfacion et rescompense condignes-, iceulx procureur 
et bourgeois appelez et ouiz. Avecques, les faictes poier de la 
dite somme de troys cenSc quatre vigns livres restans des seix 
cens livres, si esté ne lont, pour ce que les dites religieuses 
nous ont apparu la dite somme de six cens livres avoir esté 



— 292 — 

ordonnée par Icctrcs patentes de feu monseigneur et oncle le 
duc Jehan, que Dieu absolve, dahtée le saexiesme jour de 
febvrier lan mil iiij'^ trante cinq. Et au premier compte et 
ordonnance de notre dite ville qui se fera touchant iceulx 
deniers des mises et reparacions dicelle, ordonnez et appoin- 
tez les dites exposantes de leurs rescompences et satisfacions 
dessur touchés sur iceulx deniers ou aultrement, en manière 
que elles nen viengnent plus plaintives par devers nous. En 
contraignant a ce faire et souffrir touz ceulx qui pour ce 
seront à contraindre. De ce faire et tout ce que sera pertinent 
en la matière vous donnons pouoir, commission et mande- 
ment espécial. Mandons et commandons a touz nos justiciers, 
officiers, feaulx et subgiz en ce faisant vous obéir et diligeau- 
ment entendre. Donné en nostre ville de Rennes le traezieme 
jour de feuvrier lan mil iiij*^ cinquante ouict. 

Par le Duc en son conseil presens vous, le vichancelier, 
messire Jehan de la Rivière chevalier, les maistres des re- 
questes, maistre Regnaud Godelin et autres. 

Raboceau [avec paraphe]. 

[A la queue, entaillée liorizonfalement au bas du parchemin, resleut encore quel- 
ques fragments du sceau en cire rouge; on y distingue quelques hermines.] 



[1473.] LXV. 

Aveu de l'abbcsse de Saint-Georges au Duc de Bretagne. 

Olive (1), humble abasse du benoist moustier Saint George 
de Rennes et le convent du dit lieiv assemblement en nostre 

(I) Olive de Quélen, abbesse de 1175 à t485. 



- 295 - 

clia|)itre chapilrans, la campant' soniK'O et les antres solemp- 
nités en telx cas appartenans et accoustuniées deument faictes 
et acomplies, cognoessons et conl'essons tenir et que nous 
tenons du Duc nostre souverain seigneur, a sa court et barre 
de Rennes, en cliieiï et en membres, et dont nous délivrons 
à sa dite court et barre de Rennes, à congié de personnes, et 
noz officiers et noz subjetz par nostre menée, tout et tel tem- 
porel, mesons, terres arrables, prez, boais, garaines, moulins, 
ripvieres, peschaiges de ripuieres, et demes, rentes, jurisdic- 
tions, seigneuries et obéissances, foires, coustumes, aulnaiges 
et autres devoirs et clioses quelxconques que a nous dite 
abasse et couvent aparticnnent et doivent competer et apar- 
tenir généralement et universelement ou pais et duché de 
Rretaigne en quelxconques lieu quilz soient, sans aucune ré- 
servation, ne rescrvacions 5 par cause desquelles choses nous 
devons et confessons devoir à nostre dit souverain seigneur 
prières et oraisons et obéissance comme de fié amorty^ avec- 
ques, confessons devoir à nostre dit souverain seigneur, par 
chascun an, au terme de la feste de Nouel vingnt soulz apelé 
garde ^ sans autre devoir de charge, quelx vignt soulz de 
rente sont prins et levez sur le devoir de coustume deu et à 
nous apartenant es ville et neuff parroisses de Rennes, et sur 
celle coustume sont deuz. Et quant a(fin de baillez et présen- 
tez à la dite court de Rennes ceste présentation, tenue et 
avouance, institue et par ces présentes instituons maistres 
Patry Mauvy, Thomas du Tertre, Jehan de Serent, Jehan 
Baude, et chacun noz procureurs, o pouoir exprès quant à 
ce 5 et icelles voairs et oyr, impugner, y faire tout ce que 
apartient, et tout ce promectons et jurons tenir en bonne 
foy, sans james aller encontre, et en tesmoign de ce, avons 
fait mètre et apposer en ses présentes le sceau dont nous 
usons oudit moustier pour maire coniirmacion. Donné en 



— 294 — 
nostre dit moustier, nostro dit chapitre tenant, le treiziesme 
jour de novembre lan mil quatre cens saexante quinze (1). 



[22 et 27 avriH475.] LXVI. 

Vérification d'un mandement du duo François II : — 1" au sujet des dom- 
mages et intérêts prétendus par l'abbaye à cause du Pré-Rond et chemin 
qui conduit du Colombier et rue IIux à la rivière; — 2» au sujet du bar- 
deau de Porte-Blanche; — 3'> au sujet du droit de pesche; — 4" défendu 
d'empêcher par des bourriers le cours de la rivière à peine de 60 sous 
d'amende. 

Aujourduy en jugement, de la part de Thomas Dutertre, 
procureur gênerai suiKizamment fondé pour religieuses et 
honnestes les abbeesses et couvant du begnoist moustier 
Saint George de Rennes, a esté vers et en présence de 
maistre Jehan Lenormant, lieutenant du procureur de ceste 
court, et de maistre Patry Mauvy, procureur des bourgeays, 
manens et habitans es ville et forbourgcs de Rennes, ap- 
paru ung mandement et expedicion ensuy devant le Duc, mon 
souverain seigneur, et son consoill, entre les dites abbeesse 
et couvant de leur part, et Anthoine de Lamecth, lieutenant 
du caj)pitaine de Rennes, Jacques Rouschart, parlant et sti- 
pulant pour les dits bourgeays, manens et habitans es dite 
ville et forbourgcs, dabté du vignt deux"'' jour de ce moys 
dapurill, et duquel la teneur en suit : « Après que au conseill 

(1) Extrait d'un rouleau en parchemin contenant la procédure suivie, au 
nom de l'abbaye de Saint-Georges, contre Yvon Millon et Estienne Richarl, 
qui avaient alTéagé du Duc un terrain proche les moulins de la Porte. 



- 205 — 

(lu Duc a esté bien a plain voue et examinée la requeste pré- 
sentée par maislre Ren('' Pero et Jehan Baude, pour la part 
de labbeesse et couvant de Saint George de Rennes, contenant 
vinzc articles, sit^niée et merchée du jour duy par Jacques 
Raboceau, et aussi les responces et delTanses faictes à len- 
contre par la partie de Anthoine de Laniect, lieutenant du 
cappitaine, et signée du dit J. Raboceau et dabtez de ce jour, 
leur ont esté sur les dites cbouses faictes et donné les provi- 
sions et expédicions qui en suyvent. Et premier, en ce que 
concerne et touche les rescompances demandées par les dites 
abbeesse et couvant, par leur dite requeste, saufîdu pré Rond 
et du chemin dendroit le Columbier, quel chemin conduyt de 
la rue Hux à la ripviere de Yillaigne, et sauff les chouses cy 
après réservées, considéré les quictances apparues en con- 
soill, en expédiant ceste matière, et la longueur du temps 
escheu depuis lediflicacion et closture de la seconde ville de 
Rennes, est dit que les dites Religieuses nont a présent cause 
ne matière den faire doleance ne complaincte, o protestacion 
faicte par les diz Raude et Pero par autre temps den deman- 
der la raison, les diz lieutenant et Bouschart protestans du 
contraire, de quoy leur a esté réservé faire raison ^ et au 
regard du bardeau dentre la tour de Luxembourg et le pré 
Pierres Champion, a esté dit et ordonné que la dite ville le 
fera rediifier sur et des deniers de la repparacion dicelle, 
sauff à la ville à contraindre a icelui rediiïier Jehan Dumes- 
nill, feuratier du pan de mur nagueres fait en icelx endroitz; 
et sera la dite rediflicacion de la haulteur que estoit paravant 
la demolucion dicelui, et, pour en faire la certiflicacion et 
raison, ont esté commis les senneschal, alloué et lieutenant 
de Rennes et chacun, o pouoir de y vacquer, entendre et 
procéder ainsi que de roison apartendra, parties appelées, si 
comparoir y veullent, et mesmes o povoir de faire es dites 
dammes la roison de ce que ont remonstré que, à loccasion 



— 296 — 

(le la romptunî du dit bardeau, les moullins délies ont par 
longe temps cliommé ^ et en ce que touche les rescompanses 
que les dites religieuses demandent tant du dit chemin den- 
droit le Columbier que mesmes du pré Rond et des groays, 
actrays et terriers y gectez et mis par ledifficacion du dit der- 
roin pan de mur, que ont esté poyées et contantées, ce que 
nest de leur part confessé, ont esté les diz juges et chacun 
commis quant affin den voirs, savoir et cognoistre la vérité, 
parties appelées ^ et par autant que les rescompanses nen au- 
ront esté iaictes, a esté ordonné quilz seront faictes sur les 
deniers de la dite ville ^ et aux diz juges et chascun a esté 
donné pouoir et commandement de y conctraindre les miseurs 
des deniers de la dite reparacion et o toute cognoissance de 
cause. 

Item^ et touchant une pierre erminée dont les diz officiers 
et bourgeays par leurs dites responses font complaincte, sel- 
Ion larticle en faisant mencion, sur quoy disoint les diz Pero 
et Baude que icelle merche y avoit esté mise de lauctorité 
de la Court de Rennes et par linformacion que avoit esté 
faicte de lestât et haulteur que y devoit estre maintenue^ et 
les diz lieutenant et Rouscharl disoint que, contre et autre- 
ment que lordonnance de la justice de Rennes ne portoit, les 
dites religieuses firent icelle pierre erminée haulcer et as- 
seoirs^ sur ce ont esté et sont les diz juges et chascun com- 
mis pour et pouoir de se transporter sur les lieux, parties 
appelées et o cognoissance de cause, comme dit est, et voirs 
et visiter les dites informacions que autrclïoiz en furent 
faictes, et savoir sil y a eu noualité; et o pouvoir, silz voinl 
lavoir affaire, de faire informacion sonnnairemenz de la dite 
haulteur, forme et manière de lestât ancien et assiepte de la 
dite pierre, silz trouvent ou leur a[)iert que aucune chouse 
ait esté faicte au controire, leur est et à chascun delx mandé 
et donné comandement de le faire n'^aument et delïait mectre 



— !21}7 — 

au premier et en deu estai Et au regard du pescliaige 

des douves, dont es dites requestes et responces est bien a 
plain mencion faicte, et pour servir auquel a esté de la part 
des dites religieuses apparu ung mandement du duc Jehan, 
que Dieu absolve, dabté du il*" jour de feburier lan li!27-, a 
esté dit, appointé et ordonné, pourtant que le dit mandement 
napparost avoir esté publié, que Ion cherchera et voira es 
papiers dolïice de la dite Court de Rennes la forme et ma- 
nière de la publicacion dicelui, se trouver se y peut, et par 
autant que Ion y en trouvera, a esté et est commandé aux 
clercs et greffiers d'office de la dite Court, savoir maistre 
Raoull Boucquet, Olivier Hollier, Yvon Regnaud et chacun, 
en faire et rédiger par escript relacion et acte et le bailler 
aux dites abbeesse et couvent deuebment auctantique, a ce 
que foy y puisse estre adjoustée. Et dabondant pourtant que 
les dites abbeesse et couvant , par leur dite supplicacion , 
dyent avoir es dites douves et endroiz pocession de pescher 
et auxi de prohiber touz, quelx quilz soint, de y pescher et 
esplecter, ce que est au controire par les dites responces et 
articles respondu, a esté dit et ordonné que par les diz juges 
et chascun, quelx et chascun delx ont esté à celle fin commis, 
lun des diz clercs doffice appelé en la compaignie diceluy qui 
y vacquera, sera partie deubment appelée, savoir les diz pro- 
cureurs de Rennes et des bourgeays, et auxi les dites abeesse 
et couvant, fait emqueste de chascune part sur les mémoires 
et articles dessus ditz et aultres que chaiscun delx vouldra 
bailler et produire touchant ce, et les dites emquestes faites 
et rapportées au conseil 1 et auxi les dits mandement et publi- 
cation diceluy avecques les autres lectres et chouses y ser- 
vantes que chacune des dites parties vouldra produire et ap- 
paroir, sera en celle matière faicte et donnée la provision et 
expédition qui de raison deura apartenir et estre faicte. Et 
cependant a esfé le peschage des dites douves séquestre et 

20 



— 298 — 

mis en la main du Duc. Et (Icriandu a cliascune des dites 
parties et à touz autres de non y pescher ne toucher jucques 
autrement en soit ordonné. 

Et au regard des bourricrs dont par la dite supplicacion est 
faicte mencion, a esté et est fait défiance à touz les subgicts 
du Duc de non gecter en la ripuiere bourriers, ne aultres 
chouses impeschantcs le cours de leau, à paine de soixante 
soulz damande ^ et aux diz juges et chacun est mandé ainsi 
le faire bannir et publier et y faire garder et tenir estât. Ex- 
pédié à Nantes au dit conseill le vingt deuxième jour dapu- 
rill lan mill quatre cens saixante quinze. Ainsi signé à la 
relacion du conseill, Raboceau. — Duquel signe a esté à suf- 
fire infourmé, et auxi que le dit Raboceau estoit et est secré- 
taire de mon dit souverain seigneur^ et estoit saellé de la 
merche des actes du dit conseill, quel a esté leu publié et 
fait savoir et comandé y obbeir. Et oultre, à la requeste du 
dit Dutertre, ou dit nom, a esté donné en commandement 
aux scrgenz et chascun de ceste Court, intimer le dit mande- 
ment et expedicion à André Beauceporte et Francoys Pares, 
a présent miseurs des deniers pour la fortifficacion et empa- 
rement de la dite ville de Rennes, et leur faire injunction de 
besongner tout incontinent à la redifficacion du bardeau de 
près la tour de Lucembourgc, pour la retenue de leau de la 
ripviere de Villaisgne, et dont au dit mandement et expedi- 
cion est touché. Et au parssur, monseigneur le lieutenant 
expédiant a assigné terme aux dites parties, à sabmadi prou- 
chain, venir à com[)aroir sur les lieux, à quatre heures après 
midy, pour savoir en quelle ruyne est le dit bardeau et com- 
ment le cours de leau de la dite ripviere a cessé, tourné et 
prins son cours es douves de la derroine closture de la ditte 
ville, et par combien de temps, à celle cause, les moulins de 
la Porte, estanz sur la dite ripviere, appartenans es dites reli- 
gieuses, ont cessé de mouldre par le destours du cours de 



- 299 — 

leau de la dite ripviere que a eu son cours es dites douves, 
comme dit est, et sur les articles et mcmoyres que le dit 
Dutertre, au dit nom, vouUlra bailler. Et oultre a esté com- 
mandé faire bannir à son de trompe et par touz les carefours 
de la dicte ville que le dit Dutertre, ou dit nom, requerra la 
delYance de non gecter en la dicte ripviere bourriers, ne 
aultres chouses impeschantes le cours de leau dicelle ripviere, 
à la peine de saixante soulz et au désir du dit mandement et 
expedicion; et est donné en comandement aux sergenz et 
chacun de ceste court, sur ce premier requis, faire la dite 
bannye et en faire deue relacion. Fait par la Court et es déli- 
vrances sur sepmaine de Rennes, le 27^ jour dapurill lan 

l47o donné comme dessur. 

Debeaumont passe. 



[1476.] LXVII. [F» (iO V".] 

Bouillie de Saint-Georges (1). 

Anno Domini 1476'' die martis post festum Resurrectionis 
Dominice décima sexta mensis aprilis, indictione nona, Pon- 
tifiicatus SS""' in Ghristo patris et Domini nostri domini Sixti 
divina Providentia pape quarti anno quinto, durante celebra- 
tione magne misse ipsius diei ad quam celebrandam ad altare 
ecclesie monasterii Sancti Georgii Redonensis accesserunt 
processionaliter collegium ecclesie Redonensis more solito, in 
claustro dicti monasterii comparuit venerabilis dominus ma- 



(1) Rcg. du secrétariat du Chapitre (ou livre rouge) commençant en 1470 
el Oni&sant en 1491 . 



— 300 — 

i,MStcr Jolianncs ïïolier ccclcsie predicto Rodonensis canonicus, 
in prcsencia venerabilium dominorum magistrorum Johannis 
du Loquet et Johannis Bouëdrier ejusdem ecclesie Rcdonen- 
sis canonicorum ^ qui quidem Hollier, inventa per eum in 
ipso claustro una magna patellata bullic lactis et floris fru- 
menti cocta, prout apparebat et modicum ussata seu assata, 
petiit nomine venerabilis capituli ecclesie Redonensis hono- 
rabilibus dominabus et religiosis Guiilemete de la Moussaye 
celerarie et Juliane Pean sub celerarie dicti monasterii ordinis 
sancti Benedicti, an ipsa patellata bullie eiat illa patellata 
bullie que ipsa die et hora debebatur per venerabiles dominas 
abbatissam et conventum dicti monasterii prefatis dominis 
capitulo dicte ecclesie Redonensis, more antiquo et solito. Que 
quidem domina Guillemeta, présente dicta Juliana, dixit non 
confiteri aliquid debere sed hujusmodi pateilatam bullie com- 
petentem juxta morem solitum dicte ecclesie offerre, solvere 
et tradere. Quibus dictis, choriste dicte ecclesie Redonensis 
de ipsa patellata bullie, prout et quantum voluerunt, in et 
cum magnis scutellis et coclearibus ligneis ceperunt et secum 
detulerunt. Datum ut supra presentibus supradictis dominis 
necnon Johanne Bretaigne et Michaele le Saige clericis Redo- 
nensis diocesis, domino Johanne Hervoche Venetensis et Jo- 
hanne Simonis Macloviensis diocesis presentibus cum pluribus 
aliis testibus adhoc vocatis et rogatis. 

G. Roume clericus Redonensis diocesis auctoritate impérial! 
publicus notarius et dictorum dominorum capituli scriba pro 
nota instrument i [um] signavi. 



- 301 



[<49r] LXVIII. [F» 36».] 



Bullia. 



Oie inartis quinta mcnsis aprilis, anno Domini 1191", in- 
(lictione noua, pontiriîcatus SS'"' in Chrîsto patris et Domini 
nostri domini Innocentii divina Providentia pape octavi anno 
st'ptimo, durante celebracione magne misse ipsius diei que ad 
altaie beati Geortçii in ecclesia monasterii Saneti Georgii Ile- 
donis per venerahilem coUegium ecclesic Redonensis ibidem 
processionaliter more solito accessum celebrata fuit, venera- 
biles domini magistri Robertus le Tort, Petrus Feillee et 
Jacquetus Feillee canonici Redonenses, inventa per eos in 
claustro dieti monasterii Joco solito una magna patellata bulie 
laclis et Horis l'rumenti, prout apparebat, cocta et modicum 
ussata seu assata, pecierunt nomine venerabilium dominorum 
capituli ecclesie Redonensis a religiosa domina Johanna de 
Montbeille dieti monasterii celeraria tune ibidem presenti, an 
ipsa buliia erat bullia que ipsos {sic) die et hora debebatur 
per religiosas dominas abbatissam et conventum dieti monas- 
terii pret'atis dominis capitulo ecclesie Redonensis. Que do- 
mina celeraria dixit et respondit non confiteri per dictas 
donu'nas abl)atissam et conventum aliquid deberi sed ipsam 
buliam compectentein lactis et floris frumenti totam juxta 
morem solitum solvere et tradere. Quibus dictis, choriste dicte 
ecclesie Redonensis illic présentes de ipsa bullia prout et 
quantum voluerunt in et cum magnis scutellis et coclearibus 
neinoris ceperunt et secum detulerunt. Super quibus pecie- 
runt dieti domini canonici nomine predicto instrumentum per 



— 302 — 
me sibi liori ot dari. Acta riiennit liée loco predieto pn^senti- 
hus Johanne Mulloris clerico et domino Johanne Lepilleux 
cum pluribus aliis 



H 577, i'i mars.] LaIa. 

Accord entre les paroissiens de Saint-Pierre en Saint-Georges 
et Madame l'abbcsse Olive de Quélen. 

Comme paravant ces heures les parouessiens et demourans 
en la parouesse de Sainct George de Rennes eussent encom- 
mancé faire et ediffier de nouveau certaine quantité de edif- 
fice entre les murs qui font la closturc de la ville de Rennes 
et les murs de leglize du moustier de Sainct George, et iceluy 
edifiîce, etc., fust pour augmentacion et croaissance de leur 
église parochial, lequel ediffice ilz ne povoint convenablement 
faire ne parachever, sans toucher et prendre de leglize dudit 
moustier et du cymetiere de la dite eglize parochial^ sur le- 
quel mur qui faisoit celle closture et qui estoit le mur de la 
dite eglize du dit moustier, les diz parouessiens avoint levé 
leur eupure de cherpanterie par congé et licence de humbles 
religieuses et honestes dame Olive, humble abbasse du dit 
moustier et le couvent du dit lieu^ et parce que les diz pa- 
rouessiens avoint promis et sestoint obligez a icelle dame et 
couvent faire en lendroit et au nyveau diceluy mur, et par 
autant que leur dit eupvre de cherpanterye povoit contenir et 
comprendre, gros piliers et arcs en grosse pierre de taille, et 
pour portez leur dite cherpanterye, lesquelx pilliers et arcs 
devoint estre et appartenir par heritaige à la dite dame et 
son couvent avecques et toute la terre en la grandeur et laise 



— 303 - 

des dits pilliers vi arcs et du dit veill niiir, et au nyveau 
dicelluy et sellong le mesuraige qui fait en seroit. Et en signe 
de ce, les diz parouessiens avoint promis faire mectre et ap- 
posez les armes de la dite abbasse es diz pilliers et arcs, en 
j)ierre de taille en boce, tant du costé devers leglize dudit 
moustier que de la dite eglize parochial des diz paroues- 
siens etc., etc. 

Sachent touz que par nostre Court de Rennes, dudit mous- 
tier de Sainct George et par chacune dicelles, etc., se sont 
aujourdhui comparuz les diz parouessiens du dit lieu de 
Sainct George, et queque soit, la maire et plus saine partie 
deulx congregez et assemblez au prosne de leur grant messe 
à jour de dimanche, pour ouir le service divin, maistre 
Georges Rouaud, ou nom et comme recteur et curé de la 
dite parouessc dune part, et humbles religieuses et honeste 
dame Olive, abbasse du dit moustier en son nom et de son 
dit couvent, etc., etc., auxquelz parouessiens en présence de 
la dite dame es diz noms, a esté en lendroit dudit prosne de 
leur dite grant messe parrochial remonstré et leu de mot à 
mot tout ce que dessur est suppousé, et ce que ensuilt, les- 
quielx parouessiens et la maire et plus saine partie dicelx, etc., 
ont promis, voullu et octroie, promettent, vieullent et oc- 
trient a icelle damme es diz noms presante et acceptante, 
faire fournir et acomplir les poaintz devant divisez et en la 
somme et manière qui ensuilt : cest à savoir que si, par la 
levée de leur dit eupure de cherpanterie et couverture de leur 
dite eglize, les veues et vitres de lendroit du cueur de la dite 
eglize dudit moustier estoint ou fussent obfusquées en forme 
que celle damme et son couvent y fussent intéressées et en- 
dommaigées, en iceluy cas, les diz parouessiens luy ont pro- 
mis et se sont obligez et obligèrent de fait pour elx et leurs 
successeurs, eu faire faire dautres en grosse pierre de taille, 
ou lieu et endroit que par gens choaisiz de la dite dame et 



— 504 - 

(le son convcnt seront advisez; lesquelles seront par les diz 
parouessiens fourmées de vaire ouquel ilz mectront ou feront 
niectre les armes dicelle dame, tant en boce, en taille et 
])ierre des dites vitres que en la pièce qui y sera mise. Ainz- 
coais ont promis et se sont obligez portez les dites eaux 
cheantes dessur leglize du dit moustier, par autant que leur 
eglize parrocliial contient, par bonnes noes et gouttières, les- 
quelles ilz tiendront et maintiendront en bonne et suffisante 
reparacion a touziours mes, et sans ce que icelle dame ne 
autres ses successeures soint subjectes aucunement a mainte- 
nir les dites noes et gouttières, ne la couverture de pierre en 
lendroit dicelles, que ainczoais les diz parouessiens en porte- 
ront toute la cbarge. Et au regart du parsur des dites eaux 
cheantes dessur la dite eglize du dit moustier et jucques k la 
tour, les diz parouessiens ont promis et se sont obligez haul- 
cer de terre leur dit cimetière devers le mur de la dite eglize 
du dit moustier, tellement quil sera plus hault que du costé 
devers les diz murs de la ville, par autant que nen seront 
empeschez du Duc ou des genz de la dite ville, a ce que les 
dites eaux se puissent esvacuer sur le dit pavé de devant le 
dit monstier. — Et touchant les diz pilliers, lesquielx les diz 
parouessiens avoint jà encomancé faire ou lieu ou estoit le 
dit veill mur de la dite église du dit moustier, ont congneu 
et confessé les diz parouessiens à la dite dame que celui veill 
mur estoit le mur de la dite esglize du dit moustier, en len- 
droyt duquel et en la ligne et nyveau diceluy ont promis les 
diz parouessiens... faire et parachever les diz pilliers et arcs 
à leurs despans, les quielx ilz ont voullu estre et appartenir 
à icelle dame et a son couvent, etc., avec toute la terre es- 
tante soubz les diz arcs et entre les diz pilliers, et par autant 
que lempatement des diz pilliers peuvent comprendre, etc. 
Et en signe que les diz pilliers et arcs seront a ma dite 
dame et ses dites subcesseures, etc., ils ont promis y mectre 



- 505 — 

SCS dites armes en hoce dun et dautre costé... Et entre les 
diz pilliers et contre iceulx pourront les diz parouessiens faire 
aultiers pour célébrer et faire le service divin, sans aucun 
autre droit y réclamer, ne en la dite allée, fors leur très- 
pas (1) scullement, pour aller à la dite eglize parrochial, dont 
ilz sont en pocession^ et ny enterreront riens, ne paroil- 
lement dempuix le lieu où leur dit grant benaistier est assis 
et la dite i)orte par laquelle Ion entre en leur dit cyme- 
tiere jucques au dit premier et procbain pillier assis près 
lanxienne nelf de leglise de la dite parouesse, sans le congé 
et licence dicelle dame. Les diz parouessiens congnoessanz et 
confessanz que le tout dicelle allée, entre celles lins et 
mectes, estre des depandances de leglise du dit nioustier et 
leritaige diceluy. En laquelle allée, dempuix la dite porte et 
benaistier jucques au dit pillier, celx diz parouessiens ny 
mectront riens et entre autres choses ny teindront leurs tables 
ou ils font la recepte du revenu de leurs offrandes, fors en la 
ligne et au nyveau des diz pilliers, sy ce nestoit par congé et 
consentement dicelle dame et subcesseures, etc., etc. Paroil- 
lement, a esté entreulx divisé que entre les ditz arcs et pil- 
liers ne sera fait aucune closture, tant des dites abbasse et 
couvent que des ditz parouessiens, qui anczoais demourront 
a James ou temps avenir en lestât que a présent sont, et que 
ont encommancé et entreprins a icelx faire et construire, etc. 
Et au regart de larticle entreulx demouré en débat, savoir 
que les dites abbasse et couvent demandoint à avoir et jouir 
du parsur de la dite allée, dempuix le dit pillier prochain du 
grant aultier de la dite église parochial qui joaint o la dite 
allée jucques auditz janues (2) de la dite serche, lequel parsur 

(1) C'est-à-dire « leur droit de passage. >» 
(8) Janues, janua, — portes. 



— oOG — 

d'allée ia dite darne es diz noms disoit estre leritaige et des- 
pandance du dit moustier, et disoit que en iceluy endroit 
ceux diz parouessiens ny avoint aucun droit, fors leur très- 
pas, et queque soit quilz ny enterreroint riens; de ce ont 
voullu dune et autre part en passez, a lesgart et ordonnance 
de saiges et disecrect missire Pierres Mehault, officiai de 
Rennes; la sentence et ordonnance duquel ilz ont en ce pro- 
mis et juré par leurs sermenz tenir, et a esté présent et en 
acepte la charge. Et partant faisant, fournissant et acomplis- 
sant ce que dessur, a voullu et consanty la dite dame es diz 
noms es diz parouessiens quilz puissent faire et parachever 
leur dit ediffice par elx encommanczé; lesquelx poainctz et 
divis, sellond que cy devant sont declerez, les diz parouessiens 
ont promis et se sont obligez, promectent et se obligent à la 
dicte dame es diz noms presante et acceptante les faire four- 
nir, acomplir et entheriner, et icelx tenir en tout leur effect, 
sans jamais aller encontre par dillacion de parlier, jour jugé, 
exoine, viez, plegemenz, arrestz et monicions, inhibicions, 
suspences, et à toutes autres dillacions qui lexecucion et en- 
therinement de cestz présentes pourroint retarder ou impes- 
cher en aucune manière, et auxquelles dillacions celx diz 
parouessiens ont par exprès renuncié, et la dite dame paroil- 
lement, et ainsi le promisdrent et jurèrent dune et autre part 
par leurs sermenz tenir sans james aller encontre, tant par 
les dites dillacions sur dites que autrement, en aucunes ma- 
nières. Et nous, de leurs plaisirs et assentemenz et par leurs 
diz sermenz sur ce faitz les y avons condempnez et con- 
dempnons. Donné de ce tesmoign les seaulx establiz aux 
contratz de nos dites cours et chacune, avecques le passe- 
ment de JuUien Havart présent, lequel y promist mectre a 
maire fermeté. Ce fut fait en la dicte eglize parochial du 
dit lieu de Sainct George, et en lendroit dudit prosue, le 



- 507 — 

quatorziesme jour de mars lan mill quatre cens saixante 
dix-sept. 

De Serext passe, B. Crochon passe. 

J. BouRDiN passe. 

[Et au bas de la grosso en parchemin sont deux sceaux de cire pendants, envelop- 
pés de toillc.] 



[1478.] LaA. 

Ordonnance contre les riverains de la Yillaigne. 

Il est donné en commandement aux sergenz de la Court de 
Rennes et chacun sur ce premier requis, faire injoncion et 
commandement de par le Duc mon souverain seigneur et en 
vertu de son commandement publié en la dite Court de 
Rennes, dabté le quart jour de ce présent moys de mars, 
signé de Raboceau, lun des secrétaires de mon dit souverain 
seigneur et saellé du seau de la chancellerie, aux personnes 
cy après nommées et declerées aiens heritaiges au joignant 
de la ripviere de Vislaigne, entre le mur et arches de près la 
tour de Lucembourg et les moulins a blé estanz en la dite 
ripuiere de Vislaigne, nommez et vulgairement appelez les 
moulins de la Porte, appartenans a humbles religieuses et 
honnestes dames les abbasse et convent du benoist moustier 
de Saint George de Rennes, de curer et vider, chacun en- 
droit soy et son heritaige, la dite ripuiere entre les dites 
mectes et en hostcr les bourriers, groais, degrez, boais et 
autres encombremens estans en icelle, entièrement et jucques 
au joignant des rives anciennes de la dite ripuiere, et en 
teille manière que leau de la dite ripuiere puisse prandre et 



— 508 -- 
avoir son cours et cstcndu(3 sans cmpcscficinont jucques aux 
dites rives anciennes dicelle, et tout ce dedans le premier 
jour de may prochain, sur paine de lamande a estre levée sur 
chascun delx, au deffaut de ce faire, a esgart de la Court, et 
estre prins et exécuté sur chascun delx de leurs biens pour 
faire la dite videnge et curaille, savoir du costé devers les 
églises de Saint Thomas et de Toussains, en lendroit des 
terres et maisons : 

A Jehan Duboais, tainturier. — Guillaume Labelle. — Mi- 
chel Duboais... — Jehan Lucas lesné. — Jehan Lucas le 
jeune. — Jehan Dumont. — Cardin et Thomas Dumont, hé- 
ritiers de feu Jehan Dumont. — Pierre Callays. — Guillaume 
Durant et sa femme. — Jehan Guillot. — Jehan Secart. — 
Guillaume Raesmont. -- André Jochet. — George Potier. — 
Guillaume Rebillart et sa femme. 

Et du costé devers leglise Saint Germain et les rues de la 
Baudraerie et de la Parcheminerie : 

A Yvon Mandart. — Guillaume Collet. — Pierre Pousse. 

— Jehan de la Mare. — Yvon Patry. — Julian Lucembourg. 

— Gillet des Fontainnes. — Jehan le Feuvre. — Guillet 
Lucembourg. — Guillaume Robin. — Guillaume Allain. — 
Guillaume Belluel. — Guillaume Perchart. — Michel Guero- 
lïiaye. — La veuve de feu Pierres Rouxel. — Jehan le Clous- 
tier. — Rogiere Chevalier, veuve de feu Jehan Picot. — Mi- 
chel Marie le Jeune. — Jehan le Rregier. — Allain Merault. 

— Jehan Merault. — Jehan Rocart. — Guillaume Ripuiere. 

— Pierres le Maistre. — Jamet le Taillandier. — Pierres 
Jame. — Geffroy Guillemot. — Guillaume Robin. — Jacques 
Rouschart et sa femme. — Jehan Roudet. — Guillaume Bourg- 
neuf le jeune. — Michel Rescoz. — Raoulet Levesque. — 
Olivier le Breton. — Guillete et Jehanne, filles de feu Robin 
Priveaux. — Guillemette Joullan, veuve de feu Pierres Gui- 
not. — Allain Hervé. — Raoulet l^eu. — Allain Eurard. — 



— 509 — 

Robin Fauvel. — Yvon Marhoii. — Johan Chovet. — Guil- 
laume Bigot. — Jehan Ilaultboais. — Uaoulet Busnol. — 
IMerres Lochat. — Loys Thomas. — Raoulet Dutcmple. — 
Jehan Hux. — Pierres Tousemoucho. — Mathurin Gasche. 

— Gilles Bouedrier. — Jehan Caillart. — Pierre Briend. — 
Jehan Guillot, baudrier. — Guillaume Bobert. — Guillaume 
Crignen. — Bertrand Montbeille. — Guillaume Rocart. — 
Jehan Cornu. — Jehan Thourand. — Guillaume Pailletan. 

— Jacques Bojischier, habitans de la ruelle de la Baudraerie 
que Ion appelé le commun. 

Jehan Macé. — Jehan Jumel, demeurans près la rue de 
la Parchemiuerie. — Jehan Feillee. — Jehan Maupetit. — 
Pierres Joliff. — Guillemin Querat. — Jehan Louvel. — 
Pierres Callays. — Yvon Callays. — Guillaume Bourdin. — 
Jehan Guillot. — Jehan Lemetaier. — Rolland Harel. 

Et de ce faire deue relacion^ fait aux généraux plez de la 
dite Court de Rennes, le 23" jour du dit moys de mars 
lan 1478. 

Allés, par ordonnance de monseigneur le senneschal. 



[lioi.] LaaI. 

Réclamalion de l'abbaye de Saint-Georges pour les dommages lui causés par 
les augmentations de la ville de Rennes en 1422 et 1449, etc. 

A mes Seigneurs le cappitaine de Rennes^ son lieutenant^ 
bourfjeoys et auditeurs des comptes. 

Bemonstrent humbles religieuses et honnestes dammes les 
abbasse et couvent du benoist moustier Sainct George de 
Rennes, exposantes que le dit moustier avecq toutes les 







— 310 — 

rantes et revenues diceluy, séquelles et despendances, est la 
dotation et fondation des roys, ducs et princes de Bretaigne 
qui, par aucun temps, les aucuns delx, et entre aultres les 
ducs Jehan, Pierres, Franczoys et Franczoys darroinement 
depcedez, chacun en son temps, avisèrent et délibérèrent et 
par leur conseill astre fait recroyssance et nouvesles clostures 
oultre la ville et cité antienne de Rennes, partie desquelles 
clostures, tant douves, foussez que murs dicelle, avoient été 
faiz tant au propre heritaige dudit moustier jque es fiez et 
seigneuries diceluy et comment par cy après sera déclaré; 
c'est a savoir que la dite première closture qui avoit esté dé- 
libérée estre faicte commanczoit dempuis la porte et portai de 
Saint Michel jucques au pont de Yillaigne et au dessoulz 
diceluy, entre lesquelles deux mettes fut prins des diz fiez et 
heritaiges des dites dames, savoir du dit fié dempuys le jar- 
din de Sainct Franczoys jucques au portai de la porte Sainct 
George, et dempuys iceluy portai jucques a une fuye et cou- 
lombier dudit moustier, qui nagueres a esté abatue; entre 
icelles deux mectes, les dites dames avoint deux cymeteres 
dédiez et appropriez a leglise dudit moustier, lun dicelx estoit 
nommé le cymetere des Martirs, pour ce que en iceluy estoint 
inhumez et ensepulturez les mallades qui decepdoint ou veaige 
et pelerinaige de monseigneur Sainct George, et lautre estoit 
pour ensepulturez les religieuses du dit moustier; et dempuys 
le dit coulombier, en descendent vers la ripuiere de Yillaigne, 
les diz murs, foussez et douves furent faiz en leritaige du dit 
moustier, et jucques a ung vivier autreffoiz appelle le vivier 
Pépin; et de lautre part du dit mur, savoir du costé de la 
rue Corbin fut prins de leur dit fyé proche, dempuys lan- 
cienne lavanderie du dict moustier jucques au derrière du 
jardrin du presbitere de leglise parrochial de Saint Germain ; 
paroi llement en lendroict ou les deux tours du portai de 
Saint Germain, appartenant comme lom dit a meslre Nycol- 



- 311 - 

las Racine, lune dicelles, savoir celle derrière le pont de Vil- 
laigne, est faicle et construycte ou fié proche des dittes 
daines ; entre icelle tour et le dict pont de Yillaigne, fut fait 
le mur de closture de vostre dicte ville, en plusours lieux et 
endroictz au proche fié des dictes damnies. Et lautre croys- 
sanco darroine qui faicte a esté dempuys la chapelle Sainct 
Denis jucques à une tour estante en lendroict de la meson et 
lavenderie nouvellement ediffiée pour ledit moustier^ entre 
lesquelles situations fut pareillement prins plusours des fiez 
et heritaiges du dit moustier, savoir en lendroict et au joi- 
gnant du portai de Ville Blanche, par le dedanz de la dite 
ville, en descendant dicelluy portai jucques à la tour de Lu- 
cemhourg et rivière de Yillaigne, et de leritaige du dit mous- 
tier fut prins dempuys la tour de Lucembourg jucques à la 
tour de davant la dite lavenderie neuffve; entre lesquelles 
deux tours sont les murs et arches darroinement ediffiez, 
avecq les douves et foussez dicelles, en grant partie de leur 
dit heritaige^ messeigneurs, les dites dames vous ont fait et 
font declaracion de ce que davant afin que plus clerement 
vous ayez cognouessance des matières et chouses dont après 
sera touché, affin que vos plaisirs soint les recompancez selon 
royson et justice. 

Pré Rond. — Et premier, vous avez prins entre les dites 
tours de Lucembourg et la dicte tour de davant la lavanderie, 
leur dit heritaige auquel les dictes arches et murs, douves et 
foussez sont fait et ediffiez, ainsi qu'il appert. 

Auxi en faisant icelles arches, murs, douves et foussez, 
touz les attroiz qui furent préparez et assemblez pour ce fere, 
tant de taille que froide, taillée et préparée, et à celle cause 
et des dites aultres matières qui ou dit pré furent descen- 
dues, les dictes dames en perdirent la revenue de plus de 
seix ans, et, oultre ce, est diminué de près de moistié de ce 
que avoit de coustume de valoir, communs ans. 



— 512 — 

Paroillement, comme ainsi fust que les dictes dames, de 
dix sept à dix huit ans darroins passez, elles eussent leur 
dicte fuyc et coulombier, dont cy davant est tousché, avecques 
maisons, prainssouers, jardrins fruictiers, vignes, ouserayes, 
boays anticns, pré et aultres terres estantes en ung mesme 
pourprins, closes tant de murailles, haiches, palleix que au- 
trement, et tellement quil ny entroit riens ne james navoient 
esté celles chouses descloses-, des environ le temps déclaré, 
par aucuns de vous fust avisé de y estre fait ung chemin 
publique, tant pour abreuvez chevaulx, lavez draps, que pour 
aultres chouses nécessaires^ lesquelles clostures de murailles, 
haiches, palleix et aultres chouses qui portoint deffance et 
clostures es diz jardrins, mesons, prainssouers, colombier, 
vigne, etc., par force, oultre le gré et voulante des dites 
dames, vous les feistes rompre et dilacerez et dutout les 
feistes anychillez et mectre à nyent (sic), et y fut faict le dit 
chemin publique, ainsi qu'il appert, lequel chemin, dempuis 
qu'il se poursuyst de longueur, dempuis le pavé de la rue 
Hux jucques à la rivière, cest leritage des dites dammes (1). 

Rue corbin. — Item^ au dcdaus de votre dicte ville vous avez, 
puys nagueres de temps, délibéré estre fait ung aultre che- 
min qui conduyt dempuys la dite rue Corbin jucques à la dite 
ripuiere de Villaigne, qui paroillement sert de abrevouez et a 
lavez draps, la moistié duquel chemin est le propre fyé des 
dites dames et lautre moystié, savoir celle qui bite a la dite 
ripviere, est leur heritaigc. 

Messeigneurs, en ce que touche les quatre articles derroins 
déclarez, etc., les dites dames ne en ont eu aucune rescom- 
panse, et vous supplient que voz plaisirs soient les en recom- 
pancer, et en ce faisant, vous ferez raison et justice. 

Et pour ce que cy davant les dictes dammes vous ont, ou 

{l) Rue Ilux, sous le (ief de Saint-Georges. 



— 313 — 

preuîier article de leur dite remonstrance, l'ait declaracioii 
comment, en la dicte première croyssance de votre dicte ville 
commenczante à la dicte porte Sainct Michel jucques au dit 
pont de Villaigne et au dessoulz diceluy, il avoit esté prins 
de leurs dits héritai ges entre les dictes mectes, ainsi que cy 
davant sont déclarez, de jour en aultre les dames de présent 
du dit couvent dist et remonstrent à leur dicte abbasse de 
présent (1), laquelle na pas du tout vroye cognouessance si le 
dit moustier en a été vallablement rescompancé, obstant la 
brevité du temps escheu dempuis quelle est venue a la joys- 
sance du dit moustier qui est sept ans à Noël prochain (2), 
que ses predecesseures savoir dame Perrine du Feu et dame 
Olive de Quelen, chascune en son temps abbasse dudit mous- 
tier, avoient faict de grandes poursuystes et instances envers 
vous, mes dits seigneurs, lorsque vous teniez vos comptes en 
lendroit desquels vous bailloint et se soint baillez requestes 
et remonstrances par lesquelles vous signifioint que du tout 
nestoint condignement rescompencées, et en leur disant et 
respondant de vostre part que voyriez les comptes precedenz 
pour vous infourmez si ou non elles avoint esté vallable- 
ment rescompancées, et de tout ny ont eu aucune responce 
ni provision. 

Au parsur, vous ont souventes foiz diz et remonstré que, 
a loccasion des bourriers qui ont esté gettez et de jour en 
aultre sont gettez sur les pavez de la ville, lorsquil fait inon- 
dation de pluye, par cieuLv qui sont demouranz près les rues 
de la Drapperie, la Rue NeulVe, Bout de Cohue, Tregetin, la 
Mynterie, les Porches, la Parchemynerie , descendent en aval 
des dictes rues et se rendent les dicts bourriers a un tru et 
pertuys qui est au joignant et dessoulz le dit portai, et ont 

(1) Françoise d'Espinay. 
(îi) 1492. 

31 



— 514 — 

prins leur assiepte a la descente du dit tru et pertuys en la 
dicte ripuere de Villaiiigne, en telle faczon quilz ont gaigné 
et occupé une des arches au dessoulz du dit pont, cest assa- 
voir la prochaine des tours du dit pont, et tellement que de 
dessur le pont leveis lom peult marchez sur les diz bourriers, 
et est celle arche tellement estoupée quil ny passe une seuUe 
goûte de eau; de ce vous estez bien infourmez^ car les dites 
dames vous y ont maintes foiz conduyre et le avez veu et 
voyez chacun jour par évidence ^ et lorsque y avez comparu, 
avez touzjours dit et ordonné que le dit pertuys serait grislé, 
ce que na esté fait; a occasion de quoy les moulins des dites 
religieuses qui sont pour servir vous et toute la chouse pu- 
blique, ainsi queque lavez expérimenté durant le temps de la 
guerre qui a eu cours en ce pays et duché, sont presque inu- 
tilles et dyminués de leur valleur a grande estimacion, et 
convient en fere rabbat es fermiers dicelx. Elles vous prient 
que le dit pertuys soit grislé et que vous ordonnez quelque 
some de finance a quelques personnes pour tirez et oustez les 
diz bourriers du dit lieu et hors la ripuiere, quelx bourriers 
lom estime de deux a troys cenz charretées, et faire tant que 
les diz moulins puissent avoir leur cours et usaige que avoint 
au temps antien; en ce fesant, vous ferez raison et justice. 
Ou aultrement les dites dames ont intention de impetrez sen- 
tences de excommunie et aultres censures ecclésiastiques sur 
celx et celles qui ont getté les diz bourriers sur les diz pavez, 
au moyen de quoy elles sont ainsi endommaigées. 

Mcsmes à loccasion des grisles des arches de près la tour 
de Luxembourg que vous tenez continuellement fermées, lor- 
quil est habondance de eaux, les bourriers si assemblent en 
telle faczon que par icelle leau de la dite ripuiere ne peult 
avoir son cours ainsi que lavoit es temps passez, et à celle 
cause la dicte eau regorge jucques aux rocs dos moulins des 
dites dammes nommez les moulins de Saint Helier, en telle \'^ 



— oli) — 

faczon quil ne peust facillenieiit tournez, et les fermiers dicel\ 
dient en estre grandement endonmiaigez et en demandent 
rabbat. 

Oultre, se compleignent et vous remonstrent que en leur 
église vous tenez boays a monceaulx, coffres et aultres boays, 
ce que vous ont par plusours foiz dit et signifié, et lorsquilz 
y ont esté amenez et partie dicek lirez, ce a esté o chevaulx 
et charrettes ferrées qui le pavé de leglise ont par plusours 
foiz rompu, dilaceré et réduit à nyant, et par plus de xx foiz 
leur a convenu le fere refferre à leurs despanz, et semble à 
présent es voyans de la dicte église, eu esgart es dictes 
chouses, que ce soit terre propbane, et que ainsi soit vous le 
pouez cognouestre par évidence, pourquoy vous prient que 
facez tirez et meptre hors les diz boays et du desdommaige 
en faire à vos bons essçarz. 

Item, dient et remonstrent que puys nagueres de temps 
vous avez fait meptre groays et terres au cymetere des par- 
roaessiens de Saint George estant ou dedans de la ville, au 
loncg et au joignant de leglise des dites dames, et baulcez de 
sept ou huit piez, et jucques aux vitres de la dite église, au 
moyen duquel haussement, groays et terriers, lorsquil pleut, 
les eaux cbeantes de dessus la dicte église et de celle des dits 
parroaessiens, avecq de dessur le mur de la ville et du dit 
cymetere, passent par le mur de la dicte église des dites 
dammes et cheent au dedans de la dicte église en si grande 
impétuosité que souventes foiz elle est en la neff dicelle à 
plus dun pié de hault, et ny a saillie ne issue, fors par les 
grandes portes de dessouz la tour de la dite église, soulz 
laquelle tour et en la dite église elle se boyt et consume^ 
pour quoy vous supplient leur fere la royson, comme y fere 
fere une manière de eslaudouez de pierres dorgeres qui porte 
les dites eaux du loncg de leur dite église à se rendre au 
pavé de près votre portai de Saint George; et afin que de 



- 516 — 

ce soyez à plain infourmcz, vous plaise vous transporter sur 
le lieu es despanz des dictes dammes, et encore voyiez que 
lunne des plus honnorables chappelles du dict moustier qui 
estoit toute painte à fines coulleurs, à loccasion des dittes 
eaux est presque perdue et inhabitée, et les verries dicelle 
rompues et di lacérées, et les murs et terraces, à cause de ce, 
cassematez. 

Mes dits seigneurs, vous plaise sur touz les pointz et ar- 
ticles de leurs dictes remonstrances declerez ainsi que dessus 
leur faire roison et justice, et vous obligerez les dittes dames 
à prier Dieu pour vous, qui vous doint son benoist reaulme 
de paradis. 



[Juillet U9i.] 



LXXII. 



Requesle à la Royne ma souveraine dame, et à Messeigneurs 
de son Conseil). 

Plaise avoir congnoessance des grandes charges, pertes et 
dommaiges que a eues, portées et soustenues vostre humble 
orateure religieuse, labbasse de vostre moustier Saint George 
dempuix le temps que elle en a esté abbasse (1), qui fut en- 
viron Noël lan 148G jucques au temps de présent qui est ce 
moys de juillet liOl. 

Et premier : 

Remonstre vostre dite orateure que, dempuix ledit temps 
devant declerez et jucques audit temps de présent, la guerre 
a eu et encore à présent a cours, en cest votre pais et duché, 

(1) Françoise d'Espinay (1486-1520). 



- 517 - 

et siii'.Hilierenient es parties ou la pluspart du revenu dudit 
inoustier est; comme es parties de Saint George de Gre- 
haingne estant jouxte Pontorezon, Sacé et le mont Saint 
Michel, es parties de la chapelle Janczon estant jouxte le pays 
du Mayne, es parties de ïinteniac, Becherel, etc. 

Singulièrement es parties de Tinteniac qui est la plus- 
part de son dit revenu... et qui est fondé en dixmes de blez, 
tel an des dits quatre ans a esté que elle ne na eu un seul 
bouexeau de bli, et fut en lan 1488. Du parsur des autres 
troys ans, par aucuns dicelx elle na trouvé ung seul home 
qui voulseist en prendre un seul traict; et silz en prenoient, 
a convenu à votre dicte orateure leur en faire rabat aucunes 
foiz du tout, et autres foiz de deux pars^ et par aucunes foiz 
les François ont contrainct les ditz dixmeurs à les leur poier 
et charaiez à Dinan. Et souventes foiz ont trouvé et rencontré 
les charectes que les dites dixmes conduisoint a venir au dit 
moustier toutes chargées, ont par force contrainct les chare- 
tiers et dixmeurs, que ainsi les conduisoint, à les leur menez 
jucques au dit lieu de Dinan ^ et oultre les ditz blez perduz, 
perdoint leurs chevaulx et charectes^ et dabundance, par cha- 
cun des dits ans, ont les dits Françoys fait crier à ban à 
Dinan, au dit lieu de Tinteniac, Hédé, que il estoit prohibé 
et delfendu de par le Roy à tous les subgetz demouranz es 
dites parties de Tinteniac, Ilédé, Montmuron, Bescherel, Com- 
bour et autres pays circonvaisins dicelx lieux , de non portez 
blez de dismes ne autres vivres à Rennes, à la paine de la 
hart et de perdicion de touz leurs biens. 

Et au regart des dismes que votre dite orateure a es envi- 
ron de votre ville de Rennes, pour les dits quatre ans elle 
nen a paroillement jouy, par chacun dicelx, dune moictié, 
pour la dicte guerre, et que elle ne trouvoit comme nulles 
personnes qui les voulsissent prendre, si ce nestoit à toutes 
diminucions et rabatz que il a convenu faire, etc., pour ce 



— 518 — 

que... I(3S gons darmes de votre ordonnance les leur ostoint, 
et sitost que avoint cognocssance que les ditz dismeurs les 
avoint cueilliz et amassez, alloint les prendre... 

Aussi est il que par l'un des dits trois ans vous feistes crier 
et bannir que le feu fust mis par tous les blez qui avoint 
creus à trois lieux près de votre dite ville de Rennes, et in- 
continent la dicte bannie faicte, les dicts blez qui estoient touz 
prestz a sayer et déjà en y avoit partie de sayez, les dits gens 
darmes et toutes manière de gens couroint à cheval et à pié 
prandre les ditz blez, ainsi que la pille y eust esté criée, 
comme de fait si fust elle, et de fait furent abandonnez destre 
brûliez ou prins... etc. 

Item^ en Saint George de Greliaingne, la Chapelle Janc- 
zon, etc., es quelles parties elle a, par an, environ seix vigns 
livres de revenu, du tout des dits quatre ans elle ne na jouy 
que de dix escuz. 

Item^ à loccasion de la dite guerre, luy ont esté abattues 
vignt deux maisons qui estoint lestaige de votre dit moustier 
suss et jouxte les foussez, murs et clostures de votre dite 
ville de Rennes, à lixue de la porte et portai de Saint George, 
par roison et sur lobligation desquelles estoit deu à votre dite 
orateure et ses religieuses xxv livres de rante en juridiction, 
dont elle ne jouist, et outre ce, par cause dicelles maisons, 
luy estoit deu devoirs de moustaige, fouaiges, vantes, otrises, 
taux, amandes et autres emolumenz de juridicion. 

Ileni^ ont esté abatues et adnichillées les vignes... situées 
près les dits murs et clostures de votre dite ville de Rennes, 
esquelles croissoit communs ans de vignt à vignt cinq pippes 
de vin. 

Item^ deux prainsouers à ban qui, par chacun an, valloint 
de ouyt à dix pippes de vin, oultre y cstre les vins de leurs 
dites vignes prainsouerez, et valoint les maisons et superficie 
dicelx seix à sept cens escuz. 



— 519 — 

Item, au joignant dicck prainsoucrs et vignes, ung grand 
jardrin auquel y avoist neuff vigns quatorze (19i) arbres por- 
tant fruit esquel.v croissoit communs ans seix ou ouit pippes 
de cidre. Oultre, y croissoit pois, febues (fèves), choux, lins, 
chanvres et aultres chouses servantz a la tienement et sub- 
stantacion de vos dites orateures, et a présent leur en con- 
vient achater au cher denier toutes les choses que leur ser- 
voient à leurs potaiges, que leur cède à leur grant dommaige. 

Une fuye. — //e/H, au joignant dicelles chouses, en ung 
mesme pourprins et jouxte vos dits murs, vos dites orateures 
avoint une fuye qui, par chascun an, leur valloit de quinze à 
vignt livres de rante. 

In bois. — Ilem^ en icelui mesme pourprins... avoint une 
touche de boays anxien, comme de seix à sept vigns arbres, 
lequel a esté abatu, et le boays dicelle emploie et mis à la 
fortiflicacion et renparement de votre dite ville. Quel boays 
valloit de ouit vigns à deux cens livres et plus. 

Une oseraye. — Ileiii^ cu icclui mesmes pourprins et jouxte 
les dits murs... a esté à vos dites orateures rompu, dillaceré 
et derinczé une oseraye que communs ans... luy valloit dix 
livres de rante et plus. 

Ilem^ diceluy pourprins ouquel estoint situez les diz prain- 
soucrs, vignes, vergiers, fuye, oseraye et autres chouses a 
esté prins de la terre et heritaige propre de votre dit mous- 
tier environ deux journaulx a saze seillons par journel, les- 
quels ont esté emploiez, partie es douves et foussez de votre 
dite ville, et le parsur dicelx a commun et galloy, ainsi que 
par evidance des dites chouses apiert. 

Un deuxième bois. — Item^ asscz prcs des dites chouses... votre 
dite orateure avoit une autre touche de boays anxien que fai- 
soit la decoracion dune maison de votre dite orateure, située 
près le pavé de la rue llux, qui paroillement a esté abatue 
par votre ordonnance et commandement, le boays de laquelle 



— 320 — 

a esté convcrty et emploie es affaires d(î vous, comme à faire 
les tandeix des portaulx de Villeblanche et Toussaints. 

//cm, leur ont esté abatucs toutes les murailles de leurs 
dits jardrins, vignes et prainsouers, et du tout adnichillées. 

i/em, pour faire ung ediffice qui est au dedans de votre 
dite ville, sur les jardrins de votre dit moustier, vous avez 
fait bêcher et caver ung jardrin qui estoit des despendances 
de votre dit moustier, et iceluy rendu inutile, ainsi que par 
evidance peult aparoir, etc. 

Le Pré Rond. — Itcm^ à voz ditcs oratcurcs aparticnt par heri- 
taige ung pré qui est situé au dedans de votre dite ville, 
nommé le pre Ront, ouquel avoit coustume croistre, par cha- 
cun an, de dix à doze chaiertées de foign pour ce que ce 
fauchet deux foiz lan. Dempuix quatre ans, de ce votre dite 
orateurc ne na jouy de riens, pour ce que les Alemans et 
touz autres genz lont acoustume (?) à y tenir leur rin et con- 

seilz, et par aucun temps a y pourmener et abrever leurs 

chevaulx et souventes foiz y ont esté tenir monstres, jeu darc 
et autres jcuz. 

Grands prez. — Itsm^ Gu cc quc touchc Ics autrcs pracHCs 
qui, communs ans, valloint à votre dite orateure... de ouyt 
vigns à deux cens livres de revenu, du tout des ditz quatre 
ans derroins ne de celui de présent qui est un" onze (1491), 
votre dite orateure ne na jouy dun seul feix de foign ^ et la 
raison sy est pour ce que, par aucuns des dits ans, les Alle- 
mans et autres gens de guerre y ont tenu et gardé le bestaill 
quils prenoint, les y faisoint paistre et pasturez, et paroille- 
ment le bestaill de trois à quatre lieux près votre dite ville, 
y a esté amené, conduyt et gardé et uncores a présent y 
sont. Et neantmoins que ung pré qui est partie de la dite 
praerie, nommé le pre du llefoul, ce baillent o la ferme des 
moulins de votre dite orateure, par monseigneur le prince, a 
esté iceluy pré fait peler et en a fait faire le boulompvert de 



- o2l - 

porte Planche, et à celle cause, a convenu à votre dite ora- 
teure, faire rabat au\ fermiers des dits moulins dun cartier 
de la dite ferme, qui monte saixante deux livres sept solz uni,^ 
parisy... Et uneore mon dit seigneur le prince, nom comp- 
tant, fait à présent peller le parsur de la dite pièce, et gazon 
et mote dicelle convertir en ung aultre boulonpvert que à 
présent y fait faire à la dite porte de Sainct George, etc. 

Biens à Vennes, Quiinper cl Léon. — llcm^ COmbicn qUO Ù VOtrC 

dite orateure, à cause de votre dit moustier, soint et appar- 
tiennent es parties de Vennes, Cornouaille et de Léon, envi- 
ron cinquante livres de revenu par an, elle ne na jouy dun 
seul denier, des ditz quatre ans, ne de celuy de présent, pour 
la dite roi son de guerre que a eu cours et que uncores à 
présent a cours en celles parties. 

Plaise outre, à ma dite souveraine dame et à mes dits sei- 
gneurs de son conseil, entendre et avoir cognoessance des 
grandes charges que a eues, portées et soustenues votre dite 
orateure, dempuix le dit temps que elle a esté abbasse de 
votre dit moustier jucques au dit temps de présent. 

Et premier : 

La predecesseure abbasse, en son temps, dicelui moustier 
devoit à plusseurs, ses credicteurs, grant nombre de finance 
dont a convenu à votre dite orateure en faire les poiesmens 
et acquitz à la valleur de plus de cinq cens livres, etc. 

Item^ trouva votre dite orateure touz les moulins de votre 
dit moustier indigcns de reparacion, tant de maisons, ma- 
noirs, eglize, moulins, et entre autres chouses, les diz mou- 
lins qui ne sauroint estre reparez et mis à estât deu pour 
deux mil livres et plus, les dites eglize, menoirs et maisons 
pour mille livres, etc. 

Rivière. — Item^ VOUS remoustrc votre dite orateure que puix 
nagueres de temps vous avez fait faire deux Cohues au mel- 
lieu de la ripuiere de Vislaingne, qui dempuix latache de voz 



— 322 — 

moulins de Joué jucqucs à lataciio des moulins du pont de 
Yislaingne, apartient à votre dite orateure, par don que en ont 
fait les roys, ducs, comtes et comtesses de lirelaigne aux pre- 
deccsscurcs abbasses de votre dit moustier, par roison duquel 
ediffice de Cohues, et en prenant les fondemens des murailles 
et pilliers qui icelles portent, y a esté tiré groays et terriers 
quilz ont lessé ou mellieu de la dite ripuicre^ aussi est il que 
lors que y fait pluye, les habitans de votre dite ville gectent 
sur le pavé bourriers et netures de leurs maisons, et en telle 
faczon est la dite ripuicre comblée, que le cours anxien dicelle 
est mué et tourné, en telle faczon que aujourdhui lun des diz 
moulins de la Porte cesse de tourner, et ny a la dite eau son 
cours à y aller, ainsi que lavoit acoustumé^ que ce netoit 
vroy, on le peult vcoir par evidance; à occasion desquelles 
cliouses, les dits moulins qui servent nom seullement à votre 
dite orateure, mais ù tout le bien publicque, en sont mains 
baillez et la ferme dicelx en diminuée de plus de cent livres 
par an. 

l'giisc. — //em, plus remonstre que en lan premier que elle 
fut abbasse de votre dit moustier, elle trouva partie de votre 
église diceluy qui cheoit et de fait fust cheuste si tout incon- 
tinent ny eust esté pourveu. Et pour y pourvoairs, iist faire 
ung artz et vouste pour portez partie dicelle, lequel luy 
cousta deupure de main plus de seix cens escuz. Paroillement 
trouva son Chapitre cheoist, lequel elle a fait rediffiez tout de 
neuif^ et paroillement trouva la maison servante à la buchere 
de votre dit moustier toute choiste en un monceau, laquelle 
elle a fait redilTier, etc. 

Ilem., remonstre que à présent les maisons et manoirs de 
Saint Seguelin, Saint George de Grehaingne et le Feu sont 
toutes choisies et en toute ruyne et décadence, etc. 

Itcm^ vous remonstre que durant le temps de toutes les 
guerres que avez soustenues et portées, votre dite orateure a 



— 325 — 

entretenu aussi grant nombre de religieuses que, ou temps 
passez, ses predecesseures ont fait, pour faire le divin ser- 
vice, et priez Dieu pour les âmes de vos diz prédécesseurs 
cui Dieu absolve, et pour la bonne prospérité de vous et de 
tout votre pays et duché; et pour cesser et acquiter de partie 
des dites doibtes dont sa dite predecesseure lavoit lessée en 
doibte, et aussi pour faire les dites reparacions par cy devant 
declerées, que mesmes à octasion de la dite guerre, elle na 
jouy dune partie de son bien. Et aussi, pour la diminucion 
des monnoies qui ont couru durant voz dites guerres, votre 
dite orateure sest endoibtée de plus de mille cinq cens livres. 

Prix des denrées. — Et pour clercment vous remonstrez que 
autrement impossible luy eust esté povoir vivre, elle ne ses 
dites religieuses, le mouton qui ne leur coustoit, avant la dite 
guerre, que cinq soulz dix deniers, rendu en votre dit mous- 
tier, leur a coûté quatre livres et cent soulz; pièce de beuff 
qui ne leur coustoit que seix soulz ouit deniers, leur a cousté 
cent soulz et seix livres; charretée de boays qui ne leur cous- 
toit que quinze et vignt soulz, leur a cousté dix livres et doze 
livres; pippe de vin d'Anjou qui ne leur coustoit que ouyt 
livres et dix livres, leur a cousté deux cens et doze vigns 
livres; et de leur revenu, comme leurs rantes propres, cent 
livres de rante, ne leur retournoint point à quinze livres de 
bonne monnoie. Et est bien à noter que quant le bien de 
votre dite orateure eust vallu de mille à cinq cens ou à deux 
mille livres de rante, elles ne luy fussent point retournées à 
trois cens livres de bonne monnoie, et qucque soit, quatre 
cens, sur quoy lui a convenu portez toutes les charges par cy 
devant declerées. 

Dime de vin. — Ilem^ combicu quc, es temps passez, votre dit 
moustier se fourneist de vin breton pour la dite substantation 
de voz dites religieuses, puix nagueres les vignes où elles 
prenoint leur devoir de dixme ont, communs ans puix les 



- 324 — 

(lits quatre ans, l'ailly. Et aussi que vous leur avez fait abattre 
leurs vignes, es quelles il croissait de vignt à vignt cinq 
pippcs de vin, et à celle cause leur a convenu acheter du vin 
breton à grant cherté, comme la pippc dix et vignt livres de 
bonne monnoie; et paroillement a convenu à votre dite ora- 
teure acheter du blé et, quequc ce soit, du fourmant pour 
tant que, par aucuns des dits quatre ans, son fourmant luy a 
failly. 

Ilem^ vous remonstre que de toutes ses maisons et mestae- 
ries il ne luy est demouré bestaill nul quelconque que les 
Françoys naint eu et a la valleur de plus de doze vigns 
livres. 

Levées sur le clergé. — Ilem^ VOUS rcmottstrc votrc dite oraleure 
que comme, par avant cest jour, nostre Saint Père le Pape 
cust, à requeste de feu le Duc cuy Dieu absolle, consanty que 
sur le clergé de ceste evesché il eust esté prins et levé cer- 
taines sommes de finances pour tournez à vous, à vous ayder 
et soustenir et portez les charges de votre guerre que vous 
portiez et uncore à présent portez ^ dcmpuix ce, votre dite 
orateure avoit poié à maistre Jehan Clairot, cuilleur de ce, la 
somme de vignt livres-, et, par une autre part, à la main de 
monsieur votre chancelier, quatorze marcs deux onces dar- 
gent. Et neantmoins tout ce, votre orateure a esté par le dit 
clergé de ceste evesché de rechef imposée la somme deux 
cens livres, et par llcverand Père en Dieu monseigneur 
levesque de Rennes amounestée dicelle somme poier tout in- 
continant^ pour poier laquelle somme luy a convenu vandre 
et adeuerez ses blcz, ce que luy avez commandé faire, car 
autrement ne leust fait, pour ce que luy avez fait faire def- 
fance de non le faire, à ce que ilz eussent peu servir au bien 
publicq, en celui cas que votre dite ville ce fust trouvée asie- 
gée. Toutes foiz des diz blcz votre dite orateure se pansoit 
aider, elle et ses dites religieuses, en celuy cas que elle leur 



— 52o — 

en fust deinouré, elles fournies et alimantées. Et aussi que 
ils neussent esté distribuez, lorsque le dit siège ce fust trouvé 
autour de votre dite ville, et le demourant eussent fait vandre 
et adeuerez pour en tournez largent à sen estre acquitée ovec 
ses dits créditeurs et queriz leurs autres provisions néces- 
saires^ et aussi pour en avoir emploie es reparacions et 
entretenances de votre dit moustier; par raison desquelles 
chouses devant vous remonstrées et declerées votre dite ora- 
teure est à présent reduyte en telle nécessité et ses religieuses 
que à elles est impossible pouoir vivre pour lavenir, sy par 
vous ny est pourveu. Lorsque ses dits boays anxiens furent 
abatuz et ses ditz prez pillez, en actendant que on luy eust 
fait les rescompances telles que on les luy doibt faire, y vous 
plus commander et ordonner que, tout incontinant et sans 
nulle dissimulacion, le vroy et juste pris dicelles chouses luy 
fussent poiez. Cest à savoir des diz boays et pelement des 
diz prez, dont na esté riens fait ne james nen a eu rescom- 
panse, dun seul denier, combien que touz autres à qui les 
boays ont esté [abatuz] ont esté poiez et comptantez. 

Ma souveraine dame, et vous messieurs de son bon con- 
seill, vous plaise, en lonneur de Dieu et de sa benoiste Pas- 
sion, avoir sur tout ce esgart et ne voulloir souffrir que votre 
dit moustier soit ainsi defondé et dégradé^ lequel est la doc- 
tacion et fondacion de vous et de voz diz prédécesseurs et si 
notablement delx fondé, et ouquel est, tant de jour que de 
nuyt, fait si beau service en lonneur de Dieu et pour le priez 
pour les âmes de voz diz prédécesseurs et la bonne prospé- 
rité de vous, gardez votre dite orateure et ses dites religieuses 
de telles obpressions, et tel peu de bien que elles ont à ce 
que elles en puissent vivre et vacquer au service qui ce fait 
ou dit moustier en lonneur de Dieu, auquel elles vacquent, 
tant de jour que de nuyt, et les faire rescompancez de ce que 
autres foiz il vous avoit pieu commander et ordonner, que 



— 326 — 

ainsi lust fait^ ccst à savoir que leurs diz hoays et prez 
fussent poiez pour leur aider à vivre, et voaires lestât de la 
dite ripuiere, pour leur y estrc fait par vous telle provision 
de justice que vous voirez lavoir affere. Et en ce faisant, vous 
ferez roison et justice, et de plus en plus obligerez vos dites 
orateures à priez Dieu pour vous, qui vous doint son benoist 
glorieux royaulnie de paradis. 



[4491.] LXXIIl. 

Copie des leUres patentes pour la confirmation de tous les privilèges de 
l'abbaye Saint George accordez par la duchesse Anne, le 12 septembre 
1491. — A Rennes, chés Jean Lcgier, imprimeur et libraire, rue de la 
Cliarbonnerie, Au triomphe de FÉglise, M.DG.XCVII (1697) (l). 

Anne, par la grâce de Dieu, duchesse de Bretagne, com- 
tesse de Montfort, de Richemont, d'Étampes et de Vertus, à 
tous ceux qui ces présentes Lettres verront, salut. 

De la part des humbles religieuses et dévotes orateures les 
abbesses et couvent du benoist moustier Monsieur Saint 
Georges de Rennes, nous a esté en suppliant exposé qu'ice- 
luy moustier, avec ses dépendances et appartenances, est la 
fondation et dotation de nos prédécesseurs roys, ducs, prin- 
cesses et duchesses de nôtre pays et duché et non d'autres-, 
que de temps passé et étoit qu'un chacun d'eux est venu au 
règne et jouissance de notre dit pays et duché ont à nos dites 
orateures confirmé, loué et ratifié et a})prouvé les dites dota- 
tion et fondation de notre dit moustier en bonne et meure 
forme, et ont maintenu nos dites orateures en leur entier 

(1) Imprimé sur papier. 



- 327 — 

sans aucune diminution y avoir l'ait ny souffrir être fait^ et 
qu'à l'occasion des grandes charges que dès le temps de 
quatre ans et plus, et jusques à présent avons eu pour porter 
et soutenir la guerre générallement et universellement par 
tout notre pays et duché, laquelle nous ont fait nos ennemis 
et aversaires les François, ainsi que chacun l'a pu et peut 
voir et connoître^ et pour résister à leur mauvaise et dam- 
nable querelle qu'ils ont dit et encore dient avoir à rencontre 
de nous, nos pays et sujets, nous a été très nécessaire et 
convenable prendre terres et abbattrc maisons, bois anciens, 
et autres bois, vignes, murailles, et autres édifices qui étoient 
contigus et adjacents des murs et clôtures d'aucunes de nos 
villes de nôtre dit pays et duché, pour servir es fortifications, 
emparements, tuitions et défenses d'icelles, et principalement 
de notre dite ville du dit lieu de Rennes contre les murs et 
clôtures de laquelle nos dites orateures avoient maisons, pres- 
soirs-à-ban, jardins, vergers, vignes, fruictiers, bois anciens, 
prés, ozeries qui étoient leurs propres héritages, partie des- 
quels héritages nous avons par notre commandement fait 
prendre et employer es dites fortifications et emparement de 
notre dite ville, et autres parts fait ruiner pour servir à la 
chose publique, et autres parties fait abbattre et démolir et 
du tout annihiler, sans que jamais elles en puissent jouir ne 
s'en ayder d'aucun revenu, ainsi que par évidence d'icelles 
choses peut-on voir et connoitre. Aussi est-il que assez prêts 
des dits murs et clôture de notre dite ville, elles avoient de 
cinquante à soixante hommes étaigers, lesquels y avoient 
maisons d'étages, lesquelles nous avons pareillement partie 
d'icelles fait abbattre et démolir, et autre partie fait brûler et 
ardre et du tout anéantir pour servir à la défense de notre 
dite ville, de doute que nos dits ennemis, lesquels vou- 
loient assiéger nous et notre dite ville de Rennes, se y lo- 
geassent; au moyen desquelles abbatures et brisements de 



— 328 -- 

maisons d'otage nos orateures ont perdu leurs devoirs de 
rentes en juridiction, seigneuries et obéissances, ventes, oc- 
trises, moutaiges, fournaiges et tout autre ferme droit de juri- 
diction qu'elles avoient et pouvoient avoir sur leurs dits 
hommes et sujets, quelles choses étoient et portoient de 
grands profits à nos dites orateures et grandes et honorables 
décorations à nôtre dit moustier^ mcsme est-il que par aucun 
temps des dits quatre ans, la dite guerre a été si universelle 
et générale partout notre pays et duché, ainsi que dessus est 
dit, qu'à celle cause ne nous a été possible de jouir de nos de- 
niers, comme avons de coutume le faire, qui nos dits ennemis 
les Françoys les nous ont empêché de jouir en outre le fond, 
au moyen de quoy, pour nous ayder à porter les dites charges 
de la dite guerre qu'avons eu et soutenu à l'occasion d'i- 
celle, etc., nous a convenu prendre par manière d'emprunt 
de plusieurs nos féaux et sujets plusieurs sommes de finances 
et autres choses par meubles, et entr'autres de nos dites ora- 
teures avons pris et eu d'elles leurs croix, crosses, calices, 
vaiselle d'argent à grand valeur et estimation, quelles sommes 
d'or et d'argent monnoyé et à monnoyer nous a\ons fait 
sommer, nombrer et estimer, avec fait priser les dites prises 
de leurs dits héritages abbatus, démolicion, brûlements, tant 
de leurs dites maisons, pressoirs-à-ban, bois anciens, fuye, 
vergers, prés, leurs dites maisons d'étages, ventes, octroys {sic) 
(octrises), fournages, montages, et tout autre ferme droit de 
leur dite juridiction et autres choses par cy-devant déclarées. 
Qu'elles en soient ailleurs par autres de nous recompen- 
sées par héritages, sans que les levées qu'elles feront et pour- 
ront faire d'icelles choses leur soient en rien comptées, ny 
qu'elles leur vaillent rabat ou racquit et payement que leur 
en pourrons faire de la dite somme ou assiette de la valeur 
des dites choses, ainsi par nous à eux baillées et transpor- 
tées; (juelles réconq)enses, remboursement et racquit avons 



— 5^29 — 

expressément réservé faire, lors et à tel temps que bon nous 
semblera; et outre par la teneur des présentes avons consenty 
et octroyé, consentons et octroyons aux dites orateures que 
pour cause dudit lief de nous à eux baillé, ainsi que dessous, 
elles y puissent mettre et instituer senécbaux, procureurs, 
receveurs et tels autres olïiciers que bon leur semblera, à 
Texercice de la dite juridiction et autrement, et icelles avec 
le dit moulin bailler et alfermer à telles personnes que bon 
leur semblera. 

Et que dès à présent elles ayent les atournances des dits 
liommes et sujets du dit fief, et qu'elles les puissent con- 
traindre à aller à leurs moulins étants en notre dite ville et 
es environs d'icelle, moudre leur blé et pâtes, cuire à un 
fbur-à-ban étant en notre dite ville nommé le four-à-ban de 
Fougères, et qu'à ce faire elles les puissent contraindre par 
leurs olHciers, et que ceux qui seront en deffaut, elles les 
puissent tirer à conséquence d'amendes, desquelles voulons 
qu'elles en jouissent, avec des ventes et octrises du dit fief, 
et du temps passé que l'avenir, et tout ainsi que nous-méme 
le pourrions faire, et voulant et par les présentes voulons 
que les quittances que l'abbesse de notre dit moustier en 
baillera vaillent et portent garant aux parties avec lesquelles 
elle pourra composer des dites ventes et octrises, comme si 
elles étoient signées de notre receveur de Rennes... et dès à 
présent, en tant que mestier est, les en quittons; et quant 
pour les dites atournances voir faire des dits liommes et 
sujets du dit (ief, avec et pour mettre nos dites orateures en 
possession réelle des dites choses et dudit moulin, avons 
commis et commettons nos bien amés et féaux conseillers le 
sénéchal, alloué, lieutenant et procureur de Rennes et chacun 
ausqucis... avons donné et par les présentes donnons plain 
pouvoir, autorité et mandement spécial-, et si ainsi était que 
aucuns de nos dits sujets et hommes du dit fief fissent refus 

22 



— 5o0 — 
ou résistance de ne vouloir s'atourner... et aussi que le dit 
de Milan les voulsit empêcher de jouir du dit moulin, vous 
mandons et commandons à chacun de vous, comme étant que 
réellement et par les dites sommations, numérations et pri- 
sages qu'avons fait faire des dites choses, avons été dûement 
informés et certifiés que nous leur devons à clair les dites 
choses et meuhles, la somme et nomhre de mille cinq cens 
écus d'or, de laquelle somme nos dites orateures ont supplié 
leur faire payement par meuhie ou par héritage, ainsi que 
notre plaisir serait faire, et surtout à leur pourvoir de remède 
convenable, humblement le nous requérant. 

Pourquoy nous, ces choses considérées et icelles que con- 
noissons être octroyées nous en étant rendues à plain infor- 
mée, ce que par raison suismes tenus, maintenir et garder en 
leur entier les dites dotations et fondations de nos prédéces- 
seurs roys, ducs et duchesses de nos dits pays et duché et 
de nous, ce que désirons à ce que nous, nos dits prédéces- 
seurs et successeurs, soyons participans à toujours mais de 
prières, oraisons, suffrages et bienfaits que de jour en autre 
se font en notre dit moustier, et aussi parce que toute la 
matière par cy devant déclarée touche fait d'Église les droits 
et libertés de laquelle et autre de nôtre dit pays et duché 
avons promis tenir et garder, et même que suîmes bien mem- 
bres que à nos dites orateures avons promis et fait promettre 
les y recompenser, pour les dites causes et autres à ce nous 
mouvans, avons par délibération de notre dit conseil con- 
firmé, loué, ratifié et approuvé, louons, ratifions et ap|)rou- 
vons la dite dotation, fondation et liberté par nos dits prédé- 
cesseurs, faits et concédés à notre dit moustier, et au parsur 
avons de notre propre mouvement et certaine science, donné, 
concédé et octroyé, donnons, concédons et octroyons par ces 
présentes a nos dites orateures, pour décharge de notre con- 
science, un fief nous ap|)artenant, lequel s'étend, partye d'ice- 



— ool — 

luy, on cotte notro dite ville et l'aux-hourgs de Rennes et es 
paroisses de Chantepie et Janzé, nommé le fief de Fougères, 
montant le tout ensemble environ de vingt-cinq livres de 
rente en juridiction, seigneurie et obéissance, partye duquel 
lief étant en notre dite ville, est promiscùé et enclavé avec le 
(lef de nous et de nos orateures. 

Pareillement leur avons baillé un moulin nous appartenant, 
étant scitué sur le bout des ponts de Cesson que autre- 
fois avons fait faire pour servir à fouler draps et à présent 
est babitué' à fourbir barnois, duquel moulin nous voulons 
qu'elles en jouissent nonobstant quelconques baillées ou 
transports que en ayons ou pourrions en avoir fait à autres 
personnes quelconqu'elles soient, ne à quelque titre que ce 
soit, à Pierre Milan ou autres, lesquelles baillées et trans- 
|)orts par la teneur de ces présentes, délaissons et baillons à 
nos dites orateures pour nous valoir payement et acquit de 
partye de la dite somme susdite, et en attendant du tout 
d'icelle somme être payée et remboursée ou d'effet, vous les 
y contraignes à ce faire, sans aucune forme ou figure de pro- 
cès, et si aucun se en trouvoit icelle matière, ô toutes les 
appendances et dépendances, évoquons par devant vous nos 
dits juges et cbacun, à en conoître à brief jour et terme, sans 
avoir égard à assignation de plaids et termes ordinaires ne 
privilèges de menées^ car ainsi le voulons, et tel est nostre 
plaisir et voulons ({ue au vidimus de cestes nos présentes, re- 
tenu sous scel authentique, plenière foy soit ajoutée comme à 
ce présent original. 

Donné en notre ville de Rennes, le douzième jour de sep- 
tembre, l'an de grâce mil quatre cens quatre vingt onze. — 
Ainsi signé : Anxe. 

Et au-dessous : 

Par la Duchesse de son commandement, 
(Jlyard. Et scellé. 



332 — 



[7 mars ^bG7.] LXXIV. 

Lettres patentes du Roy Charles IX confirmatives de tous 
les privilèges de l'abbaye. 

Charles par la grâce de Dieu roy de France, à nos amez 
et feaulx les gens tenans nostre Court de Parlement en Bre- 
taigne, senesclial de Rennes ou son lieutenant et à chacun 
deulx, si comme il luy appartiendra, salut. Nos chers et hien 
amez les abhasse, religieuses et couvent de l'abbaye Sainct 
George, en nostre ville de Rennes, nous ont fait remonstrer 
que dcffunct de bonne mémoire Alain, duc de Bretaigne, fon- 
dateur de la dite abbaye, donna et octroya à sa sœur Adelle, 
première abbesse dicelle, et aux religieuses et couvent du dit 
Sainct George, plusieurs beaux privilèges, franchises, libériez 
et exemptions; entre aultres, droict d'usage es boys et forest 
du dit Rennes qui leur auroent esté continuez et confirmez 
par les successeurs Ducs de Bretaigne, mesmement par le 
duc François, en lan mil quatre cens quarante sept, lequel, 
oultre les diz privilèges, voulut et déclara que dès lors en 
avant les dites exposantes, leurs hommes et subjectz se déli- 
vreront à congé de personne et de menée aux plaictz géné- 
raux de la Court du dit Rennes et non aultrement, en la 
forme et manière que les barons et aultres nobles du pays 
avoient accoustumé faire; et avec ce leur permist et octroya 
quelles eussent et tinssent en tous leurs fiefs et jurisdictions, 
justices et fourches patibulaires à quatre paux, pour punition 
des delinquans en leur jurisdiction. Aussi leur auroient noz 
diz prédécesseurs Ducs donn('' et octroyé une foire et chevau- 
chée diceUe à tenir chascun an en la dite ville et faulx bourgs 



— ooa — 

de lionnes, le lundy prochain après le jeudy de la niy ca- 
resnie, et certains devoirs de coustume et droict de mesurer 
les aulnes des drapiers vendans et distrihuans draps en la 
dite ville, halles et cohue dicelle, et de j)rendre sur chacun 
des diz drappiers dehvoir de coustume et lever sur eulx. 
amendes, si leurs diz aulnes nestoient trouvées bonnes et de 
mesure. Aussy ont les dites exposantes droict de jouyr de la 
rivière de Vislaigne et du peschaige dicelle aux lieux désignez 
par les lettres de ce octroyées, avec puissance de prohiber et 
dell'endre à tous de pouvoir fere ediffîer sus ne près la dite 
ripviere et y tenir eschalles, guendas, ny jetter en icelle ny es 
environs bourriers, terriers, groyes ou aiiltres immondices qui 
pourroient empescher le cours de leau propre aux moulins es- 
tanz sur la dite rivière, appartenant aux dites exposantes par 
don du dit duc Alain, et aultres ducs et princes de Bretaigne, 
servans à la chose publicque, et nuyre au poisson estant en 
la dite rivière, dont elles tirent partie de leur nourriture -, et 
oultre ce, ont droict de jouyr du peschaige des douves et 
fossez de la dite ville de Rennes, des perrieres et sablon- 
nieres estanz en lendroict de la dite abbaye, avec pouvoir de 
prohiber à touz dy en prendre, sans lexprès consentement 
des dites exposantes, ainsi quil est plus amplement contenu 
par les dix privilèges qui auroient esté continuez et confirmez 
par noz prédécesseurs et nous, depuis nostre advenement à la 
couronne. 

Toutes foiz, claultant que en la dernière confirmation par 
nous à elles octroyée et aultres précédentes, les diz droictz 
ne sont particulièrement declerez, elles doublent que on ne 
vueille cy après donner empeschement en la joissance diceulx, 
nous suppliant et requérant très humblement leur pourveoir 
sur ce^ nous à ces causes, desirans maintenir et conserver les 
dites exposantes en la joissance de tous leurs diz privilèges, 



— 534 — 

franchises, lihcrtoz et droictz à elles concédez et octroyez par 
nos diz prédécesseurs ducs de Bretaigne, vous mandons et à 
chacun de vous, si comme il luy appartiendra, commectons 
et enjoignons très expressément que, appelle nostre procu- 
reur, sil vous appert des privilèges, concessions et octroys 
faictz par nos prédécesseurs aus dites suppliantes des choses 
susdites, quilz leur ayent esté continuez et confirmez jusques 
a présent en termes généraux, et quelles en ayent bien et 
deuement jouy et usé, comme elles font encores de présent, 
en ce cas vous faictes, soufl'rez et laissez les dites exposantes 
jouyr et user des diz privilèges et droictz cy dessus spécifiiez 
plaincment et paisiblement, tout ainsi que silz estoient parti- 
culièrement et par le menu dcclerez es continuations et con- 
firmations qui leur ont esté octroyées par noz diz prédéces- 
seurs et nous, depuis notre advenement à la couronne-, que 
ne leur voulons aucunement nuire ne prejudicier et dont 
nous les avons relevez et relevons par ces présentes. Et nean- 
moings d'aultant que puis nagueres, la mesure de laulne de 
Bretaigne a esté reduicte à celle de notre bonne ville de 
Paris, et que le thelon dont les exposantes ont usé cy devant 
au mesuraige des aulnes des drappiers residens et habitans 
au dit Bennes estoit jouxte la mesure de Bretaigne, que vous 
ayez à procéder à la réduction et reformation de la dite me- 
sure et ethelon conformément à celle de notre dite ville de 
Paris-, et la dite réduction faicte, en faire, souffrir et laisser 
jouyr les dites exposantes, comme elles ont fait cy devant, 
avec expresses inhibitions et défenses aus diz marchans d'en 
user d'aultres sur peine de faulx et de tous les despens, dom- 
maiges et interestz des parties. Car tel est nostre plaisir, 
nonobstant comme dessus et quelconques editz, ordonnances, 
restrictions, mandemens, dclfenses et lettres à ce contraires. 
Donné à Fontainebleau, le septiesme jour de mars lan de 



— OÙH — 



grâce mil cinq cens soixante sept, et de notre règne le sep- 
ticsnie. 
Par le Roy en son conseil. — De Laubespine. 

[Pris sur rorip,inaI. sur parchemin avec sceau doul il rcsie ijunlques fragments. — 
A cette pièce est attacluS^ sur une bande de parchemin, qui <5tait aussi scellée, l'or- 
donnance d'entérinement et enregistrement, a la Cour de Parlement de Bretagne, 
de»ditos Lettres royaux, datée du 12 mars lo69.] 



[i6i>7.] LXXV. 

Requête mise devant M. l'Intendant, pour être déchargés de la taxe ordon- 
née contre ceux qui avoinl aquis ou usurpé sous la distance de 9 piez 
des murs des villes. 

Monseigneur le marquis de Nointel, conseiller du Roy 
en ses conseils, maistre des requestes ordinaire de 
son hostel, commissaire départi par le Roy pour 
l'exécution de ses ordres en Bretagne, 

Supi)lient vX vous remontrent humblement les dames ab- 
besse, prieure et religieuses de l'abbaye de Sainct Georges de 
cette ville de Rennes, et vous exposent que maistre Edme 
Mignard, se disant chargé par Sa Majesté, à la suitte et dili- 
gence de maistre Valentin Vatdebois, du recouvrement des 
taxes arrêtées au conseil, et qui doivent être paiées par les 
tenanciers des places qui ont servy aux clostures, fossés, 
rempars et lortilications des villes du royaume, leur a fait 
faire une sommation de payer une somme de trois mille 
livres pour être maintenues et conlirmées dans la propriété et 
possession de la maison et jardin qu'elles possèdent joignant 



— 356 - 

les murs de la ville avec les deux sols pour livre de la dite 
somme. 

Cette sommation et le rolle dans lequel les dites dames 
abbesse et religieuses de Sainct Georges se trouvent com- 
prises ne peuvent venir que de l'erreur et du défaut d'instruc- 
tion de ceux qui y ont procédé^ puisque bien loin qu'elles 
aient rien acquis, alTéagé ou usurpe sur les fonds qui ont 
servy aux murs, rempars, fossés et fortifications de la ville, 
au contraire les mêmes rempars, murs, fossés ou fortifica- 
tions qui joignent leur enclos ont été pris et construits dans 
leur propre fonds. 

Et comme la déclaration du Roy du mois de feubrier 1696, 
faite en interprétation de celle du mois de mars de l'année 
précédente, ne regarde que ceux qui ont afeagé ou acquis 
soit des communautés, maires et echevins des villes, ou qui 
ont usurpé des places vagues et communes ou qui ont autre- 
fois servy aux fortifications des villes^ cette déclaration ne 
peut comprendre les suppliantes, qui prouvent par actes que 
les murs et fossés de la ville qui joignent leur enclos ont 
esté pris dans leur fonds, et que la clôture de leur abbaye 
est beaucoup plus antienne que celle de la ville dans lestât 
quelle est aujourdhuy, en sorte quil nest pas possible quelles 
ayent rien acquis ny usurpé sur ce qui a composé et fait par- 
lie des murs, fossés et fortifications de la ville. 

Pour en faire une preuve sensible et démonstrative, il faut 
observer qu'en tiennement l'abbaye de Sainct Georges nestoit 
point enfermée dans l'enceinte de la ville de Rennes. Elle 
cstoit dans les forsbourgs et dcbors do la ville; ce qui se 
prouve par l'acte de fondation de la dite abbaye, au commen- 
cement de l'onzième siècle, par Alain troisième du nom en 
faveur de sa sœur Adelle qui se fit religieuse dans la ditte 
abbaye, suivant la remarque de d'Argentré dans son Histoire, 



— OD/ — 

liv. lïl, chap. l!2. Et dans l'acte de fondation, après avoir 
spécifié les tonds qui etoient designés, on en fait les debor- 
nenients en ces termes : « Terminadir autem hœc ipsa pos- 
session ab aquilone quidem via puhlica^ ah auslro vero ulteriori 
fluwinis Viretwtùœ ripa^ ab oriente Sancti Melanii fundo^ al- 
qnc ab occident e ipsius urbis suburbio. » 

Il y a deux rélïexions importantes à faire sur ces deborne- 
mens : la première est que le fonds de l'abbaye de Sainct 
Georges joint immédiatement celuy de l'abbaye de Sainct Me- 
laine, du costé de l'orient; ce qui est encore aujourdbuy 
évident, la place de la Motte qui sert aujourdbuy de place 
publique, les maisons et jardins appelés de la Yergne et de 
la Sablonniere qui sont au delà de la Motte joignant les fos- 
sés du costé de la rivière qui sont du domaine de l'abbaye, et 
les dittes dames en jouissent et les afferment comme leur 
domaine, à l'exception de la place de la Motte que le public 
a usurpée; les maisons qui sont de lautre costé de la rue de 
la ditte place, scavoir les bastimens du sieur abbé de Mar- 
bœuf, Ihostellerie de la Syrenne, et tout ce qui descent jus- 
qu'au couvent des Catberinettes sont des affeagemens qui 
dépendent de l'abbaye Sainct Georges : le couvent môme des 
dittes religieuses Gatberinettes est pareillement dans le fief 
de l'abbaye-, tous ces faits sont sans contestation. 

Lautre debornement qui est du costé de l'ocgident et qui 
vient vers la riie des Francs Bourgeois et les arches Sainct 
(ieorges par la riie des Violiers, est encore aujourdbuy dans 
le fonds de la ditte abbaye, par où elles vont à leur buandrye, 
et le pré Rond qui est adjoignant les arches du dit Sainct 
Georges prouve qu'entiennement l'abbaye estoit hors l'enceinte 
de la ville, i)uisfiu'il est dit que de ce costé le fond de l'ab- 
baye joint au fauxbourg, atque ab occidente ipsius urbis sub- 
urbio. 

El en effet, la ville de liennes, telle qu'elle, est aujourdhuy, 



— 53S — 

a (\st(î composée de trois parties, scavoir de ranticnne ville ou 
(j*l('', la Ville Neuve et la Nouvelle Ville. 

Ce fait est prouvé par une ancienne Reformation qui la 
distinguoit ainsy en 145o. L'enceinte de l'antienne Cité com- 
mençoit à la place Conan ou Vieille Monnoye, joignant la 
chapelle Sainct Denis, la porte Morlaise, la porte Sainct 
Michel, la tour de l'Horloge; de là les murs estoient au bas 
de la rue de la Pompe, enfermant au dedans la rue Tristin 
et laissant au dehors la rue Neuve et les Baudraieries. Voylà 
quel estoit le premier estât de la ville. 

En 1421 ou 1422, on commença et on entreprist un pre- 
mier accroissement qui enferma dans la ville, que les antiens 
registres de la Communauté et la Ileformation de lan 14oo 
appellent la Ville Neuve, ce qui commença depuis la porte 
Sainct Michel jusqu'à la porte aux Foulions, et fut conduit à 
la porte Sainct Georges ; et de suitte derrière leglise et ab- 
baye du même nom 5 ce qui est prouvé par l'Histoire de Bre- 
tagne, les registres de la Communauté et la Reformation de 
lan 1455. 

Ce fut dans ce premier accroissement que l'abbaye de 
Sainct Georges fut enfermée dans la ville, et comme il fallut 
construire des murs, des boulcvars et des fossés derrière la 
ditte abbaye, le tout fut pris dans son fonds, puisque les de- 
bornemens portés par l'acte de fondation alloient jusqu'au 
domaine de l'abbaye de Sainct Melaine^ et que tout ce qui 
est aux environs de tout le terrain de la porte et murailles de 
Sainct Georges est ou le domaine ou le proche fieff de l'ab- 
baye, tant au dehors qu'au dedans des dits murs jusqu'aux 
arches et rivière de la ditte ville. 

Lestât présent des choses, les adveus de l'abbaye et la sen- 
tence rendue sur leur déclaration à la dernière Reformation 
du domaine deveroient sulïire pour la preuve de cette vérité; 
mais pour en faire encore une preuve plus antienne et plus 



— 559 — 

authonti(juo, les sui)liaiilos prouvont que le premier acroisse- 
ment de la ville ayant esté entrepris aux frais des Iial)ilans 
de la ville, il fallut désintéresser et dedomager les particu- 
liers dont on prenoit les fonds iK)ur y faire des fossés, des 
fortilieations et des murs; et par un procès-verbal qui fut fait 
en 1487, c'est-à-dire quatre ans avant les lettres de la du- 
chesse Anne, qui sont du mois d'avril 1491, il est prouvé 
que du costé qui joint l'enclos de l'abbaye de Sainct Georges, 
il fallut di'inolir plusieurs maisons, prendre une partie des 
jardins, vignes et vergers de la ditte abbaye pour y construire 
des murs, fossés et rempars, tels quon les voit aujourdhuy à 
la porte Sainct Georges, et en continuant la muraille le long 
de l'enclos de la ditte abbaye à descendre à la tour qui est à 
loposite de la riie des Francs Bourgeois et de la buanderye 
de la ditte abbaye ^ estant très bien prouvé par ce procès-ver- 
bal d'estimation et prisage que le tout fut pris dans le fonds, 
jardins et vergers de l'abbaye, et qu'on abatit plusieurs mai- 
sons qui en dépendoicnt, à prendre depuis la riie Hux jus- 
quaux nmrs et fossés, tels quon les voit aujourdhuy, le tout 
estant dénommé et prisé comme dépendances de l'abbaye et 
|)ris pour la fortification de la ville. 

La duchesse Anne, en 1491, voulut en quelque façon re- 
connoistre les secours qu'elle avoit receu de la ditte abbaye 
de Sainct Georges qui avoient donné jusqu'à leur croix, 
crosse, calice et vaisselle d'argent et autres sommes d'or et 
d'argent pour contribuer à sa deffense, et les recompenser 
des fonds qui avoient esté pris sur elles pour faire les forti- 
fications et fossés de la ville ^ elle leur céda quelques petits 
liefs et domaines, plutost pour marquer sa gratitude et sa 
reconnoissance (jue pour tenir lieu dun entier désintéresse- 
ment^ mais il est toujours certain que les lettres patentes de 
la duchesse Anne, de l'an 1491, prouvent la vérité de tous 
les faits qu'on vient d'exposer, scavoir que cestoit dans le 



— 540 — 

fonds ot dans le fioiï do l'abbaye que lors de l'accroissement 
et fortilication dt; la ville on avoit pris le fonds et le terrain 
nécessaire pour y construire des murs, des fosses et autres 
fortifications j et c'est de là que lenclos de la ditte abbaye se 
trouve si angustié et si resserré, contre les termes de la fon- 
dation qui prouve que cette abbaye estoit hors la ville, que 
d'un costé elle joignoit le domaine et lenclos de l'abbaye 
Sainct Melaine, et que de l'autre costé elle joignoit les faux- 
bourgs de la ville 5 ce qui comprenoit nécessairement tout le 
terrain qui descend depuis lenclos de Sainct Melaine par les 
dehors et par les dedans des dits murs, aussy la buanderye et 
le pré Rond apartenant à la ditte abbaye en font la preuve 
certaine et évidente à présent par la seule inspection, jus- 
quaux arches Sainct Georges, tout ce terrain, leglise et la 
paroisse de Sainct Germain nestant point dans ce temps là 
enfermées dans la ville, et ne layant esté que dans le second 
accroissement qui en a esté fait. 

Tous ces faits estant incontestables et prouvés par actes, il 
en résulte deux conséquences en faveur des dames de Sainct 
Georges. 

La première, qu'on ne peut pas leur reprocher d'avoir 
usurpé aucun fonds sur les emplacemens qui ont servi aux 
fortifications, murs ou fossés de la ville. Comment pourroit- 
on leur faire ce reproche, puisqu'elles cstoient antiennement 
hors lenceinte de la ville, et que lors de l'accroissement qui 
sen est fait c'est dans leur propre fonds qu'on a basti les 
nouveaux murs et fossés, tels quils sont aujourdhuy, la vérité 
de ce fait est sensible et démonstrative et se prouveroit en- 
core plus fortement par les antiens comptes et registres de la 
Communauté, sil estoit nécessaire den faire la perquisition et 
le compulsoire. 

On pourroit ad jouter à toutes ces preuves la veiie oculaire 
de letat des murailles qui font la closture de l'abbaye de 



- 541 — 

Sainct Gooriços du costi^ de la iiiuraillo, qui sont si antiennes 
qu'on ne peut pas soupçonner qu'il y ait eu aucune innova- 
tion. 

Aussi, dans toutes les Réformations du domaine quelque 
exactes quelles ayent esté, et avec quelque rigueur qu'on y 
ait peu procéder, on n'a pas peu trouver contre l'abbaye de 
Sainct Georges les moindres vestiges ny apparences d'usur- 
pation. 

, La seconde conséquence qui résulte de ce quon vient d'ex- 
poser et de |)rouver, est que la Déclaration du Roy n'a d'ap- 
plication que contre ceux qui ont acquis ou afïeagé quelques 
fonds et emplacemens des villes et communautés, ou qui ont 
usurpe les places qui ont autrefois servy aux fortifications, 
murs ou fossés des villes du royaume, en sorte que', pour les 
maintenir dans cette possession, on les a taxés à différentes 
sommes par raport aux fonds quils ont usurpez. 

Peut-on dire avec quelque apparence de justice et de rai- 
son que les dames de Sainct Georges de Rennes ayent rien 
usurpé sur les fonds et emplacemens des fossés, murs et for- 
tifications de la ville? veu quentiennement leur abbaye estoit 
('tal)lie bors la ville et quil avoit pour debornemens un faux- 
bourg, et que lorsquon les a enfermées dans la ville, c'est 
dans leur fonds quon a fait construire les murs et fossés tels 
quils sont aujourdbuy ; ce qui les fait espérer quelles seront 
decbargées de la sommation qui leur a esté faite à requeste 
dudit Mignard; et pour y parvenir, il vous plaira voir à la 
présente attachée copie de la dite sommation du 28" avril 
dernier^ lextrait de la fondation de la ditte abbaye de Sainct 
Georges-, le procès-verbal d'estimation du M juin 1487^ un 
extrait de la Réformation de 14oo^ les lettres patentes de la 
duchesse Anne de l'an 1491 ^ les lettres patentes du Roy 
heureusement n'gnant, portant la conlirmation des droits et 
privilèges de la ditte abbaye de Sainct Georges^ et en consé- 



— 342 — 

(juenco do tout ce que dessus, les décharger de la sommation 
du dit Mignard avec défenses de faire procéder à aucunes 
contraintes, à peine de nullité et de tous dépens, dommages 
et intérests^ et ce faisant, les dittes dames continueront leurs 
vœux et prières pour la prospérité de votre personne. 
Signé : Margueritte du Halegoet, abbesse de Saint Georges. 

— Margueritte de la Fresnays, prieure conventuelle. — Su- 
sanne de Lescoiiet. — Françoise liuchet, depositere. — Marie 
de Forsanz. — Marie de Lespronnière. — Françoise de la 
Belinaye, portière. — Renée de la Bouexière. — Anne de 
Lesquen. — Olive Margueritte Poulain. — Marie du Bois 
J^audry. — Margueritte Butault. — Anne de Brliand {sic)^ 
bourcierc. — Louise Marie Saguier. — Françoise de Les- 
quen. — Marie Le Senescbal-Carcado. — Catherine de la 
Belinaye. — Éleonor de Saint-Pern. — Françoise Boterel. — 
Marie Gabrielle de Montbourcher. — Renée Butault. — Su- 
sanne Thomas. — Françoise de la Corbière. — Françoise 
Guerry. — Renée Marie de la Higourdaye. — Marie de Vol- 
vire. — Renée Nicolas de Clays. — Élizabeth Le Merdy. — 
Louise Charlotte du Rohello. — Françoise de Queraly. — 
Marie de Constantin. — Marie d'Andigné. — Saincte Nico- 
las. — Renée llay. — Jeanne Hay. — Theresse de Volvire. 

— Geneviève Thomas. — Justine du Bois Baudry de Lan- 
gan. — Marie Anne du Houx de la Gacilly. — Renée de 
La Haye. — Mathurinne Picaud. — Marie Hélène Barrin de 
la Gallissonnierre. — Gillette Benée Boterel. — Anne de la 
(Corbière de Bourgon. — Olive de Lesquen. — Petronille 
Huchet. — Charlotte de la Moussaye. — lliacinte de Bobien. 

— Anne de Caradeuc. — Marie Anne de Becdelieure. — 
Flizabeth d'Alegre. — Angélique Lesquen. — Marie Barrin. 

— Catherine de la Dulferie. — Françoise Marie Theresse 
Hay. — Adrienne de la Moussaye. — Marie Françoise Les- 
(pien. — Sainte de Lescu. — Morisette de Caradeuc. — Mar- 



— 315 — 

gueritte de Gronotlaii. — Rouée du Bois Baiidiv. — Fran- 
çoise de Brehand. — Angélique Hay. — Marie Anne Frain. 
— Renée Angélique de Bizien. — Charlotte de Mordelle. — 
Marie Anne de Kerniarec. — Anne Svlvie llav. — Catherine 
des Chevilly. — Aune de Farsy. 

{Toutes signatures autographes.) 

Veu la présente requeste et les pièces y attachées, nous 
ordonnons quelle sera communiquée au dit Yatbois, son pro- 
cureur substitué ou commis à Rennes, pour luy oiiy ou sa 
réponse veùe, être par nous ordonné ce quil appartiendra. 

Fait à Rennes le 2o*^ may 1697. 

Signé : Bechameil. 

Suivent les observations et conclusions du sieur Valentin 
Yatbois, chargé du recouvrement de la finance qui doit pro- 
venir de l'aliénation des domaines du Roy en Bretagne, con- 
traires à la requeste de M°"^' l'abbesse, prieure et religieuses 
de Saint Georges. 

Au pied du dit réquisitoire, vient enfin une réplique au 
nom de l'abbaye, réfutant les assertions de Yatbois et persis- 
tant dans les conclusions établies par le premier mémoire ci- 
dessus. 

Cet acte est daté du 31 may 1697, et signé : Margueritte 
DU Halegoet, abbesse de Saint Georges. 



FIN DE LAPPENDIGE. 



AVEl 



PE 



L'ABBAYE DE SAINT-GEORGES 

RENDU AU ROI EN 1665 

PAR 

MAGDELAINE DE LA FAYETTE 

ABBESSE DE SAINT-GEORGES 



[9 avril 1C65.] 

C'est l'adveu, minu et dénombrement que rendent et pré- 
sentent au Roy leur souverain seigneur humble et devotte 
dame Magdelaine de La Fayette, abbesse de l'abbaye du be- 
noist le moustier de Sainct Georges de Rennes, et les prieure, 
religieuses et couvent d'icelle, des maisons, terres et heri- 
taiges, fiefs, jurisdictions, domaines, rentes et autres drois et 
revenus, temporel, dépendants de la dicte abbaye, dont elles 
jouissent et ont droit de jouir à cause d'icelle et prochement 
tenus de lui, à debvoir de fidclitté, prières et oraisons et 
obéissances comme de fief amorty, soubs sa Cour et barre de 
Rennes et autres jurisdictions royallcs de ce pays et duché 
de Bretagne, et pour raison de quoy les dictes dames abbesse, 
pri(îure et religieuses se doibvent et ont droit et privillege 
spécial de se délivrer en la dicte Cour et barre de Rennes, 

23 



— 346 — 

tant on clief que membres, aux plaids généraux d'icellc et 
non autrement, a congé de personnes et de menées pour 
elles, leurs officiers et vassaux. 

Et consiste le dict temporel tant en maisons, fiefs et do- 
maines, terres arrables et non arrables, prez, cour, garennes, 
moullins, rivières, droit de pescliage en eaux douces et en 
mer, seigneuries, rentes, ioddes, rachapts, gallois, deshé- 
rances et confiscations, successions de bastards, et tous autres 
droits de jurisdictions liaultes, moiennes, basses, vairies, 
foires, marchez, coutumes, péages, droits d'aulnages, veage 
aux forests de Rennes, Sainct Aubin du Cormier, de Liffré 
et autres droicts, privilleges et prérogatives, comme sera cy 
après plus parlicullièrement déclaré; combien qu'au passé les 
prédéccsseures dames abbcsses n'aycnt tenue ny observé cette 
forme, ains faict déclaration gcnéralle de leur temporel, sans 
aucune spécification, sans préjudice que sy après elles ne 
puissent y augmenter et spécifier plus amplement leurs droitz, 
lorsqu'elles auront réformé leurs jurisdictions, recouvert et 
vérifié leurs droitz plus amplement, ne l'ayant encore peu 
faire en antier pour la longueur du temps qu'il y a que leurs 
roolles n'ont estez réformez, ny les tenues et adveuz leurs 
rendus par leurs subjetz, protestant que le deffault qui fera 
en la nomination et spécification pour n'estre pas instruictes 
de leurs dictz droitz ne leur poura nuire ne préjudicier, et 
qu'aucun ne s'en poura prévaloir ny servir contre les dictes 
dames, déclarant et protestant qu'ayant pourveu à la réfor- 
mation de leurs jurisdictions de fournir un minu plus ample 
de tous leurs debvoirs et revenus à Sa Majesté. 

PREMIER. 

Confessent et advouont les dictes dames tenir du dict sei- 
gneur Roy, comme dict est, l'église, monastère, closture. 



- 547 — 
maisons, courts, jardins et pourpris de la dicte abbaye size 
en icelle ville de Rennes, avecq une place qui est au devant 
de l'église, cimetière et portai de la dicte abbaye, et tout ce 
qui est enclos entre les murailles d'icelle abbaye, joignant 
d'un costé les murailles de cette ville de Rennes et cimetière 
de la paroisse de Sainct Pierre en Sainct Georges au proche 
de la porte du dict Sainct Georges et, par autres, la rue con- 
duisant de la dicte porte de Sainct Georges à l'abreuvoir près 
les arches du dict Sainct Georges, lequel enclos est en forme 
de triangle. 

Item au dehors de la dicte abbaye et closture d'icelle, con- 
fessent et advouent tenir une maison avecq ses apartenances 
en laquelle est assis le four à ban auquel elles font cuire 
leur pain, et est la dicte maison scituée près la rue Sainct 
Georges du dict Rennes, joignant d'un costé à maison apar- 
tenant aux héritiers de deffunct Louis du Pont, et d'autre 
costé à terre et maison de Messire Jean de Coniac, conseiller 
en ce Parlement de Rretagne, d'un bout le pavé de la dicte 
rue Sainct Georges et d'autre bout à terre des dictz sieurs de 
Coniac et héritiers du dict defTunct du Pont. 

L\ BUANDRIE ET PREZ Y JOIGNANT. 

Item une petitte maison et terre et jardin scituée au joi- 
gnant des arches de Sainct Georges, anciennement apellé le 
pré Rond, joignant par endroitz à la rivière de Villaine qui 
passe aus dictes arches^ et au surplus le dict pré, maison, 
buandrie et jardin est circuit et environné de douves et fos- 
sez, apellé présantement la buanderye Sainct Georges. 

LA VERGNE ET LA SABLONNIÈRE. 

Hem deux maisons et jardins s'entre joignant avecq un 



— 348 — 

petit pré apellé le pré de la Sablonnière, l'une desquelles 
maisons et jardin est apellé la Sablonnière, et l'autre avecq 
son jardin la Vergne, joignant d'un costé à terre, maison 
et jardin de noble homme Guy Gardin, et d'autre costé au 
chemin qui conduict à l'abreuvoir près la rue Hux, d'un bout 
au pavé de la dicte rue IIux et d'autre bout la rivière de Vil- 
laine et prez à escuyer Roch Lezot, sieur du Vau Rosé. 

MOULINS DE LA POISSONNERIE. 

Item confessent tenir en cette ville deux moulins, l'un à 
fromant, l'autre à seigle, apellés à présant les moulins de la 
Poissonnerie, et anciennement los moulins de la Porte, estant 
au dcssoubz de la halle de la Poissonnerie de cette dicte 
ville, assis sur la dicte rivière de Yilaine avecq leurs déport, 
ponts et chaussées pour y ariver, avecq une place gaste au 
costé et une petitte bouticque bastie soubs une maison avis 

de la dicte halle de la Poissonnerie apartenant à Baron 

et les héritiers de Nicolas Feudry, par laquelle on se servoit 
autrefois, avant la construction des écluses de cette dicte 
ville de Rennes^ la dicte maison tenue prochement de la ju- 
risdiction du dict Sainct Georges et qui autrefois fut à Allain 
Jochet et autres^ ensemble le droit de peschage en icelle 
rivière de depuis les arches de Sainct Yves jusques au mou- 
lin de Cesson, et droit d'avoir un basteau sur la dicte rivière 
prohibitif à tous autres, avecq aussy le droict de pesche dans 
les douves de Porte Blanche depuis la descharge d'icelle porte 
jusques aux dictes arches de Sainct Yves, aussy prohibitive- 
ment à tous autres-, ensemble le droict d'avoir et tenir un 
bardeau hors la ville, attaché d'un bout à la tour apellée 
Luxembourg et d'autre bout à terre et grois proche de la 
maison et terrouer de Rousilh', pour servir celui bardeau à 
donner le sault à l'eau pour le service des dictz moulins de 



— 549 — 

la Porte ou de la Poissonnerie, avecq droict de prohiber et 
empeselier qu'aucun ne puisse faire édilFier sur la dicte rivière 
en s'advançant sur le cours et lict d'icelle, ne y tenir guin- 
das, ne faire abreuvoir ny lavanderie sur le bord d'icellc, ny 
y avoir autre chose qui puisse nuire aus dict cours, sans l'ex- 
près consantement des dictes abbessc et couvent, lequel bar- 
deau les bourgeois et liabitans de Rennes sont tenus entre- 
tenir. 

MOULINS DE SAINGT ELIER. 

Item tiennent au dehors de la porte Blanche de cette ville 
de Rennes deux autres moulins sur la dicte rivière de Vil- 
laine apellez les moulins de Sainct Elier, l'un à seigle et 
l'autre à fromant avecq leurs tressaults, et aussy droict d'a- 
voir un moulin à fouler draps ^ auquel moulin les hommes 
et subjetz des bailliages de la dicte jurisdiction de Sainct 
Georges sont obligez de suivre et aller faire moudre leurs 
bleds. 

PRÉE DE SAINCT GEORGES. 

ftem tiennent les dictes dames la prée vulgairement apellée 
la prée de Sainct Georges, contenant quarante journées de 
terre ou plus, commançant dès et depuis les dicts moulins 
de Sainct Elier et costoyant la dicte rivière de Villaine vers 
les moulins de Joué; et ont, comme dict est, les dictes dames 
droict de pesche depuis les dictes arches de Sainct Yves jus- 
que au moulin de Cesson, et droit prohibitif à tous autres 
d'avoir un batteau sur la dicte rivière, lequel droit de batteau 
et de pesche elles peuvent affermer et en disposer comme 
bon leur semble sans qu'aucun autre y puisse pescher ny 
avoir batteau sinon de leur exprès consantement et permis- 
sion. 



550 - 



OROICT DE COUTUME. 



Item coni'essent et ad vouent tenir et leur apartenir droict 
de coutume et qu'elles prennent et lèvent en cette dicte ville 
de Rennes comme ensuilt, scavoir : sur le debvoir de minage 
qui est de telle nature que pour somme de bled entière est 
deul) deux deniers, de quoy il apartient trois mailles au dict 
seigneur Roy et Duc, et l'autre maille est départie entre le 
dict seigneur Roy par cause de sa baronnie de Fougères, l'e- 
vesque de Rennes et les dictes abbesse et couvent de Sainct 
Georges^ et sy le dict bled est levé en cette dicte ville pour 
le porter ailleurs, il en est deub un denier pour le debvoir de 
levage et transport, de quoy le dict seigneur Roy prend une 
maille, et l'autre maille doibt estre divisée entre le dict sei- 
gneur Roy par cause de sa dicte baronnie de Fougères et les 
dictz evesque et abbesse et couvent de Sainct Georges. 

Item est deub aux dictes abbesse et couvent par chacune 
charge de poisson, soit salé ou frais, pastez rondeletz ou mil- 
liers de haran trépassant par la ville et neuf paroisses de 
Rennes, et ceux acoutumez à tenir et vendre es dictes mettes 
ou qui passent, doibvent un denier de coutume, ou sy le dict 
poisson ou pastez sont achettez aus dictes mettes pour le 
revendre ou pour le porter hors icelles, ceux qui l'acheptent, 
lorsqu'ils le revaudront ou le voudront mener hors les dictes 
neuf paroisses, doibvent pareil debvoir de coutume qui est 
un denier. 

Par pipe ou muidz de vin passant par les dictes mettes, 
qui y est chargé et mené hors les dictes neuf paroisses, est 
deub aux dictz seigneur Roy, pour cause de la dicte baronnie 
de Fougères, évesque, abbesse et couvent du dict Sainct 
Georges, tiers à tiers, trois mailles. 

Il cm de la première pipe de vin nouveau des parties d'An- 



— 551 — 

jou vendue par détail es dictes neuf paroisses est deub aus 
dictes abbesse et couvent deux pots du dit vin par cbacun an. 

Item est deub au dict seigneur de Fougères, évesque, ab- 
besse et couvent, tiers à tiers, par cbarge de draps trépassant 
par les dictes mettes autre que ceux de la façon des dictes 
neuf parroisses, deux deniers de coutume par cbacunc beste 
par celui qui les conduira. 

Item est deub aux dessus dictz, tiers à tiers, par cbarge 
de pain qui sera porté bors des dictes neuf paroisses pour 
vendre, ou qui passera par les dictes mettes venant de debors, 
un denier. 

Item de tous boulangers qui aportent pain à vendre es 
dictes neuf paroisses qui n'aura esté boulangé au dict éves- 
ché, est deub par cbacune cbarge et somme une oboUe à dé- 
partir tiers à tiers entre les susdits. 

Item par cbarge de merceries, fors de couetilz, laines, ta- 
pisseries, barnois d'armes, parcbemin, piastre, cire et tain- 
tures pourquoy n'est deub que depri, telles espiceries, pois- 
letteries, arain, plomb et estain trépassant par les dictes 
mettes est deub, tiers à tiers, aus dictz seigneur de Fougères, 
evesque et abbesse deux deniers. 

Item est deub aux dessus dicts, tiers à tiers, sur chacune 
beste aumaillc et porcbinc vendue es dictes mettes, fors quel- 
ques bestes d'aumailles que les boucliers des dictes neuf pa- 
roisses achettent, n'en doibvent que maille pour ce qu'ils 
payent de chair morte, autre maille comme sera dict cy après. 

Item est deub par chacun cuir tanné ou à poil vendu es 
dictes mettes un denier, fors que les cuirs des bouchers francs 
es dictes neuf paroisses ne doibvent que maille pour cuir o 
poil, aussi pour chacune beste o laine vendue es dictes mettes 
leur est deub maille et pour chacune beste chevalline quatre 
deniers de coutume. 

Item est deub aux dessus dictz, tiers à tiers, par chacune 



- 552 - 

somme de sel vendu es dittes mettes, maille, et quant on l'a- 
chepte pour transporter, un denier, et de trépas, chacune 
somme un denier; par chacune chèvre seize deniers de cou- 
tume, et s'il y a un bouc devant, il les acquitte de trépas. 

Item sur toutes bestes d'aumailles par chacune o laine qui 
trépassent par les dittes mettes est deub sur les deux ou sur 
les trois un denier. 

Par chacun cheval que l'on trépasse par les dictes mettes 
et qui est mené en déport leur est deub un denier. 

Par chacune charge de beurre acheptée es dictes neuf pa- 
roisses qui passe outre, leur est deub deux deniers, et par 
chacun cent de suif et autre graisse y acheptées pour porter 
hors ou qui passent outre par les dictes mettes, leur est deub 
quatre deniers de coutume. 

Fromages ne doibvent aux dessus dictz aucun debvoir de 
coutume, mais ceux qui les aportent vendre es dictes mettes 
et qui trépassent leur en doibvent chacun un par an. 

Par charge de cheval de touttes marchandises qui passent 
par les dictes mettes est deub un denier, et sy la dicte mar- 
chandise est accordée leur en est deub un denier de trépas. 

De plus ont les dictes abbesse, religieuses et couvent, par 
don et octroy des ducz et princes de ce pais, une foire en 
cette ville et forbourgs de Rennes, le lundy prochain après le 
jeudy de la my caresme, et le dict jour d'icelle foire, huict 
jours de devant et huict jours après, est deub aus dictes ab- 
besse et couvent sur et de chacun vendant laines, treces et 
autres marchandises un denier, par chacun pot de beurre un 
denier, par chacun crocq un denier, fors sur ceux des neuf 
paroisses de Rennes. 

Item leur est deub le jour de la dicte foire, sur chacune 
empostée de la halle et haute cohue de Rennes, par les dra- 
piers estallans leurs draps pour vendre quatre deniers, et ceux 
qui sont hors deux deniers, trois pour chacune aulne, le me- 



— 555 — 

surage et estolonnage desquelles aulnes tant des vendans 
draps en la dicte halle et cohue qu'en leurs bouticques, et 
ouvriers en cette dicte ville apartient le dict jour aux abbesse 
et couvent, ensemble l'amande sur eux s'ilz sont trouvez y 
commettre abus, laquelle est modérée et taxée par l'un des 
juges de la dicte dame abbesse et couvent de Sainct Georges. 

Item apartient aus dictes dames et couvent, par leurs offi- 
ciers, toutte connoissance, jurisdiclion, punition et corection 
des délilz qui sont faictz et commis en la dicte ville et for- 
bourgs de Rennes, le jour de la dicte foire de la mi caresme^ 
le jour de la foire, les dictz officiers, accompagnez des ser- 
gentz, font la chevauchée par la dicte foire, partant de la 
dicte abbaie et allant jucque au champ de la foire qui est à 
la Lice, où sont subjets assister tous les hommes estagers de 
la dicte dame de Sainct Georges au dict grand bailliage, mon- 
tez à cheval et en ordre sur peine de l'amande. 

Item ont droit et leur apartient de faire tenir par leurs 
dictz officiers les plaidz généraux de la dicte jurisdiction, le 
landemain du jour de la dicte foire, qui sont plaids sans assi- 
gnation en l'auditoire de la provosté du dict Rennes, ausquelz 
tous les dictz officiers, sergents, notaires de la dicte jurisdic- 
tion doibvent l'assistance, mesme ceux des autres jurisdic- 
tions et membres despendants de la dicte abbaye, pour rendre 
raison chacun de son office et charge, et recevoir les instruc- 
tions et ordonnances qui leur sont et doibvent estre faictes 
par les juges de la dicte jurisdiction de Sainct Georges; et à 
faulte de comparoir aus dictz plaids, sur leur deffault et à 
raison d'icelui, ils sont condamnez par les dictz juges chacun 
des deffaillans payer l'amande à l'arbitrage du juge. 

Comme aussy tous les hommes et subjectz de la dicte juris- 
diction, et spéciallement ceux du dict grand bailliage, sont 
subjectz à la dicte chevauchée, sont tenus comparoir pour 
respondre aux conclusions de leur procureur d'office et rece- 



— 554 - 

voir les ordonnances et instructions qui leur sont faictes, et 
ceux qui auroyent faict dcflault à la dicte chevauchée estre 
condamnez en l'amande aussy arbitrage des dictz juges. 

Davantage les dictes dames ont droit, le dict jour de foire, 
par leurs dictz juges, d'aprécier leurs rentes suyvant les apré- 
cis raportez au greffe d'office et du domaine de Rennes des 
trois marchez devant et après la dicte my caresme. 

Plus ont droit et leur apartient d'avoir et tenir, en chacuns 
de leurs sièges et jurisdictions mentionnées au présant minu, 
justices patibulaires à quatre pilliers et paux-, et estoit ancien- 
nement la place de celle du dict Sainct George de Rennes en 
un caroil et placis près le gué de Roon en la paroisse de 
Sainct Pierre en Sainct George, et à présant près la pièce de 
la Sablonnière cy dessus desnommée, et le lieu où s'exerce la 
dicte jurisdiction de Saint George est en la salle basse de la 
Cour et siège présidial de Rennes. 

LA MÉTAIRIE DU PETIT PARIS. 

Plus confesse tenir une métairie et closerie apcllée le petit 
Paris, près le dict pavé et forbourg de la rue Hux de cette 
ville de Rennes, consistant en un corps de logis construict 
de pierre, couvert d'ardoises, avecq le portail et pressouer 
joignant le pavé de la dicte rue, et un jardin et verger, le 
tout du pourpris contenant environ un journal de terre joi- 
gnant d'un costé à terre de Messire René de Coetlogon, à 
cause de la dame sa compagne, d'autre costé à terre et mai- 
son d'honnorable homme Claude Nouvel, d'un bout à terre de 
la dicte métairie et d'autre bout le pavé de la dicte rue Hux. 

(Suit la description détaillée des pièces de terre avec leurs 
débornements, dépendant de ladite métairie : les Piccodais, 
les Chesnais, le Paradis, la petite Valette, le Rreil, le pré de 
Champeaux, la pièce de Landujan, la prée du couvent, etc.) 



- 355 — 

LA MAISON DU FEU. 0) 

Item advouent et confessent tenir du dict seigneur Roy 
une maison apellée le lieu et manoir du Feu, scituée en la 
paroisse de Liffré, consistant en maisons principalles, cha- 
pelle, métairie, granges, pressouer, courts et jardins d'icelui 
herbergement, prée, prairies, terres arables et non arables, 
bois taillis et de haulte l'ustaye, contenant par fonds en tout 
cent dix journaux de terre, de laquelle maison despendent les 
terres et héritages après déclarées, scavoir : cinq petits jar- 
dins clos séparez, l'un apellé le jardin de la Chapelle, la 
grande pièce nommée la pièce du Feu joignant la rivière de 
Yeuvres, contenant tant en pré que terres en taillis environ 
trante journaux, joignant d'autre costé à terre de la dicte 
maison, et d'un bout à terre Guillaume Benier et des terres 
des habitans de Bleuron. 

(Suit le détail des pièces de terre.) 

Et outre des dépendances du dict lieu du Feu, ont et leur 
apartient un moulin à eau avecq ses moutaux au proche d'i- 
celui sur la rivière de Veuvres et Chevré^ la moitié duquel 
moulin est de l'ancien domaine de la dicte abbaye; l'autre 
moitié a esté acquise de dame Charlotte de Nassau, baronne 
de Vitré, mère et tutrice du seigneur duc de la Trémouille, 
son lilz, à la vente judicielle qu'elle en faisoit faire par per- 
mission du Roy et suivant les lettres pattentes vérifierées en 
la Cour de Parlement de ce pays comme dépendantes de la 
chastellenic de Chevré qui est et deppend de la baronnie de 
Vitré. 

(1) Le FeUf ancien prieuré dépendant dès le xii« siècle de l'abbaye de 
Saint-Georges, est désigné dans les chartes sous le litre de « Capella du Fou, 
Capella Sancte Marie de Fago. » — « Feu, » « Fou, » sont la corruption 
du mot breton i» Faou, » qui veut dire « hêtre. » Le prieuré s'appelait donc 
« Notre-Dame-du-IIêtre; » il était situé dans la foret de Rennes. 



356 



DROICT DUSAGE DANS LES FORESTZ DE RENNES, 
SAINT-AUBIN ET LIFFRÉ. 

ftem confessent et advoucnt tenir du dict seigneur Roy le 
droict d'usage et pannage leurs octroyez, tant par don que 
contract à tittre onnereux par et avecq les ducs et princesses 
de ce dict pays, es forestz de Rennes, Sainct Aubin et Liffré, 
tant pour le chaufage des dictes dames abbesse et couvent 
que pour réparer les maisons, églises, moulins, chaussées, 
pressouers et collombiers, et autres édiiïices apartenant à la 
dicte abbaye, que pour les réédiffîer de nouveau, mes me pour 
le dict moulin du Feu et moulin à fouller, et mairins pour 
leurs vignes, que pour leurs chaufages de gros et menus bois-, 
et d'avantage pour cause de leur dicte maison du Feu ont 
usage es dictes forestz de Rennes, Sainct Aubin et Liffré et 
landes en dépendantes pour pannage et pasturage de leurs 
bestes et avoirs du Feu, tant en temps de glan qu'autre, et 
de prendre litière des dictes landes. 

DROICTZ DE PRÉSENTATION DE BÉNÉFICES. 

Plus ont droict de présentation aux cures et bénéfices des 
églises de Sainct Pierre en Sainct George, Toussaintz, la cha- 
pelle Sainct Sauveur, la paroisse de Tinteniac, La Rossane, 
Sainct Domincucque, La Chapelle Chaussée, Cardroc, Sainct 
Gondran, Sainct George de Grehaine, La Chapelle Janson, 
Sainct Seguelin, Plougasnou, Plubihan et Sainct Jacques de 
la Lande, et les chapellanies de Sainct Lasare, de Sainct 
Donatien, de Sainct Jacques de la Forest, de Sainct Exupère 
sur les murs de cette ville, de Sainct Donatien sur les dictz 
murs, la chapelle de Saincte Marie en la paroisse de Sainct 
Estienne, la Magdelaine, le Crucifix, la Citté près la Maison 



— 357 — 

de cette ville, les Trois Marves, la sacristie de la dicte abbaye, 
Sainct Yves et la cbapellanie de Beaumont. Desquels béné- 
fices, la dame abbesse de Sainct George en a la présentation 
et nomination, vacquance advenant. Et outre dans l'église de 
la dicte abbaye de Sainct George est la cbapellanie de Sainct 
Anthoine des llaults Villiers, qui est en la présentation de la 
dame prieure du prieuré de Tinteniac, et la collation et toutte 
autre provision apartient aux dames abbesses du dict Sainct 
Georges, avecq droict de présanter aussy la cure de Brisiac. 

GRAND BAILLIAGE DE RENNES. 

Hem confessent et advouent tenir un fief et bailliage apellé 
le Grand Bailliage, s'extendant et ayant cours, partie en cette 
ville de Bennes et autre partie bors icelle, es paroisses de 
Saint Pierre en Sainct George, Toussainct, Saint Germain et 
Sainct Laurent des Vignes, auquel y a plusieurs hommes et 
vassaux tant estagers que non estagers; entrautres, dame 
Benée de Bourgneuf comtesse de Villeneuve, héritière princi- 
palle et noble de Messire Henri de Bourneuf, vivant seigneur 
de Cucé, conseiller du Boy en ses conseils d'Estat et privé, et 
premier président en son Parlement de Bretagne, lequel tient 
prochement, noblement à debvoir de foy, hommage et rachapt 
de la dicte abbaye le fief et bailliage apellé Champagne, au- 
trement de Caisdan, s'extendant et ayant cours aux environs 
de la dicte rue Hux, l'un des forsbourgs de cette ville de 
Bennes et ailleurs, lequel seigneur du dict fief de Caesdan 
doibt et est tenu se trouver chacun an, le dict jour de la 
foire de la my caresme, ou un gentilhomme monté à cheval 
pour luy, au devant de la dicte abbaye Sainct Georges pour 
accompagner les officiers du dict Saint Georges allant à la 
chevauchée de la dicte foire apartenant à la dicte dame ab- 



— 358 — 
bosse et couvent, dont est parlé cy devant; et le landemain, 
que tiennent ordinairement les plaidz généraux du dict Sainct 
Georges sans assignation, le dict seigneur de Caesdan, ou 
procureur deument fondé pour luy, doibt et est tenu assister 
aus dictz plaids pour y recevoir les demandes ordinaires et 
intimations quy lui seront faictes par les procureurs et offi- 
ciers du dict Sainct George. 

Item tient la dicte dame de Bourgneuf, comme surogée du 
Roy, les deux moullins à bled de Joué et droit d'un moullin 
à fouller drap en leur distroit et déport, scitué sur la dicte 
rivière de Villaine, noblement de la dicte abbaye Sainct 
Georges à debvoir de foy, bommage et racbapt. 

Messire Christolle Foucquet, seigneur de Cballain, conseil- 
ler du Roy en ses conseils d'Estat et privé, et président en 
son dict Parlement de Bretagne, qui tient et relève les mai- 
sons, jardins et court scituez près la rue Sainct George de 
cette dicte ville de Rennes au debvoir de rente et autres 
droitz seigneuriaux féodaux. 

Messire Jean Bonnier, seigneur de la Cocquerie, aussy con- 
seiller du Roy en ses conseils et présidant au dict Parlement 
de Bretagne, autre logis, court et jardin au derrière près la 
rue Corbin de cette dicte ville, à debvoir de rentes et autres 
debvoirs. 

Messire Claude de Marbeuf, seigneur de Laillé, conseiller 
du Roy en ses conseils et présidant au dict Parlement, un 
logis et jardin près la place vulgairement apellée la Motte à 
Madame, dépendante de la dicte abbaye. 

Messire Jean Barrin, seigneur du Bois Geiïrav, conseiller 
au dict Parlement, tient nombre de maisons et jardins proche 
la rue Corbin de cette dicte ville aussy à debvoir de rentes et 
autres debvoirs. 

Dame Renée Casette, veufve defl'unct Messire François Sa- 



— 359 - 

guier, vivant seigneur de Luigné, aussi conseiller du Roy au 
dict Parlement, un autre logis et court aussy à debvoir de 
renies et autres debvoirs près la dicte rue Corbin. 

Messire Georges de Talbouët, seigneur de Queraveon, con- 
seiller lionnoraire au dict Parlement, tient autres logis, court 
et jardins au derrière près la dicte rue Corbin, à debvoir de 
rentes et autres debvoirs féodaux. 

Messire Jouacliim Des Quartes, seigneur de Chavaigne, 
aussi conseiller du l\oy au dict Parlement, autre maison près 
la dicte rue Corbin, à debvoir de rentes et autres debvoirs 
seigneuriaux. 

Messire Jean Le Coniac, aussi conseiller du Roy au dict 
Parlement, deux maisons, courts et jardin près la rue Sainct 
Georges, à pareils debvoirs. 

Messire Louys de Lantivy, seigneur du Croscoc, aussy con- 
seiller au dict Parlement, tient une maison et jardin en la 
rue Hux, près la place de la dicte Motte à Madame. 

Et grand nombre d'autres bommes et vassaux qui tiennent 
et relèvent de la dicte seigneurie au dict Grand Bailliage, qui 
doibvent rentes par deniers et grains et autres debvoirs sei- 
gneuriaux et féodaux, suivant le roolle et rentier d'icelles 
rentes, lequel se monte par 
deniers la somme de.. . . 87 liv. 5 s. 11 d. monnoie. 

Par rente parisis 7 parisis. 

Par corvées 7 corvées et un quart de corv. 

Par gelines 1 et demie gelines. 

Par jon 1 faix de jon. 

Par fromant 207 boisseaux 2 tiers de boisseau 

26™" de boisseau, et 5 à 6 
huictiesmes de boisseau sui- 
vant les anciens roolles du 
dict bailliage y recours. 

Et pour ce que auparavant la réformation de la dicte ab- 



— 360 - 

baye, la dicte dame abbesse faisant sa visitte ordinaire et 
acoutumée des prieurez de la dicte abbaye qui seront cy 
après nommez, y avoit certains bommes et vassaux du dict 
Grand Bailliage tenant béritage en un canton d'icellui apellé 
« le Fief au Cbeval » qui estoyent tenuz et subjets, lorsque 
la dicte dame voulloit aller aus dictz prieurez et bénéfices, 
une fois en la vie de cliacune des dictes dames abbesse, luy 
fournir et amener à la dicte abbaye un cheval blanc hacque- 
née, bridé et équippé, comme à telle dame apartenoit et apar- 
tient, pour les porter aus dictz prieurez et bénéfices, et estant 
montée sur la dicte hacquenéc, l'un des dictz bommes, pre- 
nant la dicte bacquenée par sa bride, conduisoit la dicte dame 
bors de dessus le pavé, et le dict voyage faict, la dicte dame 
tenue rendre la dicte bacquenée à ses dicts bommes, qui en 
disposoyent comme bon leur sembloit. 

Ont la dicte abbesse et couvent droict de faire serrer leurs 
rentes par leurs hommes et vassaux, tant du Grand Bailliage 
que autres, chacun an, à leurs tour et rang, pourveu que les 
dicts vassaux soyent solvables, et en establir un sergent bail- 
liager, lequel sergent du Grand Bailliage est et doibt estre 
par les droicts et privilléges concédez et octroyez par les ducz 
et princes de ce pays et confirmés de temps en temps par les 
rois aus dictes abbesse et couvent, franc et exempt de touttes 
tailles, guet, gardes de portes, dons et emprunts et autres 
impositions et charges acoustumées estre prises sur les bour- 
geois, manans et habitans de cette dicte ville et forbourgs de 
Bennes. 

Aussi ont les dictes dames semblable privillége d'exemp- 
tions pour leurs boullangers, forestier et verdier qui a la garde 
de leurs prairies et pour deux valletz servant la dicte abbaye. 

Ont aussi droict les dictes dames abbesse et couvent de 
faire passer et acconduire bois pour leur provision et tous 
leurs bleds provenant de leurs dictes terres et dixmeries et 



- 361 - 

autres choses nécessaires pour la dicte abbaye, soit par char- 
roy ou charges, sans en payer aucun droit de passage ny 
d'entrée, ni mesme pour les vins nécessaires à la dicte ab- 
baye qu'ils peuvent faire entrer sans en payer aucun droit ny 
debvoir, suivant leurs privilléges et concessions confirmez par 
sen tances et arrestz. 

Le fief de Blosne, — Hem ont autre fief et bailliage apellé 
le bailliage de Blosne, s'extendant en la dicte paroisse de 
Toussaincts. 

Le fief de Saiticte Foy^ — en la dicte paroisse de Tous- 
saincts. 

Le fief de Chavaigne^ — s'extendant en la paroisse de Cha- 
vaigne et Mordolles. 

Le fief de Sainct Êlier. — Le fief et bailliage de Sainct 
Elier, Cesson et Chantepie. 

Le fief de Brecé^ — en la parroisse de Brecé. 

Le fief de la Rue aux Asnes^ — s'extendant partie en la 
ville de Chastcaugiron, apellé la Bue aux Asniers. 

Le fief du Chesnaxj^ — en la paroisse d'Acigné, auquel sont 
hommes et vassaux, scavoir Messire Christofle Foucquet, cy 
devant présidant au Parlement de Bretagne, à cause de la 
dame sa compagne pour la seigneurie de Cur (1) et autres 
héritages. 

Le fief d'Espinay. 

Coutume d'Acigné. — ïtem, est deub aus dictes dames le 
debvoir de coutume qui se lèvent et est deub en la ville 
d'Acigné et es environs d'icelle, les deux huictaines pro- 
chaines précédantes et subséquantes le jour de la foire des 
Pollieus qui se tient en la ville et forbourgs de Bennes le 
jour et feste de Sainct Pierre et Sainct Pol, et ce prend la 
dicte coutume sur touttes sortes de marchandises qui est. 

(1) Lisez : « d'Écures, » cliûlcau et fief relevant de Saint-Georges. 

24 




— 3G2 — 

Ilem est dcub à la dicte abbaye, par les hommes et vas- 
saux des dietz fiefs du Chesnay et d'Espinay en Acigné, un 
debvoir apellé le debvoir de buscbage, qui est de vingt quatre 
tours de cliarois par chacun an pour charoyer le bois à ciiaul- 
fage d'icelle abbaye, et sont tenus outre les dicts hommes et 
vassaux des dicts fiefs suivre et porter leurs blasteryes à 
moudre aux moullins du Feu. 

Ilem confessent et advouent tenir autre fief et bailliage 
apellé le bailliage de Montgermon, s'extcndant en la paroisse 
du dict Montgermon. 

Le fief de Melesse. 

Le fief de la Pavaye. — Item y a autre fief et masure des- 
pendant de la dicte abbaye scitué es paroisses de Chartres 
et Brus, apellé la Pavaye; les hommes et subjetz duquel 
fief doibvent à la dicte abbaye pour le service d'icelle une 
somme de potz de terre de diverses sortes qu'ils y doivent 
rendre chacun an. 

RENTES PARTICULIÈRES. 

Est aussy deub à la dicte abbaye un quartier fromant par 
chacun an au terroir de la Gaudinaye et fief des Vaux. 

Ilem est deub par le sieur du Feil une mine de seigle me- 
sure de Chasteaugiron, et vingt et quatre sols quatre deniers 
monnoye par chacun an. 

Ilem est deub aussy par le sieur de la Yillaye deux mines 
de seigle dicte mesure de Chasteaugiron chacun an. 

Ilem est deub aus dictes dames sur la recepte et Cohue de 
Rennes, chacun an, trante livres monnoye qui se payent par 
les receveurs ordinaires du dict Rennes au terme de Pasques, 
Sainct Jean Baptiste et Noël, tiers a tiers. 

Item est deub par le Roy, à cause de sa terre et seigneurie 
de llédé, par cause des niangiers de Couasbou, vingt cinq sols 



— oG5 — 
monnoye de rente, et ce payent i)ar les receveurs du dict sei- 
gneur au dict Rennes. 

Item sur la recette et haronnye de Vitré et Chèvre cent 
sols monnoye de rente, chacun an, payable au terme d'Ange- 
vinne. 

Ilem est deub à la dicte abhaye sur la chastellenie de la 
Guierche, au dict terme d'Angevinne, vingt sols monnoye. 

Item est deub aus dictes dames et couvent par le seigneur 
de Beaumanoir, à cause des foires de Merdrignac, vingt sols 
monnoye par chacun an. 

DIXMES. 

Item sont deubs les dixmes tant des lins et chanvres, poix, 
febves, blastries, que autres choses en l'estendue des iiefs et 
bailliages cy dessus nommez, et les dixmes des vins bretons 
dans les parroisses de Sainct Pierre en Sainct Georges, Sainct 
Ilellier, Toussaints et Chantepie. 

Scavoir, au terrouer apellé le terrouer Renouard : 

Le traict de dixme de Sainct Pierre en Sainct Georges, 
s'extendant en toutte l'estendue de la dicte parroisse et se 
lèvent à raison de la douziesme gerbe, et les lins et chanvres 
du dict traict se lèvent à la sus dicte raison de douze une. 

Le traict de Sainct Hellier s'extend en la dicte parroisse, 
la(juelle est partagée entre les dictes dames abbesse et cou- 
vent et le sieur recteur d'icelle parroisse, moitié par moitié, 
et le recteur ayant eue une année la choisye après que les 
dictes dames ou leurs fermiers ont divisé la dicte parroisse 
en deux traicts, les dictes dames ont l'an suivant la choisye 
après que le recteur a divise les dixmes de la dicte parroisse 
en deux, et se levé la dixme en icelle parroisse aussy à rai- 
son de la dousiesme gerbe une, et ont les dictes dames la 



— 364 — 

dixme des lins et chanvres en là dicte parroisse à la sus 
dicte raison de douze une. 

Le traict de Toussaints s'cxtcnd en la dicte parroisse, et 
y ont portion les sieurs du Cliapittre de Sainct Pierre de 
Rennes, le recteur d'icelle parroisse et le chapelain de la 
Magdelaine, et se levé la dicte dixme à raison de la dou- 
siesme gerbe, et la dixme des lins et chanvres à la sus dicte 
raison. 

Les dixmes du traict de Chantepie, s'extendant en la dicte 
parroisse, et les lins et chanvres et vins bretons du dict 
traict. 

Le traict de dixme de Tallansac. 

Le traict de dixme de Montgermon, s'extendant en la dicte 
parroisse. 

Le traict de dixme apellé Pan, s'extendant à la parroisse 
de Bruz. 

Les dixmes de bleds, lins et chanvres d'Acigné, en la dicte 
parroisse. 

Les traicts de Chavaigne, Gauvain, Tréfandel et Plélan. 

Les dixmes du traict s'extendant en la parroisse de Yignoc. 

Le traict de dixme de Pennabat, en Langouët. 

Les dixmes du traict du bourg en la parroisse de Mor- 
delles. 

Le traict de Guerre, en la dicte parroisse de Mordelles. 

Le traict de Nouaillé, en la sus dicte parroisse. 

Le traict de Cramou, en la sus dicte parroisse de Mor- 
delles, se divise moitié par moitié entre le sieur trésorier de 
la cathédralle de Sainct Pierre de Rennes et la dicte dame 
abbesse et couvent, et se lèvent à raison de la dousiesme 
gerbe. 

Le traict de dixme de Classé, au dict Mordelles, et se 
lèvent à la sus dicte raison de douze une. 



- 365 — 

Le traict de dixme d'Estol, en Noyai sur Sciclie, se divise 
entre la dicte dame abbesse et couvent et le recteur d'icelle 
parroisse de Noyai, moitié par moitié. 

Le traict de dixme de Saiiicte Colombe, s'extendant en 
icelle parroisse. 

Et ont outre les dictes dames les dixmcs des lins et 
chanvres dans l'estendue de la dicte parroisse de Mordelles. 

Le traict de dixme de la parroisse de Guipaye (1), dict 
Caillebottières. 

Item confessent et advouent tenir du dict seigneur Roy les 
trois quartes parties des dixmes des blastryes, chanvres, lins 
et légumes de touttes sortes, aigneaux et laines qui viennent 
et croissent en l'estendue de la parroisse de Sainct George 
de Grehaigne^ et l'autre quatriesme partie apartient au rec- 
teur de la dicte parroisse, sur lesquelles trois quartes parties 
la dicte dame abbesse est obligée de fournir à la dame prieure 
du dict prieuré du dict Sainct George de Grehaigne, par cha- 
cun an, quatre vingtz seize boisseaux de fromant, mesure 
d'Antrain. 

Avouent tenir les dictes dames le tiers des dixmes de 
touttes sortes d'espèces, blastryes et autres choses subjettes à 
dixmes dans la parroisse de Mouesdré, au duché de Norman- 
die, evesché d'Avranches. 

TERROUER DE TINTENIAC. 

La dixme du traict du Goullou, en la parroisse de la Cha- 
pelle Chaussée, lequel se lèvent aussy à raison de douze 
gerbes une. 

La dixme du traict de Lesnouan, s'extendant en la mesme 
parroisse, à la sus dicte raison. 

(l) Guipel. 



— 566 — 

La (lixmc apcllée le traict du miliou, en la mesme par- 
roisse de la Chapelle Chaussée, et se lèvent à la sus dicte 
raison de douze une. 

La dixme du traict de la Garde, ayant cours en la par- 
roisse de la Bossane (1). 

La dixme du traict de Trelubin, en la sus dicte parroisse 
de la Bossane. 

La dixme du traict de la Vieux Ville, s'extendant en la sus 
dicte parroisse de la Baussane, et se lèvent la dicte dixme 
en la dicte parroisse à la sus dicte raison de douze gerbes 
une. 

La dixme des traictz de Trougaret, de la Garde, en Tinte- 
niac, traict des Bois, la Besnelais, de Trebucliet, ayant cours 
en la dicte parroisse de Tinteniac, et se lèvent la dicte dixme 
en la dicte parroisse dans tous les dictz traitz à raison de 
douze gerbes une. 

La dixme du traict de Cardroc, s'extendant en la dicte 
parroisse de Cardroc, et se lèvent à la sus dicte raison de 
douze une. 

Les deux tiers de la dixme de Sainct Domineuc ayant 
cours en l'estendue de la dicte parroisse, à la reserve du traict 
de Madame la prieure de Tinteniac, et l'autre tiers apartient 
au recteur de la dicte parroisse, laquelle dixme se partage de 
cette sorte : le recteur fait trois lotties de la dixme de toutte 
la parroisse, et la dame abbesse en choisit une, et puis la 
dicte dame abbesse et couvent ou leurs fermiers esgallent les 
deux autres lotties restantes, et le recteur en choisit une, et 
la troisiesme dernière aus dictes dames ou à leurs fermiers. 

Le traict de Trimer, ayant cours en la fillette ou subcur- 
salle de Trimer et en la dicte parroisse de Tinteniac, qui se 
lèvent à la sus dicte raison de douse gerbes une. 

(1) La Baussainc. 



— 567 — 

La (lixme du traict de la l'ramhlayc, ayant cours en la 
parroisse de la Bossanc à la sus dicte raison. 

Et linallement tiennent et advouent tenir du dict seigneur 
Roy touttes et telles dixmes qui despendent et apartiennent à 
la dicte abbaye. 

RENTES DEUES PAR LES RECTEURS ET CHAPELAINS A 
LA DICTE ABBAYE SUR LEURS BÉNÉFICES. 

Et premier, par le recteur de Sainct Jacques de la Lande, 
est deub sur les dixmes et revenus de son dict bénéfice an- 
nuellement le nombre de six quartiers de bled à divis. 

Par le recteur de Bron, près Chasteaugiron, est deub sur 
le revenu du dict bénéfice quatre quartiers fromant, mesure 
du dict Cbasteaugiron. 

Par le recteur de Cbavaigne, par chacun an, cinq quartiers 
de seigle, mesure de Bennes, qui est deub sur le revenu 
total de son dict bénéfice. 

Doibt le sieur recteur de Toussaints, par chacun an, sur 
son dict bénéfice, la somme de douze livres monnoye pour 
droit de botines. 

Doibt le chapelain de la chapelanie de Beaumont, la somme 
de quinze livres deue sur le revenu temporel de la dicte cha- 
pelanie. 

Est deub par Messire Begnaud de Sévigné, sieur abbé de 
Geneston et chapelain de la chapelanie du Crucifix, le nombre 
de dix huict boisseaux fromant, rente teodalle deue sur le 
revenu de la dite chapelanie. 

DROICTZ DEUBS SUR LA RIVIÈRE DE LOIRE. 

Item est deub aus dictes dames, sur la rivière de Loire, la 
moitié de trois deniers monnoye de l'ancien debvoir du Duc, 



— 568 - 

sur chacun muid de sel, vins et fromans montant et descen- 
dant la dicte rivière, qui se payent à la Fosse de Nantes, que 
les dictes dames peuvent affermer ou toucher par les mains 
des receveurs et fermiers des droicts de la prévosté du dict 
Nantes apartenant à Sa Majesté. 

FIEFZ DE LA CHAPELLE JANSON. 

Les dictes dames ont et leur apartiennent, en la paroisse 
de la Chapelle Janson, un fief et bailliage apellé le bailliage 
de la Chapelle, à cause duquel elles ont droit de haulte, 
moienne et basse justice et punition de crimes ^ mesme y a, 
dans le bourg, un sep et collier qui est de la dicte jurisdic- 
tion en laquelle elles ont droit d'avoir officiers, scavoir : 
séneschal, alloué et procureur d'office, et un greffier, un 
sergent général et nombre de notaires, quelle jurisdiction 
s'exerce dans le bourg de la Chapelle Janson, et y a exercice 
ordinaire de quinze jours en quinze jours; et vont et sor- 
tissent en icelle les contredicts et apellations des jugemens 
donnés es jurisdictions de la Creveure et Monframery cy après 
mentionnés, de laquelle sont hommes et vassaux dame Renée 
Constantin, dame du Bois Febvrier, à cause de la terre et 
seigneurie de la Crevure et dépendance d'icelle^ — Messire 
René du Bois le Hou, seigneur du dict lieu; — et Mes- 
sire sieur du Bois Guy, à cause des fîefs du Refoul, 

en la dicte parroisse de la Chapelle Janson, fief de la Rivaye, 
fief de Lousche, fief de la Vacherie, fief de la Pommeraye, 
fief de la Jumelaye et de la Planche, la métairie de la Lande 
et de la Rablaye, les fiefs de la Motte Digne, quelles terres et 
seigneuries estantes dans la Chapelle Janson sont tenues de 
la dicte dame noblement à debvoir de rentes, fov, hommaiie 
et racha])t, et ()lusieurs autres seigneurs, hommes et vassaux 
à |)areil debvoir et autres. 



— 369 — 

Ont les dictes dames droit d'espaves, gallois, deshérances, 
conliscations, successions de bastartz et tous autres droitz 
aparlenant à liaulte, basse .et moienne justice, Iburcbes à 
quatre pilliers et autres droicts. 

Le roolle du quel bailliage se monte à quatre livres mon- 
noie de rente propre cliacun an. 

Item les dictes dames sont fondatrices et patronnes de l'é- 
glise et cimetière de la dicte parroisse de la Chapelle Janson 
et de la Chapelle des Temples, fillette de la dicte parroisse, 
et ont en icelles armoiryes, escussons et touttes prëëminances 
et prérogatives en la dicte église^ dans laquelle parroisse y a 
aussy un prieuré, nommé le prieuré de la Chapelle Janson, 
membre despendant de la dicte abbaye, possédé en tiltre par 
une religieuse d'icelle; le temporel duquel consiste en mai- 
sons, courts, jardins, herbergements, moullin, estang, terres 
arables et non arables, et en prez, dixmes, oblations et rentes 
qui sont deues à la dicte prieure sur le moullin du Plessis, 
apartenant au seigneur de Larchat. 

Et linallement tout ce qui peut apartenir aus dictes dames 
et couvent en la Chapelle Janson, avecq touttes leurs aparte- 
nances et dépendances. 

SAINCT GEORGE DE GREHAIGNE. 

Iicm confessent et advouent tenir du dict seigneur Roy la 
terre et seigneurie de Sainct George de Grehaigne, en l'éves- 
ché de Dol, avec ses apartenances et dépendances s'esten- 
dant en la jjarroisse de Sainct George de Grehaigne, Ros sur 
Couesnon, Plaine Fougère et Mouesdré en Normandie 

FIEFZ DE SAINCT GEORGE DE GREHAIGNE. 

Un fief et bailliage apellé le grand ficf du bourg de Sainct 



— 370 — 

George de Greliaigne, en laquelle parroisse les dictes dames 
abbessc et couvent ont de grands communs, gallois, et par- 
ticulièrement ceux qu'ils appellqnt vulgairement « les francs 
fiels )> dans les marais qu'elles advouent aussy tenir du dict 
seigneur Roy, avecq droit de pesche en la rivière de Coues- 
non prohibitif à tous autres, en l'endroit et estendue du dict 
fief et autres fiefz cy après, en la parroisse de Ros sur Coues- 
non, avecq le debvoir de lots et ventes. 

Et en la dicte parroisse de Plaine Fougère, les dictes 
dames ont et advouent tenir deux fiefs et bailliages, l'un 
nommé le fief de Iligourdière, l'autre fief apellé le fief du 
Pain (Pin). 

Ilem un fief et bailliage apellé le bailliage du Yau Sainct 
Reverd. 

Item advouent tenir un autre fief nommé le fief des Mou- 
drins, duquel les hommes et vassaux doibvent chacun an aus 
dictes dames vingt rusches de sel menu blanc, avecq droit de 
grèves sablonneuses pour faire le dict sel et autres communs 
et gallois. 

Ilem apartient aus dictes dames, dans les dictes parroisses 
de Ros sur Couesnon et Sainct George, un droit apellé an- 
crage, qui est tel que quand chaque vaisseau mouille l'ancre 

soubz la dicte jurisdiction de Sainct George, il doibt et 

outre pour le droit de débris. 

A cause desquels fiefs les dictes dames abbesse et couvent 
ont et leur apartient et advouent tenir du dict seigneur Roy 
et avoir droit de jurisdiction haulte, basse et moienne justice, 
avecq droit de justice à quatre paux, sep, collier, et auditoire 
au dict bourg et parroisse de Sainct George de Grchaigne, en 
la(iuelle y a exercice de jurisdiction au jour de vendredy de 
chacune semaine, droit de tenir les plaids sans assignation, 
chacun an, le landemain et feste de Sainct George, vingt 
quatriesme jour d'avril, par les officiers que la dicte dame a 



- 371 — 

et a droit do seneschal, alloué, lieutenant et procureur d'of- 
fice et de greffier, qui font le dict exercice de jurisdiction et 
tout droit de jurisdiction et seigneurie comme est dict au 
com m an cernent du presant minu. 

De plus, les dictes dames ont et advouent tenir et leur 
apartenir le droit de supérioritté, patrones et fondatrices de 
l'église et parroisse du dict Sainct George. 

Ont les dictes dames en la dicte parroisse de Sainct George 
un debvofr apellé le debvoir des mariez, qui est tel que la 
dernière des mariées de chacune année doit le jour de l'Epi- 
phanie, à l'issue de la grande messe, un esteuf, et icelui jet- 
ter par trois fois par dessus la dicte église à peine d'amande. 

Et d'autant que les dicts hommes et vassaux doibvent, sca- 
voir : ceux du fief du dict bourg de Sainct George à la sei- 
gneurie de Combourg, le jour et feste de Sainct Samson, la 
somme de soixante sols monnoye de rente à portage jusques 
à la croix de Yillecherel, parroisse de Plaine Fougère, les 
dicts hommes et vassaux et ceux des dicts fiefs du Pain et Val 
Sainct Reverd, ne doibvent aucune coutume ne trépas pour 
aller et venir vendre et distribuer leur marchandise par sur 
les terres de la dicte seigneurye de Combourg. 

Sur tous lesquels hommes et vassaux les dames abbesse et 
couvent ont droit de lods et ventes, mesme sur ceux qu'ils 
appellent et qui sont dans les communs apellez francs fiefs, et 
plusieurs autres droits et debvoirs seigneuriaux. 

Tlem confessent et advouent tenir un fief despendant de la 
jurisdiction du dict Sainct George de Grehaigne, en la par- 
roisse (sic) (1) de Normandie, parroisse de Mouesdré, apellé le 
fief de Mouesdré, dans lequel fief la dicte dame a plusieurs 
hommes et vassaux à debvoir de rentes et autres droits féo- 
daux. 

(1) Lisez : « province. » 



— 572 — 

Hem ont et advouent tenir dans le dict bourg de Sainct 
George un four à banc auquel les hommes et vassaux doibvent 
aller l'aire cuire leur pain. 

Dans lequel bourg et parroissc de Sainct George de Gre- 
haigne y a un prieuré apellé le prieuré de Sainct George de 
Grehaigne, membre dépendant de la dicte abbaye de Sainct 
George, lequel est possédé en tiltre par une des religieuses 
de la dicte abbaye, consistant en une maison prieuralle, jar- 
dins, pourpris, terres arables et non arables, le fout conte- 
nant environ quarante journaux de terres exemptes de touttes 
rentes et dixmes, avecq fiefs et jurisdiction. 

TINTENIAC. 

Les dictes dames confessent et advouent tenir du dict sei- 
gneur Roy les fiefs, jurisdictions, rentes et revenus de Sainct 
George de Tinteniac, soubs l'évesché de Sainct Malo de l'Isle, 
comme faisant partie de la fondation et donation de la dicte 
abbaye, ensemble les fiefs et jurisdictions qui en relèvent 
procliement, et le droit de nommer sergent ameneur au Pré- 
sidial de Rennes. 

Premièrement, ont les dictes dames et couvent droit de 
jurisdiction haulte, basse et moienne, avecq pouvoir d'insti- 
tuer officiers, sénescbal, alloué, lieutenant, procureur d'office 
et greffier, notaires, sergents généraux et bailliagers, pour 
recueillir en leur tour et rang le revenu des bailliages en dé- 
j)endant, lesquels officiers tiennent et ont droit de tenir leur 
audiance de jurisdiction contansieuse le jour de mercredy de 
chacune semaine, mcsme los plaids quatre fois l'an, en l'au- 
ditoire que les dictes dames ont en la ville de Tinteniac, 
pour y faire les aproprimcnts des contrats d'acquêts soubs les 
j)roches liefs et arrière iiefs d'icelle et autres exploits et exer- 
cices de justice; ayant les dictes dames tout droit de deshé- 



— 575 — 

rance, successions de bastards, espaves, gallois, ventes, ra- 
cliaps, amandes et confiscations^ comme les seigneurs ducs 
et duchesses de Bretagne, seigneurs souverains leur ont 
donné au dict Tinteniac tous les droits qu'ils y avoient^ les 
a|)ellations et contredits des sentances données par les juges 
d'icelle se relèvent directement au Siège Présidial du dict 
Rennes, auquel Siège les dictes dames abbesse et couvent, à 
cause de la dicte seigneurie, ont droit de menée et retrait de 
barre pour leurs hommes et vassaux, tant en proche qu'en 
arrière fief^ et pour ce qui est des causes criminelles, ont 
droit de servitudes de prisons en la dicte ville de Tinteniac, 
mesme pour l'exécution des sentances données par les juges 
de la seigneurie, de faire eslever une potance et une justice 
à quatre pilliers en une pièce de terre apellée les Buharais, 
au proche de la ville de Tinteniac, joignant le grand chemin 
conduisant du dict Tinteniac en la ville de Hédé. 

Ont les dictes dames et advouent avoir droit, à cause de la 
dicte seigneurie, de nommer un sergent ameneur au dict Siège 
de Rennes, et deux notaires royaux en la dicte jurisdiction. 

Ilem ont les dictes dames, en la ville de Tinteniac, droit 
de poix et mesures, de police, mesme de faire l'aprècy des 
grains par leurs dicts officiers, lorsque les vassaux n'ont payé 
leurs rentes qu'ils doibvent par grains ans dicts bailliages en 
espèce, eu esgard aux trois marchés subséquants la feste de 
Noèl de chacune année. 

De la dicte seigneurie de Sainct George, à Tinteniac, des- 
pendent cinq fiefs et bailliages, l'un et premier d'iceux apellé 
le bailliage de la ville de Tinteniac, auquel y a plusieurs 
hommes et vassaux qui doibvent des rentes, scavoir : par 
deniers unze livres dix huict sols cinq deniers et deux tiers 
de denier monnoye et huict godetz d'avoine menue payable 
au jour et feste de la Sainct Barthélémy es mains du sergent 
bailliager. 



— 374 — 

Le secong bailliage, apellé Cliastclain, ayant cours en la 
dicte parroisse de ïinteniac, les hommes et vassaux duquel 
doibvent chacun an de rente léodalle unze livres deux sols 
unze deniers et deux tiers denier monnoye, et se payent au 
mesme terme. 

Le troisiesme, apellé le bailliage de Cardroc, s'estendant en 
la parroisse de Cardroc, auquel y a plusieurs hommes et sub- 
jects qui doivent en pareil de rente, suivant le rooUe, cent 
treise sols monnoye, et qui se payent comme les précédens. 

Le quatriesme est le bailliage de Plagounou, s'estendant en 
la parroisse de Combourg, auquel y a plusieurs hommes et 
vassaux qui doivent chacun an, suivant le rooUe, cinquante 
sols monnoye. 

Le cinquiesme, apellé le bailliage de la Ville Aleix, ayant 
cours en la parroisse de Basouges soubs Hédé, auquel il y a 
hommes et vassaux qui doibvent rentes tant par deniers que 
froment, mesure de ïinteniac, payables aux festes de Noël 
chacun an, au jour assigné pour ce faire, au dict bailliage de 
la Yille Aleix, parroisse de Hédé, au receveur de la dicte 
seigneurye, au pied de l'ourme qui est dans le dict village, 
et faulte de payer le dict grain le dict jour, au dict lieu au 
dict receveur, les vassaux délaillans sont condamnez en l'a- 
mande de soixante quatre sols par les olïiciers du dict Tinle- 
niac, qui ont droit de tenir leurs plaids soubs le dict our- 
meau, le mesme jour. 

A cause duquel bailliage ont et advouent avoir droit et pri- 
villége qu'aucun sergent ne doibt procedder à la vente d'au- 
cuns biens exécuttez sur les vassaux du dict bailliage, que 
premièrement ils n'ayent esté inquantez au pied du dict our- 
mel, pour scavoir sy aucun du dict village les voudra faire 
valloir, sur peine de faire déclarer les exécutions injurieuses 
et mal faictes comme contrevenant au dict privillége. 



— 575 — 



PAIN SANSAL. 



Item est deub aus dictes dames un debvoir apellé Pain 
Sansal, qui est froment et avoine menue, deue à la dicte 
parroisse de Tinteniac. 

PRIEURÉ DE TINTENIAC. 

Dans la quelle ville et soubs la dicte seigneurie de Sainct 
Georges, y a un prieuré apellé le prieuré de Tinteniac, lequel 
est possédé en titre par une religieuse de la dicte abbaye, 
lequel est membre dépendant d'icelle abbaye, tenu et relevant 
nuement et procbement d'icelle au dict Tinteniac^ et comme 
telle, les prieures du dict prieuré en ont de temps en temps 
rendu leurs adveuz aux dames abbesses du dict Sainct 
Georges, par raison de quoy la dicte dame prieure doibt, 
chacun an, à la dicte abbaye, le premier jour de l'an, un 
gastiau de trois demeaux de farine de froment, mesure de 
Tinteniac, qui est et doibt estre porté par les hommes et 
subjels de la dicte prieure et présenté à la grille d'entre la 
nef de la dicte église et le cœur de la dicte abbaye, en l'en- 
droit de l'offertoire de la grande messe dicte et célébrée, et 
outre la somme de quatre livres monnoye, le tout de rente 

féodalle Duquel prieuré dépendent... la métairie de Bro- 

minicy, l'Étang à l'Abbesse, et cinq petits fiefs : l'' le bail- 
liage de la Ville-, 2" le bailliage de la Besnelaye-Trigoul et 
Chastelain^ 3"* le Grand Bailliage, en Sainct Domineuc^ 4^" le 
bailliage de Merdrel, en la même paroisse^ 5° le bailliage de 
la Buelle, en Tréverien. 

Davantage la dicte dame prieure dict avoir droit qu'elle 
advoueiit tenir de la dicte abbaye de Sainct Georges de faire 
recuillir les dixmes des blasteries qui croissent chacun an 



- 376 — 

aux terres despendantes des dicts bailliages es parroisses cy 
dessus nommées, à la douziesme gerbe. 

Ilem les dixmes de lins et chanvres qui croissent tant en 
la dicte parroisse de Tinteniac que Trimer, fillette du dict 
Tinteniac. 

De plus, la dixme d'aigneaux, des laines des brebis et 
mouttons qui se trouvent et sont norris chacun an es dictes 
parroisses, scavoir le douziesme aigneau et la douziesme trcce 
de laine et au prorota. 

Aussy la dicte dame prieure de Tinteniac déclare et advoue 
avoir droit de loddes et ventes des contracts d'acquêts qui se 
font et passent des maisons et terres despendantes des dicts 
bailliages cy dessus, et de celui de la dicte abbaye en ce qui 
est de l'enclos de la dicte ville de Tinteniac seullement. 

COUTUME. 

Item de lever, comme elle faict, le debvoir de coutume et 
trépas à Tinteniac, Sainct Domineuc, Rouillon, La Chapelle 
Chaussée et le Pertuis Boscher. 

Aussy la dicte dame prieure par son adveu advoue avoir 
droit et pouvoir de faire examiner et mettre un maistre d'es- 
colle pour tenir l'escolle à l'église du dict Tinteniac, pour 
l'instruction de la jeunesse. 

Ilem^ pouvoir de faire contraindre les vassaux du dict 
prieuré, mesme ceux de la dicte dame abbesse, religieuses et 
couvent de Sainct Georges, et ce qui est de l'enclos de la 
dicte ville, d'aller cuire leur pain au dict four à ban et de 
prendre d'eux pour cet effet la sciziesme livre de la paste. 

A cause de quoy la dicte dame prieure de Tinteniac con- 
fesse par son dict minu estre tenue fournir en la dicte ab- 
baye, aus dictes dames abbesse et religieuses, le dict gasteau 
de farinne de froment et quatre livres monnoye de rente, 



— 377 — 

chacun an, ainsy et comme il est cy dessus mentionné. 

La dicte dame prieure advoue aussy estre tenue, comme de 
faict elle est, d'entretenir les ponts apellés les ponts du Pont 
à l'Abbesse, du Pont Youl et de la Magdeleine, l'ancien cours 
venant du moulin de la Bigottière, près et aux environs de 
la dicte ville de Tinteniac, en bonne et deue réparation en 
manière acoutumée. 

Kinallement, la dicte dame prieure advoue avoir droit de 
pouvoir contraindre les subjets du dict prieuré soubs la ban- 
lieue, mesme ceux de la dicte dame abbesse, en ce qui est 
de l'enclos de la ville de Tinteniac, d'aller moudre leurs 
bleds au moulin du Pont à l'Abbesse et de prendre d'eux le 
seiziesme boisseau et au prorata. 

LA TERRE ET SEIGNEURIE DE MONMURAN. 

Les dictes dames et abbesse confessent et advouent que 
Messire René Huchet, conseiller du Roy en ses conseils et 
procureur général en son Parlement de Bretagne, tient et 
relèvent prochement et ligement des dictes abbesse et cou- 
vent soubs la dicte jurisdiction de Sainct Georges à Tinte- 
niac, les chastcau et maisons de Monmuran, fiefs et bailliages 
y apartenans, tant en la ville et parroisse de Tinteniac que 
autres parroisses circonvoisinnes au terroir du dict Tinteniac, 
scavoir les parroisses des Yfs, Cardroc, La Bossane, La Cha- 
pelle Chaussée, Sainct Domineuc, et autres, métairyes, moul- 
lins, prayries et autres despendances de la dicte seigneurie 
de Monmuran, droitz et apartenances emplement spécifiez par 
les adveus et minus et autres tiltres fournis par les seigneurs 
du dict Monmuran aux dictes dames abbesse et couvent, à 
cause desquelles choses est deub de rente féodalle, par cha- 
cun an, quarante livres monnoye, obéissances, foy, hommage 
et rachapt quant le cas y eschet, laquelle rente double en 

25 



— 378 - 

l'an du rachapt, par convention qu'on dict avoir esté faicte 
par l'un des prédécesseurs seigneur du dict Monmuran avecq 
l'une des précédantes daines de la dicte abbaye. Et d'autant 
que par l'adveu rendu par le seigneur de Chastillon, cy de- 
vant seigneur de la terre de Monmuran, il a emploie et s'a- 
tribuc avoir et luy apartenir plusieurs droitz au préjudice de 
la dicte dame abbesse et couvent-, elle a cy devant formé 
instance d'impunissement du dict adveu, laquelle instance est 
à présent pendante aux Requestcs du Pallais, à Paris, et la 
dicte dame a pris lettres incidamment pour faire casser la 
dicte convention cy dessus mentionnée, à raison de quoy et 
qu'elle ne veut reconnoistre ce qu'il advoue et s'atribue avoir 
de droits-, la dicte dame n'a vouUu les mentionner au parti- 
culier, réservant, passé le jugement du dict procès, à en faire 
addition, et les particulariser et exprimer s'il est nécessaire. 

Aussy advoue la dicte dame abbesse, confessent et advouent 
qu'escuier René de Rosnivinen, sieur de Camaret et de la 
Groumillaye, tient et relèvent soubs la dicte seigneurie de 
Sainct Georges les fiefs et rentes luy deues en la parroisse de 
Sainct Domineuc, au bailliage du Plessis - Ronenfant, luy 
escheue par succession d'escuier Matliurin de Rosnivinen, 
son père, quelles rentes sont deues par les hommes et vas- 
saux tenans soubs les dicts bailliages, et se montent par 
deniers quatre vingt dix sept livres monnoye^ par fromant, 
mesure de ïinteniac, dix mines cinq boisseaux; par avoine 
grosse, dicte mesure, trante et trois mines; par poulies, 
quatre vingts trois et trois gelines. 

A cause desquels bailliages le dict sieur de Camaret dict 
avoir droit de basse justice et pouvoir d'instituer oHiciers, 
pourvoyance de mineurs, confections d'inventaires et autres 
droits apartcnans à la basse justice, et confesse le dict sieur 
de Camaret, par l'adveu et minu qu'il a rendu, debvoir à la 
dicte dame et couvent obéissances, foy et hommage, cham- 



— 379 — 

bellonage et racliapt quant le cas y eschet, le dict rachapt 
arrenté à la somme de cent sols monnoye par apointé que le 
dict sieur de Gamaret dict, par son dict adveu, avoir esté faict 
avecq les dames abbesse, religieuses et couvent de la dicte 
abbaye, et deffunct noble Guillaume de Rosnivinen et Helaine 
Bonenfant, sa femme, lors seigneurs des dicts liefs, rentes et 
bailliages. Quel minu a été accepté par les ofïiciers des dictes 
dames religieuses et couvent, sauf et sans préjudice de l'im- 
punir, ce qu'elles protestent faire et se pourvoir contre la 
dicte convention et apointé. 

Davantage les dictes dames advouent que Jean de L'Es- 
tang, sieur de la Ramée, tient et relevé d'elles soubs la dicte 
seigneurie de Sainct Georges de Tinteniac, procbement, no- 
blement, comme juveigneur de Tinteniac, scavoir deux petits 
nefs et bailliages s'estendant en la parroisse de Sainct Domi- 
neuc : l'un apellé Esnage et bailliage de Callandry, qui vault 
de rente cbacun an dix sols monnoye, desquels en apartient 
cinq sols à la seigneurie de Tinteniac; l'autre, apellé le bail- 
liage de la Pillaye, auquel est deub de rente, chacun an, unze 
livres; par avoine grosse, neuf rusches, mesure de Tinteniac; 
un chapon et trois gelisnes et demie, lesquels il dict avoir 
depuis peu de temps acquis d'avecq le seigneur baron de la 
Moussaye, et à cause d'iceux avoir droit de basse jurisdiction 
avecq pouvoir d'instituer officiers, juges, procureur d'office et 
greffier, pourvoyance de mineurs et confection d'inventaires, 
et autres droits apartenans à jurisdiction basse. 

Item le dict seigneur de la Ramée confesse et advoue tenir 
de la dicte abbesse et couvent, soubs la dicte jurisdiction de 
Sainct George de Tinteniac, deux moullins à eau faisant 
farine, qu'il a cy devant faict construire de neuf au dict fief 
et bailliage de Callandry, sur la rivière de Linon, comme 
aussy il advoue tenir de la dicte seigneurie une prée apellée 
la prée de la Ramée, contenant sept journaux de terre ou 



— 380 — 

environ, avecq partie du bois de haulte fustayc de la dicte 
maison de la Ramée, autant qu'il s'estend et y en a vers 
soleil levant depuis le ruisseau qui descend de la Perrière et 
découle par le dict bois à la rivière de Linon, contenant la 
dicte portion de bois environ trois journaux, compris un can- 
ton enfermé en une chainottière où il y a une garenne. 

Ilem le dict seigneur de la Ramée advoue tenir comme 
devant autre pièce de terre apellée la Jonchée, scituée près 
les dictz moullins, joignant de touttes parts à la dicte rivière 
de Linon et k la vieille rivière qui sépare les parroisses de 
Pleugueneuc et Sainct Domineuc. 

liem la dicte dame et couvent, à cause de la dicte seigneu- 
rie de Sainct George à Tinteniac, sont seigneur, patron et 
fondateur des églises et parroisses de Tinteniac, Cardroc, 
Sainct Domineuc, La Chapelle Chaussée, La Rossane, les 
Yfs, Sainct Gondran et Trimer. 

PENTIONS DUES SUR LE REVENU DE LA DICTE 

ABBAYE. 

Au sieur Trésorier de l'église cathédralle de Rennes, dix 
mines seigle, mesure de Rennes. 

Au receveur perpétuel de Mordelles, trois mines seigle, 
dicte mesure. 

A celuy de Sainct Pierre en Sainct Georges, quarante trois 
boisseaux fromant, une pipe trois quarts de vin breton. 

Au sacriste de la dicte abbaye de Sainct Georges, trois 
mines seigle, deux pipes de vin breton. 

Au recteur de La Chapelle Chaussée, dix mines seigle et 
trante livres en argent. 

A celuy de Cardroc, quarante boisseaux de seigle, me- 
sure de Tinteniac, et quarante boisseaux d'avoine grosse et 
soixante livres en argent. 



- 581 - 

A celuy de La Bossane, soixante livres et outre l'acquitter 
des décimes. 

A celuy de Tinteniac et pour sa fillette de Trimer, cent 
quatre vingts livres. 

Doibvent aussy les dictes dames, chacun an, au jour de 
Noël, au Roy, vingt sols monnoye de rente l'éodalle. 

PLOUGASNOU. 

Outre, ont les dictes dames et leur apartient, en la parroisse 
de Plougasnou, près Morlaix, un fief et jurisdiction ayant 
droit de liaulte, basse et moienne justice, s'estendant en la 
dicte parroisse de Plougasnou et Sainct Jean du Doigt, apellé 
le lief de Sainct George en Plougasnou 5 en laquelle jurisdic- 
tion elles ont office de seneschal, alloué, lieutenant, procu- 
reur d'office et greffier, notaires et sergents et exercice ordi- 
naire d'icelle, en l'estendue de laquelle les dictes dames ont 
droictz de ventes et loddes, espaves, gallois, deshérances, 
successions de bastards, droictz de débris sur la mer en l'en- 
droit du dict fief, tout ainsy qu'a apartenu aux ducs et 
princes de ce pays qui ont donné les dicts fiefs et aparte- 
nances d'icelui à la dicte abbaye pour partie de la dottation 
d'icelle^ soubs laquelle jurisdiction elles ont et leur apartient 
l'emplacement d'un moulin à eau duquel jouist le sieur de 
Kerliviou par engage, et en paie chacun an dix huict livres; 
soubs l'estendue duquel fief et jurisdiction elles ont plusieurs 
hommes et vassaux qui doibvent rentes, rachapts et autres 
debvoirs seigneuriaux, et droict de pesche prohibitif dans la 
mer, aux environs du fief et terre de Plougasnou. 

Soubz laquelle jurisdiction y a un prieuré en tiltre apellé 
le prieuré de Plougasnou, qui a tousjours esté possédé par 
une religieuse d'icelle abbaye et qui est un membre dépen- 
dant d'icelle. 



582 



PLUBIHEN. 



Le prieuré de Sainct George en Plubilien est aussy un 
membre dépendant de la dicte abbaye, scitué en la parroisse 
de Plubihen, qui est possédé en tiltre par une religieuse d'i- 
celle abbaye, consistant en une maison prieuralle, court et 
jardin, métairie, fiefs, domaines et mouUin par eaux; des- 
quels fiefs la dicte dame prieure a droict et a officiers, senes- 
chai, alloué, procureur d'office, greffier, notaires et sergents. 
Et à cause des dicts fiefs et jurisdictions, la dicte dame 
prieure est seigneur fondatrice et patronne de l'église parois- 
siale du dict Plubihen; et outre la chapelle prieuralle dans le 
dict bourg, elle a dans la dicte église parochialle une chapelle 
prohibitifve avecque une porte aussy prohibitifve à entrer et 
sortir de la dicte église dans sa court prieuralle, et doibt la 
dicte dame prieure de rente annuelle à la dicte abbave douze 
livres monnoye. 



PRISIAC. 



Item advouent et confessent les dictes dames abbesse et 
couvent avoir et posséder soubs le dict seigneur Roy les 
dixmes de la parroisse de Prisiac (1), dans l'évesché de Quim- 
per, lesquelles sont usurpées en partie par le Chapitre de la 
Cathédralle du dict Quimper; lesquelles elles protestent de se 
pourvoir et rentrer en leur ancienne pocession après qu'elles 
seront mieux informées de leurs droits. 



L ISLE D ARS. 



De plus, les dictes dames ont et advouent tenir un prieuré 
apollé le prieuré de l'ïsle d'Ars, aussy membre dépendant de 

(i) Aujourd'hui canton du Faouct, arrondiss. de Pontivy (Morbihan). 



— 383 — 

la dicte abbaye et annexé à la manse conventuelle, consistant 
en une métairye, terres arrables et non arrables, prée, prai- 
ryes, moulin à vent, collombier, nombre de petittes isles aux 
environs de la dicte isle d'Ars, et enfin la moitié de la dicte 
isle d'Ars et parroisse, en laquelle les dictes dames ont et 
leur apartient fiefs, jurisdiction ^ l'exercice de laquelle se faict 
tous les sabmedis de chacune semaine, à l'issue du Présidial 
de Vennes, soubs laquelle y a plusieurs hommes et vassaux 
sur lesquels la dicte dame a droit de loddes et ventes, rentes 
et droit de terrages, qui est de six gerbes une, et en quelques 
endroits de trois une; les droits et rentes duquel prieuré s'es- 
tendent aussy dans l'isle de Rhuis, et le dict droit de terrage 
se prend et se lèvent sur touttes sortes de blasteryes. Dans 
laquelle isle y a une chapelenie apellée la chapellanie Nostre 
Dame, qui est en la présentation de la dicte dame abbesse. 

SAINCT SEGUELIN. 

Finallement advouent avoir et leur apartenir un lieu, mai- 
son et métairie scituée en la parroisse de Sainct Seguelin, 
évesché de Sainct Malo, consistant en maisons, terres arables 
et non arables, fiefs, jurisdictions, dixmes et autres debvoirs, 
scavoir la maison où demeure le métayer, granges, une cha- 
pelle, escuirie et autres maisons, courts et déports, rues entre 
les dictes maisons et l'herbcrgement, contenant le tout par 
fonds neuf seillons de terre ou environ 

(Suit le détail des pièces de terre.) 

V a outre en la dicte abbaye de Sainct George autre revenu 
qui s'apelle la petitte recepte^ apartenant aux dames prieure 
et religieuses d'icelle, et consiste le dict revenu aux maisons 
et dixmes cy après. 

Possèdent d'ancienneté et jouissent d'un traict de dixme de 
bled, vins, lins et chanvres de la parroisse de Chantepie. 



— 384 — 

//cm, en la parroissc de Cesson, un traict de dixme apellé 
Possule. 

Item^ en la parroissc de Bruz, les dixmcs des lins et 
chanvres se cuillant en sept traitz nommez Bruz, Monts, Car- 
linoy, Bouteiller, La Chemonnaye et Barboté. 

En la parroisse de Laillé, les dixmes d'un traict apellé 
Marti gné. 

Item^ en la parroisse de Toussaints, un traict apellé Blosne. 

Item un pré apellé l'ancien Pré du Couvent. 

Item un pré apellé la prée des Grandes ïsles. 

Item un pré apellé la prée du Nom de Jésus. 

Item une maison avecq ses apartenances, court et jardin 
au derrière, près la porte Blanche de cette ville de Rennes, 
tenue prochement de la jurisdiction du dict Sainct George. 

Finallement, il y a plusieurs rentes dues à la dicte petitte 
recepte, tant féodalles qu'autres, suivant les rooUes des bail- 
liages cy devant exprimez, et outre y a aussy plusieurs autres 
rentes et debvoirs, terres, domaines et fiefs dont la dicte 
dame abbesse et couvent réserve à en faire emple expression 
après qu'elles seront mieux informées de leurs droits, sans 
que l'obmission d'icelles en ce présent leur puisse nuire ne 
préjudicier à ce que les debteurs d'icelles ne se puissent pré- 
valoir. 

Devant nous, notaires royaux à Rennes, ont comparu au 
chappitre des humbles, devottes, discrettes abbesse, prieure et 
religieuses de l'abbaye et benoist moustier de Sainct Georges 
de Rennes, dame Magdelaine de La Fayette, abbesse de la 
dicte abbaye, dames Ysabelle I^arrin, prieure conventuelle 
d'icelle, Marie Le Vayer, Jeanne de La Fresnayc, dépositaire, 
Gillette Botcrel, celcrière. Renée Lambert, Margueritte Le 
Yallois, Ysabelle de La Yilléon, JuHienne Thomas, bourcière, 
Anne Durant, Jacquette Ginguenée, Françoise du 15ois Robert, 
Gillette du Guemadeuc, Louise Gouyon, Bertranne Becde- 



- 385 — 

lièvre, Jeanne du IJobril, Ysabeau de Tremereuc, Guyonne 
Gouyon, Silvye du Breil, Suzanne de Lescouet, Margueritte 
du Ilalgouet, Françoise llucliel, Marie de l'Espronnière, Mag- 
delaine Ferron, Suzanne du Bezit, Marie de Forsan, Magde- 
laine du Bois Baudry, Françoise de la Belinaye, Maryc Hen- 
riette de Talliouet, Margueritte de la Fresnaye, Marye Le 
Senesclial, Benée de La Boissière, Jeanne de Lesquen, Ollive 
Poullain, Margueritte Butault et Jeanne Scolastique Levesque, 
ensemble congregées et assemblées, lesquelles, après avoir 
faict lecture de par l'un de nous dicts notaires de l'adveu cy 
devant, ont dict qu'il contient veritté et n'avoir connoissance 
qu'il y ait eu aucune chose obniise en icelui, et que sy au- 
cune obmission y est, ce n'est de mauvaise foy, protestantes 
au dict cas voulloir y adjouster ou diminuer, lors que requis 
en seront, et pour icelui présenter à Messeigneurs tenans la 
Chambre des Comptes du Boy, nostre Sire en Bretagne, et 
en retirer tous actes requis et nécessaires, elles ont faict et 
constitué Maître Matlmrin Jouin, procureur en la Chambre 
des Comptes de Bretagne, leur procureur général et spécial, 
avecq tout pouvoir sans révocation au payement et accom- 
plissement des droits et debvoirs deues au Boy nostre Sire 
par la dicte abbaye, elles ont affecté et obligé tous et chacuns 
les fruicts et revenus d'icelle pour estre, en cas de deffault, 
exécuttez, saisis, vendus et arrestés, à ce faire de leur con- 
sentement les y avons condamnées par l'authoritté de nostre 
dicte Cour à laquelle elles se sont soubmises, soubs le seel 
des contracts d'icelle et signés des dictes dames cy mis. 

Faict au dict Bennes, les neufiesme avril mil six cens 
soixante et cinq. 

(Suivent les signalures autographes.) 

Copie faite et collationiK^c sur l'original en parchemin, déposé aux Archives de la 
préfecture d'Ille-ct-Vilainc. — Fonds de l'abbaye de Saint-Georges de RenneS; 2 H I 



CATALOGUE HISTORIQUE 



DES 



ABBESSES DE SAINT-GEORGES 

DEPUIS LA FONDATION DE L'ABBAYE JUSQU'A n89. 



I. 



ADELLE dite de Oretagne, issue de la Maison des 
anciens comtes de Rennes, fille de Geoffroi P*", duc de Bre- 
tagne, et de Havoise de Normandie, fut la première abbesse 
de Saint-Georges. 

Pierre Le Baud, dans son Histoire de Bretagne^ consacre à 
la princesse Adelle les lignes suivantes, qui résument, dans 
un tableau naïf et succinct, la vie et le rôle monastique de 
la fille des ducs bretons : 

« Adella, sœur des dits Allain et Eudon, ducs, ne fust 
« point mariée, mais aima mieux estre conjoincte à l'Espoux 
« céleste, c'est à Jésus -Cbrist, par noces spirituelles, les- 
« quelles combien qu'elles commencent en pleurs, mainent 
« aux ioyes éternelles, que s'adonner aux délectations char- 
« nelles et aux noces temporelles, lesquelles commencent en 
« joye et souventes foiz avecques larmes tendents à la fm 
« sont terminées en tristesse^ celle Adella demanda au duc 
« Allain, son frère, porcion de sa comté de Rennes, laquelle 
« il luy octroya, et à la requeste d'elle la fist consacrer et 
« dédier en abbaye perpétuelle en l'honneur de sainct Georges 
K martyr^ de laquelle abbaye fut la dite Adella première ab- 



— 388 - 

« bessc, et y passa ses jours en jeasnes, oraisons et dévo- 
« lions jusqucs à la fin. » (Le Baud, Hist. de Bretagne^ 
ch. XXII, p. 149.) 

L'année précise oui cette princesse commença à gouverner 
le monastère n'est pas exactement connue. Du texte de l'acte 
de fondation, il résulte que ce ne peut être qu'après l'an 1008 
et antérieurement k l'an 1030. Son frère, le duc Alain III, 
fondateur de Saint-Georges, était un puissant suzerain : chef 
universel et indépendant de toute la Bretagne, il s'intitulait 
duc, prince et même roi : « (?ia* etiam rex a non nullis voca- 
balur^ » dit le Cartulaire de Redon (1). 

Alain aimait tendrement sa sœur Adelle; il combla de 
bienfaits l'abbaye qu'il fit construire pour elle. Sa mère et 
son frère Eudon le secondèrent et l'imitèrent dans ses pieuses 
largesses. 

Quand la duchesse Havoise mourut, en 1034-, quand le 
duc Alain descendit au tombeau, en 1040, Adelle possédait 
déjà une grande partie des revenus qui formèrent, jusqu'à la 
fin, la dotation de son monastère. Il est facile de le vérifier 
en parcourant le Cartulaire. 

Dès l'origine, l'abbesse, en adoptant la règle de saint Be- 
noît, reçut dans sa communauté, outre les jeunes vierges qui 
y consacraient à Dieu leur jeunesse, des femmes déjà avan- 
cées dans la vie et des veuves; la coutume s'établit, avec le 
temps, de n'y admettre que des filles de haute lignée, bien 
qu'aucun statut écrit ne servît de fondement à cet usage. 
L'abbaye de Saint-Georges jouit donc, tout d'abord, d'une 
grande importance locale, et fut regardée comme un des plus 
riches bénéfices du duché. Outre les fiefs et les revenus 



(1) V. Cart. Rotonense (.Vur. de Courson) : « Ex jussii et volujUate 
Alani tocius Britannie ducis, Gaufridi filii, qui etiam rex a non nullit 
vocabatur. » 



- 389 - 

qu'elle possédait dans la ville et dans les faubourgs de 
Rennes, elle était, en elTct, propriétaire de nombreux droits, 
juridictions, fiefs, patronages, dîmes, prieurés et métairies, 
tant dans le diocèse de Rennes que dans les diocèses de 
Saint-Malo, de Dol, de Tréguier, de Vannes, de Nantes et 
même de Quimper. 

Adelle de Bretagne, comme suzeraine féodale, permit sous 
certaines clauses, vers 1036, à un de ses principaux feuda- 
taires — Donoal — de bâtir à Tinténiac une forteresse que 
remplaça plus tard le château de Montmuran. Vers iOoO, un 
traité semblable intervint entre la môme abbesse et Salomon, 
fils de Geoffroi, pour le château et le fief de Noyai. 

Elle eut plus d'une fois à défendre les droits de son abbaye 
contre des contestations injustes : le duc Conan, son neveu, 
lui prêta, en pareil cas, un appui énergique. C'est entre les 
mains de la princesse Adelle que la vicomtesse Roianteline 
remit la direction de la communauté qu'elle avait essayé de 
fonder à Chavagne. 

Les Actes des Saints de l'Ordre de saint Renoît, les collec- 
tions des Conciles, VHistoire Littéraire^ les divers recueils de 
chartes publiés par les Rénédictins, ne laissent aucun doute 
sur la culture intellectuelle des femmes vouées à la vie céno- 
bitique sous la règle de saint Renoît, aux xi'' et xii® siècles. 

Les abbesses étaient obligées de pourvoir à l'éducation et 
à l'instruction des jeunes filles du monde qui leur étaient 
confiées, en même temps que de cultiver l'esprit des novices 
destinées à la vie claustrale. Souvent les religieuses, à l'imi- 
tation des moines, se préparaient aux sciences sacrées par 
l'étude des arts libéraux (1). 

II y a lieu de penser que, comme les abbayes du Ronceray 

(1) Léon Maître, archiviste du département de la Mayenne, Écoles épis- 
copales et monastiques de V Occident. 



- 390 — 

d'Angers, de Fontevrault, de Saint-Pierre-aux-Nonains de 
Metz, de la Trinité de Caen, etc., l'abbaye de Saint-Georges 
fut pour la jeunesse féminine un foyer d'instruction et de 
lumières. 

Adelle de Bretagne, on le sait, avait joint dès son jeune 
âge, à l'exercice et à la pratique de la piété, l'étude et le 
travail de l'intelligence^ l'acte de fondation de son abbaye la 
représente avancée dans cette double voie de perfection : 
« In sanctœ relùjionis operibus sucer escere^ necnon in monas- 
licœ erudilionis disciplina ad profectum augmentari... » 

Elle était d'ailleurs contemporaine de plusieurs femmes cé- 
lèbres par leurs connaissances littéraires et scientifiques, et 
dont l'éducation avait été faite dans les cloîtres bénédictins. 
Il suffit de citer l'impératrice Agnès, femme d'Henri III le 
Noir, empereur d'Allemagne -, Ermcngarde, duchesse de Lor- 
raine; Marguerite, reine d'Ecosse ^ Ida, comtesse de Bou- 
logne; Helvide, mère du pape Léon IX-, Adèle et Cécile, qui 
fut abbesse de la Trinité, filles de GuilIaume-le-Conquérant ; 
sainte Mathilde d'Anjou, abbesse de Fontevrault. 

Adelle prolongea jusqu'à une vieillesse avancée ses jours 
pleins de bonnes œuvres et ses travaux bénis de Dieu. Elle 
mourut en 1067 (1). Le Nécrologe du monastère indique la 
date du 4 mars, « quarlo Nonas Marlii. » On a conservé son 
épitaphe, ainsi conçue : 

Hoc Adela die sua solvit débita terrœ; 
Cum génitrice Dei vivat per sœcula felix. 

(1) Le P. Albert en conclut que la princesse Adelle gouverna l'abbaye de 
Saint-Georges pendant cinquante-neuf ans. Pour adopter ce calcul, il fau- 
drait admettre que l'abbaye fut fondée dès l'an 1008. Or, rien n'est moins 
prouvé. Il y a toute raison de croire que celte fondation n'est pas antérieure 
à 1028 ou 1018 au plus tôt; ce qui réduit la durée du gouvernement d'A- 
dclle de Uretagiie à quarante, ou tout au plus à cinquante années à peu près. 



— 391 — 

Le Martyrologe ou Nécrologo de Saint-Pierre de Rennes 
n'est pas tout à fait d'accord avec celui de Saint-Georges sur 
le jour du décès : il indique le 3 mars : « F. Nouas Martii^ 
— obiit Àdda Sancti Georgii Redonensis abbatissa. « — C'est 
aussi le 3 mars que marque le Martyrologe du Ronceray. 

La Chronique de Rliuys donne l'année, sans préciser le 
jour : « MLXVn. — Adela abbatissa^ Conani ducis amita^ 
moritur. » (l) 

Les armoiries n'étaient pas encore en usage au xi^ siècle. 
Le sceau de Saint-Georges, que j'ai décrit dans les Prolégo- 
mènes, et dont la planche I reproduit une empreinte, n'en 
offre aucune trace. On ne connaît pas de blason authentique 
avant la fin du xii'' siècle. 

C'est donc par anticipation qu'il convient d'attribuer à 
Adelle les armes que la Maison de Bretagne adopta plus tard, 
et qui ne paraissent sur les sceaux et ne sont blasonnées 
nulle part avant le xiii'' siècle. 

Ainsi, Adelle de Bretagne, dans la série des abbesses, por- 
tera pour armoiries : d'hermines plein ^ c'est-à-dire d'argent 
semé d'hermiiies de sable. 

IL 

HODIERNE de Dinan succéda à Adelle de Bretagne, 
en 1067. « Elle était, dit Albert-le-Grand, sœur de Hamon, 
vicomte de Dinan. » Par conséquent, Junkeneus, archevêque 
de Dol, Ruellan ou Ri vallon, tige de la Maison de Combourg, 

(1) En 1657, le 5 avril, en inhumant, au Chapitre de l'abbaye, une reli- 
gieuse de Saint-Georges, sœur Louise Ferron, dame de la Villandon, on re- 
trouva la tombe et le cercueil en pierre de grain de la princesse Adelle, pre- 
mière abbesse du monastère. Procès-verbal fut dressé de l'ouverture et de 
l'état du cercueil et des restes qu'il contenait. (Nécroioge de Saint-Georges, 
de t523 à 1789.) 



- 592 — 

Salomon, chef de la Maison du Guarplic ou du Guesclin, 
étaient aussi frères de cette al)I)esse (1). Sous son administra- 
tion, des dotations nouvelles vinrent enrichir la mense du 
monastère. Le comte de Rennes, Geofl'roi-le-Batard, lui fit 
don de la prairie du Roi, regale pratum; Giron, premier baron 
de Chasteaugiron , Heslourin de Mordelles, Ilardoin Roisi- 
not, etc., y ajoutèrent d'autres largesses dont on peut voir le 
détail dans le Cartulaire. 

Hodierne eut à sauvegarder les droits de son abbaye contre 
les prétentions de quelques seigneurs jaloux et déprédateurs, 
notamment contre les prévôts de Pleubihan, bien qu'ils ne 
fussent qu'oificiers de l'abbaye. 

Le décès d'Hodierne de Dinan est indiqué, d'après les do- 
cuments de l'abbaye, au 9 janvier 1077. Le Martyrologe du 
Ronceray place son obit au 13 janvier. D'après le Monasticon 
Benedictinum^ elle vivait encore en 1080, car elle figure dans 
des actes non-seulement avec Sylvestre, évoque de Rennes, 
mais avec Gervais, abbé de Saint-Melaine, qui ne fut élu 
qu'en 1080 (2). 

En 1079, mourut le comte Eudon, frère d'Alain III, l'un 
des premiers bienfaiteurs de Saint-Georges. Le JNécrologe de 
l'abbaye, cité par le P. du Paz (généalogie des Maisons de 
Penthièvre et d'Avaugour), inscrit son décès au 7 janvier : 
« Scplimo idus januarii^ obiit Eudo cornes^ frater Alani ducis^ 
palris noslri^ qui fundavit abbatiam nostram. « 

Les armes adoptées au xii"' siècle par la Maison de Dinan 
sont « dé gueules à quatre fusées d'hermines accompagnées de 
six bezans de même. » 



(1) Du Paz, Ilist. gênêal.' de Bretagne, p. 116-499. 

(2) Monasticon Jicnedictitium, t. xv, f'^ 290. 



m. 

TIIIEPIÏALXE [II. — On no sait rien de particulier sur 
son compte. Élue et bénite abbesse en 1078, suivant Albert- 
le-Grand, sous l'épiscopat de Sylvestre de La Guerche, elle 
mourut en 108i. L'abbé Tresvaux la place après Adèle II; 
mais c'est une erreur. Les Catalogues manuscrits de Saint- 
Georges l'inscrivent immédiatement à la suite d'Hodierne. 

Un manuscrit moderne, rédigé en 1718 par dame Éliza- 
betb-Louise des Lesdiguières-Jamet, religieuse de l'abbaye de 
Saint-Sulpice, en donnant la série des abbcsses de Saint- 
Georges, leur attribue des armoiries dont l'autlienticité est 
discutable, le plus souvent. 

Ce manuscrit de 1718, dédié à M^'" de Turpin-Crissé de 
Sanzay, évoque de Rennes (transféré à Nantes en 1723), ap- 
partient aujourd'liui à S. Ém. M^*" le cardinal-arcbevéque de 
Rennes. 

C'est, comme je viens de le dire, un assez curieux travail 
d'une religieuse de l'abbaye de Saint-Sulpice. L'auteur s'est 
donné la tache de recueillir, sans y regarder de trop près, 
la série complète, plus ou moins appuyée de preuves, des 
évoques de Rennes et celle des abbesses des deux monastères 
de Saint-Georges et de Saint-Sulpice ^ à chaque nom, elle 
joint la peinture des armoiries qu'elle attribue à l'évéque ou 
à Tabbesse figurant sur sa liste. Au point de vue de la cri- 
tique historique et de l'authenticité, il y a peu de fonds à 
faire sur cette œuvre. 

La bonne religieuse admet toute la liste fabuleuse des 
premiers évoques de Rennes, à partir du i*"" siècle, en acco- 
lant à hiurs nonis des blasons imaginaires. Sauf quelques er- 
reurs et quelques fabrications sujettes à caution, à partir du 
xiii" siècle ses renseignements peuvent être utilisés, toutefois 

36 



— rm — 

avec réserve. Ainsi, même pour l'époque moderne, il existe 
dans les blasons figurés des confusions et des transpositions 
d'armoiries d'une famille à une autre. 

Quant à ce qui concerne les abbesses de Saint-Georges, on 
ne peut guère tirer parti des indications du manuscrit qu'en 
le contrôlant à l'aide de documents moins contestables et 
laissant moins de part à la fantaisie. 

J'aurai pourtant recours à cette source de renseignements 
liéraldiques, pour les abbesses dont le blason n'est pas connu 
par ailleurs. Il est permis de supposer que les armoiries repro- 
duites dans ce manuscrit de 1718 sont conformes à celles 
qui étaient peintes et sculptées dans la cbapclle de N.-D. de 
la Cité, comme le constate un concordat passé en 1722, par 
lequel M""" d'Alègre, abbesse de Saint-Georges, concédait à 
une congrégation laïque de la Sainte Yierge l'usage de la cha- 
pelle pour ses réunions (1). 

Voici les armes que le manuscrit attribue à Tbiephaine, 
troisième abbesse de Saint-Georges : « d'hermines au lion de 
sable, n 

(t) Extrait du concordai ci-dessus mentionné : 

« Ont reconnu cl reconnaissent les dits congréganistes qu'en entrant dans 
la dite cliapelle, ils en ont trouvé les murs en bonne réparation, l'autel de 
la dite chapelle fait de pierre de tuffe avec des colonnes de marbre fort 
propres, au milieu duquel sont deux petits gradins et un tableau de l'image 
de la Sainte Vierge où sont peints les armes de la dite dame d'Alègre, 
abcsse ; en haut de l'autel un image de la Sainte Yierge en bosse, placée 
dans une niche au-dessous de laquelle est cette inscription : Notre Dame 
DE LA Cité. — Le devant de l'autel garny d'une boisure peinte; aux deux 
costés de l'autel, deux grandes images en bosse, l'une de saint (leorges, 
l'autre de saint Maximin, premier évèque de Rennes. Pareillement, aux deux 
costés de l'autel, /<?« armes des différentes dames abbesses de Saint-Georges, 
placées et gravées dans la muraille; cl sur la porte de la dite chapelle, celle 
de Madame de La Fayette, aussi abessc de Saint-Georges, » etc., etc. 



- 395 - 

IV. 

ADÈLE [II] de Oi-etagne, sœur d'Alain Porgont, duc 
de Bretai^nc; elle était fille du comte de Nantes, Hoël, de- 
venu duc (le Bretagne par son mariage avec Havoise, (îlie 
d'Alain IH, et qui recueillit l'héritage de son frère Conan II, 
mort sans enfants. 

Adèle fut élue l'an 108o-, c'est l'évéque Sylvestre de La 
Ciuerche qui la bénit. 

Le jour même de son élection, Alain Forgent, en présence 
de tous ses barons, confirma solennellement la fondation de 
Saint-Georges et ratifia tous les dons concédés au monastère 
par ses prédécesseurs. Il y ajouta de nouveaux revenus, sur 
ses vignobles de Quimper notamment. 

Kn M 21, le duc Conan-le-Gros confirmait à sa tante Adèle 
les droits sur la navigation de la Loire qu'elle tenait primiti- 
vement du comte Mathias, son frère, mort en 1103. Dans 
une autre charte confirmative donnée en 1158, par Conan IV, 
elle est appelée « Adelina. y> 

Si l'on adopte les calculs des chroniqueurs de l'abbaye, le 
règne d'Adèle fut d'une longueur remarquable : elle ne gou- 
verna pas moins de soixante-sept années, car son décès n'eut 
lieu que le 14 octobre 1152. Il est dilficile d'admettre qu'il 
n'y ait pas ici quelque lacune. 

Elle laissa le monastère dans l'état florissant où son habile 
administration avait su le placer et le maintenir. 

Comme lille de la iMaison de Bretagne, on lui donne pour 
armes « d'hermines plein. » 

V. 

ADELAÏDE «lo Malbefelon, fille de Thibaud de Ma- 
theielon et de Marquize de Vitré, fut bénite en 1153 par 



— 390 — 
Alain, évêque de Ucniics. Les Matliefelon comptent parmi les 
premiers et les plus vieux barons de l'Anjou^ ils se rat- 
tachent, par leur origine, aux anciens comtes de Champagne. 

Un puîné de cette race antique épousa en 1080 l'héritière 
de Matliefelon, et le (ils aîné issu de ce mariage prit le nom 
et les armes^ de Matliefelon. Cette Maison était elle-même un 
ramage des vieux barons de Mayenne. 

Adélaïde de Mathefelon est l'abbesse en faveur de qui l'é- 
vêque Alain concéda au monastère de Saint-Georges, en 1153, 
le patronage et les droits de dîmes sur les paroisses de Saint- 
Jacques et de Toussai nts, dans la grande Ibrét de Monceau 
ou Mouscon, au midi de Rennes. 

Le duc Conan IV renouvela en 1158, à la même abbesse, 
la concession du droit d'hesmage sur la Loire ^ et une en- 
quête solennelle dirigée par le sénéchal de Nantes, sous l'au- 
torité de l'évêque Bernard, confirma encore une fois et rendit 
inviolable l'investiture de ce privilège. 

C'est à Adélaïde que le pape Alexandre III adressa la Bulle- 
Pancarte portant la date du 6 janvier 1164. 

De son temps, Gcoffroi d'Acigné fit don au monastère du 
prieuré du Fou, dans la forêt de Rennes, en se vouant à la 
vie religieuse pour réparer ses méfaits. 

Adélaïde de Mathefelon mourut le 18 mars 116i. 

Armes : « de gueules à six écussons (Vor. » C'est l'antique 
blason de Mayenne transmis aux Mathefelon. Sur un sceau 
de 1321, ils portent trois croix polencées. 

Le manuscrit de 1718 lui donne pour armoiries : « d'azur 
à six hezants d'or, » 

VI. 

STÉPHANIE (ou Estiennette) [ï] iStephana) fut bénite en 
llOi par Estienne de La Rochefoucaultl, évêque de Rennes. 
Elle reçut dans sa communauté une lille de Péan, seigneur 



- 597 — 

crAcigné, qui, à cette occasion, lit dos dons considérables au 
monastt'iv. 

Le Cartulairo nous fournit une charte de Conan IV qui ra- 
tifie, au profit de l'abbaye, l'ancien don de Pleubihan et de 
Plougaznou, en désavouant les injustes et violentes atteintes 
que le duc avait portées antérieurement aux droits de l'ab- 
besse et du monastère. Cet acte est antérieur à 1169. 

La mort de Stéphanie arriva en 1169. 

Armes : « d'azur au croissant d'or accompagné de quatre 
onnclcts d'arcjent en orle. w (Ms. de 1718.) 



VIL 



ADELAÏDE [II] de Vitré. — Etienne de Fougères la 
bénit en 1169. Je la crois (ille de Robert de Yitré et d'Emma 
de La Guerche. 

De son temps, l'abbaye reçut de la duchesse Constance 
une rente de 10 livres sur les entrées de Rennes. 

Après avoir gouverné douze ans, elle mourut en 1181. 

Armes : « de gueules au lion d'argent. » 



VIII. 



STEPHANIE (ou Thiephaine, Estiennette) {Stephana).^ ir du 
nom. 

Était-elle de la Maison de ïinténiac, comme le croit don\ 
Morice? Je n'en ai pas trouvé la preuve précise dans les docu- 
ments que j'ai pu consulter. L'abbé ïresvaux et M. Haureau 
[Gallia Chrisliana., t. XIV) admettent pour elle cette origine. 

Jacques, évêque de Rennes, la ])énit abbesse en 1181. 

En M83, l'abbaye de Saint-Georges fut en partie détruite 
et brùb'e, dans l'attaque et la prise de Rennes par le duc 
Geoffroi guerroyant contre son père, Henri Planlagencst, roi 



— 398 - 

(l'Angleterre. Stéphanie eut à réparer ce désastre^ elle com- 
mença l'œuvre de la restauration de son monastère. Les dons 
ne lui firent pas défaut. Elle en reçut plusieurs du sire de 
Tinténiac, Olivier, et de sa sœur Tliéopliania. 

Stéphanie obtint en 1200, de la duchesse Constance, la 
reconnaissance des immunités dont jouissaient les serviteurs 
de son abbaye -, on connaît encore d'elle un traité avec Jean 
de Dol, relativement à ses vassaux de Grehaigne; une trans- 
action au sujet des oblations de l'église de Mordelles, et un 
accord sur des réclamations soulevées par Pierre de Beaumont, 
concernant les droits de l'abbaye sur la susdite paroisse. 

En 1202, Stéphanie passa avec Pierre Giraud, évêque de 
Saint-Malo, un accord en vertu duquel l'abbaye cédait au 
prélat tous ses droits sur les églises de Bréal et de Saint- 
ïurial, recevant en échange tout ce qui appartenait à l'é- 
vèque, tant en dîmes qu'en oblations, dans les paroisses et 
églises de N.-D. de Tinténiac, de Saint-Domineuc, de La 
Chapelle-Chaussée, de Treimer, de Saint-Gondran, de Saint- 
Seglin, de Talensac, etc. 

En 1205, la même abbesse soutenait et gagnait, au tribu- 
nal du sénéchal de Rennes, un procès important contre Payen 
d'Espinay, dont les procédés violents furent frappés d'une 
condamnation juridique, en i)résence de l'évèque de Rennes, 
Pierre de Dinan, de plusieurs chevaliers et notables bourgeois 
de la cité. 

Le P. du Paz la fait mourir en 1209^ mais il résulte des 
titres de Saint-Georges que cette abbesse résigna sa charge 
l'an 1203, qu'elle survécut à sa résignataire et ne mourut 
qu'en 1211, peut-être même en 1221. 

Les armes des Tinténiac sont « d'argent à deux jumelles 
d'azur charfièes d'un bâton de gueules. » 

Le manuscrit de 1718 donne à Estiennettc pour armes : 
<( d'hermines au chef de sable. >> 



— 399 — 

IX. 

JEANNE succéda à la précédente, par smU) de l'acle de 
résignation ci-dessus mentionné. C'est à Jeanne que le pape 
Innocent III concéda la Bulle-Pancarte en date du 22 avril 
1208. On ne sait rien d'elle par ailleurs que la date de sa 
mort (23 septembre 1209). L'évéque Pierre de Dinan l'avait 
bénite en 1204 ou 1205. 

Armes : « de sable à la fusée ou lozange dliermincs^ au 
chef de même. « (Ms. de 1718.) 



X. 



TIÏIEPHAINE [II], ou Stéphanie, fut bénite l'an 1209 par 
Pierre de Fougères, évéque de Rennes. On a de son temps 
une convention qu'elle conclut, en 1211, avec les Frères de 
l'Hôpital de Jérusalem, au sujet des biens que l'Ordre possé- 
dait sur le territoire de Tinténiac. 

En 1210, Guillaume de Pouencé, seigneur de La Guerche, 
lui assignait une rente sur ses moulins de Carcraon. 

Les renseignements sur la date de la mort de Thiephaine 
ne concordent pas : les uns indiquent l'an 1215, d'autres 
l'an 1225. Il y a certainem.ent ici confusion et inexactitude. 

Thiephaine n'était plus abbesse en 1213, car les actes de 
l'ancien Chartrier de Saint-Georges nous font connaître qu'il 
existait alors une abbesse nommée Matilde; la même figure 
encore dans des chartes de 1220 et de 1231. Je crois que 
Mathée de Corcop, qui suit, n'est pas différente de Matilde. 
I). Morice et l'abbé Tresvaux lui donnent ce nom, et la 
placent justement à l'époque contemporaine de Mathée de 
Corcop. ^ 

Thiephaine portait pour armes, suivant le manuscrit de 



— 400 — 

1718 : « d'or à deux fasces de gueules et une étoile de même 
en abîme. » 

XI. 

MATHÉE, ou Matilde, de Corcop. — Cette abbesse 
passait, en 1213, un traité avec le Maître des Hospitaliers de 
Jérusalem en Bretagne, relativement aux possessions de cet 
Ordre militaire et hospitalier à Tinténiac. 

En 1223, elle réglait avec le recteur de Tinténiac leurs 
droits respectifs concernant le prieuré et la paroisse de Tin- 
téniac, dont l'abbaye jouissait à titre de ferme, ce qui ne 
laisse pas que d'être assez curieux. 

Matilde reçut du Chapitre de Rennes, en 1230, le don de 
la chapelle Saint-Sauveur de la Cité. Elle fondait en 1231 
une chapellenie dotée de vignes situées sous le iief de Cleuné, 
près de la Magdelaine, aux faubourgs de Rennes. Enfin, en 
1235, elle ratifiait les dons faits par un de ses vassaux à 
l'abbaye de Savigné. Matilde mourut cette même année 1235, 
le l*"^ jour de mai, disent les documents du monastère. 

Armes : « d'hermines au croissant de gueules^ au chef de 
même. » (Ms. de 1718.) 

XII. 

ALIX, ou Adélaïde, de Champagne. — Messire Jehan 
Gicquel, évêque de Rennes, la bénit abbesse en 1235^ elle 
appartenait à l'illustre famille des comtes palatins de Cham- 
pagne, alliée aux rois français de Jérusalem. Alix mourut 
en 1250. 

Armes : « d'azur à une bande d'argent accompagnée de 
deux cotices polencées et contre-potencées d'or de treize pièces. » 



— 401 — 



XHI. 



AGNÈS d'Erbrée succéda à Alix de Champagne, en 
1250. Elle conclut en ]2o3 une transaction avec Olivier de 
Tinténiac, chevalier, sur leurs droits de justice commune 
dans la juridiction et seigneurie de Tinténiac. Par ce concor- 
dat, il est arrêté qu'en cas de prise de voleurs, l'abhesse et 
le seigneur de Tinténiac fourniront chacun des archers pour 
les saisir, que les poursuites judiciaires se feront concurrem- 
ment, mais que ce sera le seigneur de Tinténiac qui fera 
pendre les condamnés. 

Agnès reçut des dons de deux seigneurs de sa famille : 
Péan d'Erbrée, chevalier, dont la fdle, Mahaud, se fit reli- 
gieuse en 1253, sous la direction de sa tante; et Hervé d'Er- 
brée, chevalier, qui donna en 1260 une rente de 20 sous à 
sa sœur Guiote, religieuse aussi à Saint-Georges, et plus tard 
abbesse, comme nous allons le voir. 

Rolland de Dinan, sire de Montafdant, conclut avec Agnès 
d'Erbrée, en 1263, une transaction et accord touchant les 
prévostés de Saint-Georges de Plougaznou et de Trefmilon, 
sur lesquelles il avait élevé quelques prétentions mal justi- 
fiées. 

Le décès d'Agnès d'Erbrée est de la date du 20 novembre 
1270. 

Armes : « d'argent à trois molettes de sablc^ ^ et \. » 

XIV. 

AMÏCE de Quédillac. — D. Morice l'appelle « Ja- 
mette. >> Elle prit l'administration de l'abbaye à la fin de 
1270. Rolland, fils de Guy, sénéchal féodé du prieuré de 
Gréhaigne, s'accorda en 1272 avec Amice. Quelque temps 



— /i()2 — 

avant sa mort, qui eut lieu le l**' mars 1274, elle transigea 
avec le Chapitre de Dol, au sujet des dîmes de la paroisse de 
Saint-Georges de Gréhaigne. 
Armes : a d'argent à trois fasces de gueules. » 

XV. 

GUYOTE d'Erbrée, sœur d'Hervé d'Erbrée, clievalier, 
et nièce d'Agnès, précédente abhesse, ne gouverna que l'es- 
pace de quatre ans. Elle eut des démêlés et des procès à sou- 
tenir, pour sauvegarder les droits et prérogatives de son mo- 
nastère, avec les seigneurs de Tinténiac. Son décès est du 
9 août 1278. 

Armes : « d'argent à trois molettes de sable. » 

XVI. 

JEANNE (ou Jamette) des Boschaux (ou Bosquaux). — 
Une note inédite, empruntée aux titres de Saint-Georges, 
semble autoriser à penser qu'une lacune existe entre Guyote 
d'Erbrée et Jeanne des Boscbaux. Elle ne fut consacrée ab- 
besse qu'en 1282, par Guillaume de la Pioche-Tanguy. Doit- 
on en inférer qu'il y avait eu contestation au moment de son 
élection et que des rivalités se produisirent? Aucun document 
ne l'atteste. Jeanne mourut en 1294, le 19* mai. 

Le P. Albert dit qu'elle donna sa démission le 19 mai 1294. 

Armes : « de sable à la bande d'argent chargée de trois co- 
quilles de gueules. » (Arcli. d'Ille-et- Vilaine, fonds de Saint- 
Georges, Catal. des abbesscs.) 

Le manuscrit de 1718 lui donne d'autres armoiries : « d'her- 
mines au chef de gueules. » 



— 405 — 

XVII. 

CATIIERIXE de miatlie félon, filIc de Foulques V% 
baron de Mathcfelon et de Durestal, et d'Élizabeth, femme 
(ludit Foulques. Sa sœur Philippe, ou Philippotte, religieuse 
comme elle, lui succéda en qualité d'abbesse. Un de ses 
frères. Foulques, fut évéque d'Angers et mena une si sainte 
vie qu'on lui attribua des miracles ^ il mourut en odeur de 
sainteté. 

Catherine, dont l'administration fut très-active, s'occupa 
de réparer et de restaurer l'église et les bâtiments du monas- 
tère. Après un règne de vingt-trois ans, elle mourut le 
29 avril 1317. 

Armes : « de gueules à six ecussons d'or. » 

XVIII. 

PHILIPPE (ou Philippotte) de Matbefeloii, sœur de 
la précédente abbesse, la remplaça dans le gouvernement de 
Tabbaye. Bénite Fan 1317 par Alain de Chasteaugiron, évêque 
de Kennes, elle mourut le 2 septembre 1325. On a d'elle une 
fondation de 25 sous de rente annuelle pour l'entretien d'une 
torche, « laquelle se doit allumer pour l'eslevation du Corps 
et du Sang de N.-S. Jésus-Christ, » chaque jour, à la messe, 
dans l'église abbatiale. 

Les titres de Saint-Georges nous fournissent une transac- 
tion passée, au mois de novembre 1323, entre Philippe de 
Mathcfelon et deux chevaliers, Regnaud de la Chasteigneraye 
et Raoul de la Roche : il s'agit du partage des fiefs et bail- 
liages situés au terroir du Pin, en Pleine-Fougères, au point 
de vue de leurs droits de justice féodale. 

Armes : « de gueules à six ecussons d'or. » 



— 404 - 

XÏX. 

CONSTANCF] de I^ontblanc appartenait à une famille 
de vieille chevalerie du diocèse de Trégaier. Un de ses frères, 
Guion de Ponthlanc, se distingua parmi les champions bre- 
tons du combat des Trente. Élue en 1325, Constance décéda 
le 28 août 1352. 

Armes : « d'or à dix billettes de sabîe^ 4, 3, 2 eH. » (Fonds 
de Saint-Georges, Catal. des abbesses.) 

Le manuscrit de 1718 lui donne un blason différent^ je le 
mentionne pour mémoire : « de gueules à la fasce d'argent^ 
accompagnée d'une étoile de même eu iminle et de deux anne- 
lets en chef^ aussi d'argent. » 

XX. 

ALIX de Matlie félon, fille de Thibaud III de Mathe- 
felon et de Luce de Queleines (1) -, « ayant présidé environ six 
ans, dit une notice du monastère, elle se démit de l'abbaie 
en 1360, et décéda enfin l'an 1370. » Du Paz dit qu'elle fut 
abbesse « l'espace de dix-huit ans. » On voit que c'est une 
erreur. 

Armes : « de gueules à six ècussons d'or. » 

XXI. 

JEANNE de l^aval (2) était fille de Guy X, comte de 
Laval, et de Béatrix de Bretagne, fille de Jean III j sœur de 

(1) Suivant du Paz; le P. Albert-Ic-Grand écrit « Luce de fioulcines. » 
Je crois cette version meilleure-, le nom de Queleines n'est pas connu en 
Bretagne. 

(2) Claude Robert, G allia Chris tiann. 



— 405 — 

niessire Pierre de Laval, évêqiie de Rennes, qui, sacré en 
i3oo, décéda en 1357, pendant le siège de Rennes par le 
duc de Lancastre. 

Le Catalogue manuscrit des abbesses ajoute : « Nous n'a- 
vons autre mémoire de ceste abbesse et ignorons le temps 
auquel précisément elle a vescu ou est morte. » 

On croit qu'elle précéda immédiatement Marquize de Rieux^ 
par conséquent, elle serait morte en 1364. 

Armes : « d'or à la croix de gueules chargée de cinq co- 
quilles d'argent^ cantonnée de seize alérions d'azur. » 

XXIL 

MARQUIZE de Rieux, élue en 1364, fut bénite par 
messire Raoul de Tréal, évêque de Rennes; « elle résigna à la 
suivante, dit le Catalogue manuscrit des abbesses, l'an 1377, 
et survesquit jusques en l'an 1405, qu'elle décéda le 23^" jour 
d'avril. » 

Les titres de Saint-Georges fournissent pourtant un acte 
de vente sous le domaine abbatial, daté du second dimanche 
après Pâques, l'an 1378, oii Marquize de Rieux est encore 
qualifiée du titre « d'humble abbasse don moustier de Sainct 
George près Rennes. « Son père était, je crois, Jean II, sire 
de Rieux, mort en 1357. Il avait été marié deux fois : 1" avec 
Isabeau de Clisson^ ^'^ avec Jeanne, dame de Syon. 

Armes : « d'azur à neuf hezanls d'or. » 

XXIII. 

JULIENNE du Oue««clin, fille de Robert du Gucsclin 
et de Jeanne de Malemain^-, sœur du grand connétable Rer- 
trand du Guesclin. C'est dans l'abbaye de Saint-Sulpice, près 
de la forêt de Rennes, qu'elle se consacra d'abord à la vie 



— 40G — 

rcligicuso. Le gouvernement du prieuré des Couëts, dans l'é- 
vêché de Nantes, membre alors dépendant de ladite abbaye, 
fut son début dans l'administration cénobitique. Puis, environ 
l'an 1378, elle fut élue pour succéder à xMarquize de Rieux, 
et gouverna l'abbaye de Saint-Georges vingt-liuit ans. 

Avant d'être abbesse de Saint-Georges, Julienne se signala 
par un trait de courage et d'intrépidité dont les cbroniqueurs 
et les historiens bretons (1) ont conservé le souvenir. Elle 
était, avec sa belle-sœur Tipbaine Ilaguenel, réfugiée, durant 
la guerre, dans le château de Pontorson, dont son frère Ber- 
trand était gouverneur. Pendant l'absence de du Guesclin, 
occupé à quelque expédition, un capitaine anglais, Jehan Fel- 
leton (2), entreprit de se rendre maître du château par sur- 
prise. Une nuit, au printemps de l'année 1363, il en tenta 
l'escalade, comptant sur des intelligences qu'il s'était ména- 
gées dans la place. 

Julienne dormait non loin de la muraille que gravissaient 
en silence les assaillants. Un songe merveilleux, suivant la 
tradition, l'avertit du danger. Qu'il y ait eu miracle ou non, 
toujours est-il qu'éveillée bien à propos, elle se leva, courut 
en armes droit à l'endroit où les échelles étaient dressées, 
renversa les premiers Anglais, qui déjà atteignaient les cré- 
neaux^ puis, jetant le cri d'alarme, l'héroïne mit sur pied la 
garnison et sauva ainsi Pontorson de la tentative de Felleton 
et de ses Anglais. 

Julienne du Guesclin « ressentait sa race, » comme dit 
d'Argentré^ elle ne démentit pas, en clfet, la valeur des che- 
valiers bretons dont elle était descendue. La piété et la vail- 



(1) Tlistoire de Bretagne, de Bertrand d'Argenlré, p. 470 (édition de 
1588). — nistoire de Bertrand du Guesclin, par P. llay du Chaslelel, 
liv. II, p. 47 (édilion de IGGG). 

(2) Quelques auteurs l'appellent William ou Guillaume Tcllon. 



— 407 — 

lance guerrière sont le digne a[)anage de la lille des preux. 

Le 5 août 1309, elle accorda au duc de Bretagne la per- 
mission de lever sur ses vassaux de Tinténiac, pendant trois 
ans, un louage de ^0 sous, pour la réédification du château 
de H('dé. 

Décédée en 1405, elle fut inhumée au Chapitre de son 
abhaye, où, du temps du P. du Paz, on lisait encore sur sa 
pierre sépulcrale l'inscription suivante : « Cy gist dame Ju- 
« liane du Guerclin, en son vivant abbesse de céans, qui 
« trespassa le xxvij. de mars l'an M.CGCC.V. » 

Julienne était l'aînée de six fdles, dont une, Agathe, fut 
aussi religieuse de Saint-Sulpice et prieure des Couëts après 
sa sœur-, de ses quatre frères le plus illustre, l'immortel 
connétable, la gloire de sa race et le boulevard de la France 
contre l'invasion anglaise, est resté une des plus grandes 
ligures historiques de son époque. 

Armes : « d'argent à l'aigle esployèe de sable^ membrée et 
becquée de gueules^ à la colice de même brochant. » 

XXIV. 

ISABEAU (ou Élizabeth) Xurpîn, de l'illustre Maison 
Turpin de Crissé, en Poitou, fut d'abord religieuse au mo- 
nastère de Saint-Sulpice et prieure de Teillay. Bien qu'élue 
canoniquement par la majorité des prieures et des religieuses 
de Saint-Georges, elle ne prit pas sans contestation posses- 
sion de l'abbaye. Philippotte de Saint-Pern, dame de la Buha- 
raye, se prétendant élue par une partie de la communauté, 
obtint l'appui de l'évéque de Rennes, Anselme de Chante- 
merle, en 1405- elle intenta un procès à Isabeau Turpin et 
au Chapitre de Saint-Georges, qui formèrent appel en Cour 
de Rome. Philippotte produisait, au soutien de sa prétention, 
un mandement de la chanccdlerie de Bretagne du 30 juin 



— 408 — 

140G- mais des lettres ducales du 17 septembre, même an- 
née, mirent (in au débat, en maintenant isabeau ïurpin dans 
son droit. 

Du temps de cette abbesse, une Bulle du concile de Con- 
stance (17 août 1415) régla quelques difficultés relatives à la 
permutation du prieuré d'Artz avec celui de Tinténiac, entre 
Guillcmette de la Morinaye et Marguerite de Matliefelon, 
toutes deux religieuses de Saint-Georges. 

En 1417, une nouvelle contestation, mal fondée, fut élevée 
au sujet du posscssoire de l'abbaye, au pr(^udicc de l'abbesse 
Isabeau ïurpin, par Jelianne de la Chapelle, prieure de Pleu- 
bihan. Les deux parties plaidèrent longuement devant le con- 
seil du duc^ il y eut même des sentences obtenues subrepti- 
cement par la dame de la Chapelle. 

Le duc Jean V intervint. De ses lettres données à Vannes, 
le 1'"'' décembre 1417, il résulte que les prétentions de Jeanne 
de la Chapelle n'avaient aucun fondement solide. Le duc y 
parle « des folles entreprises de ladite de la Chapelle et de 
ses procureurs. » En défendant de procéder ultérieurement 
ailleurs que devant sa Cour, et proclamant sa main-mise et 
saisie sur le temporel en litige, il renvoie et ajourne les par- 
ties devant son procureur général. 

Le procès se termina à l'avantage de l'abbesse Isabeau, qui 
resta en paisible possession de sa dignité jusqu'à sa mort, 
arrivée le 25 mai 1434. 

Armes : « lozangè d'argent et de gueules, » 

C'est sous l'administration d'Isabeau Turpin, en 1425, 1427 
et années suivantes, que les travaux de fortification entrepris 
par l'ordre des ducs de Bretagne pour renfermer dans l'en- 
ceinte murée de la Nouvelle Ville de Bennes l'abbaye de 
Saint- Georges, entamèrent et bouleversèrent l'enclos mo- 
nastique. Alors furent élevées les tours de la porte Saint- 



— 409 — 

Georges^ alors furent construites trois bastilles en bois, trans- 
formées plus tard en tours maçonnées, derrière et aux alen- 
tours de l'église abbatiale^ des fossés et des douves furent 
creusés à travers les jardins et les vignes du pourpris du 
monastère. 

Vers 1435, on commença à construire la muraille de clô- 
ture derrière « le moustier et l'église. » Le vicomte de la 
Bellière, capitaine de Rennes, l'arcbidiacre de Rennes et les 
bourgeois passèrent un marché à cet efl'et avec Jehan Guerrif 
et Pierre Chotard, pour 4,250 livres. 

XXV. 

PERRINE du Feu, élue le 9 juin 1434, pour succéder 
à Isabelle Turpin, fut bénite abbesse par Guillaume Rriilet, 
évêque de Rennes. J'ai retrouvé l'acte original ou procès- ver- 
bal de son élection. On opérait dans les formes suivantes : 
un chanoine, olTicial, délégué par l'évéque de Rennes, prési- 
dait le Chapitre^ le scrutin était secret, et les votes étaient 
recueillis par trois religieuses désignées par l'évéque. 

Le gouvernement de Perrine du Feu dura trente années. 
C'est à elle que le pape Eugène IV accorda, en 1442, une 
Bulle conlirmative de celles que l'abbaye avait obtenues de 
ses prédécesseurs, au xii^ et au xiii*' siècle. Ces sortes de 
Bulles-Pancartes sont une rareté au xv® siècle. 

Le 8 mai 1452, Perrine du Feu reçut l'aveu de haute et 
puissante dame Anne, comtesse de Laval, dame de Tinténiac, 
laquelle déclarait tenir prochement et noblement de l'abbesse 
« les chastel, ostelz, maisons et forteresses de Montmuran, « 
à devoir de 40 livres par chacun an sur l'hypothèque dudit 
lieu, et en outre le rachat quand le cas y eschet, plus 
40 livres à chaque mutation de seigneur. 

Perrine du Feu soutint un procès et eut de vifs démêles 

27 



— 410 - 

avec l'abbé de Saint-Melaine, iMatburiii Le Lionnais-, elle lui 
disputait la préséance dans les cérémonies et les processions 
publiques et autres assemblées solennelles. 11 fallut l'inter- 
vention du pape Nicolas V et du duc de Bretagne pour assou- 
pir et terminer cet étrange différend. Une transaction passée 
à Cbâteaubriant le 28 mars 1454, conforme aux prescriptions 
de la Bulle de Nicolas V, fulminée en 14o3, régla et con- 
firma les droits et prérogatives de l'abbaye de Saint-Melaine. 

Sous l'administration de Perrine du Feu, il y eut plusieurs 
fondations faites à l'église abbatiale : entre autres, la chapel- 
lenie de Saint-Yves, établie par missire Georges Fauvel, rec- 
teur de Saint-Pierre en Saint-Georges, en date du 15 mars 
1418^ la chapellenie de Saint-Antoine, fondée vers 1449 par 
Marguerite de Pouez, prieure de Tinténiac. 

La chapellenie du Crucifix, dans l'église abbatiale de Saint- 
Georges, fut une des fondations de l'abbesse Perrine du Feu-, 
elle fut érigée en 1453. 

Les Obituaires du monastère mettent la mort de Perrine 
du Feu en 1461, bien que d'autres documents la fassent vivre 
jusqu'au 22 février 1471. 

Armes : « de gueules à trois poignards d'argent^ posés en 
hande^ la pointe en bas. » 

XXVL 

OLIVE de Quélen. — Après la mort de Perrine du 
Feu, dès 1461, une élection précipitée et entachée d'intrigues 
plaça sur le siège abbatial Klizabeth Piédeloup. Mais Olive 
de Quélen , qui avait réuni dans la communauté un plus 
grand nombre de suffrages, et que soutenait la faveur du duc 
François II, ne renonça pas à ses droits, bien que son ad- 
versaire fût parvenue à se faire maintenir en possession par 
lettres du (Conseil, enregistrées à la chancellerie en juin 1462. 



— 411 - 

Le lo septembre suivant, le pape Pie II accorda les provi- 
sions de l'abbaye à Olive de Quélen, et nomma une Commis- 
sion pour juger le différend entre les deux contendantes. Les 
commissaires étaient Vincent de Kerleau, abbé de Bégar, qui 
fut plus tard évéque de Léon^ l'abbé de Saint-Jean-des-Prés, 
Guy de Coëtlogon, et Rolland Le Déclin, chanoine de Saint- 
Malo-, ils avaient pour charge d'examiner laquelle des deux 
leur paraîtrait, en conscience, la plus digne du choix de la 
communauté, la plus propre au gouvernement de l'abbaye, et 
de procéder à son installation, sans autre forme de procé- 
dure. La décision des commissaires fut favorable à Olive de 
Quélen, qui prit possession le 23 août 1463, en exécution 
d'une Bulle de Pie II, datée du 5 octobre 1462. 

Dans cette Bulle, le Pape relève en termes magnifiques 
l'importance de l'abbaye de Saint-Georges. On lit, en effet, 
dans ce grave document les lignes suivantes : 

tt Nos igitur litium anfractus, qua^stiones et dissidia que 
« occasione premissorum in maximum ejusdem monasterii 
tt prejudicium atque dampnum et detrimentum verisimiliter 
« exoriri possent evictare cupientes, et ne monasterium ipsum 
« quod inter cetera partium illarum monasteria admodum 
« solempne et famosum ac de fundacione et doctacione du- 
ce cum Britannie et in civitate Redonensi que inter alias civi- 
le tates ducatus Britannie solempnis et magis populata est, in 
« qua eciam duces Britannie pro tempore existentes insignia 
« ducalia recipere consueverunt, constitutum existit, litibus 
« hujusmodi involvi contingat et illius monialibus vagandi et 
« cetibus hominum se immiscendi occasio prebeatur, » etc. 

La même haute sentence accordait à Élizabeth Piédeloup 
une pension de 200 livres sur l'abbaye. C'était le prix de sa 
renonciation aux prétendus droits qu'elle tenait de son élec- 
tion irrégulière. Mais il paraît que la tranquillité ne résulta 
pas de cet arrangement et que de nouvelles intrigues furent 



— 412 — 

mises en jeu. Toujours est-il que le gouvernement d'Olive de 
Quélcn ne fut pas sans troubles. Sa concurrente réussit à 
mettre dans ses intérêts le duc et sa chancellerie et à s'em- 
parer temporairement de l'administration du monastère. Elle 
en jouit ainsi, sans Bulles et sans bénédiction, jusqu'à sa 
mort, 21 juillet 1472 (1). 

A cette époque, Olive de Quélen, réintégrée dans ses 
droits, eut encore à lutter contre l'insubordination d'une par- 
tie de ses sœurs : la discipline monastique était tombée parmi 
elles dans un tel oubli, que l'abbesse fut obligée de recourir 
au duc François II et au pape Sixte IV. Il s'agissait de re- 
mettre en vigueur la règle et de remédier aux abus et aux 
scandales introduits par le relâchement. J'ai analysé, dans 
les Prolégomènes, la Bulle de 1474, qui condamna et réprima 
l'irrégularité des religieuses de Saint-Georges. 

En 1475, Olive de Quélen rendit aveu, par écrit, au duc 
de Bretagne, pour tout le temporel de l'abbaye. C'est le plus 
ancien aveu qui soit conservé dans les titres du monastère. 

Accablée d'infirmités et parvenue à un âge avancé. Olive 
de Quélen se démit de la charge abbatiale en 1485; elle vécut 
encore neuf ans depuis sa retraite, et mourut le 1^'" mai 1494. 

Armes : « d'anjent à trois feuilles de houx de sinople. » 

XXVII. 

FRANÇOISE d'Espînay était la confidente et « la reli- 
gieuse » d'Olive de Quélen, qui avait donné sa démission en 

(1) Élizabclh PiMcloup a son rang, parmi les abbesses, dans les Catalogues 
tant manuscrits qu'imprimés; et, en effel, elle gouverna de fait pendant dii 
ans. 

Ses armes sont : « d'or à trois pieds de loup de sable. » 
Alias : « d'azur à trois têtes de loup d'argent lampassées de gueules au 
chef cousu de gueules. » (Ms. de 1718.) 



— 413 — 

sa favour. « Elle la présenta, dit le P. du Paz, au pape Inno- 
cent VIII comme la plus profitable et sulîisante pour être 
al)I)esse, par ses bonnes mœurs, vertueuse doctrine et con- 
duite; à raison de quoi les religieuses présentant les Bulles 
d'institution au duc, espéroient que les faits et matière dice- 
luy moustier seroient mieux conduits, supportez et entretenus 
à ladvenir. » (Généal. d'Espinay.) 

Françoise succéda donc à la vénérable Olive, non sans 
quelque opposition-, elle reçut la bénédiction des mains de 
Micbel Guibé, évéque de Rennes, l'an i486. Les démarches 
de Marguerite du Guiny, religieuse de Saint-Sulpice, auprès 
du duc, pour obtenir l'investiture au préjudice de Françoise, 
n'eurent aucun succès. 

Françoise était la fille aînée de messire Richard d'Espinay, 
chambellan du duc François II, et de Béatrix de Montauban. 
Nièce de Jacques d'Espinay, évéque de Rennes, elle compta 
parmi ses frères cinq prélats, savoir : 1" André, archevêque 
d'x\rles, puis de Bordeaux et primat d'Aquitaine, cardinal du 
titre d'Équitius, enfin archevêque et comte de Lyon-, â"* Jean, 
évéque de Mirepoix, puis de Nantes; 3" Guillaume, évêquc 
de Laon; 4" Jean (le jeune), scholastique et chanoine de 
Rennes, évéque de Valence; 5"* Robert, trésorier de Rennes 
et évéque de Nantes avant son frère Jean. 

En prenant possession de son abbaye, Françoise d'Espi- 
nay trouva les biens et les revenus du monastère dans un 
état de décadence causé par les circonstances fâcheuses et la 
situation précaire du pays, qui réclamait une soigneuse et 
énergique administration. Elle s'acquitta de sa mission avec 
autant de zèle que de succès. L'église abbatiale menaçait 
ruine en partie; elle fut réparée et restaurée. La salle du 
Chapitre et une partie des dépendances du couvent furent 
réédiliées à neuf. C'est encore la même abbesse qui fit rebâ- 
tir et remettre en bon état les manoirs et métairies de Saint- 



— 414 — 

Scguolin, de Saint-Georges de Gréliaigne et du prieuré du 
Fou, dans la forêt de Rennes (1). 

]^|mc i^^i-ançoise d'Espinay fit plusieurs fondations : le 10 fé- 
vrier 1497, elle affecta une rente de 5 livres k l'institution 
d'un bénéfice dit « la sacristie de Saint-Georges, » bénéfice 
auquel fut annexée la chapellenie des Trois-Maries. 

Françoise d'Espinay fonda aussi un obit au 4 octobre, jour 
de la fête de saint François, et une chapellenie de sept 
messes par semaine (3 mai 1499 et 1504), dite « la chapelle- 
nie de Beaumont, « ricliement dotée, et dont elle attribua la 
présentation et patronage à son frère aîné, Guy, sire d'Espi- 
nay, et à ses successeurs. 

En 1514, le pape Léon X lui donna à sa requête, pour 
coadjutrice, sa nièce Roberte Russon, qui lui succéda comme 
abbesse. Françoise mourut le 4 juillet 1520, après avoir gou- 
verné l'abbaye trente ans. 

Armes : « d'argent au lion coupé de gueules et de sinople^ 
couronné^ lampassè et armé d'or. « 

XXYIII. 

RORERTE Busson ne survécut à sa tante Françoise 
d'Espinay qu'une année. Rénite abbesse par Yves Mahyeuc, 
évêque de Rennes, à la fin de juillet 1520, elle décéda le 
25 juillet 1521. Elle était fille de Robert Russon, chevalier, 
seigneur de Gazon, de Yillaines et de Chevaigné, qui avait 
épousé Magdelaine de la Chapelle -Raussouin au i)ays du 
Maine. Avant d'être abbesse, Roberte touchait annuellement 
une rente de 15 livres que s'étaient engagés à lui servir 
viagèrement ses parents, en la plaçant religieuse à Saint- 

(1) Lettres de sauvegarde données le II juillet 1491, par le roi Charles VIIÏ, 
pour les terres et possessions de Tabbaye en Brclaigne, en faveur de Fran- 
çoyse d'Espinay, abbesse de Saint-Georges. 



— 415 — 

Georges. (V. du Paz, Hiat. cjènèal. dos vicomtes du Bcsso^ 1 12.) 
Armes : « d'argent au lion de sable^ couronné^ lampassè et 
armé d'or. » 

XXIX. 

PERRETTE d'Espînay, lille de Ilenry d'Espinay, cham- 
bellan de la reine Anne et du roi Louis XII, et de Catherine 
d'Estouteville, religieuse à Saint-Georges, fut élue abbesse 
après le décès de sa tante, Roberte Russon. Elle ne fit que 
passer, comme elle, sur le siège abbatial, étant morte le 
4 octobre 1522. 

Armes : « d'argent au lion coupé de gueules et de sinople^ 
couronné^ lampassè et armé d'or. » 

XXX. 

ISAREAU Hanion, fille de Guillaume Hamon", seigneur 
de Rouvet, et de Guillemette Guibé, nièce du cardinal Robert 
Guibé et de Michel Guibé, évêque de Rennes ^ elle était sœur 
de deux évéques : François Hamon, évêque de Nantes après 
son oncle le cardinal, de 1511 à 1532; André Hamon, abbé 
de Saint-Gildas de Rhuis et évêque de Vannes. Leur oncle, 
François Hamon, vice-amiral de Rretagne et capitaine de 
Fougères, se fit un renom dans les guerres d'Italie. 

François I", roi de France, avait choisi Isabeau Hamon 
pour procéder à la réformation de l'abbaye de Saint-Georges, 
où s'était introduit l'esprit de licence et d'irrégularité. D'ac- 
cord avec le vénérable évêque Yves Mahyeuc, qui déploya un 
grand zèle pour favoriser l'œuvre réformatrice, le Roi, en 
nommant abbesse Isabeau Hamon, la fit accompagner à Saint- 
Georges d'une douzaine de religieuses prises dans d'autres 
monastères bénédictins, et dont la vie exemplaire devait réta- 
blir Tordre et la discipline régulière dans l'abbaye. Isabeau 



— 416 — 

prit possession en 1522, et ne gouverna qu'un an ^ elle mou- 
rut le 14 novembre 1523. 

L'administration d'Isabeau ïlamon, si courte que fut sa 
durée, ne manqua ni de traverses, ni de litiges. Dès le mois 
d'octo])re 1523, Marie de Kermeno, grande-prieure de Saint- 
Georges, se mit à la tête des anciennes religieuses professes 
qui se portaient opposantes à la réforme. Un procès com- 
mença devant la cliancellerie et conseil de l^retagne. Ce fut 
une mêlée de contestations, d'exploits judiciels qui se pour- 
suivit sous les deux abbesses suivantes, Cbristine Toustain et 
Jeanne de la Primaudaye. 

Aussitôt après la mort d'Isabeau Ilamon, le j)arti anti- 
réformiste s'était empressé d'élire abbesse Marie de Kermeno. 
Cette élection, déclarée canonique et légitime par lettres con- 
lirmatives de l'arcbevéque de Tours, du 4 décembre 1523, 
malgré l'opposition de l'évéque de Rennes, fut admise en 
Cour de Rome, et les provisions de l'abbaye furent données 
à Marie de Kermeno par Rulle du 9 des kalendes de janvier 
(24 décembre 1523). La nouvelle élue prit possession le 
13 février 1524. 

Mais Yves Mahyeuc, évéquc de Rennes, d'accord avec le 
Roi, tint bon à l'œuvre de la réformation de Saint-Georges. 
Il prêta l'appui de son autoritc', à Cbristine Toustain, pourvue 
de l'abbaye par nomination royale; exécutant les sentences de 
la Cour de Rennes, le sénécbal de Rennes, Alain Marec, pro- 
céda à l'expulsion de Marie de Kermeno, qui se retira au 
prieuré du Feu avec les religieuses ses adbérentcs. 

Armes : « Êcarldê au 1" el ■¥ de ... à trois haches d'armes^ 
au 2'' et d^ de ... à trois huchcts^ sur le tout de Guibé. » 

Le manuscrit de 1718, comme aussi Albcrt-le-Grand, 
donnent à Isabeau Ilamon pour armes : « d'argent à la fasce 
d'azur accompagnée de trois macles de gueules. » Il y a erreur 
et confusion-, ce blason est celui des Ilamon de Penanru. 



417 



XXXI. 

CIIIIISTINE Xoustain était religieuse du monastère 
bénédictin de Chelles^ compagne d'Isabcau Ilamon, elle vint 
avec elle à Saint-Georges et lui succéda dans la dignité d'ab- 
besse, en vertu de la démission et résignation que lui fit en 
mourant cette première abbessc de la réformation. Nommée 
au commencement de lo24, et pourvue par le Roi et le Pape, 
elle eut à soutenir en Cour de Rome ses droits, et contre 
Marie de Kermeno et contre une nouvelle concurrente, Je- 
banne Doré, qui, se disant élue par une partie de la commu-, 
nauté, forma appel à Rome le 9 novembre 1524, arguant 
d'intrusion dans l'abbaye les deux autres prétendantes. Le 
28 mars lo2o, Christine entra en accommodement avec Marie 
de Kermeno, lui concédant le prieuré du Feu pour demeure, 
avec une pension de 300 livres (1). 

Le 12 octobre 1524, Jebanne Doré avait abandonné ses 
prétentions et cédé ses droits en faveur de M'"*" de Kermeno. 

Après avoir lutté deux ans contre l'esprit insubordonné 
d'une partie des religieuses qui n'acceptaient la réforme qu'à 
contre -cœur, Christine Toustain résigna volontairement sa 
charge (6 novembre 1526). Des lettres du cardinal-légat de 
Saivialis (.Jean Salviati, cardinal du titre de S. Cosme et 
S. Damien), du 15 décembre 1527, attestent que Christine 
avait fait entre les mains du Pape cession volontaire de ses 
droits à la dignité abbatiale, renonçant à toute contestation 
et procès, moyennant une pension de 50 ducats d'or. 

Nommée grande-prieure de Saint-Georges, elle ne mourut 

(1) En 1524, le 1" mars, Christine Toustain obtint pour le prieuré du 
Feu cl les autres possessions de son abbaye des lettres de sauvegarde déli- 
vrées par « la reine Loyse, mère du Roi, duchesse d'Angoulmoys, d'Anjou 
et de Nemour, comtesse du Mayne et de Gyen, régente en France, » etc. 



— 418 — 

qu'(în 1556, à l'âge de 67 ans, dit un Ohituairc de l'abbaye. 

Cbristine ïoustain appartenait à une des plus vieilles fa- 
milles de la noblesse normande, remontant à l'époque de la 
conquête de l'Angleterre au xi" siècle. 

Armes : « d'or à la bande échiquetée d'azur et de gueules 

de deux tires, » 

XXXII. 

JEANNE de la Primaudaye, religieuse de Fonte- 
vrauld, prit possession de l'abbaye avec l'appui du vénérable 
Yves Mahyeuc, évoque de Rennes, qui fit solennellement en- 
registrer et publier les Bulles de Clément VU, nommant ab- 
besse de Saint-Georges la résignataire de Christine Toustain. 

Ce ne fut pas sans réclamation et opposition de Marie de 
Kermeno, qui maintenait toujours son élection valable. Pour 
assoupir le différend, un concordat intervint le 13 juin 1528, 
par lequel Jeanne de la Primaudaye , abbesse de Saint- 
Georges, et ses religieuses, donnèrent en jouissance la mai- 
son du Feu à Marie de Kermeno et à ses compagnes, Jeanne 
Doré et Magdelaine de Cornillé-, elles y ajoutèrent 400 livres 
de pension annuelle sur les revenus de l'abbaye, « pour les 
frais et mises des grands procès cy-devant agités entre les- 
dites parties au sujet des prétentions à la dignité abbatiale. » 

Jeanne de la Primaudaye gouverna le monastère l'espace 
de huit années. A la fin de 1534 elle se retira, probablement 
à son ancien monastère de Fontevrauld, pour céder la place 
à Marie de Kermeno, qui obtint enfin la reconnaissance de 
ses droits. 

Armes : « d'or au lion d'azur, » (Ms. de 1718.) 

XXXIII. 

MARIE de Kermeno, élue abbesse en décembre 1523, 
après la mort de Isabeau Ilamon, n'avait jamais abdiqué ses 



- 419 — 

droits-, clic en avait subi, par force majeure, la suspension, 
sans perdre aucune occasion d'en revendiquer l'application et 
d'en solliciter la reconnaissance. Instruite par les épreuves, 
éclairée par la réflexion, elle en vint à admettre le principe 
de la réforme et à en adopter l'esprit. Elle avait pu, dans 
l'origine, se faire illusion et prendre pour de la fermeté de 
caractère une pente à la rébellion, un amour exagéré de l'in- 
dépendance, que voilaient son attachement sincère à d'an- 
ciennes coutumes, aux souvenirs de son éducation monas- 
tique et des observances connues. 

La sagesse et la haute raison du vénérable évéque Yves 
Mahyeuc ne furent sans doute pas sans influence sur elle pour 
lui faire comprendre l'opportunité de se soumettre aux admo- 
nestations du Chef de l'Église. En échange de son obéissance, 
ce qui lui semblait une spoliation et une injustice prit fin. Des 
lettres patentes de François V% du 20 janvier 1535, la mirent 
en possession et réelle jouissance de son abbaye^ ce fut, 
disent les titres du monastère, à la requête de toutes les reli- 
gieuses et à leur grand contentement qu'eut lieu cette réinté- 
grande. Reconnue unanimement pour vraie abbesse, Marie 
de Kermeno assembla son Chapitre abbatial et y fit la distri- 
bution des offices claustraux. Christine Toustain fut nommée 
prieure, avec une pension de 50 ducats ; Jeanne de la Pri- 
maudaye reçut aussi une pension, et Jeanne de la Barre fut 
nommée célérière. Toutes assistèrent à la consécration de 
l'abbesse réintégrée, cérémonie solennelle à laquelle procéda 
révèque de Rennes le 12 mars 1535 (1). 

(1) Un acte daté du 20 octobre 1536, conservé dans les titres de l'abbaye, 
montre Marie de Kermeno assistée de son Chapitre conventuel, où figurent 
Christine Toustain, Jehanne de la Barre, Jehanne Doré, etc., passant une 
convention avec missire Jehan Le Large, chapelain du Crucifix, qui cède aux- 
dilcs dames religieuses, trop étroitement logées depuis l'observance de la 
clôture par suite de la réformalion, certains logis et jardins dépendant de sa 



— 420 — 

Cotte reconnaissance pul)liquc des droits de Marie de Ker- 
meno n'empêcha pas l'une de ces religieuses, Jeanne de la 
Barre, de faire dès l'année suivante, 1536, une tentative 
odieuse pour troubler dans sa possession la légitime abbesse. 
Poussée, semble-t-il, par la cupidité, elle trouva moyen de 
nouer une intrigue. Sur un faux exposé et sous prétexte fal- 
lacieux de vacance, elle se lit délivrer un acte de présenta- 
tion et une signature apostolique de provision pour l'abbaye ; 
munie de ces pièces, elle menaça Marie de Kermeno de pour- 
suites; puis, changeant de batteries, elle résigna son pré- 
tendu droit es mains du Pape en faveur de ladite de Kermeno, 
en stipulant à son profit une pension de 400 livres de rente 
sur l'abbaye, pour en jouir durant la vie de l'abbesse, se ré- 
servant le (c regrez, » c'est-à-dire le droit de rentrer en jouis- 
sance du bénélice en cas de cession ou de mort de la titu- 
laire. 

chapelainie, conformément aux lettres et décisions du Pape et du Roi de 
France. 

Je transcris ici le début du traité qui constate l'adoption de la réforme par 
l'abbesse Marie de Kermeno : « Comme puix vingt ans, par décret et ordon- 
nance, tant de N. S. P. le Pape que du Roy, nostre sire, père, légitime 
usufructuaire et administrateur de Ms'" le Daulphin, aict esté mise et assise 
reformation ou convent et monastère de Sainct Georges, quelle reformalion 
y aist esté dempuix entretenue et gardée, et les abbasses et religieuses y tenu 
et gardé closture, sans aucunement en yssir, ce quelles ont, aydant Nostre 
Seigneur, délibéré perpétuellement faire; quelle chose tourne et cédera, en 
ladvenir, au grand honneur et service de Jesus-Christ, profilt et augmenta- 
cion de son Églize; toulcsfois à l'occasion que le dict convent, monastère et 
circuit do la dicle closture csloil et est petite, angusle et estroict, actendu le 
grand nombre de religieuses servant de nuyt et jour à N. S., qui sont en si 
grand nombre qu'elles sont contrainclcs de demeurer troys, quatre, et au- 
chunes {"oiz jusques à cinq, en une bien petite chambretle, n'ont commodité 
ne déport où ilz puissent retirer les malades, dont il peut advenir grand in- 
convénient aux dictes religieuses, et subsequemment à toulte cestc ville, etc. » 
Suit l'arrangement ci-dessus indiqué. 



— 421 — 

Jeanne de la Barre n'ignorait i)as qu'une telle condition est 
illicite^ mais elle entendait agir par intimidation sur sa supé- 
rieure, et elle employa dans ce but les procédés les moins 
avouables. Aidée d'un de ses parents, elle obtint les Bulles 
d'assignation pour sa pension de 400 livres, et actionna 
Marie de Kermeno, surtout à partir de 1543. L'abbesse se 
défendit avec fermeté. Les années 1548, 1549, 1550 se pas- 
sèrent en procédures devant la chancellerie et le conseil de 
Bretagne-, requêtes, arrêts, lettres patentes, rien n'y manqua. 
Enlin, un arrêt du Conseil d'État termina l'affaire en faveur 
de Marie de Kermeno, et débouta Jeanne de la Barre de ses 
étranges prétentions. 

Mais telle est la puissance et l'énergie de l'intrigue! En 
155^, Jeanne de la Barre n'avait pas épuisé toutes ses res- 
sources^ elle faisait encore jouer des ressorts secrets : ainsi, 
elle amenait le roi Henri II à écrire en sa faveur une lettre 
de recommandation à l'abbesse Marie de Kermeno. C'est une 
curieuse preuve d'opiniâtreté dans la poursuite de l'objet des 
rêves de toute sa vie, la dignité abbatiale (1). 



(M Lettre da roi Henri II en faveur de Jeanne de la Barre, 
adressée k 9I">^ i?laric de Hernicno. 

De par le Roy. 

Chère et bien amée, considérant le vieil et ancien aage ou de présent vous 
estes constituée au moien de quoy vous ne pourrez doresnavant si aisément 
vacquer et entendre, comme vous avez faict par le passé, au devoir de la 
charge et adininislralion de vostre abbaye, laquelle nous desirons singuUie- 
rcment tomber es mains de seur Jehanne de la Barre, à qui nous en avons 
cy devant accordé la reserve, scacbant très bien que vous ne scauricz faire 
meilleure ellection pour vous succéder en la dite charge que de la personne 
de la dicte de la Barre; le bien et advancement de laquelle nous avons en 
singnllière recommandacion, tant pour ses bonnes mœurs, vertueuse et reli- 
gieuse vyc et autres louables qualilcz qui sont en elle que aussi en faveur et 
considération des bons et agréables services que feu son père a faictz au feu 



— 422 — 

Marie de Kermcno ne déféra pas aux désirs du Roi. Cette 
année-là même (1552), elle formula un acte de résignation 
de son abbaye à sa nièce Jeanne de Kermeno, qu'elle clioisit 
pour coadjutrice. 

Marie était fdle de messire Nicolas de Kermeno, seigneur 
de Kerguezenec, et de Louise du Garo. C'est en 1557, au 
14 février, que l'Obituaire de Saint-Georges marque le jour 
de son décès ; elle était âgée de 75 ans. 

Après de longues et orageuses discussions, elle vit enfin se 
terminer à son avantage la lutte qu'elle avait entreprise pour 
conserver les usages et les droits de son monastère. En sa 
personne se fit une transaction désirable et nécessaire : re- 
présentant le droit d'élection de ses sœurs, elle accepta la 
réforme, dont l'urgence était évidente. La discipline com- 
mença à refleurir sous son gouvernement, et l'abbaye ne fut 
plus désormais en proie aux dissensions intérieures qui en 
avaient trop longtemps troublé la paix. 

Les armes des Kermeno sont « de gueules à trois macles 
d'argent. » 

L'abbesse Marie de Kermeno portait un écu composé d'al- 

Roy, noslre très honoré seigneur et père que Dieu absolve ; par quoy nous 
vous prions aultant an'eclucuscment que faire pouvons que vous vueillez ac- 
commoder à ce que dessur et selon noslre vouUoir etinlencion; et cependant 
permettre à la dicte de la Barre sa demeure au prieuré du Fou dcppcndant 
de vostre abbaye, ainsi que vous l'aviez auparavant que vous feussiez remise 
en icelic; en quoy faisant, oulire le bien et repos qui vous en adviendra, 
vous ferez chose qui nous sera très agréable. 

Donné à Saiuct Germain en Layc le xxvj*^ jour de feurier 1552. 

HEMIY. (Autographe.) 
Contresigné : DUTIIIER. 

Quelques Catalogues inscrivent Jeanne de lu Barre parmi les abbesses de 
Saint-Georges, à tort, il me semble, puisqu'elle n'a jamais été installée ré- 
gulièrement. Ses armes sont « d'azur à la fascc d'argent. » (iMs. de 1718.) 
Alias : « d'or à la bande de gueules, accostée de deux croissants de même. » 



— 443 — 

liances, que j'ai vu figuré sur le frontispice d'un livre de 
chœur de l'abbaye de Saint-Georges et qui se blasonne ainsi : 
a écartelé : au 1" et 4*^ contre-écartelé de gueules à trois 
macles d'argent^ qui est Kermeno; et de gueules à l'aigle 
éployé^ à deux têtes ^ d'argent, qui est Clec'li du Garo; au 2*^ 
et 3% d'azur au sautoir engreslé d'or cantonné de quatre 
lionceaux d'or rampants, qui est Kerliver. » 

XXXIV. 

JEANNE de Kermeno, fille de Jean de Keî*meno et 
de Guyonne de Kcrandrez, reçut en loo7 la crosse abbatiale 
des mains de sa tante, à laquelle elle succéda sans discus- 
sion. Elle fut abbesse dix-huit ans, et à sa mort, survenue 
le 27 avril lo7!2, dans sa 5P année, sa dépouille mortelle 
fut réunie à celle de sa tante, dans la même tombe. J'ai vu 
son sceau à trois macles plaqué sur un titre de 1560 : c'est 
l'acte de nomination de Julienne des Vaulx à la charge de 
prieure de Tinténiac (1). 

Le 2 octobre 1560, haut et puissant seigneur messire Gas- 
pard de Colligny, baron dudit lieu et de Chastillon-sur-Loing, 
chevalier de l'Ordre du Roy, amiral de France, et M""^ Char- 
lotte de Laval, son épouse, rendirent aveu à dame Jehanne 
de Kermeno, abbesse de Saint-Georges, pour leur chastel, 
hostel, maison et forteresse de Montmuran, terres et seigneu- 
ries en dépendant (2). 

Armes : « de gueules à trois macles d'argent. » 

(1) On lit dans l'Obituaire la note suivante, à la date de janvier 1559 : 

« A tous les enterremens de cette abbaye, les Révérends Pères Bénédic- 
tins en font l'olTice solennel. Les Pères Jacobins, les Cordeliers, les Pères 
Carmes y assistent, entrent dans la closlure pour chanter le service et rendre 
les derniers devoirs. » 

(2) En 1567, le roi Charles IX confirma par lettres patentes tous les pri- 




0^ Vif-n'An/., 
/ — 424 — 

XXXV. 



AMICE Rulioray. — Je ne l'ai trouvée sur la liste des 
abbesses de Saint-Georges que dans un Catalogue inédit. Je 
manque tout à fait d'éclaircissements sur son compte. Peut- 
être fut-elle en concurrence avec Pliilippe d'Espinay, qui, 
dans les autres Catalogues, est inscrite immédiatement après 
Jeanne de Kermeno. 

Armes : « d'hermines à la lêle de loup de sable brochant 
en abîme^ » (Ms. de 1718.) 

XXXVI. 

PHILIPPE a'Espînay, fille de Guy III, sire d'Espinay, 
et de Louise de Goulaines, religieuse à Saint-Georges, devint 
abbesse après le décès de Jeanne de Kermeno, à laquelle elle 
succéda, disent les Catalogues et les Obituaires de l'abbaye. 
Le brevet du Roi qui accorde à Philippe d'Espinay l'abbaye 
vacante par le décès de Jeanne de Kermeno est daté du 
29 avril 1572. Elle gouverna dix ans, de 1572 à 1582, et 
mourut cette année-là, le 20 juin, âgée de 50 ans. 

Armes : « d'argent au lion coupé de gueules et de simple^ 
couronné^ lampassé et armé d'or. » 

XXXVIL 

GABRIELLE de Maure est portée sur la liste des ab- 
besses de Saint-Georges par D. iMorice. « Elle lit, dit-il, ser- 
ment de fidélité au Roi en 1598 et mourut la même année. » 
Je ne sais sur quels documents s'appuie le savant Bénédictin. 

vilégcs, franchises, droits et libertés concédés par ses prédécesseurs, ducs de 
Bretagne el rois de France. ^ 



— 425 — 

Toujours est-il que je ne trouve (iahricUe de Maure mention- 
née dans aucun des Catalogues manuscrits et inédits que j'ai 
compulsés. 

Marquize de Beaucaire est |)artout inscrite comme succé- 
dant, sans intermédiaire, à Pljili])[)e d'Espinay. 

La iMaison de iMaure porte : « de gueules au croissant vairé 
d^argent et d'azur. » 

M. Ilauréau [GalUa Chrisdana^ t. XÏV) raconte qu'aussitôt 
après le décès de Philippe d'Espinay, les religieuses de Saint- 
Georges procédèrent à l'élection de leur abbesse, qu'il ne 
nomme point (1). Le courrier chargé de transmettre au Pape 
le résultat de l'élection et de solliciter les Bulles pontificales 
pour la nouvelle titulaire, fut arrêté par les partis armés qui 
battaient la campagne autour de Bennes. Le duc de Mercœur, 
en apprenant la mort de Philippe d'Espinay, lit agir auprès 
du Pioi pour obtenir la nomination de sa parente, Marquize 
de Beaucaire, à la dignité d'abbesse de Saint- Georges; et 
Marquize fut bénite et consacrée en 1583. Elle ne prêta tou- 
tefois son serment de fidélité au Roi qu'en 1599. 

XXXVIIL 

MABQUIZE <le Beaucaire (ou Beauquerre) était fille 
de Jean, sire de Beaucaire, et de Guyonne du Breil. En 1592, 
elle sollicita et obtint, le 17 novembre, un arrêt du Parle- 
ment, autorisant la translation à Rennes de l'exercice de la 
juridiction de Saint-Georges au siège de ïinténiac, à cause 
des troubles et des guerres dont souffrait le pays. Ce docu- 
ment judiciaire est curieux dans les détails historiques qu'il 
révèle. On y apprend que les officiers de la juridiction du 



(1) Celait, je suppose, Gabrielle de Maure. 

28 



— 426 - 

prieuré « ne peuvent plus résider à Tinténiac, de crainte 
d'être pris ou tués par les soldats des garnisons de l'ennemy 
qui sont es villes et places de Dinan, Dol, Cliasteauneuf, La 
Roche-Montbourcher, ïlac et La Iloussaye, souhz deux ou 
trois lieues de Tinténiac. » L'arrêt de la Cour accorde la 
translation demandée sans tirer à conséquence pour Vadvenir : 
— « Pour les causes célères et de petite importance, permis 
aux hommes de Tinténiac de s'entre faire appeler au devant 
du cliasteau de Monmuran, deppendant de ladite jurisdiction 
de Tinténiac et situé au milieu d'icclle, où y a garnison pour 
le Roy, et se y sont retirez quelques uns des advocats et no- 
taires d'icelle jurisdiction de Tinténiac, pour la seurté de 
leurs personnes. » 

Les troubles dont il est ici question avaient pour cause la 
guerre de la Ligue, les expéditions, les combats et les ravages 
des ligueurs et des royaux^ car le duc de Mercœur, depuis 
1592, avait porté le théâtre de la lutte principalement en 
Bretagne, et notamment aux environs de Rennes. Par suite 
de ces dévastations, des excès auxquels se livrèrent les deux 
partis, l'abbaye de Saint-Georges essuya des pertes considé- 
rables : elle vit les maisons de ses tenanciers ruinées, ses 
murs de clôture détruits et son enclos encombré. Après la 
pacification, en 1598, M'"*' de Beauquerre présenta ses très- 
humbles remontrances au Roi, qui les accueillit favorable- 
ment. La Communauté de Ville de Rennes, qui voulait, en 
effet, s'emparer de la majeure partie des terrains au dedans 
de la ville situés sous le lief de l'abbaye, s'opposait à ce que 
les murs d'enceinte du monastère fussent rétablis sur leurs 
anciens fondements. Dans ses lettres patentes du 11 octobre 
1001, Henri IV reconnut l'injustice des prétentions de la 
ville, qui ne céda pas tout d'abord. Une procédure s'ensuivit 
devant le Parlement de Bretagne, lequel enlin entérina les 
lettres royales et rejeta les conclusions des bourgeois et de 



— 427 — 

leur jjrorunnir-syndlc, SébasticMi Fraiii, sieur du Chosnay. 

En lol)(), dame Marquize de Heauquerre, abbesse de Saint-^ 
Georges, alVerniait, moyennant !2,oOO livres tournois pour 
trois ans, à Michel Marchant, les moulins de Saint-llellier et 
ceux de la Porte, dits aussi « moulins de la Poissonnerie 5 » 
le bail est signé, en outre de l'abbesse, par M'"'' Jeanne de 
la Varye, prieure^ Louise Menier, soubz-prieure ^ Jeanne de 
Feschal, dépositaire^ Jullienne des Yaulx, portière^ Marie du 
Pin, scelerière^ Jacquemine de Bordes, secretainne^ Jeanne 
du Hodéru, grenetière^ Perronnelle de la Lande, bourcière. 

En 1598, la chapelle de Notre-Dame de la Cité tombait en 
ruines, faute d'avoir été entretenue de réparations conve- 
nables. La Communauté de Ville s'en était emparée et en fai- 
sait, pour ainsi dire, son arsenal. Plus tard, par suite d'un 
traité passé avec messirc Claude du Boûexic, écuyer, sieur de 
la Chapelle, juge magistrat criminel de Rennes, en 1627, sous 
l'administration de dame Françoise de La Fayette, ce véné- 
rable petit monument, que la tradition fait remonter à l'ori- 
gine du diocèse, fut reconstruit; et par acte du 10 juin 1631, 
messire du Boùexic fut autorisé à l'annexer à l'hôtel qu'il 
faisait bâtir sur le terrain contigu à ladite chapelle de la Cité, 
moyennant la réserve des droits de l'abbesse et de son mo- 
nastère. 

L'Obituaire de Saint-Georges inscrit le décès de Marquize 
de Beaucaire au 30 avril 1609; elle avait atteint l'âge de 
76 ans et avait été abbesse vingt-six ans. 

Armes : « écartelé au V^ et 4® d'azur au léopard Uonné 
d'or^ au 2® et 3® de gueules à la croix ancrée d'or. » 

XXXIX. 

FRANÇOISE <le la Fayette, nièce de la précédente 
abbesse, était fille de messire Claude de la Fayette et de 



— 428 — 

(lame Marie d'Alègre. D'abord professe du monastère de Saint- 
l*ierrc-des-Chases, diocèse de Saint-FIour, Françoise l'ut trans- 
férée à Saint-Georges sur la demande de son père, avec l'a- 
grément de sa première abbesse. Dès le 7 mai 1G09, déjà 
coadjutrice de sa tante, M"*'' de Beauquerre, elle reçut du roi 
Henri IV un brevet de survivance; et après la mort de celle- 
ci, le Roi s'empressa d'accorder à M™^ la duchesse de Mer- 
cœur la nomination de Françoise de la Fayette à l'abbaye de 
Saint-Georges. Munie des Bulles du pape Paul V, datées des 
ides de septembre, elle prit possession le 16 novembre 1609 
et fut consacrée le 22 par l'évéque de Rennes, François Lar- 
cliiver, en présence de son père, le seigneur de la Fayette, 
chevalier des Ordres du Roi, et de toute la communauté, qui 
l'accueillait avec une satisfaction unanime (1). 

Il est certain que la réputation de prudence et d'habileté 
incontestée dont jouissait Françoise ne se démentit jamais. 
Durant cinquante-quatre années qu'elle fut à la tête du mo- 
nastère, l'ordre le plus parfait, la concorde et l'harmonie, 
avec l'exacte observance de la discipline monastique, y ré- 
gnèrent sans interruption. 

Le 24 janvier 1620, une respectable et vénérée religieuse 

(1) Voici la formule latine du serment de fldélité au Pape que prêta, en 
1G09, Françoise de la Fayette, comme abbesse de Saint-Georges : 

« Ego Francisca de la Fayette, abbatissa monasterii monialium Sancli 
« Georgii Redonensis, ordinis sancti Bcnedicti, ab bac hora in antea fidelis 
« et obediens ero beato Petro sancteque apostolice Romane Ecclesie et 
« domino noslro domino Paulo Pape V*", suisque successoribus canonice 
« intranlibus. Non ero in consilio, consensu vcl favore ut vitam perdant, aut 
u membrum, seu capiantur mala captione. Legalum apostolice Scdis in 
« eundo et redeundo honorifice tractabo, et in suis necessitatibus adjuvabo. 
« Possessiones vero ad mensam mei abbatissatus pertinentes non vcndam, 
« ncque donabo, neque impignorabo, nequc de novo infeodabo, vel aliquo 
(i modo alienabo inconsulto Romano Pontifice. Sic me Deus adjuvct, cl bec 
« Sancta Dei Evangclia! » 



— 429 — 

de Saint-Georges mourut ù l'âge de 105 ans; elle s'appelait 
Julienne des Vauk, et avait été nommée en 1560 prieure de 
Tinténiac, par dame Jehanne de Kermeno, abbesse de Saint- 
Georges. 

Les registres du greffe de la Communauté de Ville de 
Rennes constatent que le député ecclésiastique de la dame 
abbesse de Saint-Georges eut, pour la première fois, entrée 
et voix délibérative dans les assemblées de la Maison de 
Ville, le 9 octobre 1615. Son droit fut consacré par un arrêt 
du Parlement du 29 décembre 1627, bomologuant un arrêt 
du Conseil d'État du 29 mars précédent, lequel approuvait 
un règlement, fait le 6 juillet 1626, par les bourgeois, con- 
cernant les assemblées de la Maison Commune de la ville de 
Rennes. 

Dans une requête adressée au Parlement de Bretagne, au 
nom de M""^ Françoise de la Fayette, pour obtenir la permis- 
sion de relever et rétablir la justice patibulaire « à quatre 
postz « ou piliers de l'abbaye de Saint-Georges, dans la pièce 
de la Sablonnière, on apprend que des lettres royales du 
6 février 1582 avaient dès lors autorisé l'abbesse à transférer 
en cet endroit lesdits piliers ou fourches patibulaires, élevées 
et plantées antérieurement au lieu dit le Gué de Boon (Baud). 
L'acte rappelle que « l'abaye est de fondation ducale, faite 
« par le duc Alain, qui estoit souverain en ce pays de Bre- 
(. laigne, qu'il aurait dottée et décorée de touz droits liono- 
« riliques, et particulièrement de belles jurisdictions qui ont 
« plusieurs membres et dcspendances dont la principalle est 
« et s'extend en ceste ville de Rennes, forbourgs et paroisses 
a de Sainct Pierres en Sainct Georges, Toussainctz, Sainct 
« Germain, Sainct Jean, Sainct Hellier et plusieurs autres 
" j)aroisses à lenteur de ceste ville et ailleurs, en cbascune 
« desquelles jurisdictions la dicte dame a droict de liaulte, 



— 450 — 

« moyenne et basse justice, elle et ses prédécesseurs abcsses, 
a et toujours jouy du dict droict, » etc. 

Le lecteur, en se reportant au chapitre VIII des Prolégo- 
mènes, y trouvera un extrait d'une notice historique inédite, 
qui complète ce qui concerne l'administration de Françoise de 
la Fayette. 

On peut dire que la vénérable abbesse mit le sceau à 
l'œuvre de la réforme de Saint-Georges. Sentant ses forces 
décliner, elle prit pour coadjutricc, en 1652, sa nièce, Mag- 
delainc de la Fayette, formée à son école et imbue de ses 
traditions. Elle mourut en 1663, le 30 juin, âgée de 75 ans. 

Armes ; « de gueules à la bande d'or^ à la bordure de 
vair. » 

En 1659, l'abbaye reçut de Rome un précieux envoi de re- 
liques de plusieurs corps saints extraits des Catacombes, dans 
le quartier dit « Cimetière de sainte Cyriaque. » L'acte au- 
thentique original qui accompagnait cet envoi indique les 
noms suivants : S. Bonus, martyr^ S. Silvain, m.-, S. Teu- 
somius, m.-, S. Joachim, m.^ S. Florian, m.-, S. Elisée, m.^ 
S. Tolomée, m.-. S'*' Satice, m.j S'*' Ililaria, vierge^ S. Vic- 
tor, m.^ S. Julian, m., etc. 

Ces reliques furent renfermées dans deux reliquaires en 
argent donnés, en 1698, par M™" de la Bédoyère. 

Le corps de sainte Placide, martyre, fut reçu à Saint- 
Georges en 1694. 

XL. 

MAGDELAINE de lu Fayette, religieuse professe de 
Saint-Georges, fdle de Jean de la Fayette et de Marguerite 
de Bourbon, nièce et coadjutricc de sa tante Françoise, |)rit 
possession le 30 juillet et fut bénite abbesse le 4 octobre 1663 



— 431 — 

par M^"" François de Villcmonlée, évèque de Saint-Aîalo. L'acte 
de la noniii)alion de Magdelaine de la Fayette à la coadjutore- 
rie est du 9 septembre 1652 et signé par la reine Anne d'Au- 
triche, duchesse douairière de Bretagne. Elle fut installée en 
cette qualité le 22 septembre 16o3. 

Son administration fut active et fructueuse pour sa com- 
munauté, qui conserva de son zèle et de ses travaux le sou- 
venir le plus cher et le plus vénéré. C'est à ses soins et aux 
ressources dont elle disposait qu'est due la reconstruction et 
l'augmentation des bâtiments de l'abbaye. Le splendide et 
vaste corps-de-logis qui porte encore le nom de Magdelaine 
de la Fayette inscrit à sa façade méridionale, est son ou- 
vrage (1) -, il fut commencé, comme je l'ai raconté dans les 
Prolégomènes, en 1670^ les premières assises en furent po- 
sées sous les auspices et la bénédiction de M^'' de la Vieuville, 
évéque de Rennes. 

Magdelaine de la Fayette était cousine de la célèbre com- 
tesse de la Fayette (Marie-Magdelainc Pioche de la Vergne), 
dont la réputation littéraire est connue. Ses œuvres, d'un 
style élégant et naturel, sont restées parmi les plus char- 
mantes productions du xv!!*" siècle. Une de ses tantes, Louise 
de la Fayette (en religion Mère Angélique), mourut en 1665, 
supérieure du couvent de la Visitation de Sainte-Marie de 
Chaillot, après avoir fait dans sa jeunesse, par sa beauté et 
son esprit, l'ornement de la Cour du roi Louis XÏIL 

Magdelaine de la Fayette était une femme d'un mérite su- 

(I) Ce vaslc bâtiment contenait au rez-de-chaussée, outre les appartements 
particuliers de l'abbessc, le grand réfectoire, les cuisines, le dépôt, la salle 
d'audience de M"^^ l'abbcsse, avec la grande galerie entre les deux pavillons, 
longue de 190 pieds ; — deux étages de dortoirs, chacun composé de trente- 
huit cellules, sans compter les chambres des pavillons. — Les greniers de la 
mansarde s'étendaient sur une longueur de 258 pieds. Les soubassements 
renfermaient d'énormes caves. 



— 452 — 

poricur-, ses contemporains l'eurent en grande estime. Aux 
renseignements déjà recueillis ci-dessus (Prolégomènes, cha- 
pitre VIÏI), j'ajoute les détails que me fournit l'Obituaire de 
Saint- Georges sur sa mort et ses funérailles. Magdelaine 
mourut le 23 juillet 1G88, et non pas en 1693, comme le 
disent dom Morice et l'abbé Tresvaux : elle avait 6o ans. 
Elle fut inhumée dans le chœur de l'église abbatiale, proche 
l'autel de la Trinité, dans le même caveau que sa tante Fran- 
çoise. Les RR. PP. Rénédictins de Saint-Melaine présidèrent, 
selon l'ancienne coutume, à la cérémonie funèbre. Les autres 
Ordres religieux. Jacobins, Cordeliers, Carmes, Minimes, Au- 
gustins, y assistèrent aussi et entrèrent processionnellcment 
dans la clôture, la croix levée, comme les Rénédictins, pour 
l'enterrement de l'abbesse et la levée du corps. Les Capucins 
restèrent en dehors, où ils célébrèrent un Service. 

Je puis ici donner, dans son texte intégral, l'épitaphe de 
Magdelaine de la Fayette, document précieux qui constate ses 
vertus, sa haute capacité, son tact, ses lumières et les regrets 
universels qu'elle laissa en mourant dans son monastère. 
Lorsque je publiais les Prolégomènes de ce travail, je n'en 
possédais qu'un fragment incomplet. De nouvelles recherches 
dans les titres de Saint-Georges m'ont fait retrouver la pièce 
entière, dans sa rédaction originale. On remarquera l'élé- 
gance du texte latin. 

EPÏTAPIIHIM. 

« Hic jacet Magdalena de la Fayette hujus monasterii quon- 
dam abbatissa. (ienus illi ex antiquis Fayetorum stirpo, generi 
par ingenium, pietas utroque major-, a^tatem ab annis si nu- 
mercs, sacris virginibus pnefuit annos quinquo et viginti, si 
ab omnium desiderio, vix unum. Facile inî[>oravit aliis qua} 
sibimet imperaret^ pra3cepit multa verbo, plura exemplo. Le- 



— 455 — 

ges (ledit, at mores suos. Disciplinam astrinxit, sed amoris 
vinculis^ pr?emiuni piitahatur ei placere, displicerc pœna. 
Ciini tôt tilias mater una regerct, iiemini lacrymas cxpressit, 
nisi moriendo. In rerum divinarum cogitatione mentem de- 
fixerat, voluiitatem in amore. Caetera aut nesciit, aut fastidiit, 
gratiosa tamen apud principes, cujus nomen ubique sparsum 
esset, duni suis ipsa septis se clauderet. Templum ornavit, 
religiosam ramiliam auxit, domum liane a fundamento erexit, 
meliorem sibi paravit in cœlo, quo migravit nono calendas 
(24 juillet) augusli 1688"^^ » 

Les armes de Magdelaine de la Fayette étaient sculptées 
autrefois sur la façade du grand bâtiment abbatial de Saint- 
Georges^ elle portait un écu en bannière ainsi composé : 

« Êcartelé au 1" et 4'^ de la Fayette, qui est de gueules à 
la bande d'or à la bordure de vair; au 2^ et 3*^, de Bourbon- 
Condé, qui est d'azur à trois fleurs-de-Us d'or au baston péri 
de gueules^ surmonté d'un chef de Jérusalem^ d'argent à la 
croix potencée d'or cantonnée de quatre croisettes de même. » 

XLI. 

MAnCiUERITE <lu llalgoët de Kergrée succéda 
à 31""" de la Fayette. Elle était parente de la duchesse de 
Coislin (Magdelaine du ITalgoët) et du cardinal de Coislin, 
évêque d'Orléans et grand-aumônier de France. Elle était 
professe à Saint-Georges depuis plus de trente ans. Son bre- 
vet d'abbesse est daté du 26 août 1688. Les Bulles d'institu- 
tion pour l'abbaye, données à Rome par le pape Innocent XI, 
à Sainte-Marie-Majeure, portent la date du 4 des calendes de 
novembre (20 octobre) 1688. 

Une notice inédite contemporaine résume ainsi les actes de 
son administration : « Son rare mérite la lit demander pour 



— 434 — 

« ahbossc par toute la communauté et accorder par Louis XIV. 
« Elle a signalé sa tendre dévotion pour l'auguste Sacrement 
« de l'autel et pour la Mère de Dieu par des ornements ma- 
« gnifiques, des tentures de tapisserie de mesmc à triple 
a rang, des lampes d'argent et autres œuvres pieuses. Elle a 
« commencé à rebastir le cloître, et l'eût fini, si Dieu n'avoit 
« terminé une si belle vie, au grand regret de toute sa com- 
« munauté qu'elle laissa en bon ordre pour le spirituel et le 
« temporel, le 4 décembre 1714. — Requiescat in pace, » 
Armes : « d'azur au lion morné d'or, » 

L'Obituairc dit que Marguerite du Halgoët fut enterrée sous 
la môme tombe que M'"" de la Fayette : elle avait 88 ans. 

De son temps, une religieuse bénédictine d'Irlande, Marie- 
Magdelaine de Mac-Donell, « très-illustre pour sa naissance 
et sa piété, » et que la persécution religieuse avait forcée de 
se réfugier en France, mourut à Saint-Georges, le 21 jan- 
vier 1703. 

En 1714, le prieuré de la Cbapelle-Janson fut réuni à la 
mense conventuelle, et son titre éteint par la démission de la 
titulaire, Françoise de Keraly. Louis XIV donna, à cet effet, 
des lettres patentes en octobre 1714. 

Le 27 juin 1714, M"^ Marguerite de la Fresnays, prieure 
de Pleubiban, puis grande-prieure de l'abbaye l'espace de 
dix-sept ans, mourut à 74 ans, « très-regrettée de toute la 
« communauté, dont elle estoit la règle vivante par une régu- 
« larité sans interruption et un dégagement universel de toute 
« cliose. Elle répara et orna très-magnifiquement l'église. » 

Ainsi, le gouvernement abbatial de M'"*" du Halgoët, qui 
dura vingt-cinq ans, fut marqué par un zèle actif, dans le 
monastère, pour l'observance de la discipline régulière et 
pour l'amélioration et l'ornement matériel des édiliccs con- 
ventuels. 



— 435 — 

XLII. 

KLIZABETII d'Alègro prit possession de la charge 
d'abbessc le 2 mai 17 io. 

Son oncle, le marquis Yves d'Alègre, eut une belle car- 
rière militaire ^ après s'être distingué dans les campagnes 
d'Allemagne (l'OS), il devint lieutenant-général du Langue- 
doc et ambassadeur d'Angleterre en 17145 enfin, il mourut 
maréchal de France en 1724. 

M™*" d'Alègre était nièce de deux abbesses antérieures, 
M"" de la Fayette et de Beaucaire. 

Le personnel de l'abbaye de Saint-Georges, au jour de la 
prise de possession par Élizabeth d'Alègre, se composait 
ainsi : 67 dames de chœur, 20 sœurs converses, 4 prêtres, 
G domestiques, 6 filles servantes ^ total : 103. 

En 1718, les vieilles cloches de l'abbaye furent descendues 
du clocher, et on en refondit de nouvelles; la plus ancienne 
et la moins grosse de ces vieilles cloches portait la date 
de 1322 (1). 

L'incendie de 1720, qui détruisit tous les quartiers du 
centre de Rennes, causa d'énormes préjudices à l'abbaye de 
Saint-Georges. Un Mémoire présenté au Roi, en 1724, par 
j^pe (i'^|(\gre, fait connaître combien les intérêts temporels 
de la communauté avaient été lésés par diverses causes. 

« L'abbaye de Saint-Georges, dit ce document, vient de 
faire des pertes considérables par le remboursement de ses 
rentes, l'incendie de ses fiefs, la désolation de ses moulins et 
maisons que des orages ont renversés ; son droit de pêche, 
ses prés dits de Saint-Georges, ses moulins de Saint-Hélier 

(1) On y lisait l'inscription suivante, déchilTrée et consignée en note aux 
archives du nnonaslùrc : « Mandem îaudcm spontaneam, honorcm Deo^ 
Patrie liber acionem, Vox Dei. Ànno M.CCC.XX.ll. » 



» 



~ 456 — 

et (le la Poissonnerie, qui l'ont ses principaux revenus, sont 
en proie au public, par rapport aux nouvelles écluses, au 
transport des pierres et autres matereaux, au four à chaux et 
aux autres arrangements ordonnés par Sa Majesté pour le ré- 
tablissement de la ville de Rennes. » 

Le Mémoire concluait par une supplique au Pioi, pour qu'il 
voulût bien accorder à l'abbaye des secours et dédommage- 
ments, comme en provision de bois de chauffage, en exemp- 
tions de droits sur les denrées affectées à l'alimentation de la 
communauté. 

En 17121, Élizabeth obtint du Roi un brevet d'union des 
prieurés de Tinténiac et de Plougasnou à la mense conven- 
tuelle de l'abbaye. La même mesure fut appliquée, en 1727, 
aux prieurés de Plubihan et de Saint-Georges de Gréhaigne, 
par arrêt du Conseil d'État. 

En 17!22, la tour et les arcades du carré central de l'église 
abbatiale, qui portaient le grand clocher, menaçant ruine, on 
prit le parti de démolir cette tour^ et le clocher qui la sur- 
montait, et qui s'élevait à plus de 200 pieds de hauteur, fut 
supprimé. 

La mort d'une sainte religieuse de Saint-Georges est notée 
îi cette époque dans les annales du monastère. Je lis en effet 
dans l'Obi tuaire : « Le IG*" d'octobre 1727, est décédée en 
odeur de sainteté sœur Louise-Charlotte du Rohello, dame 
de Quenuen, âgée de 81 ans. (Obituaire de Saint-Georges, 
1523-1789). 

En 1730 commença entre l'abbaye et la Communauté de 
Ville un long procès relatif à l'enclos des jardins de Saint- 
Georges, en dehors de la ceinture des fortifications, des murs 
d'enceinte et des fossés établis au xv*" siècle sur le terrain du 
monastère. 

Le maire et les échevins de Rennes voulaient s'emparer 
d'une partie de la propriété des religieuses, pour créer une 



— 457 — 

promenade, un quai et un port auquel on donna le nom de 
rinlendant de Bretagne, M. de Pontcarré de Yiarmes. De 
1735 et 1738 à 1746, etc., il y eut de nombreux échanges 
de consultations et de Mémoires présentés par les deux par- 
ties au Grand Conseil du Roi, qui rendit à cette occasion 
arrêts sur arrêts (1). La discussion se prolongea pendant près 
de vingt ans, et ne fut terminée que sous le gouvernement 
de M™'' de Chaumont. Cependant M"" d'Alègre ayant obtenu 
le droit de se clore, lit environner de murs tout l'espace 
compris entre le nouveau quai de Yiarmes, le chemin Neuf, 
dit alors « chemin de l'Abreuvoir, « la rue Hux et le vieux 
mur d'enceinte de la ville enveloppant l'abbaye. 

On lit dans un des Mémoires servis au Conseil par l'ab- 
bcsse de Saint-Georges, le débornement ainsi tracé des dé- 
pendances du monastère d'après les titres primitifs de fonda- 
tion : 

« Depuis le pont de Saint-Germain à aller à la place du 
« Palais au-dessus de la porte Saint-François, en prenant la 
« rue du Point- du- Jour, se rendant à l'enclos de Saint- 
« Melaine-, de cet enclos vers Bellevue, descendant vers la 
ce rivière au-dessus des moulins de Joué, et descendant la 
« même rivière jusqu'aux moullins de la Poissonnerie; tout 
« le terrain compris dans ces débornements appartenoit à 
« l'abbaye. — De ce terrain une partie avoit été conservée 
« en propriété par l'abbaye, l'autre partie afféagée, etc. « 

En 1731, le 12 août. M""' Jeanne du Fay de Silly, abbesse 
de N.-D. de la Joie, près Hennebont, vint mourir à Rennes, 
et ses obsèques solennelles furent célébrées dans l'église ab- 
batiale de Saint-Georges, où on l'inhuma dans le chanceau. 

(1) L'abbaye avait pour principal conseil et avocat le jurisconsulte éminent 
Anneii de Souvcnel ; le maire et les éclievins de Rennes lui opposaient l'au- 
torité et l'opinion de l'illustre légiste Du Parc-Poullain. 



— 438 — 

A l'agc de 80 ans, M*"^ Élizabeth d'Alègrc vit venir la mort 
avec confiance en Dieu, au milieu de l'alï'ection et des regrets 
de toute sa communauté. 

Armes : « de gueules à la tour d'argent maçonnée de sable^ 
accostée de six fleur s-de-lis d'or^ trois en chaque flanc. » 

XLIII. 

JUDITH de Cliaumont <lo Guitry succéda à M™* 
d'Alègre. Nommée par brevet du Roi, en date du 7 sep- 
tembre 1741, elle prit possession le 17 octobre 1742. Elle 
avait été bénite abbesse, à Paris, le 19 août 1742, par M^"^ de 
Saint-Jal, évéque de Castres, dans l'église du noviciat des 
PP. Jésuites. Son administration religieuse fut sage, pru- 
dente, et se passa dans le calme de la régularité monas- 
tique. 

Les intérêts temporels de l'abbaye trouvèrent en M"^ de 
Chaumont Guitry une zélée et active protectrice. La défense 
des droits de sa communauté lui donna, de 1744 à 1748, 
plus d'un souci ^ enfin les débats avec la vîlle et ses repré- 
sentants furent terminés par un arrangement à l'amiable ou 
concordat passé le 19 août 1749, avec l'arbitrage et d'après 
les conseils de M. Anneix de Souvenel, muni des pleins pou- 
voirs de l'abbesse de Saint-Georges. 

A l'occasion de l'établissement d'un dépôt de mendicité, 
ordonné par Louis XV, l'abbaye échangea un terrain faisant 
partie de son domaine avec la portion de muraille de la ville 
comprise entre la porte Saint-Georges et le quai de Vi armes. 
La transaction intervenue à ce sujet, en 1771, fut mal exé- 
cutée, malgré les réclamations de l'abbesse. 

La Communauté de Ville élevait sans cesse de nouvelles 
prétentions, au détriment du monastère de Saint-Georges. Le 
lî2 février 1778, un traité mit fin aux contestations pendantes 



— 439 — 

entre les deux parties, qui se firent des concessions réci- 
proques. 

Enlin, des lettres patentes du roi Louis XVI, en août 1779, 
accordèrent à l'abbaye la propriété pleine et entière du mur 
de la ville et de la tour dite « la Glacière, » depuis le port 
de Yiarmes jusqu'à la porte Saint-Georges. Un arrêt du Par- 
lement, rendu le 19 juin 1780, prononça en dernier ressort 
sur la contestation entre la ville et l'abbaye, en homologuant 
et enregistrant ces lettres patentes. 

Le 6 février 17G7, décéda à Saint-Georges M"^ Justine de 
Mornière de Coëbo, grande -prieure de l'abbaye, âgée de 
73 ans. « Elle avait fait, dit l'Obituaire, décorer nostre eglize 
d'ornements, de linges, d'un pavé magnifique et autres bien- 
faits. » 

M""* Judith de Chaumont prolongea sa carrière vénérée 
jusqu'à l'âge de 10i2 ans. Elle s'éteignit le 1" juin 1779. 

Ses funérailles furent célébrées avec une grande pompe. 
M^"" l'évêque de Rennes, qui était alors messire François 
Bareau de Girac, présida aux cérémonies funèbres et officia 
lui-même à la messe d'enterrement, le 7 juin, et au service 
solennel, huit jours après. Le corps, après avoir été exposé 
sur un lit d'honneur, fut descendu dans le caveau des ab- 
besses. Les RR. PP. Bénédictins, les Carmes, Minimes, Au- 
gustins, firent, chacun à leur tour, prières et Service pour 
l'âme de la défunte abbesse. 

Armes : « d'argent au mont de sable fumant de gueules, » 

L'année même de la mort de M""^ de Chaumont, le 22 juil- 
let, mourait, à 91 ans, une autre respectable religieuse de 
Saint-Georges, Anne-Gabrielle du Halgoët, prieure de Pleu- 
bihan. L'Obituaire s'exprime ainsi à son sujet : « Elle avoit 
employé la plus part des revenus de son prieuré au soulage- 
ment des pauvres et pour le bien estre de notre abbaye. Elle 



— 440 — 

avoit, entre autres choses, fait faire les armoires du dépôt et 
fait mettre en ordre les arcliives^ fait faire la balustrade en 
fer du clKCur extérieur de l'eglize de nostre abbaye, et donné 
mille livres pour l'entretien des ornements et linges de nostre 
sacristie. » (1) 

XLIV. 

JULIE Oareau <le Gîrac, issue d'une noble famille 
de la province d'Angoumois, sœur de M*^"^ de Girac, d'abord 
évoque de Saint-Brieuc, puis de Rennes, depuis 1769, rem- 
plaça sur le siège abbatial la vénérable centenaire qui l'y 
avait précédée. Elle fut la dernière abbesse de Saint-Georges. 
Elle était religieuse professe dans l'abbaye de Sainte-Croix de 
Poitiers, lorsque le roi Louis XVI signa ses provisions pour 
l'abbaye de Saint-Georges, le 6 juin 1779. Le pape Pie VI 
lui délivra ses Bulles le 3 des nones de juillet (o juillet), et 
les cérémonies de sa prise de possession portent la date du 
22 août. Elles eurent lieu en présence du frère de l'abbesse, 
l'évêque de Rennes, de M. de Catuelan, premier président au 
Parlement de Bretagne, de plusieurs conseillers et de membres 
de sa famille. 

M™* de Girac portait dans l'écu de ses armes : « ècartelé 
au V d'argent à la fasce de gueules; au 2®, d'argent à la 
tour de sable; au 3*', de gueules au lion d'argent; au 4% d'a- 
zur à la fasce d'or^ soutenue en pointe d'une étoile de même 

(l) En 1777, le 30 décembre, mouriil à Sainl-Gcorges sœur Françûisc- 
Gilcllc Primaigner, dile en religion « Michelle de Sainle-Anne, » religieuse 
professe du chœur, de l'Ordre de saint Dominique au couvent dit des Calhe- 
rinctlcs, « elably, dit encore TObiluairc, près la rue lïui (aujourd'hui rue 
de Paris) de celle ville où l'est acluellemcnl le petit Séminaire; ce couvent 
ayant esté supprimé faute de revenus suHîsants, ladite dame demanda à être 
transférée pensionnaire dans celle abbaye (de Saint-Georges), où elle a été 
enterrée. » 



— 441 — 

au chef denchè d'or; sur le tout d'or au chevron de gueules^ 
accompagné de trois croissants de même. » 

[.e dénigrement et la calomnie qui s'attachaient à l'i^^glise, 
à toutes les œuvres, à toutes les institutions chrétiejines pen- 
dant la triste période contemporaine de l'administration de 
M"^ de Girac, ne trouvèrent ni dans sa personne, ni dans la 
communauté qu'elle dirigeait, nul aliment à leurs déclama- 
tions et à leurs cyniques railleries. 

C'est dans l'exercice de la plus exacte discipline cénobi- 
lique et dans la fidélité aux traditions de son Ordre, que 
M"® de Girac vit approcher l'orage révolutionnaire et s'orga- 
niser la persécution religieuse au nom de la liberté^ de Véga- 
lité et de la fraternité. 

Digne fdle de saint Benoît, elle resta à son poste, entourée 
de ses sœurs, jusqu'au dernier jour de paix que leur accorda 
la brutale intolérance de l'impiété. 

Lorsqu'au mois d'avril 1792 on exécuta, à Rennes, les dé- 
crets de proscription et de spoliation portés en 1790 contre 
les Ordres monastiques, l'abbesse et les religieuses de Saint- 
Georges montrèrent une noble fermeté, une sainte énergie. 
Aux agents du district et aux officiers municipaux qui vinrent 
leur signifier leur expulsion, elles répondirent que la force 
seule pourrait les obliger à quitter leur monastère. 

On les chassa impitoyablement. Les portes de l'abbaye 
s'ouvrirent une dernière fois pour rejeter dans le monde, 
hors de l'asile de leur choix, les pieuses femmes, fidèles à 
leur devoir et à leurs vœux monastiques. 

Elles se réfugièrent d'abord au monastère de la Retraite, 
dite Maison des Dames Rudes, dont l'existence était encore 
tolérée provisoirement^ de là, l'abbesse adressa aux adminis- 
trateurs du district des requêtes qui ne furent pas écoutées j 

29 



— 442 — 

c'était au mois do juin 1792 (1). Les événements se précipi- 
taient; la Terreur préludait à sa hideuse domination : il fallut 
fuir et se disperser. 

M'"^ Julie ]{areau de Girac ne survécut guère à la destruc- 
tion de sa communauté; les angoisses et la douleur abré- 
gèrent sa vie; elle mourut à Rennes, le 19 janvier 1791, âgée 
de soixante ans seulement. 

De ses compagnes, au nombre de vingt-quatre, expulsées 
avec elle de l'antique abbaye, vingt-deux lui ont survécu. Sauf 
une seule, victime de la Terreur, et qui périt sur l'échafaud, 
elles ont disparu, les unes après les autres, isolées dans les 
asiles que la Providence leur ménagea, et où leurs vertus et 
leur résignation firent l'édification de ceux qui furent les té- 
moins de leurs derniers jours. 

En 1814, il existait encore neuf dames de chœur, deux 
novices et quatre sœars converses. C'étaient les débris vi- 
vants de l'ancienne communauté de Saint-Georges. Réunies à 
Rennes, elles firent faire auprès du roi Louis XVIII des dé- 
marches pour être remises en possession des bâtiments claus- 
traux de l'abbaye, servant de caserne depuis l'expulsion des 
religieuses en 1792. Une requête présentée au Roi, au mois 
de novembre 1814, au nom de ces dames, comme anciennes 
propriétaires, demandant à être réintégrées dans leur pro- 
priété non vendue, bien qu'usurpée par l'État, n'eut aucun 

(1) Une de ces requêtes avait trait à la réclamation faite par l'abbesse des 
insignes de sa dignité, des livres de chœur du nionaslère, enfin d'un portrait 
fort ancien d'Adèle de Bretagne, fondatrice et première abbesse de Saint- 
Georges, portrait conservé avec soin dans l'abbaye depuis près de huit cents 
ans, dit la requête. — Les administrateurs fondèrent leur refus sur ce que 
l'abbaye n'existait plus à titre de communauté, étant détruite par l'exécution 
de l'arrêté du département du 26 avril 1792. (Arch. départ,, 1 Q-r.8, Do- 
maines nationaux, district de Uennes.) 



— 445 — 

succès et n'aboutit pas. Il leur fallut se résigner à finir dans 
l'isolement (1). 

La dernière religieuse de Saint-Georges, dame Mathurine- 
Charlotte Laniour de Langégu, est morte à Rennes, le 30 no- 
vembre 1843, à l'âge de 89 ans^ elle était née le 19 dé- 
cembre 1754. 

Pour compléter la notice relative à la dernière abbesse de 
Saint-Georges, je joins ici, en forme d'annexés et de pièces 
justificatives, quelques indications tirées des Arcbives dépar- 
tementales (fonds des arcbives administratives), et un extrait 
des procès-verbaux constatant l'expulsion des religieuses bors 
de l'abbaye. 

Dans la sécberesse de leur rédaction officielle, ces docu- 
ments ont leur éloquence et leur intérêt. 



LISTE DES RELIGIEUSES 

Et autres Sœurs de la Communauté de Saint-Georges 

en t9Sl (2). 

Sœur Julie Bareau de Girac, abbesse de Saint-Georges. 

Sœur Magdelaine de Lesquen, prieure de Saint-Georges. 

Sœur Renée de Launay. 

Sœur Françoise Hingant de Saint-Maur. 

Sœur Thérèse du Boisboissel. 

Sœur Angélique de Ravcnel. 

Sœur Bonne Hingant. 

Sœur Françoise Pioger. 

Sœur Françoise de la Moussaye. 

(l) Archives départ., 5 V-9. 
(2} Archives départ., 1 Q-300. 



_ 444 — 

Sœur Françoise Bonin. 

Sœur Anne de la Forcst. 

Sœur Anne Lcziart. 

Sœur Marie de la Noë. 

Sœur Anne Piogcr. 

Sœur Anne Nouel. 

Sœur Jeanne Noiiel. 

Sœur Angélique Picot. 

Sœur Françoise du Rocher. 

Sœur Marie Pioger. 

Sœur Sainte Le Daën. 

Sœur Emilie Pioger. 

Sœur Ursule Le Lymonnier. 

Sœur Mathurine Lamour. 

Sœur Marguerite du Plessix, novice. 

Sœur Françoise Jouneau, novice. 

Sœur Rose du Plessix, postulante. 

sœurs converses. 

Sœur Ursule Jarnier. 
Sœur Magdelaine Forest. 
Sœur Charlotte Lucas. 
Sœur Françoise Aubry. 
Sœur Dorotée Andrée. 
Sœur Hélène Fablet. 
Sœur Marie-Jeanne Ladohier. 
Sœur Anne Sauvé. 
Sœur Marguerite Hegendre. 
Sa'ur Marthe Le Saige. 



[Archives d^partcmcn laies, l Q-300, — DOMAINE NATIONAL.] 

'1 8 janvier \7d\. — Sommation aux religieuses par les commis- 
saires de la municipalité, Sevcstre et Robinet lils, de procéder à 
l'élection au scrutin d'une supérieure et d'une économe à la plura- 



— Wi - 

lité (les suffrages, conforincment aux décrets de l'Assemblée Natio- 
nale de septembre et octobre 4790. — Refus des religieuses. — 
Déclarant lesdites religieuses : « ("Qu'elles veulent vivre et mourir 
« dans la règle qu'elles ont embrassée et qui leur a été donnée par 
tt l'Église; — 2** qu'elles conserveront jusqu'à leur mort l'habit 
« qu'elles ont pris, conforme à leur règle et à la pauvreté qu'elles 
« ont vouée, et consacré par les bénédictions spéciales de l'Église ; 
« — S*' que le vœu d'obéissance qu'elles ont fait ne pouvant être 
« rempli où il n'y a pas de supérieures légitimes, et ne pouvant 
« reconnaître pour telles que celles qui leur sont données par les 
« règles de la maison et l'autorité de l'Église, elles ne peuvent 
« adopter aucun changement dans le régime de leur maison. » — 
Le 48 janvier \70\. — Signé de toute la communauté. 

Madame l'abessc a également demandé l'insertion de la déclara- 
tion suivante : « Je soussignée abesse de l'abbaye de Saint-Georges 
« déclare être absolument dans les mêmes sentiments, et ne pou- 
a vant laisser une maison religieuse sans supérieure légitime, ni 
« être déchargée des devoirs de ma place que par l'Église dont je 
« tiens mon authorité, je déclare, de plus, être résolue à exercer les 
a fonctions d'abesse jusqu'à ce que l'Église n'en ait autrement or- 
tt donné. » — Signé : S. J. Bareau de Girac. 

30 juin noi. — Commissaires : Veillon, officier municipal; Le 
Graverend, substitut du procureur de la commune. — Deuxième 
sommation, au nom du Directoire du district et du Corps munici- 
pal, de procéder immédiatement à l'élection d'une supérieure; — 
refus des religieuses, qui déclarent persister et qu'elles trahiraient 
leur conscience si elles procédaient à l'élection dont il s'agit. 



[Archives di^partcmcntalcs, i Q-300. — DOMAINE NATIONAL.] 

L'an 4792, le 2'' jour de mai. Tan IV de la liberté, nous, Jean- 
Baptiste-Marie-Joseph Anger, commissaire administrateur du dis- 
trict de Rennes, et Charles Rouxel, commissaire de la municipalité 
de Rennes, etc., raportons nous être transporté ce jour, aux neuf 



— 440 — 

heures du matin, à l'abbaye de Saint-Georges, à l'effet d'exécuter 
l'arrêté du Directoire du département en date du 24 avril dernier, 
et parlant à la demoiselle Duval, tourière, nous l'avons interpellée 
d'avertir Madame la cy-devant abesse que nous désirions entrer 
dans l'intérieur de la maison pour procéder à l'inventaire des effets 
qui y existent, etc. ; qu'en conséquence, nous prions ladite dame 
abesse de donner les ordres nécessaires pour nous mettre à lieu de 
remplir notre mission; ce à quoi, parlant à ladite dame abesse, elle 
a d'abord témoigné beaucoup de répugnance, et sur ce que nous 
lui avons représenté qu'elle alloit nous exposer à recourir aux voies 
de rigueur, elle nous a fait ouvrir les portes. Étant entrés, etc. 
(Suit le détail de l'inventaire.) 

Journées des 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9 mai. 

44 mai. — Nous commissaires susdits parlant à ladite dame 

de Girac, l'avons sommée de nous faire faire ouverture de l'inté- 
rieur de la maison, à l'effet de procéder au récolement et à l'enlè- 
vement de l'argenterie et autres effets contenus dans les sacristies 
intérieure et extérieure, dans la chapelle des Morts, et mentionnés 
cy-devant en notre présent procès-verbal. L'ouverture nous a été 
faite ; nous avons procédé au récolement et à l'enlèvement de l'ar- 
genterie et des effets contenus dans le cœur, en l'absence des reli- 
gieuses, aucunes d'elles n'ayant voulu assister à cette opération 

Le 46 mai 4792, nousdits commissaires parlant (à M™^ de 

Girac), nous l'avons sommée de nous faire ouverture de l'intérieur, 
à l'effet d'assister à sa sortie de la maison et à celle des religieuses 
et sœurs qui la composent, a répondu que son intention et celle des 
religieuses n'étoit pas de sortir de la maison ; en conséquence, elle 
refusoit formellement de faire faire l'ouverture que nous lui deman- 
dions ; nous l'avons itérativcment sommée de faire ouvrir, elle a 
constamment refusé. Nous lui avons annoncé que nous allions faire 
ouverture réelle par le sieur Lamotte (serrurier) ; à quoi elle s'est 
retirée du parloir. Nous avons donné ordre audit sieur Lamotte 
d'employer les moyens nécessaires pour ouvrir la porte de clôture, 
ce qu'il a fait ; étant parvenus sur la terasse et entrés dans la gale- 
rie, nous avons trouvé la porte du cloître fermée à clof. Nous avons 
requis le sieur Lamotte d'en faire ouverture réelle, ce qu'il a fait; 



- 4i7 — 

nous avons ensuite parcouru le cloître et les dortoirs, sans avoir 
rencontré aucunes religieuses; nous avons pense qu'elles pourroient 
être ou au chœur ou à la chapelle des Morts ; nous y avons trouvé 
toutes les religieuses, excepté Mesdames Saint-Maur et Boisboissel ; 
parlant auxdites dames assemblées, nous les avons sommées de sor- 
tir sur-le-champ de la maison, six à six, et de nous déclarer l'en- 
droit où elles entendoient se retirer, leur annonçant que nous 
avions eu la précaution de faire venir six chaises pour leur transla- 
tion. Lesdites dames ont répondu par l'organe de Madame de Girac, 
que puisqu'elles étoient obligées de céder à la force que l'on parois- 
soit vouloir employer contre elles, elles demandoient.à aller chez 
les Dames Budes. 

Nous avons accédé à leurs désirs, et en conséquence les six 
chaises dont nous nous étions pourvus n'étant pas suffisantes pour 
transférer audit lieu toutes les religieuses, qui nous ont demandé 
en grâce à partir ensemble et priés de permettre qu'elles fissent ve- 
nir des chaises et voitures de leurs parents et amis, nous y avons 
accédé; et les voitures et chaises étant arrivées, lesdites dames y 
sont entrées et ont été conduites aux Dames Budes; après quoi, 
nous nous sommes occupés du délivrement des effets appartenant 
auxdites religieuses, et leur avons délivré, sur leur réquisition, co- 
pie du présent acte, en la personne de Madame de Girac, et avons 
signé : Anger, — Rouxel, — Duval le jeune. 

Du ^ 8 au 28 may ^1792, transport des effets des cy-devant reli- 
gieuses aux Dames Budes, l'Hôpital-Général, rue Saint-Michel... 

Du 20 mai au ^8 juin, vente de tous les effets appartenant à la 
Nation (voir procès-verbal de vente), à l'exception des livres, des 
tableaux et des effets contenus dans l'appartement des archives. 

En ni)!, quarante- trois personnes dans la maison de Saint- 
(ieorges : vingt-quatre dames de chœur, trois novices, une postu- 
lante, onze sœurs converses, une sœur donnée et trois tourières. 



— 448 - 

[Archives départementales. — Biens NATIONAUX, district de Rennes, 

(liasse 4).] 

An II (1703) de la Rcpu])liquo. — Procès-verbal d'estimation du 
grand jardin de la ci-devant abbaye de Saint-Georges, rue de Paris. 
— Maison et jardin sous le n° 2, rue de Paris, ci-devant dépendants 
du jardin de Saint-Georges... la maison située au midy du pavé de 
ladite rue, servant de logement au jardinier... portail sur la rue... 
autre portail au midy. — Dans la partie occidentale du jardin, un 
très-grand perron en pierre de taille, pilastres et grille de fer, et 
vases; grande voûte sous la tcrrace de ce côté... Grand jardin au 
midy dudit bâtiment (au nord)... dans la forme d'un polygone irré- 
gulier, avec double terrace et perron au septentrion, autre terracc et 
talus à l'angle nord et est, se prolongeant d'orient vers occident jus- 
qu'à la maison... Un très-grand arrivoir à l'occident, rempli d'eau 
vive, garni de murs de revêtement au nord et au midy, avec perron 
et marches à l'orient et occident et midy pour descendre et laver le 
linge. — Différents bosquets à l'occident et midy avec perron, avec 
doubles allées couvertes et arbustes en lorier; ledit jardin est clos 
dans tout son pourtour, garni d'arbres fruitiers en espaliers en bon 
état; plusieurs allées forment différents quarrés garnis également 
de bons arbres fruitiers, lesdits quarrés en rapport; lequel jardin et 
dépendance contient en superficie réduite, tout compris, cinq jour- 
naux environ; ce que nous estimons valloir, dans son état, la 
somme de quinze mille livres. Le tout borné au septentrion par le 
pavé de la rue de Paris et la maison du citoyen Vilgaudin, au midy 
par le port de Viarmes, à l'orient par le chemin communiquant à 
la rue de Paris, à l'occident par l'ancien mur de ville. 



Pour composer ce Catalogue, je ne me suis pas contenté 
de consulter et de vérifier, en les compulsant, les listes déjà 
connues et |)ubliées par le P. Albert-le-Grand, D. Morice et 
D. Taillandier, l'abbé Trcsvaux, llauréau (tome XIV de la Gai 



— 449 - 

lia Christiana)^ les frères Sainte-Marthe, Claude Robert, etc.-, 
les notices et renseignements que fournit le P. du Paz dans 
son Histoire généalogique des Maisons illustres de Bretagne; 
j'ai surtout eu recours aux sources non encore explorées. 

iMon savant et excellent ami, M. Arthur de la Borderie, a 
bien voulu, sur ma demande, faire faire des recherches à la 
Bibliothèque nationale, — dans la collection des portefeuilles 
des Blancs-Manteaux^ où se trouvent une liste des, abbesses 
de Saint-Georges dressée par M""^ du Boisbaudry-Langan, 
di'jà utilisée par des travaux antérieurs^ des notes manus- 
crites du P. du Paz ; — dans le texte du Monasticon Gallia- 
num. Ces recherches, dont je tiens à remercier ici M. de la 
Borderie, m'ont confirmé dans la conviction que ces docu- 
ments inédits ne contenaient rien de nouveau relatif aux 
abbesses de Saint-Georges. 

La liste recueillie par M™^ du Boisbaudry, dame de Lan- 
gan, religieuse à Saint-Georges, et qui y est morte à 82 ans, 
en 1728, contient seulement quarante-trois abbesses, et s'ar- 
rête à Marguerite du Ilallegoet. (Vol. 38 des Bl.-M., Mss. 
Fr., 22, 325.) 

C'est dans le fonds de l'abbaye de Saint-Georges, aux Ar- 
chives départementales d'Ille-et-Yilaine (2 H I), que j'ai trouvé 
le plus de documents inédits et d'indications précieuses qui 
m'ont mis à même de rétablir la liste historique à peu près 
complète des abbesses et de rectiiier plusieurs inexactitudes 
dans les Catalogues publiés. 

P. B. V. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS 



Ckoix-ueliqiaire de l'abbaye de Saint-Georges. — On en trou- 
vera jointe au présent volume une très-belle et très-exacte chromo- 
lithographie, exécutée par M. Alph. Leroy. 

Ce reliquaire cruciforme est à double croisillon, comme les croix 
archiépiscopales. C'est, du reste, le type des anciennes croix des 
abbesses bénédictines. (Voir Paul Lacroix, Vie militaire et reli" 
(jicuse au moyen âge, p. 34^.) Telle était, dès le vi° siècle, la croix 
abbatiale de sainte Waudru ou Waltrude, abbesse et patronne de 
Mens. 

La croix de Saint-Georges est peu précieuse pour la matière; elle 
est en bois, recouverte au revers et encadrée à la face antérieure 
de cuivre doré ; les parties de bois à découvert sont marquées de 
fleurons gravés en creux. Cette croix, qui n'est pas antérieure à 
la fin du xvii^ siècle, fait partie de la collection de M. Reuzé, de 
Rennes. Elle renferme à l'intérieur des reliques contenues dans 
neuf petites cases orbiculaires : une au sommet de la croix, six 
dans les doubles croisillons, et deux dans le fût inférieur. 

Voici les noms que j'ai pu lire sur le papier collé à l'intérieur du 
couvercle mobile, — en commençant par le haut de la croix : 

\. S' Clément Mar.; — 2. S^ ant M.; — 3. Agnus Dei; — 

4. S^ Amant Mar.; — o. S^ Clair M.; — 6. {illisible); — 7. S^° Vc- 
recunde M.; — 8. S^ Donatien M.; — 9. S' François de Salle. 



M. O. du Breil Le Breton m'a procuré communication d'un petit 
reliquaire provenant de l'abbaye de Saint-Georges. Après la disper- 
sion de la communauté, cet objet respectable était resté aux mains 
de M'"'' .Marthe Kavencl du Boisteilleul, ancienne religieuse du ino- 



— 452 — 

nastcrc, morte en ^807; et il a été précieusement conservé dans sa 
famille. 

C'est une petite boîte en argent de forme ovoïde, mesurant 6 cen- 
timètres de hauteur sur 4 centimètres et demi de largeur; son 
épaisseur est de 2 centimètres. Le style de ce reliquaire n'est pas 
ancien et n'a rien de remarquable ; je le crois du xvii% peut-être 
même du xviii^ siècle ; il se suspendait par une bellière. Les deux 
faces externes formant couvercle sont ornées de deux miniatures : 
d'un côté, la Sainte Vierge; de l'autre, le Sauveur Jésus, enfant. — 
A l'intérieur, sous les valves, d'un coté, figure de saint Benoît avec 
la crosse abbatiale; de l'autre, sainte Scholastique, en costume 
d'abbesse, portant aussi la crosse ; ces deux figures révèlent un cer- 
tain talent de miniaturiste. — Vis-à-vis l'image de saint Benoît, 
sous des feuilles de talc, et non de verre, sont disposées dans le 
corps de la boîte les reliques : au centre, portioncule de la Vraie 
Croix ; — à l'entour, petits fragments encadrés dans des comparti- 
ments de carton peint et doré : saint Dominique, — saint Félicien, 

— saint Victor, — sainte Agnès, — sainte Placide, — saint Tho- 
mas-d'Aquin, — saint Donat, — saint Rustique, — saint Sénateur, 

— saint Sirnplicicn, — saint Paulin, — saint Théodore, — saint 
Vincent Ferrier, — saint Edouard, — saint Merien. — En face de 
l'image de sainte Scholastique, avec mêmes glaçures et encadre- 
ments qu'au revers opposé : au centre, reliques de saint Georges; 

— à l'entour : saint Thomas, apôtre; — saint Pierre, apôtre; — 
saint Julien, — saint Vital, — saint Sylvestre, — saint Eustache, 

— saint Amand, — saint Josse, — saint Valentin, — saint Alexandre, 

— saint Ililaire, — saint Pierre Ce (peut-être « Célestin »). 

La même vénérable religieuse, M'"" de Ravenel, avait encore en 
sa possession un bénitier portatif provenant également de l'abbaye 
de Saint-Georges, et qui est un objet d'art digne d'être décrit. 

C'est une plaque ovale, en cuivre rouge, émaillé; les émaux, de 
couleur vive, rehaussés d'or, sur fond noir, sont encadrés d'ara- 
besques en émail blanc formant reliei', relevés de noir et complétés 
par des détails dorés. 

Le sujet principal représente saint Georges terrassant le dragon 



— 455 — 

infernal. Saint Georges, en costume de chevalier, est revêtu d'une 
armure verte à reflets dorés ; la tête est celle d'un beau jeune 
homme, coiffée d'un casque romain ombragé de panaches blancs 
ondulés; une draperie rouge flotte sur les épaules du cavalier; le 
cheval est blanc, caparaçonné d'or, avec selle verte rehaussée d'or. 
De sa lance, saint Georges transperce le corps du dragon ailé, qui 
se tort renversé sous les pieds du coursier. Le mouvement du che- 
val et du cavalier a de la grâce. — Sur le contre-émail noir se lit 
l'inscription suivante : « Laudin au fauxbourgs \ de Magninc \ à 
Limoges \ L L. » — Hauteur de l'ovale, 20 cent.; largeur, 18. 

Il y a, de plus, un petit fronton ou couronnement du bénitier, de 
forme semi-circulaire, aujourd'hui séparé de la plaque principale, 
mais qui s'y adaptait. Mesurant 703 millimètres de hauteur, sur 
90o de large, ce fronton porte, sur fond doré, une colombe blanche 
volant au milieu de nuées gris bleu teintées de blanc ; avec encadre- 
ments pareils à ceux de la plaque. Au bas de celle-ci est fixée une 
espèce de coupe ou vasque, également émaillée de rinceaux blancs 
en relief, relevés d'or. 

Ce travail est l'œuvre de Jean Laudin, émailleur, d'une famille 
assez nombreuse d'émailleurs de Limoges ; il travaillait à la fin du 
XVII® siècle et au commencement du xvIII^ On a des émaux de lui 
datés de IG93. 

M. de la Borde, dans sa Notice des Émaux du Musée du Louvre^ 
parle de Jean Laudin; c'est, à son avis, un artiste médiocre; il a 
peint beaucoup de grisailles et quelques émaux en couleur. Son 
œuvre se distingue par un très-beau noir et par l'adresse avec la- 
quelle les blancs sont appliqués. 

Le bénitier de Saint-Georges est une de ses productions coloriées. 

Il y a eu, dit M. de la Borde, deux Jean Laudin, un Noël Laudin, 
un II. Laudin. On les croirait innombrables, tant leur production a 
été féconde. En général, leurs émaux n'ont pas une grande valeur. 

Celui que je signale peut compter parmi les meilleurs de Jean 
Laudin. 



— 454 — 

J'ai vu dans la collection du cabinet d'antiquités de M. Hersent, 
à Rennes, une page in-folio, fragment d'un ancien livre de chœur 
de l'abbaye de Saint-Georges, couverte d'une curieuse enluminure 
exécutée en ^542; elle mérite une description, parce qu'elle a la 
valeur d'un document historique daté, et se rapporte à une époque 
curieuse de l'histoire du monastère. 

C'est une grande feuille de parchemin, placée évidemment comme 
frontispice du manuscrit qu'elle décorait. On y voit un large portail 
grec avec entablement; sur les deux pilastres qui l'encadrent, se 
détache, de chaque côté, une colonne munie de chapiteau, suppor- 
tant l'architrave et la frise. Au-dessus de la corniche supérieure, 
cinq petits anges tiennent, en se jouant, un long cordon dont les 
deux bouts chargés de glands retombent des deux côtés extérieurs 
du portique. — Sur la frise se lit, en capitales dorées, l'inscription 
suivante : « Ostende nobis Domine misericordiam tuam •.• Et salu- 
TARE TUUM DA NOBIS. AvE Rex noster. » — Un pcu au-dcssous, un 
cartouche rattaché au cordon soutenu par les anges porte ces mots : 
(c Salvator mdndi, salva nos. r> — Sur le fond tendu de tapisseries 
à bandes de diverses couleurs, verte, bleue, rouge, celle-ci chargée 
de macles et d'aigles éployées d'argent (blason de l'abbesse désignée 
ci-dessous), se détache le sujet principal. 

L'humanité sainte du divin Sauveur J.-C. est posée sur une es- 
trade. Il bénit de la main droite, — cà la romaine, — l'index et le 
médius avec le pouce élevés, les deux autres doigts repliés. De la 
main gauche, il supporte le globe du monde sommé de la croix. 
La robe du Sauveur est bleuâtre à reflets dorés, son manteau écar- 
late. Au-dessus de la tête plane le nimbe circulaire et crucifère ; à 
ses pieds est agenouillée, en adoration et en prières, toute la com- 
munauté des Bénédictines de Saint-Georges, en tête et sur le pre- 
mier plan l'abbesse, tenant entre ses mains jointes sa crosse abba- 
tiale. Toutes les figures, finement coloriées et tracées avec soin, 
sont probablement des portraits. Ce point a de l'intérêt, car c'est 
l'abbesse Marie de Kermcno, dont la notice biographique n'est pas 
une des moins curieuses du Catalogue des abbesses. 

Tout le groupe des religieuses porte le costume béuédictin : robe 



- 455 — 
noire, grandes coules à larges manches, voiles noirs retombant de 
la tète sur les épaules, par-dessus la guimpe blanche; en arrière, 
sont les novices en voiles blancs. 

Au-dessous de Tabbesse, sur le devant du caiTelage en marbre 
varié, repose l'écu carré de ses armes, sommé de la crosse. C'est un 
a écartelé au ^" et 4" de gueules à (rois macles d'argent^ au 2*^ et 
3^ de gueules à l'aigle éployée d'argent. » A côté est inscrite, en 
lettres d'or, la date de ^542. 

Derrière le troupeau cénobitique prosterné devant N.-S. J.-C, se 
tient debout saint Georges, costumé en chevalier du xvi® siècle; la 
visière de son casque, ombragé d'un flot de panaches blancs, est 
ouverte et laisse voir sa figure jeune et souriante. Sa lance, appuyée 
à son épaule gauche, est ornée d'un penuon blanc chargé d'une 
croix pleine rouge ; la même croix décore aussi la dalmatique ou 
sayon qui recouvre son armure. Il présente au Seigneur ses fidèles 
clientes, conjointement avec saint Benoît, revêtu du costume d'abbé 
et tenant sa crosse, la tête nue et rasée, entourée du nimbe orbicu- 
laire. La posture du patriarche des cénobites d'Occident et l'expres- 
sion de sa physionomie invoquent la protection du Sauveur pour 
ses filles spirituelles. — Sous les pieds du Christ bénissant, on lit 
sur la plinthe de l'estrade : « Benedictio Jesu Christi sit super 

NOS. )) 

Au-dessous du tableau principal, dans une plate-bande régnant à 
la base du portique, sont figurés, comme en bas-relief, quatre 
anges, dont deux, au milieu, supportent un écu en bannière, avec 
la crosse abbatiale. Voici le blason de cet écu : « écartelé; au 4'"^ et 
4® contre-écartelé de Kermeno et du Garo; au 2*^ et 3® de Kerliver^ 
qui est d'azur au sautoir engreslé d'or^ cantonné de quatre lion- 
ceaux de même. » 

Deux autres anges, de chaque côté des premiers, déroulent une 
bandelette flottante sur laquelle est inscrite et répétée la devise : 
« A l'hon-Nelr Dieu, » et la date « 1542. « 



Armoiries dans l'église abbatiale. — D'après une notice des ar- 



— 4^6 — 

chives de Saint-Georges (2 H I, 58), voici les écussons relevés sur 
les vitres de l'église abbatiale au commencement du xvii'' siècle. Ces 
notes rae paraissent très-incomplètes. 

Au fond de l'abside, au-dessus du maître-autel, dans la fenêtre 
cintrée munie de meneaux refaits au xvi® siècle, le vitrail portait, 
en supériorité, les écussons des abbesses de la Maison d'Espinay 
(il y en a trois). 

Au-dessous, dans deux compartiments de style flamboyant, l'An- 
nonciation : à gauche, l'ange Gabriel annonçant le mystère de l'In- 
carnation; à droite, la Vierge agenouillée recevant la nouvelle 
céleste. 

Au-dessous et sur un même rang, dans les trois panneaux de la 
passée horizontale, un premier écusson aux armes d'Espinay; un 
second : parti j au 1°'' du Guesclin^ au 2" de Sévigné; le troi- 
sième : écu parti de gueules à la fasce d'hermines^ qui est la Cha- 
pelle-Molac, et d'argent à la fasce d'azur accompagnée de trois 
roses de gueules, qui est Mallier de Chassonville et du Brossay 
Saint-Grave. 

A la verrière du chœur, côté droit du maître-autel, est un écus- 
son d'Espinay. — A la verrière de l'autel de la Vierge, mêmes bla- 
sons qu'à celle du maître-autel. — Au vitrail de la Sacristie et à 
celui du Rosaire, comme à celui de la porte mortuaire, écussons 
d'Espinay. 

Au haut des deux piliers de pierre de taille du Rosaire, sont 
sculptés deux écussons en relief, d'hermines au chef de gueules 
chargé de deux fteurs-de-lis, armoiries du Quellenech. 

La litre, ou ceinture armoriée de l'église, offre alternativement 
le blason d'Espinay et celui de du Guesclin. 



Au chapitre P"" des Prolégomènes, j'ai dit qu'il n'existait, à ma 
connaissance, aucun dessin, aucune vue perspective de l'ancien 
monastère de Saint-Georges. C'est une erreur. Le Voyage pitto- 
resque dans r ancienne France (Bretagne, tome I), de J. Taylor, 
Ch. Nodier et Alpli. de Cailleux, donne une vue de l'abbaye de 



— 457 — 

Saint-Georges, placée à la page 39, en cul-de-Iampe ; cette vue, 
antérieure aux reconstructions de Magdelaine de la Fayette, repro- 
duit l'ancienne disposition des bâtiments du monastère, l'église ab- 
batiale avec son grand clocher central et la tour d'entrée. 

Ce croquis a été exécuté sur un ancien dessin original et pris 
d'après nature. Une des planches qui accompagne le présent volume 
eu donne une exacte reproduction, due au crayon de M. A. Pail- 
lard, membre de la Société Archéologique. 

Il existe encore, parmi les dessins inédits recueillis par M. de 
Robien dans son volumineux manuscrit sur la Bretagne, conservé à 
la Bibliothèque publique de Rennes, une vue de la vieille tour occi- 
dentale de Saint-Georges, telle qu'elle était à la fin du dernier 
siècle. Ce dessin forme la planche ^14 ; il est placé dans le tome I, 
entre les pages 3'* et 35. 



Chap. I des Prolégomènes (p. 44^, tome IX du Bulletin de la 
Société Archéologique^ lig. -19), au lieu de « marquise de Rieux, » 
il faut lire : « Marquize de Rieux. » C'est le prénom de l'abbesse, 
et non pas un titre féodal. 



Dans VAppendix^ à la page 494, la note (2) du bas de la page 
doit être rectifiée. Ce n'est pas de la chapelle de Saint-Meleuc, 
commune de Plénée-Jugon, qu'il s'agit dans la charte VI; mais de 
la chapelle de Saint-Meleuc, dans la paroisse de Pleudihen, ancien 
diocèse de Dol, aujourd'hui commune de Pleudihen, canton E. et 
arrondissement de Dinan (Côtes-du-Nord). 



Seicnecrie et chatellenie de Montmuran, relevant de l'abbaye 
DE Saint- Georges. (Extraits d'aveux). — Copie d'aveu rendu à 
la seigneurie de Sainct Georges le 8 mars ^1402 par Anne, comtesse 
de Laval, dame de ïinteniac, laquelle déclare tenir prochement, 

30 



— 458 — 

noblement, les chastel, ostclz, maisons et forteresse de Montmu- 
ran, etc., à devoir de AO livres par chacun an sur l'hypothèque du 
dict lieu, et en outre le rachat quand le cas y eschet, et 40 livres 
à chaque mutation de seigneur. 

5 avril 4473. — Aveu de Guy, comte de Laval. 

2 octobre 4560. — Aveu rendu à Sainct Georges par haut et puis- 
sant seigneur Messirc Gaspard de Coulligny, seigneur et baron du 
dict lieu Le Vieil et Le Neuf et de Chastillon sur Loing, chevallier 
de l'Ordre du Roy, amiral de France, et Madame Charlotte de Laval, 
son épouze, à Madame Janne de Kermeno, abbesse de Sainct Georges, 
par cause de leur chastel, hostel, maisons et forteresses de Montmu- 
ran, à la dicte dame Charlotte de Laval appartenant, mouvans et 
tenus prochement de ma dicte dame l'abbeesse de Sainct Georges, 
sous la jurisdiction de Sainct Georges au dict Tinteniac, les mou- 
lins et estangs sis près le dict chastel, avecq le boays du parc, les 
hostelz, demaines et meteyries de Baymar et de la Landelle, et les 
heritaiges et terres d'iceulx lieux ainsi que se poursuivent en tous 
et chescuns, les hommes, fiez, rantes, jurisdictions et obéissances à 
eulx deubz et appartenans es paroisses des Yffs, la Bauczenne, de 
Sainct Domeneuc et de Traymer, tant en rantes par deniers, bledz, 
gelines, corvées que autres choses en revenuz quelconques, sca- 
voir les moulins à bledz et à draps, ataches, estangcs et tenues 
d'eaue, reffoulz et pescheries de Thelohier, Baymar, Perret, et du 
moulin Jan, situez es dictes paroisses, etc. 

Item tous et chescun les hommes, fiez, rantes et debvoirs, sei- 
gneuries, jurisdiction et obéissance aus dicts seigneur et dame, 
deubz et appartenans en la paroisse de la Chapelle Chaussée et Car- 
droc, les prez de Bcrhault, V6 journaux, en la paroisse de la Cha- 
pelle Chaussée. 

llc?n les hommes, fiez, rantes et debvoirs, etc., en la paroisse de 
Tinteniac, sauf le fief de ïrogar et de Beaulx et le Sande Cocherye. 

Ftcm confessent tenir des dicts abbesse et couvent l'etangc, at- 
tache, moulin et peschaigc de la Bigotiere... et aussi le chastel et 
demaine de Chastelain... et pour raison de ce, confesseut debvoir 



— 459 — 

ans (iicts abbccssc et couvent 40 livres de rante par chasciin an, 
aux termes de la Sainct Berthelemy et Noël par moitié... et pour 
rachat et chambellenaige, quand le cas y escliet, la somme de 40 li- 
vres; oultre la dicte rente ordinaire... et pour faire les foy et hom- 
maige aux dictes abbesses et couvent... ilz ont constitué et ordonné 
leur procureur gênerai et spécial noble homme Pierre Desalleurs, 
leur maistre d'hostel. 

Suit : 

Ordonnance de Bertrand d'Argentré, conseiller du Roy, seneschal 
de Rennes, qui, sur la requeste de dame Jehanne de Kermeno, ab- 
besse de Sainct Georges, décide qu'elle sera payée de la somme de 
40 livres luy deub pour rachat arranté de la terre de Tinteniac à 
raison de sa seigneurie de Sainct Georges à Tinteniac, oultre de la 
somme de 40 livres pour l'an du deceix de dame Charlotte de Laval, 
dame de Tinteniac, auquel an le dict rachat doibt doubler, sur les 
deniers du bail à ferme de la terre de Tinteniac saisye en la maiu 
du Roy. — Signé : d'Argentré. — Le -14 avril ^570. 

28 août ^1609. — Aveu (minu et déclaration) des terres, heri- 
taiges, rantes, jurisdictions, seigneuries, etc., que haut et puissant 
seigneur Messire Gaspard de Colligny, chevalier, seigneur de Chas- 
tillon sur Loing, Aillant sur Milleron, Feins, Tinteniac, Boizac et la 
Thebaudaye, admirai en Guyenne, cappitaine de cinquante hommes 
d'armes des ordonnances du Roy et gouverneur pour Sa Majesté en 
la ville et gouvernement de Montpellier, baille et confesse tenir 
prochement, noblement, à foy, sans rachapt, d'humble religieuse 
dame Françoyse de la Faiette, dame abbesse de l'abbaye de Sainct 
Georges de Rennes... 

V Le chasteau de Montmuron (sic)^ colombier, moulin, la forest 
et parc du dict chasteau au dessus vers Telohier, environ 40 jour- 
naux de bois taillifz, deux mestaieryes au joignant du dict parc et 
chasteau (3;j0 journaux), situées en la paroisse de Cardreuc, l'une 
des dictes mestaeryes appelée Baymas, et l'autre la Landelle. 

Kern, cinq autres moullins à eaue, deux appelés de Telohier, 
aultre le moullin Perret, aultre le mouUin Jan, aultre le moullin de 
la Bigotière, bailliaige des Yffs. 



- 460 — 

Item^ la prairie de Sainct Michel, près la ville de Tinteniac; la 
pièce du pertuis Boscher, paroisse des Yffs; deux autres idem près 
du chasteau ; prée de la Pommeraye, de la Chevrolaie. 

Item^ la maison des Prinsons de la dicte jurisdiction, csquelles y 
a basse fosse et chambre criminelle au dessus, et logement pour le 
geollier, court et jardrin, le tout clos et fermé de murailles en la 
dicte ville de Tinteniac, près l'eglize. 

La maison de l'Auditoire ou s'exerce la jurisdiction ordinaire 
chaincun jour de mercredy en la dicte ville, advis la halle au costé 
duquel audictoire, vers les dictes prinsons, y a droict de cep et col- 
fier de tout temps élevé. 

Plus advoue tenir le bailliaige de la ville de Tinteniac appelé la 
Vaerie, rentes sur les maisons et jardrins, 33 livres tournois, et une 
paire de gans blancs. 

Item^ la Halle et les droictz d'estallage d'un liard ou 3 deniers par 
chaincun qui estalle en icelle aux jours de marché tenant le mer- 
credy de chaque sepmaine, avec les autres revenus de la dicte halle, 
et les troys foires séantes en la dicte ville, l'une au jour Sainct Ber- 
thelemy, autre le premier mercredy de may, l'autre le mercredy 
après la Toussainct, avec previllaige d'assemblée aux festes, de 
Sainct Pierre au bourg des Yffs et au jour Sainct Laurent à la 
Baussenne. 

Item a le seigneur de Tinteniac... droict de bouteillaige... en la 
ville de Tinteniac, paroisses et autres lieux de la dicte chastelle- 
nye... 

Rentes du grand bailliaige de Tinteniac. — Le bailliaige et 
jurisdiction en la paroisse de la Baussenne (auquel bailliaige sont 
hommes entre autres, les propriétaires des maisons nobles de la Be- 
rcschere et du Bourgneuf, le sieur du Plessix M^ Françoys Dénouai, 
Gilles Denizot, Jean Dugué, etc.). 

Item^ le bailliaige, fief et jurisdiction en la paroisse de Cardrcuc 
(Jullien Dénouai...). 
Item^ le bailliaige et jurisdiction de la Cliapolle Chaussée. 
Plus aultre bailliaige et jurisdiction en hi paroisse de Traymcr. 
Item^ le bailliaige et jurisdiction de la paroisse des Iffs (hommes 



— 461 - 

et siibjccts... M'' Th. Lcfranc, Gilles Dénouai, F. Lcûiarchand , 
Fr. Dénouai, etc., escuyer Jean de Lestang...). 

Item^ la mestairic et maison du lieu de Cliastcllan (alias Chaste- 
lain), en la paroisse de Tinteniac, plus les bois taillis et terres des- 
pendans de la dicte mestairie en leurs pourpris appelez La Plesse, 
Garenne de Tanouart, joignant par endroitz aux boys de la seigneu- 
rie de Combour, contenant le tout environ 200 journaux de terre 
en fonds. 

Auxqueb fiefz devant dénommez ou mentionnez et estenduc d'i- 
ceulx, et sur les vassaux, hommes et subjectz en despendans, le 
dict seigneur de Chastillon a tout ferme droict de justice et juris- 
diction haulte, moyenne et basse, et pour l'exercice d'icelle, droict 
d'instituer et avoir officiers, juges, procureurs, greffiers, etc., et a 
droict et est en possession d'avoir deux potences de tout temps esle- 
vées pour l'exécution des jugements de la haulte justice, l'une d'i- 
celles plantée au bout des halles de la dicte ville de Tinteniac, lieu 
ou est accoustumé tenir le marché publicq, et l'autre en une pièce 
de terre appelée de toute antiquitté le clos de la Justice, sittué près 
le Pont à l'Abbesse; et est damoiselle Hellaine Dénouai, comme 
dame et possesseur à présent de la maison de la Rufaudière et sur 
gage d'icelle, tenue présenter et fournir au dict seigneur advouant 
et ses officiers l'exécuteur de la haulte justice, lorsqu'il se présente 
des condempnez en peine corporelle par ces officiers. 

Item a en les dictz fiefe et l'estandue d'iceulx droict de landes et 
terres vaines et vagues, gallois et de desherance, de successions de 
bastardz et espaves, droictz de poix et de mesure pour mesurer les 
grains, droict d'aprecy, de mesure et estelonnaige pour le débit et 
distribution des vins et cildres... tant en la ville de Tinteniac et 
estandue de la chastellenye qu'aux fieffz de la dicte dame abbessc, 
et en est en pocession immémoriale. 

Et doibt la dicte Dénouai, sur le gaige de la dicte mestairye de la 
Rufaudière, la garde et représentation de l'estelon des dictes me- 
sures pour le vin ou cildre. 

Et a le dict seigneur advouant droict de nomination et présenta- 



— 462 — 

tion des chapclainics de Montmuron et de la Magdclainc de Tinte- 
niac... comme fondées par ses prédécesseurs, seigneurs du dict 
Tinteniac. 

Sur l'hypotecque desquelles choses le dict seigneur advouant con- 
fesse estrc deub chaincun an à la dicte dame abbesse... AO livres 
monnoye payables moityé au terme de Noël et l'autre moityé au 
terme de Pasques; et lorsque le seigneur ou dame de Tinteniac dé- 
cède, la dicte rente de 40 livres double et monte jusques à 80 livres 
pour l'an du deceix, sans aultres charges fort l'obéissance ; et pour 
k présentation et baillée des présentes à la dicte dame abbesse, le 
dict seigneur advouant a constitué et estably ses procureurs, noble 
homme Laurens de la Haye, sieur de Launay, seneschal de Tinte- 
niac, et M^ Mathurin Aougstin, sieur de Sainct Mirel, procureur fis- 
cal d'icelle seigneurie. 

Acception de l'aveu cy dessus par Jacques Daumont, chevalier, 
baron de Chappes, seigneur de Dun, le Paletan et Corps, conseiller 
du Roy, gentilhomme ordinaire de sa chambre et garde de la Pre- 
vosté de Paris, en l'hostel du sieur de Chastillon, à Paris, rue Sainct 
Honoré, au devant de l'cglize des Quinze Vingts, l'an 4609, le 
28« jour d'aoust. 



L'extrait suivant de la Déclaration des revenus et charges de 
l'abbaye de Saint-Georges, faite en noo par la dernière abbesse, 
M'"*' de Girac, ne sera pas sans intérêt et sans utilité pour le lecteur, 
qui y trouvera un complément aux documents dt^à produits, con- 
statant la valeur, les ressources et les obligations du bénéfice de 
Saint-Georges. 

Cette déclaration, exigée par l'Assemblée Nationale à la fin de 
n89, donne des notions assez curieuses sur la situation matérielle, 
les droits et les usages de l'abbaye, à la veille de sa désorganisation 
et de sa suppression. 

Nous empruntons cette pièce à la collection des Archives admi- 
nistratives du département d'IlIe-et-Vilaine, section postérieure 
à noo. (Fonds des Bicju et Revenus du clergé, I. ¥.-20.) 



- 465 — 

DÉCLARATION DES REVENUS ET CHARGES DE l'aBBAïE ROYALE DE SAINT- 

Georges, a Rennes (Ordre de saint Benoist), présentée par l'ab- 
bessc de ladite abbaye à MM. les juges du Présidial de Rennes, 
en vertu des lettres patentes de Sa Majesté du '18 novembre -1789, 
expédiées sur un décret de l'Assemblée Nationale de France du 
13 dudit mois; lesdits revenus d'après les baux en vigueur 
en nso : 

Notre monastère consiste dans une église, chapelles, maisons de 
régularité, infirmeries, cours et jardin, et en maisons et logements 
pour nos chapelains, gens d'affaires, tourières et domestiques, qui 
bien loing de nous rapporter des revenus, demandent au contraire 
des réparations très-considérables. 

Chaque religieuse a dans sa cellule un lit, une armoire, un prie- 
Dieu et quelques chaises. 

Il n'y a en vrai commun que les ornements de l'église, qui ne 
consistent que dans ceux nécessaires pour la décence du service di- 
vin et la décoration des autels; que les ustancils de la cuisine, les 
tables et nappes du réfcctoir; les lits, linges, armoires et chaises 
des infirmeries; les lits des pensionnaires; les lits et linges pour 
nos chapelains, nos tourières et domestiques, et les ustancils du 
jardin. 

Nous avons envoyé à la Monnoye de Nantes l'argenterie dont 
nous pouvions nous passer. 

Nous n'avons aucuns manuscrits dans notre bibliothèque, qui 
n'est composée que de vieux Bréviaires et de quelques livres de 
piété et d'histoire, le tout au nombre de mille sept volumes. 

Évesché de Rennes. — Le greffe de notre juridiction de Rennes 
affermé ^oO livres par an. 

Les rentes comprises dans le rolle de notre bailliage de Rennes, 
96 livres -14 sous G deniers monnoie ; \1\ livres 6 sous tournois; 
254 boisseaux, etc. 

Rentes des deux bailliages s'extcndant aux paroisses Saint-Hélier, 
Chantepie et Cesson. 

Item des bailliages du Chesnay et d'Épinay, en Acigné. — Item 
du rolle de la Mazure, en la paroisse de Brccé. — lient rentes du 



— 464 - 
rollc de Blosnc, en ïoussaints et Saint-Jacqucs-de-la-Lande. — 
Rentes du rolle de Sainte-Foy, en la paroisse de Toussaints. — 
Rentes du rollc de Chavagnc, — du rolle de Montgcrmont, — bail- 
liage de Bruz. 

Notre four et logements d'iceluy, rue Saint-Georges, affermé 
420 livres. — Notre maison rue des VioUiers, 30 livres. — Nos 
maisons et jardin rue Saint-ïhomas, 350 livres. — Nos buandries 
et jardin rue des Francs-Bourgeois, ^60 livres. — Nos maisons et 
jardin de la Vergne et pré de Landujan, près la rue Hux, 550 livres. 

— Notre métayrie du Petit-Paris, près la rue Hux et la rivière de 
Villaine, 800 livres. — Nos moulins et prairies de Saint-Hélicr et 
droit de pesclie dans la Villaine, 2,750 livres. — Nos moulins et 
prés de la Poissonnerie, en cette ville, 2,000 livres. — Nos droits 
de coutume en cette ville, actuellement en régie, 300 livres. 

Notre métayrie du Feu, paroisse de Liffré, 500 livres par an. — 
Notre moulin du Feu et terres y jointes, 500 livres. — Deux pièces 
de terre et un pré, paroisse de Chantepie, 30 livres. — Deux pièces 
de terre en la paroisse de Montgcrmont, 30 livres. 

Le greffe de notre juridiction de la Chapelle- Janson, ^0 livres. 

— Rentes de notre seigneurie de la Chapelle-Janson, i33 livres 
-10 sous 9 deniers, etc., etc. 

Au lieu du droit que nous avions, tant par achapt que par dona- 
tion des Ducs de Bretagne, de prendre dans les forêts de Rennes, 
Saint-Aubin et Liffré, tous les bois nécessaires pour réparer et redi- 
ficr nos églises, maisons et moulins, et pour notre chauffage, on ne 
nous délivre plus que 30 cordes de grois bois et un millier de 
fagots par an. 

11 nous est deu une rente foncière de G livres par M. le duc de la 
Trémouille sur la châtellenie de Chevré. — Rente de 40 livres sur 
le prieuré de Brielles et sur la chapelenie de Saint-Julien de Gou- 
lins, en la paroisse de Gesne. — Rente de 30 livres 10 sous sur les 
domaines du Roy à Rennes, Hédé et Vannes. 

Dixmes en Vévesché de Rennes. — Toutes les dixmes de la pa- 
roisse de Saint - Georges à Rennes et du trait de Couesme, en 
la paroisse de Toussaints, affermées à M. Dayot, le tout évalué 
795 livres. 



— 4Go — 

Les trois quarts des dixines du trait des Couardièrcs, en la paroisse 
de ïoussaiiits, l,{)80 livres. — Les trois quarts de toutes les dixmes 
des traits des Bois et de Guisne, en Toussaints, ^,503 livres. — 
Toutes les dixmes du trait de Blosne, en Toussaints, 100 livres. — 
Les cinq douzièmes de toutes les dixmes, à l'exception des novalles, 
et les cinq douzièmes de quelques terres et rentes en la paroisse de 
Saint-Jacques-de-ia-Lande, 843 livres 15 sous. 

Les grosses dixmes du trait de Pan, en la paroisse de Bruz, 
505 livres et 30 livres de beurre. — Les deux tiers de toutes les 
dixmes de la paroisse de Saint-Hclier, affermées à M. Brute i ,495 
livres par an. — Les cinq sixièmes de toutes les dixmes de la pa- 
roisse de Chantepie, 2,470 livres. — Les deux tiers de toutes les 
dLxmes et même la totalité sur quelques pièces en la paroisse de 
Montgermont, 1,400 livres. — Les deux tiers de toutes dixmes, ex- 
cepté les novalles, du trait de Martigné, paroisse de Laillé, 120 
livres par an. — Les grosses dixmes du trait de la Piverdais, pa- 
roisse d'Acigné, 150 livres. — Le quart de toutes les dixmes, ex- 
cepté novalles et moutons, paroisse de Sainte-Colombe, 200 livres. 

— La moitié de toutes les dixmes, excepté novalles, du trait de 
Cramoux, paroisse de MordcUes, 530 livres. — La moitié de toutes 
les dixmes du trait du Bourg, en Mordelles, 588 livres. — La moi- 
tié des dixmes du trait de Classé, id.^ 1,000 livres. — La moitié 
des dixmes du trait de Nouille, id.^ 883 livres. — La moitié des 
dixmes vertes des traits de la Violais et de Beaumont, paroisse de 
Mordelles, 12 livres. — Les deux tiers de toutes les dixmes des 
terres relevant du fief des Vaux, paroisse de Guipel, 245 livres par 
an. — Le quart des dixmes du trait du Bourg et la moitié de celles 
du trait de Montbourcher, paroisse de Vignoc, 725 livres. — Ce qui 
nous appartient de dixmes en la paroisse de la Chapelle-Janson, 
4,140 livres par an. — Nous avions des dixmes dans les paroisses 
de Chavagne, Bréal, Bruc et Noyai, mais nous n'en jouissons plus 
depuis plusieurs années. 

Rentes constituées. — 187 livres sur l'Hôtcl-de- Ville de Paris; 

— 128 livres dues par M. du Parc-Porée ; — 200 livres par W" de 
Trauroult; — 40 livres par M. de la Motte- Vauvert ; — 200 livres 
par le Chapitre de la Cathédrale de Rennes, etc. 



- Am — 

Evescliô de Nantes. — 30 livres payées par les fermiers géné- 
raux de la Prévosté de Nantes, par an, pour tenir lieu d'un droit 
que nous avions sur chaque muid de blé ou de sel qui monte ou 
descend la Loire (hcsmage). 

Evesché de Saint-Malo. — Greffe de notre juridiction de Tinté- 
niac, \ 36 livres par an. — Notre métayrie de Brominicy, paroisse 
de Tinténiac, affermée 840 livres par an. — Nos maisons, four, 
moulin en la paroisse de Tinténiac. — Les rentes de nos bailliages 
de la Ville, de la Besnelais et de Cliastelain; de la Ville-AUais, pa- 
roisse de Bazouge; de Tragoznou, en les paroisses de Combourg et 
de Lourmas ; des Cours et de Merdrel, en la paroisse de Saint-Do- 
mineuc; de Cardroc, en la paroisse de même nom ; de la Rouelle 
Pont-Dolais, paroisse de Trévérien... -1,300 livres par an. 

Dû sur la terre et seigneurie de Montmuran, rente féodale de 
48 livres. — Notre métayrie de Saint-Seglin, avec les dixmes en la- 
dite paroisse, affermées 830 livres et 84 boisseaux de gros sel. 

Dixmes en Vévesché de Saint-Malo. — Toutes les dixmes du 
trait de Lesnouen, paroisse de la Chapelle-Chaussée, ^,360 livres. 
— Toutes les dixmes du trait de Goulou, paroisse de la Chapelle- 
Chaussée, 1,700 livres. — Toutes les dixmes du trait de la Garde, 
en La Baussaine, \ ,300 livres. — Dixmes du trait de la Vieux- Ville, 
paroisse de La Baussaine, 900 livres. — Dixmes du trait de la 
Tremblaye, en La Baussaine, 860 livres; — du trait Lubin, id..^ 
4,560 livres. ~ Grosses dixmes du trait de Trougat ou de la Ville, 
en la paroisse de Tinténiac, -1,280 livres. — Grosses dixmes du 
trait Buchet, en Tinténiac, 700 livres. — Toutes les dixmes du trait 
des Bois, en Tinténiac, 818 livres. — Toutes les dixmes du trait de 
la Besnelaye, ibid.., 4,145 livres. — Grosses dixmes du trait de la 
Garde, en Tinténiac, 4,320 livres. — Id. du trait de Trimer, en 
Tinténiac, 915 livres. — Id. de deux des traits du Bourg de la 
Garde et Feriou, en Saint-Domineuc, excepté les novallos et un des- 
dits trois traits qui appartiennent à M. le recteur, 2,4 75 livres. — 
Id. du trait du Prieuré, en les paroisses de Saint-Domineuc, de 
Tinténiac et de la Chapelle-au-Filzmain, avec la prairie de la Noë- 
Morin, en Saint-Domineuc, 860 livres. — Toutes les grosses dixmes 
du trait du Bourg, paroisse de Cardi'oc, 440 livres. — Id. du trait 



— 467 — 

de la Villcsnaut, en Cardroc, 515 livres. — Toutes les grosses 
dixiîies du trait de Saiut-Lian, en Cardroc, 400 livres. — Uu tiers 
do toutes dixmes sur différentes pièces dans les traits du Bourg, de 
Ponabat et de la lluardais, paroisse de Laugoet, 200 livres. — Le 
sixième des dixmes de la paroisse de ïalensac et du Verger, 400 
livres. — Deux tiers de toutes les dixmes du dixmerau de Painpont, 
paroisse de Goven, ^0 livres. 

Eveschés de Dol et (TAvranchcs. — Le greffe de notre juridic- 
tion de Saint-Georges de Greheigne, rentes féodales, lods et ventes, 
treizièmes et racliapts sur les fiefs du Bourg et du Marais, en la pa- 
roisse de Saint-Georges de Greheigne ; du Val Saint-Revers et des 
Mondrins, en la paroisse de Roz-sur-Couesnon ; du Pin et de la 
Uigourdière, en la paroisse de Pleine-Fougères, et de Ruetal, en les 
paroisses de Vergoncé, Juillé et Crolon, province de Normandie ; 
nos maisons, terres, et les trois quarts de toutes dixmes, excepté les 
novalles, en la paroisse de Saint-Georges de Greheigne; le quart 
des grosses dixmes en la paroisse de Moidré (Normandie), le tout 
affermé 4,310 livres. 

Evesché de Vannes. — Le greffe de notre juridiction de l'isle 
d'Arz, lods et ventes, rachapts, moulins, isles, domaines, cham- 
parts, rentes féodales aux paroisses de l'isle d'Arz et de Sarzeau, et 
la moitié des dixmes d'Illeur, 2,000 livres. 

Evesché de Quimper. — Rente de 4 80 livres due par le Chapitre 
de Quimper aux fins d'anciens traités, à raison des dixmes que 
nous avions dans la paroisse de Brisiac, dit évéché. 

Evesché de Treguer. — Le greffe de notre juridiction de Plou- 
gaznou, les rentes, domaines, lods et ventes, rachapts, dixmes et 
tous revenus nous appartenans en la paroisse de Plougaznou, affer- 
més 2,430 livres par an. 

Les greffes de notre juridiction de Ploubien, maisons, moulin, 
terres, dixmes, rentes, lods et ventes, racliapts et tous revenus, 
nous appartenant en la paroisse de Pleublien, 5,750 livres. 

Charges dk notre abbaye. — Au receveur des décimes de l'éves- 
ché de Rennes, en vertu d'arrêt du Conseil pour la maison de Saint- 
Cyr à Paris, rente annuelle de 210 livres 13 sous G deniers. 



— 468 — 

lient, pour contribuer à l'entretien du Petit-Sdminairc de Rennes, 
reutc de 401 livres 8 sous. 

A M^"" l'évesque de Rennes, pour droits sinodaux et cathédra- 
tiques, 48 livres \\ sous 3 deniers. 

A M^' l'évesque de Saint-Malo, pour droits sinodaux et cathédra- 
tiques, 4 livres 5 sous par an. 

Portions congreues et suppléments. — A M. le recteur et à M. le 
curé de Saint-Georges, 4,050 livres par an. — A M. le recteur et à 
deux MM. curés de la paroisse de Toussaints, 4,050 livres. — A 
M. le recteur et curé de Saint-Hélier, 700 livres, pour deux tiers 
de leur portion congrue. — A M. le recteur et curé de Chantepie, 
875 livres, cinq sixièmes de leur portion congrue. — A M. le rec- 
teur et curé de Saint-Jacques-de-la-Lande, 270 livres. — A M. le 
recteur de Montgermont, 700 livres. — Au recteur de Mordelles, 
pour supplément, 3 mines de seigle. — Au recteur et curé de Vi- 
gnoc, 262 livres 40 sous. — Au recteur de Bruz, toutes les dixmcs 
vertes de sa paroisse, tenant lieu de notre contribution à la portion 
congrue. — A M. le recteur de ïinténiac et à deux curés, 4,400 
livres par an, pour leur portion congrue. — Au recteur et curé de 
La Baussaine, 4,050 livres. — Au recteur de Saint-Domineuc, pour 
supplément, 50 livres par an. — Au recteur de la Chapelle-Chaus- 
sée, 4 20 livres. — Au recteur de Cardroc, 80 boisseaux de seigle, 
420 boisseaux d'avoine et 60 livres en argent. — Au recteur de 
Saint-Seglin, 220 livres. — Au recteur et curé de l'isle d'Arz, 
525 livres. — Au curé de Moidré, pour supplément de sa portion 
congrue, 46 livres 6 sous 8 deniers. 

Diverses redevances en natures de grains, par exemple aux pau- 
vres de Tinténiac, de Moidré, de la Chapelle-Chaussée, de Saiut- 
Gondran ; acquits de fondations, messes fondées à nos chapelles de 
Pleubien, de Plougaznou, de Tinténiac, du Feu. 

Nous payons pour les messes de six heures qui se disent ta notre 
abbaye, tous les dimanches et festes, 66 livres par an. — Pour les 
messes d'actions de grâces qui se disent à notre abbaye, tous les 
jours de communion de règle, 4 00 livres par an. 

Nous devons par fondation, pour l'entretien de la chapelle de la 



— 469 — 

Saiutc-Vicrgc, une rente de 70 livres A sous. — A la Sacristie, une 
rente de ^50 livres. — 50 livres, fondation pour aider à l'entretien 
de notre infirmerie, etc. 

Nous devons à MM. du Chapitre de l'église cathédrale de Rennes 
une poillée de bouillie, le mardy de Pasques qu'ils viennent célé- 
brer la messe à notre abbaye. 

Nous devons, le lundy gras de chaque année, un pain de seigle 
et un morceau de lard à certains tenanciers de nos bailliages de 
Rennes et de Saint-Bélier. 

Nous devons au domaine du Roy, à Rennes, une rente de 24 sous 
pour indemnité de notre juridiction, plus une rente de 59 livres 
Vô sous, plus une rente de 20 livres. 

Au prieuré de Saint-Morand, une rente de 57 livres, arrentement 
d'un pré faisant partie de la ferme de nos moulins de la Poisson- 
nerie. 

Nous payons pour la capitation de nos domestiques, 50 et quel- 
ques livres. — Au prédicateur du Carême dans l'église de notre 
abbaye, ^20 livres. — Au prédicateur de l'Avent, 24 livres. — Aux 
PP. Carmes, nos confesseurs, pour honoraires, 200 livres. — A nos 
deux aumôniers, 250 livres. — A notre medcin, ^150 livres. — Au 
chh'urgien et apothicaire, suivant leurs mémoires. 

A notre homme d'affaires, 500 livres, outre son logement. 

A notre organiste, 200 livres. — A notre horloger, 25 livres. 

La Règle nous oblige de donner à menger et à boire aux pas- 
sants. 

Nous ne parlons point ici des aumônes que nous faisons, soit à la 
ville, soit dans les campagnes; elles sont proportionnées à nos fa- 
cultés et à la valeur des dixmes dont nous jouissons dans les diffé- 
rentes paroisses. 

Faisant des dix dernières années une commune, nous avons payé 
en réparations et rédifications de chanceaux des trente églises pa- 
roissiales en lesquelles nous avons des dixmes, et en réparations 
pour nos maisons, moulins et bastiments, la somme de 4 0,508 liv. 

Sur les revenus cy devant détaillés, doit se prendre la nouriture 
et l'entretien de 37 religieuses, de 3 novices, de 2 postulantes et 



— 470 — 

de 2 chaplains; les gages et noiiriture de U domestiques, des 
gardes malades et ouvriers que nous employons journellement. 

Nous, Julie Bareau de Girac, abhesse de Saint-Georges, affirmons 
véritable la déclaration cy dessus des revenus et charges de notre 
abbaye, et n'avoir aucune connaissance qu'il ait été fait directement 
ou indirectement quelques soustractions des titres, papiers et mobi- 
liers dans notre monastère, ny dans les biens qui en dépendent. 

Fait à notre abbaye, ce 28" février noo. — S' Julie Bareau de 
Girac, abbessc de Saint-Georges. 



INDEX GÉOGRAPHIQUE 



En tête de chaque article figure le nom latin du lieu, tel qu'il est ortho- 
graphié dans les chartes du Cartulaire ou de l'Appendice; vient ensuite une 
courte explication géographico-historique. Le nom etla qualiflcation moderne 
française y est jointe, quand le nom de lieu n'a pas disparu de nos jours. 

Le renvoi, à la fln de chaque article, n'est pas indiqué à la page, mais au 
numéro de la charte où est cité le nom de lieu. L'abréviation Chart. S. G. 
signiGe Cartulaire de Saint-Georges; App., Appendice. 

AciNNiACus, Accigneium, Acigneium [hurgus et castrmn, parro- 
chia^ plebs). 

Acigné, sur la rive droite de la Vilaine, à 2 lieues de Rennes; 
très-ancienne paroisse de l'archidiaconé de Rennes, évêché du 
même nom; ancien fief important au xi® siècle; baronie relevant du 
comté de Rennes, une des plus vieilles bannières de la chevalerie 
bretonne. 

Acigné, auj. commune du canton S.-E. de Rennes. 

Chart. S. G., i, viii, xviii, xxiv, xlv, xlvii, xlviii, lui, lxiii, 
Lxvi; Bulles d'Innocent III et d'Alexandre III. — App., xiv, xlv, 
Lx. — Aveu de 4GGd, au Roi, par l'abbesse Magdelaine de la Fayette. 

Albin'eiu.m [feodum loricœ^ plebs et parrochia). 

Aubigné, ancienne châtellenie dès la fin du xi^ siècle; fief de hau- 
bert. Paroisse du diocèse de Rennes, Aubigné était le siège d'un 
doyenné et avait un prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Me- 
laine. 

Auj. Aubigné est une petite commune du canton de Saint-Aubin- 
d'Aubigné, arrondissement de Rennes. 

App., III, XIV, XXVIII. 

Alneum, honor Alnci, terra Alnci (feodum^ dominium]., xi*^ siècle. 
Launay, fief relevant de la seigneurie de Tinténiac. Il y avait 



— 472 - 

plusieurs fiefs portant ce nom de Launay, et on les distinguait sou- 
vent en y ajoutant le nom du tenancier; de là Launay-Denoual, 
Launay-Bihcul, Launay-Gerard, Launay-Jan, etc. 

Il y a encore plusieurs de ces villages existant dans les, com- 
munes de La Baussaine, de Longaulnay, de Hédé, de Tinténiac. 

Chart. S. G., ii, xïxi. 

Alion, Alyon (prioratus cum capella et periinenciis) . 

Ce prieuré, de très-ancienne fondation, dépendait de l'abbaye de 
Gastines (diocèse de Tours). 

Auj. Ail ion ou Rallion [malè]^ ferme et village dans la commune 
de La Bouexière, canton de Liffré, arrondissement de Rennes. 

Chart. S. G., lxvi. 

Annetrois (terra censualis in territorio Tinteniacensis dominii). 
Il n'y a plus de nom de lieu semblable dans la contrée. 
Chart. S. G., xxxviii. 

Apigneium, Apinneium, Apineium, Appenninum [dominium^ feo- 
dum^ castrum]. 

Apigné, très-ancienne seigneurie et châtellenie, dès le xi*' siècle, 
avec titre de vicomte aux xv'' et xvi^ siècles, relevant du comté de 
Rennes. 

Apigné, auj. ferme et village dans la commune du Rheu, sur les 
rives de la Vilaine, canton de Mordelles. 

Chart. S. G., xxxvi, xlii; Ch. Conani, ^^158, in fine Chartularii. 
— App., I, VIII. 

Art {insuia, parrochia et prioratus), insula de Arto, 1034. 

Arz, Artz, l'île d'Artz, ancien prieuré et paroisse du diocèse de 
Vannes, dans le golfe du Morbihan ; Notre-Dame en Vile d'Arz. La 
moitié de l'île appartenait à Saint-Georges, l'autre moitié à l'abbaye 
de Saint-Gildas de Rhuys. Seigneurie et moulins. 

Auj. commune du canton 0. de Vannes, arrondiss. de Vannes, 
département du Morbihan. 

Chart. S. G., XIV ; Bulles d'Innocent III et d'Alexandre III. — 

App., XXXII, LX. 



— 475 — 

AvicciACO {terra de)^ \\(S\. 

Avessac (plebs), paroisse du diocèse de Nantes, doyenné de Chà- 
teaubriant. Le prieuré de Saint-Nicolas d'Avessac dépendait de 
l'abbaye de Redon. 

Auj. Avessac, canton de Saint-Nicolas de Redon (Loire-Infér.). 

Cbart. S. G., RuUes des papes Innocent III et Alexandre III. — 
App., LX. 

BiucEXA, capella de Boccna [capella^ plebs]^ xii® et xiii® siècles. 

Baucenne [capella de la)^ xiv® siècle, ou la Bausanne, ancienne 
paroisse de l'évêché de Saint-Malo, doyenné de Bécherel. 

Auj. La Baussaine, commune du canton de Tinténiac, et dans 
l'évêché de Rennes (Ule-et- Vilaine). 

App., V, XXXVIII, LX. 

Bécherel [oppidum, castrum^ ecclesia prioratus in parrochia 
de Ploasno^ dein parrochia et decanatus). 

Bécherel, ancien château-fort et fief important dès le xi*^ siècle, 
relevant de Dinan, puis ville forte qui soutint plusieurs sièges aux 
xii^, xiii^ et XIV® siècles ; d'abord prieuré, puis paroisse et doyenné 
de l'évêché de Saint-Malo, sous l'archidiaconé de Dinan. 

Auj. petite ville, chef-lieu de canton, arrondissement de Montfort 
(Ule-et-Vilaine). 

App., IV, V, VII, XI, XII, XIII, XVII, LXXII. 

Belocac, Beloczac [castrum^ feodum militis). 

Ancienne et importante seigneurie relevant du comté de Rennes, 
fief de haubert; c'était le gage féodé du grand-écuyer de Bretagne. 

Auj. Blossac, château sur la Vilaine, au confluent du Meu, dans 
la commune de Goven, arrondissement de Redon. 

App., XI. 

Beren [villa ^ terra in dominio Radulfi Filicensis). 
Fief relevant de Fougères, dans le territoire de cette grande sei- 
gneurie. Ce nom a disparu. 

Chart. S. G., xxii. 

3i 



— 474 - 

Bernuleie (La) (villa), située sur le territoire de la seigneurie de 
Tintéiiiac. 
Cliart. S. G., xxxviii. 

Beviiun (fluviolus). 

Le Bcuvron, ruisseau, affluent de la Sélune; il prend sa source 
en Bretagne, près de Parigné, et en Mellé, dans le pays de Fou- 
gères, et va, en passant sous Saint-James, se jeter dans la baie du 
Mont Saint-Michel en se joignant à la Sélune. 

Cliart. S. G., liv. 

BLoOiX (fluviolus). 

Blosnc, petite rivière ou ruisseau qui prend sa source dans les 
communes de Cliantepie et de Domloup, arrose la campagne au Sud 
de Rennes, et va se jeter dans la Vilaine vis-à-vis Apigné. 

Le Blosne donnait son nom à un bailliage dans la paroisse de 
Toussaints de Rennes, où l'abbaye de Saint-Georges percevait des 
rentes censuelles. 

Chart. S. G., xl. 

B0GRERI.E (locus, medietaria, feodum), xi® siècle. 
Ce petit fief relevait de la seigneurie d'Apigné. 
Les Bougrières, auj. village et métaii'ie, auprès d'Apigné, dans la 
commune de Rennes, canton S.-O. 
Chart. S. G., xlii. 

Boim, Boon [herbergamentum, feodum). 

Baud, ancien domaine et maison noble dépendant du fief et bail- 
liage de Saint-IIclIicr, près Rennes. — Le gué de Boon- (Baud). 

Auj. Baud, métairie et château dans la banlieue de Rennes, près 
du faubourg de Saint-lIcUier, sur la rive gauche de la Vilaine. 

App., Aveu au Roi de M""' de la Fayette (1605). 

Bouhordii:re (La) [terra censualis ex dominio Tinteniaceim). 
La Bouhourdière ou La Bouhourdais, village en la commune de 
Saint-Domineuc. 
Chart. S. G., xxxviii. 

BunuRDEiA (terra, feodum, herhergamenium ciim oratorio], -1213. 



— 475 — 

Manoir et domaine relevant féodalement de la seigneurie de ïin- 
téniac, dépendant de la Commandcrie de La Guerche, de l'Ordre 
des chevaliers hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Ce flef était 
situé dans la paroisse de Saint-Domineue, évêché de Saint-Malo. 

Auj. La Bouhourdais, village en Saint-Domineuc, canton de Tin- 
téniac. 

App., XIX. 

Bracceio, Breceio (terra dé)^ 1464, 4208 (plebs). 

Brecé, bailliage où l'abbaye percevait des dîmes et des cens, dans 
la paroisse de Brecé, sur la Vilaine, dans la circonscription de l'ar- 
chidiaconé du Désert ; ce bénéfice dépendait de l'abbaye de Saint- 
Sulpice. 

Chart. S. G., Bulles d'Innocent III et d'Alexandre III. — App., lx. 

BiiEAL (plebs) M 64; ecclesia Sancti Maclovii de Breial, 4202. 

Bréal, très -vieille paroisse de l'ancien diocèse de Saint-Malo, 
doyenné de Lohéac, prieuré-cure, bénéfice dépendant de Saint- 
Serge d'Angers ; ancien fief de chevalerie important. Bréal portait 
le titre de « ville » au moyen âge. 

Chart. S. G., Bulle d'Alexandre III. — App., xi, lx. 

Breillo [feodum de). 

Le Breil, arrière-fief et domaine dans les environs de Rennes, 
sous le fief et bailliage de Saint-Hellier, relevant de la juridiction 
seigneuriale de Saint-Georges. 

Le Breil, village dans la banlieue de Rennes, au territoire de 
Saint-HcUier, commune de Rennes, canton S.-E. 

Chart. S. G., l. 

Brelz, Breud, Brud (plebs ^ parrochia^ feodum cum castro). 

Bruz, ancien fief de chevalerie relevant du comté de Rennes. La 
chàtelleuie de Bruz appartenait au régaire des évéques de Rennes, 
depuis le don qu'en fit Geoffroi-le-Bàtard, comte de Rennes, à l'é- 
véque Sylvestre de La Guerche, à la fin du xi^ siècle. Bruz, comme 
paroisse, dépendait de l'archidiaconé du Désert. 

Auj. Bruz est commune dans le canton S.-O. de Rennes. 

Chart. S. G., lviii. — App., xxxi, xl, xlv. 



- 476 — 

Brus, villa Brias [cum molendino)^ ^1032. — Brais? 
Village et manoir sur le bord de la Vilaine, dans la commune de 
Rennes, canton S.-E. 
Chart. S. G., i- 

Briocii (Sancti) {diœcesis, urbs, episcopaius sedes). 
Saint-Brieuc, un des neuf anciens évêchés de Bretagne. 
Saint-Brieuc, ville chef-lieu du département des Côtes-du-Nord, 
préfecture et port, évéché. 
Chart. S. G., i. — App., xlix. 

Broarec [pagus^ provincia^ comitatus), 

Broerech, c'est l'ancien nom du comté de Vannes [provincia vel 
patria Werochi aut Guerochi) ; le pays de Weroch ou de Guerech. 
App., xxxii. 

Broon, Bron [plebs], ecclesia de Broons, fief relevant de la sei- 
gneurie de Saint-Gilles. 

Broons-sur-Vilaine, paroisse de l'ancien diocèse de Rennes, sous 
l'archidiaconé de Rennes. 

Auj. commune dans le canton de Châteaubourg, arrondissement 
de Vitré (Ille-et- Vilaine). 

Chart. S. G., lxv. — Aveu de 4665, au Roi, par Magdelaine de 
la Fayette. 

Bruxa (plebs^ terra in parrochia de). 

Bruc, fief et paroisse, doyenné de Lohéac, ancien évêchd de 
Saint-Malo. 

Auj. commune dans le canton de Pipriac, arrondissement de 
Redon (Ille-et-Vilaine). 

Chart. S. G., Bulles d'Innocent III et d'Alexandre III. 

Campaîvia, Campeneia [dominium, feuduni militis), fief de hau- 
bert, ancienne seigneurie et châtellenie relevant du comté de 
Rennes. 

Cliampagné, dans la paroisse de Pacé, arcliidiaconé du Désert. 

Auj. village et métairie dans la commune de Pacé, canton N.-O. 
de Rennes. 



— 177 — 
Chart. S. G., xxi, lv, lyii; Charte de Couaii IV, 1 158. — App., 

VIII, XXXVI. 

Cami'a.noc [terra, feodum), domaine et arrière-fief dépendant de 
la seigneurie de Tinténiae. 
Campeneuc, village et ferme situés dans la comm. de Tinténiae. 
Chart. S. G., \\^''\ xxv. 

Campell/e [plebs, feodum), siège de l'importante seigneurie d'Es- 
pinay, relevant de la baronie de Vitré. 

Champeaux, ancien doyenné et collégiale fondée par les sires 
d'Espinay, ancienne paroisse du diocèse de Rennes, doyenné de 
Vitré. 

Auj. Champeaux, commune du canton 0. de Vitré, arrondisse- 
ment de Vitré. 

Chart. S. G., lxv. 

Campus Moriou [terra^ feodum)^ ancien fief dépendant de la sei- 
gneurie de Tinténiae. 
Chart. S. G., lvi^'^ 

Campus Corvi [locus, villa cum molendino). 

Champcor, village et moulins dans la commune de Chavagne, 
sur la Vilaine, canton de iMordelles. 

Chart. S. G., x; Bulles d'Innocent III et d'Alexandre III. — Ap- 
pendix, lx. 

Capella Gençox, ^032; Capella Janczon vel Genceon, xii® siècle 
{plebs, parrochia, ecclesia). 

La Ciiapelle-Janson, ancienne paroisse du diocèse de Rennes, 
comprise dans les limites du pays de Vendelais, doyenné de Fou- 
gères. L'abbaye de Saint-Georges en avait le patronage et la sei- 
gneurie. Elle renfermait plusieurs terres et domaines payant cens et 
redevances à l'abbaye. 

Auj. commune du canton N. de Fougères (Ille-et-Vilaine) . 

Chart. S. (i., xii, lu, lxi. 

Calceia (Capella de) [ecclesia parrochialis e Tinteniaci ma~ 
trici ecclesia dependens)^ Capella Calciata. 



— 478 — 

La Chapelle-Chaussée, trêve érigée en paroisse de l'ancien évéché 
de Saint-Malo, doyenné de Bécherel. 

Auj. commune du canton de Bécherel, arrondiss. de Montfort. 

App., XI, XXXVIII, Lx. — Aveu au Roi (IGG:i) par Magdelaine de 
la Fayette, abbesse de Saint-Georges. 

Cardroc (Capella de) (ecclesia parrochialis ex Tinteniacensi 
parrochia decerpta, suh dominio feodali de Tinteniac). 

Cardreuc, Cardroc, ancienne trêve, puis paroisse du diocèse de 
Saint-Malo, doyenné de Bécherel. 

Auj. commune du canton de Bécherel, arrondiss. de Montfort. 

App., XXXVIII, LX. — Aveu au Roi de l'abbcsse Magdelaine de la 
Fayette {\Wù). 

Castelein (terra de\^ Chatelan [medietaria de^ terra censualis 
in dominio ahbatiœ Sancti Georgii^ in pago Tinteniacensi). 

Chastelain, fief et bailliage, domaine dépendant de la seigneurie 
de Tinteniac. 

Chastelain (Grand et Petit), gros villages sur la lisière de la forêt 
de ïanouarn, dans la commune de Tinteniac, près Saint-Méloir- 
des-Bois. 

Chart. S. G., xxxviii. — App., xxiv. — Aveu au Roi rendu par 
M""^ de la Fayette (1665). 

Castrum Donoali seu Doxouualdi (oppidum^ castellum in Tinte- 
niaco)^ xi^ siècle, château fort et fief important dans la proche 
mouvance de l'abbcsse de Saint-Georges. 

Aujourd'hui, le château de Donoal est remplacé par le château 
de Monmuran, châtellenie importante aux xin% xiv° et xv® siècles, 
situé dans la commune des Ifs, canton de Bécherel, arrondissement 
de Montfort (lUe-et-Vilaine). 

Chart. S. G., v. 

Cavez Villa [terra^ feodum), fief et domaine dépendant de la 
seigneurie de Tinteniac (10 'lO). 
Chart. S. G., ii, xxv. 

Cava.na ou Caviina (plebs, viens), I03'i, 1031 ; Chaveygnes, Cha- 



— 479 — 

vaigncs, Chavaiges, 4 225, ancienne paroisse, arehidiacoué du Dé- 
sert, diocèse de Rennes, fief et bailliage mouvant de Saint-Georges. 

Chavagne, commune du canton de Mordelles, arrondissement de 
Rennes (Ille-et-Vilaine). 

Cbart. S. G., ix, x, xii. — App., xxv, l. 

Cermont {locus^ villa^ tractus regionis aut terra ccnsualis). 
Cermont relevait féodalement de la seigneurie d' Apigné. 
Auj., Cermont ou Sermont est un village de la commune de Mor- 
delles. 
Cbart. S. G., xxxvi. 

Cessox ou Sesson (plebs, parrochia, feodum, molendinum Ses^ 
sonis], ancienne paroisse dépendant de l'archidiaconé de Rennes, 
diocèse du même nom; sur la Vilaine, à une lieue un quart à l'Est 
de Rennes; fief dans la mouvance du comté de Rennes. 

Auj. commune du canton S.-E. de Rennes. 

Chart. S. G., III^'^ — App., lxxiii. — Aveu au Roi rendu par 
!\P« de la Fayette (1665). 

Chamepie (parrochia, plehs]^ ancienne paroisse du diocèse de 
Rennes, doyenné de Chàteaugiron. 
Auj. commune du canton de Rennes S.-E. 
App., XXVIII. 

Cloonei, Cloniacum [feodum de Cloone prope Sanctum Laza^ 
ru?n, villa^ vêtus casamentum Sancti Georgii). 

Closné, fief et ancien village au Sud de Rennes, dans la forêt de 
Monceau. 

Cleusné, auj. village dans la commune de Rennes, canton S.-O., 
à 2 kilomètres de la ville. 

Cliart. S. G., li. — App., xxvii. 

CoARDERiA [villa ct casamentuM Sancti Georgii). 
La Couardière était dans la forêt de Monceau et formait un vil- 
lage avec métairie appartenant à l'abbaye de Saint-Georges. 



— Am — 

Auj. village auprès de Lillion, sur la Vilaine, dans la commune 
de Rennes, canton S.-O. 
Chart. S. G., li. 

CoiBOC ou CoEBOC {villu, honoTy feodum]^ xi'' siècle; Choiboc, 
4^80. 

Coiiesbouc, ancienne seigneurie avec château, relevant de Tinté- 
niac. 

Auj. village et maison dans la commune de Saint-Gondran, can- 
ton de Hédé, arrondissement de Rennes. 

Chart. S. G., ii. — App., m. 

CoicARABOi ou Caraboi [vîllà)^ domainc et arrière-ûef relevant 
de Tinténiac. 

Auj. en la commune de Tinténiac, Haut-Carabouet et Bas-Cara- 
bouet, villages et fermes. 

Chart. S. G., ii, xxxviii. 

CoiTLis, Coitlocs [feoclum)^ Coetleis, -1080, domaine et arrière- 
fief, bailliage féodal relevant de la seigneurie de Tinténiac ; il était 
sis en Saint-Domineuc. 

C'est un nom de lieu breton qui signifie « le Bois de la Cour. » 
Il y a encore, en Saint-Domineuc, un village appelé « les Cours. » 

Chart. S. G., ii, xxxviii. 

CoMBURN {plebs^ oppidum cum castro)^ 1032. 
Combour, petite ville et château baronial dans l'ancien diocèse 
de Saint-Malo, doyenné de Béchcrel. 
Auj. chef-lieu de canton de l'arrondissement de Saint-Malo. 
Chart. S. G., xii. 

CoNDETUM apud Perrencm (plebs, parrochia in ISormannia]. 

Il y a plusieurs Coudé en Normandie. Il s'agit ici de Condé-sur- 
Noireau, ancien diocèse d'Avranchcs, auj. département du Calva- 
dos, ou de Condé-sur-Vire, département de la Manche. 

App., XLIV. 

CoRDETUM (villa inpago Redoncnsi, propc Sanctum Laurcntiujn], 



— 481 - 

Cordet, village au N.-E. de Rennes, dans le voisinage de Saint- 
Laurent, sur la route de Fougères. 

Vuj. Petit et Grand-Cordet, villages dans la commune de Rennes, 
canton N.-E. 

App., IV, XXX. 

CoiiMERs [villa] ^ xii° siècle, domaine et arrière-fief relevant de 
Tinténiac. 

Il n'y a plus trace de ce nom de lieu dans la contrée de Tinté- 
niac et environs. 

Chart. S. G., ii. 

Costa Le Breïl (terra censiialis in territorio Tinteniacensi) . 
Il y a plusieurs villages du Breil dans les communes de Tinté- 
niac, de Langan, d'É\Tan, etc. 
Chart. S. G., xxxviii. 

CocDROi (Le) (villa^ terra, dominium], xii® siècle. 
Le Coudray, village dans la commune de Tinténiac. 
Chart. S. G., xxxviii. 

Crcx Rogo.\is (villa ^ casamentum Sancti Georgii], sur la lisière 
de la forêt au Sud de la ville de Rennes (foret de Monceau) . 
La Croix-Rogon n'existe plus sous ce nom. 
Chart. S. G., li. 

CccEicM (castrum^ feodum loricœ seu militis^ in parrochia Ces-' 
sonis] . 

Cucé, fief de haubert, très -ancienne châtellenie mouvant du 
comté de Rennes, s'étendant en Cesson, Chantepie et paroisses voi- 
sines. 

Auj. château et métairie dans la commune de Chantepie, canton 
S.-E. de Rennes. 

App., XXXVI, XXXVII, XLII, XLVII. 

Demetlm vel SriNETLM (dominium^ villa^ terra censualis in ter- 
ritorio parrochiœ Accigneii], 

Espinay, bailliage, fief et domaine relevant de la seigneurie d'A- 
cigné. 



— 4812 — 

Auj. Espinay, gros village dans la commune d'Acigné, canton 
S.-E. de Rennes. 

Chart. S. G., xlvii, xlviii, lxiii; Bulles d'Alexandre III et d'In- 
nocent III. — App., XIV. 

Desertum, doyenné et archidiaconé de l'ancien diocèse de Rennes 
(decanaius de Deserto^ archidiaconatiis inter aquas). Il avait em- 
prunté son nom à l'ancien fief et châtellenie du Désert, dont le 
chef-lieu était à Saint-Grégoire, près Rennes, et qui s'étendait au 
Midi de cette ville, dans les paroisses de Saint-Jacques, Bruz, Char- 
tres, Noyai, Châtillon- sur -Seiche, Laillé, Bourgbarré, Janzé, La 
Couyère, Saint-Armel, Vern, Chantepie. Les forêts qui couvraient le 
territoire au Sud et à l'Ouest de Rennes justifient encore ce nom. 

L'archidiaconé du Désert comprenait vingt-huit paroisses dans sa 
circonscription décanale. 

App., XIV, LVII. 

DiNAîv, Dinam (urbs^ cîvitas et castrum]. 

La ville de Dinan, siège de l'ancienne seigneurie, baronie et 
vicomte de ce nom, place forte et château célèbre. Dinan était un 
des deux archidiaconés de l'évêché de Saint-Malo, comprenant les 
doyennés de Poudouvres, de Bécherel et de Plumaudan. 

Auj. Dinan, chef-lieu d'arrondissement, sous-préfecture (Côtes- 
du-Nord). 

Chart. S. G., xviii; Charte de M58, par Conan IV (droit d'hes- 
mage). — App., xxxix. 

DoLUM {archiepiscopatus Dolensis]^ territorium de Dolu, charte 
de 1068; Dol (feodum militis). 

Dol, ancien évéché et archevêché aux xi^ et xii^ siècles ; ancienne 
seigneurie, bannière, tenue baronéaument du duché de Bretagne. 

Auj. Dol, petite ville, chef-lieu de canton, arrondissement de 
Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). 

Chart. S. G., i, xxvi, xliii, xlvii. — App., ix. 

DoMELLi (EccLEsiA Sancti) , Domcuoch (Sanctus), xi% xii* et xiii'' 
siècles (plebs, parrochia], bailliage et fief relevant de Tinténiac. 
Saint-Domineuc (ancien diocèse de Saint-Malo), auj. commune et 



— .485 — 

paroisse du diocèse de Rennes (départ. d'Iilc-ct-Vilaine), canton de 
Tinténiac, arrondissement de Saint-Malo. 

Chart. S. G., ii, xxxviii. — App., x, xiii, xv, xix, xxxviii, lt^. — 
Aveu au Roi (^665) de M'"*^ de la Fayette. 

DoMUs Leprosorum vel Leprosaria de Tinténiac. 

Léproserie ou Maladrerie de Tinténiac, desservie par un prieur et 
une congrégation de Frères qui possédaient des terres en Saint- 
Domineuc, « inter viani que ducit a Maladeria versus Castelet 
Biison et torrentem qui dicitur Giientus. » 

Auj. La .Madeleine, village situé sur la lisière des communes de 
Tinténiac et de Saint-Domineuc, du côté de Québriac, canton de 
Tinténiac. 

App., XV. 

DoNATiANi (Sancti) [ecclesici^ capella^ sita super mur os Civitaiis], 
H04, ^208. 

La vieille chapelle de Saint-Donatien-des-Murs s'élevait sur la 
muraille romaine de la Cité de Rennes, au Midi, sur la rive droite 
de la Vilaine. — Elle n'existe plus. 

Chart. S. G., Bulles des papes Alexandre III et Innocent III. — 
Aveu au Roi (1665). 

DoNATiANi DE Bosco (Sancti)., dc Forcsta [ecclesia, capella, terra, 
feodum], chapelle située dans la foret au Midi de Rennes, laquelle 
couvrait tout le territoire entre la Vilaine et la Seiche. 

Saint-Donatien-des-Bois, seigneurie aux xv® et xvi® siècles, arrière- 
fief relevant de la châtellenie du Désert. 

Auj. Saint-Donatien est une ferme ou métairie dans la commune 
de Rennes, canton S.-O. de Rennes. 

Chart. S. G., xl, lix; Bulles des papes Alexandre ÏII et Inno- 
cent m. — Aveu au Roi rendu par M™® Magd. de la Fayette (1665). 

DoNGiA [vice comitatus et parrochia^ urhicula^ oppidum). 

Donges, ancien fief de bannière, avec titre de vicomte dès le 
xi'^ siècle. Donges, comme paroisse, était comprise dans le doyenné 
dc la Roche-Bernard, diocèse de Nantes. Il y avait à Donges deux 
prieurés, Notre-Dame de Donges et celui d'Her. 



^-OcccG; 




— 484 — 

Dongcs avait un château-fort et portait le titre de ville. 

Auj. Donges, commune du canton de Saint-Nazaire, arrondisse- 
ment de Savenay (Loire-Inférieure) . 

Cliart. S. G., Charte de Bernard, évéque de Nantes, Wd^ (droit 
d'hesmage) . 

EspARGEiDM, Espergium, vide Spargiacus. 
Épargé, ancien fief et bailliage relevant de la baronic d'Acigné. 
Ce nom est resté à un grand village de la commune actuelle d'A- 
cigné. 
Chart. S. G., i, un; Bulles d'Alexandre III et d'Innocent III. 

EsviGNEiuM, Etvigneium [villa). 

Évigné dépendait au xi^ siècle de Mordelles, qui était sa paroisse, 
« in 'parrochia Mauricella sita. » 

Évigné ou les Évignés, village considérable, auj. sur le territoire 
de la commune de Chavagne (Ille-et- Vilaine) , canton de Mordelles. 

Chart. S. G., i. — App., viii, l. 

ExuPERii (Capella Sancti), ccclesia Sancti Exuperii super muros 
civitatis, \\(S^, -1208. 

Cette chapelle très-ancienne, dont il ne reste plus trace, était 
située près l'ancien Hôtel-Dieu de Saint- Yves, reposant sur la vieille 
muraille d'enceinte de la cité gallo-romaine, rive droite de la Vilaine. 

Chart. S. G., Bulles des papes Alexandre III et Innocent III. — 
App., Lx. — Aveu de 4GG5, au Roi, par Magd. de la Fayette. 

Fagileium [terra^ feodiim, herbergamentum). 

Le Fail, fief relevant de la baronie de Châteaugiron, sis en la pa- 
roisse de Domloup; ancien partage de la seigneurie baroniale de 
Châteaugiron. 

Auj. village et ferme du Fail, commune de Domloup, canton de 
Châteaugiron, arrondissement de Rennes. 

App., XXI. 

FiDis (Sancte) de Foresta (capella^ ccclesia). 
Sainte-Foi-des-Bois ou de la Forêt, ancienne chapelle située dans 
la forêt au Sud de Rennes, sur la rive gauche de la Vilaine, dépen- 



- 485 — 

tlance de l'abbayo de Saint-Georges dès le xii^ siècle; bailliage et 
fief mouvant de Saiiit-Geori2;es. 

Auj. le Petit et le Grand Sainte-Foi, village et mtHairie près du 
château de la Prévalaye, commune de Rennes, cant. S.-O. de Rennes. 

Chart. S. G., Bulles des papes Alexandre III et Innocent III. — 
App., LX. — Aveu au Roi de l'abbaye (1665). 

FoRESTA DE MoNCON OU MouscoN (sUva^ cuM parrochicillhus ju- 
ribus in eadem foresta] . 

Cette forêt s'étendait sur tout le territoire au Sud de Rennes, 
dont elle touchait les faubourgs et les quartiers méridionaux. Les 
paroisses de Toussaints et de Saint-Jacques-de-la-Lande (au xii® 
siècle, de la Foret) en étaient enveloppées et s'y trouvaient com- 
prises. Ces grands bois défrichés furent appelés plus tard les landes 
de Monceau. 

L'ancien territoire de la forêt est aujourd'hui en culture et com- 
prend toutes les communes de Saint-Jacques, Bruz, Noyal-sur-Seichc 
et Chàtdlon. 

Chart. S. G., li. 

FoRESTA Redonensis [sUva, dominicum ducù Britanniœ), forêt 
domaniale où l'abbaye de Saint-Georges avait des droits d'usage 
fort étendus, concédés par le duc Alain III et la duchesse Havoise à 
l'abbesse Adèle dès l'an ^032. 

Cette grande forêt qui couvrait tout le Nord-Est de Rennes, entre 
les deux rivières de la VUaine et de l'Ille, venait jusqu'à Torigné et 
Acigné; elle n'était séparée que par le cours des deux fleuves des 
autres grands bois qui s'étendaient à l'Ouest et au Sud de Rennes. 

Chart. S. G., xxiii, xlvi, lyi. 

FoRNE vel FoiRiE [terra censualis^ dominium, villa] ^ territoire 
dans la paroisse d' Acigné, sous le proche fief des sires d' Acigné. 

Auj. village de Forge, avec moulin et étang, dans la commune 
d'Acigné. 

Chart. S. G., xlviii. 

Forum Anxeis vel Adxeis, marché aux oies, ou aux toisons, aux 
laines? C'était un marché dans l'intérieur de la ville close de Rennes, 



— 486 — 

aux xii^ et xiii^ siècles ; plus tard, la môme place prit le nom de 
forum averti^ le marché à l'avoir, au bétail, aux bétes vives. L'ab- 
baye de Saint-Georges percevait un cens sur les marchands qui y 
vendaient. La rue des Porches et celle de Tregctin (Tristin) confi- 
naient à cette place du marché. (V. les anciens plans de Rennes 
avant l'incendie de ^1720.) 
Chart. S. G., xlvii, l. 

FossATA DICTA A Gauier (Ics fossés à Gahicr), douves ou fossés 
extérieurs creusés au xiii'' siècle par le duc Pierre de Dreux, pour 
servir de défense à la ville de Rennes; ils enveloppaient toute la 
partie orientale et méridionale de la ville, en lui formant une ligne 
ou enceinte de circonvallation. La Ré formation du Domaine, de 
^1455, en fait fréquente mention : ils partaient de la rivière d'IIIe, 
près de Saint-Martin, passaient à la Barre Saint-Just, coupaient la 
rue Hux, enveloppaient Saint-Georges, et passant au-dessous du 
coteau de Beaumont, allaient rejoindre la Vilaine par derrière Chi- 
coigné et le Puymauger, à l'entrée du faubourg de la Madelaine, 
près du gué Torcoul (en face du Mail actuel) . 

Ces fossés, encore apparents à la fin du xv^ siècle, devinrent inu- 
tiles et furent comblés après la construction de la troisième enceinte 
de Rennes. 

App., XLI. 

Fou (Capella du), Sancta Maria de Fago, prieuré et chapelle dans 
la forêt de Rennes, au xii*" siècle, fondés par les seigneurs d'Acigné. 

Notre-Dame-du-Feu, ferme et prieuré du Feu (xv^ siècle). 

Faou, fou, mot breton; en français, « hêtre. » 

Auj. village et ferme dans la commune de Liffré, canton de même 
nom, sur la rivière de Chcvré, près du bois de la Mancellière (lUe- 
ct-Vilainc). 

Chart. S. G., viii, xlviiï, lxvi. — Aveu au Roi rendu par Magde- 
lainedc la Fayette (^665). 

Gevreseium {plcbs, jmrrochia et feodutn). 
(ievezé, ancienne paroisse du diocèse de Rennes, était un bénéfice 
monoculaire à la présentation d'un chanoine du Chapitre de Saint- 



- 487 — 

Pierre de Rennes. Du fief de Gevezé relevaient les champs de Vitré 
et les arrière-fiefs de C/iodrci et de la Gaiibertcre. 

Gevezé, auj. commune du canton N.-E. de Rennes. 

Chart. S. G., xl. — App., vni. 

Georgii (AbbjLtia Sancti) (cœnohium monastenum sanciimonia^ 
lium Ordinis Sancti Benedicti, fundatum anno 1018 vel 1028- 
-1032. ah Alano Britanniœ duce ciijus soror Adela fuit prima 
abbatissa] . 

Saint- Georges, abbaye de Rénédictincs fondée à Rennes avant 
'ioao, par le duc de Rretagne Alain III, pour sa sœur Adèle, qui en 
fut la première abbesse. L'abbaye compte 800 ans d'existence, de 
4018 à 4790. 

Cbart. S. G., i, ii, m, iv, v, vi, vu, viii, x, xr, xii, xiii, xiv, xv, 

XVII, XVIII, XIX, XX, XXI, XXII, XXIII, XXV, XXVI, XXVII, XXVIII, XXIX, 
XXX, XXXV, XXXVI, XXXVII, XXXVIII, XXXIX, XL, XLIV, XLV, XLVI, XLVIII, 
XLIX, L, LI, LU, LIV, LVI, LVII, LIX, LX, LXI, LXII, LXIV, LXV, LXVII ; 

RuUes des Papes; Chartes de Conan IV (ad calcem). — App., i, n, 

III, IV, V, VI, VII, VIII, XI, XII, XIII, XIV, XVII, XVIII, XXII, XXIII, XXIV, 
XXV, XXVI, XXVII, XXIX, XXX, XXXV, XXXVII, XLVII, LU, LV, LVI, LX, 

LXVII, Lxxv. — Aveu au Roi de M'"*^ de la Fayette, abbesse de Saint- 
Georges (1665). 

GiRONïs (Castellim) (castrum^ plebs et oppidum)^ xi^ siccle. 

Chasteaugiron, ancienne baronie, l'une des quatre principales de 
l'évéché de Rennes. 

Auj. Chàteaugiron, petite ville, chef-lieu de canton, arrondisse- 
ment de Rennes (Ille-et- Vilaine). 

Chart. S. G., xxxix. — App., lu. 

GoDiN (Terra Riello.nis) [dominium seu terra censualis], dépen- 
dance de la seigneurie de Tinténiac. 

Auj. Launay-Gaudin, village de la commune de Tinténiac, — ou 
bien peut-être la Gaudinais, même commune. 

Chart. S. G., xxxviii. 

Goilou (Le) (terra censualis^ tractus decimarum in parrochia 
capellœ Calciatœ). 



- 488 - 

Le Goullou, auj. village eu la Chapelle-Chaussée, commune du 
canton de Bécherel, arrondissement de Montfort. 

Chart. S. G., xxxviii. — Aveu au Roi rendu par M™'^ Magdelaine 
de la Fayette (4665). 

GoRDiANO (Capella DE Sancto) (plebicula^ parrochia). 

Saint- Gondran, paroisse de l'ancien diocèse de Saint- Malo, 
doyenne de Bécherel, auj. commune du canton de Bécherel, arron- 
dissement de Montfort. 

App., XI, XXXVIII, Lx. — Aveu au Roi par M™^ de la Fayette (1665). 

GouEN (plebs^ parrochia). 

Goven, ancienne paroisse de l'évéché de Saint-Malo, doyenné de 
Xohéac. Le fief de Goven relevait de la baronic de Loliéac. 

Auj. Goven, commune du canton de Guichen, arrond. de Redon. 
App., XI. 

Grasbuisson, Crassus hussonus, Gresbuisson [villa et feodum^ in 
parrochia de Acciniaco) . 

Le bailliage de Grébusson dépendait de la seigneurie d'Acigné, 
au xii'^ siècle. 

Auj. Grébusson, gros village dans la commune d'Acigné, canton 
S.-O. de Rennes. 

Chart. S. G., xxiv, xlvii, lui; Bulles des papes Innocent 111 et 
Alexandre III. — App., xlv. 

Grihannia (Sanctus Georgius de), Guihanne (de), Guihania (de), 
Guihaignia (de), Grihaingnio (Sanctus Georgius de), [monastcrium 
Sancti Georgii in Hyrhana villa^ plebs^ priora(us). 

Cette ancienne paroisse de Saint-Georges-de-Gréhaigne dépen- 
dait de l'évéché de Dol. Seigneurie donnée à l'abbaye par le duc 
Conan II. 

Auj. Saint-Georges-de-Gréhaigne, commune faisant partie du can- 
ton de Pleine-Fougères, arrondissement de Saint-Malo. 

Chart. S. G., xxvi, xxix, liv ; Bulles des papes Alexandre III et 
Innocent III. — App., ix, xxix, xliii, lx. — Aveu au Roi rendu par 
M'"« Magdelaine de la Fayette (1665). 



— 489 - 

GuERiNENSis (Villa) [villa, disi rictus vel traclus decimarum^ in 
parrochia Morzellarum et Redonensi pago). 

Guère, village dans la commune de Mordelles, auj. chef-lieu de 
canton, arrondissement de Rennes. 

Chart. S. G., xxxv. 

GuENTUs (fluviolus), torrens qui dicitur Guentus. 
Cours d'eau qui arrose le territoire de Saint-Domineuc et va se 
jeter dans le Linon. 
App., XV. 

GuiPEEL, Guippetel [plebs^ viens, parrochia)^ lacus de Guipeel, 
^O'iO, l'étang de Guipel. 
Guipel, commune du canton de Hédé (Ille-et-Vilaine) . 
Chart. S. G., ix. 

GuiRCHiA [plehs trevialis, dein parrochia, deeanatiis, eollegium, 
oppidum). 

La Guerche, ancien fief de bannière, ville et château-fort; pa- 
roisse et collégiale, anciennement trêve de Rannée, devenue titre de 
doyenné. 

La Guerche, auj. chef-lieu de canton, arrondissement de Vitré. 

App., XVII, XXVIII. 

Hedeium (castrum, oppidum cum parrochia) . 

Hédé, petite ville avec un château important, dès le xi*^ siècle. 
Hadoicum castellum (tit. de Marmoutiers) . — Comme paroisse, 
Hédé a dépendu, dans l'origine, de Bazouges-sous-Hédé. Cure dès le 
xii^ siècle, dépendant de l'abbaye de Saint-Melaine [eeelesia de 
Hadeio) . 

Auj. petite ville, chef-lieu de canton de l'arrondiss. de Rennes. 

App., ni. 

Helerii seit Elerii (Parrochia Sancti) [eeelesia parroehialis ur- 
bis Rcdonensis. 

Saint-Hélier, une des neuf anciennes paroisses de Rennes. Mou- 
lins de Saint-Hélier, appartenant à l'abbaye de Saint-Georges. H y 

32 



— 490 — 

avait plusieurs fiefs et revenus dépendant de l'abbaye dans cette 
même paroisse. 

Auj. Saint-Ilolier fait partie de la commune de Rennes, cant. S.-E. 

Chart. S. G., lx, lxii; Bulles des papes Innocent III et Alexan- 
dre III. — App., XLi, xLVii"^'", Li, LX. — Aveu au Roi rendu par 
M'"'^ Magdelaine de la Fayette (^665). 

Hyllarii Vendeliensis (Beati) (ecclesia^ plebs^ parrochia). 

Saint-IIilaire, ancienne paroisse sise dans le pays de Vendelais, 
jadis doyenné de l'évêché de Rennes, réuni au xv^ siècle au doyenné 
de Fougères. 

Saint-Hilaire-des-Landes, auj. commune du canton de Saint- 
Brice, arrondissement de Fougères. 

Chart. S. G., xlix. 

loHi, consulatus de lohi [districtus feodalis^ dominimn comiii- 
vum), 1085; Joe. 

Serait-ce Joué, auprès de Rennes? — Joué était sous la seigneurie 
des abbesses de Saint-Georges. 

Auj. vdlage et moulins, sur la Vilaine, à 2 kilomètres en amont 
de Rennes. 

Chart. S. G., xxxiv. 

Illur [insula]^ petite île du Morbihan, au Sud de l'île d'Arz. 
Elle fait partie aujourd'hui de la commune dont le chef-lieu est à 
Arz. 
App., XXXII. 

Jacobi (Ecclesia Sancti) de Foresta [plehs^ parrochia^ feodum]^ 
seigneurie, cluUellenie relevant du régaire ou lief épiscopal de 
Rennes. On l'appela « Saiut-James-de- la- Lande » aux xiv^ et 
xv*' siècles. Paroisse du diocèse de Rennes, doyenné de l'archidia- 
coné du Désert. Elle porta au xii'' siècle le vocable de Notre-Dame, 
ecclesia Sancte Marie de Foresta iBulle d'Alexandre III, MGî). 

Auj. commune dans le canton S.-O. de Rennes. 

Chart. S. G., Bulles des papes Innocent III et Alexandre 111. — 
Aveu au Roi (1665) par M'"' de la Fayette. 



i 



— 491 — 

Lalleiim [piebs, parrochîa^ fcodum). 

Laillé, aiicioune paroisse de l'évèché de Rennes, un des bt^néfices 
du doyenné de Bain. Au ix*" siècle, cette paroisse portait le titre de 
« Centena Laliacensis » [Cart. Roton.). — Chàtellenie. 

Laillé, auj. commune du canton de Guichen, arrond. de Redon. 

App.. XXXI, XL. — Aveu au Roi rendu par M"'*" de la Fayette. 

Lamboll {villa), iOGO, domaine et arrière-fief relevant de Tinté- 
niac au xv^ siècle. 

Le village de Lamboul existe encore sous le nom un peu défiguré 
de Lambourg, dans la commune de Saint-Brieuc-des-Ifs, sur la 
lisière de Tinténiac. 

Chart. S. G., ii. 

Lazari (Sa>'cti) [ecclesia^ in suburhiis Redonensibus] . 

La chapelle Saint-Lazare, dite plus tard « la Magdelaine, » cha- 
pelle affectée au service de la Maladrerie ou Léproserie de Rennes, 
dès le xii"^ siècle, au bout du faubourg méridional, sur la route de 
Nantes. C'est une des plus anciennes chapellenies dépendant de 
l'abbaye de Saint-Georges. 

La Magdelaine, qui avait donné son nom au faubourg de Nantes, 
à Rennes, existe encore ; on va restaurer cette chapelle, qui servira 
de succursale à la paroisse de Toussaints. 

Chart. S. G., Bulles d'Innocent III et d'Alexandre III, — Appen- 
dix, xxvii. — Aveu au Roi rendu par M"'^ de la Fayette (^1665). 

Landa (La), La Lande [terra censualis in ierritorio Tinteniacen- 
sis domina)^ Landa Hermesendis. 

Auj. La Lande, village dans la commune de La Baussaine, canton 
de Tinténiac. 

Chart. S. G., xxxviii. 

Lenceicm, Lanceyum, Lencé, Lancé [feodum dorninium, villa). 

Lancé, vieux fief de chevalerie aux xi'^ et xii'' siècles, sur le terri- 
toire de l'ancienne forêt ile Monceau, au Sud de Rennes, s'étcndant 
dans les paroisses de Noyal-sur-Seiche et de Chùtillon-sur-Seiche. 

Auj. métairie et village dans la commune de Noyal-sur-Seiche, 



— 492 — 

canton S.-O. de Rennes. — On y voit encore les restes d'une an- 
cienne motte i'dodale. 
Chart. S. G., xxiii, lvi, lxiv, lxvii; Charte de Conau IV (^^58). 

Lèse [locus^ medietaria) ^ ^032, domaine et métairie sur le terri- 
toire de Pleine-Fougères, ancien diocèse de Dol. 

Auj. Le Lez, village dans la commune de Pleine-Fougères, arron- 
dissement de Saint-Malo. 

Chart. S. C, xii. 

Lesternac [terra prœdialis et censualis in parrochia de Tinte- 
niac) . 

Lesternac appartenait aux Frères de la Sainte Maison de l'Hôpital 
de Jérusalem, autrement dits chevaliers de Saint- Jean ou de Malte. 

Aucun village en ïinténiac n'a conservé ce nom. 

App., XVIII. 

Linon, Linum, Lino [fluviolus]; districtus regionis, vallis de Lino. 

La petite rivière de Linon prend sa source aux environs de Com- 
bour et va se jeter dans la Rance, dont elle est un des affluents, 
auprès d'Évran, chef-lieu de canton (Côtes- du-Nord). — Le Val de 
Linon, village dans la commune de Pleugueneuc. 

Linon, village en Saint-Domineuc, canton de ïinténiac. 

Chart. S. G., xxviii, xxx. 

LisucEN ou LisNOEN, Lcsnocu [villa), domaine ou terre, arrière- 
fief de la seigneurie de ïinténiac. 

Il y a en Saint-Thual un \illage de Lesnen, chef-lieu d'un ancien 
fief et châtellenie, possédé aux xiv*' et xv^ siècles par les sires de 
Mauny, nom illustre dans la chevalerie bretonne. — Il existe aussi 
en Saint-Symphorien un village de Lesnouan ou Lesnouen, siège 
d'un fief au moyen âge. — Lesnouan, trait de dîmes eii la Chapelle- 
Chaussée. 

Chart. S. G., ii, lvi'*'». — Aveu au Roi par M"'*' de la Fayette. 

LiSQuiLiDic, — LisMELDUN, — LissuoLAN [trefs), subdivisions du 
territoire féodal, dans la paroisse de Pleubihan, xi** siècle. (Voir 
Teccel, etc.) 

Chart. S. G., xvi. 



— 493 — 

LisRiGON {villa, aula), — Listan.vac (idem), xi*^ siècle; alias 
Lcsrigon et Inistannac. 

Ces deux fiefs n'ont pas laissé de traces dans les noms de lieux 
actuels; ils devaient être situés sur le territoire de la seigneurie de 
Tinténiac, dont ils relevaient. 

Chart. S, G., ii. 

LouviNEioi {villa cum capella). 

Louvigné, ancien village et chapelle, dans la paroisse d'Acigné, 
sur la lisière de la foret de Rennes. 
Auj. Louvigné, village dans la commune d'Acigné. 
Chart. S. G., lxvi. 

Machecol {urbs, castrum, feodum loricœ). 

Machecoul, ancienne baronie, ville capitale du duché de Retz, 
relevant du comté de Nantes. 

Auj. Machecoul, petite ville, chef-lieu de canton de l'arrondisse- 
ment de Nantes (Loire-Inférieure). 

Chart. S. G., Charte de ^^69 (droit d'hesmage). 

Maclovus de Redaxo (Sanctus), ^1220. 

Saint-Malo-de-Beignon, ancienne paroisse de l'évéché de Saint- 
Malo où les évéques de ce diocèse avaient une résidence seigneuriale 
ou château épiscopal. Ils étaient seigneurs châtelains du fief de Bei- 
gnon, qui portait le titre de « baronie. » 

Saint-Malo-de-Beignon était compris sous le doyenné de Beignon, 
archidiaconé de Porhoét. 

Auj. Saint-Malo-de-Beignon est commune du canton de Guer, ar- 
rondissement de Ploërmel (Morbihan). 

App., xxxviii. 

Machlti (Sancti) {episcopaius, diœccsis), Macloviensis. 

Saint-Malo, un des neuf anciens diocèses de Bretagne. Transféré 
dans l'île de Saint-Malo au xii'' siècle, le siège de ce diocèse prit le 
nom de Saint-Malo et succéda à l'antique siège d'Aleth. 

Ville forte, avec château et donjon. 

Auj. Saint-Malo, ville chef-lieu d'arrondissement, sous-préfecture 
(Ille-ct-Vilainc). 



— 494 — 

Chait. S. G., I. — App., XI, xii, xviii, xx, xxii, xxxviii, lx. — 
Aveu au Roi de l'abbaye de Saint-Georges, en 4665. 

Maedre, Matreium, Maidre [plebs, parrochia, feodum in Nor- 
mannia)[\f et xii' siècles; Mouesdré, xyii*^ siècle. 

Moidré, paroisse de l'ancien diocèse d'Avranches, au Nord de 
Pontorson, sur la rive droite du Couësnon. 

Auj. Moidrey, commune du canton de Pontorson, arrondisse- 
ment d'Avranches (Manche). 

Chart. S. G., liv; Bulles de M64 et de 4208 (Alexandre 111 et 
Innocent III). — Aveu au Roi rendu par M™*^ de la Fayette (1665). 

Magna Plebs, Pleumeur (plebs, parrochia diœcesis Trecorensis) , 
paroisse de l'archidiaconé de Tréguier. 

Auj. Pleumcur-Gautier, limitrophe de Pleubihan, commune du 
canton de Lézardrieux, arrondissement de Lannion (Côtes-du-Nord), 
évéché de Saint-Brieuc. 

Chart. S. G., xvii. 

Margrinensis (Villa) vel Margunensis {villa et tractus décima- 
tionis in parrochia Morzellœ prope Redones). 

On trouve encore aujourd'hui dans le territoire que comprenait 
l'ancienne paroisse et fief de Mordelles, les villages et domaines de 
Marigné et du Margat. 

Chart. S. G., xxxv. 

Marine (Capella Saxci^e) {in parrochia Saneti Stephani Redo- 
nenlis) . 

La chapelle de Notre-Dame-dc-la-Cité, très-ancien oratoire. D'a- 
près la tradition, c'était le premier monument chrétien élevé dans 
l'enceinte de la cité gallo-romaine des Redones. Sa fondation re- 
monterait donc au moins au iv° siècle. Cette chapelle, située près de 
la porte Mordelaise et à l'entrée du placis Conan, devint, dès le 
xii" siècle au moins, propriété et dépendance de l'abbaye de Saint- 
Georges, par don du Chapitre de la Cathédrale ou de Tévéque. 

Chart. S. G., Bulles de 416ï et 4208 (Innocent III et Alexan- 
dre m). — App., lx. — Aveu au Roi (1665) par M'"' de la Fayette. 



- 495 — 

Mauricella, Morzella-» et Morzella [picbs, feodum, casfrum). 

Mordelles, ancienne paroisse comprise dans l'arcluLliaconé du 
Désert, diocèse de Rennes: fief, seigneurie. — C'était, au xi*^ siècle, 
nn lief et chàtellenie relevant du comté de llennes. 

Auj. chei-lieu de canton (llle-et- Vilaine). 

Chart. S. G., i, xxxv. — App., xxii. 

Marie (Sancte) de Foresta [ecclesia^ plebs], paroisse du diocèse 
de Rennes, dans la foret au Sud de la ville; elle est ainsi désignée 
dans la Bulle du pape Alexandre III (M 64); puis, dans la Bulle 
d'Innocent III (1208), elle est appelée Sancti Jacobi de Foresta 
(ecclesia). C'est la même paroisse, dont le vocable a subi cette mo- 
dification au commencement du xiii^' siècle. 

Auj. Saint-Jacques-de-la-Lande, canton S.-O. de Rennes. 

Chart. S. G., Bulle d'Alexandre III (1164). — App., lx. — Aveu 
au Roi, de \ 665, par Magdelaine de la Fayette. 

Me'dregnac (plebs ^ feodum jnilitis). 

Merdrignac, comme fief, portait au xiii'' siècle le titre de vicomte. 
C'était alors une petite ville close avec château-fort, touchant la 
forêt de la Hardouinaye. — Merdrignac, comme paroisse, dépendait 
de l'ancien évéché de Saint-Malo, doyenné de La Nouée. 

Auj. chef-lieu de canton de l'arrondissement de Loudéac (Côtes- 
du-Nord), évéché de Saint-Brieuc. 

App., XXIII. 

Melanii (Abbatia Sancti) [monasterium Ordinis sancti Benedicti^ 
cœnobium fundatum F//° sœculo] . 

Saint-Melaine, ancienne église abbatiale, auj. paroisse de la ville 
et commune de Rennes sous le titre de « Notre-Dame en Saint-Me- 
laine, » évéché de Rennes (Ille-et-Vilaine). 

Chart. S. G., i, xliv. — App., xli, xlii. 

MeLOCF iTiAl'ELLA S.WCTl). 

La chapelle de Saint- Meleuc était située dans la paroisse de 
Pleudihen, ancien évéché de Dol. Il y avait là un prieuré qui avait 
appartenu à l'Ordre du Temple, puis aux Hospitaliers. 



— 496 — 

Saint-Mclcuc, aiij. village et fennc dans la coûimiinc de Pleudi- 
hen, canton E. de Dinan (Côtes-du-.Nord). 
App., VI. 

MiNiAc (plebs^ parrochia] . 

Il y a deux anciennes paroisses de ce nom, toutes deux de l'ëvé- 
ché de Saint-Malo : Miniac-Morvan et Miniac-sous-Bécherel. Elles 
étaient aussi titres de fiels. Comme paroisses, elles dépendaient de 
l'abbaye de Saint-Florent de Saumur, sous le doyenné de IMontfort. 

Auj. ce sont deux communes, l'une du canton de Bécherel, l'autre 
du canton de Chdteauneuf (Ule-ct-Vilaine). 

App., XI, XII. 

MoLENDiNA in Civitate Redonensi, — de Porta, — Sancti Hyllarii 
seu Elerii. 

Les moulins de la Porte, dits plus tard « de la Poissonnerie. » 
[Duo molendina... quatuor molendina à muro Civiiatis quasi eu- 
hitis sex distancia.) On appelait aussi ces moulins les moulins à 
l'Abbesse, ou les moulins du Pont de Villaigne. 

Ceux de Saint-Hellier existent encore; ceux de la Porte ont été 
détruits par les travaux des quais de la Vilaine, en ^ 842-45. 

Chart. S. G., i, xli; Bulles de ^164 et de ^208 (Alexandre III et 
Innocent III). — Aveu au Roi rendu par M'"*^ de la Fayette (1665). 

MoLENDiNi de Clioisel, — de Jugant, -— de Marcheant. 

Moulins bannaux sur le territoire de la Cbapclle-Janczon et re- 
levant de l'abbaye de Saint-Georges. 

Ces villages existent aujourd'hui encore dans la commune de la 
Chapelle-Janson. 

Chart. S. G., lxi. 

MoNBORcnEiiiuM, Munbourclierium, Mons Borcheri [fcodum et 
dominium) . 

Monbourcher, ancien fief et châtellenie relevant du comté de 
Rennes, sis dans la paroisse de Vignoc. 

Auj. ferme dans la commune de Vignoc, canton de Hédé. 

Chart. S. G., lvh. — App., xxxi. 



— A\)7 — 

Motte Germodi [parrochia de), ^1294 [plebs^ capella). 

Montgonnont. paroisse du diocèse de Rennes, dans l'origine trêve 
de Pacé, dépendant de l'abbaye de Saint-^Ielaine, sous le doyenné 
et arehidiaconé du Désert. — Ancien fief. 

Auj. commune du canton N.-E. de Rennes. 

Cliart. S. G., lx. — App., xlvi. — Aveu au Roi par M"*° Magde- 
lainede la Fayette (i665). 

MoLCox. Mucon {fcodum militis], ancien fief de chevalerie, rele- 
vant du comté de Rennes. 

Auj. ferme et village dans la commune de Cesson, près Rennes, 
canton S.-E. de Rennes. 

Chart. S. G., lxvi. — App., m, xxxi, xl. 

NuLLUCUM (plebs et castellum)^ vers ^050. 

Noyai? Est-ce Noyal-sur-Seiche, ancienne paroisse dans les limites 
de l'archidiaconé du Désert, au diocèse de Rennes? ou bien Nouille, 
village et ancien trait ou subdivision territoriale de la paroisse de 
Mordelles? Je pencherais pour Noyai. 

Auj. Noyai, commune du canton S.-O. de Rennes. 

Il y a aussi Noyal-sur-Vilaine, canton de Çhâteaugiron. 

Chart. S. G., xiii. 

Omnium Sanctorum (Capella) (ecclesia parrochialis îirbis Redo^ 
nensis] . 

Toussaints, dans l'origine, ermitage desservi par des religieux 
Augustins, puis chapelle et paroisse du bourg de Toussaints hors 
ville ; une des neuf anciennes paroisses de Rennes. 

Toussaints est aujourd'hui une des principales paroisses de 
Rennes, doyenné-cure du canton S.-O. 

Chart. S. G., xl, li; Rulles d'Alexandre III et d'Innocent III 
(H04-'I208). — Aveu au Roi rendu par W" de la Fayette (4665). 

Pan, terra de Pan [villa in parrochia de Breud). 
Pan, ancien domaine, trait de dîmes, métairie. 
Auj. La Haye de Pan, village dans la commune de Bruz, canton 
S.-O. de Rennes. 
Chart. S. G., lviii. — App., xvi, xlv, xlvi. 



— 498 — 

Panepomi (Dkcima de), \0S:'); décima de Pcnpo que est in Goven 
(locus, districlus feodalls^ in parrocJiia de Goven; in feodo de 
Belocac), ^202. 

Paimpont ou Penpont, dans la paroisse de Goven, ancien diocèse 
de Saint-Malo, dépendant de l'ancienne seigneurie de Blossac. 

Auj. village de la commune de Goven, canton de Guichen, ar- 
rondissement de Redon. 

Chart. S. G,, xxxviii. — App., xi. 

Paulinani (Sancti presulatus) [diœcesis^ episcopatus). 
Saint-Pol-de-Léon, un des neuf anciens diocèses de Bretagne. 
Auj. petite ville, chef-lieu de 'canton de l'arrondissement de Mor- 
laix (Finistère). 
Chart. S. G., xuv. 

Peissonis (Terha) (dominium censuale in parrochia Tintenia- 
censi] . 
La Paissonnais, village de la commune de Tinténiac. 
Chart. S. G., xxxviii. 

Penpo {villa que est in Goven in feodo Roberti de Belocac)^ bail- 
liage dépendant de la seigneurie de Blossac, paroisse de Goven, 
cvêché de Saint-Malo, doyenné de Lohéac. (Vide suprà : Pane- 

rONTI.) 

Auj. Paimpont, village en Goven, commune du canton de Gui- 
chen, arrondissement de Redon. 
App., XI. 

Petiii (Sancti) de Marcheil vel de Foro [ecclesia, monasterium] . 
Donnée à Tabbaye de Saint-Georges par le duc Alain III, en 1032, 
cette église était une des anciennes paroisses de la ville de Rennes, 
située dans le forbourg [in suburbio) oriental attenant à la cite 
close, détruite en ^230. L'abbaye transféra le service de la paroisse 
détruite dans son église abbatiale , en assignant pour le service 
paroissial une portion notable de l'édilice sacré; on l'appela alors 
« Saint-Pierre en Saint-Georges. « 

Chart. S. G., vi, vu; Bulles de IIOÎ et 1208 (Alexandre III et 
Innocent III). — App., lx, lxix. 



— 499 — 

PiNus (locus, rnedieiarià), -1032, domaine situé dans l'ancienne 
paroisse de Pleine-Fougères, diocèse de Dol. 

Auj. Le Pin, village considérable dans la commnne de Pleine- 
Fougères, canton idem, arrondissement de Saint-Malo. 

Cliart. S. G., xii. — App., un. — Aveu rendu au Roi par Mag- 
delaine de la Fayette ('1665). 

Plana-Filix (plcbs), 1032; Plaine-Fougère, -1323, ancienne pa- 
roisse du diocèse de Dol dépendant de l'abbaye de Saint-Florent. 

Pleine-Fougères, auj. commune et chef-lieu de canton de l'aiTon- 
dissement de Saint-Malo (Ille-et- Vilaine). 

Chart. S. G., xii. — App., un. 

Ploicathnou, Pluicathno, Plogaznou, ^040; Ploegaznou, 4061; 
Plogaano, ^1169 (plebs, parrochia in pago Leonensi). 

Plougasnou, ancienne paroisse et prieuré, dans l'ancien diocèse 
de Tréguier, près Morlaix (archidiaconé de Poucastel). 

Auj. commune du canton de Lanmeur, arrondissement de Mor- 
laix ^Finistère). 

Chart. S. G., xviii, xx, xxvii; Bulles de ^ 4 64 et 'l 208 (Alexandre III 
et Innocent III). — Aveu au Roi rendu par M'^'^de la Fayette (4665). 

Plubihax, Plebihan, Plouebihan, Pleubihan (plebs, feodum, prio- 
ratus et parrochia Trecorensis diœcesis), ancienne paroisse du dio- 
cèse de Tréguier, divisée en trêves ou sections territoriales pour la 
perception des droits seigneuriaux ; comme fief, elle relevait de 
l'abbaye de Saint-Georges, par don du duc Alain III et de sa mère 
Havoise (1032, 4 035, 1070, H69). Prévôté de Pleubihan. 

Auj. Pleubihan est une commune du canton de Lézardrieux, ar- 
rondissement de Lannion (Côtes-du-Nord), évéché de Saint-Brieuc. 

Chart. S. G., xv, xvi, xvir, xix, xx, xxi, xliv; Bulles de 1164 et 
1208 (Alexandre III et Innocent III). 

PoHE.NCEiiM {urbs, oppiduM, feodum cum Castro). 
Pouencé, baronie, très-ancien fief de bannière, relevant du comté 
d'Anjou; paroisse avec prieuré dépendant de l'évéché d'Angers. 



— 500 — 
Auj. Poiianc('s villo et chcf-liou de canton, arrondissement de 
Ségré (Maine-et-Loire). 
App., XVII. 

Pons Ursi {urbs et castrum). 

Pontorson, petite ville normande, sur le Couësnon, à la limite 
orientale de la Bretagne, ancien diocèse d'Avranches, aujourd'hui 
diocèse de Coutances, département de la Manche. 

(Chart. S. G., x. 

PoLiANDRUM, PoUcndrum, Le Poliou [terra, dominium, vêtus cœ- 
meterimn) Jo'iro célèhre à Rennes (fera Sancti Pétri de Poliandro), 
ancien cimetière devenu un quartier du forbourg de l'Evéque. 

Polia (Poulieu) s'entendait aussi d'un lieu en dehors de la ville, 
où les foulons et tisseurs préparaient et faisaient sécher les draps 
qu'ils fabriquaient. (Poulie, les Poulies; Ducange, Glossar. med. et 
inf. latin.) 

Le nom de « Poulieu, » altéré en celui des Paulieux, est resté à un 
canton de terre et à une rue de Rennes, près du faubourg de Brest. 

Chart. S. G., xlviii. 

PoTERiA {villa, districtus vel terra censualis, vicina urhis Re- 
donensis) . 

La Poterie, près Saint-Hellier, village important, fief et bailliage 

relevant de Saint-Georges. 

Auj. village dans la commune de Rennes, canton S.-E. 

Chart. S. G., l. 

PuEGNABAT vel Prenabat [vUla), Pratum Nabath, territoire for- 
mant, au xi'^ siècle, subdivision et arrière-fief de la seigneurie de 

Tinténiac. 

Auj. Penabat, dans la commune de Langouct, canton de Hédé, 
arrondissement de Rennes (llle-et-Vilaine). 

Chart. S. G., n, lvi»''^ — App., xi. 

QuARQUERUN [stagiium et molendina). 

Carcraon, bourg de Carcraon, Nillage considérable avec moulins 
et vaste étang, dans la paroisse de Domalain, près de La Guerche. 



- 501 - 

Auj. château moderne sur les bords de l'étang de Carcraou. 
App.. wii. 

Qlemi'ekcore>tin (2irbs), capitale du comté de Cornouaille, diocèse. 
\uj. chef-lieu du département du Finistère, préfecture, évèché. 
Chart. S. G., xxxiv. 

Ukuox.i:, urbs Redouensis, civitas Redoncnsis, comitatus Redo- 
nensis [urbs, civitas, cpiscopium]. 

Renues, ville capitale du duché de Rretagne, chef-lieu et titre de 
comté à la fin du xi^ siècle. Ancien diocèse. 

Rennes, auj. chef-lieu du département d'Ille-et-Vilaine, préfec- 
ture, siège de Cour d'Appel et de commandement mditairc (^0*^ corps 
d'armée), archevêché depuis ^859. 

Chart. S. G., i, iii^'S vi, vu, xlt; Bulles des papes Alexandre III 
et Innocent III (H 64 et ^208). — App., i, xi, xiv, xxiv, xxxiv, 

XXXIX, LVm, LIX, LXI, LXII, LXIII, LXIV, LXX, LXXIII, LXXV. — AVBU 

rendu au Roi par l'abbesse Magdelaine de la Fayette (^665). 

Reixel vel Res.xel [fluviolus). 

Le ruisseau de Resnel, dans la paroisse de Saint-Jacques-de-la- 
Laude, donnait, au xn^ siècle, son nom à une partie de la forêt 
qu'il traversait. Prenant sa source au village de la Rivière, en Saint- 
Jacques, il va se jeter dans la Vilaine, près de Champcor. 

C'est aujourd'hui un cours d'eau sans importance. 

Chart. S. G., li, lxiv. 

Regale Pkatlm [terra^ pratum largioris spatii, datum in domi- 
nio abbatiœ Sancli Gcorgii)^ 1077. 

Le pré Royal, ou « du Roi, » connu jusqu'à nos jours sous le nom 
de prés de Saint-Georges, vaste prairie sur le bord de la Vilaine, 
en amont de Rennes, et dans la commune de Rennes, entre les mou- 
lins de Joué et les moulins de Saint-Hellier. 

Chart. S. G., xlv. 

Rox [in terrilorio de Dolu, villa, parrochia, plebs). 
Rous-sur-Quoaenon, Roz-sur-Coaysnon, paroisse comprise dans 
l'ancien diocèse de Dol. 



— 502 - 

Auj. Roz-sLir-Couësnon est une commune dans le canton de 
Pleine-Fougères, arrondissement de Saint-Malo. 

Chart. S. G., xliii. — App., xlviii. — Aveu au Roi (1665) rendu 
par M"*" Magdelaine de la Fayette. 

Salnerije, Salncriensis Villa [plehs^, parrochia), ancienne pa- 
roisse du doyenné de Bain, évôché de Rennes. 

SaulnLères, comme fief, relevait de la baronie de Châteaugiron. 

Auj. Saulnières est une commune du canton du Sel, arrondisse- 
ment de Redon. 

Chart. S. G., xxxix. 

Sanceium (villa, districtus cenmalh, feodum]. 

Sancé, Censé, bailliage et fief, gros village de la paroisse Saint- 
Hellier, comptait plusieurs tenanciers. 

Haut- Sancé et Bas -Sancé, deux villages de la commune de 
Rennes, canton S.-E., près Saint-Hellier. 

Chart. S. G., l. 

Seiugne [villa, terra de), ancien domaine, près de Liffré, avec 
étang et forges, autrefois fief relevant d'Acigné. 
Sérigné (les forges de) existent encore dans la commune de Liffré. 
Il y avait jadis un prieuré à Sérigné, dépendant de l'abbaye de 
' Saint-Sulpice. 

Chart. S. G., lxiii. 

SiGiNXUM (Sancti) [ecclesia], Sancti Siginii [parrochia], Sancti 
Siliguini (ecclesia), Sancti Sisignii [plebs), lO^iO, H64, >I208, an- 
cienne paroisse de l'évêché de Saint-Malo, doyenné de Lobéac. 

Auj, Saint-Séglin, commune comprise dans le canton de Maure, 
arrondissement de Redon. 

Chart. S. G., xii; Bulles des papes Alexandre III et Innocent III 
(HC'i-1208). — App., XI, LX. — Aveu de 4665 par W" de la Fayette. 

SiLVA {villa). 

La Forêt, auj. la Ilaute-Forét, château moderne, sur les rives du 
Meu, tout près de Mordellos, mais sur le territoire de la commune 



— 505 — 

de Bréal. — La Forêt était, au xi'^ siècle, une dépendance de la pa- 
roisse de Mordolles. 
Chart. S. G., i. 

Sine Seccrtim (pars vel regio silvœ mit forestœ Eedonensis) , 
1037. 

Le canton de la Ibrèt de Rennes appelé « Sans- Secours, » fut 
donné à l'abbaye de Saint-Georges par le duc Alain III. 

Auj. Sans-Secours, village ou hameau situé sur la lisière orien- 
tale de la foret de Rennes, sur la rive droite de la petite rivière de 
Chèvre, dans la commune de Liffré, non loin des forges de la Vallée. 

Chart. S. G., xxiii, lvi. 

SpARGiiCLs, Aspargeium, Hespargeium, Espargeium [villa], 4032- 
MGO. [Vide suprà : Espargeium.) 

Épargé, village dans la commune d'Acigné, diocèse de Rennes. 
C'était, au xi*' siècle, une grande métairie appartenant à Saint- 
Georges, un fief et seigneurie riche en revenus. 

Auj. Épargé est un des principaux villages de la commune d'Aci- 
gné, canton S.-E. de Rennes. 

Chart. S. G., i, xlvii, lui; Bulles des papes Alexandre III et 
Innocent III (M6M208). 

ÏAXOART (foresta), xi^ siècle, 4040, etc., forêt de Tanouarn, qui 
s'étendait au Nord de Hédé et de Guipel, jusque vers Combour. 

Il n'en reste plus aujourd'hui que des débris, avec de grandes 
landes, que traversait l'ancienne route de Hédé à Dol, et aujour- 
d'hui coupées par le chemin de fer de Saint-Malo. 

Chart. S. G., ii*»'», xxv. 

Talemaschi [terra, villa et feodum]^ ancien fief et domaine rele- 
vant de la seigneurie de Tinténiac. 

La Talmachière, bailliage et manoir, en Tinténiac, sous le fief de 
la Rivaudaye. 

Auj. La Talmachère, village dans la commune de Tinténiac, ar- 
rondissement de Saint-Malo. 

Chart. S. G., lvi'^». 



— 504 — 

ÏALEivcAC [plebs, parrochia), ancienne paroisse de l'évéché de 
Saint-Malo, doyenné de Montfort, où, dès le ix'' siècle, Érispoé avait 
une résidence, un palais, « aula de Talensac. » (Cart. Rot.] 

Auj. commune du canton de Montfort. 

App., XI, xLi. — Aveu au Roi (^605) par M'"'' de la Fayette. 

Terra Damarhoc, — Terra Grenul, — Tregomax, — La Gavas- 
CHERIA, anciens fiefs dépendant de la seigneurie de Tinténiac. 
Char t. S. G., lvi*»'». 

Terra Fabri (terra censualis in territorio parrochiœ Tintenia- 
censis) . 
Chart. S. G., xxxviii. 

Terra Pontis Doleis (terra censualis ex dominio Tinteniacensi). 
Pont-Dolay, village dans la commune de Pleugucneuc, canton de 
Tinténiac. 

Chart. S. G., xxxviii. 

Terron (villa, feodum, herbergamentum) . 

Terron, ancien fief, avec manoir et domaine en dépendant, dans 
la paroisse de Noyai, au Midi de Rennes. 

Auj. village et ferme, dans la commune de Noyal-sur-Seiche, 
canton S.-E. de Rennes. 

App., xxxvii. 

Teucel, — Tressel, — Trenou, — Treurivinn, — Tresfelmel, — 
Treconhar [totidem partes seu regiones, divisiones territorii que 
dicuntur Britannica sermone : « tref, trev, Tréo, « et idem sonant 
quod^ village, hameau, canton, trêve, gallice). C'étaient des subdi- 
visions du domaine féodal, dont chacune devait rendre au seigneur 
certaines rentes ou prestations fixées par la coutume des iiefs. 

Toutes les trêves ci-dessus faisaient partie de la paroisse et du ûef 
de Pleubihan (xi® siècle). 

Chart. S. G., xvi. 

Tintiniac, Tinlinniacum, Tinteniacum (picbs, prioratus, vicus et 
castrum), ancien diocèse de Sainl-Malo, 1032, 103î, ^030, etc., 
4400, etc.; xii% xiii", xiv% xv" siècles. 



- im - 

Tintc'uiac, diocèse de Rennes, auj. chef-lieu de canton et com- 
mune, arrondissement de Saint-Malo (lUe-et-Vilaine). Au xi'' siècle, 
fief important, ville fortifiée, chàtellenie, prieuré et paroisse, eccle- 
sia Sanctœ Marice de Tinteniac, qui comprenait dans son territoire 
celui de sa trêve ou fillette. Trimer, et de qui relevaient de nom- 
breux fiefs dans les paroisses avoisinantes. Tinteniac avait un châ- 
teau-fort, ruiné et rasé par Henri II, en 4^08. C'était encore, au 
xiv*^ siècle, une petite ville murée et fortifiée, prise par du Guesclin 
en ^373. (D. Lob., I, 406.) 

Chart. S. G., i, ii, ii'''', m, v, xxv, xxx, xxxi, xliii. — App., ni, 

V, XI, XIII, XV, XVIII, XIX, XXIV, XXXIII, XXXIV, XXXVIII, LX, LXXII. — 

Aveu rendu au Roi par Magdelaine de la Fayette. 

Tramachel ou TiiAMAHEL [vUla], territoire formant subdivision et 
arrière-fief de la seigneurie de Tinteniac, aux xi® et xii® siècles. 

Tramachel n'a laissé son nom à aucun des villages existants au- 
jourd'hui. 

Chart. S. G., ii, lvi. 

Tramangoir [villa et feodum)^ nV siècle, fief relevant de Tin- 
teniac. 

Trémagouet, auj. village dans la commune de Québriac, mais sur 
la lisière occidentale de la commune, du côté de Saint-Domineuc, 
canton de Hédé, sur la rive du canal d'Ille-et-Rance. 

Cart. S. G., ii^'«, xxv. 

Tramel vd Trainel {villa), une des subdivisions ou arrière-fiefs 
de la grande seigneurie de Tinteniac, aux xi* et xii^ siècles. 

Parmi les villages actuellement existants de Tinteniac, aucun n'a 
conservé ce nom de Tramel. — Il y a en Langan un village de Tra- 
mel. Poiius Tramel, eu Saint-Thual? 

Chart. S. G., ii. 

Trebri, Teubri {villa et feodum)^ domaine et arrière-fief relevant 
de Tinteniac. 

Auj. Thieubry, village dans la commune de Plouasne, canton 

d'Évran (Côtes-du-Nordj. 

Chart. S. G., ii*»'», xxv, xxxviii. 

38 



- 506 — 

Trebucdet (locus, terra, disirictus decimalionis, in parrochia 
Sancti Dornenoch). 

Le village et le territoire dit trait de Trebuchct s'étendait à une 
portion de la paroisse de Saint-Domineuc et de celle de Tinténiac. 

Auj. village dans la commune de Tinténiac. 

App., XII. — Aveu au Roi rendu par l'abbesse de Saint-Georges. 

Trefrioc et Treforim [terrœ censuales in dominio ahbatiœ 
Sancti Georgii in parrochia Tinteniacensi) . 

Trefériou, village dans la commune de Saint-Domineuc, canton 
de Tinténiac. 

Chart. S. G., xxxviii. — App., xii, xxii. 

Treguené (feodum)^ ancienne seigneurie, mouvant de Blossac, sise 
en la paroisse de Saint-Thurial. 
App., XI. 

Tregher, Trecorensis [urbs, diocesis Trecorensis, feodum, comi^ 
tatus). 

Tréguier, ancien évêché, comté, juveignerie du comté de Pen- 
thièvre. 

Auj. petite ville, chef-lieu de canton, arrondissement de Lannion 
jCôtes-du-Nord). 

App., XXXIX. 

Tregurian [villa), domaine et arrière-fief dépendant de la sei- 
gneurie de Tinténiac. 
Trégurian n'a pas laissé de traces. 
Chart. S. G., ii^^'". 

Trela, Trala (villa), xi^ siècle, domaine et arrière-fief dépendant 
de la seigneurie de Tinténiac. 

Trélat est aujourd'hui un village assez considérable, situé dans la 
commune de Trimer, ancienne trêve de Tinténiac, canton de Tinté- 
niac, arrondissement de Saint-Malo. 

Chart. S. G., ii, 11'''% xxv. 

Trembleium (plebicula, tractus decimalionis in parrochia Bau- 
cenœ) . 



— 507 — 

La Tromblaye, subilivision ou trait do la paroisse de La Baussaine. 
Aiij. village de la commune de La Baussaine, canton de Tinté- 
niac, arrondissement de Saint-Malo. 
Chart. S. G., lw. — Aveu rendu au Roi par M™" de la Fayette. 

TiiEMER vel Treimer (plebicula), xi® et xii^ siècles. 

Trimer, ancienne trêve ou fillette de Tinténiac, auj. paroisse et 
commune du canton de Tinténiac. Trimer était, en outre, un fief et 
bailliaire relevant de la seigneurie de Tinténiac. 

Chart. S. G., ii'*'«, xxv. — App., xi, xxxviii, lx. 

Tresgcaret {terra censualis sub dominio Tinieniacensi) . 

Auj. Trégaret, village de la commune de Tinténiac. 

Chart. S. G., xxxviii. — Aveu au Roi par M'"° de la Fayette. 

Treslagal ou Treflegal [villa), arrière-fief relevant de la sei- 
aneurie de Tinténiac. 

Il n'y a plus de village dans ce territoire qui ait conservé le nom 
de Treslagal. 

Chart. S. G., ii, lvi. 

Trefmilo.n vel Tresmilon {prœpositura, feodum sub dominio 
Sancti Georgii de Ploiigasnou), bailliage et fief, prévôté, relevant 
de la seigneurie de Plougaznou, appartenant à l'abbaye de Saint- 
Georges. 

App., XXXIX. 

Tcriavi (Sancti) {ecclesia, plebs). 

Saint -Turiaff, Saint-Turial, ancienne paroisse de l'évéché de 
Saint-Malo, doyenné de Lohéac. 
Saint-Thurial, auj. commune du cant. de Plélan, arr. de Montfort. 
App., XI. 

TuscHiA (villa et feodum)^ ancien fief relevant de la seigneurie 
de Tinténiac. — La Tousche, fief et bailliage. 

Auj. La Touche, village et maison dans la commune de La Cha- 
pelle-Chaussée, canton de Bécherel. 

Chart. S. (i., lvi. 



— 508 — 

VVengamp, Gucngampum, Wingamp {urbs, comitatus). 

Guingamp, ville, chef-lieu d'arrondissement du d(''partcment des 
Côtcs-du-Nord; ancienne capitale du comté de Penthièvre, plus tard 
du duché de même nom. 11 y avait à Guingamp une abbaye et deux 
prieurés réguliers. 

Chart. S. G., xx. 

Verneia [dominium, feodum). 

La Vernaye ou le Vernay, ancien fief, mouvant prochement de la 
seigneurie d'Acigné (xii*" siècle), sis dans la paroisse d'Acigné, évé- 
ché de Rennes. 

Auj. Vernay, village sur le territoire de la commune d'Acigné, 
canton S.-E. de Rennes. 

Chart. S. G., viii. 

Vetus Villa [feodum., villa, tractus decimaiionis)^ ^0^0. 
La Vicuville, auj. village en la commune de La Baussaine, canton 
de Tinténiac. 
Chart. S. G., ii^'% xxv. 

ViCENONiA, Vilaegne, Vislaigne (fluvîus), 4032, 4034, etc. 

La Vilaine, rivière qui prend sa source aux environs (au N.-E.) 
de Juvigné, dans le Maine (département de la Mayenne), arrose le 
département d'IUe-et-Vilaine, passe à Rennes et à Redon, et va se 
jeter dans l'Océan au-dessous de la Roche-Bernard, sur le terri- 
toire de la commune de Penestin. 

Chart. S. G., i, iii'^'», iv, xi, xlv. — App., xlix, lxi, lxii, lxiii, 
LXiv, lxvi, lxx, lxxi, lxxii. — Aveu au Roi par M™* de la Fayette. 

ViLEiis (apud Sancium Georgium de Grihennia)^ Villa Sancti 
Georgii que vocatur Vilers (villa in territorio parrochiœ seu plebis 
Sancti Georgii de Grihannia]^ seigneurie donnée par la duchesse 
lïavoise à l'abbaye de Saint-Georges. 

C'était une des principales propriétés dépondant de l'église de 
Saint-Georges-de-Gréhaigno, ancien diocèse de Dol. 

Auj. Saint-Goorg(vs-(l('-(iréhaigno, commune du canton de Pleine- 
Fougères, arrondissement de Sainl-Malo. 

Chart. S. G., X, xxvi. 



— 501) — 

Villa Aaeles [mcdictariay terra censmilis et dominium). 

La Ville-Mais ou Ville-Aslée, ancien domaine et métairie relevant 
de Tiuténiac, ainsi que les terres de la Cailbotière, de la Pooletière, 
de la Boerie, de la Mcesnerie et de la Santecochcre, toutes situées 
dans les environs. 

Aujourd'hui on retrouve dans la commune de Bazouges-sous- 
Hédé les villages de la Callibotière, de la Polletière, de la Bourie, 
de la Ville-Allée. La Sandecochère est en Tinténiac. 

App., V. — Aveu au Roi (1665) par M™* Magdelaine de la Fayette, 
abbesse de Saint-Georges. 

Villa Asme.\auz [terra censualis], comprise dans le territoire de 
la seigneurie de Tinténiac. 
Chart. S. G., xxxviii. 

Villa Bili {locus seu villa, in parrochia Tinieniacensi]^ xii® 
siècle. 
Auj. la Billiais, village dans la commune de Tinténiac. 
Chart. S. G., xxxviii. 

Villa Dodelin, — Villa Gorhalt, — Villa Hermenfeudis ou 
Hermelsendis [villœ]^ \f et xii*^ siècles, domaines et arrière-fiefs 
relevant de Tinténiac. 

Ces noms de lieux ont disparu. 

Villa Hogan>'ou, item. 
Chart. S. G., ii. 

Villa Glimarhoc [villa), domaine et arrière-fief de la seigneurie 
de Tinténiac (\i*' siècle). 
Ce nom de lieu n'existe plus. 
Chart. S. G., ii. 

Ville aus Grellez (La), — Villa Gaufridi Roberti, — La Ville 
AU CuEVROUL [ierrœ censuahs in do^ninio Tinteniacensi] , xii" siècle. 
Ces noms de lieux ne sont plus représentés aujourd'hui. 
Chart. S. G., xxxviii. 



— 510 — 

Villa 1Jeiifiii:i> {villa), \i' siècle, (iomaiiic et arrière-lief dépeu- 
dant de la seigneurie de Tinténiac. 

On trouve aujourd'hui dans la commune de Trimer un village 
dit « la Ville-ès-Uay. » Y aurait-il quelque rapport entre ce nom et 
celui de l'ancien domaine de « Villa Herfred? » 

Chart. S. G., ii. 

Villa Nemoris (Censie de) {lerra censualis in dominio abbatiœ 
Sancti Georgii, in Capella Janczon). 

Il y a sur le territoire de la commune de la Cliapelle-Janson un 
gros village appelé « la Ville. » 

Chart. S. G., lxi. 

Villa Nova [locus, terra cum molendino super flumen Viceno- 
niœ), 4040. 

Villeneuve, domaine dans la commune et aux environs de Rennes, 
auj. canton S.-O. de Rennes. 

Chart. S. G., xi. 

Villa Oileis (locus^ villa, terra seu dominitim, in territorio 
Tinteniacensi) , xii^ siècle. — N'est-ce point la « Ville- Alais, » en 
Bazouges-sous-Hédé ? 

Chart. S. G., xxxviii. 

Villa Vincenensis [districtus vel tracius decimationum in par- 
rochia Morzella) ^ 4 080. 

Vincé, village, commune de Mordelles, arrondiss. de Rennes. 
Chart. S. G., xxxv. 

ViTREiuM (urbs, oppidum, castrum, decanatus]. 

Vitré, ancienne baronie, lief du vicaire du comté de Rennes dès 
le XI® sièle, dit vicomte. Siège d'un doyenné de l'ancien diocèse de 
Rennes, la ville de Vitré avait trois paroisses, un prieuré, une col- 
légiale, etc. — Communauté de ville, chàteau-fort. 

Auj. Vitré, ville chef-lieu d'arrondissement, sous-préfecture du 
département d'Ille-et-Vilainc. 

App., IV, XIV, XXV. 



- ull - 

Voire (fluviolus). 

La Vouivro ou Veuvre, petite rivière, dite aussi « rivière de Chè- 
vre; » elle prend sa source en Saint-Christophc-des-Bois, traverse 
l'étanî^ de Chèvre, côtoie la forêt de ce nom, et vient se jeter dans 
la Vilaine, auprès d'Acigné. 

Chart. S. C, lxiii. 



1 

n 






I 



îli 



INDEX CIIRONOLOGICUS 

SEL ELENCHUS ANALYTICUS 

CHARTULARIl 

ABBATIiE SANGTI GEORGlï REDONENSIS. 



\. — Chartw numerus I. — Annus ]0\H seu ^028 vel 4032. — 
Arglmentum : Alanus Britanniae dux dat sorori suae Adellœ et 
sibi adhœrentibus sanctimonialibus locum monasterii a Rcdo- 
nensis urbis muro quasi uno stadio sejiinctiim, cum fluvio 
Vicenonice, et duo molendina; dat ctiam vicum Tintenniacum, 
quaîdam privilégia et cousuetudinum exantiones; prseterea vil- 
lam Spargiaci in parroehia Acciniaci; quatuor molendina in 
civitate Rcdoncnsi; denique duas villas in parroehia Mauri- 
cellce. — Page 89. 

2. — Ch. num. XII. — An. 4032. — Arg. : Roiantclina viceeomi- 

tissa in Cavana plèbe parvam adunaverat sanctimonialium 
congrcgationem quœ regulariter inibi subsistere non potuit; 
ab Addela ergo abbatissa petiit ut in suo collegio supradictas 
moniales reciperet; quapropter dédit Capellam Genceon, unani 
medietariam in Comburn, duas in Plana Filice, ecclesiam quo- 
quc Sancti Siginnuni ; insuper et boves, vaccas necnon cquas. 
— Page 108. 

3. — Ch. num. VI. — An. 4032. — Arg. : De Sancie Pctro de 

Marckeil. — Alanus Britannorum dux et mater ejus Aduissa, 
annuente fratre ducis Eudonc, dat Sancto Georgio et Addelic 
abbatissiu cum famulabus ibi Deo scrvientibus, monastcrium 
Sancli Pétri de Marcheil, in suburbio Redoneusi. — Page 402. 
/i. — Ch. num. X. — Avant 4034. — Arg. : De Cavana (alias 



Cavina). — Iladuissa mater Alani totiiis liritanniœ ducis ac 
principis, tradit cœiiohio Sancti Georgii vicum qui vocatiir Ca- 
vana; addit quemdam -molciidiniim situm apud Pontcm Ursi, 
prœterea portionem torrae vicinam Villse Sancti Georgii quae 
vocatur Vilers; deiiique lociini ad Campum Corvi aptum ad 
construendum molendinum. — Page ^06. 

5. — Ch. nmn. IV. — Avant ^034. — Arg. : Alanus dux et frater 

. ejus Eudo, iina cum matre eorumdem Haduissa, dant Sancto 

Georgio et Addelae abbatissae et sanctis feminis viduis seu vir- 

ginibus famulantibus ibi Deo duo molendina super fluvium 

Vicenoniae. —Page -100. 

0. — Ch. num. XIV. — Vers ^034. — Akg. : Alanus dux Britan- 
norum largitur Sancto Georgio medietatem insulae in Britannia 
vocata Art, cum omni jure et consuetudinibus sibi pertinen- 
tibus. — Page \\\. 

7. — Ch. num. XV. — An. ^1034. — Ahg. : Alanus dux, una cum 

l'ratre suo Eudone, dat Sancto Georgio parrochiam in Britan- 
nia quae vocatur Plubihan cum omnibus* consuetudinibus, cum 
equitibus et villanis, etc., in episcopatu Trecoronsi. — P. 'H2. 

8. — Ch. num. XXI. — Après ^034. — Arg. : Guidifen, famulus 

abbatissîB Addelae in Plebiban ex hereditate, capjus et damnatus 
ob infidelitatem suam, relaxatur eo pacto ut nunquam ipse aut 
aliquis beres suus ullam Camulationem de Sancto Georgio tenere 
quaerat per hereditatem; de quo pacto dat fidejussores; postea, 
pro anima uxoris suae idem Guidifen dat abbatiae quidquid 
ipse tenebat in Plebihan. — Page ^22. 

1). — Ch. num. XXIIL — An. ^037. — Arg. : Parteni forestœ 
Redonensis quœ Sine Securtum nominatur recipit Addela abba- 
tissa ad opus ecclesiœ Sancti Georgii ab Alano fratre suo, par- 
tim in elemosinam, partini in emptionem. — Page 124. 

iO. — Ch. num. V. — Intcr ^032 et 1040. — Arg. : Conventio de 
Castro Donouualdi; abbatissa permittit Donoalo castrum sibi 
agere in Tinteniaco mh conditionibus in pacto inter eos inito 
prailixis. — Page iOI. 

II. — Ch. num. XU. — Avant lO'.O. — Ahg. : Ecclesiic et mo- 



— OlO — 

iiialibus Saiicti liL'oriïii Alaïuis dux Britannia' cl Hadiiissa conii- 
lissa conceckint oinaom iisum ligni iu forcstis suis. Daiit pra*- 
terea ceiisiis de foro aiixeis Redonibus, et très medieterias in 
paiTochia Accigiici. — Page 145. 

-12. — Ch. num. IX. — Avant \0A0. — Aiic. : Dux concedit 
Saneto Georgio lacum de Guipeel, pro commutatione medieta- 
tis ecclesice quae Cavana voeatur datae a matre ducis lladwisa; 
lerram Popelini in vico Aziniaco et thcloneum ejusdem vici 
octo die])us aute et post forum Sancti Pétri. — Page 105. 

^3. — Ch. num. XLIX. — Vers ^040. — Aug. : Quidquid tenebat 
iu Piubihan et levum liliorum Costentini dat Inscandus abba- 
tial Beati Georgii. — Page 447. 

\'i. — Ch. num. XVIII. — Vers 4040. — Aug. : De Ploicathnou. 
— Berta Britanuiœ comitissa, cum filio suo Conano, dédit pro 
anima senioris sui Alani, parrochiam, in pago Leonensi, qua3 
voeatur Ploicathno totam ex integro, cum excmptione omnis 
debiti et servicii. Quod donum post viginti duo annos (id est 
-lOfH), confirmavit dux Conanus cum matre sua Berta, coram 
multis proceribus testibus vocatis. — Page 448. 

V). — Ch. num. XXVI. — Vers 4040. — Arg. : Dux villam quae 
dicitur Vilers, cum ecclesia Saneto Georgio ibi dedicata, tradit 
CcTUobio Sancti Georgii, cum adjacentis marecliiai dimidietate, 
quod totum ab omni publica exactione ipse liberura concedit. 
Postea (14 3:) circiter) antc Goffridum Dolensem archicpisco- 
pum dereliquit Gualterius de Monte Roalt calumniam quam 
aggressus fuerat contra moniales de ecclesia Sancti Georgii de 
Guihania. — Page 426. 

4 G. — Ch. num. XXIV. — Vers 4040. — Aug. : Saneto Georgio dat 
cornes Alanus pessum et forcstarium forestœ de Tanoart; thc- 
loneum de toto Tinteniaco. Sequitur conventio inter sanctimo- 
nialcs Beati Georgii et homines suos tenentes feoda in Tinte- 
niaco. — Page 42'j. 

4 7. — Ch. num. XXXVIII. — Vers 4040. — Arg. : ïerciam par- 
tem décima^ de Paneponti dant Saneto Georgio Orliant pra^po- 
sita et Gauterius fiiius ejus, cum assensu comitis Alani et 
comitis Eudonis. — Page 435. 



- 51() - 

j^}. _ Ch. num. XXVII. — An. \(i'iO. — Arg. : Postridie cura 
obicrit dux aiit consul Alanus, Borta ejus vidua, cum filiolo 
Conano, donat abbatiœ Sancti Gcorgii, in clcmosinam pcrpe- 
tuam parrochiam sitam in Po-castcllo, Plogasnou, totam ex 
intcgro et quidquid juris principaliter ipse consul tcnere sole- 
bat. Ista donatione condonantur ecclesia dictœ parrochiœ et 
posicio capellani. — Page ^127. 

49. _ Ch. num. XLVUl. — Vers ^040. — Arg. : Radulphus de Ac- 
cigneio dat ccclesise Sancti Georgii partem dccimœ de la Foirie, 
cura duobus jugeribus terrae et suo plesseiz. Quod donum con- 
firmavit Herveus fratcr prcodicti Radulphi. — Paulo post (4080) 
Gaufridus de Accigncio conccssit cidera ecclcsise terras in viri- 
dario Accigneii ; nec multo tardius conccssit Paganus de Acci- 
gneio totaiii deciraam terrœ suœ de Accigneio. — Interea, con- 
cedunt cidera ccclesise passagiura de Accigneio in perpetuura 
Alanus et Eudo fratres, comités Britanniœ. — Page \U. 

20. — Ch. num. XXII. — An. 4 0îO. — Arg. : Baderon, dedicando 
fdium suum in monastcrio Sancti Georgii, dat Villara Beren, 
sub dorainio Rivalloni et Radulphi Filicensis, liberam a quo- 
cumque scrvitio aut debito. — Page 425. 

24. — Ch. num. XL — Vers 4040. — Arg. : Ascelina, vidua, 
cedit abbatiœ Sancti Georgii tcrram quce vocatur Villa Nova 
cum medio farinario uno super fluvium Viccnoniœ. — P. 407. 

22. — Ch. num. XXXVI. — Entre 4040 et 4 080. — Arg. : Tertiara 

parteni deciuiaî de Germon t in Morzclla parrochia dat ecclesiae 
Sancti Georgii Odo de Apigneio, cum assensu fratrum suorum 
et doniini de quo tenebat Odo liane deciraara. 

23. — Ch. num. XXXVII. — An. 4085. — Arg. : Gauterius dat 

cidera ccclesiie deciraam de sua terra sibi a Gofredo comité 
concessa. — Page 434. 

24. — Ch. num. XIII. — Entre 4032 et 4000, vers 4050. — 

AuG. : Coracs Eudo et soror ejus Addela pcrmittunt (îaufrido 
lilio Saloraonis agere castolluni in NuUiaco [alias Villaco) ea 
conditione quod banc arcera ncque contra coraiteni, ncque 
contra abbalissara tonebit ipse Gaufridus, vel héros ojus. Ad 



- 517 — 

quam convontionom firmaiulani (ledit idem Gaufridiis, thelo- 
neum quod in Xiiliiaco eapiebat. — Page MO. 

25. — Ch. num. Vif. — Vers lOoO. — Arg. : Conanus cornes, 

fdius Alaai ducis et nepos Addelœ abbatissœ, jus dicit contra 
calunipniatores consuetudinis debitœ Sancio Georgio a quocum- 
que vinum vendente in cimiterio ecclesia^ Sancti Pétri de Foro 
quîp pertinet ad Sancti Georgii bonorem. — Reddicio con- 
suetudinis ba'c est : de unaquaque tona vini plena, lagenam, 
de dimidia semi lagenam prœstare débet quisque venditor. — 
Page 103. 

26. — Ch. mm. XIX. — Vers lOfiO. — Aiig. : Addela Sancti Geor- 

gii abbatissa, pactum cum Gualtero preposito seu prœfecto he- 
reditario de Pbd)ihan facit in quo enumerantur attribuiiones 
et officia prcepositurœ, jura quoque ac emolumenta quibus hoc 
titulo fruetur. Prœbet Gualterus quatuor ûdejussores se nun- 
quam hoc pactum violaturum. — Page 120. 

27. — Ch. num. XXIX. — An. 1050. — Arg. : Rogerius Asce- 

lini filins vendit Addclce abbatissœ monastcrium Sancti Georgii 
in Hijrhana (sic) villa et omnem terram quam ipsc habebat. 
— Page 129. 

28. — Ch. num. XXVIU. — Mer 1032-1060. — Arg. : Cum Val- 

lem de Linum comes Alanus dedisset Sancto Georgio et Addelce 
abbatissœ sorori suœ, miles quidam, Hoiris nomine, post mul- 
tos annos placidœ possessionis, adversus sanctimoniales insur- 
gens, calumniarc osus est prœdictam terram. Ne lis inde inva- 
lesceret, maluit abbatissa compositionem cum Hoiri prœdicto 
pangere, ea lege quod non fas sit partem eoncessam eidem 
Hoiri vcnderc neque transferre. — Page 128. 
20. — Ch. num. XVII. — Après 1032 et 1070. —Arg. : Invase- 
runt quatnor viri particulam terrse de Plu])ihan datœ cœnobio 
Sancti Georgii ab Iladuisa comitissa et filiis ejus Alano duce et 
comité Eudone. Adducti invasores in judicium ante comitem 
Conanum, convicti sunt et dimiserunt terram, datis fidejus- 
soribus se non amplius calumniam facturos de bac terra. — 
Iterum vero sex viri acceperunt terras in conccssum cnjusdam 



— 518 — 

monialis Sancti Georgii, et cum invasisscnt honorem, convicti 
siint in ju(]icio antc Gaufridum comitcm, Rodonis, et dcderunt 
ipsi tidejussorcs se nunquam calumuiaturos de hac terra. — 
Page \]Ck 

30. — Ch. num. II. — Vers 4060. — Aug. : Ueddiciones quas red- 

dere debent villœ quas tenet Esmalites de casamento Sancti 
(îeorgii, abl)atissae et sanctimonialibus istius loci, in Tinte- 
niaco : — ccnsus de Tinteniaco; consuetudo Sancti Georgii in 
Tinteniaco; prandia et mangeria Sancti Georgii de Tinteniaco. 
— Page 94. 

31. — Ch. num. lll. — Vers 4 062. — Arg. : De conventione quam 

fecit abbatissa Adela cum Guillelmo Ismaélite de capella quœ 
est in Castro suo de Tinteniaco. — Page 99. 

32. — Ch. num. XXX. — An. 4068. — Ahg. : Ante Gaufridum 

comitem, Redonis, lis agitur inter Hodicrnam secundam Sancti 
Georgii abbatissam et Riwallonum filium Gorgalis qui emcrat 
de Hoiri injuste terrara in Valle de Lino de qua pactum inter- 
venerat tempore Addelœ abbatissae. — Page 134. 

33. _ Ch. num. XXXIX. — An. 4 068. — Arg. : Giro Ansquetilli 

fdius explicat quot et quantis largitionil)us abbatiam Sancti 
Georgii ditaverit. In primis, se advocatum et protectorem pro- 
fitetur monastcrii, abbatissœ et monialium. Deinde dat quar- 
tara partem decimœ Salneriarum, cum quarta parte terrage- 
narii et quadam domo in Salneriensi Villa. Promittit etiam 
homines Sancti Georgii custodire tam in pace quam in bello. 
Deniquc immunem ab omni tlieloneo seu consuetudino, quem 
voluerit abbatissa, ex suis burgensibus et liborum in circuni- 
eundo cum merci nioniis per castelli sui subjecta territoria, 
constituit idem Giro, annuentibus liliis suis. — Page 438. 
3/j. — Ch. num. LXIV. — Vers 4 070. — Arg. : Decem octo dena- 
rios de censu sibi pertinentes in Rainel dat Tehel de Lance 
ecclesiixî Sancti Georgii ad oleum emendum altaribus. Concedit 
insuper ad usum ejusdem ecclesiaî decimam qua^ fruebatur in 
Lance, de terris clieiitium suorum. Addit etiam dimidium ler- 
ragium in ortis de Campo Dolent. — Page 4 62. 



— 511) — 

35. — Ch. num. XXXV. — Vers 1070. — Aiic. : Dimidiam doci- 
mam do tota parrochia Morzolla dat Ileslouriiuis de Morzclla 
CcTuobio moiiiaiium Saiicti Georgii, tribus filiis suis aiinuenti- 
bus ; nec abest quod tenentes de Saucto Georgio in tota Mor- 
zella reddunt maugerium. — Page i35. 

30. — CE num. XLIV. — Entre I0G8 et 1077. — Arg. : Post 
morteni patris sni, Galterii priefeeti de Plebihan, filii dieti Gal- 
terii componunt cum Ilodierna Saneti Georgii abbatissa de 
calumnià quam moverant super dominium monialium. Quibus 
concessit abbatissa quœdam jura et obventiones de sua beni- 
gnitate, eo pacto quod fidem in pcrpecuum monialibus et abba- 
tisste servaverint. — Page f42. 

37. — Ch. num. XLIIL — Vers ^070. — Arg. : Rocandus de Tin- 

teniaco dat Sancto Georgio terram quam tenebat Ramadus de 
eo. grato adjutricis Hodiernœ abbatissse curas et caritatem erga 
ipsum (cgrotantem, imo defunctum, perpendens. — Page H2. 

38. — Ch. num. XXXI. — An. ^070. — Arg. : Abbatissa Ilodierna 

cedit Guillelmo Ismaelitico partem terrce Alnei, dummodo di- 
mittat caluniniam de molendino Saneti Georgii de Tinteniaco. 

— Page ^32. 

39. — Ch. num. XXXII. — An. ^085. — Arg. : Rotaldum homi- 

nem suum Addela abbatissa sanare suis sumptibus fecit : id- 
circo ipse Rotaldus dat Sancto Georgio decimam de Valle de 
Linon. — Page ^33. 
'.0. — Ch. num. LVIH. — De ^008 à -1085. — Arg. : Abbatissa 
Beati Georgii Hodierna émit terram de Pan in parrocbia de 
Breud à Quimarhoco, annuentibus uxore sua et filiis suis. 
Quam venditionem confirmât dominus istius terrœ Joscelinus. 

— Page IjG. 

44. — Ch. num. LX. — Vers 4 080. — Arg. : Tertiam partem de- 
cimœ de parrochia Saneti Helcrii dat Guillelmus Sancto Georgio 
annuentibus duobus suis fratril)us. — Pasje 4 58. 

42. — Ch. num. LVP''. — Vers 4080. — Arg. : Nominantur feuda 
et loca in Tinteniaco pro quibus Ismaiienses, id estdomini cas- 
tri Tinteniacensis, debcnt Beato Georgio mangeria. — P. 455. 



— 520 — 

A3. — Ch. num. XLV. — Avant ^1084, vers ^1077. — Arg. : Regale 
pratum juxla fluvium Vicenoniœ conccdit in pcrpetuo haben- 
dum Hodiernaî abbatissœ (Jaufridus comos Rcdonensis. — 
Page \AA. 

7^\, — Ch. num. LXV. — De 4080 à 4 420. — Arg. : Decimam de 
Trembleio Herveus dat in clemosinam sanctimonialibus Beati 
Georgii. — Duas partes dccimœ de Broon cisdem concedit Tiso 
de Sancto Egidio. Itidem, duas partes decimœ de Campellis, 
largitur Guillehiius de Campellis. — Pages 4 63-1G4. 

Ao. — Ch. num. LIV. — Vers 4 085. — Arg. : Scxtam partem dé- 
cimée in terra juxta Bevrun fluvium, in Normannia, dat monia- 
libus Beati Georgii Uobcrtus de Moidreio cum uxore sua offe- 
rendo filiam suam pr?edicto sancto. — Page 453. 

4G. — Ch. num. XXXIV. — An. 4085. — Arg. : Alanus Fergant, 
dux Britannit-e, donat in perpetuum Addelœ sorori sure, abba- 
tissse Sancti Georgii, totum vinagium de Kemper Corentin et 
consulatum suum de Johi, confirmando insuper omnia dona 
antecessorum suorum. — Page 4 34. 

47. — An. 4090. — Arg. : Bulla pancarta Urbani II, qua confir- 
mantur gencralitcr libcrtates, immunitates et bona abbatia» 
Beati Georgii auctoritatc apostolica. — Page 476. 

/,8. _ jin. 4082. — Arg. : Item Bulla pancarta Gregorii VII. Si- 
milis priori. — Page 477. 

49. — An. 4 4 27. — Arg. : Alia Bulla pancarta Honorii II, qua 

privilegium datur ecclesiœ et monialibus Beati Georgii exemp- 
tionis ab interdicto generali terrœ Britannice impacto. — 
Page 478. 

50. _ Ch. num. LXVII. — Vers 4 400. — Arg. : Duodecim dena- 

rios census in terra régis de Lenceio dat Oliverius de Lenceio 
ecclesiœ Beati Georgii : rursus 42 denarii postea danlur. Itidem 
tria jugera ternie concedit uxor Uaginaldi Mauri. — Page 400. 

51. — Ch. num.. XUX. — Post 4 085. — Arg. : Dat ancillis Beati 

Georgii Ilamo de Flage partem suam in lerrilorio Beati II yl- 
larii Vendeliensis, tiMnpore Adelinir sororis ducis Alani Fer- 
gant, abbalisstie. — Page 4 47. 



- 521 - 

52. — Ch. num. XL. — An. I09G. — Arc. : Tcrram suam jiix(a 

Blooncm (liivium Cario Trescancli filius dat monialibus Sancti 
Georgii. — Page ^ '«0. 

53. — Ch. mnn. XLl. — Après 1068. — Arg. : Fit inter Hardoi- 

nuni molendinarium et abbatissam Hodicrnam conventio quâ 
iste cum uxore sua concedit partem quam habebat in raolen- 
dinis de Porta. — Page \h\. 

54. — Ch. num. XLIL — An. -1096. — Arg. : Decimam de 
Bogreriis dat monialibus Sancti Georgii Flugo de Apigneio in 
procinetu Hierosolimitani itineris. — Page 141. 

55. — Ch. num. XVI. — Fin du xi*^ siècle. — Arg. : De consue- 

tudine Plubihan. — Très seu (ref, divisio feudorum quae te- 
nentur de abbatissa Addela. Hic nominantur : Terucel, Tressel, 
Lisquilidic, Trenou, Treurivinu, Tresfelmel, Lisquinnic, Tre- 
conhar, Lismeldun et Lissuolan. — Page H3. 

56. — Ch. num. L. — xii® siècle? — Arg. : Describuntur census 

de Poteria et de Sanceio juxta Sanctum Hellerium prope Redo- 
nas ; — census de Foro Auxeis et de quibusdam vicis in urbe 
Redonensi. — Page ^1 48-49. 

57. — Ch. num. LU. — xii^ siècle. — Arg. : Addela Flandrina 

concedit monialibus Sancti Georgii sextam partem in molcn- 
dino de Capellà (quœ videtur esse Capella Genceon). — P. -15^ . 

58. — Ch. num. XXXllI. — An. \\\^. — Arg. : Litterœ Pasca- 

lis II papce, Marbodo Redonensi episcopo missse, super conten- 
tionc orta inter monachos Majoris monasterii et clericos Sanctee 
Marise Filgeriensis. — Page 133. 

59. — Ch. num. LUI. — xii® siècle. — Arg. : Numerantur et 
describuntur nominatim census et clientes terrarum ad eccle- 
siam et moniales Beati Georgii pertinentes in parrochiâ de 
Accigneio, scilicet Espargeii, et Grcsbuissonis. — Page ^52. 

60. — Ch. num. LXl. — xii^ siècle. — Arg. : Redditus annuales 

et census debiti Sancto Georgio a tenentibus in Capella Janc- 
zon recensentur ; item decimœ de molendinis et de pluribus 
terris; jus positionis capellani et medietas oblationum ecclesiœ 
attribuuntiir etiam monialibus. — Paçes i 58-59. 

34 



^ii22 



Gl. — Ch. num. LIX. — An. WIl à ^^41. — Arc. : Quemdam 
Campum juxta Sanctum Donationum in foresta, datum Beato 
Georgio à lilio Trescandi Carioo, invadere conati sunt fdii Du- 
rand! de Torigneio, qui excommunicati reliqucrunt calumniam 
in manu domini Ilamelini liedonensis cpiscopi. — Page ^57. 

02. _ Ch. num. LVII. — Vers ^^30. — Arg. : Dccimam de Mon- 
borclierio donant ecclesiœ Beati Georgii très fratrcs, milites, 
domini istius terrœ. — Page ^55. 

C3. - Ch. num. LXIf. —Vers 4100. — Arc. : Sanctimonialibus 
Beati Georgii dat deeem denarios de censu Gaufridus Mandric. 
Page IGO. 

64, _ Ch. num. LXU. — Vei's ^050. — Arg. : Guilienocus de 
Campania dat scx denarios de propria décima sua. — P. 461. 

C5. _ Ch. num. LXIII. -— Vers ^^00. — Arg. : Describuntur cen- 
sus de Spineto, in parrocliia de Accigniaco, solvendi quotannis 
monasterio Sancti Georgii. — Page 'IG^. 

ce. — Ch. num.. LXllI. — xii'^ siècle. — Arg. : Recensentur dona 
Sancto Georgio tributa a dominis de Accigneio, Pagano prœ- 
sertim, et a consulibus Alano et Eudone. — Page ^62. 

67. _ Ch. num. LXll. — Vers M40. — Arg. : Maria, uxor domini 

Guillclmi dapiferi, concedit in elemosinam duos solidos de me- 
dietaria sua annuatim solvcndos, abbatiœ Sancti Georgii. Her- 
veus dat itidem scx denarios quos reddit fevum Eudonis caput 
asini; et frater ejus Gaudinus addit duos denarios. Denique 
Alberea duodecim denarios tribuit. — Page 160. 

68. — Ch. num. LI. — An. M53. — Arg. : Litterœ Alani Redo- 
nensis episcopi confirmant concordiam intcr Canonicos Sancti 
Pétri Redoncnsis et moniales Boati Georgii de decimis et juri- 
bus parrochialibus in foresta, id est ecclesiarum Omnium 
Sanctorum Redoncnsis et Sancti Jacobiquœin limitibus forestic 
totam rcgioncm ad mcridicm urbis adjacentem occupantis sitoe 
cran t. — Page \\*d. 

69. — Charta addiia. — An. H 58. — Arg. : Conanus IV, dux 

Britanniiie, confirmât abbatissa» Adcladi mcdictalcm consuetudi- 
nis quam pcrccpicbat anlca, ex dono comitum antcccssoruiu 



- 525 - 

ipsius ConaBi, abbatissa Boati Georgii super navcs iû asccnsu 
et descensu Ligeris. — Page 182. 

70. — Ch. mnn. LXVL — Vers fiCO. — Aiig. : Gaiifridus de Ac- 

eigneio, filius Radiilphi, se et sua, terras scilicet quas in domi- 
nio habebat, vovet Dco et Sanctœ Marite de Fago, promissâ 
obediontià Haroni priori dictai capclloe, assentientibus fratribus 
et parentibus cum muitis tcstibus. Quod ut ratuni et citra obli- 
vione remaneat, pancm bcnedictum distribui curavcrunt cano- 
nicus de Filgoriis Ricardus et ipsc Radulphus omnibus in 
ecclesia Saneti Martini de Accigneio prcsentibus. — Page ^65. 

71. — Bulla Pancarta, — An. WÇth. — Arg. : Privilegium seu 

charta immunitatis Alexandri III, papœ, quâ monasterium 
Saneti Georgii, ejusquc abbatissani cura monialibus, sub pro- 
tcctione Beati Pétri suscipit, confirmando omnes abbatiœ pos- 
sessiones et jura in bonis ipsi coUatis juste et canonice a quo- 
cumque benefactore, sive à comité Britanniœ, sive à primatibus 
et fidelibus Christi. — Page \12. 

11. — Ch. num. VIll. — Vers ^168. — Arg. : Paganus de Acci- 
gneio, cum assensu filiorum suorum, cedit abbatiaî Saneti 
Georgii décimas plurium terrarum et feodorum in parrochiâ 
Accigneii. — Page ^04. 

73. — Ch. num. XX. — Vers ^^69. — Arg. : Conanus, dux Bri- 
tanniœ confirmât, lltteris ad episcopos, abbatcs, barones et ho- 
mines suos, clericos et laicos missis, elemosinam seu donum 
parrochiarum Plubihan et Plogaano ab antecessoribus suis con- 
cessum abl)atissoe et monialibus Saneti Georgii, abjiciendo et 
culpando omnes injurias et violentias à se ipso illatas in detri- 
mentum monialiura. — Page -121. 

7L — Charla adclita. — Entre M 69 et ^^80. — Arg. : Litterse 
Bernardi cpiscopi Nannetensis confirmantes jus abbatiœ Saneti 
Georgii super hesmagio in aqua Ligeris, id est, redhibitionc a 
quàcumque navi ascendentc Ligerim, oneratd sale aut fru- 
mento. — Page \Hi. 

T.). — Bulla Pancharta. — An. ^208. — Arg. : Privilegium seu 
charta immunitatis Innocentii III, papœ, quâ omnes possessio- 



— 524 - 

ncs, bona, et jura ccclcsiae et nionastcrii Sancti Gcorgii, al)I)a- 
tissic et monialium, sub tegniinc auctoritatis suœ apostolicaî 
assumit, et confirmât libcrtatcs et immunitatcs quibus donatse 
fuerunt à principibus et oblationc fidelium. — P. ^68. 
76. — Charta ullima scriptoris Chartularii. — An. \^\2. — 
Arg. : Compositio fit inter dominam abbatissam et conventum 
monasterii beati Georgii ex unâ parte; Micbaclem rectorem 
ecclesie Sancti Domelli, ex altéra; super contenlione ortâ de 
partitione decimarum inter rectorem et moniales, auctoritate 
interveniente commissarii specialis domini Radulphi episcopi 
Maclovicusis. — Page HO. 



APPENDICIS INDEX 

ANALYTICUS ET CIIRONOLOGICUS. 



1. — Chartœ numeniH I. — Annus M 71. — Argumentum : Con- 

stantia, ducissa BritannÛT, dat et concedit Dco et abbatûe 
Sancti Gcorgii dccem libras rcdditiis in passagio suo de Redo- 
nis; ex quà donationc moniales, die Sanctge Agnetis annuatim, 
communem pitanciam pcreipient. — Page 187. 

2. — Ch. num. II. — An. 1180. — Arg. : Capitulum ecclesige 

Redoneusis testatur fundationem, instituam a Willelmo Se- 
gorni, cnjnsdam capellania^ in ecclesia Beati Georgii deser- 
viendœ et de redditu vinese siiœ de Campo Bertrse dotatee. — 
Page 188. 

3. — Ch. num. III. — An. 1180. — Arg. : Oliverius de ïinti- 

niaco et soror sua Theophania concédant abbatiœ Beati Georgii 
totam decimam in feudo de Hedeio, pro fundatione unius missaî 
quotidiante, et vicissim concédant abbatissa et conventus omne 
beneficium monasterii sui supradictis donativis. — Page 189. 

4. — Ch. num. IV. — An. 1188. — Arg. : Litteris Herberti Redo- 

nensis episcopi confirmatiir donum à Raginaldo Crochon im- 
pensum omnium suarum possessionum ad opus ecclesiœ Sancti 
Georgii. — Page 190. 

5. — Ch. num. V. — An. 1197. — Arg. : Dant Oliverius de Tin- 

teniaco et soror sua Theophania abbatiie Beati Georgii medie- 
tariam de Villa Aeles cum censariis et décimas plurium villa- 
rum, ad instituendam capellaniam, pro animabus patris et 
matris defunctorum, in ecclesia Sancti Georgii. — Page 193. 

6. — Ch. num. VI. — An. 1190. — Arg. : Johanncs, Dolensis 

electus, dat in perpetuam elemosinam abbatiœ Sancti Georgii 
capellam Sancti Mcloci in plèbe de Pleudihen, in episcopatu 



- 52G - 

Dolcnsi, sul) conditione cciisus 42 dcnarioruni et pcnsiouis 
5 solidorum Andegavcnsiiim annuœ. — Page \dL 

7. — Ch. num. VU. — An. M98. — Aiig. : Auctoritatc Ilerberti 

episcopi ïledonensis, tcrminatur concordia inter Stephanam ab- 
batissam Sancti Georgii et Raginaldum Crocbon de vineis qua- 
rum una in Cordeto sita est. Insuper conceduntur abbatissse ab 
uxore et bœredibus dicti Crochon census Poignart, ab ipso 
Raginaldo domus duœ et bona mobilia sub certis conditioni- 
bus. Quapropter recipitur ab al)batissà et conventu in fratrem 
et participera orationum et beneficiorum vità comité et post 
mortem. — Page 495. 

8. — Ch. num. VIlI. — Vers M 89. — Arg. : Coram Willelmo 

senescallo Rcdonensi, Willehnus de Gevreseio concedit Deo et 
abbatiœ Sancti Georgii decimam camporum de Vitreio, assen- 
tientibus filiis suis. — Page 496. 

9. — Ch. num. IX. — Vers 4 200. — Arg. : Sententia senescalci 

Redoncnsis, auditâ quœrimonia abbatissœ Sancti Georgii Ste- 
phanœ contra Johannem de Dol qui contra jus ab liominibus de 
Guibanne extorquebat novem libras custodiœ minime débitas. 
Quœ discordia ut ad tempus sopiretur, statutum est res reman- 
suras in suspenso, quandiu noluerit abbatissa placitum reno- 
vare. — Page 497. 

40. — Ch. num. X. — An. 4200. — Arg. : Conquerente abbatissa 
Stephanâ quod non servarentur immunitates furnarii sui, in- 
quisitio jubetur à ducissâ Constantià, undc per testes, coram 
senescallo Rcdonensi, demonstratur furnarii exoneratio. — 
Page 499. 

44. — Ch. num. XL — An. 4202. — Arg. : Litterœ Pétri episcopi 
Maclovicnsis dant finem contentioni inter ipsum et Stopbanam 
Sancti Georgii abbatissam quœ cedit episcopo totum jus in ec- 
clesiis de Rreial et Sancti Turiavi ; dum ipse episcopus confir- 
mât et concedit quidquid abbatiaî portinet in episcopatu Maclo- 
viensi et quidquid in futurum adipisci poterit. — Page 200. 

4 2. — Ch. num. XII. — An. 4203. -^ Arg. : Coram Petro Maelo- 
vicnsi episcopo intervenit compositio intor Tbeophaniam abba- 



- 5-27 - 

tissam Sancti Georgii et quosdam cloricos super decimis de 
Trebuchet et aliis qiias possidebant jure hereditario. — P. 202. 

43. — Ch. num. XIII. — An. V203. — Arg. : Conipositio iiiter 

a])batissam et coiiventiim Sancti Georgii, adjiincto P. de Be- 
cherel, personâ ecelesiaî de Tinteniac, ex unà parte; magistrum 
Guillelmum personam ecclesiœ Sancti Domelli, ex altenl, super 
vicarià ecclesiœ de Tinteniac et super decimis parrochiaî Sancti 
Domelli. — Page 203. 

44. — Ch. num. XIV. — An. 4205. — Arg. : Judicium fert se- 

nescallus Redonensis in lite inter Stephanam abbatissam Beati 
Georgii et Paganum de Spineto, cujus calumnia testimonio légi- 
time bominum terrœ propulsatur. — Page 205. 

45. — Ch. num. XV. — An. 4 20G. — Arg. : Prior et fratres do- 

mus Leprosorum de Tinteniac componunt cum abbatissd et 
conventu Sancti Georgii super decimis in parrochiâ Sancti 
Domelli. — Page 206. 
An. 4207'. — Arg. : Idem prior cum suis fratribus concedunt 
abbatissœ prsedicte décimas terrarum quas excoluerint in totâ 
terra abbatiœ de Tinteniaco. — Page 207. 

46. — Ch. num. XV L — Aji. 4208. — Arg. : Stephana abbatissa 

Beati Georgii concedit Johannœ de Pan, vitâ comité, medieta- 
riam de Pan pro redditu annuali 4 quarteriorum frumenti. — 
Page 207. 

47. — Ch. num.. XVII. — An. 4240. — ■ Arg. : Guillelmus de Guir- 

cbià dat Deo et abbatissce Sancti Georgii 20 solidos redditus in 
molendinis suis de Quarquerun. Qure donatio cum à fdio dona- 
toris postea (4239) calumniata fuerit, per sententiam archi- 
diaconi Redonensis et officialis diffinita est causa et condem- 
natus fuit debitor in solutionem redditus et in expensis. — 
Page 208. 

48. — Ch. num. XVIII. —An. 4244. — Arg. : Litteris Pétri 
Macloviensis episcopi consciscitur conventio inter Stephanam 
Sancti Georgii abbatissam et fratres Sacroe Domus Ilospitalis 
Jerosolimae quà conceditur prœdictis fratrii)us terra in Lester- 
nac, eo pacto quod solvant procurationem assuetam, salvo jure 



- 528 - 

parrochiali ecclcsiae de Tinteniac, et quod nusquam liceat illis 
capellam ibidem nec cimiterium coiistitucre. — Page 209. 

^9 et 20. — Ch. num. XIX et XX. — An. >I2I3. — Arc. : Litte- 
ris episcopo Macloviensi et abbatissœ Saneti Gcorgii missis 
Gaufridus, magister Ilospitalis in Francia, confitetur oratorium 
propc herbergamentum de Buhurdeid, ipsis pertinens ex dono 
VVillelmi de ïintiniac, nihil nocere juribus abbatiœ nec eccle- 
siarum de Tinteniac et de Sancto Domello; addità clausuld sci- 
licet quod abbatissa et moniales recipiantur in fraternitatem 
Sanctœ Domus Hospitalis. — Pages 2\\ et 2^2. 

24. — Ch. num. XXI. — An. 4220. — Arg. : Radulphus de Fagi- 
leio dat abbatise Saneti Georgii unam minam siliginis super 
herbergamento suo de Fail ; quœ donatio confirmatur à nepote 
prcedicti Ratlulphi, milite, anno 4239. — Page 24 3. 

22. — Ch. num. XXII. — An. 4 220. — Arg. : Conventio inter 

M. abbatissam Saneti Georgii et Radulfum de Mordellis de 
terrd de Trefrioc et de molendino cujus abbatia duas partes 
retinet, tertiâ parte Radulfo prœdicto rémanente. — Page 244. 

23. — Ch. num. XXIII. — An. 4 220. — Arg. : Robertus de Mc- 

dregnac concedit abbatiœ Bcati Georgii 40 solidos in censibus 
suis de Medregnac annuatim persolvendos, sub pœnâ emendae 
4 00 solidorum. — Page 245. 

24. — Ch. num. XXIV. — An. 4223. — Arg. : Willelmus, per- 

sona ecclesiœ de Tinteniac, concedit ad firmam per quinquen- 
nium abbatissoe et conventui Saneti Georgii ecclesiam suam de 
Tinteniac et medietariam de Chatelan, et magistralem capella- 
niam Saneti Georgii pro 30 libris annuatim persolvendis. Ex 
parte suâ, Willelmus praîdictus résignât abbatiae prioratum de 
Tinteniac quitum et liberum ab omni debito contracto dum 
fruebatur, reservando acquisitiones et possessiones suas pri- 
vatas. — Page 24 0. 
2:). — Ch. num. XXV. — An. 4225. — Arg. : Gaufridus Mona- 
cus, miles in elemosinam concedit Deo et abbatiic Saneti Geor- 
gii 3 quarteria siliginis quie percipiebat annuatim in decimîl 
ecclesiie de Chavaignes, ussentiente persond ipsius parrochia^ et 



- 529 - 

vicario : quod doniim confirmatur ab episcopo Rcclononsi. — 
Page 2^8. 

26. — Ch. num. XXVI. — A?i. 4230. — Arg. : Capitulum Beati 

Pétri Redonensis dat et concedit abbatissœ et conventui Sancti 
Georgii, capellain Sancti Salvatoris de civitate Redonensi, ut 
pro ecclesià Sancti Petri de Mercato diruta reedificetur ab ipsis 
ibidem ecclesià parrocbialis. — Page 219. 

27. — Ch. num. XXVII. — An. 4 231. — Arg. : Excanibiiim vi- 

nearum Botardi qiiibus fniebatur Villchnus Bouzon clericus, 
titulo capellani Sancti Georgii, cum aliis vineis in feodo de 
Cloone qiias confert abbatissa ipsi clerico, dummodo reddat 
conventui monialium unam minam frumcnti annui rcdditus. 
— Page 220. 

28. — Ch. num. XXVIII. — An. 4234. — Arg. : Joscelinus Re- 

donensis episcopus confirmât donationem tocius decimœ de 
Chantepie traditœ arcbidiacono Redonensi a Ruellano de Guir- 
ebea. 
An. 4232. — Arg. : Donatio ejusdem decimae de Cbantepie facta 
a Ruellono et collata arcbidiacono Adse ut de ea disponat prout 
voluerit. — Pages 221 et 222. 

29. — Ch. num. XXIX. ~ An. 4233. — Arg. : Litteris démen- 

tis Dolensis episcopi ratiûcatur compositio inter Ascelinum Pas- 
debof et abbatissam Beati Georgii de redevanciis feodorum 
quos tenuit in Grihennia; prioratu de Grihennia rémanente 
dicto Ascelino, vità comité, dum in obitu suo relinquat eedificia 
et mobilia in bono statu. — Page 222. 

30. — Ch. num. XXX. — An. 4234. — Arg. : Joscelinus Redo- 

nensis episcopus confirmât abbatiœ Sancti Georgii elemosinam 
cujusdam vineœ in Cordeto datam ab Adelâ Cotier, moniali, 
intrante in monasterium, salvo jure suo census annualis. — 
Page 224. 
34. — Ch. num. XXXI. — An. 4247. — Arg. : Johannes, episco- 
pus Redonensis confirmât donationem decimae in parrocbiis de 
Breuz et de Lalleio factam Orfresi?e de Moucon a Petro de 
Breuz. — Pace 225. 

. ' ' . 35 



- 550 — 

32. — Ch. num. XXXIL — An. \%)\. — Arg. : Petrus Prior, 

sencscallus comitis in Brocrech, confitetur se ad prcccs tantum 
Agnctis, abbatissaî Sancti Gcorgii, et pro bono consilio appo- 
nendo super ncgociis accessissc ad insulam de Arz, nec ibi 
jurisdictioncm ullara, titulo siiaî scnescallia;, cxercendi jus ha- 
bere. — Page 22G. 

33. — Ch. num. XXXIJI. — An. 4257. — Arg. : Judicio senes- 

calli Redoncnsis, terminatur contcntio intcr Oliveriura de Tin- 
teniac militem et abbatissam Sancti Georgii, de rcdditu 3 soli- 
dorum in hcrbcrgamento sito in feodo de ïinteniac a dictis 
religiosis pcrcipicndorum et de obedientiâ hominum in eodem 
hcrbcrgamento existcntium quse remanet dicto Oliverio. — 
Page 227. 

34. — Ch. nu?n. XXXIV. — An. 4253. — Arg. : Justice corn- 

tnune de Tinténiac. — Concordiam ineunt Agnes de Erbreya, 
ab})atissa Sancti Georgii et Oliverius de Tinténiac de juribus 
suis curioB communis in eo quod spectat latroncs capiendos et 
puniendos. — Page 228. 

35. — Ch. num. XXXV. — An. 4260. — Arg. : Dat Mathea de 

la Houvorie Guiotce sorori suœ, moniali Sancti Georgii, quos- 
dam rcdditus et jura feodalia; siiniliter fdiœ suce Martina^ par- 
tem reddituum et dominii quœ ad Guiotam revertentur, si 
ipsa supcrvixerit. — Page 23 1 . 

3G. — Ch. num. XXXVl. — An. 4260. — Arg. : Radulphus de 
Cuceio conccdit fdiœ suae Agneti Foillel sanctimoniali, unum 
quartcrium frumenti super Campo Escoble. — Page 233. 

37. — Ch. num. XXXVIL — An. 4 261. — Arg. : Johannes 
Bricncii, pincerna comitis Britanniœ, légat tesmamento suo ab- 
batiœ Sancti Georgii 25 solidos annui rcdditus apud Terron, 
item 5 solidos in Rua Hugonis et alios 5 solidos super plateà 
sita rétro Cohuam. — Page 233. 

3S. — Ch. num. XXXVIII. — An. 1220. — Arg. : Littcris suis 
Radull'us, cpiscopus Macloviensis, jura abbatiic Sancti (icorgii 
super ccclcsias septem sui dioccsis rccognoscit et quantopere 
récipient vcl solvent capellani providet. — Sequitur juncta 



— 551 — 

(lecisio Gaiifridi Maclo\ionsis opiseopi de procurationc qiiani 
presbitor de Tintiiiniaco débet habere in prioratu Saiicti Geor- 
gii, sub anno 1233. — Quœ omnia referiinliir transcripto offi- 
cialis curife Turonensis, anno ^201. — Page 231. 

39. _ Ch. num. XXXIX. — An. 4263. — Arg. : Transigit Rol- 

landiis de Dinan, toparcha de Montafdan, cum abbatissa et 
conventu monasterii Saneti Georgii de prsepositura de Ploega- 
nou et Trefmilon, Trecorensis diocesis. — Page 237. 

40. — Ch. ninn. XL. — An. V2Qo. — Arg. : Monitio officialis cu- 

rife Redonensis ad Gaiifridum dominum Castrigironis demissa 
ut decimam in parrochiis de Breuz et de Laille monialibus 
Saneti Georgii pertinentem ex dono Pétri de Breuz dcfuncti, 
invadere et injuste occiipare abstineat, sub pœnâ cxcommuni- 
cationis incurrendà. — Page 239. 

41. — Ch. num. XLI. — An. \27\. — Arg. : Testamento suo, 

Stephanus, persona de Talencac, Icgat abbatiœ Saneti Georgii 
quindecim solidos pro anniversario suo. — Page 240. 

42. — Ch. num. XLII. — An. -1270. — Arg. : Nicolaus de Cuceio, 

armiger, vendit Johanni Chèvre domum cum horto coram cimi- 
terio Saneti Georgii, in feodo abbatiœ Saneti Melanii. — P. 244 . 

43. — Ch. num. XLIII. — An. 4272. — Arg. : Judicante senes- 

callo Redonensi, Rollandus, miles, dimittit abbatissœ et con- 
ventui Beati Georgii pœnitus calumniam quam intulerat de 
senescallia feodata in parrochia Saneti Georgii de Grihegne et, 
juramento prœstito, paciscitur se defensurum jura abbatise a 
suis et contra suos. — Page 242. 

44. — Ch. mm. XLIV. — An. 4276-4293. — Arg, : Litteris 

B. de Chavcignes, allocati ducis Britanniœ Redonis, constat 
donum 60 solidorum Turon. annui redditus a Roberto de San- 
cay milite Baiocensis diocesis impensum abbatiœ Saneti Georgii, 
sub sigillo curice Abrincensis, super herediis et terris in parro- 
chiis de Condeto et de Sancay sitis. — Page 244. 
4o. — Ch. num. XLV. — An. 4284. — Arg. : Inter Mauricium 
episcopum Rodonensem et abbatissam Saneti Georgii ut lis 
componatur, datur procuratio Guidoni de Landa capeilano épis- 



— 532 - 

copi, in causa (Iccima», campi inolendini de Pan. — Page 245. 
4(i. __ Ch. num. XLVl. — An. \-2H\. — Arg. : Mauricius cpisco- 
pus Rcdoncnsis mandat officiali suo et cuidam capellano eccle- 
sise suœ ut publiccnt testimonia super contentionc motâ intcr 
ipsum et al)batissam convcntumque Saneti Georgii ratione de- 
cimarum parrochiarum de Breuz et de Fonteniaco. — P. 246. 

47. _ Ch. num. XLVIL — An. ^283. — Arg. : Gudlclmus Fo- 

candi, civis Redoncnsis, in puram clcmosinam concedit Duran- 
tise nepti suœ, moniali abbatial Saneti Georgii, vineam Foillel, 
in parrocbia Saneti Georgii, et 20 solidos annui rcdditus; eo 
pacto ut vinea revertatur ad Guillclmum et cjus heredcs post 
decessum Durantiœ, 20 vero solidi remaneant abbatiœ pro an- 
niversario faciendo patris defuncti prsedicti G. Focandi. — 
Page 247. 

48. _ Ch. num. XLV^'\ — An. 1294. — Arg. : Afféagement de 

la vigne de Greboysson, en Acigné, par Tabbesse et le convent 
des religieuses de Saint-Georges, aux frères Freslon et à leurs 
gendres, pour 2 querns de froment de rente et 25 solz de sur- 
cens. — Page 249. 

49. — Ch. num. XLVP''. — An. -1294. — Arg. : Afféagement de 

la métairie de Montgermont par les dames de Saint-Georges à 
Raoul Bretel, pour une rente annuelle de 40 livres \0 sous. — 
Page 251. 

50. — Ch. num. XLVIP*'. — An. 1295. — Arg. : Vente de sex 

souz de annuel sorcens sur la vigne sise ou pré Bouel et sur 
autre vigne sise ou fey Beyniers, en la paroesse de Sent Helicr, 
par Johen Garabouet et sa femme Perrone a dame Johenne la 
Fanerotte, nonen de l'abbaye de Sent Georges, par davant 
Katberine de Matefelon, abbasse de Sent Georges de Rennes, 
por sexante et doze souz nez de cort. — Page 252. 
54. — Ch. num. XLVIII. — An. 129C. — Arg. : Vente de quatre 
souz de sorcens à la priolessc (prieure) du moustier de Saent 
George de Rennes, par Johen Dagornel, sur toz les feiz et terres 
qu'il tient de l'abbasse ou fey de Saent Revers, en la paroesse 
de Rous sur Quoaesnou (par devant Katherine de Matefelon, 



— 555 - 

abhasse do SaoïU Georges), por une some d'argent (probable- 
ment 48 sous). — Pa^c 253. 

52. — Ch. nwn. XLIX. — An. ^1290. — Arg. : Vente du pré de 

la Grifonaye, en la paroisse de Saint-Pierre en Saint-Georges, 
par frère Raoul Dernier et ses consorts, à Thomas Corbin, au 
prix de 60 livres; sur laquelle vente la prieure de Saint-Georges 
exerce le retrait féodal. — Page 25 'i. 

53. — Ch. num. L. — An. 129(). — Arg. : Daniel de la Fontaine 

vend à la prieure de Saint-Georges G sous de surcens annuel 
assis sur ses propriétés, en Chavagne, pour la somme de 72 s. 
— Paaje 250. 

54. — Ch. num. Ll. — An. -1297. — Arg. : Par devant Katerine 

de Matefelon, abbasse de Saent George de Reines, Clemens Bar- 
ril et Aliz sa femme vendent au covent et à la priolesse de 
Saent George dous souz de annuel sorcenz sur lor herberge- 
ment sis à la Boquinnee en la parroesse de Sent Helicr, por 
viuzt e quatre souz usuaux. — Page 257. 

55. — Ch. num. LU. — An. ^299. — Arg. : Alanus de Castrogi- 

ronis, thesaurarius Rcdonensis et canonicus, ex dono abbatissce 
et monasterii Sancti Georgii de redditibus prioratus Sancti 
Siginnuni frui agnoscit, et fidelitatem ac patrocinium ipsis reli- 
giosis vicissim promittit. — Page 258. 

56. — Ch. num. LUI. — An. 1323. — Arg. : Transaction entre 

l'abbaye de Saint-Georges et les seigneurs de la Châteigneraye 
et de la Roche, au sujet du partage de quatre bailliages situés 
au terroir du Pin, en Pleine-Fougères. — Page 259. 

57. — Ch. num. LIV. — An. -1398. — Arg. : Dispense de tenue 

par écrit concédée par le duc Jean IV à l'abbesse de Saint- 
Georges. — Page 264 . 
58.— Ch. mm. LV. — An. 4410. — Arg. : Lettres du duc 
Jean V, qui transfère au lundi après la mi-caréme la foire ap- 
partenant à l'abbesse et au moutier de Saint-Georges par con- 
cession de ses prédécesseurs, laquelle foire se tenait jusqu'alors 
le dimanche prochain après ladite mi-caréme, dans la ville e 

aux faubouriïs (!<• Rennes. — Page 262. 

35' 



- 534 - 

ji). _. Ck. mm. LVl. — An. KM.\. — Am;. : Mandement du duc 
Jean V, pour l'aire inlonner du dommage causé à l'abbaye de 
Saint-Georges par la nouvelle clôture de la ville de Rennes, 
dont les fossés et les murs d'enceinte sont établis et creusés 
dans et à travers les jardins et terrains de la clôture du monas- 
tère; reconnaissance du droit de propriété de ral)baye sur la 
rivière de Vilaine et les moulins situés sur icelle rivière, avec 
le droit de pèche prohibitif. — Page 2G'«. 

00. — Ch. num. LVIL — An. Wll. — Akg. : Mandement du 
duc Jean V en réponse à la requête de ral)l)cs;ie et du moutier 
de Saint-Georges, ordonnant que prisage soit fait des dommages 
leur occasionnés par la clôture et fortification de la ville neuve 
de Reunes, et que récompense et dédonmiagcment leur soient 
alloués sur les deniers affectés à ladite œu\re de réparation et 
fortification. — Page 268. 

0^. — Ch. num. LVllI. — An. 143^. — Aiig. : Mandement du 
duc Jean V, accordant à l'abbesse et moutier de Saint-(ieorges 
un dédommagement proportionné au tort qu'ils ont souffert 
par suite de la perte des terrains et fonds employés à faire les 
fossés et clôture de la nouvelle enceinte. — Page 273. 

62. — Ch. num. LIX. — An. i443. — Ahg. : Sentence de la Cour 

de Rennes, enregistrant les lettres du duc François I, du \2 dé- 
cembre ^442, qui règlent les droits baroniaux de haute justice 
concédés à la juridiction féodale de l'abbaye de Saint-Georges. 
— Page 275. 

63. — Ch. num. LX. — An. 1442. — Aug. : Bulle du pape Eu- 

gène IV, en forme de Bulle-Pancarte, ratifiant et confirmant 
tous les droits et privilèges accordés et établis q\\ fa\eur de 
l'abbaye de Saint-Georges par les papes Innocent 111 et Alexan- 
dre III, et par les évêques de Rennes et de Saint-Malo. — 
Page 278. 
6/,. — Ch. num. LXl. — An. 1444. — Arg. : Lettres du duc 
François I, nommant des commissaires pour faire enquête sur 
le préjudice que causent aux moulins de Tabbaye, en la ville, 
les trnvaux de forlilioatiou entrepris le long de la Vilaine, par 



— DOO — 



Jehan Guerril, par marché eoùchi avec le Conseil des bourgeois 
(Je Rennes. — Page 283. 

65. — Ch. imm. L\H. — An. Wrl. — Aug. : Mandement du duc 

Pierre II, par lequel il reconnaît que le pan de mur construit 
entre la porte de Saint-Germain et la porte de Villaine cause 
préjudice aux moulins de l'abbesse, et donne commission à son 
capitaine, lieutenant, procureur et autres ofliciers, d'estmicr le 
dommage et d'en l'aire récompense à l'abbaye. — Page 285. 

66. — Ch. 7iu)?}. LXI1L — An. Wo^. — Arg. : Mandement du 

duc Pierre II, de démolir ce qui se trouvera bâti, au préjudice 
de l'abbaye, sur la ruelle venant du bourg de Toussaint aux 
moulins de la Porte, et sur les rives de la Vilaine, depuis ladite 
ruelle jusqu'au pont Saint-Germain, et de rescinder tout en- 
vahissement des riverains sur le lit de la rivière. — Page 287. 

67. — Ch. num. LXIV. — An. 4458. — Arg. : Mandement du duc 

François II de payer 380 livres, restant des 600 livres de dé- 
dommagement adjugées à l'abbaye par lettres du duc Jehan V; 
en outre, commission d'informer si les tours et portes, les cdi- 
llces construits sur la rivière, au-dessous des moulins, ont 
causé préjudice à l'abbaye et combien il doit être évalué. — 
Page 289. 

68. — Ch. num. LXV. — An. -1475. — Arg. ; Aveu au duc de 

Bretagne, François II, par Olive de Quélen, abbesse de Saint- 
Georges, pour tout le temporel de son monastère. — Page 292. 

69. — Ch. num. LXVl. — An. 4 475. — Arg. : Vérification en 

Cour ducale de Kennes, d'un mandement du duc François II, 
portant décisions sur les doléances et requêtes faites par l'ab- 
besse et les religieuses de Saint-Georges au sujet : -l'^ du pré 
Uond et du chemin conduisant de la rue IIux à la rivière; 
2" du bardeau près la tour de Luxembourg; 3° d'une pierre 
hcrminée et de la position qu'elle doit garder: 4*^ du péchage 
des douves ; 5*^ de l'encombrement de la rivière par les bour- 
riers qui y sont jetés. — Page 294. 

70. — Ch. num. LXVIl et LXVIIl. — An. 4 470. — Arg. : Pro- 

cès-verbaux de la cérémonie do la bouillie de Saint-Georges, 



— 53G — 

que l'abbaye est tenue de rendre au Chapitre de Saint-Pierre 
de Rennes, le mardi de Pâques, chaque année. — Pages 291) 
et 30^ 

71. — Ch. num. LXIX. — An. 4 477. — Arg. : Accord et traité 

passé entre dame Olive de Quélen, abbesse de Saint-Georges, 
au nom de son couvent, et les paroissiens de Saint-Pierre en 
Saint-Georges, avec leur recteur, au sujet de l'agrandissement 
et aménagement de leur église parroissiale, portion et dépen- 
dance de l'église abbatiale. — Page 302. 

72. — Ch. num. LXX. — An. 4 478. — Arg. : Sentence de la 

Cour de Rennes portant injonction aux habitants de Rennes, 
riverains de la Vilaine, de se conformer aux mesures de police 
arrêtées, pour conserver les droits de l'abbaye de Saint-Georges. 
— Page 307. 

73. — Ch. num. LXXI. — An. 4491. — Arg. : Requête adressée 

par Françoise d'Espinay, abbesse de Saint-Georges, et les reli- 
gieuses ses sœurs, au capitaine de Rennes et au Conseil des 
bourgeois, pour exposer les préjudices et pertes causés à leur 
monastère par les travaux d'agrandissement et de fortification 
de la ville de 4422 à 4449, et solliciter des indemnités et la ré- 
paration des dommages soufferts. — Page 309. 

74. — Ch. num. LXXII. — An. 4 491. — Arg. : Supplique et Mé- 

moire adressés à la reine Anne de Rretague, par l'abbesse Fran- 
çoise, d'Espinay : elle y expose les vexations, pertes et dom- 
mages que l'abbaye a soufferts, à l'occasion des guerres et des 
travaux de fortification de la ville de Rennes, et les grandes 
dépenses nécessitées par l'état de décadence des biens et le ren- 
chérissement de toutes les denrées; puis elle conclut en deman- 
dant à être indemnisée et dédommagée, comme la promesse en 
a été faite précédemment. — Page 310. 

7"). — Ch. num. LXXIII. — An. 4 494. — Arg. : Lettres patentes 
de la duchesse Anne de Bretagne, portant confirmation de tous 
les dons et privilèges concédés par ses prédécesseurs à l'abbaye 
de Saint-(ieorges ; de plus,^ comme dédommagement partiel des 
pertes subies depuis quatre ans, h\ duchesse cède à l'abbaye le 



— 537 ~ 

fief (le Fougères, à Rennes, et un moulin situé au bout des 
ponts de Cesson, près Rennes. — Page 326. 

76. — Ch. nu7n. LXXIV. — An. ^567. — Arg. : Lettres patentes 

du roi Charles IX, confirmatives de tous les biens et privilèges 
de l'abbaye de Saint-Georges. — Page 332. 

77. — Ch. num. LXXV. — An. ^697. — Arg. : Requête mise 
devant M. l'intendant de Rretagnc par les dames abbesse, 
prieure et religieuses de Saint-Georges, pour être déchargées 
de la taxe ordonnée contre ceux qui avaient acquis ou usurpé 
des terrains et places vagues ayant servi aux clôtures, fossés, 
remparts et fortifications des villes du royaume. — Page 335. 



ERUATA. 



Post-Scriptum. — Par suite d'une erreur de numérotage, les n°^ xlv, 
XLVi et XLVii, se trouvent répétés deux fois dans la série ordinale des 
Chartes de l'Appendice. Le double emploi des numéros commence à la 
page 249 et finit à la page 253. 

Page 426, ligne 25 : 

Au lieu de : « La Communauté de Ville de Rennes, qui voulait, en 
effet, etc., « il faut lire : « La Communauté de Ville de Rennes voulait, en 
effet, s'emparer elle s'opposait donc à ce que les murs d'enceinte, etc. » 



Page 439, ligne 11 : 

Au lieu de u Mornière, » lisez « Alarnicre. )' 



TABLE. 



Pagei. 

Avant-propos 1 

Prolégomènes. — Chapitre I". — L'abbaye de Saint-Georges, — 
description, — ce qui en reste. — Les abbesses de Saint- 
Georges 8 

Chapitre IL — La Bretagne sous Conan I, Geoffroi I et Alain IIL 

— Famille des comtes de Rennes. — Fondations contempo- 
raines. — La duchesse lïavoise. — Eudon de Penthièvre. . . 14 

Chapitre IIL — Fondation de Saint-Georges. — Premiers bien- 
faiteurs. — La princesse Adèle, première abbesse. — La vicom- 
tesse Roiantclina. — La duchesse Havoise et Pleubihan. — 
Saint-Pierre du-Marché 23 

Chapitre IV. — L'abbaye sous le duc Conan II et sous Alain Fer- 
gent. — Le comte GeofTroi-le-Bâtard. — Giron, fils d'Ansque- 
lil, premier sire de Châleaugiron. — Les sires d'Acigné. — Un 
des premiers croisés bretons. — La prévôté de Pleubihan. . . 32 

Chapitre V. — L'abbaye au xii^ siècle. — Le droit d'hesraage. 

— Toussaints et Saint-Jacques-de-la-Lande. — Chartes de Co- 
nan IV et de la duchesse Constance. — Donations diverses. — 
L'abbaye brûlée et reconstruite 38 

Chapitre VI. — L'abbaye sous les ducs de la Maison de Dreux. 

— Saint-Sauveur et Saint-Pierre-du-Marcbé. — Les chevaliers 
Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Tinléniac. — La lé- 
proserie de Tinténiac. — Bail d'une église et de ses revenus. 

— Rente sur la Cohue de Rennes. — Paix à la fin du xiii« et 
au xiv^ siècle. — Julienne du Guesclin. — Les moulins de 
Joué. — Les ducs de Berry et de Bourgogne à Sainl-Georges. 

— Le droit de coutume à Rennes. — La foire de la mi-carème 
et la chevauchée. — Le fief au cheval. — La prieure de Tinté- 
niac. — Le droit de pèche sur la Vilaine. — Les aveux de 
Saint-Georges **• 



Pagei. 



- 540 - 

Chapitre VII. — L'abbaye au xv« siècle. — Rennes s'accroît aui 
dépens de Saint-Georges ; les fortifications bouleversent son en- 
clos. — Mandements des ducs de Bretagne. — Procédure contre 
les bourgeois de Rennes. — Dispute de préséance : Perrine du 
Feu et l'abbé de Saint-Melaine. — Relâchement et décadence. 53 

Chapitre VIII. — Réforme de l'abbaye au xvi« siècle. — Les 
grandes abbesses réformatrices du xvii« siècle : Françoise et 
Magdelaine de la Fayette. — Les dernières abbesses. — Fin de 

Saint-Georges ' 61 

Chapitre IX. — Les vassaui de Saint-Georges : châteaux de Tin- 
téniac, de Montmurau, de Noyai. — Redevances diverses. — 
Topographie. ~ Cours de justice féodale. — La bouillie de 

Saint-Georges 67 

Chapitre X. — Le sceau de Saint-Georges. — L'Évangéliaire du 

xi® siècle ''8 

Chartularium abbatiae Sancti Georgii Redonensis 87 

Appendix ad Chartularium abbalia; Sancti Georgii Redonensis. . 185 

Aveu de l'abbaye de Saint-Georges, rendu au Roi, en 1665, par 

Magdelaine de la Fayette, abbesse de Saint-Georges 345 

Catalogue historique des abbesses de Saint-Georges, depuis la 

fondation de l'abbaye jusqu'à 1789 387 

Additions et corrections *51 

Index géographique ^'l 

Index chronologicus Charlularii 513 

Appendicis Index r . . 52* 

Errata 538 

Table 539 



it(>ane«. — Imp. Catil. 



Planche I 




/'^^'"'■" 




Légende 



HOC SIGNUM SANCTI PERPENDAS 
ESSEGEORGIl. 



UrH.Âifi/lf/iO>'//iS. /ffAMS. 



Sceau de l' Abbaye deSaint Georges (XI^Siècle.) 





m 
m 

i 



<y 



wmrA-;'MfVBa,f.Y>rT'^^'rt tt » „ xiuwi^tkaÊiV'i 7^- 



^iTH.AiPH. uficy ms.Mi^nis 



CKOIX HF.1,101' AiRE DE L'ABBAYF, DE SAINT GEORGES (Fin duXVIi:= siècle.l 



M 



n 



4,-î 



V 

o 

r 



■1t 



E 



tf^ o o 






THE INSTITUTE OF MEDIAEVAL STUDlS 
59 QUEEN'S PARK CRESCENT 
TORONTO - 5, CANAIA 



9?ll 



i^JMtfM